Harry Potter RPG

Liste des messages de Mellitus Cavell

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Élément supprimé

Message publié le 18/01/2026 à 11:40

Depuis une petite semaine, le monde jusqu'ici relativement ordonnée du Serdaigle, exception faite de quelques aléas inhérents à la vie, avait été chamboulé, retourné, saccagé. Au point qu'il ne savait plus où il en était, à tous les points de vue. Le goût des lèvres de Nellie comme imprégné sur les siennes, tout était à la fois sens dessus-dessous et banalement normal. Les cours continuaient, les ASPIC l'accaparaient, l'évier de la salle de bain était bouché. L'occasion de parler avec la demi-vélane, de vraiment prendre le temps d'analyser ce qu'il s'était passé quelques nuits plus tôt et ce que cela impliquerait dorénavant ne s'était même pas encore présentée.

 

Est-ce que quelque chose avait changé ? Avec Nel, il n'aurait su le dire sans que les mots fussent prononcés. Mais il s'était passé autre chose, avant le baiser. Mais avec Nel tout de même. Qui ne concernait pas directement Nel Cependant. Pourquoi le nom de la jeune fille résonnait autant dans sa tête, remplaçant un mot sur deux de ce qu'il pensait ? Bref. Autre chose avait changé. Mellitus avait fait la paix avec lui-même. Grâce à Nel ("Encore ?"), il avait trouvé le recul nécessaire pour se remettre en question et admettre que c'était sa seule médiocrité en tant que sportif qui avait contraint Isha à lui préférer une autre joueuse. Et il était temps que cette paix soit rétablie avec son ami aussi.

 

Il trouva, comme il savait pouvoir s'y attendre, le capitaine de l'équipe de Quidditch dans le dortoir, occupé à se pouponner pour aller impressionner la quarante-deuxième fille depuis le début de l'année. Incorrigible. Mellitus se surprit à sourire. Son don Juan d'ami lui avait manqué, l'air de rien.

 

— Yo, mec. Ça va ?

 

L'anglo-indien se tourna vers lui, une expression béate sur le visage. Impromptu, mais c'était bien la première fois depuis longtemps que l'apparition de Mellitus ne provoquait pas la disparition du sourire d'Isha.

 

— Hey, Melli. Trop ! J'ai rencontré la femme de ma vie. La vraie, tu vois. Un missile. Mais pas une petite pimbêche tu vois, une Dame. Elle va venir me voir au prochain match. Faut que je trouve une bague de fiançailles.

 

"Le veaudelune !" Il avait l'habitude de voir son camarade épris mais là ça dépassait l'entendement. Mellitus, sans le savoir alors, eût pu dissiper bien des malentendus futurs s'il n'avait pas été si pressé d'en venir au sujet qui l'amenait et s'était intéressé à son ami et à "la femme de sa vie". Comme l'aurait fait un véritable ami, d'ailleurs.

 

— Trop cool ! Bonne chance, frangin. T'es le meilleur joueur de l'école, elle ne peut que craquer pour ta belle gueule.

 

Hélas, c'était là la triste vérité de la relation qui unissait les deux jeunes hommes. Une amitié florissante en surface mais creuse au fond. Des faux-semblants. Jouer un rôle pour complaire à l'autre, pour s'aligner à son caractère.

 

Après quelques banalités d'usage, Mellitus adopta un ton plus sérieux, trop pour le garçon même. Et miraculeusement, peut-être transporté par son nouvel intérêt romantique, Isha l'écouta attentivement.

 

— Je te dois des excuses. J'ai été injuste envers toi, hypocrite même. Un vrai petit con. T'avais raison depuis le début. Val est une super poursuiveuse, meilleure que je ne le serai jamais. T'as bien fait de la prendre. J'étais... un vrai cognard contre mon camp, dans cette équipe. Je suis sûr que ça a été dur pour toi et j'aurais tellement dû t'en parler, te dire ce que je ressentais. Alors voilà : j'ai été vexé de devoir quitter l'équipe. Mais j'ai compris. T'as fait le bon choix, cap'taine.

 

Un instant de flottement. Les yeux d'Isha s'agrandirent comme si Mellitus venait de lui offrir l'or, la myrrhe et l'encens. Et puis, l'imprévisible se produisit.

 

— Nan ! Mais t'es trop à côté de la plaque. Je suis à côté de la plaque, tu vois. T'sais quoi ? Les performances de Val étaient pas terribles aux derniers entraînements. Je veux que tu reviennes, frère. Tu dois revenir. Entraînement ce week-end, amène ton boule. J'espère que t'as pas oublié comment tenir un manche, tu vois ?

 

Le capitaine illustra son propos ambivalent d'un geste obscène qui arracha un rire exaspéré à Mellitus, plus dérouté par le soudain changement d'avis providentiel de son ami que par son humour graveleux.

 

— T'es con ! Mais... sérieux ? Juste comme ça, là ? Tu veux me reprendre ?

 

Le Serdaigle n'en revenait pas. Ne comprenait pas. Alors qu'il venait d'envisager d'accepter qu'il ne volerait plus jamais. Pile au moment où il renonçait. Comme si... comme si dans la rédemption, Dieu l'avait gracié.

 

— Et puis mon meilleur pote m'a manqué. Ho ! faudra que j'te présente cette beauté dont je t'ai parlé ! J'aurai toutes mes chances que grâce à toi, tu vois. Je suis que la moitié de moi-même sans mon ailier !

 

"Faire-valoir. C'est ça le mot approprié," songea Mellitus sans amertume cependant en se souvenant des nombreuses fois où il avait, au détriment de sa dignité, aidé Isha à conclure. Car à côté du terne Mellitus, le médiocre Isha brillait comme Alpha Tauri.

 

Quelques plaisanteries furent échangées, souvenirs du bon vieux temps. Il restait une chose dont Mellitus avait besoin. Car sa réconciliation avec son ami n'était pas que désintéressée.

— Au fait, heu... est-ce que tu serais ok de me prêter ton balai ? Juste une demi-journée, quand ça t'arrange.

 

— Mais quand tu veux, Melli ! Tout de suite, même. T'as raison de vouloir te remettre en selle avant l'entraînement. Tu vois, c'est ça qu'est bon chez toi !

 

— Ho c'était pas pour ça. Enfin j'en profiterai pour, t'inquiète. Mais j'ai promis de filer, genre, un cours de vol. À une...

 

"Une quoi, Mel ?" Question pertinente. Qu'étaient-ils à la fin, Nel et lui ? Face à Isha, le plus simple était de ne pas entrer dans les détails ambigus de la situation.

 

— ... amie.

 

La réaction ne se fit pas attendre. Mel aurait même dû la prévoir. Mais ce qu'il pouvait avoir la tête ailleurs ces derniers temps.

 

— Elles est bonne ?

 

Rarement le jeune aigle s'était emporté. Calme et posé, l'une des rares choses qu'il était incapable de tolérer était qu'on insulte quelqu'un à qui il tînt. Son sang ne fit qu'un tour, ses poings crispés plantèrent ses ongles dans sa paume.

 

— C'est une amie, Isha, feula-t-il, mâchoire serrée.

 

— Ok ! Ok. Est-ce qu'elle est mignonne ? Elle te plaît ?

 

— Laisse tomber mec.

 

Mellitus tourna les talons, excédé. C'eût été bête de s'engueuler avec son ami immédiatement après leur réconciliation. Il devait partir, diriger ailleurs la colère sourde qui grondait en lui. La voix retentit dans son dos.

 

— T'as conclu ?

 

L'adolescent furieux tourna si vite sur lui-même qu'il en perdit l'équilibre. Puis il explosa.

 

— OUI ! ET JE L'AIME ! Alors pour une fois, boucle-là. Et file-moi ce putain de balai. Connard.

 

Malgré la rage et l'insulte, c'était le langage qui parlait sans doute le mieux à Isha. Dans un sourire entendu, il emporta le dernier mot de leur échange avec la voix empreinte d'une fierté que Mellitus ne goûta pas du tout.

 

— Beau gosse !


Un échange de mauvais procédés

Message publié le 18/01/2026 à 11:40

Depuis une petite semaine, le monde jusqu'ici relativement ordonnée du Serdaigle, exception faite de quelques aléas inhérents à la vie, avait été chamboulé, retourné, saccagé. Au point qu'il ne savait plus où il en était, à tous les points de vue. Le goût des lèvres de Nellie comme imprégné sur les siennes, tout était à la fois sens dessus-dessous et banalement normal. Les cours continuaient, les ASPIC l'accaparaient, l'évier de la salle de bain était bouché. L'occasion de parler avec la demi-vélane, de vraiment prendre le temps d'analyser ce qu'il s'était passé quelques nuits plus tôt et ce que cela impliquerait dorénavant ne s'était même pas encore présentée.

 

Est-ce que quelque chose avait changé ? Avec Nel, il n'aurait su le dire sans que les mots fussent prononcés. Mais il s'était passé autre chose, avant le baiser. Mais avec Nel tout de même. Qui ne concernait pas directement Nel Cependant. Pourquoi le nom de la jeune fille résonnait autant dans sa tête, remplaçant un mot sur deux de ce qu'il pensait ? Bref. Autre chose avait changé. Mellitus avait fait la paix avec lui-même. Grâce à Nel ("Encore ?"), il avait trouvé le recul nécessaire pour se remettre en question et admettre que c'était sa seule médiocrité en tant que sportif qui avait contraint Isha à lui préférer une autre joueuse. Et il était temps que cette paix soit rétablie avec son ami aussi.

 

Il trouva, comme il savait pouvoir s'y attendre, le capitaine de l'équipe de Quidditch dans le dortoir, occupé à se pouponner pour aller impressionner la quarante-deuxième fille depuis le début de l'année. Incorrigible. Mellitus se surprit à sourire. Son don Juan d'ami lui avait manqué, l'air de rien.

 

— Yo, mec. Ça va ?

 

L'anglo-indien se tourna vers lui, une expression béate sur le visage. Impromptu, mais c'était bien la première fois depuis longtemps que l'apparition de Mellitus ne provoquait pas la disparition du sourire d'Isha.

 

— Hey, Melli. Trop ! J'ai rencontré la femme de ma vie. La vraie, tu vois. Un missile. Mais pas une petite pimbêche tu vois, une Dame. Elle va venir me voir au prochain match. Faut que je trouve une bague de fiançailles.

