Homme
24 ans
Sang pur
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 24/02/2026 à 03:41
Un looong regard navré sur son épouse qui ne lui rend pas son baiser et lui confie ses affres. D'une manière ou d'une autre, Manius trouve le moyen de lui sourire sans avoir l'air trop pessimiste. Avant de lui répondre, il se préoccupe de la priorité : une blessure qu'il peut soigner même si ce n'est pas grâce à ses talents de sorcier. Ce sera même plutôt à l'aide de quelque chose dont Caecilia ferait bien mieux d'ignorer la provenance vu ses insécurités jalouses à l'égard des femmes dans l'entourage de son mari.
Baguette en main, il invoque la clef de son cabinet et inspire un grand coup avant de desceller celui-ci, trop conscient des nombreux et potentiellement irrésistibles dangers qu'il recèle. Le métal gobelin produit un déclic quand il a fini de tourner dans la serrure et les protections magiques ainsi que les verrous bien physiques se désactivent et se replient pour ouvrir l'accès à cette véritable boîte de Pandore assemblée par la folie archéologique du collectionneur.
— Tu devrais peut-être reculer un peu. On ne sait jamais, prévient-il avant de tirer sur la poignée.
À peine entrouvert, le vantail laisse s'échapper les murmures incessants d'une relique maudite qui vibrent doucement dans l'air sous la forme d'un inintelligible langage rauque et sifflant pour s'insinuer dans l'esprit de Manius en conseils malavisés empruntant les voix de personnes en qui il a confiance. L'influence magique persuasive attaque sa raison, tentant de la rendre sensible aux paroles qui devraient lui paraître abjectes mais ne le semblent pas tant. Idiot, j'te fais croire c'que j'veux. Rêve toujours de ton marmot. Tu seras heureux. Je ferai en sorte que ce soit possible, Manius. Embrasse-moi. Tu me déçois, fils. Un historien qui efface son propre nom de l'histoire, quel comble. Nem-nem est responsable de tout ça. Elle ne te mérite pas. Huh ? J'ai déjà entendu ces paroles telles quelles. Les murmures commencent à l'affecter, le temps est compté. Les yeux de Manius sont fixés sur un objectif qu'il peine pourtant à voir mais il est là, c'est sûr et certain. Il connaît cette armoire par cœur. Pourquoi sa main tâtonne dans le vide ? C'est l'effet du maléfice. Sur la troisième étagère, dans le coin gauche. Il y a une patte de singe. Un vœux, un seul. Ce serait suffisant pour tout régler. Si je demande le bonheur de Caecilia, la patte l'exaucera en me tuant au pire. Elle ne peut déformer le souhait autrement. Je devrais la tuer. Je serai libre. Je pourrai rejoindre Ophelia. Ophelia. Ophe...
Ses doigts convulsent plus qu'il ne se ferment, saisissant violemment ce que son esprit embrouillé lui a dicté de prendre dans ce funeste cabinet. Une large fiole rectangulaire en cristal fermée par un bouchon en forme de flamme. La porte se referme en claquant, Manius pose son front contre, haletant, tandis qu'il glisse d'une main tremblante la clef dans la serrure pour verrouiller le dangereux cabinet. Il laisse les échos de la démence déserter définitivement sa psyché. Le cristal perce l'épiderme de sa paume, se gorgeant de gouttes vermeilles. L'onguent contre les brûlures préparé par une femme qui l'a ouvertement dragué. Si Caecilia savait, elle lui enfoncerait la fiole dans le gosier.
— Tout va bien ? demande-t-il presque autant pour lui que pour son épouse. La portée des murmures n'étant pas bien définie, impossible de savoir si elle a été affectée par ceux-ci. Soignons cette brûlure une bonne fois pour toutes.
Le sorcier conjure sa clef avant de revenir auprès de sa femme et de prendre délicatement par le poignet sa main blessée avec celle des siennes qui ne l'est pas. Puis il ouvre le contenant où reste encore un fond d'onguent réparateur et trempe un doigt dedans pour en récolter le contenu et l'appliquer avec douceur sur la peau marquée. Juste au cas où il serait plus performant cette fois et afin de favoriser davantage la guérison, Manius pointe ensuite sa baguette sur la main de Caecilia et retente le sortilège Episkey. Mais la magie médicale n'est définitivement pas du ressort d'un aussi piètre sorcier.
— Ça devrait au moins aller mieux. Pour le reste...
Le regard du mari se pose avec conviction dans celui de l'épouse et sa main propre, quoiqu'un peu grasse d'onguent, saisit les doigts fins de la main indemne de la sorcière. Les Fawley, unit envers et contre tout. Eux-mêmes compris. Qu'ils le veuillent ou non.
— Ce n'est pas ta faute. Tu n'es pas une mauvaise fille. Accorde-moi un peu de temps, un rien de patience. S'il-te-plaît. Je t'aimerai comme tu le mérites. J'aurai la chance de tomber amoureux de toi une seconde fois. Et puis encore et encore jusqu'à ce que le bonheur ait balayé tous nos déboires. Je braverai le torrent qui nous sépare coûte que coûte. Fais-moi confiance.
Manius lève devant son visage sa main dégoulinante. Les sillons rubis lui font penser à une jolie robe portée par une femme souriante, joyeuse, amoureuse. Celle qui le séduit en tourbillonnant gracieusement au son d'instruments pas tout à fait bien accordés. Souvenirs de la veille, d'un miracle qu'il n'appartient qu'à eux de réitérer pour en faire leur quotidien. Une réalité possible. Un couple heureux.
— Il faut que je me lave les mains. Et après... c'est un moment comme un autre pour apprendre le tango, non ?
Des yeux pleins d'espoir qui sourient. Une danse étourdissante pour chasser les désaccords, échapper aux disputes. Deux corps enlacés qui savent mieux se parler que des bouches et des cœurs maladroits qui ont mal appris à aimer. Une formule magique pour remplacer la devise ancestrale. L'amour est dansant.
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Sortilège du Bisou Magique
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 3
- Interprétation
- Échec
- XP gagnée
- 3
Mais la magie médicale n'est définitivement pas du ressort d'un aussi piètre sorcier.
Autres résultats possibles
La rougeur s'amenuise enfin un peu grâce au sort.
La rougeur s'amenuise enfin un peu grâce au sort.
Mais la magie médicale n'est définitivement pas du ressort d'un aussi piètre sorcier.
Message publié le 22/02/2026 à 06:39
Les bras de Caecilia qui lui rendent son étreinte rassurent Manius. C'est qu'ils seraient bien là. Comme si leurs corps savaient mieux s'aimer que leurs cœurs. Si seulement c'était suffisant. Du moins la sorcière semble comprendre cette fois que son mari ne souhaite pas l'évincer, qu'elle est et demeurera l'épouse voulue. Jusqu'à ce qu'ils l'oublient encore tous deux momentanément au prochain désaccord peut-être.
Sans voir son expression pourtant, les sourcils de Manius imitent le mouvement de leurs homologues quand elle le détrompe sur la peur qu'il s'était figuré. Il fouille sa mémoire à la recherche de ce qui lui a échappé pour en arriver à ce quiproquo, ne trouve pas et se résigne. Force lui est d'admettre qu'il n'a tout simplement pas compris, que, comme trop souvent, ce que les époux cherchent à se dire a été perdu dans la traduction de leurs langages étrangers.
— Ton métier est dangereux. Mais tu es la sorcière la plus impressionnante que je connaisse. Si j'arrive à te voir partir sans m'inquiéter c'est parce que je sais que tu reviendras toujours. Tu ne peux pas mourir. Je ne peux pas le concevoir. Je ne veux pas.
La question qui suit, même si elle reste en suspens, met forcément le sorcier face à la réalité de sa situation sentimentale par rapport à Caecilia. L'emploi du passé quand elle lui parle de son amour pour elle démontre que la jeune femme comprend mieux les sentiments que lui, les siens y compris. Que dire quand on n'a pas la réponse, quand la question toute entière nous échappe ? Les yeux pervenche fichés dans les siens, il se rend. Après ce qu'elle lui a dit, nul doute que ses paroles vont la blesser, encore une fois, mais Manius est un piètre menteur.
— Je ne sais pas quand, ni comment. Je sais juste que mes sentiments pour toi sont là quelque part. Il faut que je renoue avec. Je les vois, les raisons de t'aimer. De mieux en mieux.
