Harry Potter RPG

Liste des messages de Mellitus Cavell

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Notes de musique et notes de recherches

Message publié le 02/02/2026 à 03:14

Dès que Nel était à portée, c'était comme si un puissant aimant attirait leurs mains, leurs lèvres. Avec le manque de distance, Mellitus avait cette irrépressible envie d'être collé à elle, de sentir sa chaleur au bout de ses doigts, son souffle sur sa nuque. Mais ils n'étaient pas seuls et cela ne se faisait pas alors il se contenta du contact agréable de leurs paumes l'une contre l'autre, discrètement, innocemment. Par petits coups d'œil, une conversation secrète prit place entre les amoureux.

 

Si tu as peur c'est contradictoire avec le fait d'être prête. On n'est pas obligés.

 

Comment ça, un poème ? Il s'était déjà suffisamment couvert de honte en essayant de lui en déclamer à l'improviste quand il était sous son charme, il n'était pas question qu'il lui inflige encore la pénible expérience même sous la forme d'un billet doux. Pourtant elle le lui demandait et ils étaient en train de communiquer en s'échangeant des phrases sur leurs parchemins respectifs. C'était peut-être la meilleure occasion d'accéder à sa requête sans être trop ridicule estima-t-il. Et puis la salle n'était toujours pas vide alors il avait un peu de temps devant lui.

 

Non, je fais seulement semblant d'écrire mon devoir. Mais attends, je vais essayer de faire quelque chose si tu y tiens.

 

Tout en continuant sa discussion muette avec Nel, Mellitus profitait des moments où celle-ci écrivait pour lui répondre afin de tenter l'exercice. Après tout, elle avait bien accepté la lubie du Serdaigle, il pouvait tout autant lui accorder ce petit geste. Il griffonna fastidieusement, petit à petit, une ballade. Le résultat à la fin était techniquement parfait : structure, rythme , forme... tous les aspects théoriques qui définissaient cette forme de poème étaient présents. Mais le fond manquait cruellement. Les mots n'exprimaient pas ce qu'il voulait dire, la formulation était artificielle, sans la saveur de l'art. Mellitus n'était pas dupe, la médiocrité de son œuvre ne faisait aucun doute. Néanmoins, il soumit le poème raté à Nellie avant de jeter un coup d'œil circulaire. Cela lui avait pris longtemps car les derniers élèves allaient rejoindre leur dortoir.

 

Sitôt seuls, Mellitus se pencha vers Nel pour lui prendre un petit baiser chaste avant de l'enlacer et de profiter pleinement de cette sensation de plénitude qui n'existait que dans l'étreinte avec sa Lumière. Puis il se dirigea vers la cheminée pour tenter d'en raviver la flamme en l'éventant avec son cahier. Les réflexes de sorcier n'étaient toujours pas un acquis pour lui. 

 

— Malheureusement, je n'ai pas découvert quoi que ce soit de probant à la bibliothèque. Donc je propose de passer directement à la phase de détermination des circonstances dans lesquelles tu pourrais me... enfin, tu sais quoi. Comme notre cerveau interprète notre perception du monde à travers les cinq sens, je me suis dit que ce serait un bon début de voir si l'un d'eux est plus affecté par ton pouvoir. On va essayer avec un truc à la fois et puis on passera aux choses sérieuses.

 

L'écharpe fut le premier objet extirpé du sac à dos, suivi de près par le petit carnet de notes dédié.

 

— Vu qu'il y a une certaine transformation physique, je me suis dit que le plus évident était la vue. On va essayer de me bander les yeux et de définir dans quel mesure ça impacte l'efficacité de ton pouvoir.

 

Ça avait l'air simple en apparence mais tout ceci avait des implications somme toute importante pour l'avenir des deux tourtereaux. Et puis, Mellitus réalisait que lui permettre d'essayer de trouver le moyen de lui résister était un grand gage de confiance que lui accordait Nellie. Il prit donc la peine de profiter d'un moment de tendresse insouciante avec elle et de la couvrir d'amour tout en s'assurant une énième fois qu'elle était déterminée à poursuivre le sabotage d'une part d'elle-même. C'était beaucoup plus délicat qu'il n'y paraissait. 


Lardinage du nouvel an

Message publié le 01/02/2026 à 15:55

J'allais répondre à ma condisciple quand une demoiselle au style excentrique s'approcha de nous et l'aborda dans une langue étrangère que j'identifiai vaguement comme d'origine latine mais sans savoir de laquelle il s'agissait exactement. En tout cas, elle connaissait manifestement Nellie et malgré ce que venait de me dire celle-ci, l'impression d'être de trop m'envahit subitement. Certes, ma camarade de maison était d'accord pour que je l'accompagnasse mais son amie partageait-elle son opinion ? Déjà près de la calèche, je leur tends à toutes les deux la main pour les aider à monter.

 

— Nellie, heu... mademoiselle ? tentai-je, n'ayant pas compris un mot de ce qu'elle avait dit. Je demandais à Nellie si je pouvais me joindre à vous. Au fait, Mel. Enfin, Mellitus.

 

J'espérais que cette personne qui rejoignait son amie ne verrait pas non plus d'inconvénient à ma présence. Je pouvais m'accommoder qu'elles discutassent entre elles sans que j'y comprenne rien, c'eût même peut-être été mieux que de devoir leur infliger ma conversation. Mais si cette jeune femme me trouvait importun, je revenais un pas en arrière et n'avais plus qu'à traîner mes pieds vers le château et rentrer défait me coucher dans mon lit à côté d'un ami qui ne m'attendait pas.


Notes de musique et notes de recherches

Message publié le 01/02/2026 à 14:52

Même avec l'esprit captif des brumes oniriques du royaume de Morphée, Mellitus sentait que cette minuscule pause lui avait été grandement bénéfique. Il releva la tête et se gratta la joue où le contact prolongé avec le vieux cuir rêche l'avait un peu irrité et s'étonna d'y sentir de profond sillons aux formes étrangement régulières, comme taillés au biseau. Son regard s'attarda sur la couverture du livre qui lui avait servi d'oreiller de fortune et il lui fallut un peu trop longtemps pour faire le lien entre les traces sur son visage et les lettres en laiton qui en dépassaient pour écrire le titre "Mille et deux envoûtements et leurs contres". La consultation de sa montre lui apprit que sa petite pause avait duré trois heures. Sans plus de temps pour ses vaines recherches avant le rendez-vous fixé avec Nel, Mel se dépêcha de remballer la pile de livres et le "Viyli ot Balgariya"  encore ouvert en vis-à-vis d'un tableau phonétique de l'alphabet cyrillique et d'un dictionnaire bulgare, comme si lire une langue étrangère s'improvisait.

