Homme
17 ans
Sang-mêlé
Ukrainien
Identité
-
- Septième année
- Surnoms : Sashou
- Nationalité : Ukrainien
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 11/02/2026 à 20:13
Sasha grimaça. Il s'était accroupi pour observer de nouveau la créature, mais il se redressa avec un soupir. Il ne voyait pas exactement ce que la beauté ou la disgrâce du fangieux avait avoir avec l'état dans lequel ils étaient censés, mais les voies du cerveau féminin lui étaient impénétrables, aussi ne se fatigua-t-il pas à contester. Il ne put empêcher une grimace à la mention des araignées. Il avait beau ne pas beaucoup aimer ces dernières, il ne leur souhaitait étrangement pas le sort que la Gryffondor semblait pouvoir leur réserver. Il songea aux veaudelunes dont il s'occupait habituellement et pria pour qu'ils ne croisassent jamais la route de cette camarade de classe.
- Char-mant, commenta-t-il à voix basse, sans relever la nouvelle ironie de la jeune fille.
Décidément, quelle rencontre agréable. Il la regarda lancer un sort de soin, avant d'être pris au dépourvu.
- Heu... Ouais, bien sûr.
Bien sûr, il allait enlever sa toile, le problème n'était pas là. Le problème était qu'il n'avait pas du tout l'intention de rentrer au dortoir. Et vu toutes les précautions qu'il prenait pour sortir du château, il n'allait tout de même pas se taper tout le chemin jusqu'au portrait pour faire croire à cette aimable jeune femme qu'il rentrait se coucher pour ensuite ressortir.
- Enfin moi j'vais prendre l'air un peu, il fait pas trop froid cette nuit, autant en profiter.
Faux. L'automne était bien entamé et il faisait la nuit dans le parc de Poudlard un froid mordant. Mais il aurait tôt fait d'être sous une forme qui le dispenserait de s'inquiéter de ce petit détail-là. Et puis, quitte à énerver Miss Parfaite qui semblait être d'autant plus contrariée qu'il réussissait ses sortilèges, autant lui faire croire qu'en plus il ne craignait pas le froid. (Un peu de fierté face à ces anglaises qui se croyaient supérieures ne faisait pas de mal.)
- Mais toi tu peux rentrer. Tu as besoin d'être raccompagnée ou ça va aller ?
Il posait la question uniquement pour la forme. Ou pour l'énerver un peu. Puis, une dernière fois, Sasha pointa ensuite sa baguette vers la pauvre créature dont on percevait encore des couinements pathétiques sous l'emmaillotage en toile d'araignée qu'il lui avait confectionné.
- Incendio, prononça-t-il en visant précisément la toile.
Le feu jaillit subitement de sa baguette ; une flamme modeste s'attaqua uniquement à la toile autour du fangieux. Ce dernier gémit un peu à cause des légères brûlures causées par sa libération.
- Éloignons-nous avant qu'il ne réessaie de nous attaquer, fit Sasha en reprenant la direction du château.
Il était de bonne humeur, maintenant qu'il était convaincu que lors du cours, il saurait gérer la créature. Il allait peut-être la raccompagner pour de vrai, finalement.
Sasha Shevchen a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Zorepys !
- Sortilège
- Sortilège de Combustion
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 18
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Le feu jaillit subitement de sa baguette ; une flamme modeste s'attaqua uniquement à la toile autour du fangieux. Ce dernier gémit un peu à cause des légères brûlures causées par sa libération.
- Éloignons-nous avant qu'il ne réessaie de nous attaquer, fit Sasha en reprenant la direction du château.
Il était de bonne humeur, maintenant qu'il était convaincu que lors du cours, il saurait gérer la créature. Il allait peut-être la raccompagner pour de vrai, finalement.
Autres résultats possibles
Le feu jaillit subitement de sa baguette ; une grande flamme qui, élégamment, s'attaqua uniquement à la toile autour du fangieux. Ce dernier, libéré, sembla immobile un moment, à les toiser, circonspect d'avoir déjà retrouvé sa liberté.
- Éloignons-nous avant qu'il ne réessaie de nous attaquer, fit Sasha en reprenant la direction du château.
Il était de bonne humeur, maintenant qu'il était convaincu que lors du cours, il saurait gérer la créature. Il allait peut-être la raccompagner pour de vrai, finalement.
Une pauvre petite flamme jaillit de la baguette de Sasha. Elle tomba à ses pieds, vivota quelques instants en éclairant le bout de ses baskets avant de s'éteindre pauvrement.
- Heu... J'suis fatigué, j'crois. Ou bien c'est parce que c'est pas la même formule en ukrainien. Tu savais que les formules étaient pas toutes internationales, toi ?
Subtile diversion.
Le feu jaillit subitement de sa baguette ; une grande flamme qui, au lieu de dévorer la toile, enveloppa la créature toute entière qui se mit à couiner férocement. Sasha sursauta, pris de panique.
- Merde merde merde !
Le fangieux était devenue une boule de feu incandescente. Ses cris, traduisant une souffrance horrible, déchiraient la nuit. Sasha se jeta bêtement dans le lac et commença à essayer d'utiliser ses mains pour envoyer de l'eau sur le fangieux enflammé.
- AIDE MOI PUTAIN IL VA CREVER !
Message publié le 11/02/2026 à 17:24
Pas de réponse cinglante, pas d'attaque sur sa façon de voir ou dire les choses, pas non plus de faux-semblants aguicheurs. Avait-il au moins affaire à Alison ? Sasha l'observait de biais. La salle de musique offrait un spectacle sans public, et sans son, puisqu'Alison ne jouait pas, comme elle le faisait observer. Le bruit blanc de la pluie sur le vitrail les enveloppait seulement d'une nappe sonore solennelle, rappelant que le froid serait de plus en plus mordant dans les jours à venir et que leurs pulls respectifs seraient une carapace dont ils n'étaient pas prêts de se passer. C'était tout un contraste avec les derniers souvenirs qu'il avait en sa compagnie : en juillet il faisait chaud, elle était vêtue légèrement, et lui aussi, et le soleil les avait accompagnés presque jusqu'au bout de la fin de leur fausse histoire d'amour.
Sasha fronça les sourcils tandis qu'Alison murmurait enfin. Il acquiesça néanmoins, en silence, d'un bref mouvement de tête, après quoi il soupira pour regarder de nouveau la pierre devant lui.
- J'aimerais te dire qu'on oublie vite, mais... C'est pas exactement comme ça que ça se passe, murmura-t-il. On apprend juste à vivre avec ces sensations.
