Harry Potter RPG

Liste des messages de Caecilia Fawley

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

En chute libre

Message publié le 16/02/2026 à 15:14

Les yeux clos. Caecilia n’a pas l’habitude de voir son amie dans cet état, le corps soudain si fragile. Elle caresse d’un regard le visage en souffrance, coup d’œil inquiet en direction de Mayla qui n’a pas l’air plus rassuré, deux paires de sourcils froncés autour de l’attrapeuse. Rapidement, la médicomage lui explique l’état de Prisca. Depuis combien de temps au juste est-elle en train de souffrir ? La joueuse doit avoir de sacrées fractures pour que ses invectives naturelles paraissent si difficiles à exprimer.

 

Au son gémissant de la voix de son amie-sœur, Caecilia s’écarte pour rendre un brin de place à Mayla. Dents plantées dans ses lèvres. Ça lui file une vague d’angoisse de l’entendre se tordre de douleur comme ça : filez-lui un truc, c’est pas vrai ça. Murmure sec qui claque en direction de la médecin. Enfin, une potion pour soulager la blonde dont elle n’a toujours pas pu croiser le regard.

 

Le secret médical. Excellente blague, Caecilia s’apprête à incendier la médicomage, mais, même dans son état pitoyable, c’est Prisca qui la devance avec son habituel franc-parler. Un sourire sur le visage de la brune, petite pression contre ses doigts. Ça y est, elle la retrouve un peu.

 

Et puis

Une bombe.

 

La tireuse se tourne brutalement vers la médicomage, interdite.

A-t-elle bien entendu ? Elle échange un looong regard avec Mayla. Les deux sorcières se toisent mutuellement avec un air de tu savais toi ? Mais Prisca apporte bien vite la réponse elle-même. Cette emmerde-là n’était pas prévue.

 

Un effet d’électro-choc.

La sorcière écrase les phalanges de son amie, caresse sa joue sans trembler : repos, ordonne-t-elle, prête à repousser toute tentative de la joueuse de se lever. Elle cherche à communiquer silencieusement avec la batteuse, la fusille du regard comme pour la forcer à ravaler les questions qui défilent par millier dans leurs regards, leurs cerveaux soudainement perturbés.

 

Ne pas harceler Prisca, tenter de demander ce qui pourrait intéresser la sorcière, faire parler sa voix à travers elles pour qu’elle puisse se repose : elle n’était pas au courant. Vous savez depuis combien de temps ? demande-t-elle à la jeune médecin, probablement dans une position délicate entre la batteuse et la tireuse, sans compter Prisca, qui est peut-être la plus dangereuse de toutes en cet instant. Caecilia vérifie que sa prise sur les doigts de son amie est assez ferme pour qu’elle ne pense même pas à remuer d’un pouce son organisme fragilisé.

 

Que dit-on dans ces cas-là ? La sorcière se rend compte qu’elle est bien incapable de se prononcer sur le rapport de Prisca à la maternité. Bonne nouvelle ? Fin de carrière ? Une mère-louve, oui, pour elle seulement, peut-être pas un môme. Un petit être de rien qui n’existe même pas encore, mais emporte déjà tout sur son passage. Des rêves, des chemins qu’on imaginait emprunter. Caecilia pense à Scott, à Manius, chasse ces hommes de ses pensées. Pas maintenant. Revenir au moment présent.

 

Elle pourrait dire félicitations, mais la joueuse voudra-t-elle le garder ?

Incertitude totale, elle ne sait pas sur quel pied danser.

Tout va bien, Pri, reste allongée, laisse ton corps se réparer. Ton corps se préparer.


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Message publié le 16/02/2026 à 08:14

Caecilia Fawley, elle commence à s’habituer aux syllabes étranges déployées à travers le timbre du sorcier. Fawley, l’est-elle vraiment plus que Rowle ? Combien d’années encore avant le point de bascule ? Celui où elle aura passé plus de temps sous une étiquette que la précédente. Trente ans, ça lui paraît être une éternité. S’ils tiennent jusque-là, du moins, il faut encore s’accrocher.

 

La tireuse a l’espoir fou ce soir de tenir bon. Depuis leur joute verbale du matin, pas un mot plus haut que l’autre, et même peut-être un certain

Plaisir ?

Elle n’oserait pas s’avancer. Peut-être est-ce simplement sa présence qui la froisse un peu moins ? La douceur d’une main qu’elle a appris à tenir, un corps qui lui rappelle quelques instants de tendresse ? Elle ramasse les qualités éparses de Manius, tout ce qui peut la toucher, dans un petit panier dont elle bouche maladroitement les trous avec un brin de bonne volonté.

Et après ?

 

La remarque sur son refus à Poudlard ne la fait pas rire, elle serre les doigts de l’historien dans les siens. Caecilia méprise le directeur qui a osé rejeter son mari, comme si l’affront la touchait directement. Elle sent soudain qu’elle pourrait bien débarquer, Eleftheria à la main dans l’école de son adolescence pour aller dire deux mots à cette bande de pédagogues en carton mal dégrossie qui pense avoir le monopole des compétences intellectuelles. Un établissement qui a gentiment, lui aussi, fermé les yeux sur des arrangements illégaux, qui n’a pas sourcillé pour protéger une jeune élève mineure mariée de force. Plus convaincu, sans doute, que l’escapade innocente de deux adolescents en émois dans une salle de bain relevait d’un terrible péché.

 

Ce sont des crétins, tu seras un super prof, déplore-t-elle avec peut-être plus de venin dans la voix que la douceur qu’elle imaginait offrir. 

Est-ce que l’historien voudrait prendre un bain avec elle ?

 

Caecilia se retient de sourire, puis de lever ses yeux aux cieux devant le début de réponse cartésienne que lui cuisine son mari. Les paroles de ce dernier l’étonnent, elle tourne vers lui des yeux subitement intéressés de découvrir son point de vue. Il était une fois deux jeunes gens. Un antagoniste ? Manius ? Qui s’aimaient très fort. Elle se rend compte que cela fait quelque temps que toute la haine dont elle est capable ne se dirige plus vraiment vers son mari. Depuis quand ? Un jour, on maria la jeune fille contre son gré. Alors, c’est ça, elle tombe amoureuse de son geôlier ?

 

Il a raison.

Manius est l’antagoniste de son histoire d’amour avec Scott Emfield.

Il est presque étrange qu’elle ait oublié cette version.

Presque.

O-phe-li-a.

