Femme
17 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : Ali, Alouette, Lili
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 15/02/2026 à 18:38
Il n'a fallu qu'une poignée de jours avant qu'Alison ne reprenne l'entraînement, bien décidée à garder la tête hors des méandres du labyrinthe, par tous les moyens. Dès le mercredi suivant l'épreuve, elle a enfilé son pantalon technique aux aurores sous le regard fatigué des filles du dortoir de 6ème année. Les joues rouges, le souffle court, il lui a semblé fuir le détraqueur qui l'avait cherchée en cauchemars pendant la nuit entière, comme s'il ne pouvait plus l'atteindre lorsqu'elle courait entre les arbres nus du parc. Elle y est retournée le lendemain. Vendredi, la rouquine a cherché Sasha pour réclamer une première séance de préparation, parce qu'elle voulait s'y mettre vraiment. - parce que la relique au cœur rouge apporte davantage de questions que de réponses, et que la cadette Carter déteste avoir l'impression de perdre le contrôle des choses.
Ce dimanche au petit déjeuné elle s'est installée seule à table - sa sœur Charlie en weekend à Pré-Au-Lard, la plupart des pensionnaires encore sous une douche ou au fond du lit - et pour compagnie le crépitement des flammes de la grande cheminée.
Un toast, un œuf, et une tasse de thé, voici ce qu'Alison a dans le ventre en traversant Poudlard vers les sous-sols de l'aile scolaire, vêtue d'un ensemble de sport aux couleurs de sa maison, veste zippée jusqu'au menton. À cet instant, elle regrette d'avoir mangé, comme tous les matins depuis qu'elle a décidé qu'il faudrait équilibrer ses apports en nourriture, ce qu'elle fait à contre-cœur. Elle sent le pain gonflé lui remplir l'estomac et se persuade qu'on ne voit que ça en la regardant.
Heureusement, l'Ukrainien n'est pas encore arrivé quand Alison passe le seuil en pierre du quatrième cachot après la salle de classe de potions, où ils doivent se retrouver. Elle accroche son sac à l'une des vieilles patères suspendues contre le mur et en sort Lilly Lovedoll. Cette dernière porte les stigmates de cinq longues années d'apprentissage, et plus récemment, d'une chute contre un caillou pointu face aux lambeaux de la créature classée XXXXX. Son bout de chêne rouge est légèrement écaillé, ce qui tracasse l'Écossaise, incapable de s'imaginer prendre en main une nouvelle baguette avant le mois de mars. Elle l'observe à la lueur d'une torche, comme elle l'a déjà observée toute la semaine.
Bien sûr, sa grande sœur Freya lui a écrit un courrier pour savoir si elle allait bien, si son équipement était bon, et s'il fallait prévoir d'acheter quelque-chose avant la deuxième épreuve. Bien sûr, Alison n'a pas répondu, coupée de sa famille par l'éternelle impression d'être incomprise.
Lilly Lovedoll en main, elle se demande quel exercice Sasha prévoit.
A-t-il cerné ses lacunes ? L'a-t-il trouvée faible dans le labyrinthe de monolithes ?
Elle-même s'est trouvée faible. Son visage se ferme. Elle doit en avoir le cœur net. Elle avance au centre du cachot et tend son bras. Spero Patronum, prononce Alison avec détermination en repensant à ses souvenirs heureux d'enfance, bercés de violoncelle et de rires. Là, loin du détraqueur et du désespoir, sa baguette dessine un puissant bouclier argenté.
Alison Carter a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Lilly Lovedoll !
- Sortilège
- Sortilège du Patronus
- Difficulté
- 14
- Résultat D20
- 17
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 3
Spero Patronum, prononce Alison avec détermination en repensant à ses souvenirs heureux d'enfance, bercés de violoncelle et de rires. Là, loin du détraqueur et du désespoir, sa baguette dessine un puissant bouclier argenté.
Autres résultats possibles
Spero Patronum, prononce Alison avec détermination en repensant à ses souvenirs heureux d'enfance, bercés de violoncelle et de rires. Là, loin du détraqueur et du désespoir, elle voit surgir une louve féroce de l'extrémité de la baguette.
Spero Patronum, prononce Alison avec détermination en repensant à ses souvenirs heureux d'enfance, bercés de violoncelle et de rires. Cependant, même loin du détraqueur et du désespoir, sa baguette ne dessine qu'un faible filet argenté.
Spero Patronum, prononce Alison avec détermination en repensant à ses souvenirs heureux d'enfance, bercés de violoncelle et de rires. Cependant, même loin du détraqueur et du désespoir, sa baguette se contente de crépiter comme une fontaine lumineuse cassée.
Message publié le 14/02/2026 à 09:42
Ses Derbies vernies s'arrêtent au milieu du couloir. Elle fixe Gus, d'abord impassible à sa curieuse bougonnerie teintée de confusion, jusqu'à ce que la scène ne lui arrache un sourire au coin des lèvres. Parce qu'il a l'air vraiment idiot, mais qu'elle peut pas s'empêcher de trouver ça un peu mignon. T'es con putain, souffle la sorcière sans animosité, en resserrant les pans de son gilet tandis qu'elle croise les bras au-dessus, frissonnante.
Plus le Poufsouffle approche, plus elle devine son état, aidée par la légère odeur d'alcool qui stagne petit à petit entre eux alors qu'il parle. J'te suivais, admet Alison en le dévisageant de haut en bas. Et comme elle croise son regard crédule, elle se moque encore, son menton allant brièvement de gauche à droite avant de revenir face au brun. J'étais dans les couloirs et j't'ai vu, et j't'ai suivi, explique-t-elle enfin. Elle croise l'un de ses pieds devant l'autre pour chercher un peu de chaleur supplémentaire.