 

"Le veaudelune !" Il avait l'habitude de voir son camarade épris mais là ça dépassait l'entendement. Mellitus, sans le savoir alors, eût pu dissiper bien des malentendus futurs s'il n'avait pas été si pressé d'en venir au sujet qui l'amenait et s'était intéressé à son ami et à "la femme de sa vie". Comme l'aurait fait un véritable ami, d'ailleurs.

 

— Trop cool ! Bonne chance, frangin. T'es le meilleur joueur de l'école, elle ne peut que craquer pour ta belle gueule.

 

Hélas, c'était là la triste vérité de la relation qui unissait les deux jeunes hommes. Une amitié florissante en surface mais creuse au fond. Des faux-semblants. Jouer un rôle pour complaire à l'autre, pour s'aligner à son caractère.

 

Après quelques banalités d'usage, Mellitus adopta un ton plus sérieux, trop pour le garçon même. Et miraculeusement, peut-être transporté par son nouvel intérêt romantique, Isha l'écouta attentivement.

 

— Je te dois des excuses. J'ai été injuste envers toi, hypocrite même. Un vrai petit con. T'avais raison depuis le début. Val est une super poursuiveuse, meilleure que je ne le serai jamais. T'as bien fait de la prendre. J'étais... un vrai cognard contre mon camp, dans cette équipe. Je suis sûr que ça a été dur pour toi et j'aurais tellement dû t'en parler, te dire ce que je ressentais. Alors voilà : j'ai été vexé de devoir quitter l'équipe. Mais j'ai compris. T'as fait le bon choix, cap'taine.

 

Un instant de flottement. Les yeux d'Isha s'agrandirent comme si Mellitus venait de lui offrir l'or, la myrrhe et l'encens. Et puis, l'imprévisible se produisit.

 

— Nan ! Mais t'es trop à côté de la plaque. Je suis à côté de la plaque, tu vois. T'sais quoi ? Les performances de Val étaient pas terribles aux derniers entraînements. Je veux que tu reviennes, frère. Tu dois revenir. Entraînement ce week-end, amène ton boule. J'espère que t'as pas oublié comment tenir un manche, tu vois ?

 

Le capitaine illustra son propos ambivalent d'un geste obscène qui arracha un rire exaspéré à Mellitus, plus dérouté par le soudain changement d'avis providentiel de son ami que par son humour graveleux.

 

— T'es con ! Mais... sérieux ? Juste comme ça, là ? Tu veux me reprendre ?

 

Le Serdaigle n'en revenait pas. Ne comprenait pas. Alors qu'il venait d'envisager d'accepter qu'il ne volerait plus jamais. Pile au moment où il renonçait. Comme si... comme si dans la rédemption, Dieu l'avait gracié.

 

— Et puis mon meilleur pote m'a manqué. Ho ! faudra que j'te présente cette beauté dont je t'ai parlé ! J'aurai toutes mes chances que grâce à toi, tu vois. Je suis que la moitié de moi-même sans mon ailier !

 

"Faire-valoir. C'est ça le mot approprié," songea Mellitus sans amertume cependant en se souvenant des nombreuses fois où il avait, au détriment de sa dignité, aidé Isha à conclure. Car à côté du terne Mellitus, le médiocre Isha brillait comme Alpha Tauri.

 

Quelques plaisanteries furent échangées, souvenirs du bon vieux temps. Il restait une chose dont Mellitus avait besoin. Car sa réconciliation avec son ami n'était pas que désintéressée.

— Au fait, heu... est-ce que tu serais ok de me prêter ton balai ? Juste une demi-journée, quand ça t'arrange.

 

— Mais quand tu veux, Melli ! Tout de suite, même. T'as raison de vouloir te remettre en selle avant l'entraînement. Tu vois, c'est ça qu'est bon chez toi !

 

— Ho c'était pas pour ça. Enfin j'en profiterai pour, t'inquiète. Mais j'ai promis de filer, genre, un cours de vol. À une...

 

"Une quoi, Mel ?" Question pertinente. Qu'étaient-ils à la fin, Nel et lui ? Face à Isha, le plus simple était de ne pas entrer dans les détails ambigus de la situation.

 

— ... amie.

 

La réaction ne se fit pas attendre. Mel aurait même dû la prévoir. Mais ce qu'il pouvait avoir la tête ailleurs ces derniers temps.

 

— Elles est bonne ?

 

Rarement le jeune aigle s'était emporté. Calme et posé, l'une des rares choses qu'il était incapable de tolérer était qu'on insulte quelqu'un à qui il tînt. Son sang ne fit qu'un tour, ses poings crispés plantèrent ses ongles dans sa paume.

 

— C'est une amie, Isha, feula-t-il, mâchoire serrée.

 

— Ok ! Ok. Est-ce qu'elle est mignonne ? Elle te plaît ?

 

— Laisse tomber mec.

 

Mellitus tourna les talons, excédé. C'eût été bête de s'engueuler avec son ami immédiatement après leur réconciliation. Il devait partir, diriger ailleurs la colère sourde qui grondait en lui. La voix retentit dans son dos.

 

— T'as conclu ?

 

L'adolescent furieux tourna si vite sur lui-même qu'il en perdit l'équilibre. Puis il explosa.

 

— OUI ! ET JE L'AIME ! Alors pour une fois, boucle-là. Et file-moi ce putain de balai. Connard.

 

Malgré la rage et l'insulte, c'était le langage qui parlait sans doute le mieux à Isha. Dans un sourire entendu, il emporta le dernier mot de leur échange avec la voix empreinte d'une fierté que Mellitus ne goûta pas du tout.

 

— Beau gosse !


Lardinage du nouvel an

Message publié le 18/01/2026 à 08:24

Pour me distraire du froid, plus prégnant dans l'immobilité qui précédait le départ, je comptais les canetons. Trois, quatre... Bonjour. Une salutation adressée d'une petite voix à tout le monde et personne à la fois me sembla-t-il. Je tournai le regard en direction de sa source et fut surpris de voir deux yeux pâles braqués sur moi. "C'est à moi qu'elle s'adressait ?" Aucune certitude. Aucune raison que ce soit le cas non plus. Quoique... ce visage avait pour moi l'écho d'un souvenir paradoxal. Comme s'il m'était familier, quotidien mais sans l'être tout à fait assez. Je parvins à le resituer dans le contexte de la salle commune mais pas aussi ancré dans le mobilier de la tour que s'il y avait toujours été. Pourquoi ?

 

Personne ne lui répondit et elle me regardait. Ce n'était donc que politesse et non méprise de lui répondre avec un sourire. Mon sourire de tombeur m'avait souvent taquiné Isha, avant. Mais c'était faux. Ce n'était qu'un sourire affable, offert à mon prochain. Dénué d'autre intention que celle d'être agréable. Comme si j'étais le genre de mec qui faisait tourner les têtes.

 

— Salut !

 

Et le moment gênant. Est-ce que j'avais contracté l'obligation sociale d'échanger quelques mots supplémentaires, de discuter de banalités avec elle ? Mais les banalités m'ennuyaient et probablement que mes banalités ennuyaient quiconque pût avoir le malheur de s'y trouver confronté. L'arrivée de l'infirmière constitua une distraction qui chassa momentanément ces préoccupations. Je devais lui parler, lui demander quelque chose. La supplier si nécessaire.

 

À la fin de cette année, ma scolarité serait terminée et j'aurais atteint la majorité. J'étais déjà, d'après la législation magique, adulte en tant que sorcier. Mais l'autre majorité, celle du moldu. Celle qui délestait l'évêque de l'obligation de pourvoir à son excommunié de fils. Je n'aurais plus aucun foyer et aucune foutue idée de quoi faire de ma vie ni d'où aller. J'étais dans les déjections de veaudelune jusqu'au cou. 

 

J'avais imaginé que je pourrais demander une sorte de stage auprès de l'infirmière. En tant qu'observateur et assistant. Pour apprendre davantage et me rendre utile. Juste dans l'espoir d'être encore hébergé et nourri au château. Fût-ce un mois. Quelles autres options s'offraient à moi ? C'était ma seule et unique chance. Sur laquelle je ne misais pas gros. Quelle utilité allait avoir l'infirmière d'un assistant durant l'été alors que le château serait désert ? Elle-même n'y demeurerait probablement pas. "Faut revoir tes plans, mec." Je n'allais de toute façon pas aborder le sujet là comme ça. 

 

Le professeur Ravental donna le départ et quelques instructions préventives. Formez des groupes ? Mais je suis tout seul, moi ! Je n'allais quand même pas me taper l'incruste dans une bande d'amis en leur expliquant que j'étais un loser un peu asocial qui avait besoin de les accompagner juste pour respecter les consignes du prof.

 

Une réponse presque trop évidente se tenait non loin de moi. On s'était salué, elle n'avait pas l'air accompagnée... Non, c'était vraiment déplacé. Et puis je n'avais pas le courage de parler à des inconnus. Mais elle n'était pas si inconnue que ça. On partageait les murs du château, la table de la Grande Salle, le feu de l'âtre ; même si ce n'était que de loin. Je pris un grande inspiration et m'approchai de la jeune sorcière au yeux clairs qui avait dit bonjour

 

— Salut ! Enfin, re-salut. Heu... le prof a dit qu'on devait former des groupes et, hum, mon pote s'est pas levé alors... Je veux pas que tu penses que je te prends pour un bouche-trou hein ! Juste, faut pas qu'on reste seuls et... et en fait y a sans doute quelqu'un avec toi et je suis carrément en train de, genre, m'incruster. Désolé, je voulais pas t'embêter. Je vais... désolé, je te prie de bien vouloir m'excuser. Alors voilà, je te laisse tranquille. Désolé pour le dérangement.

 

Ouaip ! La sortie était cool. Temps de retourner au château maintenant. Ridicule, tête baissée. Mais où je pourrais au moins m'enfouir avec ma honte et ma stupidité sous mes draps. "Formez des groupes." J'aurais moins tremblé devant un peloton d'exécution.

 

tl;dr : Mellitus salue Nellie, se perd dans ses pensées en voyant l'infirmière et dans l'attente du départ. Paniqué à l'idée de devoir former des groupes, demande maladroitement à Nellie s'il peut l'accompagner avant d'envisager de renoncer à la sortie et d'aller se cacher.