 

Elle n’est pas la seule à décider, ne l’est plus. Il lui faut négocier avec son cœur et son esprit et puis à présent ceux de son mari qui ne sont pas indifférents à d’autres yeux doux. Caecilia n’est plus sûre d’être l'héroïne de sa propre pièce, parfois, elle se sent elle-même opposante d'une autre histoire : celle d’un historien et de sa charmante bibliothécaire.

 

Peu importe qu’elle essaie d’arrêter de fumer, de s’énerver, qu’elle tente de jouer le jeu de la femme mariée, ne plus se perdre dans d’autres bras, garder cette alliance fichée à son doigt. Elle a l’impression que tout lui échappe quand même, pire : que ses efforts pour se rapprocher de Manius le repoussent tout droit entre d’autres doigts.

 

Ses yeux pervenche un peu fanés.

 

Elle s’arrête brusquement, malgré la circulation, les bruits de klaxons, au milieu de la route pour jouer ce qu’elle sait faire de mieux, un nouvel acte dramatique : je t’ai déjà choisi Manius. Main droite dans la gauche, main gauche dans la droite. Le voit-il ce putain d’anneau qu’elle lui a remis ? Les gens peuvent bien s’énerver qu’elle ne cède pas le passage, elle ne voit que lui. Maintenant, je les lèvres pincées pour ne pas laisser sortir le cœur au bord, j’ai peur que toi tu ne me choisisses plus. Et puis de décamper de la route pour éviter l’affrontement des automobilistes fatigués, le trainer avec elle, par les mains lié.

A-t-il fini par trouver des raisons de l'aimer ?

 

Non, peut-être qu’au fond, elle ne l’intéresse déjà plus.

Comme elle n’intéresse plus Emfield qui a choisi la stabilité à l’intensité.

Ces hommes-là ne cherchent pas le feu, ils se fatiguent de Caecilia.

 

Elle aimerait que Manius soit moins honnête pour lui mentir droit dans les yeux, comme son Gryffondor avant lui. Elle voudrait faire semblant d’y croire, penser qu’il peut être heureux à ses côtés et qu’elle parviendra à s’en accommoder.

Ne surtout pas être seule, jamais, plus jamais.

 

Personne ne voudrait me voir terminer avec Emfield, ajoute-t-elle en retenant ses traitres de larmes. Il va être papa, s’il revient vers moi, elle s’interrompt d’un petit rire sans joie, ce serait vraiment une merde. En vérité ça l’est déjà. Et puis, la vérité brise sa voix, ces dernières années, on ne valait pas mieux que mes parents. Violences physiques et psychologiques des amants désespérés. L’explosion quand il l’avait appelée Vanessa, le chantage affectif, des ébats qui laissent des bleus sur le corps. Un modèle parfaitement fonctionnel, le confort des souvenirs d’enfance.


En chute libre

Message publié le 15/02/2026 à 22:02

Laissez-moi passer, putain ! Elle hurle, pousse ces crevards d’agents de sécurité en brandissant son insigne comme un passe-droit sous leurs visages fermés.

Caecilia est prête à exploser quelques nez pour retrouver Prisca.

Prisca, qui vient de faire une chute assez impressionnante pour soulever son cœur pourtant d’habitude plutôt accroché face aux risques pris par son amie une fois montée sur un balai.

 

La sorcière peut bien se prendre un avertissement des forces de l’ordre magiques, en cet instant, une seule personne compte : son amie évacuée d’urgence par l’équipe médicale des Harpies. Madame. Lâchez-moi ! La tireuse se débat face aux trois paires de mains qui tentent de la canaliser. Le stade est en émoi, elle a laissé Manius et Quintus derrière, trop estomaqués pour réagir. Un doigt d’honneur à l’ancien Serpentard qui a tenté de la suivre. 

Prisca a besoin d’elle, rien qu’elle.

 

Un membre du staff finit par s’approcher, la reconnaitre, tempérer. Évidemment qu’elle est une amie. C’est même presque peu de le dire. Regard de défi. Elle passe, court, vole, les vestiaires – gauche ou droite ? – retourne sur ses pas, l’angoisse la fait dériver. La tireuse semble perdre tous ses moyens alors que le dernier pilier de son existence instable vient de s’effondrer. Putain, elle jure, peste, passe les portes à toute vitesse. Depuis combien de temps son amie est-elle seule ?

 

Elle tente de calculer dans sa tête les minutes qu'il lui a fallu pour bondir sur ses deux pieds, traverser les gradins, affronter les obstacles sur son chemin, perdre son corps de vue, le terrain vide, les mines désolées et puis enfin le chemin des vestiaires, Eleftheria campée dans sa main. La sorcière ouvre la porte à la volée, le cœur battant, les joues rouges, souffle saccadé. Un médecin auprès d’une Prisca vivante, mais allongée. Pas vifs, souples, fermes mais légers, Caecilia file à son chevet, prend ses mains dans les siennes sans se soucier de la présence de Mayla toute proche ni de celle du médicomage.

 

Les doigts de son amie à ses lèvres, sourcils froncés, mine tracassée. Pri, j’suis là. Une main maternelle dans les cheveux courts de son amie-sœur. Comment ça va ? Regards vers le spécialiste et l’amante : qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’elle a ? Comment elle va ? L’urgence dans sa gorge ne l’empêche pas de murmurer comme si le moindre éclat de voix pouvait faire voler le corps de son amie en mille morceaux.

 

La femme la plus solide qu’elle connaisse venait de lui démontrer qu'elle pouvait également s’écraser.


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Message publié le 15/02/2026 à 21:16

Son trouble la touche. Un peu cruelle, Caecilia se plait à observer la perte de repères qui accompagne sa déclaration chez son mari. Elle sourit, s’amuse de le voir s’empêtrer dans ses beaux mots, chuter puis se rattraper. L’habitude veut que ce soit la sorcière qui s’emmêle dans ses phrases, alors la réciproque lui fait du bien.

 

Elle peut encore le désarçonner.

Le cœur de Manius ne lui a peut-être pas encore tout à fait échappé.

 

Cela signifie également que la Fée Lya n’est pas déjà passée par-là. Léger soulagement dans un esprit déjà trop tortueux, torturé. Elle coince son regard dans le sien : je t’invite Manius Fawley, elle n’a même pas vérifié sa disponibilité, se demande si elle n’est pas précisément d’astreinte ces jours-là. Peu importe, s’ils ne fêtent pas l’absence d’amour qui les fait battre à l’unisson le quatorze, ils pourront toujours essayer le quinze, le seize, le dix-sept, encore et encore, chaque jour du mois, de l’année. Se donner des dizaines de chances jusqu’à ce qu’essoufflés, ils constatent tristement qu’il n’y a plus rien à sauver. Mais ce serait toujours moins triste que de ne pas avoir essayé.

