Homme
17 ans
Sang-mêlé
Ukrainien
Identité
-
- Septième année
- Surnoms : Sashou
- Nationalité : Ukrainien
Capacités & Statuts
Groupes
Une baguette sans sel, s'il-vous-plaît !
Message publié le 17/01/2026 à 07:41
Sasha n'avait pas besoin d'observer sa soeur pour deviner la déception qui devait se peindre sur ses traits. Son propre visage accusait la nouvelle avec une certaine amertume, et il pinça les lèvres un instant, les yeux posés sur la baguette qui, il était vrai, était plus qu'en pitoyable état. Le client à côté d'eux avait même jeté un coup d'oeil et eut une expression d'horreur devant pareil carnage. Kalina ne s'en était pas rendue compte et Sasha adressa donc un regard noir au client pour le dissuader de faire un commentaire à haute voix - l'homme en question parut offusqué de cette réaction et s'en alla vaquer à ses occupations. La petite grand-mère à quelques pas de là, elle, continuait à observer les articles disponibles tout en laissant traîner une oreille, captant ces accents étrangers qui détonaient dans une boutique aux allures si britanniques.
Pendant ce temps, Kalina secouait vigoureusement la tête de haut en bas, et se jeta presque sur la baguette pour la récupérer. Elle adressa à son frère un regard implorant chargé de larmes aussi salées que l'eau qui avait agressé la baguette. Sasha soupira.
- My zberezhemo tse, convint-il pour la rassurer. Ale my takozh kupymo tobi shche odyn, dobre ? Novyy pratsyuvatyme krashche. (On va la garder. Mais on va aussi t'en acheter une autre, ok ? Une nouvelle marchera mieux.)
Il s'éclaircit la gorge pour s'adresser de nouveau à la dame au regard sévère, préférant reprendre le fil de la conversation : celle-ci devenait trop compliquée pour Kalina, qui ne s'exerçait à l'anglais que depuis récemment.
- Hum, merci. On s'en doutait un peu, en fait, dit-il, un peu bravache, comme pour excuser la naïveté de leur première demande. Et alors hum est-ce que vous vendriez pas des...
Il hésita, baissa la voix parce que la grand-mère fureteuse avait fait deux pas vers eux, subtilement, tout en continuant ses recherches, et cela lui semblait suspect.
- Des baguettes d'occasion, il murmura en soutenant le regard de la maître baguetière.
Aussitôt, il capta une expression sur son visage, à laquelle il préféra riposter immédiatement, l'interprétant comme de la désapprobation.
- Je sais que ça ne se fait pas vraiment, mais que ça se fait quand même, grogna-t-il, sur la défense.
On disait que la baguette choisissait son sorcier, que cette alchimie était très importante. C'était la théorie. En pratique, dans les villages comme celui d'où il venait, on récupérait les baguettes des défunts, on les stockait dans une grande boîte et quand un enfant était en âge d'avoir sa propre baguette, on lui faisait essayer ce qu'on avait pu conserver dans la famille, et on faisait aller. Par conséquent, Sasha en avait déduit qu'on pouvait forcément acheter des baguettes d'occasion. Et si ce n'était pas chez Ollivanders, ils iraient ailleurs.
Kalina, elle, avait rangé la baguette dans sa besace qu'elle serrait contre sa poitrine en regardant la pointe des pieds de leur interlocutrice. Elle avait des jolies chaussures, trouvait-elle, tâchant de se concentrer sur les belles boucles de métal de celle-ci plutôt que sur les larmes qui voulaient déborder de ses yeux ou le ton dur de Sasha quand il s'adressait à la femme. Pourquoi aboyait-il toujours ainsi ?
Pommier et statue de sel [cours]
Message publié le 11/01/2026 à 11:43
La botanique avec les étudiants de l'année précédente.
D'une certaine manière, pour Sasha, c'était là que tout avait commencé. Les cours nocturnes n'étaient pas tout à fait inédits : les cours d'astronomie, dans lesquels il ne se débrouillait pas trop mal, permettaient déjà cette échappée qui donnait à la plupart des étudiants une espèce d'excitation sereine. La sensation de participer à une aventure tandis que les autres élèves restaient dans l'intimité protégée du château. Mais là où ses camarades de Gryffondor manifestaient une nervosité joyeuse, Sasha ressentait la même, version pessimiste.
Il avait emboité le pas du groupe de sa maison qui se rendait aux serres, silencieux, une oreille traînant pour capter les conversations d'un duo de filles devant lui qui faisait des pronostics sur les exercices qu'ils auraient à exécuter.
Sasha n'était pas mauvais en botanique : il ne rechignait jamais à mettre les mains dans la terre. Il s'était occupé de veaudelunes une partie de l'été, et avoir grandi à la campagne lui permettait de se sentir à l'aise dans ces environnements verts et salissants. Toutefois, il accusait sur la théorie et sur certains sortilèges un véritable retard qui lui avait valu de devoir suivre des cours de cinquième année quand il était en sixième. Il espérait que cette fois-ci, le professeur ne l'envoyât pas rejoindre une nouvelle fois les rangs des plus jeunes pour rattraper ses lacunes. Et l'on disait que ce nouveau professeur était plutôt exigeant...
... d'où la mine morne qu'affichait Sasha lorsqu'il se glissa, lui aussi, dans la serre joliment éclairée. (A tous les coups, songea Sasha, ces lueurs qui donnaient sur les fleurs des reflets romantiques auraient plu à Alison - mais il se hâta de chasser cette pensée de son esprit.)
Un certain nombre d'élèves étaient déjà attroupés, des conversations entamées. Sasha reconnut Solange et Cassie de sa maison, ainsi que Liam, qu'il avait affronté dans un autre cours. Il resta en retrait derrière l'attroupement, préférant ne pas trop se faire remarquer. Comme à son habitude, il avait la rustre manie de ne saluer personne et de se contenter de rester observateur jusqu'à ce qu'on lui demandât d'agir.
Plusieurs élèves contemplaient l'objet de leur étude du soir et il suivit leur regard :
Un... arbre.
Avec des fruits.
Sasha ne comprenait pas les quelques murmures que certains élèves s'échangeaient, inconscient de ce que la plante pouvait avoir de spécial. Il resta planté là, les mains dans les poches, avant de se souvenir de ce qu'on lui avait appris.
- Bonsoir, monsieur le professeur, dit-il poliment, comme on le lui avait appris, avec son accent qu'il ne cherchait désormais plus à dissimuler.
Il jeta ensuite un coup d'oeil à celle qu'il avait appelé Miss Ravental. Ravental, c'était pas comme ça que s'appelait le professeur, ou bien il n'avait encore rien compris ? Il regarda l'enseignant, puis l'élève, puis l'enseignant. S'il y avait une ressemblance, c'était uniquement dans leur apparence glaciale. Pendant ce temps, des filles étalaient leur science (et en profitaient pour se jeter d'invisibles épines comme s'il s'était agi d'un cours de duel), et Sasha glana qu'ils allaient cueillir les fruits. Jusqu'ici, rien de bien effrayant.
Il soupira, et reporta son regard sur le professeur.
Un vieux, quoi.
(Sasha était fin observateur.)
Message publié le 11/01/2026 à 07:51
Etrange, ces filles qui voulaient toujours prouver qu'elles n'avaient pas peur. Sasha haussa les épaules, renonçant à répondre. Il y avait plein de raisons d'avoir peur. Il savait mieux que quiconque quels dangers le parc réservait la nuit, à commencer par sa propre personne. Mais de son expérience, il était plus facile de laisser les anglaises croire à leur invulnérabilité que de se fatiguer à les convaincre autrement. Il soupira discrètement, détacha son regard de la jeune fille pour mieux le laisser reposer sur la surface du lac.
L'eau était étrangement lisse et calme. Rien ne laissait présager la présence de la moindre créature, et pourtant il savait que l'endroit grouillait de vie qui n'était pas moins active aux heures nocturnes. Mais il aurait préféré pouvoir repérer la présence du fangieux plutôt que de devoir aller le chercher. Un frisson lui parcourut l'échine et il s'activa pour reprendre le fil de sa marche afin de s'en débarrasser. Ses pas nonchalants le portèrent plus près de la Gryffondor, tandis que ses mains restaient toujours dissimulées dans ses poches : même en cours, à l'exception des moments où il fallait écrire ou manipuler des objets, on aurait dit que Sasha ne pouvait s'empêcher de les remettre là comme si elles y étaient attachées par un élastique invisible.