Mélodies et douceurs nocturnes

Message publié le 18/01/2026 à 07:15

La caresse du souffle devint celle de la chair. Nellie avait choisi, avait scellé le serment. Mellitus ferma les yeux, se laissa guider par son amie. N'était-elle encore qu'une amie ? Le baiser fut chaste, innocent, inexpérimenté de la part du Serdaigle qui se demandait dans quelle mesure Nellie savait mieux que lui ce qu'elle faisait. Mais surtout, il était intime. Quelle était sa signification ? N'était-ce que, d'après les vers de Rostand, un secret qui prenait sa bouche pour des oreilles ; ou plutôt une question qui tâtonnait à la recherche d'une réponse ? Ou encore le début de quelque chose ? Union des lèvres ; union des êtres tout entiers, cœurs et âmes.

 

Dans les mains de Mellitus, le cœur de Nellie. Sur les lèvres de Nellie, le cœur de Mellitus. Comme prisonniers, otages d'une promesse tacite que, par un concours de circonstances impromptues, les deux jeunes gens avaient décidé de préciser. Volontairement ou non. Et au moindre faux pas dorénavant, crac. Survivait-on à un cœur brisé ? Était-ce pour ne pas avoir à découvrir la réponse à cette question que jamais Mellitus ne s'était attaché à quiconque ?

 

Les yeux clairs de la sorcière fichés dans ceux du garçon, aigus comme un diamant traversant le cristal ; leurs doigts noués... Combien de temps la nuit retint son souffle pour laisser ces adolescents qui se découvraient à la fois eux-mêmes et l'un l'autre savourer l'instant ?

 

Malgré lui, Mellitus rompit l'enchantement. Il avait beau ne pas vouloir abandonner Nellie, il n'y avait pas tant qu'il possédât la force d'encaisser, de porter. Le vertige finit par terrasser l'aigle qui avait besoin de se reposer. Trop de questions le tourmentaient et l'empêcheraient de fermer l'œil cette nuit. Faible il demeurait, aussi demeurer ne pouvait-il. Un sourire timide en guise d'excuse, ses doigts se délièrent de ceux de... "Qu'est-elle ? Que sommes-nous l'un pour l'autre à présent ?" Y avait-il un protocole, une façon adéquate de se retirer d'un moment aussi intense ? Quand bien même, Mellitus n'était plus capable d'éloquence ce soir, comme s'il avait épuisé tout ce qu'il était en mesure d'offrir.

 

— Bonne nuit, Nel. À demain.

 

Pas de conclusion, pas de justification. Seulement l'espoir que le regard perçant de la jeune fille avaient lu dans le garçon son incapacité à repousser davantage ses limites malgré sa volonté d'essayer. Simplement, il se leva, fit un pas un arrière, trébucha d'avoir continué à regarder Nellie plutôt que là où il allait et se dirigea vers son dortoir.

 

Une dernière chose, avant de partir. Le Serdaigle s'arrêta. Un désir qui devait s'exprimer et en même temps le besoin de confirmer que le lendemain ils ne seraient pas de nouveau des étrangers.

 

— Dis, est-ce que j'aurai encore la chance de t'écouter jouer ?

 

Il n'avait pas besoin de la réponse. Pas forcément tout de suite. C'était moins une question que l'affirmation que quoi qu'il advînt, entre Nellie et Mellitus, il y aurait un "ensemble".


Mélodies et douceurs nocturnes

Message publié le 17/01/2026 à 02:39

Désemparé comme il ne l'avait jamais été auparavant, Mellitus agrippait son amie qui ne semblait pas plus que lui maîtriser quoi que ce fût en cette nuit. Tout ce qu'il estimait pouvoir faire, c'était d'être là, de ne l'abandonner d'aucune sorte ni sous aucun prétexte. De lui faire sentir sa présence. Lui épargner de se sentir seule. Il pensait pouvoir y parvenir, il y croyait vraiment car il se fichait de s'exposer aux risques, que ce qu'il se passât ici soit plus tard une cicatrice de plus dans son existence.

 

Mais Nellie ne lui rendit pas la chose aisée. Une seule phrase, peut-être même fugitive, prononcée dans un moment d'abandon et de vulnérabilité, suffit à briser les épaules du Serdaigle. S'il était du genre long à la détente quand quelqu'un lui manifestait de l'affection implicite ou ambiguë, Nellie ne laissa aucune place à l'interprétation. Soudain, Mellitus se vit confier le cœur de la demi-vélane. Quelque chose dont la précieuse importance le disputait à la fragilité et qui volerait forcément en éclats à la moindre maladresse. Une maladresse à laquelle Mellitus était fort malheureusement disposé. Voilà qu'il était investi d'une responsabilité incommensurable qu'il ne savait pas comment gérer.

 

— Tu n'es pas idiote, voyons, la tança-t-il avec douceur.

 

Comme si cela ne suffisait pas, Nellie court-circuita complètement les facultés de raisonnement du blondinet en lui posant la pire question possible. Une question dont il ignorait la réponse tout en sachant qu'il n'avait pas le droit de se tromper en la donnant. Il ne pouvait pas l'éviter, n'y pas répondre. Elle avait besoin d'entendre quelque chose. Il savait ce qu'elle eût voulu qu'il lui dise et c'eût été facile, tellement plus facile, de simplement lui offrir ce qu'elle désirait. Mais Mellitus ne pouvait pas lui mentir.


La déclaration avait à l'insu du jeune homme produit de nombreuses réactions chez lui. Son visage irradiait d'un rubis intense et sa voix tremblait d'émotion. Il n'y avait pas été insensible, loin de là. Seulement, il ne comprenait pas. Il ne comprenait déjà pas ses propres émotions alors comment pouvait-il seulement contempler celles de Nellie qui lui ouvrait son cœur alors qu'elle avait le pouvoir de mettre le monde entier à ses pieds ? La vie l'avait-elle si profondément brisée qu'elle ne se savait pas digne de mieux que lui ? Les mots qui devaient sortir de sa bouche détermineraient s'il serait un bourreau ou un sauveur pour la jeune femme. Et Mellitus était la pire personne à qui pouvait incomber cette responsabilité. Acculé, il inspira profondément avant de se prononcer.

 

— Je ne sais pas. Je ne connais pas la réponse, Nellie. Je sais ce que tu me demandes. Je ressens beaucoup de choses pour toi, ce que je t'ai dit était sincère. Mais ça... c'est quelque chose dont j'ignore tout.

 

Son besoin d'analyser et d'expliquer les choses l'urgeait de se justifier. D'essayer de mettre des mots sur ce qu'il ressentait et faire comprendre par une longue dissertation pourquoi il n'était pas en mesure de lui donner ce qu'elle attendait. Mais c'eût été faire bien pire. C'en était déjà bien assez qu'à l'instant, il eût enfoncé la dague de la déception dans le cœur de son amie en la regardant dans les yeux. Quelque chose se brisa en lui. Sa gorge l'étrangla brutalement alors qu'il refoulait de toutes ses forces l'incongru sanglot qui menaçait de faire voler sa contenance en mille morceaux. Quelle indélicatesse c'eût été de pleurer en égorgeant l'agnelle.

 

C'est quoi l'amour ? Était-ce ce qu'il avait ressenti sous le coup de l'envoûtement ou la douleur de blesser quelqu'un qui compte pour nous ? Est-ce que cela lui faisait si mal d'infliger cette peine à Nellie parce qu'il l'aimait ? Quelle était la différence entre l'affection qu'on éprouvait pour une amie et celle qu'on éprouvait pour plus qu'une amie ?

 

Mellitus eût aimé que ce soit simple. Comme dans un film où les amoureux savent ce qu'ils ressentent, où les protagonistes sont romantiques. Le Serdaigle était tout sauf romantique. Il était analytique. Pragmatique. Curieux. Désireux d'apprendre. Voilà. C'était la réponse la plus satisfaisante dont il était capable et il se prépara à ce que Nellie le gifle pour ça, il ne l'aurait pas volé. Mais faute de mieux, peut-être que l'amour s'apprenait.

 

— Et si on le découvrait, ensemble ?

 

Le dernier mot avait été prononcé dans la langue maternelle de Nellie. Le jeune homme n'avait pas tardé à s'intéresser au français après leur entrevue et ce mot lui avait plu. Il l'avait donc mémorisé. Appris à le prononcer. C'était un joli mot "ensemble". Qu'il envisageait d'employer pour inviter son amie. Peu importe que ce fût pour dîner côte à côte, refaire une promenade dans le parc, étudier même. Tant qu'il pouvait terminer la proposition par "ensemble".

 

Ce qui ne pouvait sans l'ombre d'un doute qu'être la pire des idées lui passa par la tête mais il sembla à Mellitus qu'il devait faire quelque chose d'insensé. D'autant plus qu'il ne l'avait jamais fait et n'avait pas idée de comment s'y prendre. Doucement, avec toute la tendresse du monde, il se pencha vers elle. Les yeux de son amie l'intimidait alors que leurs regards s'approchaient. Leurs lèvres aussi.

 

"Un baiser, mais à tout prendre qu'est-ce ? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse plus précise..." Les mots de Rostand s'imposèrent à sa mémoire. Un auteur français, c'était à propos. Toutes les réponses ne se trouvaient pas dans les livres mais il fallait bien commencer quelque part. Mellitus ne s'arrogea pas le droit de conclure le geste amorcé. Le souffle de Nellie lui effleurait les lèvres. Elle seule pouvait décider de préciser cette promesse.


Bonne poire à louer

Message publié le 16/01/2026 à 13:39

Pour une profane qui ne s'intéressait pas au sport, elle s'attardait décidément bien longtemps sur le sujet. Et elle sembla être venue à la conclusion que le jeune homme avait quitté l'équipe de sa propre initiative. Mellitus avait l'impression de lui mentir et presque envie de la détromper mais il devait bien admettre qu'il espérait justement ne pas avoir à avouer qu'il s'était fait jeter en employant des euphémismes et des demi-vérités. 

 

Il se focalisa plutôt sur la description vague que Cassie lui fit de son amie Sarah. Celle-ci ne l'aida aucunement à se faire la plus insignifiante idée de la personne dont il pouvait bien s'agir. Une fille qui n'attirait pas l'attention, pour lui qui n'était déjà pas attentif à la gent féminine ; ça lui faisait une belle jambe ! "Je sais même pas c'est quoi ta maison !" s'insurgea la voix qui heureusement était dénuée d'une bouche pour s'exprimer publiquement. Sarah. Mellitus n'en connaissait aucune mais ne doutait pas pour autant que s'il criait ce nom dans un couloir bondé de l'école, une vingtaine de têtes se tournerait vers lui. La moitié concernée, l'autre par curiosité de voir l'idiot qui aurait crié dans ledit couloir.

 

— Désolé, elle ne me dit rien. Mais je suis sûr qu'elle est charmante.