 

Ce soir, ils tentent d’avancer d’un pas mal assuré sur une piste truquée. 

Mais Caecilia a l’habitude des dés pipés.

 

Le spectacle la saisit rapidement, un instant de rupture dans le tourbillon des pensées pour contempler les couleurs, les notes et les corps habiles. Une harmonie qui lui donne envie à elle aussi de glisser sa vie sur du papier à musique. Il serait tellement plus facile de jouer les actes de sa destinée en en connaissant le dénouement. Une fin forcément heureuse. Elle se demande ce que les spectateurs penseraient de sa comédie romantique. S’ils auraient envie de voir la sorcière terminer dans les bras du mari qu’on lui a imposé.

 

Elle y pense longuement à l’entracte alors que l’absence de Manius lui offre le loisir de retourner quelques instants dans le labyrinthe de ses idées. Un léger sourire à la fillette quelques rangs devant qui se retourne brusquement, gênée d’avoir été repérée en plein espionnage de la princesse. Mais Caecilia n’est pas une souveraine, elle ne décide de rien, prise aux pièges d’hommes adultes ou de son propre cœur.

 

Plus tard, la sorcière reprend le bras de son mari qui l’entraîne vers la sortie. L'interrogation de ce dernier la fait sourire. Comme toutes les autres familles de sang pur, les Rowle ont fait apprendre à leur fille unique les rudiments d’une série de danses à maitriser pour briller en société : la valse, évidemment, quelques contredanses un peu désuètes, mais le tango… Elle se rappelle la mine désespérée de Quintus qui tentait de la guider sous le regard hilare de Prisca. Emfield méprisant ne connaissait aucune danse de salon. Elle s’imagine un instant emmener Manius en boîte pour parfaire son immersion moldue, la vision de son historien dans cet environnement l’amuse énormément.

 

Non pas tellement, rit-elle un peu, Quintus a essayé de m’apprendre, mais ça n’a pas été un franc succès. Une tendre pensée pour l’ami qu’elle aurait pu épouser. Mais je veux bien découvrir la méthode d’un autre professeur. Après tout, elle n’est plus à un faux pas de près avec le sorcier. Ça fait déjà à peu près sept ans qu’ils se marchent continuellement sur les pieds.

 

On peut marcher un peu ? Elle lui prend la main. Après l’atmosphère étouffante de la salle de théâtre, l’air frais lui fait du bien. La nuit de l’hiver commence déjà à tomber sur Londres malgré la jeunesse de la soirée. Caecilia profite des couleurs apaisantes du ciel pour laisser s’échapper la question qui lui brûle les lèvres : si on était des personnages de théâtre, tu penses que les spectateurs voudraient qu’on finisse ensemble ? 

And they all lived happily ever after

Heureusement pour eux, les fins de contes anglophones ne nécessitent pas forcément d’avoir beaucoup d’enfants.


Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour.

Message publié le 15/02/2026 à 19:55

À l’instant où la dame du musée dont elle ne connait toujours pas l’identité ouvre la bouche, Caecilia comprend qu’elle vient de commettre une terrible erreur. La sorcière retient un mouvement de recul alors que la jeune femme s’emballe à propos d’objets totalement dénués du moindre intérêt. Un regard d’incompréhension vers la théière, demi-sourire pour feindre l’écoute attentive. Dépitée.

 

Quelque chose dans sa posture et sa manière soudaine de s’animer la trouble.

Lui rappelle l’extase un peu gauche d’un autre historien.

 

Caecilia plisse les yeux, détaille à nouveau son interlocutrice. Nouvel angle de vue. Scan. La lumière dans ses yeux. Check. La sorcière s’interrompt. Je vous en prie, rassure la tireuse, c’est vrai que c’est particulièrement… intéressant. Inspecte. Oui. Elle en apprend beaucoup, engrange les informations avec minutie. Ton mari a un côté séduisant. Est-ce que cette femme-là aussi ? Des bouts de charme éparpillés dans un timbre passionné, un regard vif, des mots délicatement choisis.

 

La tireuse a mal à force de serrer les dents.

Impossible de fumer ici.

 

L’image de Prisca dans son esprit. Deux yeux inquisiteurs l’empêchent de commettre le moindre faux pas. Sur ses lèvres, l’interrogation la brûle : Ophelia ? Derrière les humbles apparences, des paires de griffes acérées prêtes à briser un ménage dont il n’y a de toute façon plus rien à sauver. La faille est trop grande, le trou béant.

Une fissure qui ne peut être comblée par une pluie de baisers. 

Elle semble le comprendre à présent. La violence de la réalisation pourrait bien la faire tituber.

 

Caecilia Fawley est impuissante.

Mais elle ne peut s’empêcher d’essayer. L’idée de la tromperie lui tord le ventre, lui serre la gorge, plante adroitement des épines dans son cœur. Ces femmes de rien, collègues de bureau, compatriotes d’un quotidien morne n’ont pas le droit de lui voler les hommes de sa vie. Elle ne laissera pas faire cette Ophelia, pas après Vanessa. L’idée de l’humiliation transperce la jeune femme un peu trop fière.

Elle doit savoir.

 

Merci, la voix posée pour ne pas inquiéter, ne pas faire tomber son jeu de cartes par maladresse et puis devoir se pencher, ramasser des rois et des reines mal assortis qui préfèreraient se perdre dans les bras des valets. Très peu, avoue-t-elle avec un regard vers l’épée, ce n’était pas le genre d’armes qu’on leur apprend à manier, mais Caecilia se souvient de vagues notions entendues d’une demi-oreille lors qu’une énième formation. Je suis tireuse d’élite, ajoute-t-elle avec la pointe de fierté qu’elle n’arrive pas encore à quitter depuis qu’elle est parvenue à atteindre ce prestigieux poste au sein des forces de l’ordre, donc le corps à corps, c’est moins mon domaine. Elle sourit sincèrement, tend sa main gauche à la jeune femme, juste pour vérifier, Caecilia Fawley.


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Message publié le 15/02/2026 à 00:23

Rose fanée. De longs pétales autour de la taille. Encerclée.

Caecilia porte le rouge de la passion et celui de la revanche. Contraste intense pour le regard pervenche. Des hauts, des bas, la colère et un brin de douceur : toujours dans ses bras.

 

Manius est de son côté, son allié. Il n’est pas l’homme de son père, pas dans son camp, pas complaisant. Non. Elle en est sûre à présent, le voit, le sent. L’idée la touche, alors elle veut oublier, pour quelques heures, le destin forcé. Se réapproprier sa vie et faire quelque chose avec ce qu’on a voulu faire d’elle. Trouver du bonheur, récupérer son pouvoir d’action comme un doux pied de nez à celui qui a voulu l’enfermer dans les bras du premier sorcier venu.