Il s'arrêta à deux pas de l'élève, sans la regarder.
- Je suppose que tu es au courant, pour le fangieux ?
Après tout, si lui avait entendu la rumeur, il y avait bien des chances qu'elle aussi. Même qu'elle était peut-être là pour les mêmes raisons que lui. Ennuyeux, mais maintenant qu'il y pensait, pas si inutile. Cette fois, il détacha ses yeux de la surface pour la regarder, maintenant qu'il était plus près, et soutenir ses yeux même s'il n'en percevait pas grand chose dans l'obscurité : seulement la forme expressive, intense dans un visage volontaire. Son propre visage, habituellement dur, s'éclaira d'un sourire plus poli que sincère.
- Si tu n'as pas peur, c'est donc que tu es là pour voir la créature. Voire tester quelques sortilèges... Vrai ?
Il n'avait pas l'air ennuyé par le fait qu'il n'était pas seul à avoir eu la même idée. Par acquis de conscience, toutefois, il jeta un regard derrière lui - il serait fâcheux qu'ils fussent rejoints par un troisième ou un quatrième élève. Heureusement, ils étaient au moins entre Gryffondors. Sasha n'aurait pas fait confiance à un Serpentard pour éviter d'être dénoncé au personnel de Poudlard.
La nuit était fraîche, et pourtant Sasha n'était vêtu que d'un pull à capuche ; sans veste, il n'avait pas le moins du monde l'air d'avoir froid. Il soutenait toujours le regard de la jeune fille quand il reprit, d'un ton qui aurait pu être aussi doux que celui emprunté par elle, si ce n'était que sa voix à lui était rauque, granuleuse, et alourdie par son accent slave.
- Pas de bol, on dirait qu'il faut aller le chercher.
Il sortit une main de sa poche - enfin - mais l'obscurité ne permettait que d'imaginer les contours de ses gestes. Comme une invitation, il désigna le lac devant eux d'une paume ouverte.
- Après toi.
Il verrait, donc, si elle n'avait pas peur.
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Message publié le 10/01/2026 à 14:12
Sasha dévisagea Alison, un moment hébété. Il n'avait jamais vraiment compris pourquoi Alison et lui ne parvenaient jamais à s'entendre. Elle semblait toujours lire et comprendre des choses sous un autre angle que le sien. S'il faisait un compliment, elle entendait un reproche. S'il faisait une blague, elle entendait une menace. S'il prononçait une excuse, elle entendait un abandon. S'il avançait une explication, elle entendait des excuses.
Alison repassa devant lui et Sasha se passa une main sur le visage. Il serra les mâchoires lors de sa dernière remarque, se faisant violence pour ne pas lui rétorquer sur le même ton.
Mais à quoi bon ?
La soirée était fichue de toute façon. Il aurait dû s'en tenir à ce qu'il avait prévu : un dîner pour dire au revoir et au lit tout seul pour mieux s'occuper des veaudelunes à l'aube, qui, eux, ne voyaient pas dans tous ses mots des maux à combattre. Il soupira en la toisant.
Impossible ne pas penser à leur précédente altercation, quand elle avait défendu Anya, croyant encore et toujours entendre de sa part son manque de respect pour les femmes. Il avait pourtant essayé d'écouter vraiment.
Le silence s'égrena au fil des gouttes qui s'écoulent de la racine qu'Alison pressait. Quand Sasha reprit la parole, il avait détourné le regard lui aussi, dans le feuillage et les troncs qui se dupliquaient au loin comme une illusion. L'illusion qu'ils étaient seuls au monde, que le temps était suspendu.
- Y'aura pas d'autres filles en Ukraine.
Il n'y aurait peut-être jamais d'autres filles tout court, mais il se garda de révéler le fond de sa pensée : elle ne pouvait qu'être mal interprétée par Alison. Sasha avait remis ses mains dans ses poches. Il réfléchissait à ce qu'il pourrait ajouter, mais rien n'allait. Finalement, tout pouvait être déformé sous le prisme critique de la Serpentard. Et comme il n'avait pas de veste, il avait l'impression d'être de trop : inutile.
- C'est peut-être vrai, il dit finalement, le regard dans le vague, et il haussa les épaules. Que je ramène tout à moi.
Il avait fait de gros efforts depuis l'hiver pour cesser de tout ramener au conflit avec les Russes, pour se muer en élève normal comme un caméléon tenterait de ressembler à une cafetière, inconscient de la limite de ses capacités. Mais n'était-ce pas encore penser à soi ? Se soucier de paraître suffisamment fréquentable ? Alison avait peut-être raison : c'était son ego qui parlait encore, même lorsqu'il essayait de changer.
Pourtant, c'était aussi vrai que parfois il pensait aux autres, et pas juste pour lui-même ou pour ce que ces autres lui apportaient. Mais puisque c'était un adieu, il pouvait être sincère. Un drôle de calme s'ancra en lui lorsqu'il parla de nouveau.
- J'pensais à moi, parce que j'voulais que tu m'aimes.
Il détacha ses yeux de ses chimères invisibles qui paraissaient danser au fond de la forêt, pour regarder Alison qui était dos à lui, désormais. Sa silhouette frêle détonnait en couleurs dans cet univers gris et marron de roche et de végétal.
- J'voulais te protéger pour être important pour toi. Et j'voulais faire des blagues pour que tu te sentes bien avec moi. Mais on peut pas forcer quelqu'un qu'on aime à nous aimer en retour, je suppose.
Alors il aimerait de loin. Après tout, c'était déjà comme ça qu'il devait aimer sa famille : en chérissant des souvenirs fugaces, en chuchotant pour eux des voeux qu'ils n'entendraient pas. En se disant que ce qu'il avait vécu, c'était déjà bien.
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Message publié le 03/01/2026 à 08:36
Ils avaient débuté le chemin du retour en silence. Sasha était travaillé par la pulsion de se transformer pour prendre les devants sur le chemin sous sa forme animale, comme si cela lui aurait permis d'anticiper tout danger, mais il se concentra sur les cailloux qui crissaient sous leurs pieds pour mieux résister à cette envie et sagement marcher comme un être humain normal.
Quand Alison annonça un raccourci, il fronça les sourcils. Hésita à lui dire qu'il n'était pas vraiment sûr que la direction leur ferait gagner du temps - mais si ça prolongeait de quelques instants cette soirée, Sasha était bien capable de marcher un peu plus longtemps. Et puis, son séjour en Angleterre était bientôt fini. Il en avait fini de se battre avec Alison. Qu'elle prît le chemin qui lui chantât, pour que ce que ça faisait.
Mais quand la jeune fille reprit la parole, sur un sentier autour duquel se refermait la roche comme un couloir secret, Sasha releva la tête pour essayer d'apercevoir les traits de la cadette. Lui-même affichait un air ahuri.
- Quoi ?! Mais non Alison c'était une blague, répliqua-t-il avec plus de véhémence qu'il ne l'aurait voulu.
Sasha n'interrompit pas sa marche lorsqu'elle poursuivit ses explications et la dépassa sur le chemin. Ses mains toujours enfoncées dans ses poches, sa bouche se tordait légèrement, peignant une amertume qu'il cacha en passant devant elle, continuant à mettre obstinément un pas devant l'autre.
- Le numéro du gars dominant ? répéta-t-il, excédé. Je lis pas de magazines pour mecs !
Ca existait, d'abord ? Sûrement. Tout existait en Angleterre. Et c'était quoi ces drapeaux rouges ? Des drapeaux russes ? L'insulte !
Sasha carra les épaules, serrant les poings dans ses poches.
- C'est toi qui me prend pour un violeur, gronda-t-il, se retournant subitement pour adresser à Alison un regard offensé que la Lune éclaira d'une lueur froide. Tout le monde me prend pour un sauvage meurtrier ici ! J'croyais qu't'étais différente, qu'avec toi j'pouvais dédramatiser cette image-là, alors j'ai fait une putain de blague !
Sa voix s'éraillait d'une manière qu'il détestait alors il se tut, enfonçant sa colère au fond de ses entrailles - parce que cette colère était celle-là même qui faisait peur aux Anglais. En Ecosse, un garçon qui venait de la guerre n'avait pas le droit d'être en colère. Sasha se mordit la lèvre inférieure avec violence avant de se retourner vers le chemin, mais il n'avança plus. De toute façon, il ne connaissait pas cet endroit. Sans ses sens félins, il serait vite perdu. Et ce n'était sûrement toujours pas le bon moment de se montrer avec des griffes et des crocs.