 

La phase théorique de ses recherches sur le moyen de résister au charme de vélane de Nellie n'ayant pas abouti jusqu'ici, le nombres d'archives évoquant seulement cette possibilité faisant cruellement défaut, l'heure était venue de passer à la pratique et à l'expérimentation. La première étape pour Mellitus consistait à déterminer quelles étaient les conditions d'exposition à la magie séductrice. Avait-il besoin de voir Nellie pour lui succomber totalement ? Pouvait-elle l'envoûter avec sa voix ? Est-ce que la musique qu'elle jouait amplifiait la puissance de son pouvoir ? S'il devait être tout à fait franc, ces questions lui apparaissaient d'autant plus passionnantes qu'il s'était piqué de curiosité concernant leurs réponses en plus de la nécessité de régler le problème de potentielle dépendance dans le couple que formaient désormais la demi-vélane et l'acrobate. Mais il devait essayer de ne pas se montrer trop enthousiaste pour éviter que Nel pense qu'il prenait ça pour un jeu.

 

Le Serdaigle quitta la bibliothèque pour monter dans la tour de sa maison et prépara ce qu'il avait prévu pour cette première tentative. Écharpe, bouchons d'oreilles fabriqués avec de la cire de bougie fondue et carnet de notes vierge. Plus deux thermos de chocolat chaud purement pour le plaisir. Tout ça fourré dans son sac d'école, il s'installa à une table d'étude en prétextant entamer un devoir à faire pour le lendemain matin qui était en réalité déjà prêt à remettre au professeur. Tout en griffonnant distraitement sur le parchemin étalé devant lui, Mellitus regardait impatiemment la salle se vider alors que la nuit avançait. "Allez, on dégage les lieux, disait la voix muette de son esprit. J'ai rendez-vous avec la science. Et surtout, avec ma Lumière."


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 30/01/2026 à 00:52

Ses grands yeux expressifs qui jonglaient entre joie, surprise, embarras... que c'était douloureux de les voir brillants, déversant sur les joues de Nel un hameçon d'ondée pour aller pêcher un sourire fragile et le remplacer par la grimace de toute la peine accumulée d'une jeune fille si douce qui évoluait dans un environnement impitoyable. Mellitus avait à moitié ri en la voyant s'étonner qu'Isha se soit complètement entiché d'elle et il hésita à lui dire qu'il disait déjà ça pour les nombreuses autres "femmes de sa vie" qui avaient précédé Nellie.

 

— Oui ! et je ne te fais pas la liste exhaustives des éloges qu'il t'a faites. Certaines n'étaient pas tout à fait du meilleur goût.

 

Puis il écouta attentivement sa petite amie se confier à lui au sujet de sa famille. Des sœurs et une maman qui n'hésitaient pas à profiter des avantages de leur nature, les doutes que Nellie avait éprouvés concernant le fait d'être comme elles et finalement la déchirante confession qu'elle se sentait comme un monstre. Mellitus ne sut pas quoi répondre, se contenta d'être l'épaule sur laquelle elle pouvait poser ses angoisses en toute confiance. Parfois, les mots ne servaient à rien. Peut-être qu'elle avait juste besoin de partager les lourds secrets de son cœur. Il lui prit la main et fixa intensément son regard. Au pire moment possible, il n'eut pas le temps de comprendre ce qui se jouait sous ses yeux que déjà l'envoûtement le happait, lui volait ses pensées et l'emprisonnait dans le besoin de Nellie. Sa mâchoire se décrocha légèrement, il se laissa tomber à genoux devant sa bien-aimée, la seule femme qui importât jamais dans l'univers, sa Déesse. Le Créateur pouvait bien bouffer son omnipotence, elle ne valait rien à côté de la grandeur de Nellie.

 

— Ma Déesse, comment douter de ce que je ressens ? Ma dévotion est à toi pour l'éternité. Enchaînes-moi si tu veux, je porterai fièrement la laisse si tu la tiens de tes doigts si agiles. Le monde t'appartient, tout le monde devrait clamer ta grandeur et ta beauté. Je fabriquerai des bijoux faits de feu pour te parer, je volerai jusqu'à Uranus pour dévier sur ton corps ses pluie de diamants, je créerai un royaume pour t'en faire Reine. Ce ne serait pas encore suffisant pour que je mérite l'honneur de ton regard posé sur moi. Je t'en supplie, ne détourne pas les yeux sinon j'en mourrais de chagrin.

 

Privé de sa lucidité, Mellitus se répandit longuement en éloges et débita sans retenue ses pathétiques tentatives poétiques. Sa verve finit par s'amenuiser quand les engrenages reprirent doucement leur cours habituel et accablèrent Mellitus de la réalisation de ce qu'il venait de faire. Tétanisé, il sentit remonter en lui cette envie de fuir, la peur que Nellie pût d'un seul regard lui dérober quelque chose qu'il ne voulait pas lui céder. Son bon sens, son esprit critique, son libre arbitre. Et la nausée accompagnait cette horrible sensation. Ses yeux perdus se raccrochaient désespérément à ceux de Nellie, cherchant à y lire si c'était sa peur de le perdre qui avait libéré malgré elle son pouvoir ou si elle s'était laissée aller consciemment. Il n'était pas sûr de vouloir connaître la réponse à cette question.

 

Il se releva et tourna le dos à Nellie, plongeant son regard vers le soleil pâle dissimulé derrière les nuages d'hiver comme s'il voulait s'y brûler la rétine pour ne jamais plus que ses yeux succombent au charme de la demi-vélane. Et surtout, il ne voulait pas qu'elle y décèle le trouble qui le torturait, la pensée fugace que ça ne pourrait pas marcher, qu'il ne supporterait pas d'être à chaque instant à sa merci. Il fallait réfléchir. Trouver une solution. Aucune énigme n'était sans réponse. S'il le fallait, Mellitus trancherait le nœud gordien qui risquait de lui coûter Nellie. Il ne pouvait la perdre si vite après avoir découvert l'amour. Ils venaient de s'en faire la promesse : elle était sienne et il était sien.

 

— On va trouver quelque chose. Je suis sûr de... de moi, de mes sentiments. De t'ai...

 

Non, pas comme ça. Il se retourna, tant pis si elle voyait la larme traîtresse qui lui avait échappé de l'œil.

 

— De t'aimer. Je t'aime, Nel. Ma Lumière. J'atomiserai le moindre reflet de doute que tu pourrais avoir à ce sujet. On surmontera ça. Je ne veux pas te perdre, je ne peux pas.

 

Mellitus s'approcha d'elle, lui prit les mains, posa son front contre le sien.

 

— Je vais fouiller la bibliothèque. On fera des expériences. J'apprendrai. Je serai tiens, inconditionnellement. Mais je le serai volontairement. Tu en vaux la peine. On y arrivera, je le sais. Ensemble, Nel. Ensemble.