Autour d'eux, pas grand chose. Juste la pénombre striée de flammes faibles, et la pierre froide, et des toiles d'araignées datant probablement de l'année de création du chateau. On raconte qu'ici, les fantômes donnent des fêtes terrifiantes chaque 31 octobre. Mais c'est une légende, car tout le monde sait que le prétentieux Harry Potter a glissé un bon paquet de mensonges dans ses mémoires, mh ? Ça suffit à donner un deuxième frisson à l'adolescente qui enfonce un peu la tête entre ses épaules pour s'écraser la nuque. Pourquoi tu m'cherchais ? demande-t-elle à l'Anglais, incapable d'imaginer qu'il puisse quitter une soirée et partir à sa quête sans aucune idée derrière la tête.
Message publié le 14/02/2026 à 07:46
Attentive au sort de la famille Shevchen, l'Écossaise écoute Sasha parler de sa petite sœur, qu'il a pris la responsabilité d'emmener à l'autre bout du continent européen avec lui-seul pour repère. Un court instant, elle s'imagine avoir la charge de Charlie, puis réalise que Kalina est plus proche de Marley en terme d'âge, et enfin, en faisant un calcul rapide, se rappelle que Freya a endossé ce rôle à seulement quinze ans. Ses sourcils impriment une courbe soucieuse, et la cadette croise ses bras. C'est bien, elle s'ra en sécurité ici... 'fin, tant qu'elle s'inscrit pas à un tournoi quoi, souffle Alison à demi-mots alors que l'Ukrainien semble réfléchir à ce qu'il va dire après.
Les prunelles de la sorcière dérivent lentement depuis le dos voûté de l'animagus vers sa nuque cuivrée et longent sa mâchoire crispée jusqu'à ce que celle-ci ne se remette en mouvement pour évoquer le tournoi, justement. Elle resserre ses bras contre son ventre, anxieuse d'entendre ce qu'il essaye de formuler. Leurs regards se percutent, et la cadette Carter déglutit tandis qu'il pèse visiblement chacun de ses mots, mais que le résultat est le même au milieu du silence des instruments dormants. Elle va se détruire de l'intérieur, comme si elle n'était pas déjà assez brisée. Comme si elle avait besoin d'aller au bout, de découvrir ce qu'elle a vraiment là-dedans, ce qu'elle est au-delà d'une gosse pourrie-gâtée, aguicheuse, capricieuse, égoïste, lorsqu'on retire la carapace Alison, et qu'on arrive à une étrangère sous l'uniforme britannique.
Blême, la Serpentard continue de fixer le visage contraint de Sasha. Il se tourne et clarifie ses propos en ajoutant une phrase liée à un geste qui vise précisément l'endroit où sont coincées les émotions de la jeune femme. C'est douloureux. Pas assez pour reculer ou grimacer, mais suffisamment pour qu'elle ne soit contrainte à changer de position, croisant subitement ses jambes, s'occupant les doigts à ranger machinalement les plis de sa jupe noire.
— Tu t'trompes pas, murmure-t-elle alors en retrouvant les iris couleur jungle de la panthère. J'me suis clairement inscrite parce que j'voulais prouver des trucs. Aux autres, et à moi, poursuit Alison avant de suivre le regard de l'Ukrainien vers le bout de ses mains. Elle les croise entre elles. Un peu, au buffet, 'fin la fête, en l'honneur de ma victoire, n'ajoute-t-elle pas.
Ses prunelles traversent la grande pièce en direction des vitraux mélancoliques. Tu penses que t'es détruit ? questionne-t-elle avec une étrange appréhension, sans revenir aux yeux de Sasha. L'écho de ses propres paroles paraît lourd soudain, et la sixième année regrette presque d'avoir demandé. Elle humecte ses lèvres d'un geste inhabituel qui trahit son malaise, quand bien même un inconnu pourrait la croire impassible. Faudrait qu'j'y retourne. Est-ce une vérité ou une porte de sortie pour lui autant que pour elle ? L'Écossaise rajuste ses cheveux, prête à se lever s'il na pas envie de se confier.
Message publié le 13/02/2026 à 18:10
Sans la moindre idée de l'heure qu'il est, Alison quitte l'aile des salles de classes pour rejoindre celle où se noie le dortoir de Serpentard. En chemin, elle pense à toutes les manières dont l'irruption de Sasha dans l'amphithéâtre de musique aurait pu finir. En colère sourde, en larmes honteuses, en bouillon de frustration... Mais qu'il veuille l'entraîner à affronter la deuxième épreuve, la sorcière n'aurait jamais pu l'envisager avant leur conversation. Peut-être que ça va l'aider à oublier plus rapidement le râle du détraqueur, que de se savoir accompagnée par quelqu'un qui connaît, qui a déjà eu peur de fermer les yeux la nuit. Les bras croisés contre l'épais gilet vert qu'elle porte au-dessus de son large pull de laine blanche, la cadette Carter ignore les applaudissements des portraits à son égard, et se demande si les éternels cauchemars de Charlie ressemblent aux flashs qu'elle subit depuis sa sortie du labyrinthe. Saisie d'un frisson, elle jette un œil derrière son épaule, sursaute au contact d'une mèche de cheveux contre sa gorge, et accélère le pas jusqu'à rejoindre le hall principal.
Ici, au milieu des colonnes et des arches majestueuses de pierres, résonne le brouhaha d'une fête donnée dans la grande salle. Une fête mi-officieuse mi-officielle, en l'honneur d'Alison. Ça a commencé après qu'une poignée d'élèves euphoriques aient décidé qu'il fallait célébrer la victoire de leur Championne, de manière totalement improvisée. L'idée est vite devenue une obsession partagée par la majorité des adolescents de Poudlard. Il était encore tôt, alors les professeurs ont accepté, à condition de respecter le règlement, et donc les deux couvre-feux.
L'horloge du hall indique bientôt 9pm et la musique bat son plein. Ont-ils seulement remarqué qu'elle n'était pas là ? Elle a déserté une heure et demi plus tôt, oppressée, persuadée que le silence de l'amphithéâtre la calmerait. Plantée derrière une colonne à quelques mètres des lourdes portes en bois, Alison n'a pas envie d'y retourner. Soudain, l'un des battants s'ouvre bruyamment et Ferguson apparaît, un peu hagard, pour se précipiter en direction de l'escalier qui mène aux cachots.