Depuis quand n’avait-elle pas évoqué sa famille ? Repensé au regard maternel cerclé d’un autre bleu. 

Des mots qui ne sortent pas, jamais, même pour Prisca.

 

Parce que ça ferait d’elle une victime, ce qu’elle n’est pas. Jamais. Caecilia tient sa vie dans le creux de la main, c’est elle qui guide, décide. Elle ne panique pas – tant qu’elle garde Eleftheria à portée de doigts.

 

Parfait, je suis prête. Le bras de Manius. Est-ce qu’il la trouve belle dans le tissu évasé ? Est-ce qu’à ses côtés O-phe-li-a porte des robes, elle aussi ? Pourquoi veut-elle lui plaire ? Qu’a-t-elle à lui prouver ? L’homme a plus de place pour le devoir que pour l’amour au sein de son cœur gelé. Pourtant, elle a déjà dû par deux fois repousser ses propositions de divorce. Quand éprouvera-t-il à nouveau le désir de l’abandonner ? Pourra-t-elle survivre à un énième rejet ?

Peut-être vaudrait-il mieux, pour eux deux, signer la fin d’une histoire avortée tant qu’ils s’entendent légèrement, qu’ils ne se crient pas trop dessus. 

Mais pas aujourd’hui, ils feront semblant, encore un peu.

 

La sorcière se laisse guider à travers la ville. Elle admire la technique de son mari qu’elle ne pensait pas capable de transplaner aussi proprement en l’emmenant à ses côtés. Manius fait les choses bien, comme toujours. Elle a dû jeter les fleurs, celles de cette nuit où, pour la première fois, les époux ont partagé leur lit, mais elle y repense parfois. 

Caecilia frissonne, sans doute, dehors, fait-il encore fort froid.

 

Le goût mentholé ne quitte pas ses lèvres. Elle inspecte le dehors avec son regard de snipeuse, cherchant la faille dans l’idylle pour être certaine de maîtriser la situation. Même si elle ne gère rien, ou alors à moitié. Tireuse nerveuse, le Londres moldu emporte les deux sangs purs dans son éreintante modernité : la fraîcheur d’une Prisca, la violence d’un Scott. Ce monde ne lui appartient pas.

 

Sur les trottoirs, ses yeux accrochent des vitrines qui cherchent à lui vendre l’amour en bouts de papier. Dans quelques jours, ce sera la Saint-Valentin. Elle s’en rappelle et, soudain, Emfield décide de déposer ses valises dans ses pensées. La première fête des amoureux sans le sien. Le crash de son cœur, les larmes de haine et un goût de silence amer sous la langue. Son deuil fait des aller-retour incessants entre la colère et la dépression.

 

Face à la surprise de Manius, elle sourit et choisit un spectacle au hasard. La sorcière n’y connait rien, tout cela n’est de toute façon qu’un prétexte : la vraie comédie se situe derrière le quatrième mur. Dans le théâtre, sa robe lui semble presque inappropriée face aux vêtements des spectateurs. Mais quand une petite fille pointe son doigt vers elle en demandant à sa maman si la madame est une princesse, Caecilia rougit. Elle s’imagine un instant tenant par la main une enfant du même âge, un petit morceau d’elle entre son corps et celui de Manius.

 

T’as déjà une Valentine pour le quatorze ? interroge-t-elle avec tout le détachement dont elle est alors capable. 

Est-ce que son mari préfère avoir un garçon ou une petite fille ?


Réunion de crise

Message publié le 10/02/2026 à 13:18

Paroles lancées en l’air, provocations, aveux de faiblesse : Prisca accueille tout avec la même absence de jugement. Caecilia sent derrière le regard de son amie une profonde bienveillance et un souci de sa personne qu’elle continue à avoir du mal à accepter malgré toutes ces années.

Une confiance un peu déplacée qui lui donne des responsabilités.

La nécessité d'atteindre ce qu’elle attend d’elle, de devenir la Caecilia que son amie voit : une sorcière calme et posée qui ne défonce pas une jeune bibliothécaire qui n’a rien demandé. À part peut-être le corps, le cœur de son mari ou du moins son estime et son admiration. Est-ce déjà trop pour elle ? De se sentir à ce point devancée par quelqu’un de probablement brillant qu’elle n’égalera jamais. Et elle, que suscite-t-elle en Manius si ce n’est de la confusion ?

 

La tireuse se sent soudain découragée, abattue par la vie qui semble un peu trop lui faire des croche-pieds. Il n’y a même pas vingt-quatre heures que Scott s’en est allé avec son cœur. Sait-elle vraiment où elle en est ? Ce qu’elle pense ressentir pour Manius est-il un tant soit peu positif ? Ou ne s’agit-il que d’un brin de colère saupoudré de désespoir, le tout probablement aromatisé à la possessivité ?

 

Promis, j’serai sage, soupire-t-elle. Elle lui doit bien ça et puis, il faut avouer qu’elle ne sait pas encore bien quoi penser de cette Ophelia. Tout se brouille un peu dans son esprit, elle agira après avoir fait un grand tri.

Pas folle non plus la tireuse.

 

Elle accueille le baiser de Prisca avec un petit sourire : tout mon amour est pour toi. Ses lèvres brièvement pressées contre celle de la joueuse. Elle repense à leur conversation. Heureusement qu’elle n’a jamais accepté une partie de jambes en l’air avec son amie, il faut croire que c’est sa spécialité de toujours rendre les choses un peu plus compliquées. Elle n'est plutôt pas douée pour faire la distinction entre les émotions et la raison.

 

La perspective d’un entraînement violent avec son amie lui réchauffe paradoxalement le cœur. Caecilia, tel un petit poussin, a besoin qu’on la gronde quand elle s’égare du chemin tracé par sa mère-louve. Les paroles tantôt provocantes, tantôt rassurantes de Prisca finissent par faire leur effet, berçant la jeune sorcière dans la sécurité d’une amitié inconditionnelle. Elle se laisse glisser dans l’étreinte de sa sœur comme une petite enfant qui a trop pleuré après avoir fait une bêtise.

 

Ses bras à elle sont solides, capables de la préserver de tous les dangers, de lui dire non et je t’aime dans la même phrase. Sans elle, la tireuse n’est pratiquement rien. Un léger sourire sur les lèvres, les yeux qui se ferment doucement, son corps soudainement apaisé rend les armes. Je t’aime Pri, murmure-t-elle en se laissant tomber dans un rêve léger. Peut-être est-ce là que Manius la retrouvera ? Endormie dans les bras de son amie pour récupérer des émotions et du manque de sommeil de la veille.


