Harry Potter RPG

Liste des messages de Manius Fawley

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Faire tomber le masque

Message publié le 10/02/2026 à 19:32

Terrible dilemme. Les yeux dans les yeux, les deux historiens se livrent une guerre dans laquelle ils partagent un objectif commun mais doivent encore s'accorder sur les termes exacts. Manius cherche une faille dans le regard déterminé d'Ophelia. Il n'y en a pas. Il connaît cette lueur, il l'a déjà vue chez elle. Il la vit lui-même. Aucun des deux ne reculera devant la moindre extrémité, se sacrifier pour la recherche fait partie de leur nature. C'est peut-être même ce qui les rend aussi efficaces dans leur travail. Mais aussi un peu dangereux. Le sorcier finit par laisser échapper un petit rire résigné.

 

— Il n'y a donc personne ici pour nous imposer d'être raisonnables. Tu as raison, c'est le meilleur moyen de progresser. 

 

Le temps de boire un peu de thé, Ophelia a l'esprit juste assez distrait de son travail pour remarquer quelque chose qui ne pouvait pas échapper longtemps à son sens de l'observation. Manius le remarque tandis que les yeux de sa consœur oscillent entre lui et la source de son étonnement ostensible.  Tandis qu'elle relance le gramophone dont le mutisme avait échappé au sorcier, celui-ci s'affaisse un peu sur son siège en sentant les protestations de son estomac à jeun.

 

— Oui, pardon. J'anticipais la suite avec trop d'impatience. On devrait prendre l'air. Je t'invite à dîner.

 

Main gauche tendue devant lui, Manius observe la trace laissée par sept ans de remords. Même sans l'anneau ardent, il peut sentir la brûlure indélébile ancrée dans sa chair, rappel inéluctable du crime dont il est coupable et de sa sentence. Caecilia avait beau avoir ôté l'alliance de son doigt, ce n'était jamais que la manifestation tangible de tout ça qui reposait désormais sur son bureau à Dinefrw. Un peu de poussière dorée balayée sous un tapis pour se soustraire à la vue mais toujours présente, toujours sale.

 

— Elle dérangeait ma femme. Enfin je suppose. Elle l'a enlevée et je ne voulais pas lui faire l'injure de la remettre. J'espère qu'on n'aura pas d'enfant. Elle a peur. Elle n'a pas à subir ça.

 

Il s'en faut de peu pour que dans son élan Manius ne commette une monumentale erreur. Il se mord la langue afin de retenir la question qui manque de s'évader de ses lèvres.

 

Et toi, tu voudrais d'un enfant ?

 

Car si Ophelia lui avait répondu par l'affirmative, Manius n'aurait jamais remis l'alliance qui le lie à Caecilia.


Faire tomber le masque

Message publié le 10/02/2026 à 01:46

Les yeux d'Ophelia happent Manius, le gardent captif de ses lèvres et des mots qu'elle prononce avec une résolution infaillible. Refuser sa demande n'est pas une option qu'elle acceptera. Pourtant il n'est pas là en tant que professionnel, les découvertes qu'ils viennent de réaliser n'appartiennent qu'à elle et il n'est pas le genre d'homme à s'accaparer le mérite d'autrui.

 

— Je vois bien que tu ne me laisseras pas refuser. Mais je ne suis pas là en tant qu'historien, juste en ami venu pour t'aider et partager le plaisir de la découverte. Tu es la conservatrice de ce musée, c'est ton travail. J'accepte si je suis mentionné en qualité de consultant. C'est à toi que reviennent les honneurs.

 

Le sorcier repense à ses arguments. Sa participation à lui n'avait fait qu'accélérer le travail d'Ophelia qui y serait parvenue d'elle-même avec un peu de temps. Et encore, il aurait pu tout saboter en tombant sous l'emprise du masque. Cette pensée lui provoque un sourire ironique, heureusement qu'elle a sauvé la situation.

 

— Se faire posséder par un artefact est un des risques du métier. Ça ne fait pas partie du processus de rech... attends. Bien sûr que si !

 

Comme si son siège venait de le piquer, Manius se relève d'un bond et commence à servir de nouvelles tasses de thé avec des gestes frénétiques, comme pris d'une fièvre maniaque. 

 

— Il y a des éléments que nous n'aurions pas compris si le masque ne m'avait pas possédé. Des questions qui ne nous seraient pas venues à l'idée. Ophelia...

 

Une cuiller de sucre pour elle, la boisson fumante vient se poser près de la sorcière tandis que Manius s'assied bien en face en plantant un regard déterminé dans ses yeux. Il se réchauffe avec une gorgée brûlante comme pour purger la glace de la froide logique qui motive la demande qu'il s'apprête à formuler.

 

— Porter le masque fait partie intégrante du processus pour le comprendre tout à fait. Quand nous en aurons terminé avec la procédure habituelle et trouvé les réponses de manière conventionnelles, il faudra mener une expérience. Tu prendras ma baguette et tu m'attacheras solidement afin que je ne puisse pas lever un petit doigt sur toi. Il est hors de question que tu coures le moindre risque. Et tu me remettras ce masque. Je ne pourrai pas t'aider, mais tu es plus que capable de comprendre son fonctionnement en observant ses effets sur moi.

 

Conscient que ce qu'il lui demande relève de la folie, Manius sait aussi qu'Ophelia ne peut que comprendre l'intérêt professionnel de la démarche. S'ils minimisent les risques et prennent toutes les précautions nécessaires ils feront des progrès fulgurants, inatteignables autrement même. Manius ne reculerait devant rien pour obtenir toutes les réponses, il espère qu'Ophelia puisse le voir dans son regard. Et qu'elle accepte.


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Message publié le 09/02/2026 à 20:47

Le brusque changement de sujet et de ton de Caecilia amplifie l'inquiétude d'un Manius surpris. Puis elle reprend là où la conversation a été brièvement interrompue. Quel lien y a-t-il entre la famille et les soudaines excuses de la sorcière ? La logique de l'historien rassemble les fragments : son père qui l'attachait dehors, qu'elle a qualifié de connard, de mauvais, la crainte de sa mère, le courage dont Caecilia a besoin pour revoir ses parents. Les pièces forment le portrait d'un homme tyrannique, probablement violent, qui a dû maltraiter femme et fille sans doute bien au-delà de ce qui a été dit.

 

Ils sont donc tout à fait semblables finalement, elle et lui. Une petite fille qui recourt à la violence et au désespoir parce qu'elle n'a appris que ça face à un garçonnet dont la devise familiale est marquée au fer blanc dans son esprit : le devoir est stoïque. Elle frappe et pleure. Il obéit et encaisse. Mais au fond, c'est du pareil au même. Chacun doit trouver la sortie de ce maelström piégeur et se construire soi-même. 

 

Pour l'heure, Manius doit ravaler le sentiment atrabilaire qui gronde en lui comme un orage. Le dompter, le mettre en cage. Et le libérer quand ce sera nécessaire. Caecilia est en train de lâcher prise, affectée. Elle a besoin d'un mari qui arrive à compatir, qui la ramène doucement vers la stabilité. Si seulement il savait partager ses émotions comme elle. Pas encore, elle devra se contenter d'une tentative de compréhension. Le sorcier se lève, passe derrière elle et l'enserre dans ses bras en posant sa tête contre l'épaule de la jeune femme.

 

— Ça va. J'ai vu ce que tu ne sais pas dire. 

 

Un baiser sur la tempe.

 

— J'enverrai l'invitation quand tu seras prête. Autorise-moi une fois à te protéger de lui, à être ton rempart. Je serai à la hauteur.

 

Il lui saisit le menton, tourne sa tête vers lui pour l'embrasser tendrement.

