Harry Potter RPG

Liste des messages de Alison Carter

Alison Carter

Femme

17 ans

Sang-mêlé

Britannique

Le Philtre de Paix

Message publié le 06/11/2024 à 09:52

Alison Carter débute dans la quête de son pouvoir féminin. À 15 ans (bientôt 16, c'est important), elle commence seulement à comprendre les lignes des sacro-saints magazines pour le nouveau sexe fort. Sa bible de l'été, "Révélez le feu sacré !" de Veralyn Moonstone, dissèque le fonctionnement des hommes et des femmes en 2124, et les prévisions 2125. Vrai que Sasha est "aussi subtil qu’un sort de Lumos en plein jour", comme le prétend Veralyn dans son chapitre "Au-delà de la baguette : L'Art de faire vaciller le patriarcat." Alors Alison écoute Sasha avec dédain pendant tout le temps où il continue de se ridiculiser. Elle rajuste sa tenue, ses cheveux, et rejoint finalement une place- vite rattrapée par le Russe.

 

— Doucement. Oui, elle lui répétera, encore et encore, tant qu'il aura la délicatesse d'un Troll des Montagnes. Mais un fin sourire remplace son agacement quand Sasha suggère qu'elle garde sa robe pour ne pas attraper froid. Bien. Alison se plaît à contrôler le sixième année, galvanisée par l'impression de pouvoir qu'il lui donne en obéissant. D'un regard tyrannique, elle peut exiger qu'il s'active, et ça suffit à la remplir de satisfaction. Après tout, son père aussi n'est qu'un pauvre mec, désespéré d'avoir perdu sa femme, au fond du gouffre sans elle. Il lui fait pitié. Elle n'a jamais supporté le voir descendre aux Enfers mais les magazines ont donné du sens à son comportement et conforté Alison : les hommes ne valent rien sans des femmes fortes et ambitieuses à leurs côtés. Elle deviendra cette femme.

 

Ça commence par suivre consciencieusement la classe, car "savoir, c'est pouvoir", vous le saviez déjà n'est-ce pas ? Appliquée, la jeune femme grince des dents en entendant la plume de son voisin, puis sa question. Elle lui sert une mine orgueilleuse. Leçon deux : "les hommes ont toujours quelque-chose à se faire pardonner Sasha." Même si tu ne sais pas encore quoi. Son menton dessine ce même zigzag qu'à la première leçon et ses yeux papillonnent jusqu'à tomber sur le parchemin tâché d'encre du garçon. Un champ de bataille- avec peu de cadavres certes, mais cadavres quand même. Alison fait glisser l'une de ses feuilles vierges vers Sasha. Tiens, c'est effaçable. Faudra que t'en achètes à Pré-Au-Lard. Et que t'apprennes Recta Manus aussi pour redresser tes lignes. Les profs aiment pas qu'on utilise les sortilèges de rédaction parce qu'on retient mieux en écrivant. Ses épaules se haussent, suffisantes, tandis qu'elle serre ses lèvres en une moue snob, fixant l'élève. T'as de l'argent au moins ?

 

Ils n'ont plus des millions chez les Carter, mais les tenues neuves et le matériel scolaire arrive directement vers Alison sans qu'elle n'ait à se poser la question, alors elle s'interroge peu sur leurs finances. Les banquiers gèrent probablement. D'un coup de baguette, la sorcière allume un feu sous le chaudron rempli d'eau. Sinon j'peux te filer mes cours hein. Une flamme bleue vacille entre les pattes métalliques du chaudron. Debout à côté de Sasha, Alison organise les ingrédients devant eux et s'arrête pour ajouter : En échange tu m'feras un suçon. J'vais chercher le sirop d'ellébore. Sa robe effleure la cuisse du réfugié tandis qu'elle se faufile derrière lui en direction des étagères d'ingrédients et rejoint là-bas son amie. 

 

— Ali, va falloir des explications chérie. 

Explications de quoi ?

— "C'est un con gngngn- j'en ai déjà marre de lui gngng"- et là ? J'suis choquée. J'te jure j'suis sous. le. choc. quoi.

— Il peut être con et être un bon coup, qu'est-ce t'en sais toi d'abord ?

— Ah ouais ok.

— Ouais. Ok. 

— Genre, il t'a bouffé l'aubépine ?

— Arrête putain ! Peut-être. 

 

Plusieurs rires s'élèvent depuis le périmètre des étagères et Alison jette un œil en direction du Gryffondor. Ajoute la poudre bleue, j'arrive !


Le Philtre de Paix

Message publié le 05/11/2024 à 12:55

Les scénarios se sont multipliés dans l'esprit d'Alison depuis qu'elle attend le baiser du Russe. Son imaginaire l'avait mené vers différentes scènes toute cette semaine. De l'étreinte torride au rapprochement romantique, elle avait oublié d'envisager le pire : qu'il soit ridicule. Elle ne pensait pas qu'il puisse la bousculer brutalement, marchant presque sur ses pieds pour heurter sa bouche avec violence. "Anh, j'suis choquée." D'abord effarée, l'adolescente reprend contenance aussi rapidement que possible, essuyant ses lèvres d'un geste discret, un regard jeté autour d'eux. "C'était quoi ça ?!" Quand Sasha grogne, elle rougit instantanément, honteuse de la tournure des évènements.

