Homme
24 ans
Sang pur
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 04/02/2026 à 23:53
Maintenant qu'il sait à quoi ils ont affaire, Manius regrette d'autant plus d'avoir rendu les gants inutilisables. Mais qu'à cela ne tienne, Ophelia est une érudite plus que capable, il peut se contenter de l'assister dans les démarches et puis c'est son acquisition ; pas question de la priver du plaisir de l'observer elle-même tout du long.
Sa collègue le prévient aimablement que s'il est authentique, le masque représente un réel danger. Et il ne peut que confirmer qu'en plus des inévitablement nombreux enchantements pour le protéger, le masque dispose très certainement de grands pouvoirs sombres. Puis il se penche pour mieux observer les détails sur lesquels elle attire son attention.
— Tu as tout à fait raison. Faute d'avoir pu étudier ce masque jusqu'à présent, ce ne sont que des conjectures mais il faudra aussi se méfier de la magie noire qu'il recèle. L'absence de système d'attache correspond à des illustrations qui dépeignent Graves comme possédé par le masque qui s'agrippe de son propre chef à son visage. Morgane ! C'est vrai, les deux parties sont comme entremêlées. L'ébène se fond dans l'ivoire, c'est incroyable ! J'aurais compris si Nagluk avait fondu l'or autour mais là ça me dépasse, il n'y a que toi pour obtenir l'explication de ce procédé.
Un temps passe alors qu'ils admirent, émerveillés, le splendide artefact devant eux. Manius remarque tout de même la discrète manœuvre d'Ophelia pour enchanter les gants afin qu'il puisse finalement les porter et participer activement à la phase d'analyse. Avec un petit sourire et un coup d'œil reconnaissant, il lui souffle un sobre "Merci".
Mais voilà que sa précieuse collègue, non, amie plutôt surtout dans ce contexte, se fend d'une mine soucieuse qu'il lui a déjà provoquée le jour de son départ. La jeune femme s'inquiète de l'avoir enlevé à ses obligations et force est pour Manius d'admettre qu'elle ne l'a tiré que d'une longue journée ennuyeuse à tourner en rond. Son invitation ne pouvait pas tomber plus à propos.
— Tu me sauves la mise en vérité. J'ai postulé à Poudlard mais je n'ai pas eu le poste. Je suis au chômage. Et à la maison c'est... compliqué. J'avais besoin de changer d'air et c'est le meilleur endroit possible. Alors avec toi comme partenaire pour percer les mystères de ce masque, tu penses bien que je suis aux anges.
Évidemment, l'image de Caecilia s'impose à l'esprit du sorcier. Il l'avait rejointe en envisageant de trouver un moyen, un compromis, fût-ce un bâtard, d'avoir la descendance réclamée par sa famille. Et bien que la sorcière eut accepté de lui donner un héritier tout ce qu'il y a de plus légitime, elle avait finit par évoquer sa crainte que la grossesse ne la tue, convainquant définitivement Manius de faire une croix sur la possibilité d'avoir un enfant. Autant pour la dynastie Fawley qui s'éteindrait donc avec lui.
Cependant rien de ses galères personnelles ne lui importe là tout de suite. Il enfile les gants et tend la main paume en l'air vers le masque comme une invitation cordiale.
— Nagluk et Happy Graves nous attendent. Voyons déjà si le gobelin y a laissé sa griffe. À toi l'honneur, très chère amie.
Son sourire complice à destination d'Ophelia recèle quelque chose que l'historien est lentement en train de réaliser. Cela lui fait un bien fou de partager ce moment de découverte en bonne compagnie. Vous êtes heureux ? Un peu plus aujourd'hui, c'est certain.
Message publié le 04/02/2026 à 21:18
Après avoir goûté, le déjeuner cramé n'est définitivement pas mangeable aussi Manius le laisse-t-il sur le côté en espérant que la part d'Ophelia soit au moins correcte. Il profite de la très courte pause qu'elle s'octroie pour finir d'installer les fauteuils. La voix de sa consœur lui fait relever la tête trop vite, qui heurte la table sous laquelle il était encore agenouillé. En se massant le haut du crâne, il rejoint la chercheuse et observe gravement la caisse qui trône sur le meuble tandis qu'elle glisse vers lui une paire de gants pas vraiment adaptée à sa taille. Manius saisit sa baguette pour lancer un sortilège d'Engorgement dessus.
Les gants rétrécissent et deviennent bien trop étroits. Le sorcier soupire de frustration en sachant qu'il ne pourra pas manipuler l'objet.
Il acquiesce quand elle lui dit d'ouvrir la caisse et s'exécute avec mille précautions. L'attente se prolonge alors qu'il extirpe doucement, comme s'il manipulait la chose la plus précieuse au monde, l'artefact soigneusement emballé et commence à l'extraire de ses couches protectrices. Quand enfin la nature de ce qu'il tient entre ses mains se dévoile sur l'étoffe de velours, il le dépose cérémonieusement sur la table sans parvenir à retenir une exclamation admirative.
— Non ! Par Grindelwald, comment as-tu... ?
Sur l'étoffe sombre, un masque scindé en deux expressions, comédie et tragédie, apparemment fait d'une part d'or et d'ivoire et de l'autre d'ébène et d'onyx. La légendaire œuvre d'art gobeline portée par Happy Graves le Dramaturge en personne. Les yeux de Manius ne parviennent pas à s'en détacher et sa main cherche à tâtons celle d'Ophelia comme pour garder contact avec la réalité, avec ce petit musée qui n'a en aucun cas les moyens d'acquérir une telle pièce dans sa collection. La sorcière a forcément dû y aller de ses propres deniers.
— Dolorissez-moi si je rêve. Ophelia, il a l'air tout à fait légitime de prime abord. On va devoir l'analyser sous tous les angles avec une infinie prudence. Je ne t'apprends rien, les gobelins n'ont pas leur pareil pour protéger leur artisanat contre la magie. La moindre maladresse pourrait nous coûter cher. Cela dit, le masque en lui-même ne devrait pas risquer grand-chose. Ophelia c'est... c'est magnifique ! Prodigieux ! Je ne sais comment te témoigner ma gratitude de m'avoir invité pour ça.