 

— Et j'accepte tes excuses. Pas pour te faire plaisir ou te rassurer. Pas parce que je peux encaisser une gifle. Mais parce que je comprends pourquoi tu as réagis comme ça. Et ce n'est pas ta faute.

 

Manius contourne la chaise, pose un genou à côté de son épouse en prenant sa main dans les siennes. Il la couve d'un regard doux, d'un sourire encourageant.

 

— Tu as quelque chose de prévu cet après-midi ? Sinon, on pourrait s'occuper ensemble. Élucider les secrets de cette boîte ou sortir d'ici, allez quelque part n'importe où. Essayer d'être un peu nous, Caecilia et Manius. Pas Rowle ni Fawley, pas ce qu'on nous a appris à devenir. Chercher ce qu'on pourrait être.


Faire tomber le masque

Message publié le 09/02/2026 à 19:04

Les mots rassurants d'Ophelia ne se contentent pas de rasséréner Manius, ils trouvent leur chemin jusqu'à son esprit de déduction saboté par l'envoûtement qu'il vient d'expérimenter et la crainte de commettre un acte regrettable. Ce n'était pas toi. Et si le sorcier derrière le masque d'Happy Graves n'avait jamais été que la première de ses victimes ? Avec Ophelia, ils sont peut-être en train de découvrir la preuve de l'innocence d'un homme dont l'Histoire a oublié le nom à cause de méfaits dont il n'était finalement pas responsable.

 

— Nom d'un Mangemort ! Tu as raison, j'étais sous une emprise semblable à l'Impero. Ce qui voudrait dire que Happy Graves n'est qu'une sorte d'entité qui hante ce masque et que le sorcier qui le portait était innocent. Victime même. Mais alors d'où vient Happy ? Est-il la manifestation d'une personne ayant réellement existé ou un esprit fabriqué de toutes pièces, né de la magie du masque ? Si les runes prouvent son authenticité, nous sommes en train de réécrire l'Histoire !

 

Avec fébrilité, Manius se concentre tandis que sa consœur reprend le vestige en mains avec une précaution redoublée. Une première rune lui apparaît, résonnante comme un chant guttural. 

 

— Naudhiz, suivie d'Ansuz et Gebo. L'exaltation guette l'historien qui déjà s'agrippe à la table d'anticipation. Laguz, Uruz... Kenaz ! 

 

Un cri de triomphe retentit soudain dans la salle d'étude du musée. Manius attend qu'Ophelia repose le masque pour saisir ses mains et l'entraîner dans une courte danse victorieuse.

 

— Tu as réussi ! Tu as trouvé le masque d'Happy Graves, c'est fantastique ! 

 

L'espace de quelques instants, l'ambiance studieuse et suspendue du musée fait place aux exclamations et aux frasques de joie. Manius célèbres avec Ophelia la découverte et ses répercussions, ils mesurent l'ampleur des informations recueillies et de celles qui restent à découvrir. Car ils n'ont pas mis le doigt que sur des réponses mais également sur des questions, de quoi prolonger leur travail et approfondir l'enquête.

 

— Il reste beaucoup à faire. je suis curieux de savoir pourquoi le masque a pris possession de moi et comment il a pu invoquer une manifestation de mon père. Quand nous aurons toutes les réponses, Ophelia, tu pourras publier tes recherches. Tu seras la sorcière qui a élucidé l'affaire Happy Graves une bonne fois pour toutes. J'ai hâte de voir ta tête sur une carte de chocogrenouille, glisse-t-il d'une voix rieuse. Une petite tasse de thé pour faire une pause ?

 

Un large sourire bien ancré entre ses oreilles, Manius ne lâche plus Ophelia du regard. L'électricité est presque palpable, la profonde passion qui anime les deux collègues les unit dans l'accomplissement, les rapproche, les soude d'un lien que rien ne pourra jamais défaire. Tous deux sont entrés en communion et ne font plus qu'un.


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Message publié le 09/02/2026 à 15:00

La discussion prend une tournure inattendue qui extrait Manius de ses songes et lui fait poser un regard un peu ébahi sur Caecilia qui s'ouvre à lui. Qui essaie de parler comme lui. Ces mots lui arrachent un sourire, attendrissent ses yeux. Jusqu'à ce que l'explication au sujet des relations compliquées entre les Rowle barre son front d'une ride soucieuse. Même si le sujet est évidemment difficile pour la sorcière, Manius retrouve un peu de cette satisfaction de communiquer avec elle, de la voir se confier à lui. Quand elle a fini de parler, il trie méthodiquement les éléments par ordre de priorité afin des revenir sur chacun en temps voulu. Comment échanger avec Caecilia, l'aider à entreprendre des démarches familiales, la boîte à musique dont elle a qualifié la mélodie d'agressive. Cela l'intrigue particulièrement et il brûle de presser son épouse de questions à ce sujet mais pour cette fois il doit laisser ça de côté momentanément.

 

— Merci de me confier tout ça. Je sais que ce n'est pas simple pour toi de mettre des mots sur ce que tu ressens. C'est un peu l'inverse de moi qui doit verbaliser mes émotions parce que je ne sais pas les montrer. Ce serait peut-être plus facile d'apprendre à comprendre le langage de l'autre avant d'essayer de le parler ? Simple suggestion. Ma mauvaise manie de chercher des solutions.

 

Il boit une gorgée d'eau, se donne le temps de la réflexion. La situation des Rowle est manifestement complexe, pas le genre de nœud qu'on défait d'un geste. Surtout quand on s'appelle Manius Fawley. Mais Caecilia, elle, connaît sa famille. S'il lui apporte le soutien dont elle a besoin pour l'affronter, elle sera capable d'accomplir quelque chose de significatif.

 

— Bien sûr que j'accepte de voir tes parents. Et je te promets que je ne laisserai pas ton père te faire le moindre mal. Il n'aura pas un mot de travers pour toi que je tolérerai. Concernant ta maman... tu as raison. Ce n'est certainement pas moi qui trouverai une solution. Mais toi, tu peux. Je serai là pour t'épauler.

 

Nouvelle pause tandis que Manius médite sur le sujet. Ce regard plein sous-entendu qu'elle lui a lancé en parlant de Valeria Rowle. S'ils parvenaient à aider cette femme, il s'aideraient eux-mêmes sans l'ombre d'un doute. Comme si Caecilia avait besoin de ça. Ce qui inquiète l'historien, c'est sa propre patience qu'il sait ne pas être suffisante pour rencontrer Cassius sans risquer de déclencher un conflit. Mais peut-être que c'est un fait qu'il pourrait tourner à son avantage en réalité. Manius pose un regard déterminé sur son épouse.

 

— J'aurai des questions à te poser à propos de cette boîte mais laissons ça de côté dans l'immédiat. Je te propose d'inviter tes parents à dîner. Qu'en penses-tu ?

 

Manius fait cette suggestion avec un sourire plein d'assurance, un peu complice. Comme s'ils étaient deux adolescents rebelles en train de fomenter un coup fourré. L'improbable couple Fawley uni pour atteindre un objectif commun. Peut-être ce dont ils ont besoin.


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Message publié le 09/02/2026 à 03:29

Elle le dévisage, se permet d'inverser les rôles. Son agressivité à peine contenue est le signe que le sujet l'affecte. Pas un mot plus haut que l'autre et pourtant ils sont bien en train de se disputer comme quand elle laisse la colère la submerger. Pourquoi rend-t-elle tout si compliqué ? Manius essaie de ne pas rentrer dans son jeu, de tempérer ses provocations. 

 

— Je ne suis pas vexé. 

 

Tu l'es.

 

— C'est ma façon d'aborder les choses.