 

— Ali, ça va chérie ? 

— Mh ?

— Bah. Alison ?!

— Bah quoi ? T'as jamais vu des gens s'embrasser ? Tsss.

 

Alison soulève le bras du sixième année et se glisse dessous comme si tout était normal. Elle force un sourire hautain face à sa bande d'amies et passe même sa langue contre ses incisives avec une expression fière. Il voulait trop s'faire pardonner après la botanique, alors on s'est vus. La sorcière darde chacune des autres filles pour les défier de ne pas y croire. Faire marche arrière est impossible maintenant. Son menton reste droit. Bon du coup, il s'est bien fait pardonner, j'confirme. Un clin d’œil achève sa parade et quelques gloussements de connivence rassurent Alison. Tout n'est peut-être pas foutu, se dit-elle en rangeant sa frange rousse décoiffée par la brutalité de Sasha. Quand l'enseignant arrive, il ne reste plus que la brochette de vipères au caramel dans le couloir des cachots.

 

— Bon, laissez-nous deux secondes, ordonne l'adolescente à son groupe qui suit le professeur potionniste à l'intérieur de la salle, non sans deux ou trois regards derrière leurs épaules. Seule avec Sasha, Alison se poste face à lui, et rajuste sa cravate rouge nouée de travers.

 

— T'aurais pu être plus délicat quand même. Ses prunelles marron croisent l'expression rustre du Russe et la jeune femme soupire. J'vais t'montrer. Elle relâche le nœud bien symétrique qu'elle vient de lui faire pour se tenir aux pans de la robe du garçon et hisser ses talons jusqu'à heurter sa bouche avec douceur. Leurs lèvres se pressent dans un bécot agréable, qui ressemble davantage à ses attentes. Mais Alison s'éloigne déjà. Voilà, maintenant j'veux au moins ça. La sorcière cache ses rougeurs en ramenant sa chevelure sur ses joues tandis qu'elle donne quelques conseils en pagaille à Sasha. En entrant, dis bonjour au professeur. Il s'appelle Brooks. Tu l'appelles Mister Brooks et tu te présentes s'il t'a jamais vu. Tu vas aussi tirer ma chaise quand j'vais m’asseoir. Et si j'enlève ma robe, tu m'aides. Et sors des affaires pour prendre des notes. Elle se tourne immédiatement sans vraiment laisser le temps au nouvel élève de digérer ses recommandations.

 

Prête à passer le seuil, Alison inspire et sourit. Bonj- soudain son épaule se fait broyer contre le mur par celle de Sasha qui a voulu entrer en même temps qu'elle dans la pièce. Des rires s'élèvent. Ils sont tous les deux coincés et la jeune fille semble complètement écrasée à côté de son prétendu petit ami à la carrure d'un Éruptif. Mais Sasha !


Le Philtre de Paix

Message publié le 04/11/2024 à 12:20

Oubliez vos critères démodés, Alison préfère qu'on l'appelle "bitch" plutôt que "ma chérie". Tomber dans la mièvrerie, non merci, se persuade-t-elle à coups de Glamoured Gazer et autres magazines encourageant les femmes à conquérir le pouvoir par leur comportement. Sauf qu'elle ment. Aucun garçon n'a jamais vraiment touché la jeune fille de 15 ans, bientôt 16, qui prétend avoir déjà de l'expérience auprès des copines de dortoir et ceux voulant bien l'entendre. Le plus important reste ce qu'ils pensent, pas la réalité. Alors Alison feint l'assurance qu'elle convoite et déboutonne un peu ses chemisiers en espérant faire loucher quelques mecs pendant la journée. 

 

Bien sûr, elle avait évité la paume pleine de salive tendue par Sasha pour sceller leur pacte, et s'était contentée de serrer brièvement ses phalanges noueuses en grimaçant. "Première leçon, ne fais plus jamais ça.", lui avait-elle strictement conseillé devant les serres de botanique. Alison apprendrait au Russe les bonnes manières anglaises, tandis qu'il entretiendrait sa nouvelle réputation de femme sulfureuse (un mot qu'elle connaît depuis cet été, grâce à Glamoured Gazer).

 

— Fais-moi confiance, avait-elle ajouté tel le serpent qui embobine Mowgli fraîchement débarqué dans la jungle poudlarienne. Sasha serait facile à éduquer tellement il part de loin, même incapable de nouer correctement une cravate en sixième année. A piece of cake, avait pensé Alison en fixant les rougeurs honteuses du Gryffondor avant de ricaner. Ok. D'façon au pire, j'dirai qu'tu m'as forcée. Qui croirait la brute sortie de son pays en guerre ? Personne. Le menton d'Alison avait dessiné un zigzag théâtral pour appuyer ses propos. Insupportable la meuf, oui.

 

- - - 

 

Le weekend et un début de semaine étaient passés sans jamais que Sasha ne vienne voir Alison dans les couloirs bondés, la grande salle remplie d'élèves affamés de nourriture et de gossips, ou même le parc et ses réunions de brats au sommet. D'ailleurs, où se cachait-il pendant tout ce temps ? La sorcière trouve son prétendu petit ami trop discret mais sait qu'aujourd'hui, il ne pourra pas disparaître. Aujourd'hui, ils ont cours de potion ensemble. 

