Harry Potter RPG

Liste des messages de Nellie Butler

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

L'art de tout faire péter

Message publié le 21/02/2026 à 16:58

Le petit trublion n’eut pas l’air trop effrayé, ni même décontenancé. À croire peut-être qu’il s’agissait d’un habitué de ce genre de catastrophe. Nellie sourit, rassurée de sa réaction. La spontanéité du garçon glissa sur son visage comme un vent frais qui chassa l’angoisse. Elle l’observa s’exprimer avec une facilité déconcertante qui lui renvoya son propre malaise social en pleine figure. La demi-vélane eut même droit à des remerciements. Une légère barrière céda dans son esprit : ok terrain bienveillant. Peut-être parce qu’elle avait l’habitude d’être l’élément de trop, la pièce un peu gênante coincée dans un mécanisme qui semblait mieux fonctionner si elle en restait éloignée.

 

Mékapteur, voilà bien un mot que la jeune Serdaigle n’avait jamais entendu. L’élève lui épargna la légère gêne de lui demander de quoi il relevait en lui offrant une définition plutôt précise de l’utilité de l’objet. Nellie avait beau avoir été élevée dans une famille tout ce qu’il y avait de plus sorcière, elle n’était pas particulièrement au fait de cette technologie magique. Il fallait convenir que c’était le genre d’objets auxquels sa mère s’intéressait assez peu. Et ce à quoi madame Butler ne s’intéressait pas n’était guère mentionné dans la sphère familiale. Nellie retint une grimace.

 

Deux yeux subitement intéressés se dirigèrent vers les débris légèrement fumants. C’était donc avec ce type d’appareil que les sorciers capturaient l’instant. Elle sourit à cette idée. Mekapteur répéta-t-elle pensivement, la sphère d’écho c’était pour… amplifier ? Elle tâtonnait pour comprendre, chercher des indices et tenir une discussion qu’elle était loin de maitriser. Cet élève semblait curieusement expert de son sujet, enfin, si l’on exceptait la vision de vestiges d’un rêve de gloire passé. Puis l’aveu : mais c’est quoi une sphère d’écho ?

 

Démontrer son ignorance ne lui changeait pas tellement, Nellie était habituée à susciter la déception. T’as essayé de les associer mécaniquement ou avec un sortilège ? ajouta-t-elle pour masquer son incompétence. Deux mondes en présence, mi moldu, mi sorcier. Elle repensa un instant au petit piano. La sorcière tenta de caler son livre dans un seul de ses bras pour répondre à la poignée de main du garçon.

 

I-Il y a pas mal d’objets qu’on pourrait améliorer quand on y pense, ajouta-t-elle songeuse. J’me suis toujours demandé si, enfin tu vois la musique apaise un peu l’âme, mais la prenait-il pour une folle ? Est-ce que tu penses qu’avec un sortilège particulier, une mélodie pourrait vraiment soigner ? Elle rougit brusquement de s’être un peu trop dévoilée, fin j’me disais ça comme ça.


Observation médicale

Message publié le 21/02/2026 à 16:23

Les mains de Mel comme dernier ancrage, Nellie regretta immédiatement l’aveu qu’elle avait servi à l’infirmière. Deux joues rosies par la chaleur de la honte, la peur de la punition, la crainte d’avoir déçu son petit acrobate en allant à l’encontre de sa version. Petite moue dépitée, deux yeux humides, le minois habituel de la demi-vélane était de nature crispé. Comment Mellitus pouvait-il encore la trouver jolie avec ses joues creusées des flots successifs de larmes infernales ?

 

La sentence ne se fit guère attendre, tout comme le coup que madame MacBride choisit de porter à un Serdaigle déjà à terre, Nellie serra ses doigts pour lui offrir un semblant de courage qu’elle ne possédait même pas. Ensemble, ensemble. Pouvait-il la comprendre ? Que n’avait-elle pas de pouvoir plus utile que celui de renverser un cœur ? Soulager, prendre soin, oui, un talent véritablement intéressant. Son contrôle de la magie semblait la fuir autant que ses capacités de demi-vélane. Nellie, seize ans, incapable de tempérer ses excès, ses hauts, ses bras, prise aux pièges de ses propres… talents ?

 

La honte, forcément, quand l’infirmière l’interrogea sur l’aide qu’elle n’avait pas su, pas pu, pas voulu quémander. Se dénoncer à un adulte, y avait-elle seulement pensé ? Aurait-elle pu accepter de risquer quoi ? Une exclusion ? Retourner dans les jupes de sa Vélane de mère, cette femme violente, la faucheuse de sa baguette magique ? Survivre à l’éloignement, quitter les bras du petit aigle qu’elle avait réussi à s’accrocher à tâtons ?

Impossible.

 

Alors, son regard évita sciemment celui de la dame, ne pas craquer. Elle hochait la tête doucement, sans conviction, sa main trop moite dans cette de Mel. Chanceler. Pleine encore de la peur de le perdre, d’avoir cru le voir partir, des effluves d’angoisse de la veille à peine retombées et, à présent, le dévoilement prochain de son identité à un homme, le professeur Pope, auquel elle n’était pas sûre de pouvoir faire confiance. Un homme, encore un, peut-être sensible à son charme, peut-être un autre être humain qu’elle mettrait forcément en danger sans le faire exprès.

 

Mellitus intervint, douces paroles comme des caresses aux oreilles de son aimée. Nellie releva les yeux vers le beau visage de l’ancien joueur, son regard dans lequel elle aurait aimé se perdre encore plutôt que d’affronter les traits fermés d’une Adaline McBride qui semblait en avoir plus qu’assez de voir ces deux élèves un peu bancals traîner dans ses pattes trop occupées pour leurs histoires d’adolescents. La jeune fille rougit violemment aux propos du garçon en repensant à leurs petites expérimentations quelques soirs plus tôt. Elle tenta de ne pas se rappeler avec trop de détails de ce qu’ils avaient en réalité failli… qui ne relevait pas de ce que Mel n’aurait pas voulu.

 

J-je hé bien, le corps encore perturbé des dernières déclarations du Serdaigle, i-il y a une vingtaine de jours seulement, répondit-elle à la question de l’infirmière avec quelque temps de retard, de quoi, sans doute, assimiler les dernières informations, un faible sourire, air de dépit sur les lèvres, non, je, j’aurais dû, mais, incapable de formuler une belle excuse qui aurait trouvé tout son sens. Ce matin, les amoureux étaient parfaitement inaptes à tricoter le moindre mensonge. D-d’accord, oui, contrôler ses pouvoirs, c’était bien de cela que la demi-vélane avait besoin, pas que Mellitus tente de lui résister non, il en était incapable, peut-être même ne le souhaitait-il pas assez, c’était à elle de faire ce pas-là, cet effort si particulier. L’infirmière semblait lui offrir une lueur d’espoir, serait-elle capable de la saisir ? Est-ce véritablement possible ? Deux grands yeux qui finissent par rencontrer ceux de la jeune femme : est-il réellement possible de les contrôler ? U nouvel air de résolution sur des traits de poupée.