Il se penche pour l'embrasser. L'haleine qui exhale le tabac ne lui soulève le cœur que par culpabilité. Il l'a repoussée dans ses retranchements, renvoyées vers ses travers alors qu'elle a fait tant d'efforts pour éviter cela. C'est entièrement sa faute, il ne peut pas la blâmer. Au contraire.
— Je te dois des excuses. À cause de moi tu as fumé. Et puis j'ai fouillé dans tes souvenirs à ma manière, ajoute-t-il en jetant un regard par-dessus son épaule vers la boîte à musique. J'aurais dû t'attendre. Sans compter les blessures que je te fais et que je ne suis même pas capable de soigner.
La main de Manius glisse le long du bras de Caecilia, s'arrête à son poignet pour ne pas irriter la brûlure du café et le saisit afin de lever la main de la sorcière et constater les dégâts d'un œil navré et un peu préoccupé. C'est superficiel mais il n'aime pas que la plus petite souffrance puisse accabler une femme qui en porte déjà beaucoup trop.
— On a des onguents efficaces. Tu veux bien que je prenne soin de toi ?
Message publié le 21/02/2026 à 10:27
Surpris comme un enfant en défaut, Manius se sent obligé de tourner la tête et d'essayer d'essuyer les traces traîtresses sur son visage dans une tentative un peu vaine et tardive. Souvenir trop vif d'un père qui se dit déçu de voir son fils pleurer. Donc, logiquement, Caecilia doit l'être aussi. Caecilia qu'en cet instant, son mari est à mille lieues de mériter. Car elle démontre les efforts qu'elle fournit, prouve qu'elle sait parler la langue des mots et dire les choses de sorte à ce qu'il comprenne, à le toucher. Quand Manius touche la jeune femme, c'est seulement pour la blesser. Est-ce qu'il devrait laisser tomber ? Probablement. Ce serait mieux pour elle. Il ne peut pas panser les plaies et effacer les cicatrices de Caecilia. Tout ce qu'il risque c'est d'aggraver les choses, d'user lentement la sorcière jusqu'à la détruire complètement. Seulement, il n'a pas ce bon sens. Au lieu de ça, il se lève et s'approche d'elle.
— Je te fais tellement de mal. Mais je ne suis pas Scott.
Elle est revenue, il ne la laissera plus partir. Pour s'en assurer, il la prend dans ses bras et la serre aussi fort qu'il l'ose. En arrêtant de se mentir à lui-même pendant quelques secondes, il est conscient que ce n'est pas elle qu'il réconforte. Il ne le peut pas. C'est lui qui a besoin de cette étreinte, de se rapprocher d'elle physiquement pour combler son inaptitude à le faire autrement. Pour la rejoindre à la force de ses bras.
— Je sais que c'est mal, j'aimerais décider de mes sentiments pour ne pas t'infliger ça. Mais je décide seulement de ce que j'en fais. Je veux rester avec toi. Garder notre alliance à mon putain de doigt.
La déclaration de Caecilia est à l'image de la sorcière. Inattendue. Elle la balance comme on lâche quelque chose de trop chaud, comme pour s'en débarrasser. Mais les mots prononcés atteignent et déstabilisent Manius davantage encore que quand elle a introduit cette idée directement dans son esprit. Ça le fait culpabiliser de ne plus savoir où il en est, de sentir ce froid dans la poitrine qui retient captif ce qu'il voudrait dire. Moi aussi je t'aime.
— Tu en vaux la peine. C'est compliqué nous deux. Mais hier... j'ai aperçu le bonheur avec toi. Il était dans ton sourire.
Et la question du bébé qui revient sur le tapis. Celle que l'historien croyait définitivement réglée parce que Caecilia lui avait dit qu'elle n'en voulait pas malgré les images de parenté qu'elle avait partagées avec lui. La première fois il s'était laissé convaincre mais la seconde l'avait laissé dubitatif. Ce n'est peut-être pas la façon de faire de sa femme mais Manius a besoin de confirmer les choses, de les définir.
— J'aimerais être père mais pas à tes dépens. Quand tu m'as dit que tu avais peur que... enfin, tu as évoqué la possibilité que ça ne se passe pas bien. C'est vrai qu'il y a des risques à la grossesse. Comment pourrais-je t'imposer ça ? Ça n'a rien à voir avec la maman que tu serais. Si tu ne veux pas, ça me suffit. Tu n'as pas à te forcer.
Il pose ses lèvres sur son front, les maintient là. Et surtout, ne pas la lâcher.
Message publié le 20/02/2026 à 05:10
Évidemment que Caecilia ne cherche que ce qui l'intéresse. Inquisitrice, elle s'empare sans ménagement de tout le trouble que provoque Ophelia dans le cœur blessé de Manius et repart avec la certitude que la conservatrice du musée est son âme sœur. Pas un regard pour le moindre élément en faveur d'un espoir pour le couple Fawley. La honte d'éprouver ces sentiments. La résolution farouche de toujours placer Caecilia en priorité. La détermination de ne pas céder à une insensée tentation. Les qualités qu'il trouve à la sorcière qui partage sa vie.
D’accord pour le Musée. Comme si elle avait tiré le moindre argument en faveur de cette décision. Celle-ci ressemble plutôt à un abandon, comme si l'épouse déclarait forfait devant une rivale hypothétique. Les paroles suivantes confirment la position de la jeune femme. Elle s'avoue vaincue, ni plus ni moins. Manius tente de lui emboîter le pas, de la retenir.
— Caecilia, tu... alors qu'elle s'esquive. Je... ce n'est... elle réclame qu'il la laisse tranquille. Non, att... demande qu'il la laisse tranquille. Très bien. Mais cette discussion n'est que repoussée jusqu'à ce que tu sois prête, finit-il par céder, amer.
Seul et dépité au milieu de la salle à manger, Manius jette un regard circulaire sur le domicile. Sur sa vie. Sur leur couple.
— Cachu hwch ! jure-t-il entre ses dents.
Défait et frustré, le sorcier s'occupe de la seule manière qu'il connaît dans cette maison trop oppressante. Il débarrasse le petit-déjeuner gâché, range et nettoie comme si remettre de l'ordre chez lui pouvait en remettre dans sa vie. Ça ne le distrait bien sûr pas de ses ruminations, de sa culpabilité d'avoir décidé de mettre Caecilia au pied du mur, de son manque de... tact ? Mais qu'aurait-il pu faire de plus au fond ? Il a essayé d'y mettre les formes, de se montrer aussi prévenant que possible. Tout ce qu'il voulait, c'était faire comprendre à son épouse qu'il a besoin de quelque chose. Comment aurait-il pu y arriver alors qu'elle ne l'a même pas écouté ? Il a parlé du musée, du travail mais tout ce qu'elle a entendu c'est O-phe-li-a. Nem-nem... est responsable de tout ça. Comme si la sorcière se complaisait à être victime de tout ce qui l'entoure. Comme si elle avait besoin de souffrir pour se sentir exister. Comment remédier à cela ?
Rapidement, seule la boîte à musique de Caecilia reste à ranger. Alliée inopinée de la veille. Un sourire triste apparaît sur le visage de Manius quand il la prend pour la remettre à sa place. Une hésitation le prend au dépourvu. Sa curiosité veut découvrir tous les mystères que renferme cette boîte mais elle appartient à sa femme qui semblait aussi vouloir en savoir davantage. Peut-il s'octroyer le droit de l'analyser sans elle ? Quand bien même elle serait là, que ferait-elle d'autre que de le regarder retourner cet objet dans tous le sens pendant de longues minutes, si pas heures ? Quelle activité conjugale passionnante, vraiment. Peut-être qu'il peut lui offrir les secrets dévoilé de cette relique du passé comme un cadeau ? De toute façon, quoi qu'il fasse avec Caecilia, c'est toujours un pari perdant alors autant prendre le risque.
Une petite note laissée en évidence pour indiquer à la sorcière qu'elle le trouvera dans son bureau si elle le souhaite et Manius part s'isoler lui aussi. Par principe professionnel, il enfile des gants pour manipuler un objet qui n'a pas eu tant d'égards jusque là et soupire avant d'entamer son observation. Pour quelqu'un qui ne veut pas ressembler à son paternel, il se comporte pourtant exactement comme ce dernier. La boîte est mise de côté pour le moment, remplacée par un parchemin vierge, une plume et un encrier. C'est un moment comme un autre pour écrire à Livius Fawley et lui apprendre qu'il n'aura pas de petit-fils. Autant décevoir tout le monde d'un coup. Et dans sa lancée épistolaire, Manius envoie une lettre-chèque à Fleury & Bott pour se faire livrer des ouvrages sur l'occlumancie. Plus question de laisser Caecilia mettre le nez dans sa tête.