Le silence s'étira pendant que Sasha s'efforçait de faire taire toute sa rancune, le visage fermé et les yeux braqués sur des runes qui s'alignaient sur la pierre, mystérieuses. Il aurait aimé qu'Alison lui fît découvrir les secrets de cette forêt, mais qu'importait maintenant ? L'humidité était le cadet de ses soucis. Il la sentait à peine, son corps s'échauffait de tout ce qui bouillonnait à l'intérieur, et qu'il était interdit d'exprimer.
Il ne fit que relever le regard vers Alison au bout d'un moment, parce qu'elle avait froid. Le silence s'égrena en quelques secondes supplémentaires, tandis qu'il l'observait.
Sasha finit par prendre une inspiration, pour s'efforcer d'articuler avec un ton calme, les mâchoires serrées.
- Est-ce que. Tu veux. Que je fasse. Quelque chose. Quand tu dis que tu as froid.
C'était une question sans animosité, empreinte d'un effort évident de ne plus franchir les fameuses lignes qui l'affublaient visiblement de drapeaux ennemis.
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Message publié le 31/12/2025 à 10:07
Sasha laissa retomber son bras le long de son corps, la mine fermée, mais ses prunelles restèrent un moment accrochées à la silhouette d'Alison qui semblait tirer sur ses vêtements pour couvrir toute la peau qu'elle avait pourtant décidé de laisser à l'air libre pour leur soirée spéciale - un dîner qui aurait dû être des adieux de fête et non une énième de leurs disputes.
Sasha soupira. Mais quand bien même Alison annonçait pouvoir rentrer seule, elle n'avait pas encore pris le chemin de Pré-au-Lard.
- Je sais qu'tu peux, mais j'ai promis à ta soeur que je veillerai sur toi, rétorqua-t-il avec un haussement d'épaules nonchalant.
Ses mains disgracieuses s'étaient rangées là où elles étaient habituellement : dans ses poches. Qu'avait-il pu croire exactement ? Evidemment qu'il n'était pas Spike Ryder ou un autre de ces mecs cools dont les mains baladeuses semblaient bien plus innocentes que les siennes.
La silhouette de Sasha se détachait dans l'océan de lucioles, comme une masse sombre occultant les étoiles d'un ciel devenu noir avec le soleil qui avait cette fois complètement décliné. Ils ne distinguaient presque plus les visages l'un de l'autre, et Sasha détacha donc son regard de la jeune fille.
- On dirait un vieux couple, grommela-t-il à voix basse, en songeant qu'ils passaient plus de temps à se disputer qu'à apprécier la présence l'un de l'autre.
La silhouette de Sasha s'écarta de l'étang. L'étang. Il s'agissait de le laisser derrière lui pour prendre la direction du retour. L'étang et Alison et Poudlard et OCQ et la ferme et les escapades dans la forêt interdite et Charlie et les cours de danse et la nourriture en abondance de la Grande Salle et Freya.
Il s'arrêta après quelques pas pour se retourner un instant.
- Tu viens ? il dit platement.
Message publié le 30/12/2025 à 11:28
Poudlard avait si peu changé que Sasha avait rapidement retrouvé ses habitudes de l'année antérieure - à l'exception près que lors des repas dans la Grande Salle, il essayait autant de se gaver que de faire manger sa petite soeur, que les montagnes de nourriture de l'école rendaient plus boudeuse qu'affamée, au désespoir de son frère aîné. Ses compagnons de chambrée l'avaient accueilli avec une surprise mi-figue mi-raisin, et Sasha avait refusé de répondre à leurs questions. Pourtant, quand Thomas avait sorti des petites fioles de liqueur ramenées de sa campagne natale, il avait accepté de se joindre à eux pour trinquer à une année spéciale : leur dernière en tant qu'élèves, celle qui abriterait le Tournoi - et celle où Jamie et Anthony avaient décidé qu'avant la fin de l'année Thomas ne serait plus puceau. L'alcool avait délié les langues, et Sasha en avait appris plus sur ses camarades de chambre en une soirée qu'en un an de partage de dortoir l'année précédente. Mais, même avec l'ivresse battant dans ses tempes, il s'était éclipsé lorsque les autres s'étaient couchés.
Ses escapades lui semblaient moins salvatrices que l'année précédente. Le froid de l'automne s'attaquait sans ménagement à l'herbe verte héritée d'un été clément, la recouvrant d'une fine pellicule blanche et humide qu'il foulait avec le regret de sa contrée plus sèche, qu'il avait à peine eu le temps d'humer au mois d'août. Mais il persistait néanmoins, tout autant que dans certains des cours qui lui semblaient important. Et tout en haut de cette liste : la Défense contre les Forces du Mal.
L'approche de Poudlard était plus douce qu'il l'aurait souhaité, mais la professeur de cette matière ne rechignait pas à les mettre à l'épreuve, et c'était au moins le genre de défi qui gardait éveillé son intérêt pour cet apprentissage en Angleterre.
Lors de leur dernière séance, il leur avait été annoncé qu'ils affronteraient un Fangieux ; Sasha n'en avait jamais vu dans son propre pays, tandis que plusieurs Serpentards se vantaient déjà d'en avoir combattu. Il était plus probable que leurs récits fussent déformés pour les mettre en avant - Sasha savait combien la maison de jade et d'argent tenait à soigner son image - mais le doute subsistait : se montreraient-ils meilleur que lui ? Piètre élève à l'écrit et dans la théorie, Sasha ne se démarquait que par sa maîtrise des matières plus manuelles et pratiques, et il souhaitait conserver cette avance autant que possible. Mais il ne pourrait mesurer ses talents à cette créature que cinq jours plus tard, au prochain cours de Défense contre les Forces du Mal.
Enfin, ça, c'était sans compter les rumeurs, qui prétendaient que le Fangieux avait été magiquement enchaîné à l'extrémité de la rive ouest du lac par la professeure. Des récits circulaient sur le fait qu'il cohabitait difficilement avec le calmar géant, essayant de l'attaquer vainement - ses chaînes magiques l'empêchant d'aller bien loin.
Trop tentant. Là-bas, chez lui, il aurait pensé à une embuscade. Mais pas ici. Il croisait peu d'élèves qui sortaient de leurs dortoirs et lorsque c'était le cas, ce n'était pas pour s'aventurer à la recherche de créatures dangereuses mais plutôt pour fricoter dans un placard avec un élève d'une maison voisine. Sasha avait donc pris cette route solitaire, marchant soigneusement dans les endroits où il ne laisserait pas de trace de son passage.
Et c'était ainsi qu'il s'était approché de la rive en question. Au bout de la longue grève de cailloux, que le lac calme grignotait à peine en petits clapotis tranquilles, la lumière de la Lune permettait d'apercevoir, comme une silhouette découpée par un projecteur, un amalgame de rochers difformes, faisant penser à une créature de pierre, échouée là depuis des siècles. Sur l'un d'eux, toutefois, il distingua une véritable silhouette.
Sasha se figea en silence, interrompant son approche, retenant son souffle. La personne était immobile. Etait-ce la professeure ? Non, il ne reconnaissait pas sa silhouette. Il s'approcha à pas lents, prenant garde à ne faire aucun bruit, jusqu'à en avoir la certitude.
Une élève.
La lumière lunaire éclairait son profil volontaire, et il crut reconnaître une Gryffondor. Pas de son année. Pas Solange, la seule avec qui il avait échangé quelques mots ces temps-ci. Son nom à elle lui échappait.
- Alors comme ça on a pas peur de la nuit, lança-t-il, la voix tranquille, mais son accent traînait les "r" d'une façon reconnaissable.
Quand elle se retourna, Sasha avait les mains dans les poches de son jean et les cheveux un peu décoiffés, mais il se tenait là comme s'il était venu au terme d'une promenade tranquille, sans précipitation, comme on flânerait au bord de l'eau. Pourtant, par réflexe, ses doigts s'étaient recourbés sur le manche de sa baguette dissimulée dans son vêtement.