Intriguée, la rouquine l'observe sans qu'il n'ait l'air de la remarquer. Il disparaît.
À son tour, elle emprunte les marches, dans l'idée de rejoindre discrètement la salle commune des Serpentard, et peut-être les cuisines d'abord. Mais en bas, au bout du couloir, la destination du brun continue d'attiser sa curiosité. Sa silhouette traîne, à droite, à gauche, ouvre une porte de pièce vide, la referme, se stoppe face au tableau de la coupe de fruits et en chatouille la poire. Sauf qu'à peine entré, il ressort des cuisines, étrangement bredouille, en apparence du moins. L'intérêt qu'elle porte au Poufsouffle a le mérite de lui faire oublier l'ombre planante du détraqueur, c'est sûrement pour ça qu'elle focalise, et qu'elle s'interroge de voir qu'il passe devant le renfoncement où sont empilés les tonneaux, sans s'arrêter. Alors, Alison le suit.
Et tandis qu'elle le suit, et qu'elle garde ses yeux accrochés à ses épaules, l'Écossaise vide son esprit.
Involontairement, Gus la guide loin dans les sous-sols de l'école, où les lanternes meurent et les alcôves suintent d'humidité. Elle ne sait plus ce qu'elle fout là quand soudain il l'entend et se tourne. Tu cherches quoi ?
Message publié le 13/02/2026 à 15:02
À la mention du patronus corporel "dingue", Alison jette un regard teinté de jalousie en direction de la délégation française où Enzo doit probablement savourer son exploit. Elle-même n'a jamais produit plus qu'un bouclier de lumière argentée, et devant le détraqueur, elle a douté. Elle s'est sentie aspirée par les ténèbres du monde, incapable de réussir mieux. Ses prunelles retrouvent celles des Poufsouffle, un peu vagues, un peu vides, un peu loin de la foule et des sourires. Ça va, se contente-t-elle de répondre à Sam tandis que cette dernière la félicite entre deux accolades d'élèves qu'elle connaît à peine. On lui parle d'une fête organisée en son honneur, sauf qu'elle veut juste une douche et du silence. Et puis la question de Ferguson ramène son esprit au bijou suspendu au bout de ses doigts sales.
La sorcière soulève brièvement la chaîne dorée. J'ai pris ça, j'sais pas trop. Confuse, elle revoit la main du détraqueur se tendre au-dessus de son visage blême, et cille des paupières. C'est un autre groupe d'étudiants agités qui brise le moment en prétendant vouloir soulever l'Écossaise dans les airs. Hein ?
À quelques mètres, Marley s'est échappé avec Charli et ses copains Gryffondor autour des ruines de monolithes. Surveillés attentivement par Freya, ils ont la formelle interdiction d'entrer à l'intérieur du labyrinthe et décident finalement d'improviser un match de pomme de pin, d'abord lancées à la main, ensuite au pied. En retrait aux côtés de son père et d'Horace, l'aînée Carter observe distraitement la scène, une idée germant au fond de son esprit.
— C'est pour qu'les gens s'intéressent au tournoi, et qu'il arrêtent de causer des autres trucs qui comptent vraiment, c'est toujours ça Horace, on détourne l'attention, tu commences à les connaître, non ?! balance Owen à son ami sans retenir ses grands gestes de balayer l'air. Le quasi-géant finit par taire la conversation, conscient d'être surveillé tant les curieux sont peu discrets. Mrf. Bon, tu guettes mon Alouette hein ? Pis tu passes bientôt ? Demain ? On en r'parlera à la maison. Ses yeux cherchent subitement Alison, mais il ne voit qu'un amas d'adolescents aux regards intrusifs et aux oreilles traînantes, et refuse de leur offrir un deuxième spectacle humiliant.
— Charlie, tu rentres avec nous ? demande Freya à sa petite sœur qui agite les bras au-dessus de sa tête pour attirer l'attention de Sasha et Kalina restés dans les gradins. Ooh, vous partez déjà ? regrette la Serdaigle aux pommettes rouges. Tu peux rester Charl'. Sauf qu'elle préfère suivre son père et Marley, et lorsqu'elle s'approche du jeune photographe afin de le prévenir, l'ancienne Poufsouffle en profite, sourire bienveillant aux lèvres. Basil, si t'as l'autorisation d'tes parents, t'es le bienvenu quand tu veux à la maison, mh ? T'auras qu'à passer voir Charlie à l'occasion, elle te montrera la boutiq- Freya on peut pas rester encore ?!! interrompt Marley, prévenu par la benjamine des filles Carter. Nan on va y'aller, maintient cette dernière en levant le menton en direction du groupe de garçons. Il est où Charli ? Charli ! Charli ! Charli, j'vais voir voir avec ton frère pour qu'tu fasses un truc en même temps qu'Marley en dehors de Poudlard, ok ? Du soccer, t'aimes bien ? C'est quoi du soccer ?! J't'expliquerai. Un échange à la suite duquel Freya et Charlie entraînent Marley vers la Championne du jour, Owen à distances. L'au revoir est rapide, Alison éreintée, et les journalistes éparpillés.
La Serpentard remerciera sa petite sœur plus tard pour le bracelet de bonbons.
Sans rien dire à personne, elle descend au sous-sol de l'école, verrouille la salle de bain, et s'affaisse contre la porte. Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Le charme opère, et presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on ne peut rien entendre jusqu'à ce qu'elle entre sous la douche.
Alison Carter a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !
- Sortilège
- Enchantement d’Impassibilité
- Difficulté
- 8
- Résultat D20
- 17
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 3
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Le charme opère, et presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on ne peut rien entendre jusqu'à ce qu'elle entre sous la douche.
Autres résultats possibles
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Le charme opère, et presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on ne peut rien entendre jusqu'à ce qu'elle termine de prendre sa douche et ne ressorte de la pièce, calmée.