 

Les trappes de la potence se dérobèrent sous ses pieds quand Cassie asséna le coup de grâce. Mellitus se sentit tellement tomber qu'il en perdit réellement l'équilibre et trébucha sur place en se rattrapant à la prise la plus proche qui n'était pas Cassie. Sérieusement, qui trébuche sans bouger ? Un rendez-vous chez Madame Pieddodu, vraiment ? Le coin des amoureux que le Serdaigle n'avait jamais approché qu'en compagnie d'Isha qui y emmenait systématiquement ses conquêtes, jamais deux fois la même soit dit en passant. La proposition l'enchantait d'autant moins que la prochaine sortie n'aurait pas lieu avant longtemps et qu'il n'avait aucune intention de maintenir le statu quo pendant des semaines alors que cette Sarah poireautait. Ou alors c'était le bon plan pour que cette dernière se ravise ou rencontre quelqu'un d'autre. Un vrai mec.  Mais miser sur des paramètres hypothétiques ne convenait guère au garçon pragmatique.

 

— Pieddodu ? Haha, ricana-t-il nerveusement. C'est peut-être, comment dire... relativement inadéquat ? C'est juste pour discuter et puis on ne retournera pas à Pré-au-Lard avant un moment. Ce serait mesquin de ma part de la faire attendre. Je connais quelqu'un qui fait de délicieux chocolats chaud et la neige... pas quelqu'un qui fait de la neige. Ce que j'essaie de dire, c'est la neige, elle va tomber et...

 

S'il y avait un cours de gestion du stress à Poudlard, les résultats de Mellitus feraient baisser sa moyenne générale toute entière sous le seuil de réussite. "Tu prends les mots, tu les mets dans l'ordre, ça fait une phrase. Ça ira mon grand ?" Non ça n'allait pas, pas du tout du tout.

 

— Du coup il va neiger, parce que la neige se forme dans des nimbostratus comme ceux qui se profilent en ce moment. Et comme c'est beau la neige, je me disais que ce serait bien de boire la neige en regardant du chocolat chaud tomber. Enfin, l'inverse. Genre depuis l'intérieur si elle est frileuse. Sarah, pas la neige. Parce que je parle de neige et que ça peut prêter à confusion mais la neige peut pas être frileuse, haha. Ou s'asseoir sur un banc du parc. Quelque chose comme ça. Non ? Je sais pas si c'était clair.

 

Après sa longue explication sans queue ni tête, Mellitus dévisagea Cassie avec un sourire niais. Il se sentait, se savait, ridicule. Ce n'était peut-être pas plus mal. Si Cassie courait prévenir son amie que le Serdaigle était en fait un débile bien infiltré, celle-ci pourrait laisser tomber cette idée saugrenue de rencart.

 

tl;dr : Mellitus laisse Cassie conlure qu'il a quitté volontairement l'équipe, ne parvient pas à mettre un visage sur le prénom Sarah et panique de plus belle à la mention du Salon de Madame Pieddodu. Il propose une alternative en démontrant sa résistance au stress inexistante par une tirade inintelligible.


Mélodies et douceurs nocturnes

Message publié le 15/01/2026 à 21:40

L'enchantement était brisé. Pour l'instant. Dans le sillage de ses débris, Nellie n'était pas plus indemne que Mellitus et cela transparaissait avec une cruelle limpidité. Le jeune homme était écartelé par une guerre inopinée entre sa raison et ce qu'il ressentait. Ce qui était certain, c'est qu'il avait besoin de temps pour faire le point et se livrer à une analyse tristement froide et détachée de ce qui venait de se produire. C'était désolant de s'en rendre compte mais Mellitus était incapable de gérer ce qu'il ne comprenait pas. Néanmoins, l'urgence se trouvait de toute évidence ailleurs. Peu lui importait de se blesser dans la manœuvre, il devait plonger ses mains nues dans les décombres et tout faire pour en extirper Nellie. Tout de suite.

 

Ho ! comme il eût aimé être ce genre d'homme capable de se retrousser les manches et d'agir promptement. Mais ses muscles étaient toujours plus lents que son cerveau et il ne parvint qu'à ouvrir la bouche et la refermer plusieurs fois sans rien articuler d'intelligible, soumettant à son amie une imitation involontaire de poisson hors de l'eau. Elle avait comparé le phénomène à un philtre d'amour. Le souvenir d'avoir lu dans un traité sur les plus dangereux poisons qu'aucun n'était pire que l'amortentia refit surface. Il avait trouvé cela amusant à l'état de théorie. Il ne comprenait maintenant que trop bien l'exactitude du propos après en avoir éprouvé l'application pratique.

 

Des fois, il se demandait s'il pouvait vraiment se targuer d'être aussi intelligent qu'il aimait le croire. Il n'avait pas davantage compris pour les origines vélanes de Nellie que pour son héritage français. Pourtant, il y avait bien eu des indices, non ? Ce qu'il avait vu quelques jours plus tôt, la beauté évidente de la jeune fille... était-ce le ballet de la neige qui l'avait sublimée ou sa nature magique ? Comment le savoir, quels indices permettaient de faire la distinction entre le vrai et le faux ?

 

Chaque questions qui s'imposait à lui, chaque pas qu'il esquissait à tâtons vers un semblant de réponse révélait un pan plus horrifiant encore que le précédent du drame qui se jouait. Le pire, c'était que lui le découvrait à peine. Quelles souffrances avaient été celles de Nellie qui vivait prisonnière de son propre piège ? "Bouge ! Dis quelque chose." Mellitus s'avança, fébrilement mais décidé. Cette fois, c'est lui qui amorça l'étreinte. Maladroitement, comme s'il craignait de briser une œuvre d'art en porcelaine.

 

— Je te crois. Je te fais confiance. Je suis moi-même cette fois, j'agis de mon plein gré.

 

Pas sûr que la demi-vélane avait besoin d'entendre des arguments rationnels dans cet instant mais c'était la seule chose que le Serdaigle pouvait lui offrir.

 

— Ça n'avait rien de douloureux. Au contraire. À part la tachycardie mais ça c'est une réaction physiologique qui... hum ! Pardon. Ce que je veux dire, c'est que je me suis senti poussé des ailes. Il n'y a rien de mal à cela. Le plus dur, c'est de t'avoir fait pleurer. Je t'avais bien dit que mes tentatives d'écriture étaient nulles alors désolé de t'avoir infligé de l'improvisation.

 

Ce n'était vraiment pas pertinent de se retrancher derrière l'auto-dérision alors que Nellie était en proie à un malaise manifeste dont la profondeur était insondable d'un point de vue extérieur. Mellitus avait l'impression de ne pas être à la hauteur pour l'insurmontable difficulté qui consistait à la réconforter alors qu'il n'était déjà pas doué pour ce genre de choses et qu'il se remettait à peine de l'envoûtement.

 

— Ce ne doit pas être simple pour toi. Combien de fois as-tu pu douter de la sympathie des autres parce que... parce que tu pourrais la provoquer malgré toi ? Alors, s'il-te-plaît, crois mes paroles. Je suis heureux d'être ici avec toi. Que tu m'aies offert un aperçu de ta belle musique. Mon seul regret s'envolera quand tes larmes sècheront. C'est dur de te voir pleurer parce que...

 

Les yeux de Mellitus cherchèrent à capter le regard de Nellie. À s'ancrer. C'était une déclaration rapide et peut-être qu'elle s'en offusquerait car ils ne se connaissaient que depuis peu et ignoraient encore tant l'une de l'autre. Mais il le pensait et il se justifierait plus tard si elle l'exigeait.

 

— Je tiens à toi.

 

tl;dr : Mellitus peine à se ressaisir. Il tâche de rassurer Nellie, lui exprime sa compassion et rassemble son courage pour lui dire l'importance précoce qu'elle a pour lui.


Mélodies et douceurs nocturnes

Message publié le 15/01/2026 à 13:11

Un compliment de la part de Nellie ! Un brasier dévora le visage du jeune homme flatté qui prit une complexion écarlate.

 

— Mais non voyons. Tenter de poser des mots sur tes qualités est une insulte à ta perfection.

 

Qu'entendait-elle par "ce sera bientôt fini" ? Est-ce qu'elle allait le laisser là, abandonné à la nuit et désespéré dans l'attente d'un nouvel instant partagé avec elle ? Pourtant elle l'emprisonna ensuite dans une étreinte chaleureuse qu'il lui rendit sans se faire prier. L'attitude de Nellie envoyait des signaux mitigés que Mellitus ne comprenait pas. En fait, il ne comprenait plus grand chose, comme si ses neurones avaient brusquement quitté le navire. Et voilà qu'elle lui demandait pardon. "Qu'est-ce qui cloche ?"

 

C'est parce qu'il avait le visage à moitié enfoui dans la chevelure de son amie qu'il remarqua un phénomène interpellant. Les reflets dorés de ceux-ci s'assombrissaient et révélaient ce faisant leur teinte châtain naturelle. Comme si l'engrenage de son cerveau venait de repartir à toute allure après avoir broyé le grain de sable qui l'enrayait, il comprit soudainement. La révélation l'inonda en apportant dans son sillage l'horreur de la lucidité. Le sentiment qui l'avait tétanisé, les larmes de Nellie, son envolée lyrique... 

 

S'il écoutait la voix redevenue pernicieuse de son esprit, Mellitus se serait dégagé des bras qui l'enlaçaient pour aller se réfugier n'importe où tant que ce fût loin. Mais elle pleurait et implorait son pardon. S'il cédait à son instinct, qui sait quelle irréparable blessure il risquait de lui infliger ? Il dut se faire violence mais prit sur lui de ne pas plonger la situation dans un chaos encore plus destructeur.

 

— Ce... tout va bien. Ce n'est pas grave.

 

Avec toute la douceur dont il pouvait faire preuve, il s'écarta lentement de Nellie pour affronter son regard. Peu lui importait qu'elle puisse lire dans le sien la peur et la honte. Seule la sincérité avait une chance de les extraire du puits dans lequel ils venaient de chuter. Une discussion s'imposait et elle serait difficile. Mellitus tendit un nouveau mouchoir à son amie.

 

— Est-ce que j'ai vraiment fait ce que je pense avoir fait ? C'est particulièrement gênant, je te demande pardon. Tu n'aurais pas dû avoir à entendre ça. 