Par où commencer ? L'émotion est tellement vive que Manius en oublie les bases élémentaires de son métier. Quelques tests pour identifier avec exactitude la nature des composantes de l'objet. Chercher une signature qui attesterait de l'identité de l'artisan, qui devait être Nagluk à en croire Ophelia qui ne pouvait certainement pas se tromper sur le sujet. Ensuite établir la datation, tenter d'invoquer une empreinte mémorielle qui aurait pu laisser sa trace dans le masque. La journée de Manius Fawley venait de prendre une tournure des plus inattendues alors que se présentait sous son regard un objets parmi les plus fascinants dont il connaisse l'existence et que pour l'étudier sont réunies précisément les deux personnes les plus complémentaires et qualifiées dans les domaines concernés.
— Nous avons fort à faire. Cette journée s'annonce grandiose !
M'attends pas. heureusement qu'il avait pris la peine d'écrire cette note. Caecilia ne risquait pas de revoir Manius avant un moment.
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Enchantement d'Engorgement
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 1
- Interprétation
- Échec Critique
- XP gagnée
- 10
Les gants rétrécissent et deviennent bien trop étroits. Le sorcier soupire de frustration en sachant qu'il ne pourra pas manipuler l'objet.
Autres résultats possibles
Les gants s'élargissent parfaitement à la taille des mains du sorcier.
Les gants s'élargissent suffisamment pour être confortablement portés par le sorcier.
Les gants ne réagissent pas à la formule. Tant pis, le sorcier fera avec.
Message publié le 04/02/2026 à 00:57
Étonné, Manius regarde sa main de nouveau intacte puis Ophelia, puis sa main, et Ophelia de nouveau. Même la plus élémentaire des magies de soin l'a toujours impressionné et il se dit qu'il faut une grande volonté de faire le bien pour en être capable. Sa consœur est décidément une sorcière accomplie et la personne qui se soucie le plus de lui depuis... aussi loin que remontent ses souvenirs.
— Wow ! merci, Ophelia.
Stimulé par les raisons — les différentes raisons, pas seulement l'artefact — de sa présence dans ce musée dont il s'était langui, Manius arpente plusieurs fois la pièce feutrée en agitant ses bras dans tous les sens et en débitant un récit décousu de son passage au Ventre de Bacchus comme s'il réfléchissait tout haut mais c'est bel et bien à Ophelia qu'il s'adresse.
— Oui ! J'ai parlé d'Heqaib, sa lampe, l'Éfrit, l'emprisonnement et elle a rétorqué avec le cuivre gobelin donc je lui ai parlé de la théorie de la condition mortelle et de la question de la liberté. Puis j'ai compris que je parlais à une Ptahchepsès en personne quand elle m'a coincé sur la divinité symbolique en disant cher Monsieur Fawley. Et elle était... régalienne. Raffinée, élégante, abordable, d'une rare intelligence. Elle m'a beaucoup fait penser à toi.
Dans sa fièvre explicative, il finit par buter sur une caisse scellée sur laquelle figure un symbole qui lui est familier. Il y en a une autre identique et il se souvient où il a déjà vu le nom de l'artisan qui a expédié cela au musée. Ce sont les fauteuils qu'il a fait livré un peu plus tôt par sollicitude pour les vertèbres de sa collègue. Il se remémore dans la foulée que sa première tentative pour rédiger la demande avait été interrompue par une Caecilia furieuse qui avait braqué sa baguette sur sa gorge avant de lui faire l'a... la guerre en caresses et baisers rageurs.
— Tes fauteuils ! J'aurais dû préciser qu'il serait de bon aloi de les monter également. Je vais m'en occuper. J'ai fait appel à un excellent menuisier Irlandais, tu n'auras plus jamais un torticolis ici. Au fait, je t'entends me vouvoyer. Plus de ça entre nous je te prie.
Il faut qu'une odeur suspecte lui parvienne alors qu'il met en place les fauteuils pour que Manius réalise que son plat expérimental est en train de brûler et n'intervienne juste à temps pour sauver une portion mangeable destinée à Ophelia. Lui se contentera de mastiquer fastidieusement la partie carbonisée.
— Mes excuses, je m'éparpille. Et tu me maintiens au supplice. Je t'en supplie, dis-moi ce que tu as découvert. Qu'est-ce qui pourrait bien se dérober à ton brillant esprit d'analyse et de déduction pour que tu me fasses venir ? Tiens, ce ne sera pas un régal mais ça aura le mérite de remplir ton estomac. Et ça ne devrait pas te rendre malade.
Manius s'approche d'Ophelia avec son ersatz de repas qu'il lui tend accompagné d'un sourire navré vu le désastre culinaire. Puis il lui sert le thé avec sa cuiller de sucre et se remplit une tasse. Non, celle du soir de leurs au revoir n'aura pas été la dernière. Et c'est tant mieux. Ses lèvres tracent un sourire ravi après la première gorgée tandis que son regard croise celui de la sorcière. Il y a bien plusieurs raisons à sa présence ici, il ne peut le nier.
Message publié le 03/02/2026 à 22:51
Manius Fawley est un homme d'habitudes, organisé. Protocolaire. L'après-midi, il rassemble le courrier, sépare les lettres de Caecilia qu'il range à leur place où elle les trouvera et puis gagne son bureau pour lire sa correspondance et y répondre sous la vigilance silencieuse de son alliance qui trône là. Il aime aussi se faire une idée de ce qui l'attend en passant en revue les noms des expéditeurs sur le trajet.
Cet après-midi, le courrier de Caecilia est à sa place. Celui de Manius est par terre, comme une injure à la personnalité de l'historien. Seule une lettre est restée en évidence sur la table du salon à côté de son enveloppe soigneusement ouverte avec un Diffindo. Elle vient d'Ophelia et son destinataire, trop intrigué, n'a pas pu s'empêcher de l'ouvrir immédiatement.
Un mot, griffonné d'une main pressée par Manius qui a tout juste eu le temps de se souvenir que Caecilia risque de se demander où il est passé, est posé juste à côté.
Parti urgence artefact. M'attends pas.
Donc, le courrier de Manius Fawley git sur le sol du salon et lui a transplané sans perdre une seconde à Godric's Hollow, directement à l'intérieur du musée dans la salle d'étude. Le frisson de la recherche archéologique avait déjà le don d'affecter les manières d'ordinaire réservées du sorcier, le fait que ce soit son estimée consœur qui lui demande son expertise avait tout simplement retenu ses bonnes mœurs derrière lui à Dinefrw. C'est un homme extatique qui apparaît dans un craquement retentissant non loin d'une Ophelia concentrée qui voit s'abattre sur elle une tempête impromptue qui parle inhabituellement vite.