 

Pendant l'échange, quelque chose saute aux yeux. Caecilia ne parle pas. Elle insinue, elle menace, elle mord, elle feinte. Tout sauf être franche et établir un dialogue. Elle a dit qu'elle essaierait pourtant. Mais ça ne peut pas changer du jour au lendemain. Le sorcier ne peut qu'espérer qu'un jour ils pourront être sur la même longueur d'onde tous les deux. Pour l'heure il laisse couler l'acidité de sa femme sur une carapace étanche. Ou presque. Non seulement elle le cherche mais il s'avère qu'elle a très bien compris comment outrepasser sa patience. Quand elle suggère qu'elle pourrait être amenée malgré elle à s'en prendre à Ophelia, la mâchoire de Manius se crispe et il doit fermer les yeux pour dissimuler un regard noir.

 

— Ça ne risque pas, articule-t-il lentement.

 

Quand il estime avoir réprimé son agacement, il la regarde de nouveau. Tout ça pour essuyer un mensonge servi nonchalamment dans le blanc des yeux. C'est tout l'égard que Caecilia a pour l'honnêteté. Non, elle n'oubliera pas Ophelia. Tout comme lui n'oubliera pas la baguette braquée sur sa gorge, la gifle, le dégoût qu'il inspire à cette femme. Est-ce qu'elle ne se comporte ainsi qu'avec lui ou est-elle tout simplement comme ça, aigrie et acerbe ? Pas étonnant qu'Emfield se soit lassé si c'est le cas. 

 

La tension retombe quand Caecilia lui présente la boîte. Son expression a changé et elle lui désigne une gravure à son nom sur le bois vieilli. Il n'en faut pas plus pour éveiller la curiosité de Manius qui se penche sur la table et énonce déjà ses premiers constats alors qu'elle s'est à peine tue.

 

— C'est étrange que la figurine soit pétrifiée. Ce pourrait être le signe que quelqu'un a voulu cacher quelque chose. En restaurant le mécanisme, on pourrait essayer d'identifier la mélodie. Elle pourrait receler une information. À vue de nez, la boîte a l'air séculaire. Une datation plus précise nous donnerait une fourchette suffisamment restreinte pour déterminer quelle génération de ta généalogie est concernée. De là on n'aurait sans doute aucun mal à identifier la Caecilia à qui appartenait cette boîte. Les familles sang-purs conservent le plus souvent précieusement ce genre d'archives.

 

Sauf que. Manius bascule en arrière sur sa chaise en poussant un soupir.

 

— Je suppose qu'on ne va pas rendre une visite de courtoisie à tes parents et leur demander de nous montrer leurs souvenirs de famille. D'ailleurs... non laisse tomber. Tu m'as dit de ne pas m'en mêler.

 

La colère envers Cassius Rowle n'a pas décrue depuis le, à l'instar du reste de leur relation, désastreux dîner où Caecilia avait évoqué ce qu'il lui avait fait subir. Elle était même exacerbée par l'interdiction qu'elle lui avait fait de se pencher plus avant sur cette histoire. Comme si elle avait deviné les sombres intentions qu'il avait fomenté dans son ivresse. Étrangement, la sobriété ne rendait pas beaucoup moins tentante l'idée de condamner le père Rowle au tourment éternel. Qui avait-elle essayé de protéger alors ? Elle-même et sa rancune ? Son paternel et sa monstruosité ? Manius et sa folie ? Pour échapper à l'amertume de ces pensées, l'historien se rattrape à ce vestige que Caecilia lui a présenté.

 

— Il y a toujours les archives de l'administration civile. Ce sera plus fastidieux bien sûr mais j'ai le temps. Je pourrais fouiller un peu pour en savoir plus. Tant que je n'ai pas de travail. Ça m'occuperait. Enfin, si tu veux en savoir plus sur cette Caecilia du passé.

 

Quand il reprend sa fourchette en main, Manius ne fait que triturer distraitement son repas. Il n'a plus ni la faim ni le goût de manger. Cette joute verbale à demi-mots avec son épouse et l'ennui de sa vie sans la recherche qui le passionne lui ont coupé l'appétit. Que pouvait-il faire ? Il a besoin de fuir à nouveau le foyer, trouver quelque part la stimulation qui lui manquait. Mais Poudlard n'a pas besoin de lui, il ne peut décemment pas retourner auprès d'Ophelia et reprendre les expéditions revient à abandonner tout effort pour construire quelque chose avec Caecilia. À moins que...

 

Vous vous justifiez trop pour un homme innocent, Manius Fawley. Si elle voulait jouer à ce jeu, pourquoi ne pas entrer dans la partie ? Après tout, puisqu'il est effectivement innocent, qu'est-ce qui l'empêche de retourner travailler au musée de Godric's Hollow ? Ce n'est pas comme s'il était redevable de quoi que ce soit envers Caecilia. Et puis, il pourrait infirmer ce qu'il lui semble avoir ressenti pour Ophelia et mettre son cœur à l'aise avec ce trouble. Ou risquer de confirmer. Auquel cas... il serait toujours temps d'aviser.

 

Ses yeux s'égarent dans une contemplation distraite de Caecilia. Mener une petite rébellion contre une sorcière aussi douée lui paraît ridicule au fond. Que ferait-il si elle braque encore sa baguette contre lui ? Si elle se glisse à nouveau dans son esprit ? La réalisation le frappe soudainement. Elle est legilimens. Il est sans défense face à elle si l'envie lui prend de réitérer son intrusion. Rétablir, dans la mesure du possible, le déséquilibre entre eux pourrait être un bon point de départ. Étudier l'occlumancie l'occuperait sans doute bien assez pour se donner le temps de réfléchir à ses options professionnelles.


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Message publié le 08/02/2026 à 21:05

C'est une Caecilia qui paraît plus dangereuse que jamais que Manius voit s'approcher de lui. Presque trop calme, arme en main, qui lui dit des choses sans queue ni tête. Elle se faufile dans ses bras puis le regarde avec des yeux mornes. Telle une pendule qui oscille entre raison et folie. Est-ce qu'elle vient vraiment de proposer de tuer Ophelia ? Manius soupire, ignore ce qu'il prend pour de la provocation dans un premier temps afin de saisir le taureau par les cornes.

 

— Pourquoi tu cherches plus loin que la réponse que je t'ai déjà donnée ? Je ne veux pas te mentir. C'est ça la raison. Quand je suis parti analyser cet artefact l'autre jour, j'ai été ensorcelé et j'ai failli lui faire du mal. Quand les choses sont rentrées dans l'ordre... je ne sais pas, j'ai ressenti quelque chose d'incongru. C'est tout. Je ne l'ai pas revue depuis. Je n'ai pas pris l'emploi au musée parce que je ne veux pas que tu t'inquiètes de me savoir près d'elle. Je ne veux ni briser ton cœur ni une autorisation de sortie. Je ne t'ai jamais été infidèle avec qui que ce soit. Et je ne vois pas comment je pourrais espérer coucher avec toi en te disant cela. J'ai juste vu que... ça te touchait d'une manière ou d'une autre. En sachant tout, tu peux apporter ta propre réponse à tes questions. Par contre...

 

Manius pose doucement ses couverts sur la table, s'empare du regard de Caecilia. Le sien est d'acier. Le ton est aiguisé. Il n'y a aucune hostilité dans sa voix pourtant, juste l'indubitable évidence qu'il ne plaisante pas.

 

— S'il y a une once de sérieux quand tu proposes de lui faire du mal, tu vas refouler ça tout de suite.

 

Il s'essuie les lèvres avec sa serviette comme s'il venait de se salir la bouche avant de se remettre à manger. 

 

— J'espère que tu pourras laisser ça de côté avec les nombreux autres écueils entre nous. Tu devrais essayer les vongoles, c'est délicieux.

