Homme
17 ans
Né-moldu
Britannique
Identité
-
- Septième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 23/02/2026 à 18:55
Loin derrière l'Auror, Mellitus fusillait celui-ci du regard. Interrompre les cours pour un fichu exercice dont l'utilité semblait bien trop abstraite c'était déjà aberrant mais en plus ce type s'était adressé au respectable professeur Ravental, un puits de savoir, comme s'il s'était agi d'un criminel. Tout ça pour un malheureux arbre certes interdit mais d'un intérêt académique immense. Le Serdaigle ne concevait pas qu'on puisse avoir si peu d'estime pour la curiosité intellectuelle. Le cours n'avait finalement consisté qu'en une récolte inoffensive. Ce n'était pas comme si le professeur de botanique leur avait fait goûter ces pommes. Hélas.
Par-dessus le marché, l'énigme du sel demeurait entière et Mellitus ne pouvait approcher Monsieur Ravental sans défaire le rang, ce qui ne manquerait pas d'agacer l'Auror et de provoquer des conséquences que l'élève n'était pas curieux de découvrir. La procession avançait donc sagement vers la Grande Salle, futilement sur ses gardes pour jouer le jeu de l'attaque factice de l'école. Sasha aussi était trop loin pour l'aborder. Pendant le trajet, Mellitus rongea donc son frein en échangeant quelques mots avec Nellie qui était restée près de lui en quittant la serre. Ce fut l'occasion pour les deux aigles d'envisager de se voir dans un autre cadre plus détendu, sorte d'accord plus ou moins tacite qui se conclut par la proposition de la demoiselle de la retrouver à l'extérieur une fois le week-end venu.
Parvenus dans la Grande Salle, Il y eut un temps de capharnaüm général dans lequel les élèves bourdonnaient en s'agglutinant en petits paquets formés par les affinités de chacun dans une ambiance indisciplinée malgré les efforts des Aurors pour y mettre bon ordre. "Pas de chance, on n'est pas des mages noirs que vous pouvez maîtriser d'un coup de baguette. Bon amusement pour gérer des centaines d'élèves les gars," songea un Mellitus toujours agacé qu'un cours aussi passionnant fût gâché pour rien. Ce n'était peut-être pas une bonne idée d'aller trouver Sasha Shevchen excédé comme il l'était mais le bleu et bronze avait en tête l'idée fixe de s'expliquer avec l'Ukrainien sur certains points. Il s'excusa donc auprès de Nellie et partit en quête du jeune homme renfrogné, probablement pas de meilleure humeur que lui vu comment s'était déroulé le cours. Sans doute que l'idée de l'approcher dans cette ambiance électrique avait quelque chose de délétère mais cela ne retint pas Mellitus de repérer le Gryffondor dans la masse grouillante et de le héler.
— Sasha ! Tu aurais cinq minutes pour discuter ?
Question rhétorique. Ce n'était pas comme s'ils avaient grand chose d'autre à faire que d'attendre la fin de l'exercice.
Message publié le 22/02/2026 à 15:27
Heureusement, les demoiselles étaient de bonne composition et s'occupaient très bien d'entretenir la conversation. Pris en étau entre la franchise extravertie de Solange et le murmure hésitant mais pourtant pertinent de Nellie, je me demandais quelle était ma contribution à part répondre des évidences.
Solange me laissait particulièrement perplexe. J'avais vraiment dit "Stonehenge" en essayant de prononcer son nom ? Une aubaine qu'elle ne s'en offusquât pas. Et puis la révélation fascinante du fait qu'elle était une chapeaufloue, Serdaigle qui plus est. Je ne pouvais m'empêcher d'éprouver une fierté communautaire par rapport à ma maisons et mes condisciples et apprendre que la gothique aurait pu être une des nôtres la rendait, peut-être injustement, moins étrangère à mes yeux.
— C'est très impressionnant. Tu dois être d'une vaillance à toute épreuve si tu es plus brave qu'intelligente.
Mon admiration sincère pour Solange ne m'épargna pas de me retrouver nez-à-nez avec mes doutes existentiels et mon manque d'estime personnelle. Le Choixpeau n'avait pas hésité avec moi. Quelques secondes à peine pour décréter que j'appartenais à la bannière bleue et bronze. N'avais-je donc que si peu de qualités ? Je n'aurais pas rechigné à posséder un brin de courage, faire preuve d'un rien d'ambition ou même d'avoir un échantillon des vertus des Poufsouffle. Mais non, moi j'étais juste un intello pas vraiment bon à quoi que ce fût. C'est à Nellie que je dus mon salut quand elle capta mon attention concernant le rendez-vous du déjeuner, m'extirpant du gouffre dépréciatif de mes pensées.
— C'est vrai qu'on doit retrouver les encadrants à midi. Mais je ne pense pas que ça nous oblige à manger avec eux non plus. J'ai trop mangé ce matin de toute façon, je vous laisse décider.
Non pas que je n'aurais pas un petit creux de la journée mais je m'étais effectivement gavé à Poudlard car je ne prévoyais pas de déjeuner pendant l'excursion afin d'économiser le peu d'argent qu'il me restait de mes petits boulots de vacances.
Finalement, la matinée se passait bien mieux que ma panique ne l'avait cru possible. Mes camarades s'avérèrent une compagnie des plus plaisantes. Nellie me prit de court en m'interrogeant au sujet du salon de thé. Comment une aussi jolie fille pouvait ne pas connaître cet endroit ? Et ces yeux si expressifs qui m'intimidaient un peu en me regardant fixement.
— Ho ! c'est, genre... un salon de thé...
"Merci. Personne n'aurait deviné, grand singe."
— ... où, genre, les heu couples vont souvent. Ou genre des élèves font leurs rencarts. Enfin je veux dire, même s'ils sont genre pas encore ensemble. En vue de se peut-être se mettre en couple. C'est ce genre d'endroit.
Tout était parfaitement clair. Une éloquente démonstration d'inaptitude à répondre à la plus simple des questions. La consultation de ma montre dans le seul but de me détourner de mon embarras m'offrit une diversion que je n'avais pas vue venir car la notion du temps m'avait tout à fait échappée. C'était encore un peu tôt mais midi était tout de même plus proche que je n'aurais songé.
— Il va bientôt être l'heure de rejoindre les autres aux Trois Balais. La matinée est passée trop vite.
Mon petit rire nerveux et parfaitement ridicule finirent d'accentuer la sensation brûlante de mes joues. L'avantage de l'hiver, c'est que les rougeurs du visage peuvent se mettre sans scrupule sur le dos du froid.