Ceci fait, il peut se pencher sur le souvenir d'enfance des homonymes. Ce n'est pas plus mal que sa propriétaire en ait bloqué le mécanisme, son étude peut se faire dans un silence plus propice à la concentration. L'historien commence par le détailler sous tous les angles, apprécie la qualité de l'artisanat, note mentalement ses réflexions et questions. Est-ce que la figurine sculptée représente quelqu'un ou n'est-ce qu'une figure anonyme ? Un détail sur lequel il ne parvient pas à mettre le doigt l'intrigue, comme si quelque chose n'était pas cohérent. Peut-être que d'autres indices lui indiqueront l'origine de cette impression. Parvenir à déterminer la date, même approximative, de fabrication de l'objet est une priorité. Manius saisit une loupe pour mieux y voir parmi les détails de la mise en scène de la statuette. Peut-être qu'une idée émergera.
Avec la lumière de plusieurs bougies afin de mieux y voir, le sorcier plisse les yeux à s'en faire mal dans l'espoir de distinguer quelque chose. Il lui semble bien apercevoir d'infimes détails qui pourraient s'avérer utiles mais son instrument n'est pas assez puissant pour les lui révéler clairement. Ce n'est que quand il admet la vanité de ses efforts qu'il passe à autre chose. Toujours à l'aide du verre grossissant, il revérifie chaque parcelle de la boîte. C'est alors qu'il découvre quelque chose de très intéressant. Pris de fébrilité, il redépose délicatement l'artefact sur son bureau en se demandant à quel point Caecilia avait raison en disant que la musique l'agressait. Manius vient d'acquérir la quasi-certitude que cette boîte est probablement maudite.
Ce qui l'en convainc, c'est la griffe de l'artisan qu'il vient de voir. Discrète, comme un secret presque, dans un rebord à peine visible. Le Berger. Si l'estimation de base concernant l'ancienneté de l'objet est correcte, cela veut dire que c'est un mage noir qui l'a fabriqué. Passée la préoccupation du danger que peut donc représenter la boîte, c'est tout naturellement que Manius exulte de sa trouvaille en se levant d'un bond.
— Le Berger ! Le Berger ! Incroyable !
Il fait un demi-tour sur lui-même, ses yeux cherchant à croiser quelqu'un avec qui partager son transport. Mais Caecilia n'est pas là. Et il n'est pas au musée où sa consœur aurait apprécié son enthousiasme. Il est seul. À mi-chemin entre une femme avec laquelle il ne parvient à rien et une autre qui lui est interdite. Manius se laisse retomber plus qu'il ne s'assied sur son siège, passe une main lasse sur son visage aux traits fatigués. Il est seul.
Dans l'intimité de son bureau, en tête-à-tête avec lui-même, sans témoin pour le voir céder à la faiblesse. Vous êtes heureux ? Bien sûr que non. Comment pourrait-il l'être privé de son métier, de son rêve de paternité, enfermé dans sa solitude ? Manius Fawley est seul. Et juste pour cet instant, c'est tant mieux. Personne ne verra ses larmes cette fois.
Message publié le 19/02/2026 à 18:43
Le verre d'eau est promptement avalé et jugé insuffisant. Mais Manius s'en contente et repousse le moment de se désaltérer pour de bon. D'autant que Nephtys Ptahchepsès s'empresse de démontrer son intransigeance concernant les attentes qu'elle place sur ses épaules. La princesse est naturellement exigeante et peut bien se permettre de l'être à sa guise puisqu'elle propose de financer l'entièreté de la quête de savoir de Manius. Il va sans dire que la réponse de ce dernier risque de froisser la Dame. Le sorcier profite de la conversation pour se glisser dans le confort de ce dont il parle avec aise afin de se préparer à plonger dans les eaux troubles et prédatrices de la diplomatie.
— Il est dit, répète-t-il en insistant. Je ne suis pas le dernier à vouloir accorder leur chance aux hypothèses comme vous l'avez constaté. Malheureusement, faute du moindre élément tangible attestant des facultés prêtées à Thutmose, il faut considérer que creuser cette piste relève d'un optimisme nourri par la foi en la chance. Ne vous déplaise, on ne peut faire de recherche à partir de, et bien, rien.
Mais même des on-dit trouvent leur source quelque part. Il est vrai que cela ne fait pas grand sens que la gent sorcière soit cantonnée à la communication avec les serpents. C'est pourtant bien le cas. Qu'est-ce qui justifie cette limite arbitraire au regard de l'Histoire ? Si ce n'est la régression par la perte d'une documentation importante dans une catastrophe académique sans précédent. La connaissance envolée. Embrasée. Officiellement.
— Plus que des moyens financiers, ce seraient d'indices dont bénéficierait une expédition. Fût-ce une toute petite impulsion dans la bonne direction. Une mystérieuse aide providentielle, entretenue par le secret. Si tant est qu'il existe quelque part une personne qui soit gardienne d'un secret.
Maintenant qu'il a les pieds dans l'eau et qu'il en frissonne déjà, ne reste plus qu'à se lancer franchement. Manius se pare de toute sa sincérité ainsi que d'un sourire contrit pour aborder le sujet délicat de sa situation professionnelle actuelle. Qui est tout simplement inexistante. Ce qui n'empêche pas des possibilités mais il comprend qu'un compromis ne suffira pas à satisfaire Nephtys Ptahchepsès. Le fait qu'elle insiste pour l'appeler docteur en dit long d'ailleurs. Elle n'a que faire de la personne, seule son utilité potentielle l'intéresse. Il n'y a cependant là rien à blâmer : que ce soit entre Sang-Purs ou entre érudits, tout est une question d'affaires.
— Hélas... je ne participe plus aux fouilles. Pour l'heure du moins.
Jusque quand ? L'historien ne saurait le dire, n'est même pas sûr de vouloir envisager la longueur pénible des jours, semaines, mois qui vont s'étirer impitoyablement jusqu'à la reprise de ses activités. Tout ça pour quoi ? Honorer des obligations impossibles, des projets qui sont déjà étouffés dans l'œuf. Mais pas pour rien. Caecilia et Manius ont peut-être bien besoin l'une de l'autre, aussi paradoxal que cela puisse paraître, pour remonter à la surface d'un océan qui s'acharne à les engloutir. Il se doit au moins d'essayer quelque chose. Son regard s'égare sur sa main gauche. C'est mal parti.
— Je suis retenu en Grande-Bretagne par des engagements. Grâce à mes contacts, je puis monter une équipe on ne peut plus qualifiée qui œuvrerait en votre nom. Mais par souci d'honnêteté, je dois vous avouer que je ne superviserais leurs activités que de loin.
Toujours plus profondément. Le point potentiellement le plus délicat de cet échange doit bien être abordé également. Manius ne se donne pas le luxe d'hésiter. Mouillé jusqu'au cou, il ne peut que nager en espérant voir la rive se profiler avant qu'un crocodile ne le happe et le croque.
— Concernant la localisation d'ailleurs, nous avions déjà rencontré un problème que vous pourriez être bien placée pour résoudre. Notre travail, qui paraissait prometteur, dans les environs du lac Nasser a été compromis par une entreprise d'extraction. Qui appartiendrait à une certaine Tiyi Ptahchepsès.
Demander à la princesse de la dynastie d'aller à l'encontre de sa propre famille relevait du suicide social et en l'occurrence professionnel aussi. Mais Manius s'était déjà brillamment occupé de ce dernier lui-même. Et puis sa crédibilité en tant que noble britannique était aussi en chute libre, juste pas encore de manière publique. À force de s'exercer au saut de l'ange, il allait finir par se briser la nuque. Et il s'agissait moins d'un si que d'un quand la chute adviendrait.
Message publié le 19/02/2026 à 04:10
La honte pèse de tout son poids sur les épaules affaissées de Manius. Bien sûr qu'il n'y arrive pas, n'y arrivera peut-être jamais. Était-ce de l'optimisme de croire qu'il pouvait simplement manquer du souvenir heureux nécessaire pour réaliser le sort ? Celui-ci reste extrêmement difficile et l'historien n'a jamais démontré de grandes facultés magiques. Le plus probable est que ces deux raisons coexistent et le préviennent à jamais de parvenir à invoquer ne serait-ce qu'un bouclier contre un détraqueur.