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on peut l'entendre. Malheureusement, le charme n'a pas fonctionné.
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on peut l'entendre. Malheureusement, le charme n'a pas fonctionné, au contraire, il a rendu la porte aussi insonorisée qu'une feuille de papier.
Message publié le 13/02/2026 à 01:25
Sa voix ronronne le concept de l'amour, et Alison l'écoute, intriguée de découvrir que Sasha puisse avoir une idée aussi précise de l'impression d'aimer. La tête légèrement penchée, elle observe son profil fuyant tandis qu'il évoque les rires et les pleurs, et la mort, et qu'il ferme les yeux. Pense-t-il à ses parents ? À sa sœur ? ...à ce qu'il a dit cet été, qu'il aurait voulu qu'elle l'aime en retour ? Absorbée, la cadette Carter arrête ses caresses. C'est peut-être pour ça qu'il retire sa main juste après, et soudain, prend un air grave, qui réaligne le menton de la sorcière au reste de son corps.
Elle range ses doigts sous sa manche et fixe brièvement la poche du sweat pourpre camouflant ceux de l'Ukrainien, mais très vite, son regard retrouve le visage de celui-ci, lorsqu'il ranime ses craintes en parlant de l'épreuve suivante. En réalité l'évènement est un tournoi, donc les trois tâches peuvent toutes être du même niveau, sauf qu'Alison n'a aucune envie de contredire Sasha ; car maintenant qu'elle l'a vécu, elle a peur d'y retourner. L'aplomb du réfugié l'arrange, au fond, parce qu'il lui épargne l'hésitation, et quand leurs prunelles se heurtent, elle se contente d'acquiescer, laissant de côté ses éternelles incertitudes.
— Merci, murmure-t-elle enfin, comme à Sam qui avait proposé de l'entraîner à améliorer son vol sur balai après le résultat des sélections de la Coupe de Feu. Ça m'a fait du bien d'parler avec toi, admet alors la Serpentard, grandie depuis septembre.
Certaines futilités ont moins d'importance tandis qu'on se prépare au pire des tournois scolaires du monde sorcier. À nouveau, elle contemple la salle de musique habitée de la seule mélodie des gouttes de pluie contre les vitraux, et resserre le manche du violoncelle entre ses doigts. J'vais rien lâcher pour le 9 mars, j'vais prouver qu'j'ai ma place dans le tournoi, dit-elle, sans qu'on ne sache vraiment à qui elle s'adresse. En attendant, il suffira de ne jamais fermer les yeux, de ne jamais ouvrir un placard, de ne jamais traverser seule les couloirs, et d'apprendre à vivre avec.
Elle repousse l'instrument et s'en dégage habilement, résignée à ne pas produire une seule note ce soir, pas plus que les autres soirs où elle est déjà venue ici. J'sais qu't'es pas revenu à Poudlard par plaisir, dit-elle alors en se tournant vers Sasha, les quelques informations de Charlie en tête. J'pense aussi qu'ça doit être ridicule pour toi d'voir qu'on organise un tournoi alors qu'des gens vivent le vrai danger de mourir tous les jours chez vous. L'Écossaise ramène l'une de ses mèches rousses derrière son oreille. J'comprends qu'ça te soûle, en vrai, genre, d'être bloqué là avec nous, obligé d'suivre des classes et tout. Et de passer pour un idiot de temps en temps.
Elle caresse son propre genou, machinalement.
Message publié le 12/02/2026 à 09:18
D'un murmure granuleux aux r roulés, Sasha confirme les craintes d'Alison ; elle n'oubliera jamais le flirt du détraqueur, et en même temps, comment le pourrait-elle seulement ? Sa deuxième main rejoint la première sur le manche de l'instrument dont elle longe machinalement les cordes enduites de résine. Il faudrait bien apprendre à supporter le souvenir du désespoir et l'impression que tout est vain. Elle se rappelle parfaitement avoir cru mourir, et qu'il ne valait pas la peine de se battre pour vivre. Prostrée au sol, elle n'était qu'une moins que rien.
Aux sanglots de l'Écosse léchant les vitraux s'accroche leur silence pesant.
Lorsqu'il aborde un sommeil torturé avec certitude, elle l'observe en sachant qu'il évoque son vécu. Ça prend du sens aujourd'hui au yeux d'Alison, à quel point Sasha doit se sentir étranger à Poudlard, à quel point s'il est gauche dans l'uniforme britannique, c'est car son histoire est trop éprouvante à l'y faire tenir entièrement. Elle fixe sa silhouette bercée des chandeliers d'une manière différente. Elle aimerait lui partager le fond de sa pensée, mais il parle de son double animal et la sorcière se ravise. Sous sa forme de panthère, le Slave n'a plus qu'en tête de les protéger elle et sa petite sœur Charlie, de tout et de n'importe quoi ; l'année passée peut en témoigner. Sauf que personne ne peut la secourir d'un souvenir, n'est-ce pas ? Elle le regarde encore scruter le plafond comme s'il attendait là-haut l'inspiration pour lui venir en aide.
— Tu m'cherchais ? questionne Alison en tapotant la place vide à côté d'elle sur le banc afin d'inviter l'Ukrainien à s'asseoir avec elle. Les jambes écartées à cause du violoncelle disposées entre elles, elle porte une jupe plissée noire, des chaussettes hautes, et des collants et sombres aussi.
Quand Sasha la rejoint finalement, elle cille des paupières, puis les rouvre immédiatement. J'pourrai pas dormir, j'peux même pas fermer les yeux ; j'revis toute l'épreuve depuis d't'à l'heure. Par flashs, sous la douche, au fond du couloir, à l'intérieur du placard, car elle est entrée dans le club de ceux qui ne sont en sécurité nulle part. Les voici donc à contempler la grande salle de musique peuplée d'instruments muets, et de gradins vides.