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Message publié le 16/12/2025 à 11:23
Sasha sentit la respiration d'Alison s'accélérer. Un peu trop. Pas comme une jeune femme excitée, mais comme une vraie proie. Il se figea, glacé subitement lui aussi, aux paroles de la jeune fille, comprenant que son audace allait trop loin. Ses pulsions l'auraient emporté et il le savait parfaitement. Pas seulement les pulsions d'un adolescent de seize ans ; il y avait quelque chose qui prenait le dessus, au-delà de la simple attirance physique et sexuelle.
Mal à l'aise, il retira ses mains, s'écarta d'un pas en arrière. Le trouble peignit son visage même si ses joues et sa nuque demeuraient rouge vif d'un mélange d'émotions contradictoires. Il haussa les épaules, tâchant de récupérer une attitude nonchalante. Se hâta de ranger ses mains balafrées dans ses poches.
- Ok, ok, répondit-il sur un ton léger.
Il se détourna pour s'éloigner, laissant courir son regard sur l'étang silencieux, se mordant la lèvre inférieure. Les crapauds s'étaient tus définitivement pour la nuit - le ciel s'épaississait, rendant la forêt plus sombre et le village plus invisible. Seuls leur parvenaient toujours les éclats de voix et de musique, indiquant que la fête se poursuivait, qu'elle prenait un tour plus festif, certainement plus alcoolisé.
Sasha prit le temps de retrouver sa respiration lui-même. Il écouta ses tempes s'éteindre, son coeur se calmer, ses mains s'engourdir. Il y avait un léger froid qui tombait, humide, sur leurs épaules, qu'il sentait à travers sa chemise. Ses pensées s'entrechoquaient, mais elles aussi finirent par déposer les armes, et il ne resta bientôt plus à leur surface que les mêmes débris qui flottaient sur l'étang : des morceaux de nature dérivant en paix, preuves que toute vie finissait en lambeaux, puis en poussière qui se décanterait au fond de l'eau, quelqu'en soit l'origine.
Probablement de longues secondes s'écoulèrent, il avait perdu notion du temps lorsqu'il se retourna vers Alison. Il n'arrivait pas vraiment à déchiffrer son expression : peut-être à cause de l'obscurité. Il lui grimaça un sourire, qu'il espérait gentil et sincère. Mais il ne savait pas exactement comment elle le percevait. Ou plutôt, il le comprenait maintenant trop bien.
- Ecoute, j'crois qu'on est juste pas trop compatibles à ce niveau-là, d'accord ? fit-il avec un nouveau haussement d'épaules. On a essayé, ça fonctionne pas, c'est pas grave. On est cool juste à se connaître comme ça, non ?
Sasha revint vers elle en quelques pas tranquilles, consentit à sortir finalement de nouveau un main de sa poche, pour la tendre vers elle. Non pour lui prendre la main comme un amoureux, mais plutôt pour lui proposer son bras pour s'abriter, le passer autour de ses épaules.
- Allez viens, j'te raccompagne chez toi, souffla-t-il. Tu vas avoir froid.
Sasha sentit une hésitation. Malgré son sourire, il avait reprit un air sérieux, qui le vieillissait. Il y avait un décalage entre eux, qui subitement lui sautait aux yeux.
Moi aussi j'ai dû grandir trop vite, Sasha.
Alison était une petite soeur, se rappela-t-il à l'ordre, confus.
- Je voulais pas te brusquer. Désolé si j't'ai effrayée. Ca va ?
Message publié le 16/12/2025 à 08:15
So-lange.
Le prénom avait des sonorités qu'il n'avait jamais entendues avant - en tout cas ni à Poudlard, ni chez lui. Sasha dévisagea un instant sa partenaire pour le cours : des yeux verts comme les siens, mais c'était tout ce qu'ils avaient en commun. La peau pâle alors qu'il avait le visage tanné par le soleil et les vents extérieurs ; les cheveux noirs et fluides alors que sa propre tignasse était épaisse, emmêlée et claire ; les doigts fins et propres, habitués à une écriture probablement délicate et rapide quand ses mains étaient épaisses et marquées de cicatrices noires indélébiles qui leur donnaient un air un peu sales ; une posture rigide d'élève organisée quand il était avachi dans son pouf à la façon d'un phoque échoué sur la plage.
Subrepticement, il se redressa un peu, et se concentra sur le parchemin qu'il déroula sur l'un de ses genoux. Avec son écriture de gaucher malhabile, en pattes d'oie peu lisibles, il se mit à inscrire le nom du cours et le thème du jour en fronçant les sourcils.
- J'préfère que tu commences, grommela-t-il à voix basse, sa voix grave se glissant parmi les grattements de papier et le murmure des conversations de leurs voisins.
La classe semblait prendre l'exercice avec beaucoup d'enthousiasme. Il fallait dire que la professeure était plutôt appréciée et offrait généralement aux élèves une variété d'exercices qui donnaient peu l'impression d'étudier : boire du thé et discuter les feuilles restées collées au fond de la tasse, lecture et écriture d'horoscopes à partir d'observations des constellations à la fin du jour, ou encore observation d'une boule de cristal professionnelle, tout paraissait distrayant aux élèves lorsqu'il venait dans cette salle de classe particulière. Pour sa part, Sasha s'était tenu en retrait, paraissant ennuyé de ces activités qui ressemblaient peu à celles d'une école de magie ordinaire. Et le cours du jour ne lui semblait guère bien différent.
Il laissa échapper un soupir que la professeure remarqua malheureusement. Elle posa sur lui un regard sévère à travers ses petites lunettes carrées, et Sasha prit un air innocent.
- Monsieur Shevchen, vous avez quelque chose à dire ?
- Hum, non. J'ai... Je ne me souviens juste jamais de mes rêves, répondit-il avec son accent slave qui se trahissait dans l'intonation de ses mots.
- Ah-ah, fit-elle, soudain compréhensive. C'est en effet un exercice qui demande de l'entraînement. D'ailleurs, s'adressa-t-elle à l'assemblée en jetant un regard circulaire qui interrompit les conversations, vous devrez chacun, pendant tout le mois suivant, tenir un journal onirique. C'est à dire, noter par écrit chaque matin vos souvenirs de vos rêves. Ce sera votre base de travail avec votre binôme pour les prochaines séances.
Sasha baissa les yeux sur son parchemin, la mine un peu déçue, tandis que les murmures feutrés des discussions reprenaient. D'une main, il sortit l'ouvrage mentionné par la professeure un peu plus tôt : son exemplaire était abîmé, les coins pliés et usés, et quelques pages se détachaient pauvrement. A côté, celui de Solange paraissait en parfait état, comme si elle en avait pris un soin particulier. Il tâcha de ne pas faire attention à ce détail : il utilisait du matériel d'occasion depuis plus d'un an maintenant et s'était habitué à voir la différence entre ses affaires et celles des autres. Il reporta son attention sur So-lange. Son regard s'attarda un instant sur la chaîne suspendue au cou de la jeune fille, puis son maquillage sombre, presque dissuasif en comparaison de la façon dont se paraient les autres filles.
- Je suis prêt, annonça-t-il, un doigt marquant la page de l'index des symboles dans Les Profondeurs du Sommeil. Tu rêves de quoi ?
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Message publié le 15/12/2025 à 19:49
Sasha s'était empressé de goûter la saveur des lèvres d'Alison. Comme un carnassier qui aurait fait attention à ne pas éviscirer trop vite sa proie pour la faire durer le plaisir de la savourer le plus longtemps possible, il retenait ses crocs. Il aurait pu la dévorer.
Animal ! criait la petite voix révoltée.
Mais il ne l'écoutait plus guère. Ses mains avaient glissé sur les hanches d'Alison. L'une d'entre elles s'aventura dans son dos, épousa la cambrure de ses reins. Alison lui paraissait soudain si fragile, si atteignable. Le reste de ses formes féminines étaient littéralement à portée de ses doigts, sur lesquelles il aurait glissé avec appétit - mais un reste de raison le retenait. Peut-être aussi craignait-il qu'elle ne perçût le léger tremblement de ses mains. Son coeur tambourinait contre ses tempes et dans sa poitrine, un chant de guerre et de conquête qui oblitérait totalement les crapauds, la rumeur de la fête et le vent dans les arbres écossais.
Si les nuits d'été en Ecosse étaient fraîches, Sasha l'avait depuis longtemps oublié. Sous les doigts d'Alison, sa nuque s'était embrasée.