— Ophelia ! Bonjour, comment vas-tu ? Je suis venu dès que j'ai vu ta lettre. Ce que je suis content de te voir, merci d'avoir fait appel à moi. Alors où est-il ? Pourquoi cet accent sur "happy" ? Tant de mystères ! Mais... tu as déjeuné ? Moi pas, il doit bien y avoir de quoi faire un semblant de repas à peu près convenable... la théière est vide, tu n'aurais pas oublié quelques détails pendant que tu travaillais ? Il faut se nourrir, Ophelia.
Bruits de casseroles et de de porcelaine alors que Manius improvise une de ses spécialités à base de récupération : son fameux comestible-est-un-critère-suffisant sur son lit de peu-importe-le-goût-c'est-pour-la-texture et fait chauffer l'eau pour le thé. Excité comme un enfant la veille de Noël, il ne peut s'empêcher de déblatérer bien qu'il tourne le dos à Ophelia, occupé qu'il est à la kitchenette.
— J'ai tellement hâte de voir de quoi il s'agit. Ho ! et tant que je suis là il faut que je te dise : j'ai rencontré Nephtys Ptahchepsès lors d'un colloque où je faisais un exposé sur sa dynastie. Je peux te dire que j'ai pris une leçon d'humilité et que de vieilles guenaudes considérées comme des expertes du sujet s'y connaissent moitié moins bien que toi sur la culture gobeline. Aïe ! Juste une petite coupure, rien d'important. Allez, dis-moi de quoi il s'agit s'il-te-plaît ! Je ne tiens plus en place.
Pendant que ça cuit, l'homme se retourne et dévoile son regard brillant d'intérêt à sa collègue tout en portant à sa bouche l'annulaire de sa main gauche où perle une goutte vermeille là où devrait briller un anneau doré qu'il ne porte plus.
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Sortilège de Découpe
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 16
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
soigneusement ouverte avec un Diffindo.
Autres résultats possibles
soigneusement ouverte avec un Diffindo.
ouverte à la hâte avec les doigts.
ouverte à la hâte avec les doigts.
Message publié le 03/02/2026 à 13:04
Depuis combien de temps n'a-il plus apprécié la compagnie de quelqu'un ? Certes Ophelia lui a toujours été agréable mais Manius n'a pas mesuré combien il aime passer ses journées avec elle dans cette antre qui hésite concernant sa place dans le temps. Comme si au milieu des artefacts, des pages poussiéreuses et des restes momifiés qui aveuglent de curiosité le sorcier ; il y avait de la place pour quelqu'un en chair et en os, bien vivant, présent.
Son embarras qui lui rosit les joues, un sourire, une timide contradiction et puis sa surprise. Tout se reflète dans les yeux expressifs qui s'expriment pour la sorcière mieux que ses mots et ses mimiques. C'est avec eux qu'elle parle. Manius écoute. Elle balaie d'un revers les trop longues journées à se fréquenter comme deux inconnus et accepte gracieusement son amitié. Quand elle propose un dernier thé, l'historien se fait la promesse que ce n'est que le dernier de cette soirée, de leur collaboration en tant que collègue. Mais certainement pas le dernier qu'il partage avec Ophelia.
— Je vais le servir.
Cette fois, le Gallois incorpore deux cuillers de sucre dans la boisson. Celle qu'apprécie sa consœur et l'autre dans sa propre tasse, comme pour essayer de se mettre à la place de la douce sorcière et mieux la comprendre. Puis ils bavardent comme pour rattraper le temps perdu, se souviennent ensemble des moments passés dans cette petite pièce feutrée, sorte de foyer pour leurs esprits de chercheurs. Ils se rappellent s'être endormis chacun sur leur chaise inconfortable car ils refusaient de s'arrêter avant d'avoir compris ce que pouvait bien signifier un pictogramme et s'être réveillés quelques heures plus tard pour s'y remettre aussitôt en prenant à peine le temps d'avaler une bouchée des restes de la veille. Ou quand Manius avait laissé brûler le thé parce qu'il avait reçu un très ancien registre d'Azkaban sur lequel il avait tant peiné à mettre la main et n'avait pu s'en détourner. Bien sûr, ils ne peuvent s'empêcher de parler encore une fois de la passion qu'ils partagent, de s'apprendre mutuellement l'histoire gobeline et celle de la magie noire. Au terme de la soirée qui s'est éternisée plus que de raison, Manius comprend enfin que depuis tout ce temps Ophelia et lui partageaient deux mémoires : celle de jadis et celle d'une vie parallèle partagée entre les murs de ce musée. Ils avaient tant en commun.
Au moment de se séparer, il lui tend la main dans la paume de laquelle il offre un peu de lui ainsi qu'une promesse.
— Merci d'être là, Ophelia. À bientôt.
Message publié le 03/02/2026 à 01:30
Le sourire d'Ophelia trouve un écho sur le visage de Manius.
— Qu'est-ce qui vous fait croire que les vôtres sont en sécurité ? réplique-t-il sur le même ton quand elle plaisante.
Mais la menace est fausse. Il y a peu de choses pour lesquelles l'historien est doué mais danser en fait partie. D'autant plus qu'il a le blues dans la peau et connaît ce rythme par cœur. Les premiers pas brisent une glace restée là trop longtemps. Le regard plongé dans le noisette de sa cavalière, Manius distingue les ombres fines, expressives et mystérieuses à la fois, qui s'y dessinent. Qui peut bien être cette femme aussi douce qu'intelligente, qu'aime-t-elle à part lire pendant de longues heures des traités de paix gobelins ? Manius a appris à lui être agréable, elle n'a pas eu besoin de le faire. Se pourrait-il que, s'il n'avait pas établi cette distance pour la protéger du mal qu'il est capable de faire avec ses bonnes intentions, ils soient devenus plus que de simples collègues ? Ophelia Frost pouvait-elle, souhaitait-elle, être pour Manius une amie ?
Il ne faut pas longtemps pour qu'ils trouvent leur harmonie, s'accorder sur les pas esquissés est presque aussi facile que débattre d'Histoire entre eux. Ça aurait été tout aussi simple d'apprendre à se connaître. De partager juste un rien davantage ensemble. De s'ouvrir un peu, un peu plus tôt, et de laisser sa tendre gentillesse l'atteindre délicatement avant qu'il ne la reçoive comme un barrage qui cède et déverse sur lui une sollicitude sincère qui ne pouvait que le submerger. Cette fois il se laisse porter par la jeune femme, savoure sa présence et la musique qui les voit tourner, pour la première fois parfaitement dans le même sens et à la même vitesse. Après que la dernière note a retenti, Manius la laisse s'écarter à son aise. Après cette bouffée d'air dans son existence, il sait qu'il doit restituer, presque à regret, Ophelia à sa vie et rester lui à sa place.