Lardinage du nouvel an

Message publié le 21/02/2026 à 15:46

Désolée on est en retaaard

 

Les petites questions semblèrent faire mouche auprès des deux adolescents qui l’accompagnaient et Nellie redescendit de quelques étages dans son incurable anxiété. Pas de malaise, une douce harmonie dans le trio, c’était parfait. Les trois élèves paraissaient se dépêtrer dans une conversation imposée, tenue mi par envie, mi par nécessité, chacun cherchant à paraître le moins… le plus… normal ? Elle ne savait pas bien.

 

Oh Gryffondor, souffla la demi-vélane pensive. La maison des courageux, oui, sans doute, pourquoi pas après tout. Elle scruta sa camarade plus attentivement avant de détourner le regard de peur que celle-ci ne la trouve quelque peu étrange. Visage de porcelaine et cœur de lionne, voilà qui allait tout à fait à Solange. Cela expliquait peut-être également comment Nellie s’était débrouillée pour ne pas croiser la jeune femme depuis la rentrée. Sa timidité maladive avait dû l’effacer complètement, faire fondre son entourage en un magma indistinct de bruit et de lumière trop effrayant pour oser lever les yeux vers des visages potentiellement amicaux.

 

La Serdaigle se sentit subitement coupable de s’être vu intégrer cette maison à la place d’une érudite de la trempe de Solange. La petite voix pernicieuse de son esprit se fit un plaisir de lui énumérer consciencieusement les dizaines de raisons qui aurait dû l’empêcher de rejoindre les couleurs bleues et bronze. Nellie se tourna vers Mellitus, Solange est très intelligente, déclara-t-elle doucement, ça aurait été plutôt cohérent qu’elle nous rejoigne. Contrairement à une certaine Nellie Butler, impostrice du petit groupe.

 

Les deux élèves eurent l’air de s’accorder sur leur destination future et Nellie, qui n’avait aucune idée à proposer, se contenta de hocher la tête pour marquer son accord, elle tiqua néanmoins à la proposition de Solange : oh je pense qu’on doit manger avec les autres ce midi, se rappela-t-elle, un regard inquiet vers Mellitus, la peur de ne pas bien avoir compris : non ?

 

Arrivés au village, les élèves se dirigèrent, comme convenu, en direction de la Cabane Hurlante. La jeune femme ne put s’empêcher d’interroger le sorcier britannique qui les accompagnait : c’est quoi euh le salon de madame Piedoddu ? Deux grands yeux curieux.


Notes de musique et notes de recherches

Message publié le 13/02/2026 à 19:58

Elle était , dans sa sublime horreur. Le cœur battant trop vite, la respiration saccadée, le feu aux joues. Drôle de maladie d’une jeune femme qui ne s’énervait jamais.

Jusque-là.

 

Sous l’effet de sa monstruosité, le regard de Mellitus se détacha du voile qui le couvrait. Nellie recula d’un pas, lâcha ses bras. Une main à son visage pour constater l’immonde. Son reflet renvoyé dans une des grandes fenêtres de la salle commune lui glaça le sang. Un instant, elle reconnut dans ses traits un air de famille.

 

Un nœud dans sa gorge. Sa vraie nature s’étalait donc sous les yeux de celui auquel elle n’aurait jamais voulu déplaire. Elle attendit son châtiment : le dégoût, la peur, la fuite. L’amour à peine entamé soudainement rompu. La jeune fille était presque apaisée. Soulagée de lui montrer son enfer, de lui révéler le monstre qui devait le faire fuir loin d’elle pour ne plus jamais revenir. Cette facette, qui le protégerait de ses maléfices, l’empêcherait pour toujours d’éprouver à nouveau la moindre parcelle de ce désir dévorant qui avait failli le conduire à sa perte.

 

Elle ne devait plus masquer, contrôler, faire semblant.

Un quotidien brutal, épuisant, chercher la douceur, ne pas pleurer, ne pas désirer, ne pas aimer. N’offrir aucune émotion susceptible de voler un cœur innocent d’un éclat doré. Rester elle-même c’était trop, la demi-vélane chercherait à n’être pas assez. Un bout de son identité effacé, perdu entre deux monstresses aux lames acérées. Ce juste milieu précaire que sa mère aimait profondément détester.

 

Mellitus si proche, pourquoi ne s’en allait-il pas ?

 

Le garçon se dirigea dangereusement dans sa direction : devait-elle fuir ? Non, elle était prête à accepter, laisser ce dégoût d’elle-même l’envahir et y ajouter celui de Mel. Se remplir de l’aversion qu’elle lui procurait pour donner raison à la petite voix si satisfaite dans sa tête. Celle qui chantait à tue-tête qu’elle ne le méritait pas, ne méritait rien, qu’il finirait par savoir, qu’elle ne pourrait que le décevoir.

 

Voilà ce qu’elle était : un réceptacle à la désillusion de tout qui avait naïvement cru pouvoir déposer en elle une larme d’espoir.

Elle était prête donc.

Désire-moi, résiste-moi. Déteste-moi.

C’était plus facile, moins fragile comme ça. Funambule aux deux pieds maladroits, elle chutait lentement dans le vide, soulagée de connaître à présent le moment inéluctable de sa propre fin. Lames dans un cœur heureux d’avoir pu battre pour celui de son habile acrobate.

 

Et puis

Ses lèvres, ses bras. Le léger goût de métal contre sa bouche.

Mel.

Un frisson. La surprise.

Elle ferma les yeux. Ses traits, délicatement, retrouvèrent leur harmonie naturelle au contact de la douceur d’un Mellitus qu’elle n’avait jamais aussi peu mérité.

 

Il la prenait tout entière. Dans la douceur et la laideur, dans l’euphorie et la réalité. 

Nellie rouvrit les paupières : elle n’avait plus peur.

 

La sorcière se détacha lentement, comme pour lui assurer qu’elle n’était plus un monstre ou du moins que ce morceau d’elle était retourné se cacher.

 

Elle n’avait plus rien à dire, plus rien à regretter. Mel avait tout lu en elle avec la même intensité. Nellie se glissa dans ses bras, longtemps. Sur ses joues, deux rivières de sel figées. Les mots se bousculaient dans sa tête, les désolé, merci, tu dois me trouver affreuse, pardonne-moi un méli-mélo de douleur et d’amour et puis ce dernier qui prit le pas : je t’aime Mel. Comme un sparadrap sur une plaie béante, les mots n’étaient jamais à la hauteur de ses émotions. Elle ne savait que faire de ces termes entremêlés et bien incapables de traduire ce qu’elle ressentait. Ses jambes ne la portaient plus, elle s’assit. Son cœur devait être resté accroché au bord de ses lèvres immondes qu’il n’avait pas hésité à embrasser.