Notes de musique et notes de recherches
Message publié le 14/02/2026 à 04:35
Embrasser Nellie défigurée n'avait rien de différent. C'était toujours elle, la caresse des lèvres tout aussi sensuelle, le même frisson électrisant. Depuis leur premier baiser, au même endroit, la seule chose qui avait changé était l'assurance du couple sans doute. Le fait que leur relation amoureuse fût clairement établie, qu'un désir croissant se développât entre eux, que leurs baisers fussent moins maladroits, plus intenses. Quelle que fussent les circonstances, ils demeuraient deux jeune gens qui découvraient la passion idyllique et l'irrépressible envie de trop se vouer l'un à l'autre.
L'éclaircie après la tempête. Déjà la demoiselle avait retrouvé son beau visage délicat et se lovait dans l'étreinte dont ils semblaient tous deux ne plus pouvoir se passer. Certainement pas en cet instant que Mellitus goûta pleinement malgré les larmes séchées de son amour. De nouveau un moment indéfini emprunté à la fontaine intarissable du temps dans le silence. Les longues phrases dont le Serdaigle voulait se fendre pour rassurer Nellie et lui partager ce qu'il ressentait restaient bloquées dans sa gorge. Parce qu'elle était trop serrée pour fonctionner ou parce qu'il réalisait qu'un non-dit pouvait signifier plus que tous les mots du monde. C'est elle qui trouva la seule formule appropriée à prononcer. Je t’aime Mel.
— Je t'aime, Nel.
Il n'ajouta rien. C'était bien ainsi, cela traduisait tout de leur relation et de ce qu'ils venaient de vivre. La souffrance éprouvée par Nellie durant cette épreuve de leurs sentiments avait eu raison de l'énergie des deux aigles. Il la rejoignit dans le fauteuil et l'invita d'un geste tendre à se reposer contre lui. Rien ne pouvait être comparable à la gamme des émotions qu'ils venaient de traverser ensemble. Mellitus avait fait face en quelques instants à tous les aspects de la demi-vélane et trouvé la conviction d'aimer chacun d'entre eux. C'était une évidence concernant la sorcière bien sûr. Mais même privée de sa beauté, elle restait la femme pour laquelle battait son cœur.
Et puis, il y avait celle au charme envoûtant, irrésistible. Étrangement, c'était celle-là avec laquelle il avait été le plus difficile de faire le point sur son ressenti. Son pouvoir ne provoquait qu'une contrefaçon d'amour, rien de comparable avec un véritable sentiment romantique. Et Mellitus avait craint cette apparence capable de lui voler son libre-arbitre. Mais ce soir il venait de comprendre qu'il ne pouvait lutter et, plus important, qu'il n'en avait pas besoin. Il pouvait aimer sincèrement aussi cette partie de Nellie. Accepter qu'elle pût s'emparer de lui à n'importe quel instant. Il avait fait la paix avec l'idée de s'abandonner à elle sans restriction car il l'aimait assez pour cela.
En toute confiance, Mel savait que jamais sa Lumière ne le priverait volontairement de sa lucidité, ne l'obligerait à quoi que ce fût contre son gré. Nul besoin de chercher une solution à un problème qui n'existait pas. C'était ça la réponse : lui accorder une confiance totale et comprendre que même envoûté, cela ne corrompait pas tout l'amour qu'il éprouvait pour elle.
Ils étaient si bien là. Rien qu'eux deux, amoureux. Lui aussi pouvait se reposer un peu contre elle et fermer les yeux. Tout était parfait.
— J'aime chaque part de toi.
Nel.
Notes de musique et notes de recherches
Message publié le 13/02/2026 à 04:40
Quelques instants, juste assez pour qu'un Mellitus privé de sa raison laissât ses instincts les plus primaires prendre le pas. Quelques instants, pas assez pour goûter la volupté possible entre deux jeunes gens en émoi, pour apprécier pleinement la douceur torride de la peau de Nellie. Quelques instants, envolés quand la demi-vélane repoussa sa propriété, hébétée de se voir soudainement refuser les caresses indécentes. Le voulait-elle ou pas ? Ces signaux contradictoires entre lesquels Nellie serpentait rendaient fou le jeune homme. Quelle attitude adopter, que faire ? Elle devait attendre quelque chose de lui qu'il ne comprenait pas. Mellitus avait besoin d'instructions sans lesquelles il se contentait d'observer gravement la femme de ses désirs, guettant le moindre geste qui l'inviterait à se plier à sa volonté.
Non ? Non. Elle ne voulait pas, ou plus. C'est qu'il devait forcément avoir commis quelque impair. L'avait-il déçue, ne s'était-il pas comporté comme elle l'exigeait, n'était-il tout simplement pas suffisamment bien pour elle ? Ce devait être cela. Comment la Déesse pouvait-elle se contenter de si peu, de l'insignifiance de Mellitus ? Elle ne le pouvait pas. C'était logique, froid, implacable. Le Serdaigle comprenait cela mais le rejet l'écartela tout de même. Abattu de la douleur de réaliser qu'il ne satisferait jamais quelqu'un comme Nellie, il se résigna à contrecœur.
Non c'est non. Rien ne justifiait d'aller à l'encontre d'un refus aussi légitime que celui-ci. Surtout si c'était elle qui le formulait. Son corps, son cœur, son droit inaliénable de les préserver. Mellitus respectait évidemment cela alors il garda ses mains près de lui et hocha lentement la tête en signe de compréhension. Ce message-là était clair, sans ambiguïté. L'instruction dont il avait besoin à défaut d'être celle qu'il espérait.
Réveille-toi, Mel. Mais il ne dormait pas. S'il était vrai que chaque moment partagé avec Nellie avait tout du plus doux des rêves, le jeune homme se savait tout à fait réveillé. À moins qu'il ne rêvât éveillé justement ? Cela devait être la seule explication. Il avait conçu toute sa relation avec elle dans l'optimisme exagéré de toucher au bonheur, de croire qu'il pouvait être heureux, la rendre heureuse. C'était un réveil métaphorique qu'elle invoquait. Celui d'arrêter de croire qu'il existait entre Nellie et Mellitus ce fantasmé ensemble.