Sasha ne savait pas si c'était comme cela pour tout le monde ; il savait juste que ses souvenirs à lui le pourchaissaient surtout la nuit tombée ; au lever du jour s'ôtait un voile de vieilles angoisses qui lui laissait un répit jusqu'à la nuit suivante.
Sasha la regarda de nouveau, aperçut la lueur de frayeur dans les prunelles d'Alison et il déglutit.
C'aurait été si facile avec Charlie ou Kalina. Il savait intuitivement quoi faire. Quand Charlie avait pleuré, quand elle avait eu peur ; ses réflexes familiaux étaient revenus immédiatement. Il avait appris de Kalina et de sa propre mère des gestes si basiques, qu'il les avait toujours crus universels ; mais avec Alison, tout était différent. Leurs contacts ne voulaient pas dire la même chose. Un rapprochement serait interprété, aussi cruellement qu'avaient pu l'être ses mots. Alors il resta où il était, la laissant protégée de son instrument de musique comme d'un bouclier de bois.
Sasha s'humecta les lèvres et un silence de plomb s'installa entre eux quelques secondes. Il se demanda combien de gens cherchaient Alison à l'instant présent : elle aurait dû être au centre de la fête, et était probablement au centre des pensées de beaucoup. De Lucian, de Spike, de Ferguson, de certains Français, de beaucoup d'élèves de Poudlard. Alison la star.
Mais elle était là, avec lui. Il aurait dû en concevoir un certain privilège, mais il avait l'impression de voler quelque chose qui ne lui appartenait pas.
Ses pensées revinrent au Détraqueur quand il la regarda de nouveau ; ainsi qu'à la réaction d'Owen et de Freya. Il était inutile qu'Alison sût la peur qu'il l'avait étreint dans les gradins, et son comportement si éloigné du sentiment festif qui animait le reste de l'Ecole. Il prit une inspiration, décida de ne pas évoquer sa colère contre l'organisation. Si Freya et Owen, sa famille, ne comprenaient pas, il ne pouvait pas espérer d'Alison qu'elle épousât son point de vue. Il fallait être pragmatique, et agir sur ce qu'il pouvait réellement atteindre.
- Tu risques d'avoir du mal à dormir, prévint-il, essayant de rester le plus factuel possible, serrant un peu les dents.
Des personnes avec qui il pensait partager ce genre de détails un jour, Alison Carter était bien la dernière sur la liste. Entre eux, chez les Veilleurs, ils n'en parlaient d'ailleurs pas, à l'époque. Sasha avait parfois entendu des pleurs venant d'un lit voisin. Ou le cri d'un adolescent qui se réveillait d'un cauchemar en hurlant, provenant d'une tente voisine. Et au matin, chacun faisait comme si tout allait bien, comme s'ils avaient bien dormi. Il se souvenait avoir attendu l'aube dans un état de sidération, tremblant, après la première fois qu'il avait dû accomplir une mission sous sa forme d'animagus.
Ces souvenirs le troublèrent. Tout cela paraissait si lointain maintenant, et pourtant, c'était en lui comme si cela s'était produit la veille. Sasha sortit une main de sa poche pour se la passer sur le visage. Il ne la regarda pas en poursuivant.
- Si tu as besoin de dormir et que tu ne peux pas dans les... Les conditions habituelles. Je pourrai te veiller sous ma forme animale à l'occasion, si tu veux.
Elle refuserait, bien sûr. Il connaissait Alison. Il voulait juste qu'elle sût que cette possibilité existât. Peut-être pas cette nuit, peut-être un autre jour. Quand la seconde épreuve approcherait et qu'elle se rendrait compte que le risque d'une nouvelle rencontre effrayante se profilerait rapidement. Et si elle ne pouvait pas dormir, elle ne pourrait pas se préparer correctement.
Sasha renversa la tête en arrière, pour contempler le plafond au-dessus d'eux. Des tonnes et des tonnes de pierre les soutenaient et les surplombaient. Autant d'épaisseurs pour les protéger. Bienvenue dans le monde de ceux qui ne sont en sécurité nulle part, songea-t-il ironiquement, mais il ne partagea pas cette pensée trop cynique. Et puis, Alison avait, il en était convaincu, des ressources que lui ne possédait pas en lui-même. Peut-être que contrairement à lui, elle guérirait. Il se redressa pour lui adresser un sourire encourageant.
- Mais peut-être que t'auras besoin de rien, reprit-il dans un murmure.
L'endroit invitait à la retenue. Il guetta de nouveau son regard, pour voir si la peur qu'il y avait lue se dissipait ou non.
Message publié le 11/02/2026 à 07:25
Dans l'encadrement de la porte, une silhouette observait Alison, la tête penchée. Silhouette qui n'avait pas beaucoup changé depuis l'année précédente : les mains dans les poches, la posture nonchalante et sombrement calme, Sasha restait silencieux en attendant que la jeune fille le remarquât. Elle-même était vêtue simplement, sans, pour une fois, faire grand cas de son apparence - probablement parce qu'elle se croyait seule.
Ils ne s'étaient guère parlé depuis la rentrée. Tout au plus, ils s'étaient aperçus au détour d'un couloir, ou lors d'un repas à la Grande Salle. Si leurs regards s'étaient croisés, ça n'avait été qu'une fraction de seconde : si leurs prunelles s'accrochaient, l'un ou l'autre détournait immédiatement le regard ; et même ces instants avaient été de toute façon rares.
Sasha avait pourtant pensé à elle. Mais à quoi aurait-il servi de faire de nouveau irruption dans sa vie après la conclusion de leur soirée d'été ? Charlie lui avait appris que son père était rentré. Il les avait supposées toutes les trois comblées et réunies dans le bonheur, et lui plus superflu que jamais. Et lorsque le nom d'Alison Carter était sorti de la Coupe de Feu, il avait comme bien d'autres ressenti la morsure de la déception de ne pas être choisi. Mais il s'était vite raisonné : un étranger ne pouvait pas représenter Poudlard ; il se sentait même idiot d'avoir été mettre son nom dans la Coupe. Il fallait pour cela une enfant du pays, et Alison, dans sa volonté de démontrer que les femmes pouvaient être d'aussi bonnes sorcières que les meilleurs sorciers, faisait la candidate idéale.
Maintenant qu'elle avait la réputation et sa famille réunie, à quoi lui aurait-il servi ?