 

Mel.


Notes de musique et notes de recherches

Message publié le 12/02/2026 à 23:52

Mellitus était toujours sous emprise. Elle le comprit assez vite et pourtant bien trop tard, ses mots s’étaient déjà envolés vers une oreille trop charmée pour les recevoir.

 

Un regard absent, le corps enflammé. Ses mains contre sa peau. Elle pouvait presque y croire. En fermant les yeux, en fermant sa bouche d’un baiser, elle aurait pu imaginer que non, il n’était pas ensorcelé. Deux adolescents amoureux, des éclats de foudre dans le cœur, la chair électrifiée par l’intensité de la découverte.

 

Mais la vraie Nellie était bel et bien revenue, dans son enveloppe hésitante, avec ses mains qui tremblaient trop. Elle ne pouvait pas sciemment lui voler son corps, elle ne pouvait plus. Même s’il avait l’air d’en avoir envie.

 

La demi-vélane le repoussa doucement, brisée par l’incompréhension qui barrait son regard, sa volonté de revenir vers elle, ses ordres contradictoires qui devaient sérieusement lui attaquer la cervelle. Elle lui offrait une consigne et son contraire, cruel bourreau qui semblait chercher la disjonction cognitive.

 

Mel, non, pluie de larmes dans la voix. Aurait-elle pu se glisser dans ses bras ? Là ? Découvrir sa peau sous ses doigts, combler son envie au milieu d’une salle commune qui pouvait à tout moment être traversée par l’un ou l’autre préfet insomniaque ? Laisser le Serdaigle s’offrir à elle parce qu’il était charmé ? Découvrir la volupté grâce au monstre en elle ? Au monstre fait elle ?

 

C’était injuste. Profondément. Nellie voulait vivre ce moment, elle voulait les bras de Mel, ses lèvres, ses caresses, le désirait vraiment. Pourtant, au lieu de partager cette douce félicité dans l’innocence d’un rêve volé au temps, elle l’avait provoquée malgré elle dans les pires conditions possibles avec un Mellitus sans doute inconscient de ce qu’il était en train de lui offrir.

 

Le visage de sa mère, ceux de Margaux et Astrid, moqueuses avec leurs dents parfaites, leurs sourires en coin, sublimes dans leurs draps de dédain. Cette irrépressible envie de leur échapper, refuser qu’elles aient raison, même de très loin, même sans le savoir, de leur prouver qu’elle n’était pas comme elles, qu’elle était différente, qu’elle ne briserait pas, jamais le cœur d’un homme, de cet homme. Nellie serra les dents, les poings, corps braqué, tendu, si loin de son habitude affable. Un doux regard soudainement déterminé.

 

Que pouvait-elle faire ? Si elle le repoussait, il aurait le cœur brisé, si elle acceptait… Nellie ne voulait pas même l’envisager. Réveille-toi, Mel, implora-t-elle. Sa voix, ses ordres ne changeaient rien, ne pourraient qu’accentuer la douleur de celui qu’elle aimait.

 

Tout comme elle n’avait pas été fichue de réparer sa lèvre ensanglantée, la demi-vélane était incapable de sauver le garçon de son propre maléfice. Le sourire de sa mère. Elle devait, il fallait qu’elle le fasse, le sorte de là. Nellie-chérie. C’était elle qui l’avait poussé là-bas, elle l’avait voulu, elle l’avait désiré. Comme elle, comme elles. Immonde Vélane, elle le voyait, le savait, immunisée contre les pouvoirs de ses semblables, elle sentait tout. Et la colère de sa mère, sa baguette en morceaux, les critiques, les reproches. Une vraie petite cracmole : pourquoi ce sortilège n’avait-il pas fonctionné ? Pourquoi toute magie la quittait-elle quand il s’agissait de faire autre chose que de le charmer : pourquoi ?

 

Les Vélanes font de mauvaises mères, la sienne l’avait maudite. Rien ne serait jamais beau entre elle et Mel, quoi qu’elle fasse, quelqu’un d’autre avait choisi pour elle, ce qu’elle serait et ne serait pas. Nellie était un monstre, mais les monstres ont toujours de créateurs.

 

Ma Déesse. Un corps en feu, supplicié par l’injustice, la frustration, ses yeux énamourés qui ne la voyaient même pas, qui ne distinguaient plus l’illusion de la réalité. Réveille-toi ! Et puisqu’il s’approchait, planter ses doigts dans ses bras comme pour le secouer, le ramener avec elle, l’ancrer dans la réalité, pas le beau rêve, non, la triste vérité de l'univers de Nellie Butler l’affreuse demi-vélane. Pas celui où elle s’abandonnait dans ses bras, celui des frissons de plaisirs, non, ce monde cruellement plat où jamais ils ne se seraient comportés comme ça.

 

Réveille-toi, un cri, ou presque. Elle ne savait pas crier, le ton plus haut, simplement, mais, en un instant, Nellie devint pour une poignée de secondes ce qu’elle redoutait : une créature dont les traits ne parvenaient plus à cacher la monstruosité.


Notes de musique et notes de recherches

Message publié le 11/02/2026 à 21:39

Au fond d’elle-même, tout au fond, une petite voix agaçante ne pouvait s’empêcher de crier. Nellie lucide sagement refoulée, tapait du pied avec violence pour reprendre le contrôle de son propre esprit. Mais la Vélane en elle était bien plus forte et semblait puiser dans l’amour de la Serdaigle la force même de lui résister. Était-elle une ? Était-elle deux ? Qui donc la poussait à s’emparer de Mellitus comme une vulgaire marionnette ? Sa soif d’être désirée ou son véritable désir ? Était-il réellement grave que le garçon tente de glisser ses mains sous la chemise de sa belle ? Simple petit coup de pouce d’une situation qu’elle n’avait pas inventée.

Il la voulait avant même qu’elle ne le fasse disjoncter.

 

Sa peau douce un peu trop chaude sous les doigts de l’être aimé. La légère brise qui soignait l’ondulation de ses cheveux d’or. Un regard doux et intense, presque félin.

Elle ne comprenait pas ce que le blond essayait d’articuler, fronçait les sourcils comme si sa demande initiale avait définitivement quitté ses pensées.

Se pencher pour un nouveau baiser et

Voir, comprendre, sentir.

 

Un moment de trouble suffisant pour que Nellie reprenne le contrôle d’elle-même. Mel ! Le garçon ne lui avait jamais semblé aussi absent.