— Vous m'avez menti, Mademoiselle. Vous savez danser. Ça va, votre nuque ?
Les voilà de nouveau simplement collègues. Courtois, respectueusement distants. Non, ça ne va pas. Cette jeune femme si brillante a partagé son quotidien, rendu des journées de travail plus courtes de par son esprit, partagé la même table. Elle ne lui est pas plus étrangère que Caecilia.
— Je n'avais pas réalisé que j'avais besoin de vous de cette manière. D'une amie, si vous me permettez. Votre compassion m'a fait le plus grand bien. Si seulement je pouvais vous restituer le don que vous m'avez fait.
Manius réfléchit un court instant. C'est peut-être compliqué avec Caecilia mais sa femme reste une Dame issue de la noblesse. S'ils règlent un tant soit peu la froide mésentente qui règne dans leur foyer, ils pourraient recevoir des invités dans une ambiance suffisamment détendue pour être agréable. Ou alors à l'occasion d'un gala, pourquoi pas ?
— Est-ce que vous accepteriez une invitation, quand l'occasion se présentera ? Je ne peux me résoudre à me passer de votre conversation. Et puis ne pas la limiter au travail. J'ai été si froid avec vo... toi, si je puis. Je crois qu'on ne devrait plus en être là depuis longtemps si tu n'y vois pas d'inconvénient. Ophelia.
Manius lui tend la main aussi bien qu'un sourire. Les relations humaines, vraiment ça le dépasse. Mais quand on est face à si belle âme et si agréable personne, c'est plus facile d'être maladroit.
Message publié le 03/02/2026 à 00:00
Le sortilège de Prisca, aussi bien intentionné fut-il, n'a eu aucun effet sur Manius qui est absent de lui-même, qui lui répond après qu'elle soit sortie. Manius Fawley, toujours en retard de deux guerres.
— Merci, Prisca. D'avoir essayé.
Comme s'il était prisonnier du plateau d'un gramophone, il tourne en rond, encore et encore et encore. Le sortilège n'a pas eu d'effet parce que Manius ne sent pas sa joue, ni ses jambes qui le portent inconsciemment jusqu'au bar. Il a le tournis et il a froid. Là dans sa poitrine, quelque part où la gifle de Caecilia s'inscrira plus profondément que dans sa mémoire. Un endroit qui ne lui permettra pas d'oublier, jamais. Elle ne te mérite pas.
Mais elle, est-ce qu'elle a mérité ça ? Vous êtes heureux ? Non. Comment un homme malheureux peut-il faire le bonheur d'une femme plus malheureuse encore ? Les questions s'alignent comme les bouteilles du bar et l'enivrent. Il a envie d'en boire une. Ou dix. Il a envie de les balayer d'un revers de main. Il voit une petite motte de terre fraîchement retournée et se demande s'il n'a pas assez saigné ou s'il n'a pas creusé assez profondément.
Son regard qui balaie la pièce derrière lui s'arrête un instant sur le gramophone. Muet, il semble pourtant diffuser une musique qui a l'apparence d'Ophelia. Pourquoi l'avait-il invitée à danser ? En tournant l'une avec l'autre dans le musée, ils s'étaient accordés. Elle avait, le temps d'un blues, rejoint la ronde infernale qui garde Manius captif. Puis ils s'étaient détachés, elle pour continuer sa vie, lui pour continuer sa peine. N'aurait-il pas pu garder cette main délicate dans la sienne et la suivre au lieu de demeurer par entêtement dans son tournant tourment ? Peut-être qu'Ophelia n'aurait pas accepté qu'il la suive de toute façon. Mais combien de fois Manius avait-il laissé une alliance qu'il ne porte plus maintenir la distance entre lui et une femme qui ne le détestait pas, ne l'aurait peut-être jamais giflé, aurait été prête à, aurait même pu désirer, lui faire l'amour et non lui faire la haine ? Comme cette désenchanteuse avec laquelle il avait partagé le thé sur une terrasse d'Égypte et qui avait porté sur cette alliance un regard sans équivoque en disant c'est dommage.
Ses yeux reviennent sur le bar. Non il ne boira pas. Il ne fracassera pas. Manius Fawley est trop lâche pour agir, faire quelque chose ou changer quoi que ce soit. Caecilia est partie en claquant la porte et il ne l'a pas suivie, a laissé quelqu'un d'autre le faire à sa place. Quel homme que celui qui laisse un amour en larmes se réfugier dans le froid ! Mais Prisca gère, non ? Désolée, j'ai commis une erreur. Peut-être pas. Mais est-ce que lui ferait mieux ? Indubitablement pas. Pourtant il veut essayer, trouver le courage d'aller les rejoindre si elles ne sont pas hors de portée. Oui, il doit y aller. Il va y aller. Il va... Manius.
Fawley, oui. Toujours deux guerres en retard. Il se retourne pour ne pas ajouter à sa honte celle de ne pas lui faire face. Pourquoi a-t-elle ces maudis anneaux dans la main ? Je te demande pardon.
Ses mains douces de femme qui n'a jamais reçu la moindre douceur de la vie. Et des vœux qu'elle a jadis prononcé devant un public comme pour s'acquitter d'une corvée. À quoi ça rime s'ils sont seuls ? Qu'est-ce que ça peut vouloir dire si ce n'est que cette fois elle s'adresse à lui. Vraiment. Sincèrement.
Caecilia est une femme imprévisible. Peut-être que demain elle lui fera la guerre de nouveau. Il ne sait pas s'il peut croire en ces paroles. Mais il le veut. Et il veut chasser cet air désemparé, ce front plissé. Il la prend dans ses bras, essaie de chasser les rides avec ses lèvres.
— Ça ira. On s'en sortira, nous deux. Caecilia Fawley, car elle n'était déjà plus une Rowle après tout. Je promets de te chérir et de te protéger en tant qu'époux jusqu'à la fin de nos jours. Jusqu'à ce que l'éternité emporte l'Histoire, même.