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 28/01/2026 à 09:22

L'adrénaline chuta vite et fort, comme il aurait pu le faire lui-même au moindre faux pas lors de ce ballet aérien. Et en atterrissant, la chute brisa non pas ses os mais sa confiance et sa satisfaction. Nel était manifestement très inquiète, ce à quoi il pouvait s'attendre un peu car il avait compris qu'elle tenait à lui et qu'il prenait des risques insensés là-haut dans le ciel pour un frisson d'extase qui était certes jouissif mais loin de valoir d'y laisser la vie. Et puis il comprit que la racine de son inquiétude était plus profonde que cela en réalité alors qu'elle parlait d'Isha. Et cette façon qu'elle avait de lui voler ses mots. Mellitus, en guise de réponse, la serra dans ses bras avec toute la force qu'il osa déployer sans lui faire mal. Il lui fallut du temps pour lui dire quelque chose.

 

— Nel, comment pourrais-je être fâché ? Moi aussi je croyais vouloir rejouer. Mais c'est grâce à toi que j'ai compris que ce n'était pas ma vocation. J'ai besoin de voler à ma façon. Et sans toi je ne suis pas sûr que je serais jamais remonté sur un balai. Merci, Nel, c'est vraiment grâce à toi.

 

Mellitus aurait pu s'arrêter là. Peut-être même dû. Mais le mensonge qu'il avait servi à Nellie pesait déjà comme une boule de plomb dans son estomac et il avait du mal à ne pas vouloir s'expliquer, justifier la réflexion qui motivait ses gestes. Emmêlé dans le travers de son habitude de trop s'étendre, il parla parce qu'il croyait que c'était nécessaire, pour être honnête avec Nellie et pour essayer de ne pas tomber dans les malentendus.

 

— Isha va vouloir me démolir en apprenant que je sors avec "la femme de sa vie". Mais j'ai son balai en otage, ça devrait me couvrir. Et je suis désolé de t'avoir fait peur. C'est que... je ne peux pas rejoindre l'équipe. Je sais que tu es allée voir Isha pour me faire plaisir, je n'ai aucun doute à ce sujet. Mais je ne peux pas rejouer en sachant que tu t'es sacrifiée pour ça. L'autre soir, dans la salle commune, j'ai vu ton désarroi. J'ai senti que ce pouvoir t'empoisonnait l'existence depuis l'intérieur. Je ne veux pas que tu aies l'impression que ça te définit. Tu es Nel, pleine et entière. Je t'aime pour ce que tu es, pour la sorcière douce et attachante qui m'enlève les mots de la bouche. Je t'aime avec cette partie vélane en toi. Tu n'es ni juste l'une ni juste l'autre. Tu es les deux à la fois, Nel. Et tu es parfaite comme ça.


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 26/01/2026 à 04:02

La voix de Nellie semblait dicter le rythme du muscle cardiaque de Mellitus. Une question incongrue surgit dans sa tête, énoncée par la voix familière. "Est-ce qu'elle chante ?" Mais ce n'était pas le moment pour ça. Au début, il souriait. Il souriait depuis le début en fait, mais peut-être un peu plus de savoir que dans sa sincérité touchante, Nel était allée à la rencontre d'Isha pour défendre sa cause. Le Serdaigle n'imaginait que trop bien son ami fondre devant les beaux yeux pâles — pour Isha c'étaient toujours les yeux — et acquiescer... n'importe. Quoi. Les engrenages du cerveau de Mellitus s'enrayèrent, grincèrent, ralentirent et finirent par bloquer sur ce qu'il ne voulait pas mal interpréter. Isha avait accepté de le réintégrer. Parce qu'il était sous le charme de Nellie. Sous son charme. Cette fois, la voix qui lui renvoyait des échos indésirables était celle du capitaine. "La femme de ma vie. Une Dame. Elle va venir me voir au prochain match."

 

C'était presque trop évident. Et par toutes les extrapolations possibles et inimaginables, Mellitus s'acharna à essayer de faire en sorte que deux et deux donnent cinq ou six ou peu importe, tout mais pas quatre. Sauf que deux et deux faisaient toujours quatre. La logique ne se préoccupait pas des émotions ni des sentiments. Elle se contrefichait éperdument de ce que ressentait un adolescent qui essayait d'échapper à la conclusion que sa petite amie avait séduit son meilleur ami. Par magie, tant qu'à faire. Il ne souriait plus.

 

Il entendait Nel parler, comprenait ses mots mais était incapable de répondre. Alors c'était tout ? Quelques rendez-vous plus ou moins impromptus, des émois qu'on ne voyait pas venir et des jours de migraine à se taper la tête contre un mur parce qu'on ne ne savait pas ce qu'il se passait ; tout ça pour finir par sentir un château construit de verre s'effondrer sous nos pieds. À cause de la jalousie. Ce laid mot que les amoureux posaient entre eux et le monde pour préserver leur relation. Parce qu'ils avaient peur que laisser l'autre vivre sa vie ne gâchât leur petit bonheur égoïste. Parce qu'ils ne partageaient pas leur amour, ils le possédaient. Cette mauvaise façon d'aimer qui rendait tout si fragile, fragile comme un château de verre. Cet amoureux-là n'avait pas envie d'être jaloux. Mais le choisissait-on ?

 

Le visage inquiet de Nel se dessina sans que Mellitus sût si c'était réel ou le fruit de son imagination. Sourcils froncés, ride ingrate, lèvres affaissées. Il avait peur de cela. De voir le sourire disparaître, de replonger Nel dans ses angoisses et la faire se sentir un monstre à nouveau. Elle n'était pas un monstre. Pas si il refusait ce cadeau empoisonné qu'elle lui présentait en toute innocence. Il n'en avait aucune envie mais c'était nécessaire. En espérant que cette fissure ne fût pas à l'avenir celle qui ferait s'effondrer leur château de pierre. Que Nel ne chercherait jamais plus loin. Il lui mentit.

 

— Nel, je... te remercie. D'avoir fait ça pour moi.

 

Il n'était pas reconnaissant.

 

— Mais je ne voulais pas rejouer au Quidditch. Pas vraiment. Je voulais juste voler. Je sais que cette chose qui t'a sauté aux yeux chez moi existe mais tu ne l'as pas encore vue. Je vais te montrer.

 

Le menteur enfourcha de nouveau le balai pour décoller seul cette fois. Il avait eu le temps, avec Nel, de le comprendre, de l'apprivoiser. N'en avait pas vraiment eu besoin. Il était si docile, ce serait presque trop facile. Mellitus avait l'impression de tricher. Le bolide démarra à toute allure en ligne droite vers le ciel et l'aigle se dévoila. Vrilles, looping, tail whip, superman. Des acrobaties empruntées à droite et à gauche dans les sports moldus. De plus en plus audacieux. Peu avant son apothéose, Mellitus se mit debout sur le balai pour effectuer un salto arrière à des dizaines de mètres d'altitude. Le sortilège de Nellie ne ferait pas une grande différence s'il chutait ainsi. Mais c'était impossible. Le balai n'était qu'un accessoire, une décoration. C'étaient les ailes de l'aigle qui le portaient. Et pour finir de très haut, sa figure préférée. Le saut de l'ange. Tête en bas, bras écartés et le balai à peine retenu entre ses chevilles. Un tour qui n'en était pas vraiment un s'il ne redressait pas au dernier moment pour repartir en rase motte avant de rejoindre Nel et se poser, non sans style, à ses côtés.