 

Elle interrompit le charme brusquement, recula comme un animal blessé tandis que son propre discernement lui était rendu. Deux jambes en feuille morte, le cœur au bord des lèvres. Elle s’assit, vide et vidée, évidée. Une main contre ses lèvres pour caresser ses bêtises, résidus de désirs humains et monstrueux. Elle ne voulait pas croiser le regard de Mellitus, éviter de replonger ses yeux dans les siens pour y trouver le trouble, la perdition et peut-être même la colère. Ses cheveux étaient à nouveau ternes, sa peau glacée : jusqu’où serait-elle allée si la contradiction imposée au garçon ne l’avait pas conduit à s’ouvrir les lèvres à la force de ses dents ?

 

Ils ne devaient plus essayer. Plus jamais.

Il était illusoire de tenter d’apprendre à Mel à résister à quelque chose qu’elle ne contrôlait même pas. Envie et désir étaient-ils les maîtres-mots de sa condition ?

 

Pantoise, pantin, demi-vélane prise à son propre jeu, capturée dans ses propres ficelles. Les yeux secs, grands ouverts, figés, perdus. Que feraient-ils alors ?

Devait-elle l’éloigner ? Le protéger d’elle ? Lui intimer de ne plus la regarder, jamais ? Rompre la relation de leurs cœurs aimantés ? Où trouverait-elle l’abnégation suffisante pour ce faire ? Et, si elle ne l’avait pas déjà trouvée : était-ce parce qu’elle ne voulait pas permettre à Mellitus de lui résister ?

 

Elle n’en avait pas eu envie, se souvenait pertinemment avoir voulu qu’il cède, qu’il lui appartienne pour toujours, ne surtout pas lui donner la clef de sa cage, au contraire, l’y enfermer avec elle pour l’éternité.

 

Nellie contempla sa chemise froissée, défit sa cravate pour respirer un peu mieux. Mains moites, souffle saccadé et ses yeux qui refusaient de pleurer. Comme si ce n’était pas à elle d’être peinée, comme si elle n’avait le droit que de rester là, seule, qu’il l’abandonne, la dénonce, qu’on la fasse enfermer parce qu’elle avait osé sciemment tenter de blesser celui sans lequel son monde s’arrêtait pourtant de tourner. Mel. Elle n’était pas moins pieds et poings liés que le sorcier.

 

Baguette dans la paume de sa main, elle s’approcha doucement de son ami. Episkey, articula-t-elle pour tenter de réparer les dégâts qu’elle avait causés. Mais il était impensable qu'elle réussisse un sortilège dans l'état où elle se trouvait. Ses yeux. Sa main dans la sienne, son cœur trop troublé. Mel je des mots qui sanglotent à la place de son corps pétrifié je ne veux plus essayer ce-c’est pas une bonne idée elle allait lui faire du mal, le sentait, le savait, à chaque tentative elle avait l’impression d’aller plus loin, de découvrir de nouveaux chemins, de traverser d’anciennes limites : jusqu’où la malédiction s’étendait-elle ? Je suis désolée, souffla-t-elle enfin comme si elle déposait les armes aux pieds de Mellitus. Puis les pupilles à nouveau croisées : ce-c’est moi qui dois apprendre à me contrôler, mais la fatigue, l’heure tardive, une Nellie un peu trop secouée, toi et moi, on cette manie de ne pas savoir terminer une phrase d’un seul geste : j’ai trop envie de toi, murmura-t-elle de manière presque imperceptible alors que ses joues prenaient brusquement une couleur vive.

 

Nellie Butler a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Mélodie !

Sortilège
Sortilège du Bisou Magique
Difficulté
8
Résultat D20
5
Interprétation
Échec
XP gagnée
10

Mais il était impensable qu'elle réussisse un sortilège dans l'état où elle se trouvait.

Autres résultats possibles

La plaie se referma soulageant légèrement la sorcière.

La plaie se referma soulageant légèrement la sorcière.

Mais il était impensable qu'elle réussisse un sortilège dans l'état où elle se trouvait.


Notes de musique et notes de recherches

Message publié le 10/02/2026 à 15:56

Mellitus serait-il si facilement tombé dans ses bras sans la moitié surnaturelle de son être ? La question tourbillonnait dans son esprit depuis des semaines. Au fond, la connaissait-il vraiment ? Sous sa peau, elle sentait pourtant l’évidence battre, le plaisir de sa présence la consumer entièrement. Était-elle l’étincelle ou la petite brindille dans ce drôle de bal ?

 

Le garçon ne l’avait pas regardée se transformer. 

Nellie, elle n’avait pas détaché ses yeux de sa silhouette. 

Une envie beaucoup plus naturelle la poussait à rejoindre ses bras. Était-elle semblable à l’envoutement qu’elle déployait ?

Son propre désir l’effrayait.

 

Elle ne pouvait pas, comme une adolescente de son âge, trop vouloir, trop insister, trop provoquer au risque de violemment capturer l’objet de ses pensées. L’envie, la peur et la tristesse étaient capables de la faire disjoncter en une fraction de seconde, le sorcier en avait déjà fait les frais. Que lui restait-il comme émotion à explorer avant de se rendre compte qu’elle n’était qu’un danger ambulant ? Un danger pour lui.

 

Les doigts de Mellitus vinrent apaiser ses mains tremblantes. Son regard dans lequel elle aurait pu si facilement se perdre, le perdre. D-désolée, d’une voix un peu fanée, je… je déteste faire ça. Se sentir si belle, si tranquille, si forte dans cette irréalité qui pliait Mel à sa volonté. Elle le serra dans ses bras avant de boire une gorgée de chocolat. Le sucre dans son organisme lui fit du bien, décrochant un petit sourire sur son visage fatigué, à moins que ce ne soit l’effet du petit dessin un peu niais.

 

Le garçon avait l’air déterminé à avancer sur cette question et la demi-vélane puisa dans son impulsion la force de jouer. Merci Mel, indiqua-t-elle en déposant un baiser sur sa joue avant de reculer un peu. Face à lui, elle avait moins l’impression d’être un rat de laboratoire. Il était si prévenant qu’elle se demandait si ce n’était pas elle qui en faisait un peu trop. Après tout, elle était parvenue à faire cesser l’enchantement sans grande difficulté toutes les fois précédentes, alors, fallait-il vraiment s’inquiéter ?

 

Elle prit une belle inspiration avant de se laisser envahir par la chaleur d’une perfection ensorcelante qu’elle déversa sans retenue sur son camarade.

Vive et entière.

Frapper de plein fouet le garçon au cœur déjà pris par l’autre moitié d’elle-même.

Le faire sien, pour toujours.

 

Nellie scintillante s’avança vers un Mellitus prisonnier d’une émotion factice trop intense. Avant que le Serdaigle n’ait pu ouvrir la bouche, elle colla un doigt sur ses lèvres pour l’empêcher de prononcer le moindre mot qu’il pourrait regretter. Impératrice de son désir, sous cette forme, c’était à elle d’établir les règles du jeu. Mel, si tu veux me plaire, résiste moi, indiqua-t-elle avec une voix rendue plus assurée par le charme délicat dans ses veines.