La médiatrice

Message publié le 10/02/2026 à 11:46

Quelques caresses verbales. L’organe dans sa poitrine ne sait plus où donner de la tête, cherche à deviner pourquoi, cette fois, il s’emballe. Manius joue le jeu de la tendresse, mais aussi de l’humour, lui retourne ses phrases, lui vole ses mots pour tenter de parler son langage, d’offrir un miroir à ses habitudes.

Le sorcier peut bien la déshabiller puisqu’elle lui a offert un fragment d’elle beaucoup plus intime qu’une enveloppe qu’il commence à connaitre. Elle le reçoit dans son corps comme dans sa tête, dépose contre ses lèvres des baisers de vulnérabilité apprise.

Caecilia ne frappe pas, ne crie pas, se laisse glisser dans une étreinte trop douce pour elle, une nouveauté sucrée qui apaise alors qu’elle tente de chasser l’idée, la menace qui lui crie de prévoir le moment où Manius Fawley retournera sa veste.

Nuit de noces improvisée. Peut-être que Prisca a raison en définitive : il leur manque encore un voyage. La jeune femme pense à la proposition de son mari au contrat renouvelé et puis, soudain ne pense plus.

 

 

Quand, plus tard, elle observe l’historien endormi entre ses draps, Caecilia se demande comment les choses auraient tourné sans sa pratique de la legilimancie. L’idée du divorce lui est soudainement insoutenable.

Elle glisse une main dans ses cheveux clairs sans le réveiller, cherche à comprendre ce qui la dégoûte, ce qui lui plait. Manius est assez puni de s’être lui-même enfermé. Elle essaie de ne pas réinvoquer le visage d’Ophelia, son âme sœur peut-être, alors qu’il est coincé avec elle pour un béguin idiot, le même sans doute qui a poussé sa femme dans les bras de Scott Emfield.

Caecilia reprend ses doigts, ses yeux prononcent un je t’aime que la fatigue dénue de sens tandis qu’elle sombre dans la perspective de lendemains plus heureux.

À deux.


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Message publié le 10/02/2026 à 10:56

Dinefrw semble un instant touchée par la grâce, alors qu’une drôle d’harmonie se déploie pour envelopper les époux. Caecilia ferme les yeux un moment au contact des bras de Manius, de sa tête contre son cou pour tenter de masquer le poids invisible sur ses épaules. Sous ses yeux défile une pluie de souvenirs absurdes : les engueulades avec Scott, les paires de claques, les mots trop durs. Une douce impression de romantisme dans une relation dysfonctionnelle. L’intensité de leurs caresses presque violentes. Finir en pleurs. Coucher encore.

 

Non, ce n’était pas normal.

La sorcière frémit au baiser de son mari, toujours si délicat.

 

Elle l’a cru, mais non, elle n’est pas encore anesthésiée à la douceur, c’est simplement qu’elle ne connait pas. Un instant elle le croit quand il réitère l’envie de la protéger, elle pense ne pas avoir besoin d’être la plus forte, de frapper en premier juste au cas où.

 

Puis elle se rappelle le visage de son père qui la tétanise comme une petite souris. Une tireuse d’élite qui ne vaut rien quand la trop jeune Caecilia en elle se réveille et hurle subitement son effroi.

 

Peut-elle laisser l’historien qu’elle tente malgré tout de défendre s’exposer à l’homme de ses cauchemars ? Elle cherche dans la caresse de ses lèvres un oui plein et entier qui pourrait lui permettre de s’abandonner, s’écraser comme un petit pantin et dormir sans garder Eleftheria bien serrée dans sa main.

 

Et ce n’est pas ta faute.

 

Les mots de son mari résonnent dans sa tête, en réveillent d’autres par ricochet, le regard vide de sa mère, un sourire triste qui tente de masquer une pommette explosée. Maman va bien, regarde hop Episkey et le sang qui s’arrête à peine parce que sa main tremble encore trop, ce n’est pas sa faute tu comprends ma Lili, papa a eu une mauvaise journée. La sorcière cille un peu, le corps en plomb. 

C’est toujours la faute de celui qui frappe. 

Elle se demande si elle aussi blessera ses enfants.

 

Les mains de Manius dans les siennes. Elle serre les doigts offerts pour reprendre un peu contenance. Oui, sortons, répond-elle avec l’intime conviction que le sorcier a su lire dans ses pensées. Elle a besoin de bouger, retrouver un peu d’élan pour ne pas glisser dans l’hypoactivation. Caecilia entrevoit une fenêtre de ciel bleu dans une relation vouée à l’échec, elle voudrait sauter dedans à pieds joints, ne pas manquer l’occasion ou refermer la vitre sans le vouloir. D’ailleurs, dehors aussi, le ciel de février est presque ensoleillé.

 

La jeune femme sourit en piquant un nouveau baiser à son mari, presque excitée par la perspective d’une sortie loin de leurs noms de famille et de cette enclave qui leur a trop servi de prison plutôt que de nid. Elle se relève et entraîne le sorcier avec elle : attends-moi, j’me change vite. Elle ne sait pas où elle souhaite aller, mais ses cheveux ne sont pas tout à fait secs. Alors, la jeune femme se prépare et, après une hésitation, se glisse dans la robe rouge que son mari a déjà su lui enlever. Elle repense à Bulstrode et à leur drôle de mariage d’une nuitée, puis redescend pour prendre le bras de l’historien : ce soir tu m’emmènes danser ? Deux yeux pleins d’espoir et de désir de légèreté.


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Message publié le 09/02/2026 à 16:37

C’est drôle comme c’est quand tout va mal qu’elle se sent à sa place. Reine du mélodrame, performeuse de la douleur, comédienne principale de La vie de Caecilia Fawley. Le désordre est son royaume, elle s’y promène avec une traine de larmes, la bouche peinte couleur colère. La sorcière se sent plus vivante à la nuit tombée, quand les ombres lèchent des pans de murs où l’on peut se cacher. Elle se sent grisée par la confrontation, sort ses paroles tragiques comme autant de lames acérées. Pleine et entière, le grand saut dans les émotions qui la traversent comme une poupée de chiffon.

 

Est-ce sa faute ? Pas vraiment.

Petite fille ballotée entre les paires de claques et les sautes d’humeur. Les larmes de sa mère, les menaces de son père. C’est à ça que ressemble le mariage pour elle.