Mais il n'était pas prêt pour cela. Ce n'était pas quelque chose qu'il fût capable d'accepter sans se débattre, sans insister, sans supplier si nécessaire que Nellie lui octroyât rien qu'un instant de félicité supplémentaire. Ou même quelques miettes de ce qu'il désirait, il s'en contenterait tant bien que mal. Ses mains s'avancèrent de nouveau à la recherche de ses bras, juste un effleurement, un mouvement de désespoir pour sentir rien qu'une dernière fois ce contact électrisant qui lui donnait tant de force. Ce dont il aurait besoin pour savoir renoncer et lui dire adieu si elle restait sourde à ses supplications. Mellitus s'avança, les yeux brillants d'humidité, en espérant que Nellie le laissât l'aimer rien qu'un instant de plus.
Elle ne le laissa pas. Ses doigts enfoncés dans les bras du garçon, elle le secoua, le priva de leurs adieux et haussa même le ton. Il avait définitivement été trop loin. Car la colère de la jeune femme ne s'exprima pas que par sa voix et son langage corporel. Elle s'inscrivit sur ses traits si profondément qu'elle les déforma en quelque chose de repoussant et menaçant. Toutes les fonctions cognitives de Mellitus se remirent brusquement en marche. Trop lucide, tout ce qui venait de se dérouler lui imposa avec limpidité le récit cauchemardesque de désastres en cascade. Et pas le temps de réfléchir, de faire le point. Les traits devenus monstrueux de sa chère Nel le dévisageaient.
Ce qui lui paraissait jusqu'ici impossible. Il avait lu tout ce qu'il avait pu trouver sur les Vélanes pourtant, savait qu'elles cachaient soigneusement cette part d'elles qui gâchait tout le pouvoir de leur magie séductrice. Mais comment envisager que la douce Nellie pût s'énerver ? Au point de perdre le contrôle et de dévoiler l'envers de l'aspect de perfection qu'elle possédait. Pourtant, c'était là depuis le début. Il n'y avait pas que la Lumière et la Déesse. La sorcière avait toujours eu trois visages. Voici qu'apparaissait le dernier de Nellie. Nellie que Mellitus aimait de tout son être, pleine et entière. Il avait touché de ses lèvres la douceur de celles de la femme. Avait goûté à l'euphorie de celles de la Déesse. Que restait-il à faire si ce n'était de boucler la boucle ?
Mellitus décida d'embrasser, dans tous les sens du terme, cette Nellie-là aussi.
Notes de musique et notes de recherches
Message publié le 12/02/2026 à 02:50
C'était un peu comme voir s'éteindre une étoile filante. Le spectacle éthéré de la magnificence d'un éclat d'univers qui passait en s'embrasant et disparaissait subitement. Sans toutefois laisser un vide béant et livrer l'observateur à la solitude dans le vaste infini. Le ciel nébuleux parsemé de diamants inaccessible demeurait. Nellie ne brillait plus mais elle demeurait. Avec ses beaux cheveux châtains, ses grands yeux pâles et les éphélides qui barraient son visage à hauteur du nez. Tout aussi parfaite. Mellitus appartenait aux deux Nellie, à la Déesse autant qu'au masque mortel qui protégeait le monde de son charme.
Un geste, non un bond, de recul. Qu'avait fait de mal le garçon pour ainsi effaroucher la régente de son cœur ? Avait-il été trop obéissant, trop résistant ou trop entreprenant ? Alors qu'elle se tenait à distance et fuyait son regard, il entra en apnée. Ne pas dire, ne pas bouger, ne pas respirer. Ne pas être. Appartenir.
Sien à tout jamais, consacré à sa seule volonté et inutile s'il ne pouvait lui plaire. Alors comme elle s'éloignait de lui, il ne servait plus à rien de vivre. Mieux valait disparaître, en silence et sans remous afin de ne pas perturber la quiétude de l'ineffable jeune femme. Mellitus s'effaça par égard pour sa divinité. Créature inutile, corps encombrant, cœur top bruyant. Tout devait s'arrêter pour ne pas importuner Nellie qu'il dégoûtait sans doute puisqu'elle s'écartait.
Puis elle revint et il put respirer de nouveau. Elle avait encore besoin de lui. Elle pouvait l'utiliser, s'en servir. À quelle fin, il ne le savait ni n'en avait cure. Coup de baguette magique, sortilège de soulagement qui n'enlève en rien la douleur de toute façon insignifiante de sa lèvre ensanglantée.
— Merci, ma Déesse, bave-t-il pourtant avec niaiserie.
Qu'est-ce qu'elle raconte ? C'était une merveilleuse idée que d'être à la merci de Nellie. Pas de doute, aucune remise en question. Seulement la certitude de vouloir, de devoir la combler, d'accomplir le moindre de ses désirs avant même qu'il ne soit formulé. Ce serait la plus douce des vies de béatitude que de se livrer sans aucune restriction à la perfection incarnée en demoiselle. Sauf si elle voulait encore qu'il lui résiste. Cela lui semblait plus facile maintenant d'accéder à sa requête. Oui, le moment était venu, l'épreuve parvenait à sa fin. Mellitus pouvait dire non à Nellie parce qu'elle le lui avait demandé.
— N...
J’ai trop envie de toi.
Murmure à peine audible, qu'il aurait pu manquer s'il n'avait été suspendu à ses lèvres. Quel sot il pouvait être ! Décidément, l'amour le privait de tout jugement. Heureusement que Nellie était là pour penser à sa place, lui dire quoi faire. Ce qu'elle voulait. Elle ne souhaitait pas qu'il lui résiste, elle le désirait. Ce qu'il fallait à Nellie, c'était un Mellitus obéissant, offert, sans autre objectif que de lui fournir satisfaction. Et s'il était l'objet de son envie, il se donnerait.
— ... ellie. Nellie. Je suis à toi. Fais ce qu'il te plaît de moi et de mon corps. Je suis tien, absolument tien. Ma Lumière et ma Déesse. Sers-toi de moi.
Sans le filtre de la raison, la chaleur irrépressible de son corps de jeune adulte n'avait plus de barrière pour la retenir. Elle le voulait. Il la voulait. Désir commun, partagé. Alors pourquoi ne pas céder ? Avec la fébrilité du débutant qu'il était, extrêmement nerveux de prendre son élan pour le grand saut, il commença par défaire sa cravate. Pas trop vite. L'effeuillage des corps qui ne demandaient qu'à se découvrir, qu'à s'apprendre sans pudeur pouvait se faire lentement, sensuellement. Une main sur l'épaule de la sorcière, l'autre sur sa hanche. Le frisson de l'anticipation. Un jeune homme un peu trop fougueux, beaucoup trop entreprenant. Inconscient de ses gestes et de leur portée, son esprit trop captif pour réaliser l'horreur à laquelle il se livrait. Et pour le retenir, rien que la lucidité de Nellie.