Il n'y a plus qu'eux l'espace d'un instant. Plus de doute. L'écho fantomatique du gramophone s'est tu et la silhouette d'Ophelia s'est évanouie avec. Et il avait bien fait de renvoyer cette désenchanteuse de son équipe parce qu'il ne voulait pas d'une rivale pour Caecilia dans son entourage.
— On est seuls. Je vais pouvoir masser ton épaule. Il y a d'autres endroits où tu as mal ?
Merci, Prisca. D'avoir réussi.
Message publié le 02/02/2026 à 18:20
Elle veut savoir son titre, cela à son importance pour certaines gens. Pas pour Manius, qui avait obtenu le sien grâce à sa thèse sur Azkaban et la création des détraqueurs, sujet qui demeure la prédilection de l'historien et dont les secrets encore non dévoilés constituent l'objectif ultime de sa carrière. Mais Manius n'avait pas rédigé cette thèse pour obtenir son statut, il avait eu celui-ci parce qu'il avait élaboré une théorie animé par la flamme dévorante de sa curiosité.
— Docteur, Votre Altesse. S'il vous agrée, mon prénom est amplement suffisant pour vous adresser à moi. Vos paroles me flattent grandement, merci.
Avec une impatience croissante, Manius attend que le colloque prenne lentement fin. Son attention dérive plusieurs fois durant ce temps, plus préoccupé par son anticipation de poursuivre un échange stimulant qui s'annonçait des plus instructif avec Nephtys Ptahchepsès que par l'opinion d'une vieille guenaude qui s'étale longuement sur la culture gobeline dont elle est manifestement bien moins instruite qu'Ophelia Frost. Tout ce qu'il manque à l'aimable sorcière courbée sur une table d'étude du musée de Godric's Hollow, c'est une occasion de faire ses preuves. À moins qu'elle ne soit tout simplement bien trop modeste. Manius se laisse surprendre par l'inattendue envie de lui rendre visite.
Quand au terme de ce qui lui parut une éternité la réunion de ces gens au cursus académique prestigieux atteint sa fin, Manius accompagne avec galanterie sa cavalière pour une valse prometteuse au rythme de la grande horloge du temps. Au bar, il s'installe avec un peu de lassitude, fourbu par l'effort fourni. L'Histoire a beau être de son ressort, l'explorer au milieu de la bonne société est un exercice qui lui demande de l'énergie. Il attire poliment l'attention de la barmaid.
— Pourriez-vous servir ce qu'il plaira à Son Altesse ainsi qu'un verre d'eau et un thé à la menthe pour moi s'il-vous-plaît.
Le verre d'eau pour se désaltérer une bonne fois pour toutes, le thé pour le savourer. Il sait qu'il sera servi au goût oriental, sucré, alors que Manius préfère la saveur brute et les arômes naturels de sa boisson favorite en bon petit Britannique qu'il est mais peu lui importe. C'est pas égard qu'il manifeste son appréciation de la culture de la Princesse. Puis, n'y tenant plus depuis longtemps déjà, il entre sans détour dans le vif du sujet qui l'intéresse avec celle-ci.
— J'ai d'excellentes raisons de croire que votre ancêtre Thutmose Ptahchepsès était le premier sorcier fourchelangue dont nous ayons des traces. Non seulement cela ferait sens puisqu'on considère à l'heure actuelle que c'est Herpo l'Infâme qui l'était et vous savez mieux que moi à quel point les cultures grecques et égyptiennes ont pu se mélanger dans l'antiquité mais en plus cela apporterait un regard neuf sur la langue si je parvenais à prouver mon hypothèse. Il se peut que le fourchelangue ne soit pas qu'un don inné mais aussi un langage transmissible. Imaginez que l'on puisse enseigner cette faculté ! Je suis persuadé que c'est ce que faisait Thutmose. Seulement... La tablette qui pourrait en attester a disparu. Je déploie toutes mes ressources à la retrouver, j'ai suivi d'innombrables fausses pistes. Je vous avoue commencer à perdre espoir. À moins qu'on ne mette à jour une autre preuve.
Manius soupire en serrant le poing devant sa bouche. Il réalise l'inconvenance de perdre son sang-froid devant une Dame telle que Nephtys mais la perte de connaissances et de preuves historiques est l'une des rares choses qui suscitent en lui une colère difficile à réprimer.
Message publié le 01/02/2026 à 22:24
Pendant un instant, Manius se demande s'il n'a pas soudainement fait un bond dans le passé à l'époque où il était préfet et devait gérer les petites querelles entre élèves. Avec Prisca en gamine malicieuse et Caecilia qui accuse le coup aussi dignement que possible. Contrairement à Prisca, Manius ne comprend pas suffisamment la tireuse d'élite pour savoir qu'elle est à deux doigts de craquer.
— En fait je pensais t'emmener en Asie quand tu pourras prendre congé. Mais je pense qu'il vaudrait mieux qu'on se mette d'accord sur ce genre de sujet.
L'air de rien, il reprend la serviette chaude des mains de Caecilia pour la remettre là où elle l'avait posée un peu plus tôt, sans doute pour une bonne raison, et la remplace par sa main à lui dans celles de la jeune femme avant de poser un regard égal et départi de son sourire à leur invitée. Pas amusé mais encore loin d'être fâché.
— Prisca, elle a eu une dure journée. Je te serais reconnaissant de lui accorder un peu de répit.
La proximité avec Caecilia aidant, Manius se rend compte qu'elle est à cran. Pas étonnant avec le boulot stressant qu'elle exerce et l'attitude désinvolte de sa meilleure amie. Il serre sa main pour lui témoigner son soutien, envisage un moyen de lui faire plaisir après la visite, de l'aider à se changer les idées. Mais dans l'immédiat, il sent le regard lourd de Prisca qui fait peser sur lui le poids de sa promesse et des exigences de l'athlète. Caecilia ne va probablement pas aimer ça du tout, mais il est un homme de parole et ne peut se défiler malgré les circonstances qui lui disent de la laisser tranquille cette fois encore en acceptant sa mauvaise habitude qu'il n'approuve pas. Tant pis, quitte à ce qu'elle se dispute avec quelqu'un, autant que ce soit lui plutôt que son amie d'enfance.
— Est-ce que tu veux bien éteindre ta cigarette, s'il-te-plaît ? Ça ne me plaît pas que tu fumes.
L'insolent attend avec une pointe d'appréhension la réaction. Toutes les circonstances qui pourraient pousser Caecilia à exploser sont réunies. Mais elle est imprévisible après tout. Quelque part au fond de lui, Manius se dit qu'il y a une chance pour que la sorcière ne le foudroie pas sur place.