 

D'un geste souple, le sorcier remplit deux verres d'eau en posant le premier à portée de son épouse. Il n'a rien à ajouter sur le sujet, ne sait pas comment être plus transparent. Si le langage de Caecilia est celui des émotions, le sien est celui de l'explication. Chaque question a sa réponse. Claire, sans ambiguïté. Vraie. 

 

— Tu veux me raconter l'histoire de l'autre Caecilia ? Ça m'intéresse. J'avais juste besoin d'en finir avec Ophelia.

 

Sa sincérité ne fait aucun doute. Manius est rentré chez lui avec un objectif, déterminé à confier une vérité difficile à la femme qu'il apprend à aimer comme il se doit. Maintenant que c'est fait, il a véritablement envie de l'entendre lui parler un peu d'elle ou de ce qui la concerne, fût-ce de loin.


Éprouver le quotidien

Message publié le 08/02/2026 à 16:04

C'est un homme de bonne humeur qui rentre chez lui les bras chargés ce midi. Le confrère qui l'a convoqué pour une consultation au sujet de vestiges de magie noire lui a permis de prendre un peu du temps dont il avait besoin pour lui. Loin de Caecilia, il a pu réfléchir à sa relation avec celle-ci sans le trouble de sa présence, hors des murs qu'elle hante même quand elle ne s'y trouve pas. Mais pas aux côtés d'Ophelia non plus qui n'est pas moins troublante et dont le souvenir d'un instant d'incongrue promiscuité remettait en question toute son intégrité.

 

Encombré, Manius doit déposer la caisse en carton qui contient quelques bouchées de réconfort sur le guéridon de l'entrée pour se déchausser et la reprend en se dirigeant vers les pièces à vivre de la résidence conjugale. Dans le salon, il trouve une Caecilia apparemment absorbée par un curieux objet qui lui appartient. La boîte à musique ne lui est pas inconnue : il a suffisamment tourné en rond ces derniers jours pour connaître chaque objet de la maison. Mais il n'a jamais touché à ce qui n'était pas à lui. Alors qu'il prend un baiser à son épouse celle-ci peut apercevoir le déjeuner préféré de son mari qui déjà se dirige vers la salle à manger.

 

— Qu'est-ce que c'est ? s'intéresse-t-il en faisant allusion à la boîte qu'elle a entre les main. J'ai ramené le déjeuner, tu as faim ?

 

Sur la table il dépose un invraisemblable plateau découverte de pâtes fumantes. Sans connaître les goûts de Caecilia en la matière, il a demandé au traiteur des portions réduites dans l'espoir qu'elle trouve son bonheur dans la diversité. Il y en a des toutes les formes et à toutes les sauces, séparément pour pouvoir mélanger et assortir à sa guise. Petits plats simples qui ont toutes les qualités culinaires que l'historien apprécie. Facilité, rapidité, variété... l'essentiel de son régime alimentaire quand il travaille car le temps perdu à manger des choses plus sophistiquées empiète sur la découverte des temps anciens. Combien de fois n'avait-il pas partagé ce repas avec Ophelia dont il connaissait très exactement la préférence sur ce sujet. Un déséquilibre entre deux femmes importantes dans sa vie qu'il se devait de réajuster. Tout comme la vérité.

 

Le sorcier reparaît dans le salon et caresse le bras de Caecilia en accrochant son regard. Posément, sans laisser la culpabilité peser sur sa voix, il l'invite. Ce dont il doit l'entretenir nécessite qu'il soit neutre, que ses émotions n'influencent pas celles de sa femme afin qu'elle puisse s'en faire une opinion libre d'influence, en harmonie avec elle-même. Il se peut qu'elle sorte les griffes ou les larmes, Manius est prêt à faire face.

 

— Viens. J'ai quelque chose à te dire.

 

De retour dans la salle à manger, il dresse la table tout en abordant sans détour la question difficile d'Ophelia. Chaque mention de son nom s'est accompagnée d'une réaction virulente de Caecilia et même si Manius ignore s'il fait bien, c'est une question qui doit être réglée pour avancer. Et puis, elle a le droit de savoir. Impossible d'envisager la reconstruction de leur mariage sans être totalement honnête.

 

— C'est au sujet de ma consœur, Ophelia. Il faut que tu saches ce qu'il en est exactement, que tu aies des réponses et non des doutes. Je n'ai pas, n'ai jamais eu, de relation sentimentale ou charnelle avec elle. Mais elle ne me laisse pas indifférent, je ne veux pas te mentir à ce propos. C'est quand même toi que je veux à mes côtés. Il n'y a qu'une place dans mon cœur et elle t'est réservée.

 

Manius regarde attentivement Caecilia. Prêt à l'affronter, la consoler ou l'embrasser. Quelle que soit sa réaction, il ne fuira pas cette fois. Il traversera ses émotions avec elle.


La médiatrice

Message publié le 08/02/2026 à 04:50

Davantage qu'accepter une étreinte de réconciliation, de reprendre ensemble les rênes de ce couple désuni, Caecilia accomplit un geste empli de symbolisme aux yeux de son mari démissionnaire. En réparant l'alliance, elle répare aussi tout ce qui a été abîmé, eux y compris. Et la conclusion de la sorcière arrache à Manius le même rire que celui qui la prend.

 

— À vos ordres, Madame Fawley.

 

C'est bon de se prendre dans les bras. De s'apprendre dans les bras. Même s'il reste du chemin à parcourir pour que ça fonctionne entre les époux Fawley, la chaleur de Caecilia compense un peu le froid du cœur qui s'est trop brusquement recroquevillé sur lui-même. Manius laisse les paroles de sa sorcière le pénétrer. Quelles sont ces raisons dont elle parle qu'il lui aurait donné ce soir ? Il a commis toutes les erreurs possibles, démontré sa faiblesse, laissé tomber. Il doit accepter de ne pas comprendre. Alors il essaye de s'accorder autrement, de refléter Caecilia. Sa main contre la joue sur laquelle il a fait couler tant de larmes, le regard bien ancré dans leur source. Car dans ses yeux, il voit son propre reflet.

 

— Il y a bien assez de raisons. J'explorerai chacune d'elles. J'ai pas fait beaucoup d'efforts pour communiquer avec toi non plus. 

 

Pour commencer, il va falloir accepter leurs différences ainsi que leurs différends. Accepter que Caecilia s'exprime par émotions. Qu'elle parle la colère et la tristesse parce que c'est ce qu'il a l'art de susciter chez elle. Mais qu'elle peut aussi parler la joie et l'amour. Qu'il ne tient qu'à lui de trouver comment traverser les tourments de sa femme pour atteindre la rive de sa félicité au lieu de rebrousser chemin à chaque fois que la tempête l'effraie. 

 

Ensuite il faudra admettre que se blesser n'est pas une fatalité. Arrêter de marcher sur des œufs, embrasser leurs désaccords plutôt que de chercher des compromis qui ne satisfont personne. Certes, Manius ne sait pas gérer Caecilia. Mais est-ce nécessaire ? La jeune femme est parfaitement capable de se prendre en mains elle-même. L'accompagner suffira peut-être. Et puis surtout, puisque la discussion n'est pas le fort de la sorcière, montrer plutôt que dire. Prendre des initiatives.

 

Pour la première fois, Manius embrasse Caecilia. Sans détour, pas en retour. Comme une promesse à sa façon, tout en tendresse. Il va à la rencontre de ses lèvres car elle est sienne et il est sien. Mari et femme, Madame et Monsieur Fawley, raison et émotion, mère et père, un jour. Car il lui fera l'amour. Passionnément, avec désir. Et l'espoir d'un enfant mutuellement souhaité.