 

Tout affluait désormais si vite que faire le tri dans ses pensées l'épuisait. Elle avait l'air aussi désemparée que lui, elle n'avait donc manifestement pas déployé cet envoûtement sciemment. Et malgré cela, elle s'était emparée de sa faculté de réfléchir et de ses sentiments avec un facilité tellement déconcertante. Le pouvoir qu'elle possédait était légitimement terrifiant. Et fascinant en même temps. La main de Mellitus gagna l'emplacement de son cœur encore frénétique sur sa poitrine. Le seul symptôme subsistant des émotions qui l'avaient submergé. L'éphémérité de tout cela était elle due à la magie de Nellie où le cours naturel des choses ? C'était sans doute stupide et même déplacé dans l'immédiat mais le Serdaigle ne savait pas gérer les questions sans réponse, aussi posa-t-il celle qui le taraudait.

 

— Est-ce que je viens d'avoir un coup de foudre ?

 

Au diable la conversation sérieuse. Enfin, non. Mais qu'elle attende. Mellitus avait besoin de temps pour redescendre sur terre et espérait dédramatiser un tant soit peu l'incident en se réfugiant derrière son humour idiot.

 

— Si c'est ça, j'espère que t'as un peigne sur toi parce que je dois avoir les cheveux en pétard.

 

La main quitta la poitrine pour partir à la recherche de celle de Nellie. Elle avait de son propre chef effacé la barrière des échanges tactiles, il espérait pouvoir se permettre cette familiarité. Pourvu qu'elle ne se dérobât pas.

 

— Co... comment tu vas ? Tu as l'air bouleversée. Je m'inquiète pour toi.

 

tl;dr : Mellitus réalise qu'il a été envoûté alors que le charme s'estompe. Paniqué, il cherche avant tout à rassurer Nellie et éprouve de plein fouet la gêne occasionnée par sa désinhibition. Il essaie un brin d'humour pour dédramatiser mais son inquiétude pour son amie prend le pas.


Mélodies et douceurs nocturnes

Message publié le 15/01/2026 à 08:22

Le temps semblait avoir ralenti sa course immuable pour céder du terrain à la seule personne au monde qui méritait que les lois de la physique s'articule autour d'elle. Les longs doigts fins de la musicienne s'attardèrent tendrement sur les touches de l'instrument que Mellitus se surprit à envier. Quelle grâce ce serait que de sentir la chaleur de ce contact contre sa joue. Une fierté incongrue s'empara de lui quand les pommettes délicates rosirent suite à son compliment. S'il maniait ses mots avec soin et qu'il parvenait à la flatter, peut-être qu'elle lui accorderait l'attention dont il se languissait tant. "Non, pas par-là ! Regarde-moi," vociférèrent les pensées du garçon sous le charme alors qu'elle détournait ses yeux.

 

Puis elle se pencha providentiellement vers lui avant de lui saisir la main. Si une inquiétude palpable avait marqué de son empreinte la voix transcendante de l'exquise sorcière, le transport de Mellitus le priva du loisir d'envisager de la dissiper. Ses doigts se refermèrent sur la main d'une douceur incomparable. Sans exagération mais fermement, comme pour lui signifier de ne pas le lâcher, qu'il voulait ne jamais plus ressentir l'absence de la chaleur que le contact de Nellie répandait dans ses doigts. Il voulut l'attirer vers lui. "Doucement, conduis-toi en gentleman," lui conseilla son dialogue intérieur. Inconsciemment, sa bouche s'était entrouverte en un sourire béat.

 

Un frisson d'extase le traversa quand elle prononça quelque mots en français. Ne rien comprendre lui était égal, il buvait et la voix et l'accent de l'anglo-française comme on déguste le plus fin nectar. Mais ce moment fut interrompu par la panique qui le gagna en apercevant les perles fluides s'échapper des ensorcelants yeux pâles posés sur lui.

 

— Ne pleure pas, je t'en supplie ! Quelque chose ne va pas ? J'ai... j'ai fait quelque chose de mal ?

 

Il lâcha la main à contrecœur. Peut-être qu'il l'avait serrée trop fort sans le réaliser ? Par chance, il avait des mouchoirs sur lui en cette période où il lui arrivait d'avoir le nez qui coule et il put en proposer un à son amie pour qu'elle sèche ses larmes. Ce bref instant de distraction provoqua un second éclair de lucidité chez le Serdaigle. "Quelque chose cloche," devina-t-il sans pour autant parvenir à recouvrer ses esprits. Captif du puissant envoûtement bien involontaire, sa seule préoccupation était de se faire complaisant, de rassurer Nellie — sans savoir comment car il ne comprenait pas la raison de ses pleurs — et d'établir avec elle une proximité ardemment désirée. Comment lui rendre le sourire ? Que pouvait-il dire ou faire qui puisse illuminer à nouveau le sourire radieux qu'il souhaitait revoir ?

 

 — Ce n'est pas toi qui devrait pleurer, c'est l'astre lunaire qui se lamente de ne caresser ta chevelure céleste que de ses lointains rayons. Ce sont les hommes qui ne méritent pas la chance d'être effleurés par ton regard éblouissant. Il ne faut pas que tu pleures car tes larmes sont des perles nacrées qui occultent l'éclat des diamants et fendent le cœur des étoiles. Quand tu souris, le soleil paraît blême et le chant du vent loue ta grâce. Souris-moi, s'il-te-plaît, et je serai plus heureux que jamais personne ne l'a été.

 

S'il avait été en possession de ses facultés, jamais Mellitus n'eût osé divulguer l'une de ses piètres tentatives qui n'avaient de poétique que le nom qu'il voulait leur conférer. En d'autres circonstances, avoir laissé s'exprimer de tels mots l'aurait fait mourir de honte sur place.

 

tl;dr : désinhibé par l'envoûtement, Mellitus cherche à plaire et à rendre le sourire à Nellie. Pour cela, il tente d'improviser quelques louanges.


Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante

Message publié le 15/01/2026 à 07:01

La surprise lui fit rater un battement de cœur quand Nellie prononça quelques mots dans sa langue maternelle sans qu'il s'y attende. Ça sonnait bien. La prononciation de la langue latine, une noble racine, était chantante et l'accent séduisant. Hélas, Mellitus n'entendait rien au français. Il reconnu simplement le nom de l'auteur car il avait déjà lu certaines de ses pièces. La comédie, l'un des deux grand aspects du théâtre. Complémentaire à Shakespeare. Une lecture qu'il avait appréciée contrairement à Nellie. Pas de quoi la blâmer, le style était quelque peu éculé. Cela étant, le Britannique se demanda quelles subtilités du langage avaient été perdues dans la traduction et éprouva l'envie de lire Molière dans sa langue originelle. Apprendre une nouvelle langue ne pouvait pas être du temps perdu.

 

— L'hang dé Mowlear ? risqua-t-il avec une prononciation plus britannique encore que lorsqu'il parlait sa propre langue.

 

Une question épineuse malgré elle suivit. Elle s'inscrivait logiquement dans la conversation puisqu'ils parlaient de leurs centres d'intérêt et que Nellie pratiquait le sien. Pas étonnant dès lors qu'elle s'interroge sur une éventuelle expression artistique de sa part à lui. Et elle avait visé juste sauf que la réponse était embarrassante. Dans le sens où il employait une plume pour coucher des mots d'encre sur le parchemin, oui il écrivait. Ce qu'il eût aimé considérer comme de la poésie. Mellitus n'en tirait aucune fierté, il en avait même plutôt honte.

 

— Je me suis déjà essayé à l'exercice, c'est vrai. Je crois que j'ai juste massacré quelques pauvres parchemins qui n'avaient rien demandé.

 

Heureusement, le sujet changea assez rapidement pour lui épargner d'en arriver à livrer davantage de détails. Elle accepta gracieusement son geste altruiste et s'enveloppa dans la veste qui ne tarda pas à manquer à Mellitus. Ce dont elle s'inquiéta d'ailleurs. Dire qu'il n'avait pas froid eût été un mensonge mais son acclimatation rendait cela tolérable tout de même.

 

— Ne le répète à personne mais je suis secrètement un cyborg. Mon corps est d'acier. Le froid n'est qu'une information traitée par mon processeur. Conclusion après analyse : ça caille.

 

Étrangement, la voix interne ne reprocha pas de se donner en spectacle. Après tout, Nellie était restée. Elle n'avait pas pris la fuite en courant après qu'il eût fait le pitre, étalé sa science et ses opinions non sollicitées et qu'il se fût apitoyé sur son sort. La sorcière qui marchait à ses côtés à travers tout cela était vraiment d'une gentillesse et d'une patience de sainte à son égard. Mellitus lui en était reconnaissant. Pour une fois, il pouvait tomber le masque du bon élève intelligent qu'il arborait afin de se sentir valide. Il pouvait se permettre d'être idiot. C'était libérateur.

 

Est-ce que c'était difficile d'être né-moldu ? Probablement. Cela avait surtout créé un irrémédiable bouleversement et la magie n'était certainement pas son point fort. Et puis il ne se faisait pas d'illusion quand à son intégration à Poudlard : il demeurait un intrus. Un plongeur parmi les poissons. D'accord, il avait appris à nager mais il n'était pas né pour. Simple et implacable darwinisme. Quand elle l'encouragea sur son parcours, il lui sourit avec gratitude sans toutefois l'interrompre. Et il fit bien. Les mots suivants de Nellie l'atteignirent à la fois en plein cœur mais surtout résonnèrent dans son esprit, ce qu'il pouvait bien plus facilement assimiler. Son existence pouvait importer. La sagesse avec laquelle elle s'exprima était bien la preuve que Nellie était digne de la fondatrice de leur maison. Il suffisait de prendre un peu de recul, de changer de point de vue et tout ce qu'il croyait sur lui-même pouvait se montrer sous un jour nouveau. Mellitus chercha les mots pour répondre et n'en trouva qu'un, lourd de sens, dans lequel il tenta d'insuffler tout ce qu'il ressentait grâce à elle.

 

— Merci.

 

Il profita qu'elle enchaîne avec son approche de la musique pour l'écouter en absorbant ces émotions qu'elle avait suscitées en lui. Ainsi, elle était autodidacte en la matière. Cela le renvoyait à sa propre approche des techniques de vol mais il s'abstint de lui en faire part. Ce moment de leur dialogue était à propos de Nellie et sa volubilité quand elle parlait avec une passion évidente de son domaine de prédilection enchantait son auditeur.