Message publié le 01/02/2026 à 18:41
Et voilà. Comme souvent quand Manius se laissait déborder par ses centres d'intérêts, la conversation finit par être écourtée par Ptahchepsès. Du moins coupa-t-elle court avec élégance et en lui octroyant en plus une recommandation pour contacter une cousine sans doute plus réceptive à la curiosité invasive du sorcier britannique. Aucune place pour la moindre rancœur de sa part, la Dame avait bien le droit d'être trop occupée pour ne pas le congédier quand il lui seyait.
— Je ne manquerai pas de les lui transmettre, Votre Grâce. Merci de m'avoir accordé de votre temps. Je vous souhaite une excellente soirée.
Fendu d'une dernière révérence, l'historien patienta que Mademoiselle Ptahchepsès se fût retirée pour quitter également la salle des trophées et partir à la recherche de Monsieur Milbourne qui devait normalement l'accompagner. Ses errances avaient potentiellement mis en défaut le gentilhomme et constitué un manque d'égards pour le directeur Woodcraft. Manius Fawley ne manquerait pas, à la première occasion, de faire livrer aux deux hommes une lettre ainsi qu'un panier gourmand composé de produits du terroir en provenance de toute l'Europe pour s'excuser de son écart de conduite.
Finalement, ce n'était peut-être pas plus mal d'avoir vu sa candidature au sein de l'établissement refusée. Poudlard demeurait un souvenir doux-amer dans la mémoire de Manius qui se demandait s'il cesserait un jour de regretter la lettre qu'il avait écrite comme un autre adolescent aurait pu coucher sur le papier sa flamme afin de la déclarer sans risquer de bégayer. Sauf que Manius Fawley avait adressé sa missive à la mauvaise personne et se demandait si tout serait différent aujourd'hui rien qu'en changeant un simple en-tête.
Cher Monsieur Rowle...
Chère Caecilia...
Message publié le 31/01/2026 à 01:58
Cher Monsieur Fawley... La formule, comme extraite de son contexte épistolaire et associée au charme moyen-oriental de l'intervenante, provoque le déclic qu'il manquait à Manius ; trop exalté par le sujet de la conversation pour concentrer sa réflexion sur l'identité de son interlocutrice. Et le terrasse. Tant bien que mal, il tente de maîtriser sa sortie alors que les regards curieux s'égarent autour d'eux. Aussi gracieusement que possible et avec une sincère humilité, il s'avance tranquillement, à pas mesurés, vers Nephtys Ptahchepsès en personne.
— Par Raczidian, il me faut abdiquer devant votre maîtrise du sujet. Car j'aurai beau l'étudier toute ma vie durant, jamais je ne pourrai prétendre rivaliser avec la vôtre et c'est tout simplement logique.
Arrivé à une distance proche mais toujours respectable d'elle, l'historien pose un genou au sol et baisse la tête avec respect.
— Votre Altesse, je suis votre dévoué serviteur.
Il se redresse dignement. Ce n'est pas tous les soirs que Manius se retrouve à débattre d'Histoire avec les descendants directs des personnalités qu'il passe son existence à analyser. Après tant de lettres échangées, voici qu'elle se tenait devant lui, altière. Et lui octroyait le privilège d'une leçon dispensée en personne.
— Vous me voyez fort aise d'avoir bénéficié de votre sagesse. Je le serai davantage encore en partageant avec vous mes dernières observations sur l'objet de nos courriers. Et si vous m'accordez le temps, nous pourrions dévier vers l'utilisation du sceptre héqa en magie. Un domaine qui est aussi indissociable de votre prestigieux héritage. J'ai récemment appris qu'il en existerait d'authentiques datés de notre siècle. Ce qui remet en cause la supposée obsolescence de son utilisation et le droit exclusivement pharaonique de celle-ci. Dût cette rumeur s'avérer fondée.
Manius Fawley a du mal à ne pas sentir les regards qui coulent sur lui. Envieux de son dialogue avec l'héritière Ptahchepsès ou le jugeant de s'être si promptement rendu devant l'évidence de son incapacité à poursuivre la réflexion amenée par la Princesse. Mais la modestie est une valeur chère au Poufsouffle et il ne doute pas que la noble Dame comprenne qu'accepter cet état de fait tenait moins de l'aveu de faiblesse que d'une faculté à se remettre en question et à conserver l'esprit critique sur les limites de son propre savoir.
Message publié le 30/01/2026 à 17:52
Caecilia est décidément imprévisible. Elle laisse son... un Manius interdit quand elle prend ses lèvres comme il a pris sa main, sur un coup de tête ou presque et sans prévenir. Le seul mot qu'elle a articulé résonne comme un écho dans la chambre, dans la tête du sorcier. Ophelia...
— Non. Caecilia.
Oui, ça a toujours été Caecilia. Comme une évidence qui l'avait frappé un jour de septembre sous les nuages d'Écosse. Il n'a eu d'yeux que pour elle depuis cet instant, n'a rien envisagé d'autre sept ans durant. Ses sourires, ses cheveux bruns attachés en queue quand elle... lit un traité de paix gobelin. Non ! Sa détermination, son assurance quand elle corrige un anachronisme. Cette façon qu'elle a de le regarder, découverte récemment. Comme elle l'avait pris dans ses bras. Tout va bien ? Vous êtes heureux ?
Non. Caecilia est là avec lui. Elle l'enlace, enfin. Ce qu'il a attendu sans oser l'espérer ces sept dernières années. Elle lui a tendu la main. Parce qu'elle en avait besoin. Elle lui a tendu la main parce qu'il en avait besoin. Le contact de ses lèvres, de ses doigts l'accrochent à la réalité, au présent. L'odeur de ses cheveux. Fumée de tabac. Ophelia sentait la fumée de bougie, le vieux parchemin. Son haleine transportait l'arôme du thé, pas du café. Et puis... peut-être qu'Ophelia voudrait bien d'un enfant ? Un petit garçon qui volerait son nom à sa baguette, Illyius. Ou une petite... Rowena ? En hommage à sa maman.
Heureusement, Caecilia l'éloigne du musée de Godric's Hollow. Elle lui fait l'amour dans le lit de son amant. Pour combattre sa jalousie d'une historienne qui se voûte le dos sur une table d'étude. Comme elle l'a fait pour combattre sa jalousie de la femme de son amant. Manius chasse ces pensées, s'abandonne à Caecilia qui mène la danse cette fois. Sa tendresse doit s'accoutumer à la fougue de la sorcière. Oh ! surtout qu'elle ne prononce pas l'autre nom. Ou est-ce lui qui risque de se tromper ? Il ne sait plus. Il doute. Ce froid étrange dans sa poitrine, quand s'est-il glissé là ?