 

— On peut difficilement appeler ça du Quidditch mais qu'est-ce que c'est bon ! Et surtout, je n'ai pas besoin de m'entraîner. Ça nous laissera plus de temps ensemble.

 

Révélé dans toute sa splendeur et sa laideur. La modestie n'avait pas su le suivre, était restée quelque part là en l'air, loin. Le péché de Mellitus apparaissait avec limpidité. L'orgueil.


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 24/01/2026 à 05:06

Ce fut comme une éternité qui passe en un instant. Une addiction créée d'un claquement de doigt. Sitôt les lèvres aimées éloignées des siennes, elles manquèrent à Mellitus. Pour être remplacée par un autre doux miel qui le plongea dans une léthargie extatique. On s'abandonne pas.

 

— Non, jamais. Je ne veux pas me souvenir de ce qu'est la vie sans toi.

 

Le compliment, s'il était sincère et agréable dans la bouche de Nel, laissa pourtant un goût amer au jeune homme. Il se dit que ses doutes trouveraient peut-être une oreille attentive en elle. Mais allait-elle accepter de l'écouter se plaindre ? Surtout se plaindre de la chance qu'il avait, ingrat qu'il était. Où n'était-elle pas là avec lui que pour les bons moments et le frisson du plaisir, d'un désir qui avait mué l'amitié en amour ? Peu importe, il devait lui annoncer quelque chose de toute façon, autant expédier les incertitudes dans la foulée. Mais Mellitus n'eut pas le temps de retrouver l'usage des mots et de la parole. Déjà, ces lèvres si délicates revenaient le chercher, l'emmener avec ardeur. Le Serdaigle oublia qu'il ne savait pas embrasser. Il s'abandonna et rendit à... "Mon amour, mon cœur, ma vie..." ; son baiser avec passion. Elle était tout cela et tellement plus à la fois.

 

Il fit tout pour profiter de l'instant, pour prolonger ce merveilleux moment. Quelque part, tapi tout autour d'eux, le temps attendait que les amoureux daignent lui rendre son emprise. Il attendit longtemps. Pas besoin de beaux mots ni de longs discours, ensemble ils échangèrent tant et plus encore en regards et en silences. Il s'aimèrent toute une vie avant de permettre à la vie de continuer.

 

Ce n'est que quand il sembla à Mellitus que le choix ne s'offrait plus à eux, que s'ils continuaient comme cela ils finiraient par se consumer ; qu'il aborda un autre sujet. ils auraient encore tant et tant d'occasions de s'aimer, de se dire et de ne pas se dire tout ce qu'ils ressentaient. D'enrichir leur idylle naissante d'expériences et de souvenirs.

 

— Je n'ai pas ma place dans une équipe de Quidditch. Je sais voler, oui. Mais je ne t'ai pas montré comment. Tu aurais peut-être eu peur. Ou plutôt, j'aurais eu peur pour toi. Mais il y a une chose que je ne comprends pas. Isha m'a prêté son balai et m'a dit de m'entraîner pour revenir dans l'équipe. Ils font des matchs clandestins. Pourquoi me demander de revenir maintenant ?

 

Avec les pieds un peu mieux ancrés sur terre, l'inévitable redevenait une préoccupation. Le quotidien de l'école, les ASPIC et maintenant la reprise des entraînements pour lui. La vie ne pouvait hélas pas se résumer à se regarder et se toucher avec Nel, à se perdre dans la profondeur de ses yeux clairs et à s'oublier dans sa voix. Mais Mellitus avait envie de plus avec elle. De plus d'elle.

 

— J'aimerais qu'on puisse passer plus de temps ensemble. Mais on ne peut pas empêcher l'horloge de tourner. J'ai promis à Isha que je m'entraînerais avant cet après-midi. J'aimerais revenir sur ma parole et te consacrer toute la matinée, la journée même. Et celle de demain et toutes les autres à suivre. Mais on peut pas se dérober à l'ordre des choses. L'après-midi viendra quand bien même je le refuserais de toutes mes forces.

 

Les yeux plantés dans ceux de Nel, il lui reprit la main avec fébrilité. Serait-ce exagérer que de l'embrasser de nouveau ?

 

— J'ai un goût de trop peu de toi mais je suis heureux. Que nous soyons plus que des amis. Si c'est ce que tu désires aussi.


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 23/01/2026 à 00:45

Rien. Doutes et certitudes. Peur et courage. Concret et abstrait. Rien ne demeurait. Un battement frénétique contre lui, auquel répondait celui en son sein. Le poids apaisant sur son épaule. Suspendus dans les airs et le temps, les aigles se trouvèrent. À quoi bon chercher des mots pour quelque chose qui ne peut s'exprimer ? C'était une évidence. Les évidences ne s'expliquent pas.

 

Non, il ne savait pas. Ne savait plus. C'était nouveau pour lui aussi. L'était-ce vraiment ? Ces derniers jours, Mellitus avait retourné la question dans tous les sens. C'eût été facile de croire que le changement s'était produit au moment de l'envoûtement, que cette frontière claire et indiscutable avait été le début de quelque chose de nouveau. Mais non. Il y avait eu des étapes. La sortie à Pré-au-Lard. Ce qu'il avait pu être ridicule ce jour-là. Mais quelle belle rencontre. Le cours de botanique, aussi agité avait-il pu être, les avait vu s'unir pour cueillir le fruit de leurs efforts conjugués. À deux, ils pouvaient accomplir quelque chose. La promenade dans le parc. Pourquoi s'étaient-ils donnés rendez-vous ? Parce qu'il y avait une envie, une curiosité. Se revoir, se connaître. Partager quelque chose. Et puis cette soirée dans la salle commune. N'était-elle pas finalement que celle où ils avaient réalisé que tout avait commencé à basculer bien avant ?

 

Comment pouvait-elle ignorer son charme ? Pas celui que lui conférait sa nature, celui qu'elle dégageait en étant simplement Nellie. Ce n'étaient pas ses cheveux dorés ni sa peau scintillante. Pas même ses traits humains qui n'avaient aucun besoin de magie pour êtres d'une ensorcelante beauté. C'était sa voix, son sourire, sa façon de ne pas finir ses phrases. Sa sincérité et la délicatesse qu'exprimait tout son être. C'était un bonjour timide lancé à la cantonade, un encouragement discret glissé à un condisciple, sa façon de se mordiller discrètement la lèvre en fermant les yeux. Et puis surtout le don qu'elle avait de cambrioler les mots du jeune homme. Elle était le charme.