 

Puis la météo impitoyable finit par convaincre la sorcière de revenir sur ses pas. À moins que ce ne fut la faim puisqu'elle lui suggéra d'aller dîner. Mellitus acquiesça et lui emboîta le pas mais ils ne tardèrent pas à s'immobiliser. Tournée vers lui, Nellie lui proposa un accord avec la main tendue. Celui-ci ne comprenait que des avantages pour lui : il aurait le droit de découvrir le talent musical de son amie et ils seraient donc amenés à se fréquenter de nouveau. Il profiterait alors encore de la conversation agréable dont elle faisait preuve et la seule contribution qu'elle attendait en retour était un cours particulier de vol. La neige qui l'avait poudrée à frimas donnait au contour de la silhouette de la sorcière un aspect éthéré. Le sourire qui n'avait brièvement quitté Mellitus qu'à l'évocation de ses déboires depuis le début de leur promenade s'élargit alors qu'il tendait la main droite vers Nellie afin de sceller le pacte d'une poignée solennelle.

 

— Marché conclu ! Mais je te préviens...

 

Son sourire se mua pour se faire plus malicieux alors que son regard s'appuyait intensément dans les yeux clairs qui l'observaient.

 

— Ça va décoiffer.

 

tl;dr : Mellitus s'essaie à répéter la locution française et poursuit la conversation en contournant tant bien que mal les sujets de ses exercices littéraires et du froid qui le harcèle après avoir cédé sa veste. Il remercie du fond du cœur Nellie pour ses douces paroles et accepte le marché qu'elle propose avec enthousiasme. 


Mélodies et douceurs nocturnes

Message publié le 14/01/2026 à 19:33

À pas feutrés, Mellitus se faufila hors du dortoir livré à Morphée, aussi silencieux et léger qu'une ombre. Le court trajet à parcourir jusqu'à la salle commune eut le temps de dessiner un sourire ravi sur son faciès. Le sentiment d'être privilégié gonflait son moral : tout le monde n'avait pas la chance d'être convié à un concert privé. Nellie accaparait alors ses pensées déchaînées. Le souvenir heureux de leur promenade qui avait été le théâtre de tant de choses refaisait surface. Il n'avait pas seulement appris à connaître la douce sorcière, celle-ci lui avait montré à travers ses yeux qu'il pouvait encore compter d'une certaine manière. Elle s'était conduite en véritable amie. Oui, voilà ce qui le rendait si allègre ce soir : il allait rejoindre une amie.

 

Le rendez-vous précédent s'était conclu par un pacte que Nellie honorait la première en cette belle nuit propice à l'émerveillement. Le Serdaigle appréciait ces banalités quotidiennes qu'on oubliait trop souvent d'observer. La lune dissimulée derrière les nuages, dont on ne devinait la présence que par le halo diffus, presque imperceptible, qui filtrait tout juste à travers les volutes célestes. L'ambiance lui paraissait tout à fait appropriée pour l'occasion.

D'ailleurs, sa tenue l'était aussi pour une fois. Rompant avec une véritable tradition de ne jamais arpenter la tour des aigles autrement qu'en pyjama ou en survêtement quand le choix s'offrait à lui, il avait respectueusement revêtit un pantalon de toile gris surmonté d'une élégante chemise bleu nuit aux motifs discrets. Faute d'en posséder d'autres plus adaptés, il portait visible son seul bijou : un discret pendentif arborant une croix de Canterbury. C'était un moment important pour Nellie. La bienséance lui imposait une apparence décente.

 

Quelques pas plus tard, les premières notes audibles lui parvinrent avant qu'il puisse encore voir la sorcière qui les produisait. Un irrépressible doute lui fit consulter sa montre. Non, il n'était pas en retard. Peut-être jouait-elle pour elle-même cet air qui lui donnait un premier aperçu de ce qu'était l'univers musical de Nellie. Bien que Mellitus ne chercha pas à dissimuler son irruption dans la pièce baignée d'une lueur de feu, sa présence sembla échapper à l'attention de la musicienne. Ou bien elle l'avait vu mais continuait de se dévouer entièrement à son art.

 

Bien qu'il appréciât la musique de manière générale, il n'en mesurait pas toutes les subtilités et la savourait en profane. Cela n'empêcha pas que Nellie l'emmène complètement dans sa représentation. Touché jusqu'au fond de son être par l'harmonie des notes qui se succédaient, Mellitus fit l'expérience mystique d'être transporté par la mélomane qui investissait tout son être dans la pratique de sa passion. L'impression d'avoir approché l'âme ainsi dévoilée de son amie s'empara de lui. Et ce ne fut pas son seul ni son plus grand trouble.

 

Quelques jours plus tôt, il avait vu la beauté de la jeune femme pour ce qu'elle était. Objective et irréfutable. Une apparence dénuée d'imperfection qui lui était apparue dans un tourbillon enneigé. Cette nuit, c'était différent. Tout était plus intense, irrésistible même. Était-ce par qu'elle se trouvait dans son élément ? Existait-il une forme de magie canalisée par la musique dont il ignorait tout ? Il se jouait sous ses yeux quelque chose d'infiniment plus profond que ce qu'il avait aperçu la première fois. La nature de Nellie se révélait dans toute sa splendeur à l'insu de Mellitus qui n'avait plus qu'un mot à l'esprit. Divine.

 

Il lui sembla découvrir quelque chose d'inédit en son sein. Une chose qu'il ne comprit pas tout de suite car il ne l'avait jamais connue auparavant. De l'attirance. Tout à coup, il brûlait d'envie de lui plaire. Pas simplement d'être agréable avec elle ou de la divertir en bon ami. Un puissant désir de retenir l'attention de la magnifique jeune femme l'anima. Il voulait l'impressionner, il avait besoin qu'elle le regarde. 

 

Quand l'écho de la dernière note s'évanouit, Mellitus retrouva juste assez sa lucidité pour retenir les gestes et les paroles insensées que lui avait inspirés cette étrange et déstabilisante émotion. Il voulu applaudir mais son corps lui parut trop étranger pour le mouvoir. Tout ce qu'il put exprimer dans l'immédiat fut une onomatopée admirative.

 

— Je n'ai jamais vu... ENTENDU, se reprit-il tardivement en murmurant plus fort qu'il n'aurait souhaité. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi beau. C'était... indescriptible.

 

Mellitus aurait voulu pouvoir détacher son regard de Nellie ne serait-ce qu'un instant. Pour cacher son embarras. Et sa peur. Dans sa poitrine, le muscle cardiaque se déchaînait furieusement au point de lui faire mal. Dans son esprit, plus rien ne fonctionnait. Plongé abruptement dans l'inconnu, il était tétanisé et en proie à une angoisse existentielle. Ne pas comprendre ce qu'il ressentait et le phénomène qui venait de se produire l'effrayait au plus haut point. Il lui sembla devoir faire appel au courage de dix Gryffondor réunis pour ne pas prendre ses jambes à son cou. Ou bien celles-ci refusaient tout simplement de lui obéir.

 

tl;dr : Mellitus rejoint Nellie dans la salle commune, les douces réminiscences de leur premier rendez-vous à l'esprit. Il est envoûté par le charme surnaturel de la demi-vélane et la complimente avec un lapsus trahissant son trouble.


Bonne poire à louer

Message publié le 14/01/2026 à 17:22

La sollicitude de Cassie eût pu toucher l'ancien joueur en d'autres circonstances. Ses questions n'avaient rien de malintentionné puisqu'elle ne pouvait pas savoir à quel point l'éviction de l'équipe l'avait affecté, et continuait d'être la racine de la discorde froide qui régnait entre Mellitus et son ami. C'était pour ce genre de raison que lui-même s'excusait tout le temps quand il s'inquiétait pourtant sincèrement pour autrui. La compassion était parfois malvenue et dans ces cas là il était difficile d'en informer son interlocuteur avec tact. Quelque part dans les yeux du Serdaigle se manifestait la supplique tacite de passer à autre chose.

 

— Si, bien sûr que ça me manque. Mais de toute façon avec les ASPIC mieux vaut que je me concentre sur l'étude. Les entraînements prenaient du temps. Je préfère tirer un trait là-dessus et voir ce que l'avenir me réserve.

 

La torture perdura jusqu'à ce qu'enfin la demoiselle abrégeât les cordialités d'usage pour clarifier la raison qui l'amenait à avoir cette conversation. Celle-ci partit alors de Charybde en Scylla et le malheureux garçon se retrouva au supplice en apprenant que tout cela découlait d'un inoffensif béguin qu'il avait apparemment suscité à son insu. Cette partie là de leur échange n'allait pas l'aider à se ressaisir, bien au contraire. Cette Cassie venait en émissaire et bousculait en toute innocence Mellitus loin, à mille lieues même, de sa zone de confort. Lui qui y tenait tant et ne sentait en sécurité que quand tout était simple et évident, voilà qu'il était jeté en pâture, sacrifié sur l'autel impitoyable de l'amour. Enfin, il était un peu tôt pour parler d'amour. Il s'agissait d'une attirance tout au plus, sans doute guère davantage qu'une curiosité. Sa bouche s'ouvrit, refusa d'émettre un son et se referma comme s'il venait de perdre toute faculté de communication.

 

— Ho ! je... suis, heu, flatté.

 

C'était comme si une ardoise vierge venait de prendre la place de son vocabulaire. Les mots s'égaraient, il ne savait quoi dire et peinait à articuler. Au moins ne mentait-il pas. Ce genre d'attention atteignait son ego. Seulement, ce n'était pas forcément positif. Et cerise sur le gâteau, cela le ramena directement à sa période de Quidditch ; quand quelques groupies lui déclaraient inopinément leur flamme de temps en temps. Une notoriété qu'il n'avait pas goûtée du tout. 

 

— Et, heu, je la connais ? Qui est-ce ?

 

La question sans détour de Cassie le désarçonna encore davantage alors qu'il se croyait déjà au fond du gouffre. Mellitus était plutôt aguerri en terme de célibat.

— Non, j'ai pas de copine. Mais qu'est-ce que... enfin, non, je vois ce que tu veux dire. C'est pour envisager de se voir ou quelque chose comme ça ? Elle est, genre, sûre ? Je voudrais pas la décevoir mais... donc. Alors. Bref. Qu'est-ce que je disais ?

 

Sujet, verbe, complément. Ce n'était pourtant pas bien compliqué de formuler une phrase. Comment se sortir de là sans être un goujat ou se ridiculiser ? La situation ne lui plaisait pas et le gênait même profondément. Mais de quel droit pouvait-il s'esquiver sans considération aucune pour la personne concernée ? Le sentiment de s'être fait fourré dans les mains l'estime de soi de l'inconnue l'envahit. À la moindre maladresse, celui-ci risquait d'être brisé. C'était fragile ces choses-là, il en savait quelque chose.