Le baiser s'arrêta plus tard qu'il ne s'y était attendu - il avait eu le temps de s'enivrer quelques instants. Il avait anticipé qu'elle le repousserait - vexée par son manque de manières, mais que son assaut lui suffirait de toute façon. Or, Alison ne réagissait jamais comme il le prévoyait.
Il rouvrit les yeux. Les lucioles flottaient toujours autour d'eux, se reflétaient dans les prunelles de la jeune fille. L'avait-il jamais vue de si près ? Ses lèvres brillaient, et il aurait juré que ses joues avaient un peu rougi, même si la luminosité ne permettait guère d'en être certain. Il grimaça un sourire. Il l'aurait voulu moqueur, mais une part de lui était trop satisfaite pour ne pas trahir une fierté évidente.
- C'était pas mal, mais je pensais que tu savais offrir plus qu'un échantillon, répliqua-t-il avec une nonchalance feinte, puis il secoua la tête négativement. Han-han.
Il y eut un instant de silence - ou plutôt, les grillons, le murmure de la fête et même le coassement d'un crapaud tout proche se rappelèrent à ses oreilles, mais il avait une proie plus intéressante entre ses griffes pour le moment. Ses mains étaient en effet restées sur les hanches d'Alison.
- Trop compliqué à retirer, un noeud papillon, expliqua-t-il à voix basse, son sourire devenant cette fois vraiment frondeur. Faudrait pas mettre un obstacle insurmontable à une Serpentard...
Leur maison d'appartenance n'avait en réalité pas grande importance pour lui - à ceci près que cela avait été un repère à Poudlard. Mais il était déjà un étranger pour cette école, désormais.
Sasha se rapprocha d'Alison - supprimant entre eux toute distance, s'il en restait encore : leurs vêtements se pressèrent, laissant deviner leurs formes au travers, et la prise de Sasha autour d'Alison se resserra. Il était un peu plus grand qu'elle, et dominait désormais aisément son visage : il y avait une Lune aux trois-quarts qui éclairaient ces tâches de rousseur, ce regard rebelle, cette frange que leur baiser avait dérangé sans qu'elle s'en rendît compte. Le sourire de Sasha s'était évanoui et il était sérieux de nouveau.
- Tu sais que personne ne viendra à ta rescousse ici, dit-il, comme un constat anodin - ou peut-être un avertissement.
L'une de ses mains glissa plus bas, aventurière. Finalement, il s'en fichait si elle se rendait compte qu'il tremblait. Ses doigts glissèrent sur la jupe, épousèrent le rebondi d'une fesse, et finalement ses doigts chauds rencontrèrent la fraîcheur d'une cuisse dénudée. Il remonta sous le tissu - son propre souffle saccadé, son visage à quelques centimètres de celui d'Alison. Il rencontra les fibres d'un sous-vêtement et il lui sembla qu'il faisait beaucoup trop chaud, mais ça n'importait guère. Ses doigts s'enfoncèrent à travers le tissu, épousèrent la ligne qui menait vers l'intérieur de la cuisse d'une pression insistante. Il approcha ses lèvres du visage d'Alison mais finalement, glissa le long de la ligne de sa mâchoire, et son souffle brûla contre la peau de la jeune fille, dans son cou, juste sous son oreille.
- J'crois que j'ai pas assez mangé, il souffla. Et que j'ai encore faim.
Il s'en fichait qu'on pût les apercevoir : bientôt, l'Ecosse appartiendrait au passé. Et Alison, au lieu d'être un souvenir cuisant, serait une preuve qu'il pouvait aussi en gagner, des batailles.
Message publié le 11/12/2025 à 20:13
- А якщо у вас є термінова проблема, а мене тут немає, сходіть до містера Беккета в бібліотеку. Він високий чоловік із сивим волоссям, завжди в гарному настрої, і він розмовляє російською. Каліно, ти мене слухаєш? (... Et si tu as un problème urgent et que je suis pas là, tu vas voir monsieur Beckett, à la bibliothèque. C'est un grand type aux cheveux gris qui est tout le temps de bonne humeur, et il parle russe. Kalina, tu m'écoutes ?)
Devant l'entrée de la salle commune des Gryffondor, accroupi à côté d'elle alors qu'il fourrait divers objets dans le sac de sa petite soeur, Sasha donna une bourrade du coude à la concernée, dont les yeux clairs avaient été subitement captivés par un grand tableau où des cavaliers chargeaient en armure à travers une grande plaine sous un ciel sombre. L'une des vieilles batailles d'Angleterre, certainement, mais ce n'était pas ça qui fascinait Kalina.
- Сашо, рама, ти справді думаєш, що вона зроблена із золота? (Sasha, le cadre, tu crois que c'est vraiment de l'or ?)
Son grand frère eut un soupir et il déglutit en serrant les dents pour éviter de perdre patience.
- Не знаю. Яка різниця? Наскільки я знаю, ти ж не принесеш це додому, grommela-t-il. (Je sais pas. Qu'est-ce que ça change ? Tu vas pas le ramener chez nous que je sache.)
Leurs regards se croisèrent. Dans les prunelles de la petite fille, il lut subitement le manque de leur foyer, l'éloignement de leur père et de leur mère. Tout ce que Kalina n'avait pas choisi, et dont ni l'un ni l'autre ne parlait guère. Il se hâta de détourner les yeux et de reprendre.
- На п'ятому поверсі є ще більше гарних картин. Я тебе туди відведу. (Il y en a des plus beaux, des tableaux, au cinquième étage. Je t'emmènerai.)
Sa voix s'était adoucie, mais l'inquiétude demeurait.
- Запишіть домашні завдання, а якщо ви не впевнені, запитайте іншого учня. Грифіндорця чи Гафелпафця. Гаразд? (Note bien les devoirs qu'il y a à faire et si t'es pas sûre, demande à un autre élève. Un Gryffondor ou un Poufsouffle. Ok ?)
Kalina secoua la tête en un geste positif, mais il était sûr qu'elle aurait oublié les trois quart de toutes les recommandations qu'il lui faisait d'ici une poignée de secondes. Il l'aida à mettre son sac sur ses épaules - un sac à dos crocheté, gris, avec des fleurs de couleurs vives brodées ci et là. Une oeuvre en décalage complet avec les affaires tendance qu'arboraient les jeunes filles de Poudlard, mais ni l'un ni l'autre ne semblaient y accorder la moindre importance : le sac habillait Kalina d'une façon toute naturelle par dessus sa robe de sorcière un peu usée mais soigneusement repassée d'un sortilège que Sasha lui avait appliqué. Maladroitement, il serra rapidement la petite silhouette contre lui avant de la pousser vers le couloir.
- Ходімо, швидше, grommela-t-il, bourru. ти йдеш аж до підземель, сходами праворуч від Великої зали. (Allez dépêche-toi. Tu vas tout en bas aux cachots, par l'escalier à droite de la Grande Salle.)
Il ne la regarda pas s'engouffrer avec les autres jeunes Gryffondor qui quittaient la salle commune : il était déjà en retard pour ses propres cours.
Les cours de Divination se passaient dans une pièce qui n'avait pas grand chose à voir avec les salles de classe auxquels les élèves étaient habitués. Etroite et ronde, la pièce abritait tout un tas de poufs et coussins autour de tables basses et le bureau du professeur était poussé vers un mur, méconnaissable tant il croulait sous des objets farfelus et des documents dont certains avaient une vie propre, à l'image de ce parchemin qui n'arrêtait pas de vibrer à la façon d'un bourdon coincé sous un amoncellement de feuilles de thé éparpillées ça et là. Les élèves qui avaient choisi cette option semblaient sincèrement apprécier la diversité que leur offrait ce cours, et ils étaient pour la plupart déjà installés par petits groupes, à converser avec animation sur ce que leur réservait le programme partagé par les 6ème et 7ème année de Poudlard. L'ambiance était feutrée, les discussions se faisant à voix basse. La professeure de divination partageait quelques anecdotes, un turban coloré enserrant son front et ses oreilles et d'où débordait une forêt de cheveux crépus et noirs.
- Bonjour madame la professeure, se fendit poliment Sasha en se glissant dans la pièce - le souffle court et l'attitude mécanique.
Il se comportait tel qu'on le lui avait appris, mais on devinait à son air revêche qu'il n'approuvait pas exactement l'endroit. Ou bien peut-être était-ce seulement une différence culturelle qui le conduisait à se comporter d'une manière que les autres jugeaient bourrus.