 

Il se laisse transporter par le goût de ses lèvres, par leurs mains le long de leurs corps. Puis, quand le rendez-vous des bouches laisse place à celui des yeux, un sourire malicieux tandis qu'il entreprend de la dévêtir.

 

— Maintenant tu vas me laisser masser ta putain d'épaule, okay ?

 

Prendre soin d'elle, c'est une seconde nature. Enfin, avec sa douceur habituelle la réclamer.

 

— Je te veux.

 

Je le promets.


La médiatrice

Message publié le 07/02/2026 à 13:07

Quel pire sentiment que l'indifférence envers une personne qu'on a aimée ? Ou juste voulu aimé ? Manius ne sait plus, entrevoit des doutes qu'il aurait dû déceler bien plus tôt. Son rire amer ne le touche pas. Ses invectives se heurtent à la carapace givrée qui s'est formée entre eux. Celle-ci ne sera pas suffisante pour le protéger de la baguette qu'elle a saisie en revanche. Si ça prend un maléfice de s'en aller, soit. Ce n'est pas comme si l'historien pouvait rivaliser avec la tireuse d'élite.

 

— Vide ton sac. Attaque-moi. Je préfère ta colère à ta tristesse.

 

Rien de ce qu'elle peut dire ou faire ne changera quoi que ce soit dorénavant. Il ne peut plus, ne veut plus croire ces lèvres qui lui disent tout et son contraire d'une seconde à l'autre. Il sait que la franchise de Caecilia s'exprime en actes désespérés de haine quand elle couche avec lui pour les mauvaises raisons ou qu'elle le gifle pour les bonnes. Il n'a pas besoin de l'écouter, elle lui montre depuis le début ce qu'ils sont l'un pour l'autre. Des adversaires.

 

Mais la magie que Caecilia utilise surprend Manius qui est happé délicatement par les pensées de la jeune femme. Comme si elle le berçait aussi paisiblement que possible dans l'océan tumultueux de ses émotions, de ses souvenirs, de ses projets. Tendresse, jalousie admiration, peur. Comment peut-on ressentir tout cela et tenir debout ? Il y a même de la reconnaissance et ce qu'il ne croyait jamais possible, de l'amour. Et plus que tout, ce qui terrasse Manius et l'oblige à tituber jusqu'au plus proche siège pour s'asseoir sous l'effet du choc, c'est la vision d'eux parents. Quand a-t-elle vraiment décidé de lui donner ce qui lui faisait si peur à elle ? Était-elle finalement sincère dès la première fois ?

 

L'homme se prend la tête dans les mains. Où en est-il ? Où en sont-ils ? Cette révélation de l'âme, cette vérité indéniable qu'elle a placé en lui, qu'en faire ? S'il avait vécu cela plus tôt, un rien plus tôt, avant de faire voler son alliance en éclats, avant de ne plus se sentir capable d'aimer Caecilia. Son cœur aurait été comblé. Mais maintenant ? Maintenant, il sait, oui. Est-ce qu'il a encore le droit de partir ? Rien ne l'en empêche, elle lui dit même qu'elle comprend. Mais il se détesterait tellement plus. Et elle aussi. Ils ne seraient pas trop de deux pour ça d'ailleurs. Manius relève des yeux désemparés sur elle. Le semblant de vigueur retrouvé ces derniers jours s'est envolé et a laissé retomber de tout son poids l'accablement qui pèse sur les épaules affaissées du sorcier.

 

— Je ne comprends pas.

 

Voilà, c'est peut-être ça son problème. Incapable de comprendre, incapable d'accepter de ne pas comprendre. Lui qui n'aspire qu'à élucider des mystères, qu'à décortiquer le vrai du faux, méticuleusement, fastidieusement. Ne pas comprendre c'est un peu de chaos dans l'ordre qui le rassure, qui est confortable. Mais c'est ce chaos qui fait le sel de l'existence.

 

— Je croyais... j'ai été aveugle. Je n'ai vu que les erreurs et les blessures. Je me suis fait des idées. Je me suis trompé sur toi. Lourdement.

 

Il se relève pour s'avancer vers elle. Ouvre sa paume dans laquelle demeure un morceau d'alliance d'un geste las.

 

— Et j'ai sombré si vite et si profondément. J'ai voulu m'enfuir.

 

Manius s'arrête à un pas de Caecilia.

 

— Merci de m'avoir montré ça. Est-ce que tu veux m'accorder une chance, encore, de tomber amoureux de toi à nouveau ? Pour les bonnes raisons, cette fois. Parce que tu es suffisante. Bien au-delà même. Je veux te prouver que tu en vaux la peine.

 

Ses bras s'écartent légèrement le long de son corps, paumes vers elle. Comme une invitation. Il y a de la place pour elle dans son étreinte. Elle a de la place pour lui dans son cœur. Et il y a de la place entre eux pour l'amour. 


La médiatrice

Message publié le 07/02/2026 à 09:06

Dès l'instant où Caecilia s'effondre sans crier gare, Manius panique et a tout juste le temps de se demander ce qu'il se passe, pourquoi ces larmes et comment les sécher. Une fois encore, il l'a blessée, son épouse vraiment pour la première fois lui semble-t-il. Et ses réflexes l'assaillent automatiquement : l'envie de s'excuser, même s'il ne  sait pas encore de quoi, la honte de lui faire du mal, le dégoût de lui même. Et soudain : l'écho. Dans la bouche de sa femme. Ça m’dégoûte ce que t’as fait.

 

Comme s'ils étaient vraiment d'accord pour la première fois. Comme si c'était là le fondement de leur relation, le seul point commun qu'ils auraient jamais. L'évidence. Le changement insidieux qui couvait dans la poitrine de Manius s'ancre, prend forme définitivement. C'est si froid. 

 

Il se rend compte que quelques secondes plus tôt à peine, les paroles suivantes de Caecilia l'auraient atteint. Il aurait compatis, éprouvé de la peine, cherché à la rassurer. Au lieu de quoi il approuve silencieusement chacune d'elle. Oui, l'ado qu'il était ne savait pas dans quoi il s'embarquait. Oui, il devrait aimer Ophelia, elle lui manque d'ailleurs beaucoup à cet instant précis. Oui, Prisca avait vu juste : Caecilia ne le mérite pas, elle l'avoue elle-même. Ils ne font que se blesser, c'en est assez. Triste conclusion, commun accord déchirant. Elle n'arrive pas, n'arrivera jamais à être la femme dont Manius est tombé amoureux sept ans plus tôt. Sa faute à lui après tout. Il l'a étranglée dans les chaînes qu'il lui a passées.

 

S'il avait été moins idiot, il aurait fait les choses autrement. Pourquoi n'avait-il pas divorcé dès sa majorité ? Dès l'instant où il était sûr qu'elle pourrait échapper à son père ? Ou même un peu plus tard. Mais avant trop tard. Non, il avait attendu sept ans. Un peu plus que deux guerres en retard.

 

Doucement, sans violence ni prudence, Manius s'écarte. Comme il l'aurait fait avec courtoisie d'une étrangère. En se relevant, il enlève l'alliance, redevenue insupportable en un rien de temps, qu'il tend devant lui dans sa paume et sur laquelle il braque sa baguette. Un mot : Reducto. L'anneau rétrécit jusqu'à imploser en fragments dorés. Bon débarras.

 

 

— Je te rends ta vie, Caecilia, annonce-t-il d'une voix blanche. 

 

Pas de haine. Sans rancœur. Ni amour ou compassion. La femme dans le fauteuil l'indiffère. Il ne verse pas de larme pour elle, pour eux, car la source est gelée. Rien ne peut s'écouler depuis un cœur de glace. Manius lui fait face.

 

— On divorce.