Message publié le 11/02/2026 à 18:08
Avec dépit, Mellitus regarde sa demi-vélane de petite amie s'accaparer le blâme avec sa voix si douce, trop innocente pour les torts qu'elle endosse. Les mots exacts qu'elle emploie lui échappent à cause d'un acouphène soudain venu d'il ne sait-où. Le cœur au bord des lèvres, le jeune homme s'affaisse, vaincu. L'explication qu'elle fournit tient bien mieux la route et pour cause, elle est vraie. Sans faire mention du fait que Nellie en avance la preuve irréfutable en dévoilant brièvement sa nature latente. Il aimerait tellement disparaître là, tout de suite.
Ce n'est pas l'infirmière qui le rassure avec son reproche passif-agressif. Ce n'est pas comme s'il pouvait lui en vouloir de toute façon, depuis hier soir qu'il est là il n'a cessé d'essayer de la baratiner effrontément et sans faire le moindre effort de cohérence ou de crédibilité. Alors fatalement elle a toutes les raisons de lui faire autant de reproches qu'elle souhaite, et justifiés avec ça. Que peut faire Mellitus à part baisser la tête, se mordre la langue et décider de ne plus la ramener ? Rien.
C'est donc un jeune homme honteux, conscient d'avoir déçu Adaline McBride, Nellie et lui-même en seulement quelques secondes qui assiste en simple spectateur à la suite de cet impromptu entretien. À peine se contente-t-il de hocher un peu la tête en entendant vaguement son nom. Il ne sait même pas trop ce qu'il approuve mais le mieux à faire à ce stade est d'être docile. Quelque chose à propos d'Isha, peut-être. Isha envoûté par Nellie. Qui trouve dans son admiration dévorante pour la demi-vélane une raison de tabasser, quoi, son ancien ami ? Ex-coéquipier ?
Sauf que ce n'est pas Nellie qui lui a donné cette raison. Mellitus a soudainement envie de le dire à la jeune femme. De la rassurer, de lui faire savoir que ce n'est pas de sa faute. Lui aussi il est tombé sous le charme de vélane, il en connaît intimement les effets. Jamais il n'aurait levé le petit doigt sur qui que ce soit pour autant. Il s'était ridiculisé en longues tirades ampoulées, avait déclamé des semblants de poèmes, se serait abandonné tout entier à la femme qui faisait l'objet de sa vénération. Rien qu'il ne puisse pas faire de son plein gré en somme. Certes, c'était un sacré raccourci mais même en pleine possession de ses moyens Mellitus aurait fini par céder à la tentation de soumettre ses mots d'amour maladroits à l'approbation de son amoureuse. Isha possédait donc cette violence en lui, tapie et prête à surgir dans les bonnes circonstances. Mais déclarer ça devant l'infirmière ne jouait pas en la faveur du capitaine. Et puis, l'aigle s'est résigné à ne plus ouvrir le bec. Oui mais c'est pour réconforter Nellie. Sa main presse légèrement celle de la demoiselle, ses yeux abattus cherchent le regard pas plus fier de son aimée. Même défaits, ce contact oculaire est une intarissable source de force.
— C'est pas ta faute, Nel. Je sais ce que ça fait. Je ne t'ai jamais rien dit que je ne pensais pas. Je n'ai rien fait que je n'aurais pas voulu. Isha est une brute. T'as juste fait tomber son masque de play-boy.
Ses rétines retrouvent aussi vite la direction du sol. Rien de bon ne sort de ses lèvres, autant les garder closes. Et laisser Madame McBride en finir avec eux pour s'enfuir de cette infirmerie étouffante qui commence à lui provoquer une de ces crises de claustrophobie qu'il croyait appartenir au passé.
Notes de musique et notes de recherches
Message publié le 11/02/2026 à 01:13
Devant l'immensité de sa Déesse, Mellitus n'était rien. Rien que le chanceux élu qui avait le privilège de pouvoir la contempler, l'écouter, lui appartenir, la vénérer. Elle lui fit grâce de son contact, juste un bout de doigt posé contre ses lèvres. Ne pas parler, bien. Si elle désirait le silence, la voix du jeune homme disparaîtrait comme tout ce qui était inutile à Nellie. Pas de place pour l'encombrement, seulement ce qu'elle voulait.
Mais lui résister ? Pour lui plaire ? Quelle drôle d'idée. Mellitus n'avait aucune envie de résister. Résister c'était se soustraire à la béatitude de ne pas penser, de ne pas être lui mais l'objet forgé selon la volonté de la Déesse. Elle le lui demandait pourtant. Alors le garçon tenta de résister. Cela lui plairait. De toute son âme, de tout son cœur, depuis son esprit détenu entre les mains de sa Nellie vénérée, il s'efforça. Non. Voilà, comme ça. C'était facile. Un mot, trois lettres, ce qu'elle demandait. Un simple non. Et après, il pourrait s'abandonner de nouveau et être tout à elle encore. À tout jamais. Un simple non.
— N...
Douce chaleur contre sa joue. Pas juste un doigt, toute Sa main. Elle n'avait pas besoin qu'il se refuse à Elle. À quoi bon se débattre contre le contact qu'Elle lui octroyait malgré sa soumission ? Pourquoi voulait-Elle qu'il s'oppose ? Peut-être parce qu'Elle aimait le conquérir. Le frisson de s'emparer de quelque chose qui cherche à se dérober. Si Elle avait besoin qu'il se débatte, il ne pouvait pas se refuser à Son exigence. Non.
Comment prononcer cette injure alors qu'Elle scellait ses lèvres avec les Siennes ? Le baiser brûlant, don inespéré de la Déesse à son plus fidèle dévot, son serviteur inconditionnel. Puissant, irrésistible, sans concession. Le goût de sa chair plus délicieux encore que d'accoutumée. Oui, cette Nellie valait mieux que l'autre. Non. Il aimait les deux, à part égale. C'était sa Nel, pleine et entière. Sa Lumi... Déesse. L'autre n'était qu'une usurpatrice. Un masque de mansuétude, arboré par la vraie Nellie, la Déesse qui permettait à l'univers de ne pas ployer sous Son joug. Mellitus avait l'honneur d'être la possession de la demi-vélane. Quelle importance pouvait bien avoir un pâle ersatz de Sa grandeur ?