 

— On peut toujours envisager de boire un thé ensemble et, je sais pas, voir ce qu'il advient ?

 

Ce qu'il adviendrait, Mellitus pouvait se le figurer sans peine. La jeune femme découvrirait sa vraie nature passablement dénuée d'intérêt et freinerait des quatre fers avant de rebrousser chemin. Ainsi, tout rentrerait dans l'ordre. Elle serait désabusée mais pas blessée et lui serait tranquille. Qu'est-ce que ça lui coûtait de partager un thé ? C'était l'équivalent de s'arracher un pansement vite fait. Mais dans un contexte social. Quelle angoisse !

 

Réflexion faite, la météo était un excellent sujet de conversation. Maintenant qu'il avait fourni un semblant de proposition, autant retourner sur des sentiers plus insignifiants.

 

— Ouais, l'été c'est cool. Les personnes vespérales peuvent profiter du soleil. C'est bon pour le moral. Et les vitamines. Et puis on caille moins en faisant du sport.

 

Mellitus força un bref rire comme s'il venait de faire une blague dont il était fier. Conscient d'être ennuyeux, il se dit que mieux valait un moment barbant qu'un moment gênant.

 

tl;dr : Mellitus fait son possible pour éluder le sujet du Quidditch et perd complètement pied suite à la déclaration de Cassie. Il tombe magistralement dans le panneau puis s'empresse d'essayer de passer à autre chose.


Bonne poire à louer

Message publié le 14/01/2026 à 09:01

Cassie ? Non, cela ne rappelait rien au blond qui se demandait toujours quel était l'objet à propos duquel la jeune femme au large sourire voulait l'entretenir. Le sien s'évanouit brusquement lorsqu'elle mentionna le Quidditch et son appartenance à l'équipe qu'elle ignorait manifestement n'être plus d'actualité. Si elle ne savait pas que cela faisait plus d'un an désormais qu'il ne jouait plus pour Serdaigle, c'est qu'elle ne s'intéressait pas beaucoup au sport sur balai. Autant s'offrir le loisir de changer rapidement de sujet, celui-ci étant bien trop sensible pour le joueur déchu qui s'était crispé à sa seule évocation.

— C'est pas pour le Quidditch. J'ai quitté l'équipe l'année passée, grinça-t-il en s'efforçant de ne pas paraître trop amer.

 

Inutile de préciser que la décision avait été prise contre son gré. Mellitus marqua une pause le temps de réfléchir à ses options pour dévier la conversation. Il ne voulait pas la brusquer et donner l'impression de vouloir couper court en lui demandant pourquoi elle l'avait abordé. Mais tout ce qu'il pouvait se figurer de Cassie, c'était ses goûts vestimentaires et ce n'était vraiment pas un domaine dans lequel il pouvait confortablement disserter. Même la maison à laquelle elle appartenait lui échappait. Dommage, c'eût été un début pour avoir au moins une vague idée la concernant. La seule chose à faire, c'était de s'aventurer prudemment en terrain neutre en espérant qu'elle en vienne sans trop tarder aux faits.

 

— Men sana in corpore sano, récita-t-il académiquement. La dixième satire de Juvénal. Je m'entraîne pour ne pas avoir tout dans la tête et rien dans les muscles. Et, heu, toi ? Qu'est-ce qui t'amènes dans la fraîcheur hiémale de si bonne heure ? Sans indiscrétion je veux dire, tu as peut-être des raisons personnelles.

 

Dire que Mellitus était mal à l'aise eût été un malhonnête euphémisme. Son inconfort de la situation redoublait à cause des efforts qu'il mettait en œuvre pour le dissimuler, exécrablement mal au demeurant, afin de ne pas incommoder son interlocutrice. Il s'en serait voulu que son malaise devienne contagieux. Trop conscient de lui-même dans l'instant, il remarqua que ses lèvres s'étaient affaissées et que la chaleur avait déserté sa voix. Ce n'était pas le genre d'impression qu'il voulait donner. Il ambitionnait d'être de ceux qui illuminent les journées d'autrui, pas qui les gâchent. Il força sur ses zygomatiques afin d'afficher une expression plus enjouée.

 

— Au fait, je crois bien que les premiers flocons ne tarderont plus. J'ai hâte que le parc enfile son pâle manteau et de regarder les jeunes faire des batailles de boules de neige. Ça me rend nostalgique, pas toi ? On est trop matures et trop occupés pour ça à notre âge mais quelque part ça me manque. Tu aimes la neige ?

 

C'est officiellement que le fond avait été atteint. La voix qui résonnait toujours impromptue dans sa tête s'exprima sous forme d'applaudissements lents et sarcastiques. S'il est bien un art que Mellitus pratiquait malgré lui avec grand brio, c'était celui d'avoir la conversation assommante de banalité. Il commençait à éprouver de la peine. Pas tant pour lui que pour la malheureuse Cassie qui devait subir cela stoïquement. 

 

tl;dr : Mellitus perd son sourire et répond qu'il a arrêté le Qudditch à Cassie. Il essaie ensuite de changer de sujet en dissimulant mal son malaise.


Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante

Message publié le 14/01/2026 à 01:52

Le rire de Nellie avait tout l'air d'être franc et rassurait Mellitus. Cela devait être le signe qu'il n'avait jusqu'alors pas encore commis d'impair rédhibitoire. Lorsqu'elle évoqua la beauté du ballet minutieusement chaotique des flocons virevoltant dans les cieux, il prit le temps de savourer le spectacle également.

— J'ai toujours adoré la neige. Elle a ce don d'être belle tout en soulignant les qualités esthétique de ce qu'elle recouvre. Elle n'éclipse pas, elle met en valeur. Et le monde se transforme brièvement, on découvre les choses différemment. C'est d'autant plus poétique que c'est éphémère.

Voilà que maintenant il parlait trop en s'épanchant sur son opinion non sollicitée de la neige. La neige. Qui avait envie de philosopher sur un phénomène météorologique, franchement ? Ce n'était pas sans raison qu'il s'agissait du sujet banal abordé dans toutes les discussions creuses qu'on échange juste pour meubler le silence. Tout le monde s'en fichait royalement de la météo. Heureusement, Nellie aborda d'autres sujets. Ça en faisait au moins une des deux qui savait entretenir la discussion. Et elle se montrait bon public, se prêtant gracieusement au jeu de l'humour. S'il parvenait à se contenter de répondre avec plus de concision, elle ne remarquerait peut-être pas à quel point il était ennuyeux.

Il fallut qu'elle le dise explicitement pour que Mellitus comprenne qu'elle était française, au moins partiellement. La culture d'outre-Manche lui était quasiment inconnue. En tout cas ne l'avait-il pas expérimentée puisque qu'il n'avait jamais traîné ses boucles blondes jusqu'au continent.

 

— Je trouve ton anglais impeccable, l'encouragea-t-il. Tu dois être une véritable Shakespeare en français alors. Non, plutôt une artiste de là-bas. Je ne sais pas qui est la référence littéraire en France, admit-il en se jurant de remédier au plus vite à cette lacune de culture.
 

Ainsi avait-elle étudié à la fameuse académie de Beauxbâtons. Son parcours était surprenant. Quel courage cela avait dû lui demander de venir étudier à Poudlard ! Cependant, l'épatement céda le terrain à la compassion quand son interlocutrice évoqua les propos affreusement durs proférés par sa maman à son encontre. Et c'est la sollicitude qui s'invita au moment où elle laissa en suspens sa phrase concernant la maison qu'elle avait rejoint. Mellitus interpréta cette interruption comme un manque de confiance en soi, sentiment horriblement dévorant, et un doute quant à la décision du Choixpeau. Il voulu faire son possible pour la rassurer.

 

— Le Choixpeau ne se trompe jamais. Il n'y a pas que des intellos dans notre maison. Et les meilleurs d'entre nous ne sont pas les plus intelligents non plus. Il y a d'autres qualités qui définissent Serdaigle et surtout... on pourrait dire que ce n'est qu'une étiquette. Ce n'est pas parce qu'on l'a collée sur toi qu'elle définit ta valeur. Moi je pense que tu as de l'intelligence et aussi un sacré courage. Un peu aigle et un peu lionne ; t'es une griffonne. Si ça c'est pas la grande classe, tu vas faire des envieuses.

 

"Mais oui, bombarde-là de ton avis. Elle te connaît à peine, ce qu'elle peut s'en cogner de ce que tu penses d'elle." Mellitus soupira. Si seulement il connaissait un moyen sain de mettre en sourdine le petit diable qui susurrait au creux de son oreille, quel répit ce serait. Nellie était probablement dans une période compliquée, bouleversée par le changement et le doute. Elle n'avait pas besoin d'ondes négatives autour d'elle. 
 

Si le chocolat chaud lui parut délicieux, cela semblait naturel au Serdaigle qui en connaissait la provenance. Pas tout à fait sans reproche, il lui était arrivé, lui arrivait encore, de visiter les cuisines de l'école où il avait fait la rencontre de Nap, le plus curieux des elfes. Celui-ci avait la particularité d'être quelque peu fainéant, un trait rare parmi ses congénère, et d'être très friand de boissons sucrées. Sa recette du breuvage le plus réconfortant qui soit était incomparable. Mel avoua son secret à Nellie. Pas question de s'approprier le mérite d'autrui.

Au fil du dialogue, la demoiselle vint à parler de son intérêt pour la musique et sa pratique du piano. Dans cet instant délié, elle exulta soudainement en ne tarissant plus sur ce qui devait être son sujet de prédilection. Mellitus s'étonna de n'avoir jamais entendu la mélomanie nocturne de Nellie s'exprimer. Pourtant, il lui arrivait de veiller tard, absorbé par un chapitre croustillant qui débouchait sur un autre et ainsi de suite. Était-il si distrait pendant la lecture qu'il en devenait sourd ? Il ne jugea pas pertinent d'interrompre le discours passionné de la musicienne pour lui dire qu'il aimerait l'écouter jouer. Si elle attendait l'assoupissement du château pour cela, c'est qu'elle ne désirait pas avoir de public.

Vint le moment fatidique où sa curiosité lui rebondit dans les jambes. S'il eut préféré que Nellie continuât à parler d'elle, il ne se voyait pas esquiver son tour. C'était l'occasion de manifester implicitement son soutien et sa compréhension à propos de la relation parentale apparemment compliquée qu'elle entretenait avec sa maman. En essayant de ne pas avoir l'air de la prendre en pitié pour autant, personne ne voulait de la pitié.