 

Même si cela était difficile à comprendre pour lui, elle avait voulu lui plaire. Mellitus se passerait volontiers d’explications pour ça. Peu importaient les raisons, seul le sentiment comptait. Quand elle avait révélé son autre nature, il avait eu envie de s'enfuir. Il l'aurait fait s'il avait pensé un seul instant que la demi-vélane avait ne serait-ce que contemplé la possibilité de l'emprisonner dans ses bras. Et voilà qu'elle admettait l'avoir voulu. Mais ce n'était plus un piège dans lequel il ne fallait pas tomber. C'était un compliment, l'aveu qu'elle avait désiré le garder de tout son être. Mellitus pouvait accepter cela.

 

L'aigle interpréta la phrase que Nellie laissa en suspens comme le signal qu'il fallait redescendre sur la terre ferme et il plongea doucement. L'atterrissage fut l'occasion d'enfin croiser leurs regards. Les sentiments, et surtout le fait de les exprimer, n'étaient pas le point fort du jeune homme. De Nel non plus à l'en croire. Une fois de plus, elle avait dérobé son éloquence. Alors il s'en passerait. Faute d'expérience, il chercha gauchement la main qui épousait si bien la sienne. Attira Nel à lui. Ce ne fut ni une question, ni une affirmation. Simplement une évidence.

 

Ensemble.

 

Cette fois il alla jusqu'au bout de ce qu'il avait commencé. Ses lèvres trouvèrent celle de Nel et lui déclarèrent sans un mot qu'il avait trouvé ce qu'elle était pour lui. Amour.


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 21/01/2026 à 22:03

Une drôle de montagne russe entraîna sur ses rails sinueux le cœur de Mellitus. Déboussolée, en bien ou en mal ? Pas à cause de toi. Tu es merveilleux. Tu es merveilleux. Il n'y avait, pour se raccrocher à quelque chose de palpable et réel, autour de lui que Nellie et le balai dans sa main. Ce fut ce dernier sur lequel se crispèrent les doigts du jeune garçon enivré par la chaleur de la voix et des paroles de la sorcière.

 

— Oui, en on... on en raperlera, reparlera, hum hum ! s'étrangla le Serdaigle dans la pire diversion possible pour dissimuler le feu qui lui brûlait les joues. 

 

Comment faisait-elle pour sembler si à l'aise ? Elle avait bien admis avoir été déboussolée mais elle était toujours fidèle à elle-même. Gracieuse. Souriante. Capable de lui asséner sans ciller ce "tu es merveilleux". Et lui qui ne savait pas quoi dire. Ni comment ni quand. Pourtant, il y en avait des mots qu'il souhaitait poser sur tout ça. Sur les événements de l'autre soir et sur ce qu'il ressentait. Chaque chose en son temps.

 

Mellitus observa Nellie, une véritable sorcière, enchanter le terrain avec un aisance remarquable. Le moment était venu. Elle lui avait offert sa musique, c'était désormais à lui de l'emmener dans son monde de liberté. La concentration chassa le trac, tout était clair, sous contrôle. Le vol il connaissait. Ce qu'il ne connaissait pas, c'était l'effet qu'aurait sur lui l'étreinte douce de Nellie quand elle l'enlaça. Il s'en fallut de peu pour qu'il décollât à la verticale et tourbillonne d'allégresse inattendue. Il parvint toutefois à se maîtriser.

 

Dès son décollage, le balai s'avéra incroyablement docile, comme s'il répondait à la moindre pensée de son pilote. Mellitus par contre se redécouvrit la fougue du vol et dut se faire violence pour tenir sa promesse de se lancer en douceur pour Nellie. Il fit d'abord un tour de terrain à vitesse modérée. La sensation du vide sous ses pieds le libéra et lui prodigua la force nécessaire pour approcher, en essayant de ne pas brusquer les choses, le sujet qu'il lui brûlait de mettre au clair avec Nel. Le voltigeur se gava de cette sensation jusqu'à plus soif.

 

— Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi depuis... tu sais. Il y a des choses que j'aimerais exprimer. Et d'autres qui me semblent... floues ? Attention, je vais accélérer et commencer des manœuvres.

 

Un peu plus vite. Zigzag, demi-tour, petit piqué ; pas trop piqué non plus. Pour s'éclaircir la gorge et trouver la voix calme et posée dont il avait besoin pour parler à Nellie, Mellitus l'ensevelit de conseils, de mots techniques, de ce qu'il connaissait sur le bout des doigts. Il avait besoin de pouvoir compter sur sa voix. Qu'elle ne tremble pas. Qu'elle exprime autant que les mots ce qu'il ressentait.

 

— L'autre soir, il s'est passé beaucoup de choses très vite. Je n'ai pas eu le temps de réaliser. Maintenant je sais. Quand tu jouais, j'ai comme perdu les pédales. C'était comme une ivresse. Et j'ai ressenti comme un besoin. Que tu me regardes, que tu me parles. C'est ça : j'avais besoin de toi. Et après, quand ça s'est calmé... c'était différent. Aujourd'hui je crois que je peux te donner une réponse à la question que tu m'avais posée. Sous l'effet de l'envoûtement, j'avais besoin de toi. Sans ça, j'ai envie de toi.


Pommier et statue de sel [cours]

Message publié le 20/01/2026 à 22:21

À gauche et à droite, le chaos. Un cours si passionnant, comment pouvait-on le saboter de la sorte ? D'accord, tout le monde ne partageait sans doute pas l'engouement de Mel pour le sujet de ce soir mais tout de même, ce n'était pas déraisonnable d'attendre de l'élite de Poudlard, comme l'avait dit le professeur Ravental, un brin de discipline ?

Au lieu de cela, ça s'énervait, ça jacassait, ça toisait et ça se balançait des fions à tout bout de champ. Le réfugié était excédé au-delà de toute raison et c'eût été facile de se dire qu'il était ce dont certains regards semblaient convaincus : un rustre goujat. Mais que ressentait-il au fond de lui ? Le plus sincèrement du monde, Mellitus compatissait. Il connaissait la colère et sa source, pour lui-même du moins. Alors il se dit que l'Ukrainien avait besoin de ce que le Britannique eût souhaité à sa place : une main tendue.

 

— Je crois qu'on a fait du bon boulot, Nellie. Si tu veux bien m'excuser...

 

Son congé prit auprès de sa partenaire, le Serdaigle approcha le Gryffondor avec les meilleures intentions du monde. Mais si. Celles qui pavent l'enfer.

 

À sa surprise, Nellie ne le laissa pas seul. Elle l'accompagna dans sa démarche, emplissant sans le savoir sans doute le jeune homme de fierté pour sa maison. Les aigles volaient à la rescousse.

 

— Ils ne sont vraiment pas gentils, souffla-t-elle au pauvre garçon martyrisé.