 

Adossée au mur en pierres foncées des cachots qui desservent la salle du professeur Brooks, Alison discute avec ses amies en surveillant l'amas d'élèves rassemblés 10 minutes en avance pour échanger à propos des derniers potins de l'école et du monde sorcier. Elliot Blackburn gngngn, j'le connais depuis qu'j'suis petite, bah il est pas si beau de près. Bah oui il venait au magasin, il était même du niveau d'ma sœur, ils sont sortis ensemble. Nan mais vu qu'ma sœur fait zéro efforts normal qu'il l'a larguée. Elle s'habille comme un paysan j'te jure. Tiens, en parlant de paysan, voici Sasha. Les épaules d'Alison se décollent du mur tandis qu'elle lui jette un regard insistant. "Viens", semble-t-elle vouloir dire silencieusement, faisant mine ensuite de ne pas l'avoir vu arriver. Machinalement, elle lisse ses cheveux, un mélange d'anxiété et d'excitation au creux du ventre.

 

— Bon Ysolde, quand est-ce que tu rejoins le clan des franges ? Vas-y on te la coupe ce soir ! 


Les choux mordeurs de Chine

Message publié le 03/11/2024 à 21:08

Fruit d'une énième réconciliation entre Owen et Kate Carter, Alison est née entourée de deux parents aimants et d'une sœur assez âgée pour s'occuper d'elle. C'était la nouvelle petite princesse du foyer, choyée même après la naissance de Charlie 3 ans plus tard, alors que Freya faisait son entrée à Poudlard. Elle se rappelle d'une enfance sous le signe de la réussite d'Owen Carter Quidditch, d'avoir été couverte de cadeaux quand le couple battait de l'aile, et couverte de cadeaux encore tandis que son père voulait éloigner ses deux plus jeunes filles du drame familial que représentait la disparition de Kate. À 6 ans, tout s'effondre pour Alison.

 

Les Carter n'ont jamais étés des bourgeois, même riches, mais la jeune fille s'est inventé un monde avec une place dans la haute société. Aucun de ses deux parents ne vient d'une lignée importante, alors Alison deviendra cette personne importante elle-même, et sourcille à peine quand Sasha grogne puis s'en va. Il reviendra plus tard, ils se reverront en cours de botanique et elle pourra lui montrer les avantages d'apprendre à se comporter correctement en société. Celui d'éveiller moins le soupçon des professeurs, pour commencer.

 

La sorcière sort un tube de gloss de son sac, incapable de traverser Poudlard sans d'abord une retouche de maquillage. Mais à peine mélange-t-elle le liquide brillant que Sasha fait demi-tour, grognon. Elle le fixe, étire un léger sourire à ses premiers mots, et l'écoute en sentant une certaine excitation grésiller dans son corps. Elle avait terriblement aimé prendre le dessus sur l'élève bourru de sixième année alors qu'il avait eu besoin d'elle. Ses yeux dissèquent le Russe jusqu'à ce qu'il range sa main en posant LA question. Que voulait Alison en échange ? Comme Miss Aisling s'en amuse parfois, l'adolescente laisse un silence peser entre eux.

 

Elle donne deux ou trois allers-retours vigoureux dans le tube de gloss avec l'embout puis pose la mousse sur ses lèvres qu'elle recouvre lentement de maquillage brillant. Mh, c'est facile. Glamoured Gazer publie régulièrement les meilleures façons d'attirer le sorcier de ses rêves à coup sûr. Alison revisse le bouchon du maquillage et papillonne légèrement des paupières en secouant sa main devant ses lèvres entrouvertes  pour sécher le produit. T'auras qu'à faire semblant de sortir avec moi. Tu pourras même dire aux gens qu'on a couché ensemble si tu veux. Sans mesurer son aplomb déstabilisant, elle range le tube de gloss, et referme sa bouche qui se rouvre aussitôt qu'elle regarde Sasha à travers sa frange. Quoi ?! Ses prunelles marron roulent dans leurs orbites, exaspérées par l'incompréhension du garçon. Alison allait devoir tout expliquer.

 

— Tu viens me voir dans la Grande Salle ou dans les couloirs, on s'embrasse, vite fait hein, pas b'soin de mettre la langue et tout. Si les gars te demandent bah tu dis qu'on se voit des fois. C'est pas la lune nom d'un chaudron. Glamoured Gazer est catégorique : avoir un prétendant en attire 10 autres. Bientôt, Alison aurait le choix parmi les plus âgés et pourrait sélectionner le parti idéal afin de rejoindre les hautes sphères de la société sorcière. Et si ça implique de coller sa bouche délicate contre celle d'une brute, tant pis, c'est pas si cher payé. Ça t'aidera peut-être même à trouver des filles. Ajoute-elle comme une dernière carte bonus sortie de sa manche, avant d'enjamber une flaque d'eau pour se diriger vers le chateau. La rousse rejette ses cheveux en arrière puis ramène deux mèches devant ses épaules et deux plus petites autour de son visage. Elle se tourne vers Sasha. 

 

— Bon. Deal ou pas ?