La rouquine jette un œil aux doigts empotés de l'animagus, qu'il hésite visiblement à dissimuler au fond de ses poches, comme d'habitude. Elle lui prend une main en silence, l'ouvre et la retourne contre sa propre cuisse et contre le violoncelle, paume face à eux. Ici, entre ses cicatrices de guerre, demeure la trace d'un bisou magique imparfait, du jour de leur rencontre en cours de botanique, il y a plus d'une année. Alison en redessine le contour du bout de l'index, lentement. Tu sais, quand tu m'as dit que j'pouvais pas t'aimer, à notre rendez-vous ? Elle n'a jamais oublié. Elle déglutit et fixe ses doigts caressant ceux de Sasha.
— Devant le détraqueur, j'ai réalisé qu'c'était pas juste toi. J'pense que j'peux aimer personne. Et tous les myosotis et tous les médaillons faits de bougie et de cœur rouge n'y changeront rien ; elle se sent brisée de l'intérieur. Ses phalanges s'écartent pour refléter celles de l'Ukrainien, cinq bon centimètres en moins. J'avais donné un mini bout d'ma confiance à quelqu'un mais il tout gâché y'a deux semaines, alors ça risque pas d's'arranger, conclue-t-elle, sans lever la tête.
Message publié le 11/02/2026 à 16:27
Celle qui déboule avant tous les autres sous les flashs indiscrets des journalistes, c'est Charlie, ses cheveux ressemblant à de grandes flammes brûlantes autour de son visage rougit par les pleurs. Elle court, perd son écharpe bleue et bronze en route, et se jette au cou d'Alison dont elle fait désormais quasiment la taille. Oh Lili ! Le choc force la cadette Carter à reculer d'un pas. J'suis vivante, confirme cette dernière quand sa sœur la palpe aux épaules et la presse avec émotion. Très vite, Marley est là aux côtés de la Serdaigle, son écharpe en main, et puis Freya, qui donne une étreinte aux deux filles en embrassant brièvement la tempe d'Alison. Tu nous as fait peur, mais t'es la meilleure, on savait qu't'étais la meilleure d'façon ! Le cliquetis des appareils photo n'arrête plus, encore moins lorsque le quasi-géant Owen approche. "Monsieur Carter ! M'sieur Owen Carter ! Est-ce que c'est aussi votre fils ?! Vous êtes fier de votre fille ?! Owen, un mot pour la Gazette ?" En le voyant se pencher vers elle, la Serpentard lève sa main. Nan, pas toi, anticipe-t-elle froidement devant la foule amassée autour d'eux et sous le regard sidéré de Charlie et Freya. Enfin Alou-pas toi j'ai dit ! Plusieurs objectifs capturent la scène et le silence qui suit.
— Alison, je peux voir le collier ? demande Marley, imperméable à la situation. Alison se détourne de son père et montre le pendentif au benjamin Carter en ignorant le bourdonnement de ses tempes et l'air contrarié de sa petite sœur. Il est trop beau ! "Miss Carter, c'est votre frère ?! Miss, un sourire s'il-vous-plaît ! Avec le p'tit garçon ! Vous êtes en froid avec votre père ?" -stop, laissez-là, tente d'intervenir Freya. On dira rien, concentrez-vous sur le tournoi ! Elle tire Marley à son bras en provoquant d'autres bruits d'obturateurs frénétiques.
L'intervention du Directeur Woodcraft termine de calmer les journalistes.
Ils sont autorisés à donner de brèves interviews aux trois Champions.
— Vous vous attendiez à affronter un détraqueur ?!
— Euh nan, ...pas du tout.
— L'épouvantard, c'était bien votre mère, Kate ?
— ...ouais, c'était elle.
— Vous êtes confiante pour la deuxième épreuve Miss Carter ?
— On verra ça après Noël, mais oui, j'serai prête.
Lorsqu'ils s'écartent enfin, un groupe de Serpentard s'approche afin de féliciter Alison. Parmi eux, Gwen et Lucian, visiblement fiers d'appartenir à la Maison gagnante. Freya décide d'entraîner son père et son frère ailleurs sur le terrain en hélant Horace. Hé, coucou ! Bart est dans l'coin ? L'ancienne star du quidditch britannique en profite pour recueillir l'avis du concierge, voûté vers lui, son fils sagement accroché à l'extrémité de sa main. Mhr, un détraqueur, tu savais ? C'est normal ça ? P'pa, ils savent rien, ils t'l'ont déjà dit ! répond aussitôt l'aînée Carter, avant de jeter à Horace un regard interrogateur.
De son côté, Charlie a séché ses larmes et s'est réfugiée près de Basil, loin des altercations familiales. Ensemble, ils observent la liesse générale des élèves de Poudlard et des autres délégations, quand soudain, Flora et Nellie apparaissent, leur bannière toujours portée bien haute, couverte de signatures et petits dessins. C'est trop gentil d'avoir fait ça, dit la Serdaigle aux filles en souriant, ses yeux encore brillants qui parcourent les écritures de chacun et chacune.
Après les compliments de quelques professeurs, la Championne de Poudlard se trouve face à Sam et la bande de Poufsouffle. Merci, répète-t-elle pour la cinquantième fois, un sourire fatigué aux lèvres. Bon, l'entraînement d'vol a servi à rien, mais j'ai pensé à vous en enlevant mes piercings - elle fixe brièvement Ferguson - et j'me suis pas pissé dessus d'vant le détraqueur, ajoute-t-elle en baissant la voix.
Message publié le 11/02/2026 à 13:45
Aux battements désordonnés de la pluie écossaise sur les grands vitraux de l’amphithéâtre, s'ajoutent soudain ceux du cœur d'Alison lorsqu'elle aperçoit une ombre qui l'observe en silence depuis elle-ne-sait-pas-combien de temps. Sasha - martèlent immédiatement ses instincts, comme si elle avait pu le reconnaître entre mille autres silhouettes, aussi ridicule que cela puisse paraître. Sauf qu'il avance, et que c'est bel et bien lui ; Sasha, les mains éternellement enfoncées dans ses poches et son air d'être là sans vraiment savoir quoi dire ou quoi faire maintenant.