Sasha finit par entrer dans la pièce. Un soupir long mais silencieux vidait ses poumons tandis qu'il s'achemina vers elle, ne s'arrêtant qu'à deux mètres pour se poster contre un piano au clavier protégé par un abattant de bois. Comme tous les soirs, il avait troqué sa robe de sorcier contre un pull lâche et confortable, de couleur pourpre, après avoir raccompagné Kalina auprès de son dortoir.
Ils avaient fait parti des rares qui n'étaient pas allés à la fête après le Tournoi, malgré la déception de sa petite soeur. C'était un peu égoïste de sa part, mais il avait dû lui parler avant qu'elle allât se coucher : il connaissait Kalina et ce n'était pas une bonne idée d'ajouter de l'excitation sur ce qui s'était produit le jour même. Et puis elle avait de grandes cernes et il était sûr qu'elle dormait déjà.
Quant à lui, il avait longuement repensé à ce qui s'était passé.
L'intervention de Freya pour le calmer lui avait laissé une brûlure cuisante. Et puis elle a gagné, non ? Si encore ça avait été Owen, il lui aurait tenu tête, il aurait même été trop heureux d'être en colère contre lui. Mais Freya ? Il lui devait bien trop pour ne pas se plier à son souhait, alors il avait obtempéré. Mais au fond de lui, il lui semblait savoir une vérité que personne d'autre ici ne détenait : aucune victoire ne pouvait effacer des images macabres et des ressentis cauchemardesques. Aucune victoire n'effaçait la sensation d'être abandonné face à son pire ennemi.
Sasha fronça les sourcils, s'efforçant toutefois de ne pas mélanger sa propre expérience et celle d'Alison. Il déglutit au bout d'un moment de silence, puis regarda Alison. Au lieu d'un sourire, il pinça les lèvres dans une mimique d'appréciation.
- Je savais pas qu'tu savais jouer d'un instrument.
Quelle entrée en matière, il ne la félicitait même pas. Mais elle avait reçu sûrement bien assez de félicitations comme cela. Après l'épreuve, tant de monde s'était pressé pour lui parler que lui avait fini par quitter les lieux. Il n'avait entendu que bien plus tard les murmures au sujet d'une défiance entre elle et son père, et avait décidé que tout cela ne lui appartenait pas.
Et puis, qu'aurait-il dit ? Il avait fini par comprendre qu'entre Alison et lui existait un filet invisible qui attrapait ses mots, les emberlificotait dans des significations qui lui étaient étrangères et les délivrait à la jeune fille qui les lui renvoyait avec autant de déformation et, parfois, de violence. Ce filet était probablement à l'origine de son renoncement. En tous les cas, il lui avait appris que peu de choses pouvaient le traverser, que toute tentative de communication était vouée à subir ce sort qui les éloignerait encore davantage.
Et pourtant, il avait l'impression, cette nuit, qu'il restait de son devoir d'envoyer un message. Sans fioriture, sans information superflue, c'était encore la meilleure manière d'espérer qu'il passât relativement intact le filtre qui les séparait.
- Ali, je...
Il s'interrompit le temps de s'humecter les lèvres, et fixer le sol quelques mètres devant lui. La pierre froide accueillait ses mots comme autant de pierres lourdes tombaient de ses lèvres pour choir définitivement ici, dans cette pièce où la pénombre les envelopperaient pour toujours, invisibles à ceux qui n'avaient pas été témoins de leur abandon.
- Je sais ce que c'est de voir des morts qu'on connaît et de croire que c'est notre tour d'y passer.
Sa voix était rauque, définitive. C'était bien la première fois qu'il parlait si franchement de la guerre. Sa guerre. Celle qu'il se trainait chaque jour et chaque nuit comme un bagage hurlant à ses oreilles, invisible et inaudible à quiconque. La seule fois où il l'avait évoquée, c'était face à Charlie et ses questions. Il le regrettait infiniment, comme il s'attendait à regretter cet instant précis où il décidait de l'évoquer aussi en présence d'Alison. N'en profiterait-elle pas pour lui dire qu'il ne pensait qu'à lui-même ? Peut-être. Mais le message n'était pas là et il était toujours de son devoir de le lui transmettre, que le filet entre eux lui laissât l'opportunité d'être entendu ou non.
Il tourna vers elle un regard neutre.
- Si tu as besoin de...
De quoi ? De quoi avait-on besoin dans ces cas-là ? Lui avait eu besoin d'une chose simple et stupide et qu'il n'avait pas eue et qu'il cherchait peut-être encore depuis. Mais Alison n'était pas lui. Et Alison n'avait besoin de personne, et surtout pas d'un garçon, c'était bien connu. Il sortit une main de sa poche, pour montrer sa paume vide et se désigner peut-être un peu lui-même, comme une invitation. Une invitation à rien de spécial. Une invitation à rien, peut-être. Si elle n'avait besoin de rien du tout, c'était parfait, il était là pour le rien du tout qui se produisait en soi après un moment comme celui qu'elle venait de vivre. Le vide béant qu'on ne pouvait pas combler.
- Enfin, si tu as besoin, j'suis là. Et si t'as pas besoin j'suis là aussi.
Pouvait-on faire plus simple ? Pouvait-on déformer ces mots-là ? Certainement.
Alison n'avait jamais besoin de toute façon. Ca ne l'empêcherait pas, lui, de faire ce qu'il fallait.
Message publié le 10/02/2026 à 14:40
- Aaaah oui, oui.
Kalina buvait les paroles de Basil. On aurait même pu dire qu'avec ses grands yeux clairs et sa bouche entrouverte, elle s'en abreuvait comme si c'était la première fois que quelqu'un avait la patience de lui expliquer avec des mots simples les différentes facettes d'une connaissance.
- Ooooh, faut s'y faire ! finit-elle justement par comprendre, et elle secoua positivement la tête.
L'instant suivant, Kalina tirait une chaise pour la rapprocher - tout près - de celle de Basil et s'installer à ses côtés. Elle déposa son gros livre devant elle - Plumes, Écailles et Autres Ennuis, Une Introduction à la Métamorphose Appliquée aux Créatures Magiques, niveau Débutant, par le professeur Archibald Gribouillis, emprunté à la bibliothèque - qui tomba sur la table avec un Boom sonore. Elle en feuilleta les pages et comme Basil avait tourné la tête dans une autre direction, elle le rappela immédiatement à leur conversation d'une pression sur la manche.