 

Cela n'a rien d'un geste désintéressé. Ce n'est plus en prenant cette jeune sorcière en considération qu'il annonce son intention. Tant mieux pour elle si elle y trouve son compte et entame une nouvelle vie meilleure. Ce n'est plus le problème de Manius Fawley. C'est sa propre liberté qu'il recouvre aussi, celle de vivre pour lui sans aucune entrave. Débarrassé du fardeau familial, de la quête insensée d'un héritier et de la femme qui ne peut l'aimer, plus rien ne l'empêche de choisir sa propre voie.

 

C'était donc ça leur terrain d'entente. Manius Fawley est dégoûtant. Dégoûtant mais enfin vivant. Il fera avec.

 

— Puisque tu as découché il y a quelque jours, je suppose que tu as quelque part où aller. Mais si tu veux, tu peux rester ici. Moi je ne reste pas de toute façon.

 

Ce qui pourrait sonner, aurait sonné si les choses avaient été un tant soit peu différentes, comme un reproche n'en est pas un. Il s'était inquiété de ne pas l'avoir vue rentrer mais n'avait pas voulu aborder le sujet. Sans doute pour ne pas risquer d'apprendre qu'elle n'avait pas tardé à le tromper de nouveau. C'eut été plus difficile à accepter alors qu'ils essayaient de construire quelque chose. Aujourd'hui, ça n'a plus d'importance. C'est une inconnue que ça regarde, elle peut bien faire ce qu'elle veut. Elle était finalement revenue en bonne santé, c'était assez. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû rentrer du tout.

 

Manius considère comme s'il la voyait pour la première fois la jeune femme. Sept ans. Un beau gâchis. Mais les gens à peine adultes commettent des erreurs, tant pis. L'important c'est de finir par les reconnaître et surtout, ne pas les réitérer. Au revoir et bonne chance. Adieu, Caecilia Rowle.

Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !

Sortilège
Sortilège de Réduction
Difficulté
4
Résultat D20
10
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

L'anneau rétrécit jusqu'à imploser en fragments dorés. Bon débarras.

Autres résultats possibles

Poussière d'or. Dégâts irréparables sur le symbole d'une relation irréparable.

Ce n'est pas une bonne idée de lancer ce genre de sortilège en visant sa main. La douleur électrise le corps du sorcier qui a autre chose à faire que de s'en soucier tandis que l'anneau tombe et roule se perdre Ekrizdis sait-où.

Horrible torsion des os. Le sorcier a le loisir de regretter le geste stupide mais pas celui de s'en préoccuper tandis que l'anneau tombe et roule se perdre Ekrizdis sait-où. Il attendrait pour aller à Sainte Mangouste.


La médiatrice

Message publié le 06/02/2026 à 03:55

Alors qu'ils rejouent... non, ce n'est pas de la comédie cette fois. Alors qu'ils vivent leurs noces de façon incongrue, non loin des débris de la bouteille brisée par Prisca, Manius a l'impression d'émerger d'une longue apnée. Sept ans sans reprendre son souffle que Caecilia lui restitue en l'embrassant. Un baiser, une vie rendue. Deux, peut-être ? Une vie à bâtir, à deux. C'est sûr. 

 

Pendant un instant, il se dit que cela pourrait être bien de se remarier avec elle. Puis il se dit qu'elle en a sans doute assez que sa vie se déroule comme une pièce de théâtre dramatique sous les yeux de spectateurs qui se divertissent de son malheur. Sauf qu'elle n'est pas un personnage mais une femme bien réelle, animée par des émotions complexes et troublée par des expériences d'autant plus difficiles qu'elle les a affrontées trop jeune. Caecilia doit en avoir marre qu'on la casse et qu'on la répare pour voir comment elle se brisera lors de la prochaine scène.

 

Manius se laisse entraîner vers le fauteuil, souvenir culpabilisant. Elle y répare la blessure infligée au même endroit avec sa propre magie, sans baguette ni formule. Les yeux de l'épouse retrouvée crient sa peine. L'époux ressuscité l'écoute, attentif. Il ne cherche pas à l'analyser et à la comprendre cette fois. Il se contente de l'entendre. Et étrangement, il comprend mieux qu'elle le surprendra toujours, pour le meilleur et pour le pire. C'est un peu ça le mariage. C'est carrément ça l'amour. Se vouloir l'un l'autre pas seulement pour les qualités mais aussi malgré les défauts. Pas seulement pour célébrer mais aussi pour surmonter. Être amoureux ne rend pas irréprochable, cela donne juste la force de pardonner les erreurs.

 

La faute de Manius existe bel et bien et Caecilia met le doigt dessus. Elle l'a senti même avant lui quand il avait en toute innocence évoqué le nom d'Ophelia quelques jours plus tôt. Et juste la veille, Manius avait failli céder à une tentation impromptue. Il lui faudrait parler de cette femme qu'il aime beaucoup plus qu'il ne devrait, à laquelle il lui faudrait renoncer pour sa consacrer à celle qui est là, avec lui. Sa femme. Plus tard, cela vaut mieux. Entre les époux Fawley, il y avait suffisamment de belles choses à se dire pour retarder l'inévitable moment où les vérités difficiles devraient être abordées. 

 

— Je te dirai tout ce que tu veux savoir de moi. J'aimerais aussi que tu me parles de toi en temps voulu. Mais Ophelia ne nous séparera pas, je t'en assure. C'est toi, ma femme. Mon amour.

 

Avant de se lancer davantage dans la discussion, Manius brandit sa baguette vers la serviette pour l'attirer à lui avant de l'enchanter avec un Calidum. Plus qu'une envie de choyer sa moitié, il en éprouve le besoin.

Le morceau de tissu vole jusqu'à lui et il s'en sert pour soulager l'épaule de sa jeune femme.

 

 

Par où commencer ? Éluder un peu la question de son travail, sans quoi Caecilia finirait par se lasser de sa voix avant l'heure. En dire assez tout de même pour qu'elle se sente impliquée. Ensuite seulement, revenir sur les raisons de la décision prise sept ans plus tôt. Sans chercher à se justifier, à tourner les choses sous leur meilleur angle. Juste avouer qu'il avait été un adolescent un peu désemparé qui avait commis une bêtise plus grosse que lui. 

 

— Mon travail vise un objectif bien précis. J'étudie surtout l'origine des détraqueurs parce que... c'est orgueilleux je sais mais... J'aimerais élaborer un sort capable de les détruire pour de bon. À part ça je suis en ce moment sur les traces de la dynastie Ptahchepsès. J'ai dépensé une énergie folle à courir en vain après un de leurs artefact disparu. Et si je voulais t'emmener en Asie, c'est parce qu'il s'y trouve un ancien temple qui hébergeait un ordre de moines duellistes. Je me demandais si ça pouvait t'intéresser. Enfin soit, si je me lance trop sur le sujet tu en auras vite assez de moi.

 

Aborder la suite lui demande de rassembler son courage, chercher les bons mots. Ce n'est pas un plaidoyer mais la déclaration d'un amour maladroit, idéalisé par un ado pas doué pour communiquer et qui s'exprime aujourd'hui, deux guerres en retard bien sûr.

 

— Tu vas me trouver niais mais j'ai eu un coup de foudre. Quand j'ai rencontré une belle jeune fille souriante au début de ma dernière année. Je n'ai pas eu le temps de t'aborder, j'ai vu que tu avais déjà quelqu'un. Alors je me suis tu pour ne pas t'importuner. Ensuite, ma famille a reçu une lettre et je me suis retrouvé face à un choix que je n'étais pas assez mature pour appréhender. Il n'y avait pas de bonne décision à prendre. Alors j'ai pris la pire. Et je n'ai jamais trouvé le courage de te le dire. J'ai cru t'aider par égoïsme. Et j'ai longtemps regretté. Mais plus maintenant. Je t'ai épousée parce que je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai, Caecilia.