Le myosotis bleu n'a jamais fané derrière son coffret de verre.
Sasha ne l'a pas oubliée - de tout l'été, ni de cet automne grisonnant.
Jusqu'à la fin du mois de juillet, Alison avait laissé l'écrin gésir au fond de son sac à main, à demi-persuadée qu'il s'agissait d'une farce de chez Zonko. En août, au retour de son père, elle est allée verifier l'état de la fleur, et s'est détestée d'avoir la candeur d'y croire, alors elle l'a jetée sous son lit avec colère. À la rentrée scolaire, en croisant l'Ukrainien dans les couloirs, elle a dit à Charlie qu'elle avait besoin du myosotis éternel pour un cours de potion, et l'a chargée de lui rapporter à Poudlard. Vous avez compris, il était encore fleuri. Après son altercation avec Spike en octobre, elle a voulu brûler la boîte, mais celle-ci est restée intacte au fond de l'âtre du dortoir et la cadette Carter a dû se résoudre à la récupérer avant que l'une des autres filles ne la voit. Hier matin, elle scruté le coffret en préparant ses affaires pour aujourd'hui.
Le myosotis bleu n'a jamais fané.
Sasha ne l'a pas oubliée.
Leurs regards se harponnent, et il brise maladroitement le silence.
— Je joue pas, répond la rouquine en posant l'archet à ses côtés sans pourtant se défaire du contact rassurant de l'instrument contre son ventre - étrange bouclier. Assise derrière le violoncelle, Alison observe le jeune homme dont elle a aperçu la jeune sœur, Kalina, manger avec lui dans la Grande Salle. Elle sait qu'il n'est pas revenu l'école par plaisir, ni pour revoir les Carter, et encore moins pour la revoir, elle, une Britannique aguicheuse et capricieuse parmi tant d'autres. Malgré tout, les pétales du myosotis sont toujours étendus autour de son cœur doré. Une bourrasque de pluie secoue les vitraux et provoque la fuite d'un animal perché en hauteur de la salle disposée en gradins, puis, Sasha évoque la mort, la vision d'Owen supportant Kate, et le détraqueur.
À moitié camouflés par les larges manches de son pull blanc, les doigts de la sorcière tremblent contre le manche en bois de l'instrument. Elle fuit un instant le regard vert du septième année. Il a vu, il connaît. Plus perturbant encore, il comprend, et se positionne là comme s'il savait qu'elle aurait besoin précisément de ce genre de présence.
Un bout de la carapace d'Alison se fendille aussitôt, visible au fond de ses prunelles gravées d'images impossibles à oublier. Immobile, elle hésite à s'exprimer. Les mots se bousculent dans sa tête, qu'elle essaye de trier. Il y a quelques heures, elle affrontait la certitude que tout espoir avait disparu de la Terre. J'ai l'impression qu'il est encore là, murmura-t-elle enfin en désignant sa tempe que le souffle rauque de la créature avait effleuré. Elle arrime à Sasha un regard brillant, apeuré. Ils disent que j'vais prendre du recul avec le temps, mais.. j'sais pas, là c'est impossible. J'le sens. J'te jure, j'le sens. La trace indélébile du monstre encapuchonné lui serre la gorge, comme s'il suffisait d'y penser trop fort pour le faire exister.
Dans cet état, l'adolescente peine à envisager d'aller jusqu'au bout du tournoi.
Sa victoire a une odeur putride d'échec.
Message publié le 11/02/2026 à 09:17
Ce qu'elle a dans le ventre ? Des doutes féroces, qu'une poignée de jours d'automne ne suffiront pas à dompter. Elle s'écroulera peut-être devant toute l'école, devant les médias, et terminera loin de la salle des trophées, en bonne dernière du tournoi. Ils découvriront qu'elle est une fraude, une vraie pétasse pourrie-gâtée dont les résultats scolaires n'ont aucune importance face aux épreuves, dont la carapace s'étiole aussi facilement qu'un pissenlit blanc. Elle vaudra alors encore moins que son propre père, le colosse déchu, Owen Carter. Mh, murmure la rouquine en notant qu'Horace juge qu'elle a ses chances, sans qu'elle ne sache réellement quoi en penser.
Parfois, elle arrive à se persuader que sa place est là ; avec les Champions du tournoi, à écrire sa page de Poudlard, et sa page de l'histoire des Carter. Elle se gonfle de confiance, elle veut prouver. Elle y croit. Et puis tout s'écroule au détour d'un sortilège raté, d'un mauvais titre dans les journaux, d'une parole blessante qui lui revient à l'esprit, et Alison se sent terriblement fragile, son destin suspendu à la merci des trois épreuves, cruellement.
Soudain, l'aveu d'Horace, ponctué d'un haussement d'épaules nonchalant, éveille un certain intérêt à son esprit, et la sorcière l'observe curieusement. Le concierge de l'école, animagus, voyageur, cultivé, optimiste, serait terrifié - lui aussi. Elle hoche la tête, un peu surprise, incapable de décider de croire qu'il dit ça pour qu'elle se sente moins seule, ou s'il le pense vraiment. Silencieuse, Alison traverse le grand hall et s'approche des escaliers. Elle s'attend à ce qu'Horace la congédie ici, mais il descend avec elle jusqu'à l'entrée de la salle commune de Serpentard.
— J'suis entourée, ment-elle éhontément aux abords du mur coulissant. Assumer son impression dévorante de solitude ? Non merci. Elle préfère renvoyer l'image d'une sorcière à la vie sociale bien remplie, et le clin d'œil encourageant du concierge n'y changera rien, sauf qu'il remue sans le vouloir une plaie béante dans les entrailles d'Alison. Bonne nuit Horace, souffle l'adolescente avant de prononcer le mot de passe, et de disparaître derrière les pierres froides du sous-sol.
Message publié le 10/02/2026 à 21:57
— Quand vas-tu jouer ? lui demande le fantôme d'Helena Serdaigle d'une voix nébuleuse.