- Je dois expliquer instabilité quand j'utilise métamorphose sur un Focifère, pour le professeur Pope. Le pourquoi et le quoi faire, expliqua-t-elle avec beaucoup de sérieux, et elle consentit à relâcher le bras de Basil, une fois certaine qu'il restait bien avec elle. Toi tu m'aides.
Du haut de ses onze ans, après quelques mois timides passés à Poudlard, Kalina avait trouvé en elle une force nouvelle qui lui donnait l'aplomb, non seulement de participer aux cours de l'école, mais en plus d'aller chercher les ressources utiles à sa réussite là où elles se trouvaient. Elle n'était pas ingrate, mais ses manières respiraient le pragmatisme brute d'une enfance sans manières ni dentelle.
Elle chercha d'un index une phrase qu'elle avait repéré dans le chapitre 2.
- C'est marqué : le plumage du fo... cifère... n'obéit pas... aux loys... Lois ? Lois. Lois ordi-naires de la... transformation. Il est... imporrrrtant... de stalibi... stabiliser son foï... foié ? Foié magique. Ca veut dire quoi le foié magique ? Et ça veut dire quoi toute la phrase en fait ?
De loin, Sasha avait relevé le nez pour les observer, vaguement gêné par la prise d'otage qu'opérait Kalina sur Basil, mais soulagé d'être de son côté un peu libéré de ce travail constant de traduction qu'il devait faire pour elle. Mais un index s'appuya sur son front et il oublia tant sa culpabilité que son allègement de responsabilité. Il adressa à Zuey, qui s'était assise à ses côtés, un haussement de sourcils interrogateurs.
- Qu... Quoi ?
Il n'était pas sûr de tout comprendre. Des miroirs ? Du mal à Cassie ? Il n'était même pas sûr de comprendre tous les termes employés par la jeune fille, en témoignait la drôle de grimace qui se peignait désormais sur ses traits, entre confusion et concentration intense. Avec docilité, pourtant, il baissa les yeux sur la "lueur" invisible. Il regarda les yeux maquillés de la Gryffondor.
- C'est drôle, quand tu parles j'suis sûr de rien comprendre et que t'as parfaitement raison à la fois, confia-t-il à voix basse, un peu démuni.
Sasha resta immobile un moment. Est-ce qu'elle se fichait de lui, à attendre qu'il déposât quelque chose d'invisible entre ses mains ? Ou bien était-elle en permanence en train d'exécuter une pièce de théâtre en prenant chaque personne qu'elle croisait pour son nouveau partenaire de scène pour lui donner la réplique ? Un peu gêné, Sasha consulta le reste de la salle commune, vérifiant que personne ne les observait. Alors, comme Basil et Kalina étaient absorbés par leur travail et que personne d'autre n'était présent, il osa lever une main, dont le dos était strié de vieilles cicatrices noires et indélébiles - disgrâce qu'il dissimulait d'ordinaire dans ses poches - pour plonger les doigts dans l'offrande de Zuey. Il fit mine de prendre une bille minuscule, et de la glisser par le col de son pull, au plus près de lui. Puis il déposa un autre élément parfaitement invisible, se sentant par la même occasion parfaitement débile.
- Heu, voilà ? Enfin, je s'rais toi je m'en débarrasserai, faudrait quand même pas que mon rien t'embête, plaisanta-t-il à demi.
Zuey avait au moins le pouvoir de le distraire momentanément de cette frustration qui lui échauffait sans cesse l'esprit. Il l'observa un moment, avisant son accoutrement gothique, ses cheveux noirs, ses piercings qu'on voyait rarement dans la population de Poudlard. Etonnant. Elle lui rappelait vaguement Alison le soir d' Halloween, avec son corset serré qui mettait en valeur ses formes. Sasha se hâta vite de chasser cette pensée de son esprit : il ne fallait plus. Il s'humecta les lèvres en fronçant les sourcils.
- Dis-moi, Dunn, c'est Sang-Pur, n'est-ce pas ? Les sorciers anglais étaient meilleurs que lui pour se repérer dans les noms célèbres de leur nation, mais il commençait à repérer certains d'entre eux. Quel genre de mal une Sang-Pur est censée subir ? La froideur des couverts en argent dès la naissance ?
Sous l'ironie perçait en réalité une réelle question : qu'est-ce qui pouvait rendre Cassie si odieuse avec tout le monde, lorsqu'ils étaient tous regroupés sous la bannière d'une maison censée récompenser les vertus cardinales ?
La nuit, tous les chats sont gris
Message publié le 09/02/2026 à 18:21
Sasha observait la petite créature avec une attention que seuls ses yeux félins pouvaient lui permettre. Une fourrure couleur sable, un miaulement aigu. Des petits bonds agiles, un regard que même la Lune ne semblait pouvoir allumer de son éclat blanc sur la neige : les pupilles étaient sombres et profondes et lui rendaient son regard curieux ; un instant dilatées, elles avaient aussitôt retrouvé la raison. Une vraie proie aurait fui sans demander son reste. Ce ne pouvait être un véritable chat de compagnie égaré à Poudlard.
Pourtant, Sasha ne bougea pas. Seules ses moustaches frémirent. Une oreille dressée peut-être s'écarta un bref instant pour capter un son lointain - un crapaud insignifiant, ne pas prendre en compte. Il inspirait lentement - tant pour retrouver son calme perdu dans l'adrénaline conférée par ce début de chasse que pour mieux inhaler tout le mélange d'odeurs qu'apportait avec lui le chat.
Ou plutôt, la chatte.
Les phéromones étaient toutes féminines. Il la regarda tourner autour de lui avec une curiosité prudente.
Une élève de Uagadou ? Il se souvenait comme dès les premiers jours de la rentrée, Charlie avait pointé les étudiants venus d'Afrique qui, disait-on, maîtrisaient tous ce genre de capacités. Jusqu'ici pourtant, il n'avait croisé aucun animal suspect, malgré ses nombreuses escapades nocturnes.
Jusqu'à cette nuit, donc.
La panthère eut un soudain mouvement de recul - comme si le contact avec le museau étranger était aussi surprenant qu'effrayant. Ses pattes restèrent pourtant bien plantées dans la neige, et il continua à soutenir le regard intense du petit animal. Peu à peu, ses membres se détendirent.
Que craignait-il ? Sous sa forme animale, il pouvait fuir facilement tant un chat qu'un humain si celui-ci décidait de se présenter sous sa forme habituelle. En réponse, Sasha cligna lentement des yeux pour signifier son absence d'intention aggressive.
Ami.