 

L'espace de quelques secondes, Manius s'absorbe dans le massage de Caecilia comme s'il digérait ses propres paroles. Il s'enquiert auprès d'elle pour savoir s'il s'y prend comme elle le souhaite et puis revient à leur conversation désordonnée d'époux désordonnés. 

 

— Tu sais que tu es une femme admirable ? Tireuse d'élite, à ton âge. Ça demande du talent, pas seulement de l'entraînement. Et pourtant je sais à quel point tu travailles dur pour y arriver. Je suis fier de toi et d'être ton mari. J'en ai de la chance. Et je me demande quelles surprises me réserve encore Caecilia Fawley. Je passe ma vie à fouiller le passé. Avec toi j'ai hâte de découvrir l'avenir.

 

L'esprit pragmatique et cartésien de Manius l'empêche de concevoir quelque chose de plus romantique à dire. Caecilia a pour époux un historien un peu fêlé qui a un sacré problème de communication.

Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !

Sortilège
Sortilège d'Attraction
Difficulté
4
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
3

Le morceau de tissu vole jusqu'à lui et il s'en sert pour soulager l'épaule de sa jeune femme.

Autres résultats possibles

Le morceau de tissu vole jusqu'à lui et il s'en sert pour soulager l'épaule de sa jeune femme.

La soirée trop riche en émotion doit le troubler. Il n'a pas d'autre choix que de se lever pour ramasser le tissu et reprendre sa place auprès de sa jeune femme pour s'occuper de son épaule.

La soirée trop riche en émotion doit le troubler. Il n'a pas d'autre choix que de se lever pour ramasser le tissu et reprendre sa place auprès de sa jeune femme pour s'occuper de son épaule.


Faire tomber le masque

Message publié le 06/02/2026 à 01:28

Incapable d'aider Ophelia, Manius assiste impuissant à sa tentative de gagner la confiance de Livius Fawley sans pouvoir lui dire qu'elle n'a pas la bonne approche. Car le sorcier ne tient pas certains de ses traits de nulle part et la répulsion qu'il éprouve à l'encontre de la complaisance est une caractéristique récurrente chez ses ancêtres. Elle aurait pu s'en sortir si père et fils ne partageaient pas un certain sens de l'observation, bien plus orienté vers les gens chez le paternel qui remarque la légère crispation chez son interlocutrice et s'en agace. Heureusement que Livius est, à l'instar de son héritier, un gentleman qui se contente d'esquisser un geste de recul. Alors qu'il allait répondre à Ophelia, Manius sent un nouveau changement s'opérer sans transition cette fois. Si la présence de son père s'est installée en lui comme une force tranquille et posée, ce qui se produit alors est une brusque invasion de sa psyché qui le submerge d'une folie dangereuse.

 

Sous le regard de sa consœur apparaît Happy Graves en personne, tel que représenté dans l'Histoire. Le Dramaturge fou qui forçait ses victimes à jouer des pièces de théâtre. Ophelia est soudainement en danger et Manius ne s'en rend que trop lucidement compte alors que l'hôte indésirable de son esprit lève sa baguette avec de cruelles intentions, prêt à lancer son sortilège favori. Le déclic survient à cet instant. Le maléfice de contrôle, évidemment. Le même qui alimente le pouvoir du masque, Manius est sous l'effet d'un Impero. Heureusement, il a déjà expérimenté le sort sur lui-même et sait qu'il est possible de s'opposer bien que cela soit difficile. Tout ce dont Ophelia a besoin, c'est d'une ouverture, un bref instant gagné pour agir. Le sorcier féru de magie noire se fait violence pour imposer à sa propre volonté de résister, de lui obéir ne serait-ce que d'un muscle. Il a l'impression qu'un éclair lui fend le crâne alors que son personnage entame la prononciation de la formule. Il ne peut pas laisser faire ça. Il refuse de se soumettre. C'est son libre arbitre. Mais cela ne suffit pas. 

 

— Impe...

 

Je ne ferai pas de mal à Ophelia !

 

La baguette lui échappe des mains alors que les doigts de Manius relâchent leur prise sur elle, de justesse. La surprise d'Happy Graves est suffisante pour permettre à l'historienne de saisir le masque et de l'enlever, libérant son collègue de son emprise maléfique.

 

— Ophelia !

 

Manius ne parvient pas à la distinguer correctement, elle n'est qu'ondes et vibrations car le sortilège lancé plus tôt fait toujours effet. Mais l'artefact n'intéresse plus du tout Manius à cet instant. Sans prévenir, il saisit la jeune femme qu'il serre dans ses bras en prenant tout juste soin de ne pas approcher son visage du masque.

 

— J'ai eu tellement peur pour toi ! Tu vas bien ? 

 

La panique lui fait tout oublier, les convenances, la distance cordiale. Il s'écarte un peu pour la dévisager, ses mains encadrant le visage délicat d'Ophelia dans le regard de laquelle il cherche à se rassurer lui-même. Dans la promiscuité de ce moment, il remarque malgré le sortilège encore actif ses discrètes tâches de rousseur sous les yeux animés d'un éclat particulier. Ses sourcils fins, son nez droit, sa bouche... Manius se demande s'il n'est pas encore sous l'effet du maléfice quand l'envie pressante de l'embrasser s'empare de lui. Cette femme qu'il savait si intelligente, dont il avait récemment découvert l'étendue de la douceur et dont il réalisait fortuitement la beauté simple et discrète. Il avait passé tant d'heures à ses côtés, à la regarder sans vraiment la voir au fond. Il fallait qu'il la regarde sans pouvoir la voir pour y parvenir, paradoxalement. C'est sûr, il est définitivement encore possédé alors que ses muscles agissent à son insu pour rapprocher leurs deux visage. Manius Fawley, l'homme si droit, si intègre, délesté de ses principes pour un unique baiser sans doute qu'il dépose avec sa douceur habituelle sur le front d'Ophelia Frost.

 

— J'ai cru te faire du mal. Je ne me le serais jamais pardonné.

 

Un ange passe. Manius peut le voir, juste sous ses yeux ensorcelés. Pour se donner une contenance qui ne soit pas trop feinte, sa seule échappatoire est de faire diversion avec ce maudit masque.

 

— Le sortilège, il fonctionne ! Je vois différemment. Il y a bel et bien des runes. Je ne peux de toute évidence pas manipuler ce masque, tu veux bien le remettre à la lumière ?

 

L'historien laisse la passion de la recherche reprendre le dessus sur ses émotions. À peu près revenu sur terre, il se tient aussi dignement que possible et s'apprête à faire part de toute l'expérience qu'il vient de vivre en détail avec Ophelia ainsi que de ce qu'il pourra voir grâce au sort. Absolument tout, dans le moindre détail. Sauf son coup de foudre survenu deux guerres en retard.


Faire tomber le masque

Message publié le 05/02/2026 à 23:12

Le bien de son cocon familial, si seulement Manius en était digne. Tout ce qu'il lui semble avoir réussi à ce jour en rejoignant Caecilia c'est bouleverser encore un peu plus le quotidien compliqué de la jeune femme. Si Ophelia savait, elle ne l'admirerait pas tant. Mais elle ne sait pas et son confrère se contente de lui sourire un peu pathétiquement. Quand elle s'inquiète ensuite de la décharge magique qu'il vient de subir, il la met en garde.

 

— Ça va. Mais ce n'est probablement pas bon signe, reste vigilante. Même si ce n'est pas le vrai, l'artisan de ce masque a de toute évidence placé d'étranges enchantements dessus.