Leurs ébats terminés, son regard se perd dans celui... attendri ? de Caecilia. Impossible de se tromper. Manius Fawley n'est l'homme que d'une seule femme. Il le sait. Il doit le lui dire même si ça risque de l'emmerder. Entre deux souffles rauques, il caresse sa joue, ramène ses cheveux ébouriffés de chat sauvage en arrière. Aucun doute possible.
— Il n'y a de place que pour une femme dans ma vie.
Et son nom se termine par lia.
Message publié le 30/01/2026 à 03:41
En faisant de nouveau face à Neith Ptahchepsès, Manius lui dédia un sourire encourageant. L'attitude et la sagesse de cette Dame honorait la réputation de son clan et achevait de convaincre l'érudit de s'intéresser très bientôt à l'histoire de cette noble famille. Celle-ci avait compté parmi ses membres quelques mages noirs notables dignes d'un grand intérêt. Ce qui ne nuisait en rien à l'image des Ptahchepsès, certainement pas pour Manius Fawley qui comptait lui-même dans ses aïeux quelques ancêtres qui avaient notamment servi la mauvaise cause lors de la Deuxième Guerre des Sorciers.
— Dans ce cas, je ne vous plains pas, vous. Je plains Monsieur Bulstrode d'avoir à se montrer à la hauteur de votre illustre famille et de vous rendre hommage comme il se doit. Puisse-t-il s'en montrer digne.
Cette Duchesse, faute d'un titre plus adéquat qu'eût pu lui connaître Manius, semblait définitivement déterminée à parler de Caecilia, un peu comme si elle avait été fascinée par la jeune femme qui l'avait accueillie dans la résidence de Dinefrw. Ce qui n'avait au fond rien d'étonnant du tout. L'épouse Fawley était une sorcière tout à fait remarquable. Comme il eut été indélicat de contredire Mademoiselle Ptahchepsès et encore plus de se plaindre de son propre mariage, celui qu'il avait voulu avec la femme qu'il avait voulue, il éluda vaguement le sujet.
— Je vous remercie, ces mots sont pour moi un grand compliment.
Ce qui n'était pas un mensonge. C'était un détail que son incapacité à apprécier ledit compliment. Caecilia l'aurait probablement même vomi si elle avait été là pour l'entendre. Mais tout à coup, Manius n'en pouvait plus de se tenir sagement en retrait, de taire sa curiosité à propos de l'exceptionnelle sorcière qui lui faisait la conversation.
— Au risque de vous paraître bien cavalier, je serais votre obligé si vous acceptiez de passez à Llandeilo de nouveau. Plus formellement, en tant que l'invitée d'exception que vous méritez d'être. Madame Fawley sera également, à n'en point douter, ravie de vous revoir. Et tout suivant qui vous accompagnerait sera bienvenu également, il va de soi.
Il ne faut qu'un court instant afin que Manius partage son adresse à son interlocutrice. Il en faut un autre un peu plus long pour qu'il avoue comme un enfant qui confesse une bêtise :
— Je serais malhonnête de ne pas vous dire que j'espère y trouver l'occasion d'en apprendre davantage sur vous et votre famille. Je suis historien, voyez-vous, et les origines de votre clan sont rien moins que passionnantes. Mais au fait, j'accapare la discussion. Êtes-vous bien installée en Grande-Bretagne ? Si je puis faire quoi que ce soit pour favoriser votre confort, ce sera mon plaisir. Le thé d'ici doit vous paraître bien fade comparé aux saveurs subtiles de vos mélanges méditerranéens.
La machine était lancée. Disparu le gentleman réservé qui observait protocolairement l'étiquette. La curiosité marquait un point de plus contre Manius Fawley qui totalisait un score nul.
Message publié le 30/01/2026 à 02:52
Semi-conscient, Manius se laisse guider sans trop savoir où il va, sur ses pieds et dans son existence. Il tente de s'accrocher à ce bras qui le soutient mais n'a pas de force, ne sent même plus ses doigts, ne sent plus le poids de sa tristesse et de sa culpabilité. Il ne ressent juste rien. Il est épuisé, abattu, vidé. Vainement, il tente de rassembler les fragments de ses esprits disséminés quelque part, il ne sait où, en lui comme les éclats de porcelaine sur le sol. Et comme si le sortilège d'Ophelia avait le pouvoir d'agir sur lui, ceux-ci lui reviennent et se recomposent telle la tasse qu'elle vient de réparer.
Les derniers sanglots s'estompent, trop lentement au goût de Manius qui est persuadé d'avoir pleuré vingt-quatre années à s'entendre dire que ce n'était pas digne d'un homme, que les hommes ne se soucient que d'accomplir leurs devoirs coûte que coûte, sans jamais flancher. Il ne songe même pas à prendre un mouchoir quand il sèche ses dernières larmes du revers de sa manche. Il n'ose pas regarder Ophelia, lui dévoiler la honte qui le cloue à la croix. Il doit dire quelque chose. Que dit-on quand on vient de s'humilier devant une respectable consœur qui a eu le malheur d'être trop gentille ? Qu'importe, ce n'était pas l'éloquence qui caractérisait Manius.
— Merci, Ophelia.
Sa voix est encore hésitante, trémolo pathétique d'un prétendu homme qui ne vaut guère mieux. Encore un peu. Un peu de temps. Pour se reprendre. Encore un peu de temps dans ce musée. Encore un peu de la douce compassion d'Ophelia. De ce disque de blues qui tourne et tourne en rond. Manius est comme ivre de ces émotions qui l'ont vaincu. De celles qui le tourmentent alors qu'il a l'impression de revenir à la vie. De la découvrir.
— J'ai vécu des choses incroyables ici. Avec vous. Je vous remercie pour chaque instant où vous m'avez fait grâce de votre compagnie et de votre conversation.