Les choux mordeurs de Chine

Message publié le 03/11/2024 à 17:48

La mèche arrachée forme un épi grossier sur le crâne d'Alison qui passe le reste du cours à l'aplatir régulièrement, visiblement agacée d'être aussi ridicule devant la classe entière. Vous pourrez lui répéter trente fois que les gens s'en fichent de ses cheveux hirsutes, elle reste persuadée d'avoir l'air bête comme ça mais continue de lever le menton, trop fière pour l'avouer. Trop fière aussi pour questionner Sasha à propos des cicatrices qui lui déforment les mains et dont l'image revient dans son esprit plusieurs fois jusqu'à la fin du cours. Studieuse, elle n'a toutefois pas manqué de noter les informations données par sa professeure sur le Chou mordeur de Chine afin de pouvoir réviser avant leur prochain examen.

 

Ses Derbies vernies évitent la boue formée aux abords des serres de botanique tandis qu'elle lisse sa chevelure détachée et soumise au vent écossais. La façon dont Sasha soutient son mensonge devant l'enseignante satisfait Alison. Elle acquiesce encore, les lèvres soudain pincées alors que tombe leur sanction pour l'année à venir : être ensemble dans chaque atelier. Adieu l'excellence avec un Gryffondor aussi rustre en binôme ! L'adolescente soupire mais comprend qu'elle ne pourra rien négocier aujourd'hui, et pas aux côtés du Russe. Miss Aisling parviendra sûrement à convaincre la professeure si elle lui explique les manières brutales de Sasha. Silencieuse jusqu'au départ de l'enseignante, elle se tourne vers le réfugié en replaçant sa frange d'un geste précis.

 

— Nan tu serais capable de m'arracher la tête. Personne n'a oublié la scène du garçon massacrant naturellement les choux pour les faire taire. Alison lui sert une moue maniérée, l'anse de son sac au creux du coude. Elle le dévisage allégrement. T'as pas l'air très doux comme gars. Y'a plein de petits cons au chateau qui ont déjà compris comment s'adresser aux filles. Pas lui. Elle humidifie ses lèvres gonflées d'insolence et fixe l'élève des pieds à ses mèches cuivrées en se rappelant d'une fiction pour adolescentes qu'elle a dévoré pendant l'été. 

 

— Tu veux qu'j't'apprenne ? J'peux t'apprendre à te comporter bien s'tu veux. Elle jauge sa réaction, un demi-sourire en coin de bouche, amusée d'imaginer Sasha devenir son petit chien, ou presque. C'est super commun de comparer les Gryffondor à des animaux domestiques vaguement nerveux chez Serpentard. Faudra juste faire c'que j'dis. Peut-être qu'elle aurait pas besoin de réclamer pour changer de binôme en botanique s'il devenait plus docile. Alison jubile intérieurement et prend des couleurs, les pommettes rouges d'avoir osé formuler une telle proposition. 


Les choux mordeurs de Chine

Message publié le 02/11/2024 à 01:48

— Quoi ? Elle murmure en retour, obligée de tendre l'oreille pour comprendre les marmonnements du Russe au fort accent. Son regard automnal voyage sur la silhouette prostrée de Sasha tout en continuant de surveiller leur professeure et les élèves aux alentours. Alison n'attendait pas cette confession qui devient rapidement un appel à l'aide. Elle comprend que son voisin veut qu'elle le soigne et lui lance un drôle d'air, à mi-chemin entre une bouffée d'égo et la consternation feinte. Vraiment ? Ils seront quittes au moins. Alison soupire alors qu'en réalité ça l'arrange d'être à son tour en position de force face à Sasha. Sans elle, il se ferait remarquer par l'enseignante. 

 

— Bah on dirait qu'tu fais moins le malin en tout cas maintenant mh. Galvanisée, la jeune femme en profite pour reprendre le contrôle de la situation tandis qu'elle s'accroupit et fouille dans son sac avec concentration. C'est l'occasion parfaite finalement. Bon, montre. Alison fixe Sascha à travers sa frange rousse, baguette en main. D'un geste, elle écarte ses cheveux pour y voir mieux. Deux élèves curieux se tournent, mais heurtent l'expression hostile du réfugié qui ressemble à un animal sauvage blessé. Habituée aux coups en douce, on dirait que l'adolescente passe aisément d'une attitude d'étudiante qui n'éveillera pas les soupçons de la professeure à sa réflexion pour réaliser le sortilège de la meilleure manière. Pose ta main là. Elle lèche ses lèvres, consciente de l'enjeu. Ce petit pouvoir lui donne un sursaut de charisme. C'est sûrement ce qu'appelle Miss Aisling l'assurance et la supériorité des Serpentard. La sorcière maintient le poignet du Gryffondor. Un fond de rouge subsiste sur les pommettes d'Alison qui répète l'intonation dans sa tête avant de se lancer dès que la voie est libre.

 

— Episkey. Sa baguette dessine un cercle au-dessus de la blessure. Le charme agit et répare la peau de Sasha, sauf autour des traces qu'il portait déjà sur ses deux mains. Exigeante avec elle-même, Alison resserre légèrement le poignet de son voisin, vexée de ne pas avoir atteint la perfection. Elle pince ses lèvres. C'est à cause des cicatrices, normalement j'y arrive mieux. Ses doigts quittent finalement le poignet de l'adolescent.

Alison Carter a lancé un sortilège !