Transcendé, l'acrobate osa poser ses mains sur la Déesse. Elles cherchaient, se frayaient un chemin sous le tissu pour trouver la peau. Il avait besoin de Sa chaleur, de la caresser, de l'aduler avec son corps comme avec tout le reste. Embrasser Ses lèvres ne suffisait plus, il voulait se donner à Elle, la combler d'attentions et de délicatesses. Embrasser Sa nuque, Ses épaules, Ses mains. La couvrir de caresses brûlante de désir, frissonnantes d'extase. Avait-il assez résisté pour qu'Elle lui alloue la consécration de soumettre son corps à Ses envies ? Non. Il ne la méritait pas encore. Comment y parvenir ? Comment survivrait-il si ses efforts insuffisants ne Lui convenaient pas ? Goût de fer dans la bouche du Serdaigle alors que sa lèvre mordue laissait s'échapper un filet vermeil. Il devait parvenir à formuler sa résistance. Non. Non non NON.
— N... n...
Futile. La dernière étincelle de raison s'éteignit avant d'embraser le feu de la révolte. Mellitus, aussi insignifiant qu'il fût, appartenait désormais de tout son être à Nellie. Jusqu'après la fin de l'éternité.
Message publié le 08/02/2026 à 02:42
Pendant un très court instant, Mellitus se dit que ça va passer. Qu'Isha s'en sortira avec une tape sur les doigts, que personne ne creusera davantage la question et que tout rentrera dans l'ordre. Mais ce qu'il craignait le plus se produit. De nulle autre que la personne qu'il voulait à tout prix tenir à l'écart de l'affaire pour que son implication ne soit jamais découverte. Et maintenant, que va-t-il advenir ? Ça ne peut pas se passer comme ça.
À peine l'infirmière a-t-elle enlevé le rideau que Nellie vient déjà rejoindre Mellitus. Cela suscite en lui un sentiment mitigé entre la joie de la voir bien portante à ses côtés et l'appréhension de devoir se lancer dans de nouveaux exercices de déformation de la vérité en soutenant son regard. Alors qu'elle s'assied sur le lit et que leurs mains s'agrippent comme une réaction physique immuable, les deux adolescents échangent un looong regard.
Dans celui-ci, Mellitus essaie de communiquer mentalement avec elle. "Désolé, ne m'en veux pas mais je dois te protéger coûte que coûte. Joue le jeu, confirme ma version. Je t'aime." En même temps, son cerveau échafaude à toute allure un mensonge tout simplement aberrant qui n'a aucune sorte de crédibilité. La vitesse de réflexion n'est pas synonyme de qualité, d'autant moins que les connexions neuronales de Mellitus sont inversement proportionnelles à sa connexion avec la sorcière dont il est amoureux.
— Amortentia.
Le regard du Serdaigle glisse difficilement, à contrecœur, de Nellie à Adaline McBride. Pas vaillant mais il essaie de se donner l'air convaincant et sûr de ce qu'il avance.
— Je voulais tellement rejouer au Quidditch que j'ai utilisé de l'Amortentia sur Isha. Pour qu'il ait envie de me faire plaisir. Mais je n'ai pas anticipé les effets indésirables de la potion que je n'étais pas prêt à assumer. Comme je le disais, c'est pour ça que j'ai provoqué cette bagarre. Volontairement, en espérant qu'énerver Isha contrecarrerait l'envoûtement.
Restait à justifier que Nellie puisse savoir cela et lui éviter d'être taxée de complice. Mellitus avait l'impression d'être dans un train lancé à toute vitesse sur des rails qu'il devait poser devant au fur et à mesure pour ne pas se crasher. Pas fichu de réaliser que le train avait déraillé depuis longtemps et qu'il se débattait dans le vent. Son regard rejoint celui de la demi-vélane. Quelle horreur de devoir mentir éhontément droit dans ses yeux.
— Je suppose qu'en attendant que je revienne dans la salle commune, tu as cherché après moi ou un indice pour savoir où j'étais. Et comme j'ai laissé traîner mes affaires, tu as fini par tomber dessus et donc sur la fiole que j'ai utilisée. Trop tard pour prévenir un professeur. J'aurais dû la jeter mais je suis trop pingre pour ne pas recycler. Je fais un piètre empoisonneur.
Mellitus baisse le regard, n'a aucun mal à feindre la culpabilité de ses faux aveux car il porte bel et bien celle de les fabriquer.
— Voilà, tout est de ma faute. J'essayais de me couvrir en faisant semblant de protéger Isha. Mais je me suis planté, je n'ai plus qu'à affronter la sanction.
Message publié le 07/02/2026 à 04:12
Forcément. Son absence de la veille a alerté Nellie qui s'est inquiétée au point de s'en rendre malade. C'est déjà trop, mais mieux vaut ça que quelque chose de pire. Il lui suffira d'être rassurée et d'un peu de repos pour aller mieux. Et Mellitus veillerait à son chevet.
— Tout va bien, Nel. Tout va bien. Tout va bien. Repose-toi, mon amour.
Le Serdaigle n'a pas le temps de regretter d'avoir promis des réponses à l'infirmière. Finalement Isha n'y est pour rien. Enfin si, mais pas directement. Tant mieux, tant pis ? Mellitus voudrait revenir sur ses paroles mais c'est trop tard. Il s'en voudrait encore plus de se parjurer. Et déjà Adaline McBride l'entraîne sans concession vers le lit qu'il vient de quitter. Il n'a pas le temps de lui proférer une excuse ou de lui dire qu'il va nettoyer que c'est déjà fait. Assis sur le rebord du lit, son regard ne peut se détacher de la direction de Nellie. Elle ira bien puisque l'infirmière reprend son interrogatoire.
— Vous vouliez savoir ce qui est vraiment arrivé.
Comme si elle avait oublié. La question d'Adaline n'était que rhétorique, un moyen de l'inviter à délivrer ses explications. "J'ai été attaqué de dos, je n'ai rien vu." Ou encore "J'ai oublié, ce doit être le choc." Pas convaincant. De toute façon la vérité va devoir sortir. Mais ça ne signe pas la fin des négociations pour autant.
— C'était un incident isolé, croyez-moi. J'en suis sûr, je peux même m'en porter garant. Il n'y aucune raison que ça se reproduise. Et puis c'est moi qui ai provoqué cette bagarre.
Déjà à court d'idées, d'arguments. Décidément, ça avait dû cogner plus fort qu'il ne pense. Comment s'échapper ? Par quel artifice couvrir le responsable ? Qu'est-ce qu'il lui avait pris de promettre des explication à McBride ?