Caecilia, elle, tente de le rassurer ou l'encourager, il ne sait pas trop. Il ne comprend jamais ce qu'elle entend en trébuchant sur ses mots, s'ils sont ce qu'elle veut vraiment dire ou juste des tentatives maladroites comme les siennes pour faire un pas dans la direction de l'autre. Mais ça lui plaît de la voir essayer. C'est suffisant pour le charmer. Et c'est avec conviction qu'il lui répond. Pas celle qu'il parviendra un jour à lancer le sortilège mais celle qu'elle peut le rendre heureux.
— D'accord.
Peut-être que ce ne sera envisageable que beaucoup plus tard cela dit. Car malgré toute la bonne volonté de la sorcière, elle ne comprend pas mieux Manius que lui ne la comprend. La nouvelle intrusion dans son esprit braque le sorcier qui n'en veut pas. D'autant moins qu'elle semble lui montrer des chimères, illusions complaisantes et mensongères d'une fausse prophétie. Elle ne veut pas d'enfant, pourquoi lui montrer quelque chose qui n'adviendra pas ? Quand bien-même ils en auraient un, elle serait lésée et la dissonance avec cette vision de bonheur partagé ne convainc pas Manius. Ainsi donc Caecilia peut lui imposer ce qui lui chante à l'esprit pour le manipuler. Est-ce ce qu'elle a fait pour le forcer à remettre cette alliance ?
Avec toute la résolution dont il est capable, il repousse son agacement et revient sur ses pas pour se raccrocher à cette ficelle fragile qui le lie à son épouse. Le moindre choc pourrait la faire céder et les empêcher à jamais de s'attacher l'une à l'autre. Ce n'est pas ce qu'il veut. Avec un peu d'efforts et en prenant le temps de se découvrir, il existe une possibilité pour que leur couple fonctionne. Une chance d'être heureux à deux. Manius ne la laissera pas filer. Et puis, le moment est venu de tenir sa promesse comme le lui rappelle Caecilia.
— Oui, ça je peux le faire.
Faute de pouvoir s'inviter inopinément à un évènement mondain, encore qu'il en faudrait un accessible, il l'emmène à un bal populaire où se rassemblent des gens bien plus modestes qu'eux pour pratiquer différentes danses. Là, dans une ambiance trop vive et bruyante, le sorcier laisse de côté peines et doutes pour octroyer à sa femme et lui-même un répit d'insouciance le temps de virevolter à deux. Pris dans le tourbillon, Manius se déleste de Fawley et de ses manières bienséantes d'aristocrate et taquine tout sourire Caecilia, lui révélant une part de lui qui sait s'amuser et envisager le bonheur. Entre deux danses, il profite de reprendre son souffle avec sa cavalière pour l'inviter à son tour.
— On devrait remettre ça. Lord Flint organise des réceptions régulièrement me semble-t-il. Me ferais-tu l'honneur d'y être ma cavalière ?
Peut-être que demain matin Manius réessaiera le sortilège du patronus en repensant à cette soirée. Ou peut-être qu'il gâchera tout de nouveau en froissant Caecilia. Entre ordre et chaos, la jeune femme n'est pas la seule qui oscille en permanence.
Message publié le 18/02/2026 à 04:12
Ce ne pouvait être que l'un ou l'autre, et Manius aurait largement préféré l'autre. La colère de Caecilia était un orage qui passe, dont on peut nettoyer les dégâts. Elle aurait pu pester, hurler, frapper et lui aurait pu la pardonner. C'eut été plus facile. Mais lui faire de la peine, la voir sursauter, perdre ses moyens et lever sur lui des yeux blessés c'était infiniment plus compliqué. C'est lui qui avait porté le coup et il ne pouvait pas se pardonner ça. Un soupir lui échappe, il doit tenir bon. Trop tard pour ravaler ses paroles de toute façon. Plus qu'à assumer. Assurer. La rassurer.
Il s'approche d'elle, baguette en main et prononce la formule Episkey. Malheureusement, il est irrémédiablement bon à rien.
— Tu n'as rien fait voyons. Ce n'est pas une punition, Caecilia.
Manius s'assoit près d'elle et lui tend une main posée sur la table qu'il la laisse libre de choisir si elle souhaite la saisir ou pas. Ses yeux invoquent le souvenir de la veille, journée un peu en dents de scie à l'instar de leur quotidien mais in fine positive. À défaut d'être prévenant, il déploie toute sa douceur pour envelopper la femme qu'il veut préserver, choyer. Aimer.
— Hier j'ai vu qu'on pouvait y arriver. Que toi et moi, c'est possible. J'y crois.
C'est une tâche fastidieuse que de trouver les mots. Non pas qu'il y en ait de bons, il n'est pas assez naïf pour se figurer cela, mais il y a ceux à ne surtout pas prononcer. Surtout le nom qui n'a jamais manqué de provoquer une réaction virulente chez Caecilia. Ce n'est pas à propos d'Ophelia de toute façon. C'est à propos de l'occupation de l'esprit, de chasser l'oisiveté.
— Ce que je veux retrouver, ce sont de vieux livres poussiéreux, des artefacts mystérieux, de quoi arrêter de compter les secondes. Le sommeil me fuit, l'ennui me tue. Sans force, je ne saurai pas être digne de toi. J'ai peur de devenir irascible, de développer de la rancœur. Il faut que je sois moi, la meilleure version de moi-même pour mériter d'être ton allié.
Ses yeux se ferment le temps de considérer ses mots, ses gestes. Sa bonne foi ne suffit pas, ses paroles n'ont pas de poids. Pour convaincre Caecilia il n'entrevoit qu'un seul moyen. Elle a su lui prouver qu'en dépit de tout il existait toujours un espoir pour la famille Fawley. Un amour possible, un enfant envisageable. Il avait fallu qu'elle lui dévoile son esprit pour cela. Juste retour des choses, Manius pouvait lui ouvrir le sien. Elle verrait peut-être plus qu'elle ne le souhaiterait, qu'elle ne pourrait accepter. Mais rien qu'il veuille lui cacher. Il n'avait pas besoin de secret envers son épouse.
— Regarde par toi-même. Lis en moi. Tu sauras mes certitudes et mes doutes. Pas de mensonge, pas de filtre. Pas de mots maladroits pour t'expliquer ce que je ne sais te montrer. Je ne parle pas la langue des émotions mais toi tu la comprends. Elles sont là, en moi. Tu n'as qu'à les fouiller.
Ses paupières s'ouvrent sur un regard entendu. Il est prêt. Elle s'est essayée aux mots, à lui de dévoiler ses sentiments.
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Sortilège du Bisou Magique
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 1
- Interprétation
- Échec Critique
- XP gagnée
- 10
Il s'approche d'elle, baguette en main et prononce la formule Episkey. Malheureusement, il est irrémédiablement bon à rien.
Autres résultats possibles
Il s'approche d'elle, baguette en main et prononce la formule Episkey. Ça n'excuse pas son manque de tact mais au moins la brûlure du café est-elle apaisée.
Il s'approche d'elle, baguette en main et prononce la formule Episkey. Ça n'excuse pas son manque de tact mais au moins la brûlure du café est-elle apaisée.
Il s'approche d'elle, baguette en main et prononce la formule Episkey. Malheureusement, il est irrémédiablement bon à rien.
Message publié le 18/02/2026 à 02:18
Évidemment Caecilia est trop indépendante, trop fière, trop impétueuse même peut-être pour s'accommoder que quiconque la protège. Que ferait-elle de l'égide en parchemin d'un historien plus rompu à la lecture qu'à la magie, qui ne prend les armes que pour les disposer derrière une vitrine en tant qu'ornements ? Sorcier médiocre, mari indigne, homme raté. Le plus vexant c'est qu'elle a raison. Et la pendule, inlassablement, qui revient de chaos à ordre. Elle propose un compromis. Allié. Comme dans alliance. Manius regarde l'anneau qu'il a brisé, qu'elle a réparé. Elle se confesse. Est-ce pour justifier le crime d'Emfield ? Mais elle ne ment pas. Aucun argument ne peut la contredire.
— On peut remuer le passé tant qu'on veut. Il reste à sa place, il n'a rien à faire dans le présent. Crois-moi, c'est mon métier.
Il tend la main à Caecilia pour une poignée qui scelle un accord.
— C'était, confirme-t-il en écho à la conclusion de la sorcière. Va pour un allié.