 

Simple spectateur alors qu'Ophelia trouve immédiatement la solution à leurs besoins, il regarde celle-ci avec des yeux emplis d'admiration. Un sortilège de vision du son, dont il ne se souvenait même pas de l'existence. Impatient de découvrir le verdict, Manius est penché sur le bord de son siège, suspendu aux lèvres de la sorcière dans l'attente de l'entendre lui dire ce qu'elle voyait grâce à l'enchantement. Celui-ci avait en plus l'avantage de ne pas affecter le masque et donc de protéger la jeune femme d'éventuelles répercussions provenant de celui-ci. Quand elle entrouvrit les lèvres, il était prêt à recevoir la révélation. Hélas, elle n'avait pas obtenu l'effet escompté. Hors de question d'abandonner cela dit, Manius s'empara de sa baguette avec détermination pour imiter le sortilège bien qu'il ne le connaisse pas bien. Et puis, il n'était pas si déterminé que cela au fond de lui. Malgré la nécessité de trouver un indice, priver Ophelia de la primeur de la découverte le peinait rien qu'à y songer.

 

— Visione sua !

 

Ses yeux ne lui sont plus d'aucune utilité, des sons lui parviennent. Échos runiques qu'il n'a pas le loisir d'identifier. La garde baissée, Manius n'anticipe pas ce qu'il se passe ensuite.

 

Le masque réagit alors que le sorcier se penche dessus pour l'examiner après avoir tenté le sortilège d'Ophelia. À peine une vibration menaçante et l'instant d'après l'objet file vers son visage et s'arrête en lévitation à quelques courts centimètres de son faciès. Le sorcier bascule un peu en arrière sous la surprise et ses mains amorcent un réflexe pour se porter à l'artefact mais leur mouvement est interrompu à mi-chemin. Le corps entier de Manius se relâche comme un pantin désarticulé tandis qu'un changement insidieux se produit. Quand il redresse sa tête affaissée, il n'est plus le même. Il se ressemble toujours pourtant, quoique le poids de quelques années semble rider quelque peu sa peau et éclaircir ses cheveux qui ont poussé. Son port est un peu plus noble qu'a l'accoutumée, moins accablé. Son regard balaie attentivement la pièce à travers les orbites vides du masque et s'arrête sur Ophelia. Sa voix quand il s'adresse à elle n'a plus tout à fait le même timbre.

 

— Voici donc cet endroit qui a tant gardé Manius loin de son devoir. Ce me semble tout à fait charmant. Un peu étroit peut-être. S'il m'en avait fait part, nous aurions fait le nécessaire pour agrandir. Enchanté, Mademoiselle.

 

Il tend sa main vers la personne en question comme s'il était un étranger la rencontrant pour la première fois.

 

— Vous ne pouvez qu'être Ophelia Frost. Mon fils m'a tant vanté vos qualités dans ses courriers. Fawley Livius, votre dévoué. Vous qu'il semble tenir en estime plus que son propre sang, auriez-vous l'obligeance de l'inciter à retourner auprès de son épouse et de s'acquitter de ses obligations ? J'aimerais voir mon petit-fils avant de gagner mon lit de mort. M'assurer que le garçon sera bien portant. Vous auriez toute ma gratitude, très chère enfant.

 

Dissimulé par le masque, l'historienne ne peut deviner le sourire au demeurant avenant du personnage interprété malgré lui par Manius, prisonnier dans l'esprit d'un corps qui n'est plus tout à fait le sien et qui assiste impuissant à cette improbable rencontre comme le spectateur d'une mauvaise tragédie. 

Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !

Sortilège
Vision du son
Difficulté
11
Résultat D20
20
Interprétation
Réussite Critique
XP gagnée
20

Ses yeux ne lui sont plus d'aucune utilité, des sons lui parviennent. Échos runiques qu'il n'a pas le loisir d'identifier. La garde baissée, Manius n'anticipe pas ce qu'il se passe ensuite.

Autres résultats possibles

Ses yeux ne lui sont plus d'aucune utilité, des sons lui parviennent. Échos runiques qu'il n'a pas le loisir d'identifier. La garde baissée, Manius n'anticipe pas ce qu'il se passe ensuite.

Parce qu'il est trop hésitant ou parce qu'il ne connaît pas bien le sortilège, Manius ne parvient à rien d'autre que de provoquer une catastrophe.

Parce qu'il est trop hésitant ou parce qu'il ne connaît pas bien le sortilège, Manius ne parvient à rien d'autre que de provoquer une catastrophe.


Faire tomber le masque

Message publié le 05/02/2026 à 10:40

La volubilité d'Ophelia est encouragée par Manius qui hoche vivement la tête, approuvant chacune de ses sages paroles. Elle possédait vraiment un esprit incomparable, puissant outil indispensable dans la recherche et que le sorcier était loin d'égaler. Il avait certes acquis une vaste connaissance par l'étude et le travail acharné mais chez elle c'était une véritable intelligence, une faculté de compréhension intuitive et innée. L'historien se battrait avec quiconque refusant de reconnaître qu'Ophelia Frost est une génie.

 

En plus de quoi elle a le tact de ne pas le juger pour avoir échoué lors de son entretien avec Woodcraft. Elle ne juge jamais. Au lieu de quoi elle lui fait même l'inespérée proposition de lui offrir un emploi au musée et Manius ne peut s'empêcher un mouvement qui trahit son intérêt. Cependant, la façon dont il a quitté l'endroit l'invite à réfléchir quant à la manière de lui demander si elle est sérieuse. Pas qu'il en doute bien sûr : Ophelia est toujours sérieuse. Juste pour confirmer qu'il lui demande le poste et qu'elle le lui octroie. Mais la conservatrice a déjà commencé à manipuler le masque avec une précaution chirurgicale. Il se concentre dans l'espoir d'apercevoir un des détails qu'elle a mentionnés plus tôt.

 

— Il n'y a rien qui me saute aux yeux. Tu dis qu'il travaillait les runes et c'est, détrompe-moi si je dis une bêtise, une de ses dernières œuvres je crois. Il y en a forcément quelque part. Invisibles, peut-être ?

 

Si pas invisibles, potentiellement juste moins visibles. Manius s'empare de loupes afin que sa directrice de recherche et lui puissent mieux distinguer les détails. Il profite du silence qui plane pendant cette seconde observation pour revenir sur la question du travail.

 

— C'est... très aimable de ta part de suggérer que je pourrais revenir. Tu ne m'en veux pas d'être parti comme un voleur ? Parce que... en fait, ça me plairait beaucoup de pouvoir travailler avec toi à nouveau. Je ne risque pas de m'ennuyer en ta compagnie. Ho ! attends. Tu as vu ça ?

 

À l'intérieur du masque, quelque chose de minuscule évoque comme une partition bien que sous une forme dissimulée. Manius indique l'endroit en le pointant du doigt, approchant celui-ci à distance prudente de l'artefact.

 

— Il se peut qu'on ne regarde pas avec le sens adéquat. Tu connais un moyen de voir du son ?

 

Une étincelle. Le masque réagit au doigt tendu du sorcier malgré ses précautions et celui-ci sent qu'une étrange magie vient de se manifester. Comme si... l'objet s'était nourri de quelque chose en lui ? Son regard glisse vers Ophelia, accompagné d'un sourire nerveux alors qu'il retire vivement son doigt.

 

— Heu... oups ? C'est sûr, il y a un enchantement à l'œuvre. Tout va bien pour toi ?

 

Pendant le flottement qui s'ensuit, Manius soutient gravement le regard ambivalent du visage factice. Rien de plus ne semble se produire mais le spécialiste en magie noire ne peut que douter que ce soit bon signe.

Liste des messages de Manius Fawley