Des regrets. La froide distance professionnelle, ses manières de bien-né qui le séparent de cette sorcière incomparablement intelligente. L'alliance qu'il a lui-même soudée à son doigt et lui interdit à jamais de passer un moment serein auprès de son épouse. Mais Ophelia est là, avec lui. Compréhensive, aimable. Elle ne le déteste pas. Peut-être qu'elle vient de perdre toute once de respect pour lui cependant. Mais pourquoi s'imposer de la tenir si éloignée de lui ? Ne pourraient-ils pas, ces deux jeunes gens constamment voûtés sur le passé, être plus que des collègues qui se connaissent à peine ? Qu'est-ce qui empêche Manius d'apprendre à la connaître un peu autrement qu'à travers le puits insondable de ses connaissances académiques ?
— Je suis profondément navré. De vous avoir infligé ce spectacle ridicule. Et aussi... de ne jamais avoir remarqué vos qualités humaines. Vous êtes tellement plus qu'une éminente historienne.
Quelques maigres forces revenues, Manius se lève et pointe sa baguette sur le sol mouillé de thé tandis qu'il prononce la formule Récurvite.
Les éclaboussures de thé disparaissent.
— J'ai vraiment apprécié travailler avec vous. Je suis triste de vous laisser seule ici. Vous me manquerez. Est-ce que...
Les mots ont du mal à sortir de sa gorge. Trop inconvenants, trop entreprenants. Pas le genre de chose que propose un gentleman marié à une jeune femme célibataire. Qu'à cela ne tienne. Elle lui a dit de penser à lui. Et il a envie de quelque chose qu'il ne connaîtra jamais après son retour à Llandeilo.
— Je ne veux pas vous quitter sur cette impression. Damnez-moi si je vous insulte mais j'aimerais que nos adieux soient joviaux.
Comme un adolescent nerveux qui n'est pas du tout sûr de lui mais qui a rassemblé le courage de mettre son orgueil de côté en cas de rejet, il réajuste sa chemise et s'avance d'un pas vers Ophelia en lui tendant la main. D'un mouvement de tête, il désigne le gramophone qui prodigue inlassablement son récital.
— Ophelia Frost, m'accorderiez-vous une danse ?
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Sortilège de Récurage
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 6
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Les éclaboussures de thé disparaissent.
Autres résultats possibles
Les éclaboussures de thé disparaissent.
Le sorcier doit être trop secoué pour que le sort fonctionne, tant pis.
Le sorcier doit être trop secoué pour que le sort fonctionne, tant pis.
Message publié le 30/01/2026 à 01:44
Le baiser le surprend. Agréablement bien qu'il ne soit pas sûr de le comprendre. Caecilia semble échapper à toute logique, comme si elle était l'opposé de la raison. Pendant quelques instants encore, Manius croit qu'il existe un avenir pour eux deux, ensemble. Pas forcément le plus brillant qui soit, après tout il vient de renoncer au rêve qu'il avait d'être père — non, papa — mais moins sombre alors que l'horizon se rapproche lentement.
Soudain, tempête. Sans crier gare, plume, encre et parchemin volent dans la chambre et Manius est à la merci d'une Caecilia qui vient de se transformer en furie et lui enfonce la pointe de sa baguette contre la gorge. Il ne comprend pas tout de suite. Pas assez vite pour empêcher que quelque chose d'insidieux se fraie un chemin dans sa poitrine. Comme une étincelle de givre qui refroidit son cœur. Puis les paroles de Caecilia. Ce n'est plus de la haine mais de la peur. Une peur profonde, ancrée. Présente. Elle croit que Manius, l'homme qui s'est enchaîné à elle, risque de l'abandonner. Ses larmes. Un seul tout petit instant moins vigilant, une unique parole maladroite et la jeune femme déraille. Toutes les précautions du monde, toute la prévenance dont il est capable ne sont donc pas superflues. Même pas suffisantes en réalité.
Quand elle porte la main à sa gorge et que l'air semble commencer à lui manquer, Manius ne réfléchit même pas. Dans son état de vulnérabilité, elle pourrait le tuer par pur instinct de survie mais il braque Illyius sur elle et crie plus qu'il ne prononce la formule.
— Anapneo ! Anapneo, anapneo, anapneo...
Pas sûr que ce soit l'effet du sortilège mais le visage de Caecilia semble reprendre des couleurs.
Hors de question de la laisser ainsi. Sans doute qu'elle n'en veut pas de son étreinte, de son inquiétude. De son affection. Ou alors elle veut tellement celle-ci, de n'importe qui peut-être pour compenser celle de l'amant perdu la veille, qu'elle ne réalise pas qu'elle en dispose juste là, sous ses yeux. Manius serre Caecilia de toutes ses forces dans ses bras, la retient prisonnière plus encore qu'avant, lui qui s'était promis de ne plus jamais commettre pareille erreur. Il lui parle vite et paniqué, cherche des mots qu'il n'a pas pour la rassurer.
— Jamais ! Pourquoi t'abandonner ? Pourquoi maintenant qu'on envisage un avenir à deux ? Même si t'es "insup" ou juste chiante et moi trop gentil. Et puis, merde ! j'ai sacrifié sept années de ma vie pour toi ! Pour te donner une chance de vivre ton bonheur. Au détriment du mien. Tu n'as pas le droit de me dire que je vais t'abandonner, Caecilia !
Il essaie de dégager les cheveux de la sorcière de son visage, de capter son regard. De lui parler avec ses yeux.
— J'ai plus de famille, plus d'emploi, aucun ami. Personne. Je n'ai que toi. J'ai besoin de toi. J'y arriverai pas sinon. Je voudrais que tu restes à mes côtés. Tu es importante à mes yeux. Tu comptes.
Malgré les serments, les remises en question, la crainte de mal faire et de faire mal, il la tient contre lui. Dans son étreinte, dans la prison de ses bras. Non, Manius Fawley n'apprend pas de ses erreurs. Une fois de plus, il garde Caecilia de force. Peut-être qu'il n'a pas assez saigné dans ce ridicule trou du jardin pour purger de ses veines l'homme médiocre qu'il est. Un geôlier.
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Sortilège de Respiration
- Difficulté
- 11
- Résultat D20
- 18
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Pas sûr que ce soit l'effet du sortilège mais le visage de Caecilia semble reprendre des couleurs.
Autres résultats possibles
Pas sûr que ce soit l'effet du sortilège mais le visage de Caecilia semble reprendre des couleurs.
Faute de constater une amélioration, le sorcier s'acharne jusqu'à ce que Caecilia semble retrouver le teint de la vie, probablement pas grâce à lui.
Faute de constater une amélioration, le sorcier s'acharne jusqu'à ce que Caecilia semble retrouver le teint de la vie, probablement pas grâce à lui.