Cela inspire Manius qui reconsidère le serment niais qu'il a fait à son épouse. Il ne suffit pas de le vouloir pour qu'un sortilège développe miraculeusement de nouveaux effets. Il n'est pas un patronus, l'appel de Caecilia resterait forcément sans réponse à moins qu'il ne se trouve à portée de voix d'elle, auquel cas cela tenait du ridicule. Mais il ambitionne de créer un sort formidable, d'une puissance phénoménale. Un exploit qu'il n'accomplira jamais s'il grille les étapes comme il sait si bien le faire. Pour commencer, Manius doit s'exercer à la création de sortilège avec des projets plus réalisables.
Un repas plus que bienvenu plus tard, Caecilia semble avoir retrouvé une certaine sérénité. Et dans un cruel détraquement de la pendule, l'ordre de la sorcière fait basculer son mari dans le chaos. Son regard dans lequel transparaît l'impuissance glisse vers elle, lui avoue le désarroi du sorcier avant de tomber au sol de honte. Sans doute une des plus intimes qu'il recèle en lui et qu'il ne peut que confesser désormais. À cette épouse si douée en magie qui va, si pas le mépriser pour sa faiblesse, au moins être déçue de celle-ci. Illyius gagne la main de son propriétaire qui regarde la baguette comme s'il n'en était pas digne. C'est bel et bien le cas. Son nom est un mensonge, une imposture et une injure envers le sorcier auquel elle l'a emprunté. Cette Illyius-là n'a rien à voir avec le prodige qui a mis en déroute une armée de détraqueurs et vaincu Raczidian. Elle n'a jamais produit ne serait-ce qu'une volute de brume argentée.
— Je... voix tremblante, cassée. Larmes retenues. Je ne sais pas. Je n'ai jamais réussi ce sortilège. Alors... un patronus corporel... reniflement de mépris pour lui-même. Tu penses bien.
Pas capable d'utiliser le sort qui protège contre les créatures qu'il a tant étudiées. Et c'est ce minable-là qui prétend un jour faire en sorte de pouvoir les détruire ? La blague la plus cynique de l'histoire de la magie. Manius n'est pas assez doué. Sa magie pas assez puissante. Il en a toujours été ainsi. Jusqu'à aujourd'hui. Alors que la question innocente le plonge dans la tourmente autant que dans la réflexion, il entrevoit une autre possibilité. Il l'entend plutôt, écho d'une voix douce qui sait poser les bonnes questions. Vous êtes heureux ?
Comment Manius Fawley pourrait-il jamais produire un patronus sans avoir en lui l'élément essentiel pour y parvenir ? Peut-être que ce n'est pas lui le problème mais sa vie dénuée d'amour, de joie, de fierté. Un de ses meilleurs souvenirs, s'est-il toujours figuré, c'est d'avoir obtenu son insigne de préfet en chef. Mais même ça, c'était juste un devoir qu'il s'était fixé, une responsabilité à endosser. Il n'avait jamais éprouvé la moindre satisfaction à exercer cette fonction. Quel souvenir heureux pourrait invoquer Manius pour produire le sortilège, pour découvrir l'apparence, peut-être, de son patronus ? Il a avoué son incompétence, que risque-t-il à la démontrer ?
— Spero, entame le sorcier en convoquant un souvenir qu'il espère suffisamment heureux. Patronum !
Caecilia, leurs pas hésitants pour se supporter. La journée qui vient de s'écouler ? Le moment où elle lui a remis son alliance ? Celui où elle l'a réparée ? Tous ses souvenirs avec son épouse sont au mieux doux-amer, trop brèves éclaircies avant de replonger au cœur de la tempête. Ce n'est pas la réponse que Manius espérait et la baguette demeure inerte.
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Sortilège du Patronus
- Difficulté
- 9
- Résultat D20
- 2
- Interprétation
- Échec
- XP gagnée
- 10
Caecilia, leurs pas hésitants pour se supporter. La journée qui vient de s'écouler ? Le moment où elle lui a remis son alliance ? Celui où elle l'a réparée ? Tous ses souvenirs avec son épouse sont au mieux doux-amer, trop brèves éclaircies avant de replonger au cœur de la tempête. Ce n'est pas la réponse que Manius espérait et la baguette demeure inerte.
Autres résultats possibles
Une invitation, le musée, un masque. Le frisson de la découverte, le décryptage des runes. Cette danse de la victoire. Aussi incroyable que ce soit, une chouette argentée surgit de la baguette et vole sur quelques mètres avant de revenir se poser près de son invocateur. Mais Manius n'en était pas alors à sa première grande révélation concernant l'histoire de la magie. Quelle était donc la différence ? La chouette est la réponse : elle lui ressemble. Ophelia.
Une invitation, le musée, un masque. Le frisson de la découverte, le décryptage des runes. Cette danse de la victoire. Une brume argentée se forme au bout de la baguette, dresse un rempart inutile. Ça a le mérite d'être un début. Mais Manius n'en était pas alors à sa première grande révélation concernant l'histoire de la magie. Quelle était donc la différence ?
Les fouilles, la recherche. Mettre la main sur un artefact maudit. L'analyser, percer ses secrets. Plonger toujours un peu plus profondément dans les eaux troubles de la connaissance de la magie noire. La baguette produit des asticots pâles qui s'attaquent à Manius. Le signe qu'il est allé trop loin, que sa curiosité malsaine à commencé à le corrompre.
Message publié le 17/02/2026 à 04:42
L'aube transforme les nuages cotonneux de Dinefrw en barbes à papa, nuancier qui va du vermeil au pêche. Une bourrasque en provenance de l'est fait frissonner le Gallois, debout dehors devant un petit carré de terre retournée quelques jours plus tôt qui le hante.
— Gwynt traed y meirw, maugrée-t-il pour lui-même.
Le vent d'une sensation sinistre. Pas besoin de faire de la divination pour savoir que le présage est évident : Caecilia va le tuer. La sorcière est encore assoupie dans les draps froissés de leurs ébats de la nuit. Peut-être les plus sincères qu'ils aient jamais eus. Manius arrive à croire que pour une fois ils ont fait l'amour. Ensemble, animés par un désir partagé et, peut-être, amoureux. La veille, les époux Fawley ont accompli l'exploit de s'entendre, de s'apprendre. Un agréable après-midi et une virevoltante soirée où ils se sont rencontrés. Et dans quelques instants, il va sciemment faire s'écrouler ce pont de verre construit fastidieusement à coups d'heureux quiproquos et de bonnes volontés.
Un bâillement trahit sa fatigue morale et physique. Encore une nuit blanche, la quantième ? Pendant longtemps, il est resté allongé dans les bras nus de Caecilia à caresser distraitement du bout des doigts une épaule qui se souviendrait peut-être un peu de la sensation provoquée par la tendresse. Combien de temps faudrait-il pour désapprendre au corps voluptueux de la jeune femme la morsure de la baise et lui faire accepter la délicatesse de l'amour ?
Après Caecilia, c'est Emfield qui avait pris le relai dans la spirale des pensées de l'insomniaque. Il hait infiniment plus ce tocard d'avoir fait du mal à sa femme qu'il ne le haïssait de lui avoir fait l'amour. Ce qui n'était jamais advenu au final. Ces amants-là se faisaient la haine et quand il s'est barré comme un lâche, Caecilia s'est rabattue sur Manius pour continuer à faire la même chose.
Mais ce qui a fait se lever l'historien c'est Ophelia. Non pas qu'il ait voulu penser à elle mais elle va de paire avec ce qui lui manque le plus : l'exercice de son métier. Impossible de dissocier la sorcière du travail, du musée de Godric's Hollow qui lui tend les bras et l'appelle. La conservatrice l'accueillerait. Avec ses traités gobelins, son verbe cultivé, sa beauté sobre. Le sorcier écartelé entre deux femmes n'a pas supporté de penser à l'une en étant dans les bras de l'autre. Il est l'homme d'une seule d'entre elles, il ne peut en être autrement. Mais tout ce qu'il sait, c'est que son nom finit par lia.
— Orchideus.
Une composition modeste de strelitzia prend forme dans sa main libre et Manius rentre dresser la table du petit-déjeuner autour du vase dans lequel il dépose celle-ci.
Est-ce que Caecilia avait apprécié la surprise d'être réveillée par un baiser sur son front et les effluves du café ? Le souvenir de son inconfort alors qu'il essayait de partager ce repas matinal apporté au lit dissuade le mari de réitérer l'expérience trop vite. Le cours de sa réflexion interne vagabonde de nouveau, trouve le chemin de la bibliothèque, de son bureau, du cabinet soigneusement scellé par un enchantement gobelin dont il détient la seule clef toujours sur lui pour protéger quiconque de ce qu'il renferme. Le travail. Manius en a besoin sans quoi sa raison s'étiole et son moral s'effrite. Éfrit. Ptahchepsès. Nephtys. Je ne participe plus aux fouilles lui avait-il dit.