 

— Elle a raison. Si tu préfères vraiment travailler avec un fayot tu peux te joindre à notre binôme. Mais je vois que tu t'es très bien débrouillé déjà. Je suppose que tu as entendu ce que je disais au prof mais le sel m'intrigue moi aussi. Il a une forte signification dans la Bible mais dans le contexte du cours, j'ai du mal à établir le parallèle. Vu que c'est le sort qui a été réservé à la femme de Loth, on pourrait l'associer à la désobéissance. Peut-être que Ravental veut juste nous perturber avec. Ou alors, il veut nous proposer de manger ces pommes et elles sont tellement infectes que le sel est supposé aider à les faire passer.

 

Son sourire affable aux lèvres, le Serdaigle tendit la main à son prochain, comme il se le devait.

 

— Alors, tu marches ?

 

Mellitus s'attendait à ce que n'importe quoi puisse arriver durant le cours à ce stade. Sauf peut-être l'agitation qui recommençait de plus belle non loin, à son insu.

 

N.B. : la partie en italique est rédigée avec l'accord et sous la supervision de la personne concernée.


Bonne poire à louer

Message publié le 20/01/2026 à 20:07

Acculé. Les paroles implacables de Cassie résonnaient comme des arguments imparables que Mellitus n'avait d'autre choix que d'accepter. Non, pas question de briser le cœur de Sarah. Pas comme ça. Qu'elle se rende compte qu'il fût un gros nul, c'était une chose. Qu'il se comportât effectivement comme un gros nul en était une autre. Il appuya son index et son majeur entre ses sourcils, comme quand ne pas trouver de solution lui donnait la migraine. Dans le cas présent, la solution n'existait pas.

 

Pour ne rien arranger, la jeune fille ne lui laissa pas davantage le temps de réfléchir. Elle décréta qu'il avait accepté. Mais il n'avait rien accepté du tout encore ! Enfin, si. Il s'était résigné mais n'en avait encore rien dit. Cassie lisait-elle sur son visage comme dans un livre ouvert ? Ou peut-être était-elle legilimens, une perspective fort terrifiante s'il en était. 

 

Vaincu, Mellitus leva à moitié la main quand l'oiseau de mauvaise augure fit volte-face et il balbutia quelques syllabes inintelligibles. Il finit par se reprendre quelque peu, quoiqu'encore abasourdi. Comme Cassie s'éloignait déjà sans se retourner, il parla plus fort pour couvrir la distance qui les séparait.

 

— D'accord, super. C'est Mellitus au fait ! Li, pas di. Et merci pour le trou !

 

Maintenant qu'il était averti, le Serdaigle détailla sa manche pour identifier l'emplacement de l'accroc qui n'avait rien de bien fâcheux. Il connaissait parfaitement le sortilège adéquat pour réparer ça. Il savait également où trouver du matériel de couture qui ferait tout aussi bien l'affaire et risquait moins de crever un œil à quelqu'un. La seconde option était beaucoup plus sûre et digne du moldu.

 

Madame Pieddodu, prochaine sortie à Pré-au-Lard, Sarah. "Génial," émit la voix sans conviction.


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 19/01/2026 à 22:07

Sans s'en apercevoir, Mellitus se mit à sourire dès qu'il aperçut Nellie s'approchant depuis l'accès au terrain. Pas celui qu'il choisissait d'arborer pour être avenant mais celui du plaisir simple et pourtant si doux de voir quelqu'un qu'on... apprécie. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Des détails qui échappaient au jeune homme en toute autre circonstance lui apparaissaient avec une clarté vertigineuse. Les cheveux tressés, les joues rosées. Les yeux pâles qui l'envoûtèrent tant en s'approchant qu'un instant Mellitus se demanda si la magie de la demi-vélane opérait. Et le sourire. Quel sourire ! Celui-ci méritait qu'on se damnât pour le préserver.

 

La chaleur. Les doigts qui se mêlèrent dans les siens. L'aigle faillit en lâcher le balai. Ces doigts que, sous l'effet du charme surnaturel, il avait éprouvé le besoin de sentir sur sa peau ; qu'ils se glissassent ainsi dans sa main. C'était réel, tangible. Il n'était pas envoûté et il voulait toujours de ces longs doigts fins là où il s'étaient logés. Il avait envie de dire quelque chose. Mais Nellie le devança.

 

— Ça va. Enfin non. J'ai un de ces tracs. Ça fait un bail que je suis pas monté sur un balai et là c'est avec toi et j'ai peur d'être imprudent parce que je ne veux pas te faire mal ou même peur et que c'est le balai de compétition d'Isha que je connais pas mais ça devrait aller si on démarre en douceur pour pas risquer de te faire mal et d'un autre côté je sais que je peux m'emballer en volant ; j'ai pas déjà dit que j'avais peur de te faire mal ?

 

Le souffle un peu court, Mellitus réalisa qu'il avait légèrement négligé de respirer pendant qu'il parlait ou plutôt déversait le flot chaotique de ses pensées angoissées. Il essaya de se concentrer. De souffler. Les yeux pâles. Dut détourner le regard. Reprendre depuis le départ.

 

— Je ne te laisserai pas tomber.

 

Les yeux du Serdaigle trouvèrent la force de croiser à nouveau leurs homologues. C'était une promesse.

 

— Et toi, comment tu vas ?

 

Étrange sensation que de se sentir inconfortable dans un contexte aussi réconfortant. La présence de Nellie était précieuse, désirée. Mais comment diable devait-il se comporter avec elle ? Devait-il l'enlacer en guise d'accueil ? Observer une distance courtoise, en gentleman, au risque de paraître insensible ? Faire comme d'habitude, se contenter d'être un imbécile heureux ? Elle réaliserait bien assez vite qu'il n'y avait guère mieux que cela chez lui et se lasserait. Que faire ? Mellitus avait une réponse. Pas la réponse mais celle dont il devait se contenter car après tout, il n'avait pas offert mieux à Nellie. Apprendre.

 

Ses doigts furent les messagers des mots et gestes que l'adolescent ne parvenait pas à poser. Une petit pression sur ceux de Nellie, douce, tendre ; espérait-il.

 

— Je suis content de te voir. Tu es prête ? Je... j'aurais aimé enchanter le terrain avec un sortilège de coussinage mais la magie et moi ça fait deux. Tu crois que tu pourrais sécuriser une surface assez grande ? Je ne suis pas un débutant en vol mais quand même, je préfère pallier tout risque potentiel.

 

S'il y avait une chose avec laquelle Mellitus était à l'aise, c'était ce qu'il connaissait. Ce qu'il avait étudié. Et il avait justement préparé un résumé de ses projets pour ce petit cours de vol.

 

— On va démarrer doucement. Je dois m'habituer à manier ce balai. Puis je te montrerai quelques techniques de vol basiques que tu pourras reproduire aux commandes. Si tu sens que je m'emballe trop ou que tu as le moindre malaise, fais-moi signe et je nous poserai tout de suite, d'accord ? Et pour finir... on fera une ou deux acrobaties si le cœur t'en dit. Ça te va ?