Assise au dernier rang de la salle de musique disposée en gradins magistraux, Alison tient d'une main le manche du violoncelle contre elle, et de l'autre l'archet, qu'elle n'a toujours pas posé sur les cordes. Là, après sa bataille face à l'épouvantard et au détraqueur, après sa victoire à la sortie du grand labyrinthe de monolithes blancs, après un rapide passage à l'infirmerie, puis sa douche et la fête qu'ils ont voulu donner en son honneur (mais qu'elle a déserté discrètement), l'adolescente pense à sa mère. Jamais, répond-elle à la fille translucide de Rowena, la gorge nouée.
Ses doigts effleurent pourtant le bois de l'instrument qu'elle a délaissé ces douze dernières années, incapable de produire un son depuis la disparition de Kate Carter. Le sien gît dans un coin de sa chambre au 76 Grand-Rue, recouvert d'un linge poussiéreux. De nombreuses fois, elle a voulu s'en débarrasser, et de nombreuses fois, elle n'a pas réussi à le faire.
Ce soir, en dépit de la ferveur inconditionnelle des spectateurs, Alison se sent seule.
Ils croyaient qu'elle cherchait la gloire,
sauf que la gloire ne guérit pas ce genre de mélancolie.
Elle revoit les mêmes images en boucle, elle revit le désespoir du baiser de la créature interdite.
Helena Serdaigle flotte en face des vitraux sombres, inondés de pluie. Quoique tu penses préserver derrière ton silence Alison Carter, j'y entends le hurlement du regret, prononce-t-elle tristement avant de glisser vers le mur, jusqu'à disparaître de l'autre côté, laissant la rouquine avec son violoncelle. Ses cheveux lâchés ondulent à cause de l'humidité et couvrent ses épaules habillées d'un ample gilet tressé de laine blanche. Au bout d'un moment, elle détache son regard marron de l'endroit où la Dame Grise a disparu.
Que pense-t-elle préserver derrière son silence ?
Pas grand chose, que lui reste-t-il ? pour commencer, maintenant que son cauchemar le plus intime a été exposé aux yeux de tous, sans la moindre pudeur, sans qu'ils ne puissent en comprendre la profondeur.
Message publié le 09/02/2026 à 16:12
Autant ouvrir sa poitrine et transpercer son cœur d'aiguilles à ce rythme-là. Le sourire cruel de Spike s'imprime dans la rétine d'Alison, à jamais. Elle ne croyait pas qu'il puisse se montrer un jour blessant avec elle, pas après tout ce temps, pas maintenant qu'ils ont sincèrement partagé l'excitation, l'orgasme, l'apprentissage du corps de l'autre, le rire des loupés, l'impatience, et même la patience aussi. Mais visiblement, rien n'était vrai. Zéro respect, zéro considération, juste une vaste mauvaise blague qui bourdonne aux oreilles de la sorcière.
T'es qu'une grosse pétasse superficielle et pourrie-gâtée.
Spike Ryder le pense - touchée, coulée.
Muette, la cadette Carter érige une forteresse mentale de plus autour de son cœur meurtri. Il la singe, puis il prétend qu'elle agit comme une gamine. Alors, comme lorsqu'elle était gamine, Alison se terre dans le silence. Un silence tellement lourd que même le quasi-géant Owen avait douté d'être encore visible aux yeux de la jeune Écossaise quand elle l'avait ignoré pendant presque une année entière à ses neuf ans. Aujourd'hui elle en a seize, mais toujours un bouclier identique.
La tête haute malgré ses entrailles morcelées, elle toise une dernière fois son regard, puis s'assoit sur le canapé de profil au poursuiveur, et ressort le parchemin de son sac, sans un seul mot, sans une seule attention, puisque désormais il n'existe plus à ses yeux de toute façon. Quelqu'un qui n'existe pas ne peut pas vous faire de mal, n'est-ce pas ? Elle retient ses doigts de trembler en les posant contre ses genoux, les cils papillonnant plusieurs fois avant qu'elle ne reprenne sa lecture du planning. À peine décide-t-elle de sortir sa plume pour lister les différentes matières dans la marge, qu'une brune surgit à la porte de la salle commune. Ali ? Peut-être les a-t-elle entendu se crier dessus ? La rouquine repose sa plume, deux plaques rouges irradiant ses joues et trahissant l'altercation.
— Mh ?- Y'a ton père qu'est v'nu voir Woodcraft. Y'a des gens qui l'ont vu, prévient la Serpentard de sixième année sans prêter spécialement attention au joueur de quidditch puisqu'ils ont eu cours ensemble ce matin, et qu'il n'est pas surprenant de le voir dans les parages d'Alison. De quoi, qui ?- Bah viens à la biblio, ça s'ra plus facile. En temps normal elle aurait refusé de donner de l'importance à son père, peu importe la manière. Mais la porte de sortie est trop belle, et Spike trop présent. Alors l'adolescente enfonce son parchemin à l'intérieur de son sac et se lève pour quitter la salle commune, laissant derrière elle une relation qu'elle avait osé croire sincère.
Message publié le 09/02/2026 à 14:43
L'initiative d'Horace éveille une lueur nostalgique chez Alison. Visage fermé, elle accepte toutefois de le laisser l'accompagner vers le sous-sol du chateau, là où se cachent la salle commune et les dortoirs des élèves Serpentard. En chemin l'adolescente se tait, ignorant les portraits qui leur souhaitent de passer une bonne nuit. Ces mêmes portraits, sûrement, dévoués à murmurer au concierge les incartades au règlement et les escapades interdites des étudiants. Alison imagine qu'il sait qu'elle se planque, parfois en larmes, souvent morose, avec du pudding, des gâteaux, ou n'importe quoi qui puisse être au minimum caramélisé, et sinon au chocolat. Tant qu'il reste silencieux, qu'il balance rien à ses sœur, ça lui va, ou plutôt, elle est obligée de s'en accommoder. Probablement qu'Horace connaît aussi la réputation d'Alison, son attitude en dehors des salles de classe, ce qui se chuchote à propos d'elle ; des choses dont elle ne veut pas discuter avec lui ou Bart. Alors, elle fait profil bas, fixe la dalle de Poudlard, et marche sans parler jusqu'à ce qu'il ne l'interroge à propos du tournoi.