Sortilège
Sortilège du Bisou Magique
Difficulté
Résultat D20
11
Interprétation
Réussite
XP gagnée
3

— Episkey. Sa baguette dessine un cercle au-dessus de la blessure. Le charme agit et répare la peau de Sasha, sauf autour des traces qu'il portait déjà sur ses deux mains. Exigeante avec elle-même, Alison resserre légèrement le poignet de son voisin, vexée de ne pas avoir atteint la perfection. Elle pince ses lèvres. C'est à cause des cicatrices, normalement j'y arrive mieux. Ses doigts quittent finalement le poignet de l'adolescent.

Autres résultats possibles

— Episkey. Sa baguette dessine un cercle au-dessus de la blessure. Rapidement, on peut voir le charme agir et réparer la peau de Sasha. Bien sûr, ça n'enlève pas les cicatrices que porte le jeune homme sur ses deux mains. Alison étire un sourire satisfait et lâche le poignet de son voisin sans retenir une remarque suffisante. Voilà, en douceur, tu vois.
— Episkey. Sa baguette hésite. Alison n'a jamais réalisé ce sortilège en dehors d'une salle de classe et le résultat s'en ressent. La peau de Sasha crépite légèrement mais reste abîmée par la morsure du chou. La jeune femme ravale un sentiment désagréable d'humiliation. Bouge pas. J'peux pas m'concentrer. Elle subit sa propre pression ; celle d'avoir l'air bête. Celle d'être "nulle". La jeune femme retient le poignet de son voisin. J'vais recommencer, attends.
— Episkey. C'est la douche froide pour Alison qui remarque aussitôt que quelque chose ne va pas. Les plaies s'élargissent dans la paume de Sasha. Elle écarquille ses yeux, horrifiée par le résultat. C'est quoi ça ? Sa baguette lui joue des tours parfois et la jeune sorcière peine à trouver l'osmose avec son bois dans certaines situations.

Les choux mordeurs de Chine

Message publié le 30/10/2024 à 09:14

L'arroseur arrosé, ça n'amuse pas Alison. D'ailleurs ça ne l'énerve même pas vraiment, elle qui voit déjà le chou dévorer sa chevelure entière et puis croquer son crâne comme un vulgaire champignon. Son regard supplie Sasha, les yeux brillants de larmes maintenant qu'elle s'imagine chauve et dépourvue d'une oreille. Adieu son avenir au sommet, bonjour la honte éternelle. Elle tire sur la plante, mais rien n'y fait, jusqu'à ce que Sasha décide enfin de réagir avec poigne devant l'assemblée d'élèves spectateurs. 

 

Bousculant Alison au passage, il se lance dans une lutte chaotique contre le légume teigneux. Aïe, aïe, aïe, couine-t-elle en gesticulant, coincée entre la table et le sorcier. Et d'un geste brusque soudain, Sasha l'emporte en arrière vers les stocks d'aubépine. Le souffle coupé, la jeune femme pose une main sur sa tête sans réaliser qu'il vient de se blesser. Ses doigts glissent nerveusement le long des précieuses mèches rousses, désordonnées mais bien là. Elle expire brièvement de soulagement avant de croiser la quinzaine de paires d'yeux braqués sur eux, puis d'entendre sa professeure arriver. Écarlate, la sorcière peine à retrouver contenance, contrairement au Russe qui retourne déjà devant leur table. Est-ce qu'il va la dénoncer ?

 

— M'dam' c'est- mais alors qu'Alison s'apprête à nier pour sauver sa réputation et ses notes, il cache la vérité. rien. C'est rien. Consciente du rouge tout autour de ses pommettes, elle baisse la tête, évitant même le regard de ses amies cette fois. Pourquoi n'a-t-il pas dit qu'elle avait fait l'idiote à garder ses cheveux détachés malgré les consignes de sécurité ? Elle continue de lisser sa pauvre chevelure, muette, jusqu'à apercevoir le sang qui coule sur les doigts de Sasha. Son regard remonte vers le visage du garçon qui résiste à leur professeure. Quand Alison le voit jeter une poignée de terre dans le pot pour couvrir ses mèches rousses, elle intervient.

 

— Rien vraiment. Il - elle ravale sa salive - j'ai glissé et j'suis tombée. Mais ça va. La sorcière fixe l'enseignante avec une conviction feinte, le menton levé. Personne n'ose intervenir. Cette joute silencieuse s'apparente à une torture pour Alison qui ne supporte pas de se sentir idiote, rabaissée. Plaît-il ? La professeure de botanique plisse des yeux comme si elle avait le pouvoir de lire dans les pensées d'Alison. Cette dernière peut compter sur le soutien de son amie.

 

— Elle est tombée Miss, j'l'ai vue.

— Voilà, j'ai glissé sur la terre.

— Bon. Vous resterez tous les deux après la classe.

 

Elle jette un dernier regard suspicieux à Sasha puis claque des mains avec vigueur. Allons, allons, retournez à vos postes, ne faites pas attendre les choux ! Et voici pourquoi vous devez nettoyer vos espaces de travail ! Un peu de concentration ! La classe se remet au travail malgré qu'on entende des chuchotements se promener entre les groupes de Serpentard. Debout à côté du Russe, Alison attache ses cheveux en dévoilant deux oreilles qu'elle trouve moches, petites, au lobe insuffisant. Un jour elle les fera modifier. Son regard retourne sur les blessures de son voisin tandis que l'enseignante vient en aide aux élèves du premier rang. Ce qu'elle voit lui donne des frissons.