D'ailleurs, Sasha n'était pas exactement le partenaire de premier choix lorsqu'il s'agissait d'exécuter les travaux de l'école. Il le savait pour une raison très simple : quand on leur sommait de se mettre en groupe, tout le monde évitait son regard. Il s'enfonçait généralement dans sa mauvaise humeur et faisait son travail tout seul, si toutefois on l'y autorisait.
Sans surprise, le cours de Divination ne faisait pas exception : déjà la professeur annonçait d'un ton claironnant qu'ils étaient tous réunis et que, par conséquent, ils pouvaient commencer le cours et se mettre par paires. Sasha écoutait d'une oreille en se laissant tomber dans l'un des poufs. Il sentit son séant absorbé vers le sol et instantanément, ses paupières devinrent lourdes. Il s'efforça de les garder soulevées, avec peine.
- ... découvrir avec enthousiasme le programme d'Oniromancie avancé ! dit la professeur, enthousiaste, qui s'était levée au milieu de la pièce, agitant les bras et avec eux, de multiples châles usés qui pendaient autour d'elle en lui donnant l'allure d'un fantôme portant hurlecharpe sur hurlecharpe. L'étude des rêves est un sujet hautement délicat et il est souvent impossible d'avoir un recul sur ses propres productions internes. Aussi est-il essentiel d'obtenir l'interprétation d'un tiers et c'est ce que vous allez faire aujourd'hui. Mettez-vous par deux, et commencez donc par partager vos rêves les plus fréquents l'un à l'autre. Il va de soi que vous devez prendre des notes pour pouvoir identifier des patterns dans le symbolisme généré par le cerveau de votre partenaire. Par exemple, s'il rêve d'un chupacabra régulièrement...
Sasha soupira. Dans la pièce, des paires s'agençaient, des murmures s'échangeaient. On tirait son pouf pour se rapprocher de son voisin, on sortait plume et encrier ainsi qu'un parchemin à poser sur ses genoux. Sasha préféra rester silencieux, attendant le malheureux élève qui n'aurait pas réussi à se caser avec quelqu'un et qui, par conséquent, serait l'élu pour être désigné d'office avec lui.
Rapidement, la personne en question se révéla : c'était une jeune fille qui n'avait personne à côté d'elle, et Sasha posa sur elle un regard étonné.
Il n'avait jamais vu cette fille.
Mais puisque c'était elle, il fit l'effort de déplacer son pouf jusqu'à ses côtés. Le raclement sembla agacer légèrement la professeur qui lui jeta un regard d'avertissement, puis elle reprit.
- Le symbolisme d'oniromancie supérieure peut être décrypté à l'aide de votre ouvrage Les Profondeurs du Sommeil d'Anita Padormi, qui vous aidera à positionner les rêves de votre partenaire dans la Classification des rêves magiques communément admise dans...
- Sasha, annonça le Gryffondor à voix basse à sa partenaire, anticipant la fameuse question qui, certainement, devrait débuter leurs échanges.
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Message publié le 11/12/2025 à 18:03
Le geste suggestif d'Alison ne lui avait pas échappé. Sasha avait senti des tambours battre dans ses tempes, incertain. Avait-elle fait cela consciemment ? Il s'était intéressé de nouveap^)à à son plat, concentré subitement sur les détails de la table. Il haussa les épaules avec nonchalance.
- Ouais. Les odeurs de Poudlard, de la Forêt Interdite. Les odeurs de cire à balai de chez OCQ. Et même celles des veaudelunes, pour être honnête.
Ainsi que les odeurs interdites qu'il avait glanées dans leur appartement au-dessus de la boutique. Celles qu'il avait senti sur les vêtements et les cheveux d'Alison. Des effluves retrouvées en partie dans les étreintes de Charlie. Sasha laissa vagabonder son esprit dans l'inventaire détaillé des parfums glanés dans la famille Carter - même celles plus distantes de Freya, au fond, faisait partie d'un tableau sensoriel dans lequel il aurait se rouler et s'oublier.
Le reste du dîner était passé vite malgré finalement une conversation plutôt superficielle. Sasha avait surveillé du coin de l'oeil les faits et gestes d'Alison, indifférent désormais aux autres tables ou à l'effet de lévitation. Il l'avait imitée sur le choix du parfum de la glace : un chocolat intense, à la couleur brune profonde, et l'avait suivie le long d'une allée qui s'éloignait du centre du village, laissant derrière la rumeur des conversations, de la musique, et un petit peu de cette lumière pailletée qui illuminait les visages des enfants qui jouaient bruyamment.
Une légère fraîcheur commençait à tomber sur leurs épaules à mesure que le soleil déclinait lentement. En Ecosse, il se couchait tard en plein été - bien plus tard que Sasha y était habitué dans son pays. Cela lui donnait l'impression d'avoir un permis de sortie un peu spéciale, qui tombait à pic pour prolonger cette soirée. Le coin du village où Alison l'avait conduit était tout aussi charmant que celui d'une carte postale et Sasha se demanda si toutes les lucioles étaient là naturellement ou bien si c'était une manifestation sorcière - une façon pour le village de manifester un peu de sa magie dans l'aménagement des lieux. Il suçotait tranquillement sa glace lui aussi, laissant ses yeux parcourir l'étang - revenir à Alison aux épaules dénudées - parcourir l'étang, donc, et observer les lucioles qui virevoltaient, certaines si proches d'eux qu'elles leur passaient près du visage, des jambes dénudées d'Alison. Et sur l'étang, donc.
- Ch'est chuper beau, approuva Sasha, un morceau de glace fondant sur la langue tandis qu'Alison se retournait et s'adossait à la barrière - l'étang, l'é-tang.
Ses yeux accrochèrent pourtant finalement les prunelles d'Alison. Elle suçotait son morceau de bois d'une manière qui lui parut tout aussi subjective que le geste qu'elle avait eu vers son décolleté et Sasha avala la glace fondue sans la moindre pensée pour le goût du chocolat sur sa propre langue.
Un instant, il se demanda si ce qu'il avait entendu d'elle était vrai : certains disaient à Poudlard qu'Alison était du genre débridée, en particulier avec Spike. Il n'avait pas besoin de se remémorer ni les mots ni les pratiques auxquelles il avait entendu quelques garçons associer la Serpentard. Quand il avait été le témoin indiscret de ces conversations de voisins de bureau, il s'était automatiquement rassuré en se disant qu'Alison faisait courir cette réputation à dessein - réputation à laquelle il avait lui-même contribué en début d'année - mais que, comme avec lui, elle jouait surtout sur son image plus qu'avec les organes de ses petits amis. Mais il se leurrait et une part de lui-même, qui le savait bien, se chargeait simplement à cet instant de le lui rappeler, de lui montrer toute l'évidence : Alison n'était plus innocente, avait sûrement fait un paquet de fois ce que son père n'aurait pas aimé qu'elle fît, et il ne savait plus exactement ce que cela provoquait chez lui. Il fronça les sourcils, délaissant son propre morceau de bois - la glace était terminée peut-être un peu trop tôt, ne lui permettant plus le répit d'une contenance. Son air sérieux habillait ses traits soudain comme lorsqu'il se concentrait sur un ouvrage aux termes un peu techniques pour lui. Il avança d'un pas, chassant entre l'espace de convenance qu'il avait observé jusqu'ici : désormais, il se trouvait à quelques centimètres à peine, si près qu'il pouvait de nouveau sentir ces effluves avec lesquelles il avait autrefois flirté, et il porta les doigts de sa main libre sur le morceau de bâton qui effleurait les lèvres d'Alison.
Non pour le lui retirer, mais pour mieux accompagner la main de la jeune fille. Il fit glisser le morceau de bois le long de sa lèvre inférieure, pensif.
Et puis soudain il eut un demi-sourire, comme à contre-coeur.
- J'suis sûr que t'en as toujours eu envie, tu sais juste bien faire semblant, lâcha-t-il comme une taquinerie.
Il se pencha soudain pour l'embrasser - certes, sans guère lui laisser le choix. Le morceau de bois entre eux s'échappa, et Sasha goûta les lèvres qui l'avaient mordu à l'automne dernier avec une résolution qui sentait la revanche.