— Mon parcours n'est pas aussi impressionnant que le tien. Je viens de Cambridge et... disons que je n'y suis plus le bienvenu. Le type qui m'a donné la vie m'a excommunié quand j'ai été admis ici. Il s'est contenté d'être déçu et m'a au moins épargné les insultes. Donc j'ai construit mon identité ici, sur le fait d'être un sorcier. Mais je suis un naze en magie. Peut-être qu'à la fin de l'année je laisserai tout ça derrière moi pour de bon et que je reprendrai ma vie de moldu, confia Mellitus en embrassant d'un geste ample le château tout en s'efforçant de ne pas laisser transparaître la lamentation. Bah ! j'ai encore quelques mois pour étudier la question. À part ça...

 

Il bruita un roulement de tambour suivit du tintement victorieux d'une cloche pour changer de sujet.

 

— T'as vu juste, j'adore la lecture. Original pour un Serdaigle, ouais je sais. Je crois que l'essence de la nature humaine réside dans l'écriture.  La faculté de perpétuer notre histoire et nos connaissances, c'est un miracle quand on y pense. Sans ça, peu ou prou de progrès. Voilà, t'as devant toi un gars qui rentre parfaitement dans le moule de la maison. Alors tu vois, c'est pas plus reluisant que ça.

 

Que dire d'autre ? Il faisait pâle figure à côté de l'aventurière qui pratiquait un art aussi beau et exigeant que la musique. Lui, c'était quoi son talent ? Le vol. Et on lui avait arraché ses ailes sans une arrière-pensée. Nul autre que la personne en laquelle il avait le plus confiance. Qu'il aimait. Une idole, un ami, un frère. "Jadis."

 

Non. Ce n'était pas juste. Mellitus ne pouvait indéfiniment rejeter la faute. Le temps de se remettre en question était venu. Il devait reconnaître que c'est sa seule médiocrité qui l'avait ramené sur terre. Passer aux aveux.

— J'aime bien voler sinon. C'est ce que j'ai préféré en arrivant à Poudlard. Fendre les cieux sur un balai, cette sensation de liberté, c'était ça pour moi la magie. J'ai fait partie de notre équipe de Quidditch pendant un court moment. Mais... j'avais pas le niveau. J'ai pas été sélectionné l'année passée. C'est pas plus mal. Ma remplaçante est vraiment douée.

 

"Ok, ça devient gênant. Rideau." Un amas d'amertume s'était lové en boule dans la gorge du blondinet, menaçant d'altérer sa voix en cri étouffé de chevreau malade. Aucune diversion ne rattraperait cet élan pathétique mais ça n'allait pas l'empêcher d'essayer de donner le change et d'inciter Nellie à parler d'elle. Ou d'autre chose, n'importe quoi. Il délogea d'un geste rendu habile par l'habitude sa veste de ses épaules et la proposa à son amie. Pas sûr qu'elle le soit de son point de vue à elle mais Mellitus avait envie d'y croire. Un animal errant tel que lui ne pouvait que vouloir manger dans la première main tendue dans sa direction.

— Tu veux ? Si tu viens de France tu trouves peut-être le climat écossais un peu froid alors... 'Fin, je crois que c'est les français qui ont créé la galanterie alors je peux toujours essayer de faire amende honorable au nom des britanniques. Et donc tu joues quel style de musique ? Tu composes toi-même ? 

Le regard du sorcier était devenu fuyant. Cela prendrait quelque instant avant qu'il n'assume la honte d'avoir subitement étalé ses déboires sans intérêt. Là si Nellie ne s'enfuyait pas... non, inutile de conjecturer sur une possibilité inexistante. Elle trouverait un prétexte plus au moins bien élaboré en fonction de sa gentillesse pour prendre congé et retourner au chaud, débarrassée du pleurnichard.

tl;dr : Mellitus essaie de réagir avec empathie aux paroles de Nellie et de positiver. Il fait tout son possible pour l'encourager, la soutenir à demi-mots et qu'elle se sente perçue à sa juste valeur. Puis il lui parle de ses origines moldues, de l'écriture et enfin de son amour du vol. Gêné, il tente une diversion et propose sa veste à prêter en relançant le sujet de la musique.


Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante

Message publié le 13/01/2026 à 18:13

Un sourire. Il semblait à Mellitus que le dernier qui lui avait été adressé avec sincérité remontait à si longtemps qu'il échappait à sa mémoire. Et bon sang ce que cela lui fit plaisir. Il croyait fermement que les sourires étaient contagieux et qu'en offrir un était la plus belle façon de dire aux gens qu'ils comptaient. Alors, tout naturellement et sans qu'il s'en rende compte, la contrition fit place à la joie sur le visage du garçon.

 

Cela n'empêchait pas ses méninges hyperactives d'analyser les gestes et les paroles de Nellie, comme il ne pouvait généralement pas s'en empêcher quel que fût le contexte. "Trop familier, mec," se tança-t-il dans le tumulte de ses pensées tandis qu'elle répondait par un cordial bonjour à son approche beaucoup moins formelle. Heureusement, la gourde de chocolat sembla lui faire plaisir et c'était tant mieux. L'expressivité de sa condisciple était plus que bienvenue pour Mellitus qui avait trop tendance à se faire des idées sur l'écart entre ce que les autres pensaient et ce qu'ils partageaient ouvertement. La citation d'un auteur qui disait qu'il y avait une chance sur dix que deux personnes se comprennent mais que cela valait la peine d'essayer traversa le fil de sa réflexion. Si seulement les individus étaient aussi simple à comprendre que les livres...

 

Elle affirma être contente de le revoir, sentiment qu'il partageait et glissa rapidement dans l'échange pour ne pas interrompre son vis-à-vis. Puis elle dit avoir peur de... de quoi ? D'arriver en retard ? Ce qu'il ne pouvait que comprendre car lui-même angoissait concernant la ponctualité. Être en retard, c'était un manque de respect. Encore un enseignement patriarcal qui avait été déterminant dans la personnalité du jeune homme.

Est-ce qu'il allait bien depuis le cours de Monsieur Ravental ? Ni plus ni moins qu'avant supposait-il tout en répondant sobrement par l'affirmative avant de retourner la question avec un véritable intérêt pour la réponse. La convention sociale voulait généralement que la réaction polie soit "oui" et que le sujet fût ainsi clos. Mais Mellitus ne posait pas cette question par simple étiquette : il espérait obtenir une confirmation sincère ou, à défaut, se voir confier un peu du fardeau qu'on portait en silence et dans la solitude. Prêter une épaule pour partager celui-ci avec son prochain, c'était ce à quoi il aspirait. Ce qui le définissait en tant que personne honorable à son sens, l'une de ses rares certitudes.

Finalement, Nellie suggéra de marcher. Il approuva tout en amorçant le mouvement. Une promenade accompagnée sous la neige, c'était une bonne façon de passer un agréable moment. Hélas, comme le sorcier ne lisait pas dans les pensées, il rangea la gourde qu'il avait conservée sans se douter de la retenue dont faisait preuve sa camarade. Il n'avait pas encore eu le temps de se préoccuper du froid.

— Bonne idée la marche. En restant sur place on pourrait bien finir en décoration cryogénisée du parc. Tu nous imagines à la place des sangliers ailés qui surplombent les grilles du château ?

 

Mellitus prit brièvement une posture rigide qu'il voulait comique, aussitôt abandonnée pour ne pas couper l'élan de la marche. Mais sa conscience de soi en profita pour le rattraper et il s'excusa au sujet de sa manière de parler.

 

— Désolé, on me dit tout le temps que je m'exprime comme un vieux livre. Oncques ne puis-je néanmoins m'en préserver, loin s'en faut ! surjoua-t-il comme pour souligner son propos et faire preuve d'auto-dérision. Au fait, j'espère que tu voudras bien pardonner ma curiosité si elle est déplacée. Mais j'ai l'impression de ne jamais t'avoir croisée avant récemment au château. C'est... tellement indiscret, je n'aurais pas dû demander.

 

Depuis qu'il l'avait rencontrée, vraiment rencontrée, l'attention de Mellitus s'arrêta pour la première fois sur la personne de Nellie sans distraction et sans qu'autre chose ne l'accapare. Là, dans un tourbillon immaculé provoqué par un coup de vent, le temps lui-même parut suspendu un instant. Une atmosphère féerique plana subrepticement dans l'expression d'une magie toute autre que celle enseignée à Poudlard. L'indomptable beauté des Highlands épousa la silhouette qu'on eût dit dessinée du plus délicat pinceau de la Création. Les traits ineffables de Nellie quant à eux se détachaient des environs avec une netteté impromptue. Dans cet instant propice, il sembla à Mellitus que cette dernière avait quelque chose de surnaturel sans qu'il parvienne à mettre un mot dessus. Le trouble s'empara de lui. Une question sans réponse. Une question qui ne pouvait être posée. C'était à la fois déstabilisant et amusant. Quels secrets cachaient la sorcière ? Peut-être qu'un jour, s'il ne la décevait pas elle aussi comme tous les autres jusqu'à présent, lui ferait-elle suffisamment confiance pour envisager de converser de choses aussi profondes.

Le cisaillement du vent suivant ramena avec lui la réalité. Ils avaient convenu ensemble de cette entrevue amicale. Mellitus avait donc le devoir de se révéler d'agréable compagnie afin que Nellie ne se soit pas extirpée du doux confort qu'elle eût pu préféré à lui en vain. Plus facile à dire qu'à faire, la conversation mondaine n'était pas vraiment son point fort.

— Et donc, heu, c'est quoi tes hobbies ? La légende raconte qu'il existerait quelque part une ou un élève de Serdaigle qui ne dégaine pas un bouquin à la moindre occasion. Pourrais-tu être la fascinante personne de ce mythe ? tenta-t-il avec une maladresse évidente.

"Et si elle aime lire, ce qui ne serait pas étonnant, ça sous-entendrait qu'elle n'est pas intéressante. Bien joué, génie. Du grand art," se martela le Serdaigle en regrettant aussitôt sa plaisanterie. Mieux valait sans doute éviter de s'exercer à l'humour avant de connaître davantage la jeune femme. C'était risqué sans rien savoir de sa sensibilité et la dernière chose qu'il souhaitait était de heurter Nellie.

tl;dr : Mellitus répond à Nellie et entame la promenade. Il tente ensuite de s'intéresser à elle avec des questions maladroites sur son passé et ses centres d'intérêts.

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