La chatte comprenait-elle ? Il avança de nouveau son museau, pour imiter le mouvement qu'elle avait eu. Le petit nez de la créature était tout froid et humide - mais l'instant suivant Sasha s'était écarté de nouveau. Son propre museau devait en être de même, bien que rose et massif en comparaison de celui de la petite chatte.
Que faire maintenant ?
Sasha se mit à se mouvoir à son tour. Lentement. Dans la neige, ses grosses pattes semblaient laisser des trous béants dans laquelle le chat tout entier aurait tenu. Mais il se mouvait pourtant avec le même silence - de temps en temps, il soufflait un espèce de soupir rauque, qui rappelait la masse imposante de sa cage thoracique, sans d'ailleurs qu'il en eût conscience.
Après un tour, Sasha s'immobilisa. Son regard alla de la chatte, au Saule Cogneur, puis vers la chatte à nouveau. Enfin, il se détourna pour se diriger vers l'arbre d'un pas léger, presque sautillant - il n'avait plus sommeil subitement. Un congénère ? Qu'en faire ? Il n'aurait pas dû s'en soucier. Et pourtant, son coeur battait à tout rompre d'une excitation inattendue.
Au bout de quelques pas, il s'arrêta de nouveau pour regarder en arrière. Allait-elle venir ? Il attendit quelques secondes, reprit son chemin pour se rapprocher encore un peu de l'arbre.
Suffisamment proche pour que le végétal centenaire s'éveillât. Ses branches massives se mirent doucement en mouvement ; sans attaquer, mais comme pour prévenir de ce qu'il les avait bien remarqué tous les deux. Mais pas suffisamment proche pour être frappé. La panthère posa son séant dans la neige, dans une posture tranquille, et son visage se tourna de nouveau vers le chat. Puis elle guetta de nouveau l'arbre, se tassa légèrement, pour prendre une posture proche de l'attaque, prête à bondir, mais ne le fit pas. Plutôt, elle guetta de nouveau la chatte, pour voir si bientôt elle s'apprêterait elle aussi à bondir vers le Saule.
Jouer ? semblait dire le regard de la panthère.
Message publié le 08/02/2026 à 19:55
Sasha avait observé, dépité, cet aigle plus audacieux que n'importe quel autre rapace qu'il avait jamais croisé sur sa route. Jusqu'à ce que l'animal en question ne se transformât subitement en un homme tout ce qu'il avait de plus affable, petite barbe blanche et sourire entendu.
La panthère sursauta cette fois si fort qu'elle manqua de peu de tomber de la branche. Sasha se rattrapa de justesse à coups de griffe qui lacérèrent l'écorce, et se stabilisa quelques centimètres plus loin, faisant, légèrement ployer le bois sous lui. Même sous sa forme animale, on devinait ses grands yeux verts arrondis par la surprise, qui ressemblaient étrangement à leur propriétaire.
L'instant suivant, il apparaissait d'ailleurs. Sasha se retrouva à califourchon sur la branche, toujours à fixer Bartholomew comme s'il avait vu un fantôme russe.
- M'sieur Beckett ?!
Il s'attendit un instant à être disputé, mais la tranquillité du bibliothécaire n'inspirait pas exactement la crainte. Sasha cligna plusieurs fois des yeux.
- Co... Comment vous avez su que c'était moi ?
Maintenant, il se sentait idiot. Comment lui avait-il pu croire qu'il s'agissait d'un aigle ordinaire ? En plus, il avait déjà vu monsieur Beckett sous sa forme animale. Il aurait dû être plus observateur. Il se mordit la lèvre, avant de se lancer dans une opération qui consistait à se rapprocher du tronc pour ne pas risquer que la branche cassât sous son poids vu qu'il s'en était éloigné, tout en retrouvant une posture plus agréable. Au contraire du bibliothécaire, sous sa forme humaine, Sasha n'était pas si assuré que ça vu la hauteur où ils se trouvaient. Il supposa que Bartholomew avait eu le temps de s'habituer au vertige depuis toutes ces années à survoler le monde.
- Ben c'est à dire que... Oui enfin...
Il parvint finalement à se mettre assis, les jambes pendant dans le vide devant lui, les mains fermement accrochées à l'arbre. Ses yeux allaient de l'herbe en contrebas à monsieur Beckett et son sourire avenant. Le type avait toujours cet air de bonhommie, même au milieu de la nuit, donc. Comment pouvait-on être de si bonne composition dans la vie ? Sasha essaya de grimacer un sourire en retour mais ce n'était pas un franc succès.
- J'arrive pas trop à dormir en c'moment, tâcha-t-il de se justifier pour expliquer sa présence à l'extérieur, mais le moment en question durait depuis plus d'un an, ce qui rendait l'argument un peu faible. V-Vous non plus ?
Allait-il vraiment s'en sortir avec une petite discussion tranquille ?
Message publié le 07/02/2026 à 20:21
Kalina fit les gros yeux à Charli. Comme il parlait mal ! Sasha aurait crié s'il avait entendu de tels mots sortir de sa propre bouche, même en anglais. Surtout en anglais, tout bien réfléchi. Kalina émit un sifflement désapprobateur, mais elle préféra ne rien rétorquer. La moue boudeuse, elle suivit Marley pour rejoindre les Carter, qui étaient subitement secoués de joie quant à l'issue de l'épreuve. Kalina n'en avait plus grand chose à faire, du Tournoi : elle était venue pour le spectacle, mais le spectacle avait eu sur son frère un effet qui lui faisait sentir une boule au ventre.
En approchant le groupe près de la barrière cassée, elle n'avait d'ailleurs d'yeux que pour Sasha, qui avait cette expression inquiétante qu'elle lui avait vu parfois : les joues et le cou rouge, le souffle court et les mâchoires serrées qui rendaient sa figure plus anguleuse qu'à l'ordinaire et son regard noirci par une colère froide. Le coeur battant, elle se fraya un chemin vers lui dès qu'elle fut libérée de Marley.
Sasha était resté silencieux un moment. Devant ses yeux, la foule levait les bras, lui cachant parfois les écrans qu'il essayait de garder en vue, où Alison, le visage épuisé, sortait enfin de l'épreuve pour voir Poudlard l'acclamer comme sa championne.
Il sentit sa soeur le percuter de côté subitement et il s'arracha à la contemplation de la scène : Kalina levait vers lui des yeux alarmés. Il réalisa qu'il serrait si fort les dents qu'il en avait mal aux mâchoires et se força à se détendre, s'humectant les lèvres.