 

Les mains de Sasha sont déformées par des cicatrices irrégulières en forme de griffures étranges, profondément creusées dans la peau du sorcier. L'une d'entre elles porte les stigmates ensanglantés du sauvetage des cheveux d'Alison. Certaine que le Chou mordeur de Chine n'est pas l'auteur des autres marques, la jeune femme se demande ce qu'il a bien pu lui arriver. Pour la première fois, elle pense au statut de réfugié de Sasha et l'observe avec curiosité. Ses yeux marrons croisent l'air bourru du garçon. Mais la sorcière, loin d'exprimer ses interrogations, renfile ses gants et tente de reprendre le cours de leur rempotage, en murmurant quand même par précaution à son binôme. 

 

— Tu devrais te soigner avant qu'elle voit. Tu connais la formule ? Elle devrait lui dire merci ? Sûrement. Alison le sait mais se trouve figée dans une posture où son égo refuse de céder. Elle s'est jurée de ne jamais avoir l'air d'une petite chose faible devant les autres, surtout en cinquième année, et cette catastrophe dépasse déjà ses limites. Toujours rouge à cause de son teint naturel, la rousse expire en fixant la terre qui recouvre son légume ennemi. J'vois même pas l'intérêt de faire ça. Genre ça va nous servir dans la vie. J'veux pas être jardinière moi. Elle marmonne pour enterrer sa honte, comme si ça allait effacer l'image d'elle en train de se faire dévorer la tête par un chou devant toute sa classe que de réduire le cours de botanique à une vulgaire occupation paysanne. Ça n'empêche qu'il faut les rempoter, ces choux, si Alison veut prétendre aux meilleures notes cette année. Le reste des élèves avancent dans leur tâche et la jeune femme rapproche un pot d'elle, hésitante.

 

— Hé. Sinon j'les change de truc, et toi tu mets la terre au-dessus, ok ?

 

Une collaboration ? admettons.


Les choux mordeurs de Chine

Message publié le 28/10/2024 à 17:07

Les bras croisés sous sa poitrine, Alison observe le Russe se mettre à la tâche sans hésiter une seule seconde. Peut-être lui permettrait-il d'avoir une bonne note facilement, à défaut de lui apporter ce frisson qu'elle attendait. La professeure de botanique devra bien céder un Effort Exceptionnel s'il s’exécute rapidement et qu'ils terminent avant les autres. Son visage exprime d'abord la satisfaction, les lèvres rendues pulpeuses par une moue babydoll qu'elle maîtrise plutôt bien devant son miroir. Ça gonfle un peu sa bouche encore légèrement trop fine à son goût. Mais très vite son visage change d'expression, oval de stupéfaction face à la barbarie de Sasha Shev'machin. Il est bête ou quoi ? Elle continue de parler comme s'il ne comprenait rien, s'adressant à elle-même plutôt qu'à lui. Puis ses Derbies cirées sont arrosées de terre et Alison recule en poussant un petit cri de surprise.

 

— Hé ! Fais gaffe ! L'attention du reste de la classe se tourne progressivement vers eux, rendant la jeune fille nerveuse. Elle nettoie ses chaussures en riant avec gêne. Il est fou ce gars. Ce qui amène finalement leur professeure à observer la scène à son tour. De côté, Alison lance des regards équivoques à son amie et les deux ricanent à distance, n'ayant nul besoin de parler à haute voix pour se comprendre. Trois autres Serpentard se joignent au gloussement qui contamine petit à petit la serre quand l'enseignante hurle sur le réfugié. Tsss, siffle-t-elle doucement entre ses dents alors qu'enfin Sasha stoppe sa manœuvre. "Délicatesse", "il faudrait lui filer un dictionnaire", pense la sorcière qui se demande encore si elle doit lui faire la réflexion ou la garder pour elle. 

 

Mais le Gryffondor rugit et un pot tombe à leurs pieds, tirant Alison de sa posture immobile. Bah bravo. Faut ramasser maintenant. Elle soupire en sentant l'Effort Exceptionnel s'éloigner à mesure que l'heure avance. Elle n'est pas mauvaise élève, elle a des ambitions, elle, et enfonce ses mains à l'intérieur des gants puants et rendus rigides avec le temps. Saisissant la première branche d'aubépine à sa portée, la rousse fait taire un chou grincheux en grimaçant au contact de celui-ci. Dégueux. Miss Aisling trouverait ça humiliant et à l'opposé de l'avenir brillant qui les attend. Elle rejette ses cheveux en arrière d'un geste de la tête qui écarte sa frange. 

 

— Heu, juste comme ça, j'vais pas ramasser pour toi hein. Il rêve ou quoi ? À l'image des autres élèves, Alison déterre son chou sans grande confiance, les bras tendus afin d'éviter tout rapprochement. Ça avait l'air plus facile quand Sasha le faisait. La plante magique s'agite et recrache l'aubépine pour chercher à mordiller n'importe quoi autour d'elle. Oh putain. Un désordre général s'empare des cinquièmes années en proie aux choux mordeurs récalcitrants et ce malgré la professeure qui préconise le calme. Lâchant le légume dans son pot de destination, Alison perd sa concentration à cause du brouhaha ambiant. Elle cherche Sasha. Qu'est-ce qu'il- AÏE ! AÏE PUT- 

 

C'est le drame alors que son propre chou dévore une mèche de ses cheveux et tire dessus avec force. Aide-moi !! Aide-moi j'peux pas m'enlever ! Penchée en avant et maltraitée par sa plante, Alison retient sa chevelure fébrilement, les joues piquées de rouge, honteuse de se retrouver dans cette situation.