— C'était pas si grave. Je suis déjà sur pied, j'ai plus rien. Ça doit jouer en sa faveur, non ?
Allez, il fallait cracher le morceau. Même si c'était pire. Pire que quoi ? Mellitus se fichait de tout ça au fond. Ses rétines toujours braquées vers Nellie. Rien ne compte plus qu'elle. Tout le reste on peut s'en moquer.
— C'était, heu... Isha.
Voilà. C'était pas si compliqué. De trahir Isha. D'être un lâche en plus d'un félon. De se déshonorer en vendant quelqu'un par égoïsme. "T'es qu'une sale petite ordure, Mel." Ouais. Je sais. Mais du regret instantané nait une idée.
— Mais ça vaut rien ce que je dis. C'est pas une preuve. Je pourrais accuser n'importe qui.
Ses yeux s'agrippent à ceux de Madame McBride comme une supplication. Il voudrait tellement qu'elle lui dise qu'il a raison, que faute d'un témoin impartial, Isha ne serait pas inquiété. C'est la seule chose à laquelle il peut se raccrocher.
Message publié le 06/02/2026 à 12:56
Je tentai de rassurer Solange sur le fait que sa façon de me saluer ne m'avait pas dérangé, juste un peu surpris. Et puis je fus re-surpris quand elle me dit qu'on s'amusait à l'appeler Dark Angel, pas sûr de comprendre s'il y avait là un sous-entendu.
— Comme tu préfères. Désolé d'écorcher ton nom.
Que se passait-il quand on rassemblait trois jeune gens un peu mal assortis et apparemment un peu à part ? Silence un peu gêné. Le sentiment de devoir dire quelque chose sans savoir quoi. L'impression d'être la mise en situation d'une blague qui se terminait sur une mauvaise punchline. C'est une jolie demoiselle, une gothique extravertie et un boulet qui montent dans une calèche...
Et ensuite ? Une providence nommée Nellie. J'approuvai un peu vivement quand elle dit qu'on partageait la même maison. Et puis sa question me prit au dépourvu. Je la regardai un instant avec des yeux ronds de biche prise dans la lumière des phares. D'habitude c'était Isha qui me traînait derrière lui, à décider où on allait avant de m'abandonner devant le salon de thé de Madame Pieddodu. Je pouvais au moins procéder par élimination.
— Je serais déjà content de pas me coltiner Madame Pieddodu. On peut faire ce que vous voulez, je voulais juste prendre l'air. Je préconiserais d'éviter Zonko et Honeydukes en début de journée si vous voulez éviter un bain de foule. La plupart des élèves se précipitent là-bas et c'est bondé. Vaut mieux attendre l'aprèm. Heu...
J'étais à peu près sûr de commettre une bourde mais les interactions sociales n'étaient pas mon point fort et je n'avais hélas que des préjugés pour essayer de participer à la conversation alors tant pis, je tentai le tout pour le tout en m'adressant surtout à Solange.
— On peut commencer par aller voir la cabane hurlante si vous voulez. Enfin, genre, sans vouloir vous dire quoi faire. C'est genre vous qui voyez.
Ha ! que j'étais glorieux cerné de ces deux demoiselles qui se connaissaient et qui me faisaient la politesse de m'accepter parmi elles. J'aurais voulu disparaître dans mon siège si cela avait été possible.
Message publié le 06/02/2026 à 11:07
La réponse de l'infirmière le laisse songeur. Étrangement, il s'inquiète moins de s'imaginer vivre avec un seul œil que de se demander si Nellie ne le trouverait pas moins à son goût s'il devenait borgne. Le surréalisme de cette pensée lui arrache un hoquet de rire incongru. C'est qu'il s'y est accroché si vite et qu'il y tient si fort à son adorée demi-vélane et qu'il a l'impression qu'un rien pourrait la détourner de lui.
Mais Madame McBride ne lui laisse pas le loisir de s'inquiéter pour ses émois d'adolescent et lui fait comprendre que l'agression d'Isha pourrait encore être un problème ultérieur, ce qu'il n'a pas envisagé à ce stade. Mellitus se soucie trop peu de sa propre intégrité physique pour cracher le morceau mais la perspective que son ancien capitaine puisse réitérer avec quelqu'un qui aurait le malheur de se montrer trop familier avec la personne qu'il convoite rend l'acrobate mal à l'aise et le place dans un dilemme inconfortable. D'une part, protéger son ami et garder Nellie en dehors de ça. D'autre part, le bien commun. Tout le pousse à préférer la seconde option : son pragmatisme, son éducation dévote, le bon sens même. Pourtant, il hésite.
L'interruption presque immédiate de leur conversation ne lui donne pas l'occasion de méditer davantage sur le sujet. L'infirmière a des obligations et Mellitus hoche la tête avec entendement quand elle lui dit qu'elle revient. Pendant quelques secondes, le Serdaigle considère la possibilité d'entamer le petit-déjeuner sauf que... Nellie ? Est-ce que tu m'entends ? Nellie ?
La plateau vole par terre dans un fracas tandis que Mel saute de son lit sans aucune considération pour les blessures dont il se remet tout juste. Il ne lui faut qu'un instant pour être au chevet de Nellie à s'enfoncer les ongles dans la paume pour se retenir de la toucher de peur d'entraver le travail de Madame McBride. Mais ce n'est pas tenable et sa main ne tarde pas à se loger dans celle de l'être aimé. Envolées les considérations au sujet d'Isha, de la sécurité des autres élèves. Elle seule compte. Et son apparition finit de convaincre le jeune homme que le problème de l'école et de ses étudiants n'est pas le sien.
— Nel ! Que se passe-t-il, ma Lumière ? Madame, qu'est-ce qu'elle a ? Faites quelque chose !
Force est de constater que c'est là le point de rupture de Mellitus, la frontière de sa politesse et de sa calme réserve. Voilà qu'il se permet de donner des ordres à une adulte, triste déchéance d'un élève modèle. Mais n'a-t-elle pas déjà commencé quand il a décidé de couvrir Isha ? Même si les rouages de son esprit ne tournent pas rond dans ces circonstances, quelque part dans son subconscient s'inscrit l'information que les personnes auxquelles il tient constituent son point le plus faible et peuvent altérer son jugement.