- Vse harazd, il dit. (Ca va.)
Kalina approuva d'un signe de tête, mais ne le lâcha pas. Ses mains s'étaient agrippées de part et d'autre de la robe de son frère et Sasha n'essaya pas de l'en décrocher. Charlie venait à peine de le quitter et il l'avait regardée voltiger dans les bras de son père.
Leur père.
En guise de salutations et présenté par Freya au mastodonte, Sasha se contenta d'un bref signe de tête, sans le moindre sourire. L'expression de l'homme ne l'y invitait pas, mais il n'en aurait probablement pas été autrement, Owen eut-il été chaleureux. Kalina consulta de nouveau son frère du regard - et celui-ci l'encouragea à aller manger des gâteaux, elle aussi. Elle le lâcha un peu à contre-coeur, mais se joignit à Marley et Charli de nouveau ; le second essayait de rester près du géant mais Sasha ne parut pas le voir. Toute son attention était focalisée sur Owen. Le géant avait de nouveau tourné le visage vers la sortie du labyrinthe, où un deuxième élève rejoignait déjà Alison. Il faudrait patienter pour le troisième élève, puis, certainement, un discours qui libèrerait les champions pour les livrer à la liesse de la foule.
Sasha n'attendit guère davantage : le père des Carter irait certainement droit vers Alison dès qu'il en aurait l'occasion. Alors il l'attrapa par le coude pour attirer son attention - sans agressivité, mais avec une certaine insistance : ses doigts ne se desserrèrent que lorsqu'il fut sûr d'avoir l'attention d'Owen.
- Si vous allez parler aux organisateurs, je viens avec vous, affirma-t-il avec aplomb, le regard féroce. Ils ont failli la tuer. Et même s'ils maîtrisaient les créatures, combien parmi les plus jeunes spectateurs vont faire des cauchemars les nuits prochaines ?
La colère irradiait brusquement du Gryffondor d'une manière qu'il maîtrisait mal ; il venait de désigner d'un index vindicatif sa petite soeur mais sa main tremblait. Ses prunelles indignées défiaient le profil imposant d'Owen, attendant de voir si oui ou non le demi-géant irait demander des comptes au personnel du Tournoi. Lui-même ne comptait pour rien ici et il le savait bien - tout au plus, on lui dirait qu'il s'inquiétait inutilement - on rirait de son audace. Mais si le célèbre Owen Carter faisait entendre sa voix, Sasha s'inscrirait dans son sillage, et peut-être que les organisateurs du Tournoi les entendraient.
- Vous allez y aller ou pas ? répéta-t-il, insistant.
Message publié le 04/02/2026 à 07:45
Kalina avait regardé la technique de Marley pour chercher Sasha dans la foule avec une certaine circonspection. Après un moment de doute, elle s'autorisa à se rapprocher de la main levée du garçon pour y coller son oeil. Petite grimace pour réussir à fermer l'autre oeil. Au bout d'un moment, elle s'en écarta.
- J'ai vu ! Merci Marley, s'exclama-t-elle tandis que Charli se défendait en utilisant des mots qui firent froncer les sourcils à Kalina. Si j'ai kapté !
Elle n'était pas sûre du sens de l'expression, mais elle était déterminée à tenir tête à ce Charli moins conciliant que Charlie. Toutefois, un frisson lui étreignit le corps quand il parla des morts, et elle raffermit sa prise moite autour des doigts de Marley. Elle acquiesça silencieusement à ses explications d'où sentait le danger, même si elle-même n'avait pas cette faculté qu'avaient Sasha et le petit frère Carter. Un truc de garçon dont tous les garçons n'étaient pas dotés, conclut-elle avec une oeillade pour Charli. Elle ne savait pas si c'était une mauvaise ou une bonne nouvelle pour lui.
Des applaudissement éclatèrent de nouveau autour d'eux, tandis que Kalina comprenait à retardement ce qui avait permis à Alison de surmonter sa dernière épreuve. Alors après un doute, elle porta discrètement son poignet libre à sa bouche...
... Mais non, tous les bracelets de Charlie n'étaient pas en sucre. Elle fit une petite grimace avant de sourire à Marley de façon innocente. Elle se détourna ensuite vers Charli pour lui tirer la langue.
- T'es juste jaloux que t'as pas un frère que t'es aussi proche, claironna-t-elle avec un petit mouvement du visage suffisant.
- Je sais.
Il ne savait pas si Charlie l'avait entendu. Sasha l'avait emmenée, repoussant devant lui quelques élèves dissipés qui se mettaient sur leur chemin, dissuadant parfois d'un regard ceux qui commentaient à voix trop forte l'état de Charlie. Tandis qu'il jetait parfois un coup d'oeil vers Basil qui fermait la marche, il l'ouvrait de son côté en direction de la famille des Carter, où la crinière d'Owen dépassait de toutes les autres, tandis que la foule s'agitait pour scander le nom d'Alison. Sasha ralentit pour observer les écrans, où la cadette Carter atteignait le centre de l'arène, où se tenaient trois reliques magiques.
- Elle arrive, Charlie ! souffla-t-il. Ta soeur est la première !
Alison vainquait. Il sentit son coeur tambouriner dans sa poitrine, incapable exactement de savoir pourquoi cela lui procurait ce mélange d'adrénaline, d'espoir et de peine à la fois. Poudlard tout entier, soudain, semblait adorer la belle Alison. Il se sentait comme un grain de sable dans le désert ; un grain de sable un peu trop ambitieux, qui avait cru peut-être un instant briller un peu plus que les autres sous le soleil cruel, mais maintenant il réalisait.
Il n'avait rien de si spécial, finalement. Les cris bourdonnaient à ses oreilles désagréablement. Il pinça les lèvres et reprit leur progression vers la famille Carter.
Bientôt, les élèves dévaleraient certainement les gradins pour se précipiter auprès de la championne de l'épreuve. Il décida de rester avec le reste de la famille et de suivre le mouvement ; avec la foule, il n'aurait peut-être pas l'occasion, lui, de féliciter Alison. Au jeu de la course à la popularité auprès de l'une des filles les plus convoitées de Poudlard, Sasha avait fini par accepter de ne plus faire partie des favoris. Il n'empêchait pourtant que ne plus voir la ligne d'arrivée tant elle serait noircie de monde serait une expérience aigre, qu'il faudrait pourtant endurer.