Message publié le 25/11/2025 à 13:09
Septembre en Ecosse : un ticket pour la pluie et le brouillard. En particulier à la tombée de la nuit, au coeur de laquelle le château resplendissait malgré tout comme un phare pour qui pouvait le voir, avec ses grandes fenêtres illuminées et ses tours qui éventraient les nuages. Pourtant, Sasha n'avait guère le coeur de s'attarder à contempler le spectacle même si la pluie le dérangeait rarement. La mine sombre, il grimpa les escaliers quatre à quatre, le souffle court, tirant dans sa main la petite surprise qu'il avait la responsabilité de faire à Poudlard. Il la serrait fort pour éviter qu'elle ne lui échappât, et repoussa l'une des lourdes portes de l'entrée.
- Ooooh ! Vous êtes en RETARD monsieur SHEVCHEN ! SHEVCHEN VA ÊTRE PUNIIII ! claironna Peeves qui se mit à le talonner dans le couloir d'entrée avec sa voix nasillarde. Le banquet est sur le point de commencer ! Si ça tombe il va être viré Shevchen ! Et c'est ainsi que ton année s'achève-Shevchen !
- La cérémonie a déjà eu lieu ? aboya Sasha sans lui accorder un regard, toujours au pas de course - ses cheveux trempés lui collaient sur le front et ses joues luisaient à la lueur des torches du hall d'entrée.
- E-VI-DEM-MENT. C'est FICHU pour le bout de CHOU, SHEVCHOU !
Sasha grogna, et se précipita sur les portes de la Grande Salle, craignant un instant qu'elles ne fussent verrouillées.
Mais non. Elles n'opposèrent aucune résistance. Un son feutré et doux accompagna leur pivotement qui fut aussitôt englouti par le brouhaha des conversations : le banquet avait carrément commencé.
- лайно, jura-t-il à voix basse. (Merde.)
Il fit un pas en arrière et referma la porte, avant de lever sa baguette.
- Consectetuer Dryer, prononça-t-il.
Enfin, il rouvrit la porte, et cette fois-ci, osa faire plusieurs pas dans la Grande Salle, sa main serrant toujours...
... celle d'une petite fille qui lui arrivait à peine au niveau du coude. Elle était frêle, les cheveux châtains, et tenait la main de Sasha avec tous ses doigts disponibles, comme s'il s'était agi d'une corde et qu'elle était en train de se noyer en mer. Heureusement, le sortilège de Sasha avait permis de sécher sa robe de sorcière un peu abîmée, mais ses cheveux dégoulinaient encore un peu. Ses yeux écarquillés balayèrent la Grande Salle avec effroi.
- Сашо, всі на нас дивляться ! couina-t-elle. (Sasha, tout le monde nous regarde !)
- Але ні. (Mais non.)
Il s'efforçait d'imaginer que personne n'aller les remarquer. La vérité était entre les deux : beaucoup d'élèves étaient plongés dans des conversations animées provoquées par l'annonce du Tournoi et l'absence du directeur, que Sasha ignorait encore. Mais quelques élèves les avaient remarqués et les jaugeaient du regard. Certains étaient moqueurs, mais Sasha s'évertua à ne regarder personne sinon la table des professeurs : là, le personnel de Poudlard, lui, avait clairement remarqué son intrusion tardive.
- Давай, souffla-t-il, et ils se mirent à longer le mur latéral, non loin de la table des Gryffondor. (Viens.)
Parmi ces derniers, un garçon à la tignasse noire donna un coup de coude à son voisin, un grand dadet roux déjà majeur mais dont l'expression laissait deviner un QI plus proche d'une année antérieure. (Parfois, la tête ne suit pas le corps, ce n'est pas Nick-Quasi-Sans-Tête qui vous dirait le contraire.)
- Hé, regarde, c'est Shevchen. Il était pas censé être parti pour toujours celui-là ?
- Ben visiblement non. C'est qui cette gamine ?
- Y'a un air de famille. Il s'est p't-être reproduit entre temps.
- Sérieux ? Tu crois que c'est sa fille ?
Le brun jeta un coup d'oeil au roux avant d'émettre un son moqueur.
- Tom, si le cerveau était en or, tu serais encore plus pauvre que mon elfe de maison.
En quelques secondes à peine, Sasha avait remonté la Grande Salle en longeant le mur, le coeur battant. A mesure qu'il avançait, il s'était rendu compte que le siège du directeur était vide, et cela ne présageait rien de bon. Mais il était trop tard pour renoncer.
Lorsqu'ils furent à quelques pas de la table des professeurs, il s'immobilisa.
- Нічого не кажи, intima-t-il à la petite fille, qui ne pouvait s'empêcher de fixer du regard les grandes tables, puis les bougies qui flottaient au-dessus, puis le ciel étoilé de la Grande Salle, puis les plats qui fumaient sur les tables, éberluée. Дайте мені говорити, і відповідайте лише тоді, коли вам ставитимуть запитання безпосередньо. Гаразд? Англійською. Якщо ви не розумієте, я перекладу. Гаразд ? (Ne dis rien. Laisse-moi parler, et réponds seulement si on te pose directement des questions. D'accord ? En anglais. Si tu comprends pas je traduirai. Compris ?)
Sasha secoua doucement la main minuscule qu'il serrait dans sa grosse paume marquée de cicatrices noires. La petite fille l'avait lâché d'une main, et en profitait pour triturer un petit bracelet serré autour de son poignet toujours prisonnier.
- OK ?!
- Ok, couina la petite fille.
Ils attendirent patiemment qu'à la table des professeurs, quelqu'un se levât, n'osant aller les déranger. Comme le Directeur était absent, c'était au Directeur Adjoint, certainement, qu'il devait parler.
Pendant leur voyage, Sasha avait pensé à tous les arguments qui lui permettraient de convaincre celui qui jugerait de sa situation : la guerre dans son pays, le long voyage qu'ils avaient entrepris, l'éloignement de ses proches, le fait qu'elle était brillante à l'école et ne poserait pas de problème, le fait qu'il n'était plus possible d'accéder à une école de magie en ce moment dans sa région, les sacrifices de ses parents pour qu'ils arrivassent tous deux à destination. Il avait même préparé un discours qui évoquait la citation célèbre d'un ancien directeur de l'école, comme quoi Poudlard accueillerait toujours ceux qui en avaient besoin, afin d'être le plus convaincant possible.
Alors, armé de tous ces arguments, quand il se trouva en face de monsieur Pope, Sasha dit :
- C'est ma soeur.
Tous ses arguments s'étaient enfuis comme des lapins à l'approche d'un centaure.
- Faut qu'vous la preniez à Poudlard. S'il vous plaît.
Sasha Shevchen a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Zorepys !
- Sortilège
- Enchantement Séchant
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 18
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 3
... celle d'une petite fille qui lui arrivait à peine au niveau du coude. Elle était frêle, les cheveux châtains, et tenait la main de Sasha avec tous ses doigts disponibles, comme s'il s'était agi d'une corde et qu'elle était en train de se noyer en mer. Heureusement, le sortilège de Sasha avait permis de sécher sa robe de sorcière un peu abîmée, mais ses cheveux dégoulinaient encore un peu. Ses yeux écarquillés balayèrent la Grande Salle avec effroi.
Autres résultats possibles
... celle d'une petite fille qui lui arrivait à peine au niveau du coude. Elle était frêle, les cheveux châtains, et tenait la main de Sasha avec tous ses doigts disponibles, comme s'il s'était agi d'une corde et qu'elle était en train de se noyer en mer. Pourtant, à l'inverse de Sasha, elle était parfaitement sèche. Elle portait une robe de sorcière abîmée mais impeccablement propre et repassée. Ses yeux écarquillés balayèrent la Grande Salle avec effroi.
... celle d'une petite fille qui lui arrivait à peine au niveau du coude. Elle était frêle, les cheveux châtains, et tenait la main de Sasha avec tous ses doigts disponibles, comme s'il s'était agi d'une corde et qu'elle était en train de se noyer en mer. L'effet était d'autant plus évident que sa vieille robe de sorcière abîmée était complètement détrempée. Ses yeux écarquillés balayèrent la Grande Salle avec effroi, semblant peu se préoccuper du fait que la tentative de séchage de Sasha avait échoué.