Un matin de rentrée

Message publié le 28/10/2024 à 10:03

Les premières impressions sont capitales à 15 ans. Le poids de la rentrée pèse sur les épaules d'Alison qui n'ose plus bouger la tête, effrayée à l'idée même de déranger sa frange qu'elle vient d'organiser devant le miroir. Il faut que ce soit faussement négligé et ses doigts savent comment déplacer les mèches pour leur donner ce mouvement, mais pas trop quand même. Statique au milieu des élèves, la jeune femme admire sa directrice de maison et professeure de défense contre les forces du Mal.

 

"Elle est parfaite", se répète Alison en fixant la magnifique rousse à l'attitude si maîtrisée. Depuis son arrivée à Poudlard, l'adolescente ne cesse d'observer Miss Aisling avec un émerveillement qui lui ressemble peu. Même alors qu'elle contient la moindre de ses expressions dans l'assemblée, on peut lire sur le visage d'Alison la façon dont elle s'imprègne des paroles de leur référente chez Serpentard. Si seulement sa grande sœur pouvait avoir cette prestance plutôt que de se ridiculiser chaque jour à courir partout sans la moindre élégance. Mais Freya est Poufsouffle à la différence de Miss Aisling, ou Alison. La sorcière croit à la supériorité des serpents que leur siffle en permanence la rousse. Elle y croit tellement qu'elle mise sur les qualités de sa maison pour ne pas subir le destin des Carter. Elle sera meilleure, il ne peut pas en être autrement. Ils gagneront la coupe, survoleront leurs examens, et s'offriront des carrières élitistes, car ils sont Serpentard. Le menton d'Alison se redresse à mesure que son orgueil se gonfle comme un ballon d'égo prêt à dominer les sommets. Elle se surprend même à étirer un fin sourire quand la directrice affirme qu'ils ont le monde à leurs pieds.

 

Cette année sera celle d'Alison, et elle trouvera la voie du succès. Soudain son camarade Spike Rider brise l'harmonie qui règne dans la salle commune et Alison lui jette un regard interrogateur, puis à sa professeure. Il pense vraiment ce qu'il dit ou bien il a perdu un pari ? Comme d'autres, la jeune femme ricane et cache sa réaction derrière une main au verni émeraude. Le sportif fait parler de lui à Poudlard, notamment chez les filles. Vrai qu'il est plus grand et plus fort que la plupart des élèves de cinquième année. Vrai qu'il a un certain charme. Vrai qu'il est drôle et amuse souvent la galerie, même en plein cours, quand Alison s'ennuie. Dommage finalement qu'il soit passionné de Quidditch, ce sport qu'on rabâche toujours aux sœurs Carter, à cause d'Owen Carter, leur père, mais aussi l'ancien poursuiveur talentueux de l'équipe nationale d'Écosse et créateur du matériel Owen Carter Quidditch. Alison vomit ce sport. Alison vomit sa famille. Elle préfère se concentrer sur une question qu'elle pourrait poser à Miss Aisling et finit par lever la main en essayant de ne pas rougir à travers ses tâches de rousseur.

 

— Est-ce que vous nous emmènerez à Londres ou à Paris cette année ? Les capitales et leurs boutiques luxueuses, et leur potentiel d'évolution, et le beau milieu de la magie ; voici ce qui attire la jeune femme en quête d'un avenir brillant. 


Les choux mordeurs de Chine

Message publié le 28/10/2024 à 09:07

Ce temps lui donne des frisottis. Alison le sait et lisse désespérément ses mèches auburn du bout des doigts pour aplatir les cheveux récalcitrants. Mal dans sa peau depuis quelques années, la jeune fille focalise sur ce genre de détail en permanence, soucieuse de son apparence. Bien sûr il existe un enchantement pour garder une chevelure souple et brillante par tous les temps, mais Alison se rappelle la fois où ses mèches ont fondu contre son crâne car elle en a trop usé. Plus jamais. Alors, agacée d'entendre la pluie tomber sur les serres, elle répète ce geste compulsif pour s'assurer de ne pas ressembler à un vieux plaid en mouton, convoitant celles dont les cheveux restent impeccables.

 

L'échange avec son partenaire de travaux pratique lui arrache un sifflement gêné et quelques paroles marmonnées entre ses dents. Tss. Il est sérieux lui ? C'est quoi ce genre de réponse ? Le visage froissé, elle évite le regard hostile du Russe pendant que leur professeur donne la démarche à suivre pour s'occuper des choux mordeurs de Chine. Alison ne s'attendait probablement pas au sale caractère de Sasha, ni à ses ordres grondés sans la moindre délicatesse. Vexée, elle l'ignore et prend d'abord le temps de boutonner sa chemise en prenant soin de laisser le col dessiner un joli V autour de sa gorge nouée d'une cravate plutôt bien mise. J'suis pas ton chien hein. Répond-elle enfin avant de se tourner sur le passage d'une de ses amies vers les branches d'aubépine un peu plus loin.