Sasha s'inscrivit dans le sillage de Freya, profitant de ce qu'elle tournait la tête vers eux pour lui faire signe, désignant d'un index la silhouette à demi-fourrée dans sa cape et qu'il tenait toujours contre lui de son autre bras. Basil se retrouvait embrigadé avec eux. Il se dévissa le cou pour apercevoir Kalina, et lui faire un signe joyeux de loin, s'affublant d'un sourire, pour lui intimer que tout allait bien. Kalina lui répondit en levant la main à son tour.
Message publié le 03/02/2026 à 20:56
Il y eut un instant de silence, durant lequel Sasha avait tourné son visage vers celui de Cassie, à fixer ses traits avec une certaine intensité, comme s'il essayait de percer à travers l'obscurité de la soirée ce qui pouvait bien se tramer sous les réactions pour lui inattendues de la Gryffondor.
Pour toute réponse, il cligna des yeux au bout d'un moment, l'expression vide. Mais Cassie enchaînait déjà avec un conjonctivis qui tira un cri de souffrance à la créature. Le cri se répercuta sur le lac et par réflexe, Sasha eut une petite grimace en observant le fangieux énervé qui faisait désormais tout son possible pour se précipiter vers eux.
- Heu... Faudrait peut-être pas trop l'abîmer sinon y'aura plus de cours demain ?
Il se voyait mal devoir donner des explications à Madame Aisling si celle-ci découvrait qu'ils avaient démoli son spécimen de fangieux. En plus, les anglais étaient particulièrement prévenants autour de tout ce qui concernait les animaux magiques ou non - à l'exception de Cassie, qui, visiblement, leur brûlait les yeux sans arrière-pensée. Sasha s'humecta tranquillement les lèvres, prenant son temps malgré sa baguette levée.
- Juste comme ça, t'étais pas du genre à arracher les pattes des botrucs quand t'étais petite ?
Ou les moustaches des félins. Sasha réprima un léger frisson avant de se reconcentrer sur la bête qui se rapprochait dangereusement.
- Aranea Telam ! cria-t-il.
C'était un sortilège plutôt avancé, qu'il tentait dans l'espoir de neutraliser la créature d'une façon plus noble que la tentative de Cassie, mais il n'était pas sûr de réussir.
C'était un bon choix d'entraînement : de la pointe de sa baguette jaillit un faisceau souple de quelques solides et souples fils qui retombèrent avec lourdeur sur le fangieux. Celui-ci fut pris dans les rets en quelques secondes à peine et ses pauvres petites pattes ne purent plus le porter bien loin. Il échoua à leurs pieds en tâchant de lutter malgré tout pour continuer à les attaquer. Sasha préféra reculer d'un pas, au cas où le fangieux parviendrait à se libérer, mais il laissa son bras retomber le long de son corps tandis qu'il scrutait la créature.
- Il a l'air de souffrir, souffla-t-il.
Sasha Shevchen a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Zorepys !
- Sortilège
- Maléfice de la Toile d'Araignée
- Difficulté
- 9
- Résultat D20
- 9
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
C'était un bon choix d'entraînement : de la pointe de sa baguette jaillit un faisceau souple de quelques solides et souples fils qui retombèrent avec lourdeur sur le fangieux. Celui-ci fut pris dans les rets en quelques secondes à peine et ses pauvres petites pattes ne purent plus le porter bien loin. Il échoua à leurs pieds en tâchant de lutter malgré tout pour continuer à les attaquer. Sasha préféra reculer d'un pas, au cas où le fangieux parviendrait à se libérer, mais il laissa son bras retomber le long de son corps tandis qu'il scrutait la créature.
- Il a l'air de souffrir, souffla-t-il.
Autres résultats possibles
C'était un bon choix d'entraînement : de la pointe de sa baguette jaillit un faisceau souple de centaines de fils qui retombèrent avec élégance sur le fangieux. Celui-ci fut pris dans les rets en quelques secondes à peine et ses pauvres petites pattes ne purent plus le porter bien loin. Il échoua à leurs pieds en gigotant misérablement dans son filet.
Sasha s'accroupit alors pour l'observer de plus près, la mine préoccupée.
- Il a l'air de souffrir, souffla-t-il.
D'ailleurs, quelques pauvres fils seulement jaillirent de sa baguette et vinrent se poser sur l'avant du fangieux, formant comme une frange blanche entre ses yeux dignes d'une coiffure de serpentard pour Halloween.
Sasha recula vite de quelques pas avant que le fangieux n'arrivât à leur hauteur.
- Merde, raté.
Il se trouvât que de sa baguette jaillit effectivement un faisceau imposant de centaines de fils qui, au lieu de fondre sur le fangieux, se dressèrent vers le ciel, retombèrent vers Sasha et s'emberlificotèrent soudain tout autour de lui. Le Gryffondor essaya de se dégager, mais plus il gesticulait, plus la toile se resserrait autour de lui.
Bientôt, il s'effondra de côté sur la rive, l'eau du lac venant lécher l'espèce de sac de noeuds d'où dépassait là une jambe, ici une touffe de cheveux.
- MMmhmmhmhhmMMMh ! MMMMH !
La nuit, tous les chats sont gris
Message publié le 31/01/2026 à 15:26
L'hiver était venu en déposant sur Poudlard et ses alentours un manteau immaculé. La neige absorbait les sons, mais révélait de nouvelles odeurs, faisait éclater les contours nacrés du parc en un patchwork que la Lune s'appliquait certaines nuits à inonder de sa lumière blanche.
Sous sa forme animale, Sasha appréciait beaucoup l'hiver. Sa fourrure s'épaississait naturellement au contact du froid, et il préférait largement la dureté de cette fraîcheur à la pluie automnale qui transformait tout l'Ecosse en jachères boueuses. Ses pattes cheminaient aux abords de la Forêt Interdite, oubliant parfois qu'il aurait dû faire attention aux traces qu'il laissait dans la neige ; faisant confiance à la nature pour les recouvrir rapidement de nouvelles chutes blanches. Il entendait son propre coeur de panthère battre dans ses oreilles velues, bien plus que le son de son cheminement, presque parfaitement silencieux. Les insectes et animaux de la Forêt chantaient leurs habituels psaumes, mais même eux semblaient avoir décidé de respecter le silence du tableau en baissant d'un ton. D'ailleurs, lorsqu'il s'éloigna du couvert des arbres, leurs chants s'évanouirent presque aussitôt.