 

Les mots de Manius, ses gestes tendres ressemblent à de la haine en suspens. Un langage qu’elle ne parle pas. La sorcière se demande soudain si c’est pour cette raison que sa main a si facilement trouvé le chemin de la joue de son époux dans un accès de colère. L’idée lui retourne subitement l’estomac, pardon de t’avoir frappé, s’exclame-t-elle subitement alors que son mari l’entraînait sur un autre sujet. Mais cette gifle n’était qu’une occurrence parmi d’autres après tout. Ses cris, sa baguette contre la gorge du sorcier, Caecilia est une tempête ambulante. Exactement comme lui.

 

Tout se brouille un peu sous ses yeux. Elle lance un regard chargé de reproche à Eleftheria comme si la baguette avait pu la retenir, la prévenir de ce qu’elle reflétait en se conduisant de cette façon avec le Fawley.

 

Manius veut être un soutien, il la remercie, tente de rétablir la communication, se montre présent, prévenant toujours avec ses beaux mots bien choisis, ses belles phrases bien construites qui donnent une impression d’ordre et de sécurité. Pas de clope, pas de clope, pas de clope, sa mâchoire se serre trop fort. Elle s’imagine un instant nez à nez avec ses parents qu’elle n’a plus revus depuis sept ans, juste après son mariage, un dernier regard pour sa mère et à présent l’absence. Presque reniée, peut-être n’était-elle même pas inscrite sur leur testament.

 

Caecilia n’a soudainement plus envie d’être là, assise face à son mari et ses belles propositions qui lui déchirent l’âme en deux. Elle aurait bien besoin de sortir se dégourdir les jambes, reprendre quelques foulées pour laisse la maladie achever de la terrasser, se sentir crever une bonne fois pour toutes parce que, définitivement, elle se dégoûte.

 

J’t’ai frappé, murmure-t-elle une deuxième fois interdite avant de mordre sauvagement ses lèvres pour s’empêcher de pleurer. La tireuse respire, relève la tête pour affronter à nouveau le regard de son mari. J’suis désolée vraiment je, une gosse complètement paumée qui réalise son geste des années après la guerre. La violence physique et symbolique face à un homme qui avait quoi exprimé son avis ? Osé la contredire ? Tout plutôt que de rester assise là, Caecilia voudrait s’enfuir, mais elle a promis d’essayer, alors, malgré le trouble dans lequel semble la plonger la mention de son père, elle tente de raccrocher la conversation. 

 

Oui, la voix faible, un dîner ici. Merci Manius, ce-c’est gentil. Elle dévisage l’historien pour essayer de croire à ce qu’il dit quand il lui assure qu’il sera prêt à affronter son père au premier mot de travers. Ne le prend pas mal, mais j’pourrais pas te protéger face à lui je la tireuse essuie ses yeux d’un geste léger, c’est de Prisca et sa batte dont elle aurait besoin dans cette situation, mais Prisca est l’une des raisons qui explique la haine de son père envers elle alors… Caecilia respire un grand coup pour tenter de retrouver ses moyens : okay, pardon, on peut y penser, mais j’suis pas prête là j’crois. Et d'ajouter : désolée, j'ai encore parlé ma propre langue, un sourire un peu triste.


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Message publié le 09/02/2026 à 09:16

Caecilia hausse un sourcil en dévisageant son mari pour vérifier s’il cache dans son regard une once de sincérité ou s’il est copieusement en train de se payer sa tête. Peut-être un peu des deux finalement, ce ne serait pas si incompatible

Contrairement à eux.

 

Non t’as raison, répond-elle à propos d’Ophelia. Jamais cette sorcière ne représentera un danger suffisant pour mobiliser sa femme et, quoi qu’il en soit, sa mort de la main de la tireuse n’améliorerait pas leur relation.

 

La jeune femme cherche, sur son visage, un indice pour lui prouver que l’homme qui lui fait face est bien le même que celui qui l’a prise dans ses bras il y a quelques jours à peine. Ce sorcier au regard de désir qui la voulait allait explorer les raisons de l’aimer. A priori, il préfère examiner ses minuscules torts personnels à la loupe pour vérifier, se confirmer dans sa petite tête qu’il est bien le sorcier blanc et immaculé qu’il pense être. Caecilia, elle, n’a posé qu’un orteil sur le chemin de la rédemption : il a un gout de gomme à la menthe. Un parfum qui lui manque soudainement d'ailleurs dans les crèmes du déjeuner. Un peu trop bancale et tordue donc.

 

Les glucides ne font cependant pas long feu dans son assiette, peu importe les coups de théâtre de Manius à présent, son corps a trop besoin d’énergie. Une petite séance d’entraînement avec Prisca dernièrement le lui a bien fait comprendre. Elle écoute attentivement l’avis de Fawley sur l’ancien objet. Étrangement, son monologue ne l’agace plus quand il la concerne directement. Caecilia se mord la lèvre, un peu songeuse en rapprochant la boîte à musique de ses yeux. En fait, c’est moi qui ai pétrifié la figurine, avoue-t-elle avec détachement, j’ai ouvert la boîte toute à l’heure et la musique m’a un peu elle cherche le bon mot agressée.

 

Une flopée de mauvais et douloureux souvenirs sur ses épaules, voilà tout : puisse l’ancienne Caecilia la pardonner. Quand l’historien évoque ses parents, elle se souvient rapidement de sa réaction le soir où il l’a surprise avec Scott, ses recommandations inutiles sur le fait de ne pas retourner vivre avec son bourreau. Manius n’est pas souvent en colère, encore qu’avec elle… 

La jeune femme lui lance un regard hésitant.

 

T’accepterais ? Une interrogation lancée dans le vide qui ne veut rien dire, simplement pour tâter le terrain. De euh et brusquement, elle ne fait plus du tout la maligne avec ses petites phrases tranchantes, de retourner les voir avec moi ? S’il n’en était pas déjà persuadé, le sorcier doit sans doute penser qu’elle a totalement disjoncté, mais il y a, au fond d’elle-même, des traits qu’elle ne parvient pas à oublier, une légère culpabilité qui lui ronge à elle aussi le cœur : le visage doux aux yeux éteint de Valeria Rowle.