 

— Il est pas mal.

— C'est un gros con. J'en ai d'jà ras-le-cul. 

— Fais-lui mordiller l'aubépine, ça va l'détendre.

 

Deux gloussements s'élèvent depuis la table des rameaux où se pressent les sorciers qui récupèrent leurs branches d'aubépine. Alison jette un œil moqueur à Sasha et en profite pour observer sa silhouette trapue.

 

— J'suis sûre qu'il l'a déjà fait.

— J'suis sûre qu'ils vous ont mis ensemble car vous êtes roux tous les deux !
— Oh ta gueule !

 

Elle s'esclaffe et donne à son amie un coup de plante épineuse. Cette dernière lui rend en se gaussant aussi, ce qui provoque une remarque du professeur et le retour d'Alison à sa table de culture, avec son partenaire du jour. Tiens. La jeune femme se recoiffe après avoir posé l'aubépine près des pots de choux mordeurs. Elle non plus ne souhaite pas perdre un doigt ou deux dans la gueule pleine de dents des légumes magiques. D'ailleurs, si elle pouvait même éviter d'enfiler les immondes et puants gants de l'école, ce serait mieux. À ton tour de travailler, j'te regarde. Ses prunelles marron croisent celles de sa pote plus loin qui mime de croquer l'aubépine en désignant du menton le Gryffondor et Alison ne peut retenir un ricanement en imaginant le garçon avec une branche entre les dents.

 

 


Les choux mordeurs de Chine

Message publié le 26/10/2024 à 11:57

Elle regarde ses camarades avec dédain. Certains n'ont eu 15 ans que pendant l'été alors qu'elle aura bientôt 16 ans. Ça change tout à cet âge. Le problème de Poudlard, c'est qu'il faut 11 ans révolu pour entrer au chateau. Alison aurait préféré être avec des élèves plus vieux. Elle aurait aussi préféré passer moins de temps dans sa famille et ne pas devoir supporter sa grande sœur une année entière. Mais voilà, la jeune sorcière est née au début de l'hiver, en décembre. Ce mois de fête qu'elle s'est mise à détester depuis qu'on se force à sourire alors qu'il manque toujours un membre chez les Carter : sa mère. Comment Freya peut-elle ignorer l'absence de Kate et continuer d'avancer si facilement ? Pourquoi s'acharne-t-elle à perdre de l'énergie dans un projet qui n'est même pas le sien, qui appartient à leur père ? Ce lâche. Il lui fait pitié, un sentiment qu'elle ne supporte pas ressentir à son égard. Personne n'a envie d'avoir pitié de ses parents. 

 

Cette année Alison sent qu'elle fera mieux qu'eux. Car les discours de sa professeure de Défense contre les Forces du Mal et directrice de Maison sont clairs : les Serpentard sont meilleurs. Les Serpentard ont les qualités qu'il faut pour réussir dans la société. Si le Choixpeau l'a envoyée chez Serpentard et pas Gryffondor comme son père ou Poufsouffle comme sa sœur, c'est qu'il y a une raison. Alison est convaincue qu'un destin brillant l'attend, reste à trouver dans quel domaine, ou par quel moyen. Miss Aisling répète qu'ils ont le monde à leurs pieds. Pour l'instant, c'est de la bouse de dragon qu'elle voit à ses pieds.

 

L'étude des plantes lui semble d'un autre âge. La botanique n'a jamais intéressé Alison qui préfère garder les mains propres et la chemise bien lisse plutôt que d'avoir à enfiler un accoutrement ridicule pour se salir en plus de ça. Cette matière est bête et les plantes magiques qu'ils entretiennent sont souvent désagréables, puantes, ou même agressives. Travailler dans une serre ne la mènera nulle part, Alison en est persuadée. Renfrognée, elle observe les élèves se faire répartir en duo pour l'activité du jour : rempoter les choux mordeurs de Chine qui sont à l'étroit dans leur pot de pépinière. La tâche impose d'enfiler des gants et de manipuler l'engrais favori des jardiniers : de la merde.

 

Soudain, on la colle avec un nouveau. Alison dévisage l'adolescent qu'on lui présente comme un camarade Gryffondor de sixième année qui vient d'intégrer Poudlard et qui manque de base concernant le soin des plantes. En attendant de prendre ses marques et pouvoir rejoindre les élèves de sa classe sur des missions plus délicates, il restera donc au niveau inférieur à rempoter des choux mordeurs de Chine. Leur yeux se croisent et Alison ressent qu'elle pourrait trouver cette leçon moins chiante que les autres. Une paire de gants usés en main, elle passe devant "Sasha" pour le guider vers leur table de culture. 

 

En route, Alison remonte un peu sa jupe, la démarche assurée et ce frisson qui la parcourt depuis qu'elle s'amuse à faire ça. Ça ? Attirer l'attention des garçons. Devant le plan de travail, la sorcière jette un œil distrait aux choux puis aux longues chemises de protection. Elle en saisit une qu'elle enfile en prenant soin de rejeter ses cheveux en arrière. Qu'allait-il penser d'elle dans cette tenue idiote ? La sorcière plie le bord de ses manches jusqu'aux coudes et soupire d'entendre les plantes grincer des dents sous la terre. Elle se tourne vers Sasha.

— Bon, tu comprends l'Anglais au moins ?

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