Qu'est-ce qui l'empêche de mener des recherches ici ? Certes il connaît par cœur chaque page des livres qui ensevelissent les murs de la résidence, a percé tous les secrets des artefacts enfermés en sécurité. Certes il pourrait ramener de la nouvelle documentation, acquérir une pièce inconnue, vivre sa passion entre les murs du foyer. Mais ce ne serait pas suffisant. Et puis, il ne veut pas ramener du travail à la maison. Son père faisait sans cesse cela. Père, viendriez-vous me lancer le souafle s'il-vous-plaît ? Non, père est occupé. À quoi ça sert de demander poliment si c'est pour se voir refouler ? Papa, lance-moi cette foutue balle ! Trop tard pour ça. Mais pas trop tard pour être un autre homme que son père.
Manius a vu, expérimenté, tiré des conclusions de ce que ça faisait d'imiter un père, de reproduire ses erreurs. Jamais. Recalé de Poudlard, écarté de ses expéditions, quelle option lui reste-t-il ? Un petit musée dans un petit village, gardé par une grande sorcière. Alors l'historien rassemble son courage, l’assoit de force côte à côte avec sa peur et essaie d'oublier que son rythme cardiaque l'assourdit alors que Caecilia le rejoint dans la salle à manger. Courtoisies, un minuscule répit enrobé dans trois mots tendres avant de la fixer avec une mine aussi neutre que possible. Manius aimerait que quelqu'un lui enseigne le tact.
— Caecilia. J'ai quelque chose à te dire. J'ai besoin que tu me fasses confiance. Je... n'en peux plus de rester ici toute la journée. D'attendre seul que tu reviennes du travail. Il m'en faut un aussi. Le seul endroit qui veuille bien de moi, du fou qui étudie la magie noire, c'est... Godric's Hollow. Je ne veux pas te faire de mal, je sais que tu n'as pas envie que j'y aille. Mais j'en ai besoin.
La pendule de la sorcière oscille de son mouvement perpétuel. Manius observe, attentif. Ordre ou chaos ?
Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !
- Sortilège
- Sortilège du Charmanpetitbouket
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 16
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Une composition modeste de strelitzia prend forme dans sa main libre et Manius rentre dresser la table du petit-déjeuner autour du vase dans lequel il dépose celle-ci.
Autres résultats possibles
Une composition modeste de strelitzia prend forme dans sa main libre et Manius rentre dresser la table du petit-déjeuner autour du vase dans lequel il dépose celle-ci.
Trop incertain pour créer un bouquet de fleur à destination de son épouse, Manius renonce et rentre préparer la table du petit-déjeuner d'humeur maussade.
Trop incertain pour créer un bouquet de fleur à destination de son épouse, Manius renonce et rentre préparer la table du petit-déjeuner d'humeur maussade.
Message publié le 17/02/2026 à 02:31
Le cœur au bord des lèvres, Manius entraperçoit l'ampleur du retournement de situation. Redistribution des rôles. Emfield n'est plus le noble chevalier qui sauve la princesse mais le dragon qui la tourmente. Manius ne l'a pas seulement enfermée dans la tour, il l'a enfermée avec son tortionnaire. Ses paupières se ferment aussi fort que possible, les jointures de ses mains lui font mal, sa mâchoire est plus crispée que jamais. Il déglutit péniblement avant d'articuler lentement.
— Ce n'est pas grave ?
Le mari fait un pas en avant. Ce n'est pas assez pour être à hauteur de Caecilia : elle a reculé. Un second. Toujours avec douceur mais plus fermement qu'à son habitude, il l'attire à lui de ses bras et la plaque contre son torse sous lequel son cœur refroidi s'embrase de rage. Une main dans ses cheveux, un baiser sur son front. Des gestes qu'il veut rassurants. Est-il possible de rassurer Caecilia Fawley ?
— Je te demande pardon. Je n'aurais pas dû te laisser entre les mains de ce type.
D'abord prendre soin d'elle. Emfield ne perd rien pour attendre. Manius a besoin d'un peu de temps pour aborder ce problème de toute façon. La vengeance froide et vile ne règlerait rien. Le mal est déjà fait. Mais l'amant violent ne s'en tirerait pas à bon compte. Il y a une femme et un enfant concerné. En danger eux aussi. Cela ferait sens de les éloigner du monstre. Les forcer à se mettre à l'abri, quelle que soit la méthode à employer. Il y a des gens qui ne veulent pas être sauvés. Qu'à cela ne tienne. Ce n'est même pas une question de morale. Protéger une future mère et son enfant c'est simplement logique. Comme il avait été logique de prendre la main de Caecilia, même si Manius devait bien aujourd'hui admettre s'être bien plus lourdement trompé qu'il ne le pensait. Emfield avait bâti sa vie sur des fondations d'argile. Manius apporterait le torrent qui la ferait s'effondrer. En temps voulu. Demain.
— Rien ne justifie qu'il ait fait ça. Tu mérites des caresses et de l'affection. Quoi que tu croies.
Dans le froid d'une nuit qui recouvre de son voile les époux, il serre et berce Caecilia en sachant pertinemment que ça ne la réparera pas. La pénombre tombe sur le front de la jeune femme qui se voit drapée d'un deuil qu'elle doit faire malgré elle. La fin de sa romance difforme, la fin de ce détraqueur sournois, invisible et insidieux qui se gavait de la sorcière et qu'elle appelle amour. Cette métaphore inspire à Manius un élan de sa propre conception grotesque du romantisme.
— Tu sais ce que veux dire Spero Patronum ? Ça peut se traduire par j'espère un protecteur.
Le sorcier s'écarte un peu, pas trop, juste assez pour verrouiller le regard de son épouse sans qu'elle ait l'impression qu'il puisse la lâcher, jamais.
— Où que tu sois. N'importe quand. Quelle que soit la raison. Si tu as besoin de moi, prononce la formule. Mon cœur l'entendra.
Caecilia n'a en fait jamais été une sauvageonne brutale sans foi ni loi égarée dans la jungle de l'amour. Elle n'est qu'une jeune femme blessée qui ne connaît que trop bien la douleur et à qui l'on n'a appris qu'à mordre pour se défendre, coincée dans le maelström de la violence. Une main qui caresse a la même apparence qu'une main qui frappe. Celle qu'il a sous les yeux n'est pas la femme pour laquelle le cœur de Manius s'est recouvert de glace. C'est celle qui pourrait lui donner une raison de battre.
Message publié le 16/02/2026 à 19:24
Pour la seconde fois, Caecilia dirige ses paroles acerbes vers le directeur Woodcraft. À croire qu'elle en veut vraiment à celui-ci de ne pas avoir octroyé le poste à Manius. Sauf que cette fois, l'historien entrevoit une raison peut-être. S'il était devenu professeur, il n'aurait probablement jamais remis les pieds au musée et développé ce quelque chose avec Ophelia qui, en dépit de tout, semblait intensément déranger Caecilia.
— Je ne serai pas prof du tout, surtout. Mais merci pour tes encouragements. Ça me fait plaisir.
Si le sorcier essaie de s'habituer aux surprises que sa femme semble tant aimer poser çà et là dans leur vie et leur couple, il n'est quand même pas très à l'aise quand cette dernière s'arrête au milieu de la chaussée, les époux cernés de ces grosses caisses métalliques moldues que Manius ne connaît pas mais devine dangereuses vu leur taille et la vitesse à laquelle elles peuvent se mouvoir. Regards nerveux autour de lui, petit sourire navré à la personne qui tambourine furieusement sur quelque chose devant elle qui fait un bruit agressif de mauvaise trompette. Caecilia vient à elle seule, avec la complicité involontaire de son mari, d'interrompre le bal incessant des taxis et tout le tintouin tintinnabulant dans tout le coin. Une déclaration. D'amour ? Et puis la poudre d'escampette comme deux enfants malicieux qui viennent de sonner à une porte avant de partir se cacher.
Ce n'est qu'une fois à l'abri sur le trottoir que Manius a le loisir de répondre. Et sa réaction commence par une main qui trouve la joue de Caecilia pour une caresse, des yeux intenses et sincères plongés dans les siens, avant de se glisser dans la nuque pour l'attirer doucement vers un baiser.