 

Mais le contact de sa peau contre les lèvres de Mellitus fit un instant basculer son esprit et la jeune femme eut besoin de rassembler toute sa volonté pour ne pas voler un baiser au garçon sous cette forme. Il lui semblait que la moindre caresse eut été un vol à la lucidité de son ami.

 

Elle maitrisait.

Pensait maitriser.

 

Une voix au fond d’elle lui hurla qu’il devait lui appartenir. 

Un poignard dans le cœur, désir irrépressible.

Non.

Elle en avait envie, elle en mourrait d’envie.

Pas touche.

 

Une main contre sa joue. Il était à elle, il l’avait dit, elle ne faisait que récupérer un peu de son odeur, quelques miettes de lui. Leurs lèvres si proches. Recule. Une autre Nellie en larmes dans son esprit, moins blonde, moins captivante.

Très facile à repousser.

 

Et puis le goût de sa bouche, un baiser plus intense que ceux qu’ils avaient pu partager jusqu’alors. Le filtre de la douceur subitement envolé.

Appartiens-moi.

Résiste-moi.


Manipulation et coeurs troublés

Message publié le 08/02/2026 à 15:44

Malgré elle, la demi-vélane se trouvait prise aux pièges des mots de Cassie. Elle n’esquissa pas un geste, attendant le verdict comme un agonisant espère la douce tranquillité d’un repos que seule la mort pourra lui octroyer. La honte du feu aux joues, des regards moqueurs, de ne pas avoir réagi quand la rouge et or avait osé critiquer Mellitus submergeait la Serdaigle en vagues régulières.

 

Nellie avait trop chaud, elle sentait malgré elle, au bout de ses doigts, son corps s’embraser, tentait de retenir l’inévitable moment de l’implosion. Elle ne voulait pas, n’était pas ce monstre charmant que sa mère aurait aimé voir, seulement une adolescente au cœur un peu troublé par deux yeux bleus et des lèvres qui avaient choisi de se mêler aux siennes pour un instant suspendu après qu’elle leur ait révélé ce qu’elle ne pensait pas même receler.

 

Le salon de madame Piedoddu. Le cœur de la demi-vélane rata un battement. N’était-ce pas justement cet endroit que le garçon lui avait dit vouloir éviter lors de leur première rencontre ? Mais le centre de l’information n’était pas là et Nellie sentit ses yeux s’embuer avant la fin des explications de Cassie.

 

Alors, c’était tout ? Après les quelques instants partagés, cette douce promesse un peu plus précise dans la salle commune n’avait pas pu retenir le Serdaigle à ses côtés. Peut-être l’avait-elle finalement bel et bien effrayé ? Nellie se sentit soudainement affreuse dans son petit uniforme froissé, la nausée au bord des lèvres, le cœur en miettes d’espoir répandues çà et là par une Cassie compatissante.

 

La douleur, terrible et cruelle, lui broya le cœur comme si elle n’était rien, comme si ses émotions factices n’avaient pas droit d’existence dans ce pays, sur cette terre étrangère qui ne voulait pas d’elle, comme sa propre mère. Nellie ne chercha pas à vérifier les informations de son interlocutrice : elle sentait au fond d’elle-même leur vérité criante. La jeune fille en était intimement persuadée : Mellitus ne l’aimait pas, ne l’avait jamais aimée, ne la désirait que sous une forme irréelle, inventée.

 

Ce fut sous l’impulsion de ce sentiment amer que son corps finit par exploser, libérant les mèches d’or, une peau scintillante comme le plus bel argent, brise de charme pour terrasser la peur de n’être jamais aimée. De la sorcière effacée ne restait plus qu’un envoûtement violent contre lequel Cassie serait sans doute immunisée, mais qui emplit un instant son corps, son cœur d’une nouvelle force, de quoi survivre à cet instant. Non, c’est impossible, Mellitus est à moi, s’entendit-elle prononcer dans un souffle un peu plus assuré.


Observation médicale

Message publié le 08/02/2026 à 13:18

Le rideau disparu, signant pour la demi-vélane l’autorisation de rejoindre Mellitus. Nellie se leva délicatement pour s’installer aux côtés de l’être aimé, doigts immédiatement attirés vers les siens, une main douce qu’elle ne voulait plus jamais avoir à lâcher. Elle la serra plus fort qu’à l’accoutumée, tremblant légèrement à la pensée de la faute impardonnable commise quelques semaines auparavant. Mesurait-elle vraiment l’étendue de ce… talent ?

 

Sous les questions de madame McBride, les amoureux échangèrent un looong regard plein de sous-entendus : quelle version ? que dire ? comment te protéger ? Dis-lui la vérité essayèrent de hurler les yeux de la Serdaigle à son camarade.

 

Mais, Nellie aurait pu s’en douter, le garçon préféra s’aventurer dans une cascade de mensonges particulièrement effrayante. La jeune fille lui fit les gros yeux tandis qu’il brodait maladroitement un tissu d’affabulation à servir à une adulte. Mel la mettait dans une situation plus que compliquée : en avouant la vérité, elle dévoilerait son mensonge. Dommage collatéral. Si elle ne disait rien, l’infirmière les prendrait certainement pour deux menteurs effrontés. C’était sa faute après tout, c’était à elle d’expier.

 

L’attitude de Mellitus ne put néanmoins manquer de toucher son amie. Elle se demanda s’il savait réellement. Simple déduction ? Oui, elle avait charmé Isha dans un élan de faiblesse, une simple perte de contrôle, le côté Vélane qui avait pris le dessus pour lui, son petit acrobate, lui permettre de remonter dans le ciel, de se sentir libre une nouvelle fois.

Pas pour faire du mal, non, jamais, elle n’était pas comme ça, ne voulait pas.

Malheureux concours de circonstances, manipulation presque contre sa volonté.

Et ce genre d’histoire qu’elle aimait se raconter.

 

Peu importait ce que madame McBride en penserait, il était hors de question que Mel prenne à sa place. Son regard honteux, ses beaux yeux baissés vers le sol alors qu’il n’était responsable de rien : nouvelle vague de culpabilité pour transpercer une demi-vélane déjà à genoux.

 

Une grande inspiration, les jambes en coton : pas tout à fait, un murmure à opposer au ton convaincant du Serdaigle. Ce-c’est moi, la main crispée dans celle de Mellitus, c’est moi qui ai ensorcelé Isha pour et oui pourquoi ? La belle excuse, la bonne idée, deux yeux humides en direction du visage de l’infirmière, bien moins troublés pourtant que si la dame ne lui avait pas offert quelques gouttes de paix, Nellie s’étonnait de son propre calme malgré la tempête, je voulais le convaincre de reprendre Mel, mais un regard pour le garçon, retour sur le visage de madame McBride, madame promettez-moi de garder le secret, elle vacillait. Je-je n’ai pas respiration saccadée, pas fait exprès. Un demi-mensonge ? Ou en était-elle persuadée ?