Puis, succédant au reflux, le raz-de-marée s'abat subitement. Et si Isha s'en était pris à Nellie après lui ? Toute once de considération pour ce sale type déserte la raison et le cœur de Mellitus qui le voue au gémonies intérieurement et fait volte-face dans sa résolution fragile. Décidément pas réaliste quant à sa posture pour négocier avec l'infirmière dont c'est de toute façon sans aucun doute la priorité, il pose un regard intense sur cette dernière.
— Je vous dirai ce que vous voulez si vous l'aidez.
Comme si ça avait du sens. Mais le jeune amoureux apprenait seulement ce que pouvait faire ce sentiment. À commencer par détraquer la machine d'ordinaire rationnelle qui siégeait sous son crâne pour le faire parler et agir sans réfléchir.
Message publié le 05/02/2026 à 17:33
Assis dos contre la tête de lit, l'élève regarde distraitement son plateau qu'il triture sans manger. Ses yeux ne cherchent qu'à fuir le regard inquisiteur de l'infirmière car la honte qui le tiraille ne peut que l'empêcher d'entretenir son piètre mensonge. S'il avait été un peu plus en état de réfléchir la veille avant d'échouer dans le domaine d'Adaline McBride, il aurait pu élaborer quelque chose de plus convaincant.
— Aveugle... c'était si grave que ça ?
Futile tentative pour gagner du temps. Bien que la médicomage de l'école ait fait un travail remarquable, le traumatisme subit et la pénible nuit passée avec d'insoutenables picotements qui auraient fait passer le tabassage pour une sinécure forment des conditions dans lesquelles Mellitus ne peut tout simplement pas fonctionner normalement. Et puis mentir n'a jamais été son fort ni même sa volonté. Autant aborder une autre stratégie et tenter de négocier.
— Je comprends que je vous manque de respect avec cette histoire d'escaliers. Je vous prie de bien vouloir m'excuser de vous mentir mais j'ai besoin que ça reste l'explication officielle. S'il-vous-plaît, Madame McBride.
Quelque part en lui, le Serdaigle trouve la force de soutenir le regard d'Adaline, cherchant à démontrer sa détermination à maintenir sa version. Impossible de la duper, elle sait que son tour de passe-passe n'est qu'une illusion. Mais tant qu'il ne lui révèle pas l'astuce, elle ne peut deviner dans quelle manche il a caché ses cartes et c'est tout ce qui compte. Mel baisse pourtant rapidement les yeux, cesse de jouer avec son petit-déjeuner. Il n'a pas faim et il serait discourtois de manger pendant la conversation. Ce n'est vraiment pas le moment pour ça mais quitte à se retrouver en tête-à-tête avec l'infirmière et faute d'avoir eu le temps de trouver une alternative à sa demande optimiste, il pousse un soupir avant de faire le saut de l'ange en relevant les yeux.
— Dites... j'ai conscience que c'est déplacé de vous poser la question maintenant mais, heu... Est-ce, est-ce que ce serait envisageable de faire genre, comme un genre de stage ? Ici, cet été. Je veux dire, observer votre travail et vous donner un coup de main. Je peux faire le ménage et, je sais pas, des trucs quoi. Si c'est possible. Mais je suppose que vous restez pas ici quand y a pas d'élève. Laissez tomber. Désolé de vous avoir importunée.
Le regard du jeune homme se perd dans le vague. Peut-être que dans l'Allée des Embrumes il pourrait trouver un établissement pas trop regardant qui l'hébergerait contre services. Aucune chance d'approfondir son cursus d'éducation magique dans pareilles conditions mais ce serait mieux que d'être à la rue. Et puis, tout moldu qu'il se considère encore, il n'a plus sa place depuis longtemps dans ce monde-là qui l'a vu naître. La voix intérieure n'a pas besoin de plus pour revenir le tourmenter et le harceler de tous les défauts qu'il accumule. Notamment son ingratitude chronique.
— Au fait. Merci, Madame. Pour vos bons soins. Je me sens mieux, tente-t-il de lui sourire un peu pathétiquement.
Message publié le 04/02/2026 à 22:07
Mellitus ne répond pas. Ses yeux sont baissés de honte à cause du secret qu'il doit s'efforcer de garder et de l'ingratitude manifeste dont il fait preuve, et pas qu'envers son interlocuteur.
— Elle a dit que tu devais être là, pauvre tache. Tu comprends ce que je dis ? Elle ne viendra pas me voir si tu ramènes pas ton cul de fayot sur le terrain. Je t'ai prêté mon balai, je t'ai rendu ta place dans l'équipe, tu me le dois.
Forcément, puisqu'il ne le regardait pas, Mel est surpris quand les chaussures d'Isha apparaissent sous son regard et que ce dernier le saisit par le col sans ménagement pour le soulever. Les poings de l'accusé se crispent mais il n'a aucune intention de frapper. Pas son ami. C'est une autre barrière qui cède à la place. Il n'est pas fait pour le mensonge, autant lui dire ce qu'il en est exactement. Enfin, peut-être pas exactement, pour ne pas embarrasser Nellie davantage mais pour clouer le bec du capitaine.
— Et pourquoi elle t'a demandé de me reprendre à ton avis ? Elle sort avec moi. C'est moi qu'elle viendrait voir aux matchs !
— Fils de...
Le dernier mot de l'insulte produit étrangement le son sourd d'une arcade sourcilière qui s'ouvre tandis qu'une vive douleur étourdit Mellitus dont la vue se trouble à cause du sang qui coule dans son œil. Isha le laisse retomber sur ses pieds et il titube brièvement avant d'être agenouillé par un second coup de poing dans le foie. L'enfoiré sait cogner, c'est clair. L'acrobate n'envisage même pas de répliquer, il accepte son sort. De toute façon, il n'est déjà plus en état de se battre, même s'il voulait essayer. C'est la mâchoire qui encaisse le dernier coup de poing qui l'étale sur le sol de la tour de l'horloge où Isha devait "lui parler d'un truc hyper important". Une fois par terre, c'est à grands coup de pieds dans les côtes que son ami l'achève en crachant tout le vocabulaire fleuri qu'il connaît.
Une fois l'ouragan passé, Mellitus ne sait plus trop où il est exactement. Il a bien senti que quelques craquements advenus durant le passage à tabac étaient des côtes qui se fêlaient, il sait qu'il voit rouge au sens littéral et que ses jambes n'ont tout simplement pas la force de le porter. L'escalier n'est pas loin. Lentement, fastidieusement, Mellitus rampe jusqu'en bas en prenant le risque insensé de les dégringoler. Ce n'est qu'une fois dans les couloirs plus fréquentés que deux condisciples en grande conversation l'aperçoivent et ont la bonté d'âme de l'emmener à l'infirmerie à l'aide du sortilège Mobilicorpus. Dieu soit loué. Le Serdaigle n'est pas bien sûr d'avoir réussi à articuler un remerciement, pas faute pourtant d'avoir essayé tout le long du trajet.