 

La Fawley récupère la baguette qu’elle avait abandonnée au profit de ses couverts, attend de capter le regard de son mari pour continuer : j’vais essayer de dire les choses comme toi, alors elle serre un peu trop ses mains contre sa baguette, éviter le ton détaché, la voix trop embuée, quelque chose comme un juste milieu entre les deux : mon père est un monstre, tortionnaire, fou furieux quelqu’un de mauvais, choisit la sorcière avec précaution, mais j’aime ma mère de tout mon cœur, avoue-t-elle finalement, mais elle est comment le verbaliser ? complètement sous son emprise, elle le craint, mais elle l’aime aussi et pas facile de jouer à s’exprimer comme un Manius Fawley, enfin j’ai souvent pensé à essayer de la sauver, mais la situation est délicate et je pense qu’il y a des gens qui ne veulent pas être sauvés, termine-t-elle avec un regard appuyé vers son mari qui doit sans doute entendre le sous-texte, même si c’est pour leur bien.

 

L’assiette se vide tout de même et la sorcière glisse un nouveau chewing-gum entre ses lèvres pour ne pas penser à la cigarette qu’elle meurt d’envie de fumer : mais j’donnerais beaucoup pour avoir le courage d’aller la revoir, avoue-t-elle après un petit moment de silence. Peut-être qu’elle sait, elle, qui était cette Caecilia d’autrefois et ce que son paternel a voulu lui offrir comme héritage avec cet homonyme.


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Message publié le 08/02/2026 à 21:57

Yeux suspicieux qui se plissent, plissent, plissent. La sorcière croise les bras : t’es sur la défensive, j’t’ai vexé ? Elle ne capte pas pourquoi il se sent obligé de mettre les choses à plat : il veut aussi qu’elle lui détaille ses coups de cœur par le menu ? Non parce que ça peut prendre son temps, sinon. Quelque chose d’incongru, c’est bien l’un de ses mots qui ne veulent rien dire, parce que Manius Fawley n’a pas l’air de savoir ce qu’il ressent, pourtant, il éprouve le besoin coupable de le lui partager.

 

Caecilia fronce les sourcils, moue dépitée. Heureusement que c’est quand même elle qu’il veut à ses côtés. Vous vous justifiez trop pour un homme innocent, Manius Fawley, articule-t-elle avec un brin de dédain dans la voix avant de glisser une bouchée de pâtes dans son gosier affamé.

 

Son mari n’a jamais eu l’air aussi assuré qu’en lui intimant de ne pas attenter à la vie de sa précieuse O-phé-li-a, la tireuse claque la langue, s’il pouvait avoir cet air-là en la prenant dans ses bras : pas une once mon cher, je ne toucherai pas à un cheveu de ta poupée de Musée ne t’en fais pas. Déjeuner soudain amer, elle ne comprend pas à quel petit jeu il se prête avec elle. Qu’est-ce qu’elle se fiche de son stupide béguin d’une seconde trente, elle l’a vue, la jeune femme poussiéreuse dans sa prison décorée, cette fille ne garde le cœur d’aucun homme, ça leur fait d’ailleurs un point commun jusque-là. Caecilia retient une grimace à cette pensée. Enfin, sauf si on me demande de l’éliminer, ajoute-t-elle rêveuse en imaginant la possibilité, et quel drame ce serait !

 

La tireuse n’aime pas le ton que prend son époux, la suffisance dont il fait subitement preuve avec ses propos ampoulés. Un peu perché sur l’arbre du savoir dégarni qu’il partage avec sa petite Ô fée Lya. Elle leur mettrait des claques à tous les deux. Elle passe une main songeuse dans ses cheveux humides, les secoue un peu pour délier les mèches plaquées. C’est déjà oublié, ment-elle au gardien de la vérité. Elle pique un coquillage pour suivre la recommandation de l’historien. Préserver juste un peu le lien.

 

Et puis, brusquement, le sujet de la boîte. Elle dépose ses couverts, glisse l’objet en direction de son époux, la mine soucieuse. La sorcière referme le couvercle pour indiquer à Manius les lettres gravées à sa surface, juste au-dessus du symbole de la famille Rowle. Tu vois, là, indique-t-elle en désignant le prénom Caecilia à peine visible sur le bois abîmé. Quand j’étais petite, je pensais que c’était pour moi, mais c’est beaucoup trop vieux en fait, ça colle pas, ajoute-t-elle pensive en reprenant une bouchée.


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Message publié le 08/02/2026 à 19:54

La baguette glisse entre ses doigts, main droite, main gauche, un regard qui observe, vide, drôle d’absence d’émotions dans des yeux toujours si intenses. Caecilia pose le bout de sa baguette contre ses lèvres, réfléchit : pourquoi a-t-elle récupéré le bibelot ? Derrière la statuette, un petit miroir piqué par le temps lui renvoie son visage déformé. Des iris d’un bleu pâle, presque gris, un peu effrayés, non, ce n’est pas exactement ça. Ce n’est plus exactement ça.

 

Un bruit de porte, des pas dans l’entrée : l’arrivée de Manius met fin à sa contemplation du mécanisme qu’elle vient de figer. Elle laisse là le souvenir de la petite Caecilia pour embrasser des lèvres qui ne l’ont pas vue grandir. Re, glisse-t-elle à l’historien qui sent bon la nourriture avant de lui répondre : mes archives. L’idée l’amuse. Elle contemple encore un peu l’objet, son menton dans le creux d’une main au coude posé sur son genou. Merci, j’ai la dalle. Il faut dire que courir a tendance à lui ouvrir l’appétit.

 

Ça lui fait étrange de jouer au petit couple uni avec son alliance choisie à l’annulaire. Si Emfield la voyait, il se ficherait très certainement de sa gueule, mais le sorcier ne sera sans doute jamais là pour contempler les dégâts qu’il a laissés dans son sillage : une Caecilia clean, sobre, fidèle et qui sent le chewing-gum à la menthe plutôt que le tabac. Peut-être que la fin du monde est arrivée, on ne sait pas.

 

Une caresse sur son bras lui rappelle qu’il est temps de se nourrir. La sorcière lance un regard tendre à son mari pour tenter de répondre maladroitement à sa douceur. Elle prend la boîte avec elle : oui, pardon, le suit jusqu’à la salle à manger, t’savais que j’étais pas la première Caecilia Rowle ? Mais sans doute était-elle la première Caecilia Fawley. Petit haussement d’épaules. La tireuse pose sa boîte à musique sur un coin de la table. Elle commence à remplir une assiette de tagliatelles avant que son mari ne décide de lui planter un couteau dans le cœur de bon matin.