 

Bizarrement, il était tout à coup moins pressé d'enfourcher le balai. Était-ce le trac ou la présence de Nellie qui lui suffisait ? Il enjamba le manche, résolu à faire passer un agréable moment à... Elle.

 

tl;dr : Mellitus accueille nerveusement Nellie. Essaie de retrouver sa contenance. Puis il présente ses plans à la jeune sorcière avant d'enfourcher le balai.


Pommier et statue de sel [cours]

Message publié le 19/01/2026 à 19:51

Nellie fut prompte à démontrer son efficacité dans l'exercice. Peut-être même un tout petit peu trop car le jeune homme n'avait pas eu le temps de discuter comme il l'aurait souhaité avec Monsieur Ravental. Peut-être que le professeur serait disposé à s'attarder pour une troisième mi-temps après le cours ? Mais il avait des responsabilités à assumer. Aussi s'approcha-t-il avec circonspection du pommier, en admirant pleinement la majesté de pareil arbre.

Le moment était critique, celui de faire de la magie. Quoi qu'il pût se passer en cueillant le fruit défendu, rien ne risquait d'être pire que les catastrophes que Mellitus se savait hélas capable d'accomplir bien malgré lui avec un baguette entre les mains. Anxieux mais déterminé, il saisit Farewell et la braqua dans la direction des branches, visant les tiges des fruits. Il prit une grande inspiration.

— Prête Nellie ? Fais attention à toi. Diffindo !

 

 

Le geste est précis et la prononciation correcte. Le sortilège atteint une tige et fait choir une pomme dans le carré de lin préparé par Nellie.

 

Mission accomplie ! Restait à découvrir le résultat de la cueillette.

 

Mellitus Cavell a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Farewell !

Sortilège
Sortilège de Découpe
Difficulté
4
Résultat D20
18
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Le geste est précis et la prononciation correcte. Le sortilège atteint une tige et fait choir une pomme dans le carré de lin préparé par Nellie.

 

Mission accomplie ! Restait à découvrir le résultat de la cueillette.

Autres résultats possibles

Le geste est précis, fluide et la prononciation impeccable. Le sortilège atteint, sans doute plus par chance qu'autre chose, deux tiges parfaitement alignées et fait choir une paire de pommes dans le carré de lin préparé par Nellie.

 

Mission accomplie ! Restait à découvrir le résultat de la cueillette.

Le geste est trop hésitant et la baguette du Serdaigle se contente d'émettre un petit bruit sec sans résultat probant.

 

Mellitus soupire et va chercher le matériel nécessaire pour couper la tige d'une pomme en bon moldu qu'il est, manuellement.

Top hésitant, saccadé, le geste est loin d'être adéquat et Mellitus articule mal la formule. Le sortilège part néanmoins, dans la mauvaise direction. L'entaille touche le lanceur de sort au bras en lui infligeant une blessure superficielle mais impressionnante.

 

Pas de pomme pour lui. Et en plus, son incompétence pèserait également sur Nellie.


Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur

Message publié le 19/01/2026 à 03:25

Mellitus était assis en tailleur sur la pelouse, contemplant le splendide balai de compétition posé en travers de ses cuisses. Le Britannique avait peu d'ambitions : il ne savait même pas ce qu'il ferait après la fin de l'année alors comment envisager de construire quoi que ce fût de sa vie ? Néanmoins, posséder un jour — il ne savait comment mais chaque chose en son temps — un bolide pareil figurait clairement dans le haut de la liste.

 

Pour l'instant, il lui fallait se contenter de celui d'Isha. Ce n'est pas qu'il y eût de quoi se plaindre, il était tout simplement parfait pour les projets de la matinée. Le balai du batteur n'était pas le plus rapide du marché. C'étaient sa robustesse et sa maniabilité qui faisaient sa réputation. Et vu qu'aujourd'hui Nel et lui allaient voler ensemble dessus, ces qualités étaient de loin les meilleures qu'il pût avoir.

 

La presque irrépressible démangeaison de l'enfourcher et de voltiger devenait de plus en plus pressante à chaque seconde et l'aigle se refusait pourtant à y céder. Rien ne devait l'empêcher en réalité. Sauf lui-même et ses superstitions. Car s'il était ici à cet instant matinal, c'est parce qu'il avait un serment à respecter et sa part du marché à honorer. Et la dernière fois, quand c'était à Nel de s'acquitter de sa promesse, tout avait pris une tournure inattendue. La demi-vélane avait joué en attendant le jeune homme et celui-ci s'était retrouvé englué dans la toile d'une prédatrice capable de vous donner l'envie qu'elle vous dévorât. Au final, bien que mouvementée et incroyablement chargée en émotions, la soirée s'était conclue avec une douceur qui persistait sur les lèvres du garçon. Cependant, il n'y avait plus eu de musique. Et si Mellitus regrettait déjà de n'avoir pas davantage entendu Nel jouer, combien regretterait-il de gaspiller ce précieux temps dérobé à la providence afin qu'il puisse voler ?

 

Car il en était convaincu : s'il montait sur ce balai avant que Nel n'arrive, c'en serait fini des acrobaties aériennes, d'une manière ou d'une autre. Non pas que lui eût un envoûtement magique capable de se déployer alors qu'il volait, bien entendu. Seulement, il établissait un parallèle entre les deux situations et la superstition lui disait de rester au sol.

 

Mellitus avait donc trois excellentes raisons d'être impatient. La première, c'était ce rendez-vous. Tout simplement de revoir Nel et de partager ce moment privilégié à deux. La seconde était d'enfin pouvoir voler. La dernière parce que l'adolescent avait eu le temps de réfléchir posément et de remettre un tout petit peu d'ordre dans ses idées. De faire la part des choses entre raison et sentiments. Il eut été bien de mettre en commun le fruit de ces réflexions et d'aller de l'avant à partir de là. 

 

Ne tenant plus en place et sentant que l'appel des airs allait finir par prendre le dessus, le jeune homme se leva et arpenta le terrain avec intérêt. Quand il était seul, il aimait prêter sa bouche à la petite voix qui lui prodiguait tantôt conseils, tantôt remarques cyniques. Si ce n'était pas le débit habituel des insécurités et de l'auto-flagellation. De peur que s'il ne le faisait pas, celle-ci finirait par s'en arroger le droit au moment le plus inopportun. Superstitieux qu'il était.