Une fois installé dans un lit de l'infirmerie et couvert du regard inquiet et bienveillant d'Adaline McBride, dont il peine à identifier les sons qui sortent de sa bouche, il s'efforce de prononcer quelques mots pour, en dépit de tout, couvrir son meilleur ami.
— J'ai... chute... esca... liers.
Bien que dans un état second, il est encore suffisamment lucide pour savoir pertinemment qu'il insulte l'intelligence de l'infirmière. Mais qu'importe qu'elle insiste et le presse de toutes les questions qu'elle voudra, sa version ne changera pas. Mellitus est déjà un lâche, un traître et un ingrat. Pas question d'ajouter balance à la liste.
Notes de musique et notes de recherches
Message publié le 04/02/2026 à 03:04
Obscurité, un froissement vague. Que se passait-il ? Impossible de distinguer plus que la rumeur d'un tissu qui virevoltait dans l'air. Puis la voix de Nel, hésitante, un peu tremblante. Le jeune homme répondit par l'affirmative avant de juger sûr d'enlever l'écharpe qui l'aveuglait. Mais ce n'était pas sûr. Les mains vibrantes de la sorcière alarmèrent Mellitus qui s'en saisit en soutenant le regard aimé.
— Nel ! Qu'est-ce qui ne va pas ?
Évidemment. Il n'était pas le seul à être mis à l'épreuve ce soir. Elle aussi devait résister à la tentation, se forcer à ne pas le forcer. Comme toujours avec les deux cœurs battant à l'unisson, ce ne pouvait pas être elle contre lui. C'était encore eux deux, ensemble. C'était à peine un début qu'une pause s'imposait déjà. Une embrassade, quelques mots pour la rassurer. Lui dire et lui montrer qu'elle n'avait rien à craindre, qu'il souhaitait lui appartenir. Mais pour toute chose une preuve était nécessaire.
— En toute logique, si je ne sais pas que tu libères ton pouvoir, je ne risque pas d'y succomber. Mais je ne peux pas fermer les yeux à chaque fois qu'on est ensemble. Faisons un test pendant que je te regarde. Il n'y a pas de raison que je résiste mais ce n'est pas grave. Ne t'arrête pas, laisse-moi un peu de temps pour essayer de... rassembler mes esprits. Mais avant...
Deux gourdes de chocolat chaud. C'était niais et il le savait mais Mellitus avait dessiné la moitié d'un cœur sur chacune. Il en but une généreuse lampée avant de planter des yeux déterminés dans ceux de Nellie et de hocher la tête.
— Prête ? Désolé d'avance pour tout ce que je vais dire. Je le pense, tu sais. C'est juste que ça ne sort pas comme je le voudrais. Mais surtout, je tiens à ce que tu saches. Le besoin de toi ne remplace pas l'envie. Il ne fait que s'ajouter. Bien, quand tu veux.
Le Serdaigle poussa un souffle pour se motiver. "Et si elle t'envoûte pour de bon ? Enferme ton esprit et te garde contre ta volonté ?" Chut. Pas maintenant. C'est Nel, c'est ma Lumière. Elle ne ferait jamais ça. "Elle pourrait. Il suffit qu'elle veuille. Est-ce qu'elle en vaut le risque ?" Oui. Évidemment. C'est ma Lumière, Nel. On s'aime. "Regarde, comme elle scintille. Tu as besoin..."
Même la voix s'était tue. N'était-il pas mieux ainsi, sans cette perfide compagnie de tous les instants ? Qui se permettait l'impertinence de douter de sa Déesse, rien que ça. Le silence. Et la grâce parfaite de cette demi-vélane à laquelle il appartenait, voulait appartenir pour toujours. Qu'est-ce que c'était que ça, à l'instant ? Une pensée ? Lutter ? Pourquoi penser, pourquoi lutter ? N'était-ce pas tellement plus simple, plus agréable de se laisser aller ? Oui, tout était si simple quand on était à Nellie. Nul besoin de réfléchir, seulement de la servir. Faire tout ce qu'elle voulait. Cette Nellie qui était non pas une mais La Déesse. La seule. Elle savait forcément ce qu'il fallait à Mellitus, ce qui était mieux pour lui. Et le mieux c'était de s'abandonner.
Message publié le 03/02/2026 à 04:22
Si ça ce n'était pas un exploit de s'embarrasser en embarrassant quelqu'un d'autre. Emmêlement et confusion se chevauchaient alors que cette demoiselle acceptait que je les rejoigne, ou demandait de nous rejoindre ? J'étais perdu. Et puis, des formalités certes polies mais qui me semblaient un peu protocolaires pour un trinôme d'élèves en sortie scolaire. Suivies de... "Mais qu'est-ce qu'elle fait ?" Je restai bouchée bée de la soudaine familiarité de Solange qui me prit dans son parfum si vite après s'être fendue d'un "enchantée". Je lui souris en essayant de ne pas avoir l'air trop décontenancé par ses bises avant que Nellie ne revienne à la charge aussi, quoiqu'avec moins d'audace.
— Enchanté également, Soulhenge, Nellie, articulai-je tant bien que mal malgré la difficulté pour appliquer la prononciation correcte du prénom de Solange. C'était plus facile avec Nelly où il me suffisait de faire traîner un peu le dernier son.
Pourquoi une ancienne amie ? Elles m'avaient l'air de toujours être parfaitement amies toutes les deux. Puis je compris qu'elles n'avaient simplement plus eu l'occasion de se voir et me tint un peu en retrait de leur conversation pour leur laisser rattraper le temps perdu. Elles avaient forcément plus envie de discuter entre elles qu'avec le mec un peu parasitaire qui se tapait l'incruste. Je me surpris à penser qu'on devait être le trio le moins assortis de l'école entre la tenue relativement classique de Nellie, le style gothique de Solange et ma dégaine décontractée de moldu. Je souris pour moi-même à cette idée en me disant que c'était quand même plus sympa de se retrouver fortuitement avec des personnes si différentes et d'apprendre à connaître, même superficiellement, des cultures et des caractères variés. Tout à coup, Isha me manquait beaucoup moins.