 

Caecilia suspend son geste, cherche le regard de son mari, dépose son assiette. C’est drôle, elle n’a tout à coup plus faim. Sans rire ? En d’autres circonstances, la sorcière aurait pu jubiler avant de s’empresser d’écrire à Prisca que c’est bien elle qui avait raison depuis le début. Ou peut-être s'effondrer, partir en claquant la porte, menacer de le faire cramer et la maison avec. Mais non, trop sobre pour péter un plomb, trop blessée pour une conversation posée, la jeune femme flotte dans un entre deux hésitant duquel les larmes ne sont jamais loin. Elle s’approche de son mari, Eleftheria bien en main : tu dis ça pour que j’couche avec toi ? Un petit rire un peu forcé. La sorcière se glisse dans les bras de Manius : j’peux la tuer si tu veux, ton boudeur. Elle ne sait pas sur quel pied danser, quelle carte jouer. Il lui annonce une, une quoi d’ailleurs ? Tentation d’infidélité ? J’pensais que tu m’avais déjà trompé avec elle, en fait, la stricte vérité, mais il a peut-être dû l'apercevoir dans le cadeau de ses pensées. 

 

Un petit soupir, le corps qui se décale un peu, regarde le mari dans les yeux : tu veux briser mon cœur ou une autorisation de sortie ? Pourquoi tu me dis ça ?, interroge-t-elle avec la lassitude d’une femme qui n’en peut plus d’avoir l’estomac retourné par une tempête de sentiments contradictoires tous les deux jours. Caecilia revient vers son assiette sur laquelle elle ajoute une belle cuillérée de crème de champignons : pâtes fines, sauce fine. Encore une excellente raison de manger ses émotions.


Tendre ivresse

Message publié le 08/02/2026 à 14:28

Caecilia, le cœur un peu troublé, pas une nouveauté. Elle aurait dû la sentir, la fin, un dernier chapitre et puis

Et puis quoi ?

Son livre à elle s’arrête là, le dos de l’ouvrage se ferme pour la laisser plonger dans un autre néant au nom d’éternité. Pas la main de Prisca, celle de Quintus, celle de Manius qui pourraient retenir ce poignet-là. Méandre du désir, cimetières des rêves que l’on fait à deux.

 

Scott Emfield et ses drôles d’adieux.

 

Elle ne peut pas chasser de sa tête le regard mi-contrit, mi-lâche, la mine du traitre, du trompeur, du menteur. Quoi que Prisca en dise, elle ne voit que du rouge, partout, comme la maison qui avait accueilli le garçon, il y a déjà un siècle sans doute.

La couleur des infidèles, nuance d’un courage qui devait arriver trop tard pour briser les liens de leur histoire. Mais la jeune femme s’est trop projetée, à trop imaginé, seule à l’attendre, entre un mari et un amant absents, dédaignant, désirant. Alors, ces derniers jours, le réveil est brutal. Le travail n’occupe pas assez l’esprit, les jours de repos n’ont jamais été aussi longs.

Et ces soirées de merdre en face à face avec l’ennui et les maladresses du Fawley, qui cherche toujours à savoir si sa journée s’est bien passée. Non crétin, j’ai le cœur brisé.

 

La douceur du timbre d’une inconnue qui glisse jusqu’à ses tympans l’enveloppe de tendresse comme si elle pouvait lire en elle le récit du chagrin. Caecilia relève la tête, observe le visage humain comme si elle découvrait pour la première fois des traits semblables aux siens. Elle se rappelle brusquement, où elle est, ce qu’elle fait là, se redresse d’un mouvement un peu brusque, Eleftheria machinalement triturée dans sa main. Bonsoir, réponse en miroir par souci de politesse, une voix qui semble venir de si loin.

 

Plaisir. Ses yeux ne parviennent pas à se détacher d’un visage qu’elle doit pourtant déjà avoir entraperçu, qui lui dit malgré elle quelque chose. Un arrière-fond, le décor du théâtre de ses émotions. Je vais vous prendre un peu de douceur et d’espoir, plaisante-t-elle, ses yeux fichés dans ceux de la serveuse, non, un whisky Pur Feu s’il vous plait. Ces derniers temps, ses sourires ressemblent à s’y méprendre à des grimaces.

 

Vous me dites quelque chose, sourcils froncés, les pensées cherchent un souvenir auquel se raccrocher. À moins que ce ne soit qu’un moyen d’acheter encore quelques instants de sa présence à ses côtés. Éviter à tout prix la solitude devient donc son nouveau mantra, quitte à finir dans les bras d’un mari détesté. Triste réalité.

 

Et puis comme si elle n’avait pas déjà assez craqué : vous avez un endroit pour fumer ? La question la replonge dans ses jeunes années, quand, toujours scolarisée, elle n’avait pas encore commencé à se détruire la santé, si bien qu’elle ignore aujourd’hui si le lieu de prédilection de son adolescence a une place pour la femme déchue qu’elle est devenue. Quand est-ce que tout est définitivement parti en vrille ?


Octogone

Message publié le 08/02/2026 à 13:43

Le maléfice d’entrave réussi met un peu de baume au cœur de la sorcière, si du moins parvenir à lancer un sort qui devrait être maîtrisé par des adolescents de quinze ans peut légèrement apaiser son âme. Caecilia commence à avoir mal partout et sent son attention flancher dangereusement. Elle n’a pas le temps de se protéger de l’attaque d’Eileen qui la foudroie littéralement sur place. Entre sa chevelure explosée et les bottes de sept lieues qu’elle allait bientôt récupérer, sa collègue n’y était pas allée de main morte.

 

La sorcière grimace en reprenant ses esprits quelques secondes. Éviter de suffoquer ou de vomir trop vite bon sang. Caecilia met un genou à terre, la respiration saccadée avant de tenter de porter un dernier coup à son adversaire. Un de plus et elle pourrait bien manquer de s’écrouler tout à fait. La tireuse réunit toute sa puissance magique dans sa dernière offensive : Aranea Telam. Puisque le filet de métal n’avait pas fait l’affaire, autant teste quelque chose de plus… collant ?

 

Un bout toile sort d'Eleftheria pour s'enrouler autour des bras de la sorcière, tentant de la forcer à lâcher sa baguette.

Caecilia Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Eleftheria !

Sortilège
Maléfice de la Toile d'Araignée
Difficulté
4
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Un bout toile sort d'Eleftheria pour s'enrouler autour des bras de la sorcière, tentant de la forcer à lâcher sa baguette.

Autres résultats possibles

Une énorme toile sort d'Eleftheria pour capturer sa proie. Eileen se retrouve coincé tel un petit papillon attendant d'être dévoré.

La sorcière n'est plus en état, sa baguette sursaute légèrement sans sa main tandis qu'un fin fil collant en sort péniblement.

Caecilia n'a pas même le temps de formuler le sort correctement qu'un écran noir passe devant ses yeux. La sorcière épuisée lève deux mains pour acter sa défaite. 

Liste des messages de Caecilia Fawley