 

De nombreuses fois déjà, la demi-vélane avait pensé, envisagé de venir voir la spécialiste en soins pour lui demander, l’interroger : ce qu’elle avait se soignait-il ? Pouvait-on enlever le monstre en elle ? C’était peut-être aujourd’hui l’occasion rêvée. Elle baissa la voix plus qu’il n’était possible en jetant un coup d’œil désemparé à l’autre élève qui, heureusement, semblait encore roupiller du sommeil du juste. Je suis à moitié Vélane, voilà, ce n’était pas compliqué, mais non, cette étiquette devrait demeurer loin de son identité : ma… ma maman est une Vélane murmura-t-elle tandis que son corps, comme vexé de la formulation, profitait de ce moment de faiblesse pour s’embraser : boucles d’or, peau de lune, Nellie tenta d’interrompre le charme avant qu’il n’ait véritablement commencé. Preuve indéniable de la version qu’elle avait avancée sur celle de Mellitus : qu’il lui rende sa faute.

Je-je ne savais pas ce dont je, long regard au Serdaigle pour se donner du courage, que je pouvais faire ça, j’ai des phrases interminables, du mal à contrôler mes pouvoirs, dons, malédictions ? émotions. Cette fois elle servait à l’infirmière une vérité qui n’avait sans doute pas dû lui échapper. Désolée Mel.


Observation médicale

Message publié le 07/02/2026 à 22:05

Les couleurs avaient fini de danser sous les yeux de la jeune Serdaigle comme si un simple contact avec l’être aimé avait pu constituer pour elle le plus doux des remèdes. Mellitus était là, si proche, et elle s’en voulut un instant d’avoir pensé qu’il puisse l’abandonner sans un mot, qu’il n’ait pas essayé de se battre assez pour lui revenir comme il l’avait quittée. La demi-vélane sourit faiblement au visage de son imbécile d’acrobate.

 

L’infirmière prit le temps de rassurer la jeune élève, quoique légèrement agacée peut-être, mais pouvait-on empêcher deux cœurs aimantés comme les leurs de s’activer une fois dans la même pièce ? Pouvait-on interdire à des mains qui semblaient avoir été conçues pour s’entremêler de rejoindre leurs sœurs dans la douleur ?

 

Nellie redevenue enfançonne sage but le breuvage de madame McBride sans résister. Une douce tranquillité sembla se répandre instantanément dans tous ses membres, chassant pour un moment le trouble et l’angoisse d’une nuit à se tourmenter. L’élève hocha la tête en réponse à l’ordre de l’infirmière qui la somma de ne pas bouger, lui arrachant dans le même temps un Mellitus dont elle eut du mal à lâcher la main. Se le voir reprendre, si peu de temps après l’avoir retrouvé relevait pour Nellie du demi-supplice. Mais elle avait déjà fait trop de vagues pour la journée, pour la semaine même en vérité. Un je t’aime muet au garçon à travers ses grands yeux amoureux, une dernière pression contre sa paume avant de le laisser la quitter.

 

Il y avait quelque chose de nouveau pour Nellie à être dorlotée. Ce n’était certainement pas sa mère qui se serait occupée d’elle de cette manière. Une chocogrenouille ? Sans doute la première fois qu’un remède avait aussi bon goût. La jeune sorcière déchira l’emballage pour savourer la gourmandise, rendant à son organisme le sucre dont il semblait cruellement manquer. Elle observa la carte avec attention, Owen Carter, décidément, le Quidditch la poursuivait. La demi-vélane soupira en cachant le visage de l’ancien joueur dans ses draps.

 

La pièce qui n’était pas insonorisée l’empêcha de fermer ses oreilles à la douce voix de l’être aimé. Les questions de madame McBride dessinèrent soudainement un pli soucieux sur son front. Sans savoir de quoi il relevait exactement, la sorcière avait supposé que son oiseau avait simplement fait une mauvaise chute à la suite de l’une des figures dont il avait le secret. Ainsi, quand elle entendit, tout bas, le nom d’Isha, son cœur rata un battement dans sa poitrine.

 

Jeune fille dans draps blancs, corps soudainement faible, broyé par la douleur malgré la boisson de l’infirmière. La petite sorcière laissa couler ses yeux fatigués alors que les pièces du puzzle s’imbriquaient les unes dans les autres. Isha avait frappé Mel, non, pire, il l’avait – comment avait-elle dit ? – mis dans un piteux état. Le visage du joueur, la nuit dernière, lui revint en mémoire : comment avait-il osé ? S’en prendre à son Univers entier. Elle jetait des coups d’œil anxieux au lit de Mel séparé du reste de la pièce, sans oser intervenir, comprenant pourtant trop bien que c’était sa faute à elle. Nellie Butler était la seule responsable de l’état d’Isha et, de ce fait, des blessures de Mellitus.

 

Une main tremblante collée à sa bouche pour étouffer un sanglot, hoquet de douleur face à l’implacable vérité. Le monstre en elle avait failli lui coûter ce qu’elle avait de plus précieux. Entre ses lèvres, le chocolat eut soudain le goût exécrable de la culpabilité. Alors, loin de lui, sans croiser aucun regard, sans froisser une Adaline qui lui avait sciemment demandé de ne pas bouger, elle énonça d’une voix brisée : ce n’est pas la faute d’Isha : il était ensorcelé.


Observation médicale

Message publié le 06/02/2026 à 22:48

Un corps lourd aux contours imprécis, l’impression d’avoir basculé dans un autre monde plus sombre, opaque et oppressant. La demi-vélane sentit à peine ses membres se soulever, la douceur des draps contre son uniforme froissé. Une voix un peu trop lointaine à son goût. Qui pouvait bien se soucier de Nellie Butler alors que la moitié d’elle-même gisait probablement grièvement blessée à quelques pas de là ? Elle aurait voulu dire à la voix de s’en aller, de s’occuper du Serdaigle, de le lui ramener comme s’il ne s’était rien passé, que toute la magie de ce monde soit concentrée ce matin sur l’unique but de lui rendre celui sans qui le monde n’avait pas vocation à exister.

 

Les couleurs refirent leur apparition, le visage de l’infirmière dans un champ de vision humide et salé. Une lumière soudainement trop vive son visage cotonneux. Elle cilla quelques instants, plus perdue que réveillée.