Sa capuche tourne en même temps que son visage lorsqu'elle jette un coup d'œil au Français. Mh ? Qu'est-ce qu'ils ont, tous, à poser cette question con ?! La cadette Carter resserre ses doigts contre la lanière de son sac. Tu s'rais pas inquiet toi, si t'étais à ma place ? demande-t-elle à Horace, un peu défiante, certaine qu'il va enrober sa réponse d'une habituelle fantaisie dont Freya et Charlie sont fans, mais qui n'opère guère sur elle désormais. Est-ce que les gens s'attendent vraiment à ce qu'elle sache, qu'elle soit sûre d'elle ?! Alison soupire.
— Ça m'empêchera pas d'faire les choses bien. J'ai l'droit d'avoir peur, et de réussir quand même, anticipe-t-elle, l'égo à vif, tandis qu'ils traversent le viaduc au détour duquel ils ont croisé le groupe d'étudiants français tout à l'heure avec Ferguson. Tu crois que j'vais m'planter ? Sa voix résonne en écho à leurs pas, en écho à ses propres doutes aussi, aux paroles dures de Spike, aux regards en biais des autres sur son passage, à ce que Poudlard semble penser d'elle depuis sa nomination.
Message publié le 06/02/2026 à 15:29
Ouais, Enzo Blanchard n'a rien de l'élégance à la française - on dirait même qu'il cherche à prouver le contraire avec son attitude exagérée et sa dégaine de banlieusard depuis leur arrivée au chateau. Les clichés romantiques sont à terre et le Champion de Beauxbâtons leur crache dessus, fièrement. Alors, venant de Spike, la comparaison blesse Alison. S'il a su la flatter toute l'année dernière pour obtenir ce qu'il voulait, les choses ont drastiquement changé. Son regard a changé.
La sorcière n'y voit qu'une désillusion de plus parmi les autres - un abandon. Derrière sa forteresse de dédain, elle encaisse des coups qui laisseront des marques, elle le sait. Sa bouche se tord face au mépris du Serpentard. Il va trop loin. C'est ça ? C'est ça qu'tu penses de moi ?! s'exclame-t-elle au milieu de la salle commune vide en se désignant d'un ongle impeccablement verni. Une grosse pétasse superficielle et pourrie-gâtée ? Nan mais dis-le, te gêne pas surtout Spike, DIS-LE HEIN ! Ses gestes sont emportés. L'amertume du poursuiveur la contamine vivement. Un instant, elle hésite à quitter la pièce pour se réfugier ailleurs, sauf qu'elle réalise rapidement qu'il aura gagné si elle cède, alors elle reste là.
— J'croyais qu'y'avait du respect entre nous putain ! Y'a rien ! Y'a rien, t'es juste vexé, et tu vois, t'affiches ton vrai visage, vocifère encore Alison, sincèrement déçue. Elle espérait pas grand chose de cette relation ; qu'un peu d'excitation, la liberté d'être elle-même, et du putain de respect. Mais c'est bien, c'est super, tu viens d'tout gâcher Spike. Casse-toi. J'étais là avant, alors maintenant tu t'casses ! Elle montre la porte, puis excédée, se laisse tomber dans le fauteuil où elle est était quand il est arrivé. Vas t'faire foutre, ajoute-t-elle froidement en levant son majeur vers lui.
Message publié le 05/02/2026 à 08:02
L'irruption d'Horace dans la salle d'étude ne surprend pas vraiment Alison. Le couvre-feu a sonné et elle connaît parfaitement la vigilance du concierge à propos du règlement ; elle devrait se trouver au dortoir avec les autres Serpentard à cette heure-ci. M'sieur Milbourne, souffle-t-elle en lui jetant un regard adolescent sans deviner qu'il l'observe depuis quelques secondes déjà. Peu importe ce qu'il prononce ensuite, l'objectif est le même : renvoyer la rouquine aux cachots pour fermer sa ronde et rentrer à ses appartements.
— Mission terminée Sir. Elle recule sa chaise, instaurant volontairement une distance sociale entre elle et le concierge qui l'appelle Mademoiselle Carter. Le parchemin roule sous ses phalanges jusqu'à former un cylindre propre. Ça fait des années que l'étudiante ne sait plus ce qu'elle doit attendre de Bart et Horace. Amis de la famille, peut-être, sauf qu'ils étaient moins rébarbatifs avant Poudlard.
Avant, leurs visites étaient de véritables petites fêtes au foyer Carter, brisant le quotidien morne des filles - orphelines d'une mère, et mal accompagnées par leur père. Alison se souvient les voir surgir, les bras chargés de cadeaux de voyages, de nourriture, d'articles drôles pour les faire sourire. Alors, en arrivant à l'école à onze ans, la gamine pensait avoir certains passe-droits. Il n'en fut rien, bien-sûr. Vexée, elle a nourri un sentiment de trahison - d'abandon, que n'ont jamais partagé Freya ou Charlie, au contraire. Et si aujourd'hui Alison peut affirmer que le concierge et le bibliothécaire ferment les yeux volontairement sur certaines de leurs escapades adolescentes, elle sait aussi qu'il en est de même pour l'entièreté des étudiants.
Elle range sa feuille à l'intérieur de son sac en silence, imperméable à la présence rassurante du Français. Aucun aménagement de planning ne lui a été accordé en vue de la préparation au tournoi et juste une poignée de professeurs s'est montrée proactive sur ses besoins. Finalement, et comme depuis qu'elle a 7 ans, Alison se sent seule, désespérément. Ou plutôt, elle s'enferme ? Elle n'a pas demandé l'épouvantard, elle peut faire sans, elle peut se contenter des salles vides et de ses listes interminables pour s'entraîner.