— Je ne vais pas t'abandonner.
Le mystère Caecilia reste entier, s'il ne s'épaissit pas. Toujours oscillante entre le dégoût justifié de son geôlier et un attachement étrange mais bien réel qu'elle lui a montré. Peut-on aimer et détester quelqu'un en même temps ? Il semblerait qu'elle en soit capable. Mais telle la pendule qu'elle est entre ordre et chaos, le mouvement perpétuel la ramène inéluctablement à ce que Manius ne parvient pas à gérer. Comme il ne parvient pas à retenir une ride suspicieuse quand elle évoque Emfield dans le contexte de sa pièce de théâtre tragique. A-t-elle encore pénétré son esprit, pour lire dans es pensées cette fois et sans qu'il s'en rende compte ? Le sorcier cartésien fait la paix avec ce doute en se disant qu'après tout, il est logique qu'elle pense encore à son amour récemment perdu. Même si cette idée l'agace aussi, juste un peu moins.
Stoppé net dans l'élan de la marche, Manius se fige comme s'il avait été frappé d'un Petrificus Totalus, soudainement inamovible. Il se retient tout juste de ne pas serrer sa main trop fort sur celle de Caecilia avant de la lui reprendre. Ces dernières années, on ne valait pas mieux que mes parents. Peut-être qu'il saute sur les conclusions mais son sang ne fait qu'un tour. La conversation de ce midi qui se rejoue en un instant dans sa tête. Père violent. Mère soumise. Caecilia et Emfield qui ne valent pas mieux. Ont-il reproduit un schéma ? Et les mots durs de Prisca. Nem-nem... est responsable de tout ça. Est-ce qu'elle avait entretenu sa relation avec lui parce que c'est la seule idée qu'elle se faisait d'un couple ? Parce que sa perception de la normalité n'avait pas laissé suffisamment de place pour envisager autre chose ?
Mâchoire crispée, regard plus inflexible et froid encore que lors du déjeuner. Et une hostilité manifeste cette fois dans une voix posée qui hurle trop calmement danger.
— Cae. Est-ce que Scott Emfield a levé la main sur toi ?
Message publié le 16/02/2026 à 03:19
— J'accepte ton invitation, Caecilia Fawley.
Plus tard, quand après la comédie musicale se poursuit celle des époux impossibles, Manius se voit répondre par un petit rire à sa demande. Il a encore sauté les étapes. La soirée ne se terminera pas sur le rythme effréné qu'il s'est figuré sur un coup de tête mais dans une ambiance plus classique, plus propice à permettre aux danseurs d'apprendre à suivre les pas l'une de l'autre. D'un hochement de tête, le sorcier approuve la marche. Cela lui permettra de dompter son ardeur et de renouer avec le calme.
— Tu as dit que tu voulais danser, restons sur quelque chose que tu connais pour ce soir. Et puis on m'a fait savoir récemment que je n'ai pas vocation à être professeur, plaisante-t-il sans amertume, s'essayant à l'humour.
La main de Caecilia dans la sienne. Une première que de se promener ainsi comme deux vrais amoureux sous un crépuscule urbain. Manius s'en veut de ne pas apprécier le geste à sa juste valeur. Tous les efforts du monde seront-ils jamais suffisants pour vivre aux côtés de la personne dans laquelle il a cru voir l'envie de le tuer sous le coup d'une jalousie qu'il ne comprenait même pas et qui avait déclaré sans équivoque qu'il la dégoûtait ? À quoi rime cette comédie-là s'il lui inspire tant de rejet et si son propre cœur s'est fermé à cette formidable sorcière, exécrable épouse ?
Mais pour l'heure, tout va bien. Ils jouent leurs rôles. Celui des mariés du moins. À la crainte de Caecilia concernant la parenté s'ajoute la résolution catégorique de Manius de ne pas engendrer d'enfant dans une union aussi bancale, avec une femme qu'il doit réapprendre à aimer. Dire que s'ils sont là, c'est parce qu'il est revenu pour satisfaire à la demande d'un héritier qui ne verra finalement jamais le jour. La question qui tombe de nulle part, comme c'est toujours un peu le cas avec sa moitié, prend encore l'historien au dépourvu.
— Mais, on n'est pas des... hum.
Cela fait sens. Les prédispositions dramatiques de la jeune femme, sa vie d'épreuves et de peines, celle qu'elle essaie de se réapproprier aux côtés d'un homme dont elle n'a jamais voulu. Comment se termine cette pièce-là ? Protagoniste de sa propre histoire, Les mésaventures de Caecilia. Une tragédie en cinq actes. Mais quelle distribution pour les rôles ?
— Si on était des personnages de théâtre, je serais l'antagoniste. Tu crois que le public voudrait voir l'héroïne à son bras ?
Non, ce que le public souhaiterait c'est voir l'amour impossible revenir à sa promise. Ce serait de retrouver Emfield lors de la dernière scène qui vient emmener sa dulcinée à dos d'abraxan et qui s'envole avec elle vers de meilleurs lendemains. Mais alors qu'il se croyait en paix avec l'idée d'une Caecilia dont le cœur appartiendrait toujours à son premier amour, imaginer ce scénario révulse l'estomac de Manius.
— J'espère que le public voudrait voir ça. Ça aurait le mérite d'être inattendu.
Une courte réflexion. Tout ça n'est qu'hypothétique. Et puis, pourquoi se contenter de jouer un rôle ?
— Mais on n'est pas des personnages de théâtre. On n'a pas de scénario imposé. Tu préfères pas décider du dénouement ?
Oui. Que fera Caecilia pour reprendre les rênes de la narration entre ses mains et quelle fin voudra-t-elle vivre ? Que se passerait-il si les personnages d'une pièce réalisaient qu'ils disposent de leur libre arbitre et décidaient de s'emparer de la scène, de ne plus se soucier du public et de faire un pied-de-nez au dramaturge qui croyait décider pour eux ? Manius brûlait de connaître la réponse de Caecilia. Du même feu qui le consumait quand la curiosité lui donnait la fièvre de la découverte. C'est qu'elle est surprenante, cette épouse.
Message publié le 16/02/2026 à 00:08
Assailli par le tumulte de la foule, la vitesse vertigineuse d'un monde différent et l'hyperstimulation des sens, Manius regarde autour de lui un peu hagard. Les moldus en effervescence pressent un pas sûr vers leurs destinations tandis que le sorcier les observe tels des poissons dans un aquarium. Fasciné.
Aucun idée d'où il va, de ce qu'il cherche. Le hasard guide ses pas jusqu'à un camion où un couple de Libanais propose de la cuisine de rue dont les arômes prometteurs mettent l'eau à la bouche. Manius se laisse guider et se retrouve avec un assortiment de sambousik, de feuilles de vignes farcies et deux shawarma ainsi que deux gobelets en carton remplis d'un thé bouillant qui dégage les effluves frais de la menthe.
Presque à regret, il s'éloigne de cet environnement étourdissant et s'isole afin de pouvoir transplaner discrètement à l'extérieur du musée de Godric's Hollow pour ne pas que son irruption soudaine dans le craquement distinctif ne dérange Ophelia. Celle-ci est d'ailleurs obnubilée par cette invitation de mariage qui est accrochée au tableau depuis que Manius a réintégré le musée sous la direction de la conservatrice. Considérant que cela ne le concernait pas, il n'y avait guère prêté grande attention. Sa patronne en revanche, scrutait le faire-part avec tellement d'intensité qu'elle en était à l'ouest. Le sorcier toussota poliment pour lui indiquer son retour.
— J'ai ramené le déjeuner. Je t'avoue ne pas trop savoir à quoi nous attendre mais ça sent délicieusement bon et apparemment ça se mange sans couverts. Sauf pour le thé. On peut être certains qu'il est bien sucré.
L'engouement dans sa voix trahit l'excitation d'avoir visité la Londres moldue et de goûter aux mets qu'on lui a servis. Ce qui ne l'empêche pas cependant de remarquer un trouble indéniable chez son amie qui a par ailleurs confondu sa cuiller avec son crayon. Manius dépose la nourriture et remplace le disque du gramophone par un de ceux qu'Ophelia préfère pour relancer la musique avant de s'approcher d'elle avec un air interrogateur.
— Tout va bien ? Tu sembles préoccupée. Prends une pause bien méritée et mangeons.
Religieusement, comme s'il extirpait un artefact de ses protections, il déballe les petits plaisirs gustatifs trouvés en ville et les glisse en direction de la sorcière. D'un geste, il l'invite à se servir la première.