... celle d'une petite fille qui lui arrivait à peine au niveau du coude. Elle était frêle, les cheveux châtains, et tenait la main de Sasha avec tous ses doigts disponibles, comme s'il s'était agi d'une corde et qu'elle était en train de se noyer en mer. L'effet était d'autant plus évident que le sortilège de Sasha, en plus de ne pas avoir marché, lui avait collé tous ses vêtements trempés contre la peau, y compris sa robe de sorcière usée qui moulait, luisant, son petit corps d'enfant. Ses yeux écarquillés balayèrent la Grande Salle avec effroi : en plus de découvrir cet environnement effrayant, elle se retrouvait avec l'allure de quelqu'un qui sortait d'une piscine.
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Message publié le 25/11/2025 à 10:56
Sasha haussa les épaules, un petit sourire se dessinant sur ses lèvres. Voilà, le pire était passé.
- J'sais pas. J'l'ai pas achetée deux mornilles, alors j'espère bien quand même !
Après avoir hésité avec un steack de chupacabra, Sasha commanda une pizza à la Mozzarella Stridente - Charlie n'aurait pas apprécié qu'il mange un morceau de créature magique - ainsi qu'une coupe de feu incandescente à partager. Les antipasti qu'on leur avaient apporté diffusaient une odeur succulente, et Sacha ne pouvait s'empêcher de piocher dedans. Il y avait un petit plateau d'Olives Farfelues, et de petits piques permettaient de les embrocher pour les manger, mais les olives ne cessaient de bondir dès qu'on approchait la main, ce qui rendait la tâche difficile. Il s'acharna quelques instants, songeant qu'avec l'agilité de ses griffes il les auraient toutes eues immédiatement.
- Ah bon ? prononça-t-il, hébété. Ah bon. Et c'est quoi ?
Sasha avait relevé le nez de son assiette, abandonnant la chasse aux olives quelques secondes. Une coupe énorme venait aussi d'arriver par lévitation : c'était une sorte de vin pétillant italien, à la robe rouge, dont la surface semblait brûler et chauffer comme la surface d'un volcan.
Evidemment, Alison jouait les mystérieuses. Il l'observa - elle touchait peu aux antipasti, rajustait son petit haut rose et Sasha détourna de nouveau le regard. La table et les chaises en lévitation lui donnaient une drôle d'impression de flotter sur une mer calme.
- T'attends de voir si je vais te foutre la honte en ayant le mal de lévitation ? plaisanta-t-il.
En vrai, il n'était pas sûr d'apprécier fort longtemps cette sensation d'apesanteur.
Lorsque leurs plats arrivèrent, apportés sur un plateau par un enchantement magique, l'estomac de Sasha se mit à gronder, mais il s'efforça de ne pas se jeter sur sa pizza et de bien utiliser les couverts. A chaque fois qu'il en coupait un morceau, le fromage poussait un soupir aigu de satisfaction en se distandant, étouffé subitement quand Sasha l'engloutissait. Lentement. Est-ce qu'Alison pouvait savoir le genre d'efforts que ça lui demandait d'avoir l'air civilisé ?!
A côté d'eux, les tables s'étaient remplies, et il se demanda combien de couples ou de familles l'avaient reconnue et les épiaient, mais tous ssmblaient pourtant se comporter de façon extraordinairement normale lorsqu'il les épiait. Un peu plus tôt, lors de leur promenade entre les stands, une femme d'une trentaine d'années avait demandé, moqueuse, s'ils étaient en couple. Sasha avait profité d'une annonce au stand voisin pour s'éclipser. Il poussa un soupir, et une olive vint le narguer en effectuant un plongeon dans la sauce tomate de sa pizza, provocatrice. Elle fut embrochée sauvagement d'un coup de fourchette, pour sa peine. Sasha releva les yeux, guetta les expressions d'Alison.
Elle s'était maquillée. Avec légèreté, une certaine délicatesse. Sa beauté est toute différente de celle de Freya, et pourtant on y retrouvait des douceurs similaires ; les couleurs chaudes de l'automne, les formes généreuses des lèvres, et un contour du visage fin. Alors que lui sentait la crotte de veaudelune. Bon, il avait eu son dîner, il se considérait plutôt chanceux.
- J'pense pas que je vais oublier super vite cette année en Ecosse, dit-il pour reprendre le fil de la conversation. J'ai pas tout aimé, mais le château est quand même exceptionnel.
Y compris la forêt interdite - terrain de jeu et d'entraînement à qui il devait de ne pas avoir complètement perdu la tête.
- J'suis content d'avoir vu autre chose que mon pays, même si j'étais dégoûté d'être arrivé ici au début de l'année. Maintenant qu'il faut repartir...
Il s'interrompit, fit un sort au tout dernier morceau de sa pizza. Est-ce qu'il était content ou non de partir ? Il n'arrivait pas à le dire.
- Y'a plein d'odeurs qui vont me manquer, il dit subitement, comme un cri du coeur.
Ses couverts - chaque goutte de sauce en avait disparu grâce à un discret léchage efficace - retrouvèrent leur place à côté de l'assiette immaculée.
- Tu finis pas ta mousse ?
Ok, il y avait peut-être un brin d'espoir dans cette question.
Message publié le 21/11/2025 à 13:57
Sasha était resté les yeux ronds comme des billes quelques instants. Apprendre des langues, un hobby ? Beckett n'était pas Serdaigle pour rien. Lui-même n'avait appris l'anglais que parce qu'il y avait été obligé pour pouvoir se débrouiller.
Il acquiesça ensuite vigoureusement, subitement.
- Я повністю згоден. Ну, я не краду. Але.... (Complètement d'accord. Enfin je vole pas. Mais...)
Sasha se tut brusquement et ses joues rougirent.
- Ну, я не знаю, як воно виглядає, але виглядає набагато... природніше, от і все. (Je veux dire, je peux pas savoir ce que ça fait, hein, mais ça a l'air vachement plus... Plus naturel, voilà.)
Il enfonça ses mains dans ses poches comme s'il ne savait pas où les mettre. Comme si elles étaient recouvertes de poils de panthère et auraient pu le trahir. Il passa d'un pied sur l'autre, détournant un instant le regard vers les autres élèves qui, par petits groupes, s'adonnaient à des activités auxquelles il ne participait pas : un club de lecture ici, des séances d'entraide à l'étude des runes là, ou encore un groupe de poésie magique où des élèves harmonisaient les mots avec des sortilèges pour que les poèmes soient déclamés avec des effets sonores ou visuels. A Poudlard, tout était fait pour que l'on pût affûter son goût pour le savoir et la culture ou bien, tout simplement, profiter un maximum d'une expérience académique qui produiraient autant de bons souvenirs pour leur vie d'adulte. Mais Sasha les avait toujours regardé de loin sans se mêler. Il lui était facile de dire qu'il n'était pas très bien accepté ici, mais il savait parfaitement bien que le problème venait aussi de ce retrait qu'il opérait lui-même.
Sasha haussa les épaules, son regard revenant au visage bienveillant de Beckett.
- Я просто подихаю свіжим повітрям, от і все, bougonna-t-il. (Je prends l'air, c'est tout.)
C'était surtout que ça lui évitait de trop penser, en particulier quand la nuit venait. C'est plus rapide que s'endormir.
Du bout du pied, il joua à suivre la rainure du parquet sur quelques centimètres, comme faisant rouler sous sa semelle de la poussière invisible - mais la bibliothèque était parfaitement entretenue et il avait l'impression d'y être la chose la moins délicate en ces lieux - y compris le vieux parquet ciré.
- Я пройшов аж до Гоґсміду, ajouta-t-il au bout d'un moment. Це гарненько. Чи добре шанують анімагів у Шотландії ? (J'ai été jusqu'à Pré-au-Lard. C'est joli. Est-ce que les animagus sont bien vus en Ecosse ?)
La question semblait jaillie de nulle part. Avec sa culture étendue, Beckett ne pouvait ignorer qu'il y avait des lieux où on les considérait comme des anomalies affreuses, et d'autres où on les craignait comme des êtres supérieurs. Sasha n'avait osé s'enquérir de ce qu'en pensaient les anglais.
- Там, звідки я родом, люди їх бояться. Це через старі казки про вовка, який їсть червоні шапочки, та маленьких дівчаток, схожих на них, якщо ви розумієте, про що я. (Chez moi, les gens en ont peur. Rapport à des vieux contes du loup qui mange les chaporouges et les petites filles qui leur ressemblent, si vous voyez ce que je veux dire.)