 

Puis deux yeux qu’elle ne connaissait que trop bien. Nellie tenta de se relever trop brusquement. Une pluie d’étoiles devant son regard la força cependant à s’allonger à nouveau. Mel, encore cet unique nom, la main du Serdaigle dans la sienne, irradiant la chaleur et l’amour : Mellitus était vivant. Chacun de ses membres se relâcha instinctivement tandis que le manque de sommeil revenait à la charge pour la submerger de toute son insistance. J’ai eu peur, j’ai eu si peur, souffla-t-elle, la voix encore vacillante du trouble dans lequel les multiples scénarios catastrophes l'avaient immergée. 

 

Madame McBride, pardonnez-moi, et toujours ce doux murmure qui semblait lui servir de voix j’ai cru qu’il nouveau regard angoissé pour le garçon, inquiétude croisée, souffrance mutuelle de sentir l’autre en danger. Qu’avait-elle au juste imaginé ? Le Serdaigle ne semblait pas avoir la moindre égratignure et, pourtant, il avait bel et bien passé la nuit à l’infirmerie : que pouvait bien signifier ceci ?

 

La jeune fille était dépitée de se retrouver là, inutile et source de trouble pour un garçon qu’elle n’aurait voulu que veiller. C’était à elle de lui tenir la main, de glisser quelques doigts dans ses cheveux avec les sourcils froncés par l’anxiété. Mais non, l’élève ne parvenait qu’à semer un peu plus de zizanie là où elle cherchait à apaiser. La fin de sa phrase se perdit dans l’hypothétique et l’improbable. Elle préférait confier la concrétisation de ses troubles nocturnes à l’indicible. Mellitus n’avait rien de grave, Nellie pouvait se reposer.


Observation médicale

Message publié le 05/02/2026 à 21:03

Ce n’était qu’une rumeur, mais une rumeur est déjà suffisante pour inquiéter un cœur amoureux. Mel, son Mel aperçu sanguinolent, conduit à l’infirmerie d’urgence.

Des bruits de couloir, morceaux de vérités épars.

Et puis Nellie, qui n’avait pas dormi, coincée dans la salle commune des Serdaigles par le couvre-feu alors que lui n’était pas rentré se coucher. Elle en était certaine, elle avait surveillé cette porte d’entrée si longtemps que ses yeux avaient fini s’embuer avant de laisser couler de grosses larmes d’inquiétude et de nervosité. Mel blessé.

 

C’était Isha qui avait tenté de la raisonner, la convaincre d’aller se coucher, près de lui si elle voulait, hein, qu’il la rassurerait, sans succès. Elle était restée campée là comme si la silhouette du garçon allait finit par se découper dans l’embrasure pour lui prendre la main et lui promettre de ne plus jamais la quitter. Ensemble.

La demi-vélane imaginait son ami dans le coma après une mauvaise cabriole dont il avait le secret. Elle le revoyait, piquer dans les airs, son balai à peine maintenu entre les jambes. Cette vision d’horreur l’avait harcelée toute la nuit.

 

Au petit matin, la boule au ventre, des yeux cernés, mais pas encore assez pour gâcher son visage de monstre, Nellie fuit. Premières lueurs du jour, levée de l’interdiction, elle était la première à réveiller des portraits encore somnolents.

Piquée au vif, les sens en alerte. Qu’on le lui rende par pitié.

 

Petit oiseau sur courtes pattes qui se perdait, ne connaissait pas encore bien le chemin de l’infirmerie où elle n’avait pas dû se rendre depuis qu’elle était arrivée dans cette école. Vertige d’émotion, descente dans l’angoisse, ses mains étaient moites alors qu’elle les pressait contre un mouchoir de papier qui recueillait de temps à autre ses dernières perles salées.

Quelle émotion ne lui faisait donc pas vivre son acrobate ?

 

Pas de petit déjeuner pour la jeune élève au cœur à peine accroché. Nellie était pleine du vertige de sa nuit, l’âme troublée, les yeux trop secs puis trop mouillés. Un raz de marée. Elle n’avait pas osé demander des détails, seulement attrapé des mots au vol contre ses oreilles tremblantes. Il parait que… Et quelques regards désolés dans sa direction, parce qu’on commençait à savoir, à dire des tu savais que à propos d’elle et lui aussi.

Mais peut-être pensait-on qu’elle savait, qu’elle était au courant. Non aurait-elle voulu hurler, qu’on vienne leur détailler, à ses yeux, ses grands yeux effrayés, le pourquoi du comment et la véracité. Peu importait, il n’était pas là, c’était suffisant pour l’inquiéter.

 

Devant ses yeux, finalement, la porte de l’infirmerie se dessina. Quelques coups frappés contre le battant avant de n’en plus pouvoir et d’entrer. Ce n’était pas son genre, Nellie toujours polie, toujours gentille, mais ce matin un peu trop bouleversée. Dans un coin, une jeune fille. Le regard de la demi-vélane balaya la pièce à la recherche de celui de Mellitus, seul un lit masqué d’un rideau pouvait potentiellement signifier sa présence. Le garçon devait être si violemment blessé. Nellie se sentit soudainement faible, la veille, le jeûne, la pensée de la perte de Mel firent brusquement danser des étoiles devant ses yeux : Mel souffla-t-elle en cherchant un objet auquel se raccrocher alors que tout devenait subitement noir autour d’elle.


Lardinage du nouvel an

Message publié le 05/02/2026 à 17:54

Un léger sourire flottait sur les lèvres de Nellie dans la calèche, entourée de Solange et de Mellitus. Elle ne se sentait pas trop mal dans ce petit trio hétéroclite, ce qui relevait sans doute du miracle, mais peu importait. Son ancienne amie comme s’était autorisée à l’appeler la jeune Serdaigle avait effectivement changé, mais cette nouveauté était tout à fait charmante. L'élève tenta de le lui dire, mais une vague de honte la submergea soudainement, paralysant ses paroles. Qu’allait-elle penser de sa remarque ? Serait-elle incommodée ? Nellie allait-elle créer un nouveau moment de gêne ? C’était plus fort qu’elle, la demi-vélane ravala le compliment avec difficulté.

 

Le silence devint soudainement un peu trop lourd pour ses épaules et elle se remit à cogiter violemment pour trouver quelque chose à dire, n’importe quoi qui pourrait lui donner l’impression de ne pas être une handicapée de la communication, ou de faire semblant du moins. Mellitus est à Serdaigle comme moi, souffla-t-elle à Solange, et toi ? Elle aurait pu s’enterrer sous sa banalité, mais la conversation était lancée de ce côté, du moins jusqu’à ce que cette piètre tentative ne retombe comme un soufflé. Elle tourna ensuite délicatement la tête vers son camarade pour tenter de lancer un nouvel hameçon. Tu voudrais faire quoi à Pré-au-Lard ? Heureusement pour elle, Mellitus était assez proche d’elle que pour entendre sa question qui, déjà, s’effilait dans un murmure.