— J'espère que ça te plaira.
Sa propre présence dans le musée paraît toujours incongrue à Manius. Il s'agit d'une véritable injure à Caecilia et pourtant il a du mal à se sentir coupable. Il a besoin de s'occuper l'esprit pour remplir ses journées et ce travail est la meilleure opportunité qui se soit présentée pour le stimuler sans déserter de nouveau Dinefrw. Et puis, il est aussi rassuré de ne plus avoir éprouvé ce désir étrange d'embrasser une Ophelia qu'il trouve peut-être juste un peu trop belle. Dont la conversation est si passionnante. Si adorable avec cette expression tracassée qu'il voudrait pourtant apaiser. Non, son amitié et son admiration pour sa consœur n'ont rien à voir avec un sentiment qu'il ne devrait pas éprouver. Tout. Va. Bien.
Message publié le 15/02/2026 à 05:09
Aucun moyen de savoir si Caecilia apprécie ce dans quoi il l'entraîne mais Manius lui en tout cas trouve amusant de déambuler dans le monde moldu où tout éveille sa curiosité naturelle. Du moins se prête-t-elle au jeu de bonne grâce et ils ne tardent pas à se retrouver dans l'ambiance agitée de l'installation des spectateurs avant le début de la représentation dont il ne sait rien. Qu'importe, ce qui compte est ce qu'ils essayent de construire. Quand une fillette s'émerveille de Caecilia et de sa robe, dans laquelle elle est effectivement altière, Manius doit se retenir de répondre que cette femme-là est tout à la fois la princesse, le chevalier et le dragon. Ce qui ne l'empêche pas d'être encore enfermée dans sa tour, au bras du méchant sorcier qui l'a emprisonnée dedans qui plus est. Se peut-il vraiment que cette geôle se mue en foyer ? Toujours surprenante, l'épouse le désarçonne cependant avec une question qu'il tarde à comprendre.
— J'ai... pardon ?
Comme si toute sa mémoire disponible pour retenir des dates était accaparée par des évènements historiques, celles des fêtes tendent à échapper à Manius qui met quelques secondes à faire le lien entre les informations. Valentine. Quatorze. Janvier ? Février ! C'est déjà le mois de février. La perception du temps du sorcier est un peu chamboulée par son oisiveté. Il faut vraiment qu'il reprenne le travail avant de sombrer dans la folie. Une Valentine pour le quatorze février, cela fait sens. Mais pourquoi cette question ? Comme s'il pouvait en avoir une.
— Alors, hum. Non, je n'en ai pas. Qui voudrais-tu que... attends. Est-ce que tu es en train de m'inviter pour la Saint Valentin ?
Cette idée lui flanque un sourire dont il n'a pas conscience et un peu de rouge aux oreilles. C'est inattendu mais si Caecilia lui propose effectivement un rendez-vous galant, il est aussi flatté qu'étonné. La commissure de ses lèvres se retrousse en une moue plus entendue et intentionnelle.
— Je n'avais rien de prévu pour le quatorze.
Pendant le spectacle, l'historien se laisse entraîner par l'ambiance et les chansons. La mise en scène soignée, les décors qui changent à une vitesse étourdissante, les costumes colorés ne tardent pas à le captiver. Il ne faut pas longtemps avant qu'il commence à dodeliner de la tête et à taper du pied au rythme de la musique. Il ne peut qu'espérer que Caecilia apprécie la comédie mais lui en tout cas passe un bon moment. À l'entracte il s'embarrasse quelque peu en démontrant sa méconnaissance de la devise moldue alors qu'il achète le programme et davantage encore en voulant acquérir un disque phonographique, donnant lieu à un échange plus que confus entre le sorcier et le moldu qui s'efforce de maintenir une courtoisie professionnelle malgré le grotesque de la situation.
Quand les artistes saluent la foule Manius applaudit avec entrain, convaincu que ce n'est pas la dernière comédie musicale à laquelle il assistera. Un coup d'œil à sa montre lui indique qu'il est encore un peu tôt pour aller danser mais, exalté par la représentation, il sait déjà qu'il a envie de se défouler ce soir. Alors que Caecilia et lui se dirigent vers la sortie, il s'enquiert déjà de l'avis de son épouse pour poursuivre leur sortie.
— On a encore du temps avant d'aller danser. Il y a quelque chose que tu voudrais faire ? Et pour après... est-ce que tu danses le tango ?
Message publié le 10/02/2026 à 23:47
Pendant quelques instants, Manius parvient à être la personne dont Caecilia a besoin semble-t-il. Une éclaircie de sérénité dans leur histoire orageuse. Puis elle disparaît le temps de se préparer. Et pour lui le temps de paniquer. Quelle idée vraiment de lui proposer de sortir. Pour faire quoi, aller où ? Ils viennent de déjeuner, elle n'a probablement pas envie de visiter un musée ou une galerie d'art. Ou peut-être que si ? Non. Lui octroyer une journée bien-être à se faire manucurer, coiffer, rhabiller ? Et pourquoi ne pas lui cracher au visage qu'elle a besoin de faire un effort pour être belle, tant qu'à faire ? Une simple promenade dans un parc ? Alors qu'ils savent à peine se parler et que leurs principaux sujets de conversation communs sont leurs problèmes de mariage arrangé, riche idée. La dernière fois que Manius est sorti avec une fille, c'était à Pré-au-Lard durant sa scolarité et ils avaient dévalisé Honeydukes avant d'aller se jeter dans un tas de feuilles mortes et de fabriquer des épouvantails pour surveiller la Cabane Hurlante.
Quand Caecilia reparaît, elle porte cette robe rouge qu'elle avait mise le soir du retour de son époux qui est tiré de ses réflexions par un malaise qu'il réprime de toute la force de sa volonté. Les mauvais souvenirs affluent, ravagent son esprit tel un torrent glacé qui le noie dans les tourments de cette soirée mouvementée. Et de nouveau le doute : fait-elle ça pour elle ou pour lui complaire ? Sait-elle seulement qu'elle n'as pas besoin de changer ? Afin de ne rien gâcher, Manius se raccroche à la requête de Caecilia avec un sourire sincère malgré son trouble.
— Avec plaisir. J'adorerais danser avec toi.
Plus que le sauver d'une plongée sans retour, la demande lui procure l'inspiration pour occuper leur après-midi. C'est potentiellement une mauvaise idée mais elle a l'avantage d'être assez surprenante pour que Caecilia ne s'y attende pas le moins du monde. De toute façon, quoi qu'ils fassent il y a un risque que quelque chose n'aille pas donc pourquoi chercher à jouer la carte de la sécurité ? Le sorcier se remémore avoir décidé de prendre des initiatives et c'est bien ce qu'il compte faire.
— D'ici ce soir, j'aimerais passer à Gringotts. C'est pour te faire une surprise. C'en sera une pour moi aussi à vrai dire. Tu viens ?
Main tendue comme pour l'inviter à la danse que Caecilia a demandée, Manius attend qu'elle la saisisse pour transplaner et aller convertir quelques gallions en livres à la banque. Tout en restant aussi mystérieux que possible concernant ses projets, il entraîne son épouse et quitte le Chemin de Traverse par le Chaudron Baveur pour prendre un bus dans les rues moldues de Londres et arriver jusqu'à Piccadilly Circus. Peut-être bien que Caecilia a déjà mené ce genre d'aventures aux côtés de ses amis aux origines non magiques. Peut-être qu'elle n'apprécie pas du tout d'être ballotée comme ça dans la foule sans connaître leur destination. Peut-être qu'elle va se moquer de lui quand, arrivé devant le Piccadilly Theatre, il tend le bras pour designer d'un geste triomphal les affiches de comédies musicales.
— Avec un peu plus de temps, j'aurais demandé conseil à Prisca. Mais vu que c'est de l'improvisation, tu vois quelque chose qui attise ta curiosité ?
Caecilia et Manius Fawley en jeunes mariés à un spectacle musical moldu. Tableau délirant d'un couple établi par les aléas de la vie, les vents contraires qui les ont malmenés l'une vers l'autre. Ceux dont ils ont conscience ou pas. La violence d'un père, un désir égoïste d'aider, la trahison d'un ami. Pour qui croit aux coïncidences, l'on dirait qu'ils n'ont rien à faire ensemble. Ceux qui croient en la providence diraient que c'était le parcours semé d'embûches nécessaire pour forger un invincible lien en éprouvant deux âmes peut-être sœurs.