 

— Va falloir demander à Nel si elle maîtrise bien le sortilège de coussinage. C'est pas parce que je suis sûr et certain de ne pas me planter que je peux me permettre de courir le risque. Qu'es-ce que je ferais si elle se blessait ? À cause de moi ? Mieux vaut pécher par excès de prudence que de confiance. Je trouverai forcément un moyen de saboter quelque chose, idiot que je suis. Mais au moins je l'aurai pas blessée. Je pourrais essayer de lancer le sort moi-même. Autant envoyer Nel directement à Sainte-Mangouste. C'est sûr que si je fais de la magie, ça finira mal. Concentré sur l'objectif. Faire voler Nel, lui partager cette extase de la liberté. Lui prêter mes ailes. Chevaucher ce balai, cette beauté de balai de compèt' avec elle. Elle et moi. Ensemble.

 

Ce mot, en français, ne quittait plus les pensées de Mellitus. Il était devenu comme un symbole. Le symbole de quelque chose d'important. Mais quoi ? Cela restait flou pour l'instant. Peut-être plus pour longtemps. Ensemble. Associé à l'autre mot, le nom qui importait. Nel

 

tl;dr : Mellitus attend impatiemment sur le terrain l'arrivée de Nellie. Monter sur le balai le démange mais il s'y refuse sans son amie. Pour ronger son frein, il arpente le terrain en se parlant à lui-même.


Pommier et statue de sel [cours]

Message publié le 19/01/2026 à 00:09

Ouf, Nellie ne lui infligea pas le vent tant redouté. Il y avait des jours où mieux valait ne pas se lever et puis il y avait des jours comme celui-ci. Le Serdaigle s'en trouvait fort allègre. L'ambiguïté des paroles de sa voisine de classe, puisqu'il se planta à côté d'elle, passa bien au-delà de la considération de Mellitus qui connaissait pourtant fort bien les différentes significations attribuées au fameux fruit défendu. Ce qui, ironiquement, lui fit répondre par un large sourire entendu et encore plus ambigu à Nellie. Il allait lui répondre ce qu'il connaissait de ces pommes et de l'arbre mais la voix du professeur invoqua un silence respectueux de la part du bon élève.

 

Être en binôme avec Nellie lui convenait parfaitement. Il ne doutait pas un seul instant de la compétence de chacun des élèves présents, aussi était-il tout simplement content de faire équipe avec une personne connue qui lui était sympathique.

 

— Génial ! Avec toi, je suis sûr qu'on y arrivera.

 

Le plus difficile fut de ne pas se lancer dans de grandes explications bibliques qui n'eussent pas intéressé sa partenaire. C'était pourtant dans le livre sacré que Mellitus avait, pour le première fois, connu toutes les notions approchées lors de ce cours. Découvrir cet arbre magique au détour d'un livre dédié à la flore du monde arabe avait été un grand moment d'exaltation pour l'anglican. Qui avait vite déchanté, croyant que jamais l'occasion de contempler de ses propres yeux un tel spécimen ne se présenterait. À voix basse pour ne pas perturber le travail des autres groupes, il confia ses connaissances du sujet à Nellie sans toutefois se montrer trop sûr de lui. Connaître le sujet de fond en comble d'un point de vue sorcier aussi bien que moldu n'excluait pas qu'il puisse se tromper après tout. 

 

— Je pense savoir à quoi on a affaire. Aucun doute concernant le linge, il faut l'enchanter avec de la chaleur. Un sortilège de Calidum ferait l'affaire d'après-moi. Puis faire tomber les pommes dessus. C'est là que je pense que ça se complique...

 

Mellitus désigna le sel en le pointant du doigt.

— Je ne sais pas ce qu'on est censés en faire. Et je doute que le prof ait mis ça là par hasard. À moins que ce soit un piège. Dans la Bible, la femme de Loth est changée en statue de sel pour avoir désobéi aux anges qui avaient donné pour instruction de ne pas regarder en arrière en fuyant la ville. C'est le seul lien que j'arrive à établir. Il représente la punition divine je crois. Mais à quoi peut-il servir dans la récolte ?

 

Le garçon fronça les sourcils. La possibilité que des conséquences fort fâcheuse puissent advenir d'une tentative de récolte mal menée l'inquiétait.

— Je crois... tu fais bien de t'occuper de la préparation. Je crois que tu as raison, il vaut mieux éviter de toucher les fruits ou même l'arbre. J'en couperai les tiges avec un Diffindo pour qu'elles tombent sur le linge enchanté. Assurons-nous d'être dans la lumière de la lune, ça devrait compter. Sodome a été détruite au lever du jour. Mais ce maudit sel m'intrigue ! Tu sais quoi ? Je te fais confiance. Et si t'as un doute, suis ton instinct. Je ne suis pas infaillible, je peux me tromper. Mais je suis sûr que toi tu peux le faire !

 

En fait, l'arbre le terrifiait autant qu'il le fascinait. Avec gravité, Mellitus capta le regard de Nellie.

 

— Ce n'est qu'une sorte de superstition mais... je crois que tu ne devrais pas regarder l'arbre quand je couperai la pomme. Si sa chute représente le souffre et le feu qui se sont abattus sur Sodome et Gomorrhe, il est possible, peut-être, que regarder provoque une pétrification. Je ne tenterais pas le Malin en tout cas.

 

Comme personne ne semblait se dépêcher à le faire, Mellitus éleva la main pour demander la parole au professeur. L'idée de discuter de philosophie biblique avec un homme de sa qualité lui était irrésistible.

 

— Allez, tu gères. Je vais parler au prof pendant que tu prépares.

 

Un peu trop enthousiaste que le professeur lui accordât la parole, le mélange explosif que formait un Serdaigle anglican dans ce contexte déborda quelque peu en un étalage qui ne faisait pas grand cas de se donner en spectacle ni d'émettre des conjectures tout à fait hypothétiques et potentiellement fausses. L'erreur faisait partie intégrante de la quête du savoir.

 

Monsieur, le Pommier de Sodome est une plante originaire de Jordanie, où l'on situe théoriquement les villes bibliques de Sodome et Gomorrhe que Dieu détruisit pour les péchés de leurs habitants. Ses fruits exigent des conditions de récolte très stricte pour ne pas tomber en cendre et auraient un grand pouvoir magique. Celui de plonger quelqu'un dans une forte transe spirituelle lorsqu'il est consommé. Celle-ci peut d'ailleurs être dangereuse. Il est difficile de ne pas voir un lien avec le fruit défendu que Nahash le serpent convainquit Ève de goûter. Je n'en sais pas plus sur l'arbre mais des choses m'intriguent. Le sel. Il me fait penser à la punition que connaît la femme de Loth dans la Genèse. Changée en statue de sel. Je ne comprends pas comment il intervient dans la récolte. Et puis... existe-t-il un risque de subir le même sort en cueillant le fruit ?

 

tl;dr : Mellitus reste près de Nellie et exprime son aise de faire équipe avec elle. Il explique tout ce qu'il sait à sa partenaire et la conseille en essayant de ne pas avoir l'air trop sûr de lui ni de lui donner des instructions. Ensuite il lève la main pour obtenir la parole et se lance dans un long discours si le professeur la lui octroie.

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