Lardinage du nouvel an

Message publié le 02/02/2026 à 22:47

Coup de chance pour la jeune élève en pleines présentations avec le garçon de sa maison : un second visage connu venait de se présenter à elle. Solange Valombre, Nellie se souvenait fort bien du visage de la jeune femme. Même si ce visage en question semblait avoir quelque peu changé depuis leurs dernières rencontres. Nombreuses étaient les salles de classe que les deux anciennes élèves de Beauxbâtons avaient arpentées en parallèle. Pas de grandes amies, la demi-vélane n’en avait pas vraiment, mais une présence qui était loin de lui être désagréable. Elle offrit un léger sourire à la nouvelle venue avant de lui répondre en français : oh oui, bien sûr, je ne savais pas que tu avais changé d’école toi aussi.

 

Mais ses présentations avec le Serdaigle n’étaient pas terminées et Nellie s’en serait voulu de laisser tomber son compagnon d’infortune à présent qu’elle se savait tirée de la solitude. Après tout, c’était lui le premier qui avait tenté de les sauver tous les deux d’un moment particulièrement angoissant. Elle voulut lui rendre sa poignée de main, mais fut devancée par Solange, qui embrassa les joues du garçon pour le saluer à la française. La jeune élève rangea discrètement ses doigts, mais souffla néanmoins un léger : enchantée Mellitus. Puis, pensant que son nouveau compagnon méritait quelques explications : Solange est une ancienne… amie, finit-elle par murmurer, pas certaine que la demoiselle apprécierait le qualificatif et ne la jugerait pas trop opportuniste. Cette audace viendrait quoi qu’il arrive la torturer bien assez vite. Nellie reprit la direction des calèches en espérant que les deux élèves suivent le mouvement, trop apeurée à l’idée de se faire gronder par le professeur Ravental. Elle trouva néanmoins le courage de glisser à Solange un petit aveu : je suis contente de te revoir.


Notes de musique et notes de recherches

Message publié le 02/02/2026 à 15:10

La proximité du corps aimé, Mel à portée de main, enfin. Nellie oublia un instant le reste du monde : il était là, c’était suffisant. Tout allait mieux. Les dernières flammes dans la cheminée, l’odeur du parchemin neuf, le bruit de la plume, l’encre calligraphiée sur le papier, un murmure, une mélodie discrète pour les deux amoureux aux doigts entremêlés.

 

Deux âmes silencieuses.

 

Nellie tacha un peu le bout des doigts en dessinant une forme de cœur sur le parchemin de son ami. Elle lui sourit en lisant ses vers, glissa un léger baiser sur sa joue pour le remercier. Merci Mel, j’aime beaucoup, inscrivit-elle les yeux brillants, le cœur léger. Le poème la toucha comme les mots de Mellitus savaient si bien le faire. Quand elle releva la tête du parchemin, ils étaient seuls.

 

Ses lèvres, ses bras, la demi-vélane lui rendit son étreinte, lui abandonna un baiser, les yeux fermés, emplie soudainement du parfum du garçon qui lui avait tant manqué. Quelques heures, quelques jours : une demi-éternité pour un cœur enchanté par la magie du premier amour. Plus rien ni personne ne comptait réellement pour Nellie, c’était lui.

 

La jeune femme sourit à la tentative de son ami et sortit sa baguette pour rallumer les braises. Sans succès. Mais elle ne se laissa pas décourager et sa deuxième tentative fut la bonne. Nellie se sentait plus en confiance avec ses capacités magiques ces derniers temps, comme si la révélation de sa double nature avait en même temps libéré quelque chose de l’ordre de la confiance en elle. Une confiance qu’elle devait néanmoins lutter pour conserver un tant soit peu. Les tourments ne disparaissaient pas du jour au lendemain. Mais avec Mel c’était plus facile, tout était plus facile.

 

La salle commune veillait sur ses deux enfants, comme cette première nuit où tout avait basculé. La sorcière écouta attentivement Mellitus, hocha la tête. Mine inquiète devant l’écharpe, le petit cahier, objets de test, d’expérimentation, elle triturait une manche de la chemise de son uniforme, un peu courbée, un peu balancée. Elle devait le faire, pour lui, pour elle aussi, découvrir jusqu’où elle pouvait aller, comment activer et désactiver le charme empoisonné. Elle savait que cela ne suffirait jamais, parce qu’elle sentirait toujours quelque chose d’irréel, un petit flottement autour d’elle, un je ne sais quoi dans ses traits, deux yeux un peu trop envoûtants pour être tout à fait humains, même si elle ne déployait pas sa magie, essayait de la retenir tout contre elle.

 

Et ce sentiment de crainte qui ne la quittait pas vraiment.

La peur de le blesser, de le perdre.

Celle, plus profonde encore, de se sentir monstrueuse, créature immonde qu’il fallait apprendre à dompter.

 

La demi-monstresse serra ainsi Mellitus dans ses bras pour se donner du courage, se rappeler pour quelle tendresse elle se pliait à l’expérience. Est-ce qu’une partie d’elle-même allait finir par se rebeller ? Protester contre sa volonté de glisser entre les mains du Serdaigle une paire de menottes, la clef de sa vulnérabilité ? Peu importait à présent : il était trop tard pour reculer.

 

Nellie tenta de contenir le tremblement de ses mains en bandant les yeux du garçon avant de retourner s’installer près de la petite table qu’elle avait autrefois occupée avec son instrument. Tu es prêt ? souffla-t-elle, mal à l’aise. Elle attendit la confirmation du garçon pour inspirer profondément et faire délicatement céder la barrière en elle. Comme à chaque fois, une douce chaleur se répandit dans tout son corps, envahissant chacun de ses membres, grisante, puissante. Peau parée de mille éclats, cheveux d’or et Mellitus qui ne regardait pas. La jeune sorcière eut soudainement envie de lui arracher le tissu qui entravait sa vue, qu’il la regarde, qu’il la désire. Oui, elle en avait besoin, terriblement. Elle tendit une main, puis la retint, rassit son corps à moitié levé, mortifiée par son geste. La sorcière interrompit le charme, refoula loin très loin ce drôle de désir du désir. Cette fois, elle tremblait pour de bon. Ce… Mel, ça va ?

Nellie Butler a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Mélodie !

Sortilège
Sortilège de Combustion
Difficulté
4
Résultat D20
2
Interprétation
Échec
XP gagnée
3

sortit sa baguette pour rallumer les braises. Sans succès. Mais elle ne se laissa pas décourager et sa deuxième tentative fut la bonne.

Autres résultats possibles

sortit sa baguette pour rallumer les braises

sortit sa baguette pour rallumer les braises

sortit sa baguette pour rallumer les braises. Sans succès. Mais elle ne se laissa pas décourager et sa deuxième tentative fut la bonne.

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