Il reprenait le chemin du château, facilement repérable aux quelques fenêtres restées illuminées. Avant d'y entrer, il en ferait un dernier tour, comme une ronde. Souvent, il repensait à ce qu'il avait dit à Charlie la première fois qu'ils s'étaient rencontrés : qu'il veillait là pour tenir les monstres à distance. Elle ne savait pas à quel point, sous un certain angle, c'était vrai. Il l'avait réalisé bien plus tard, un jour qu'il ruminait sur une branche. Ces derniers jours, cependant, la transformation du paysage par la neige lui avait donné l'envie de se dépenser davantage : il avait couru et grimpé aux arbres, chassé de petites créatures jusqu'à leur terrier, s'était même aventuré sur les rives du lac pour y plonger son regard, dans l'espoir d'apercevoir une créature qu'il aurait envie de faucher d'un coup de patte.
Mais il ne pouvait rester éternellement dehors. Ses escapades étaient longues, trop longues au goût de son cerveau qui refusait de s'éveiller correctement le matin, à l'heure où il devait se préparer pour les cours. Mais elles lui étaient essentielles d'une manière que personne, croyait-il, ne pourrait jamais comprendre.
La panthère interrompit sa marche en arrivant à l'angle d'un mur du château. Un coup d'oeil en arrière, et il revint sur ses pas. Son museau huma la pierre, suivit une trace fugace.
Félin. Poussière de l'intérieur du château.
Sasha ne s'alarmait guère de ses congénères, pour la plupart animaux de compagnie, qui laissaient derrière eux leurs phéromones et autres traces olfactives. Mais cette senteur-là était simplement nouvelle. Et traquer était un jeu qui lui injectait toujours une dose appréciable d'adrénaline. On ne renonçait pas à une opportunité pareille.
L'odeur le conduisit le long du mur, puis disparut. L'animal était-il monté par là ou descendu. Sasha fit demi-tour : il ne prendrait pas le risque d'être aperçu en grimpant sur les rebords des fenêtres du château. Mais avec un peu de chance, l'animal avait pris la direction de la sortie. L'odeur le conduisit dans la neige, où des traces fraîches avaient été laissées.
Il ralentit l'allure. Son corps entier se tapit près du sol, tandis qu'il continuait à progresser à pas parfaitement silencieux. Ses épaules roulaient sous sa fourrure tandis qu'il l'aperçut enfin : une petite silhouette dressée, les yeux tournés vers le ciel.
Sasha s'applatit plus encore. Ses puissantes pattes arrière frémirent, prêtes à le faire bondir sur sa proie. Cette dernière était à lui. Dans un instant.
Trois.
Deux.
Un.
SAUF QU'IL N'AVAIT JAMAIS VU UN CHAT CONTEMPLER LA LUNE COMME SI ON Y BRONZAIT COMME AU SOLEIL.
Sasha bloqua si subitement tous ses muscles qu'un bref gémissement jaillit de sa gorge.
Il resta là, figé comme une statue de poils, à deux mètres à peine du chat qui ne pouvait en être un.
Message publié le 31/01/2026 à 13:18
Kalina était restée mutique de longues secondes. Effectivement, elle avait fini par retrouver Sasha des yeux, mais son regard allait de lui aux écrans de façon régulière, jusqu'à ce qu'elle ne tournât la tête vers les deux garçons à ses côtés. Elle ne lâchait pas Marley : son frère aurait voulu qu'elle lui tînt la main jusqu'à ce qu'elle fût tout à fait sûre d'être en parfaite sécurité. Mais elle contempla drôlement le petit garçon qui lui disait de respirer. Kalina secoue vivement la tête pour montrer qu'elle avait compris, mais elle était incapable de vraiment se concentrer sur sa respiration. Elle fronça les sourcils en dardant subitement son regard sur l'autre garçon.
- J'ai pas peur que mon frère est parti, elle rétorqua, retrouvant subitement sa voix, un peu vindicative. Mais c'est normal les épreuves si dangereux ?
Elle n'avait pas relevé, au sujet de Sasha qui avait eu besoin d'aide pour les épreuves de première année. Même si le doute s'était instillé en elle un instant, elle se força à rester intérieurement fermement campée sur ses croyances : si son frère avait eu besoin d'aide, c'était parce qu'il avait pas compris un truc en anglais, ou un truc comme ça, et certainement pas parce qu'il était moins fort que des petits comme eux.
- C'est car il t'a laissé gagner, décréta-t-elle, tandis que les clameurs de la foule ne désemplissaient pas, et Kalina reporta son regard vers Marley, pour ajouter, sur le ton de la confidence. Mon frère il sent quand il y a vrai danger.
Et elle était sûre que pour Sasha, le danger quelques instants plus tôt avait été réel. Il ne se serait pas jeté ainsi autrement. Kalina le chercha de nouveau du regard, et le trouva en train de gravir les gradins loin sur leur gauche.
- Charlie !
Il lui avait fallu un bout de temps pour la repérer. Un moment, Sasha avait même douté qu'elle fût vraiment là, mais il connaissait trop bien Charlie pour savoir qu'elle n'aurait pas manqué l'épreuve d'Alison, même dans le cas où sa grande soeur aurait été odieuse avec elle dernièrement. Il ne savait rien de la relation récente entre elles, d'ailleurs : leurs échanges avaient été relativement limités depuis que Charlie lui avait raconté tout ce qui était arrivé à sa famille durant l'été. Depuis qu'il avait reçu sa lettre, Sasha n'avait plus osé prendre les devants ; ils avaient échangé quelques mots quand ils se croisaient dans les couloirs, et c'était à peu près tout. Ces rencontres inopinées ne cessaient de lui rappeler le sentiment de culpabilité qui lui collait à la peau depuis qu'il savait que l'épouvantard de la petite fille était une panthère. Qu'est-ce qui lui avait pris de se confier à si jeune que Charlie ?
Mais toutes ces considérations étaient balayées dans l'urgence soudaine que Sasha ressentait. Il gravit quatre à quatre les gradins qui la séparaient de lui, bousculant sans excuser quelques personnes sur son passage, pour la trouver en compagnie d'un jeune Gryffondor discret, mais qu'il connaissait grâce à quelques cours inter-années, qui lui faisait un signe de la main. Il le remercia d'un hochement de tête tandis qu'il arrivait enfin à leur hauteur - le souffle un peu court, et le corps un peu tremblant.
- Charlie, souffla-t-il quand il vit les larmes qui roulaient sur ses joues. Charlie, viens là.
Il passa autour d'elle un bras protecteur pour la serrer brièvement contre lui - dans l'espoir peut-être que le mouvement, même un peu brusque et pataud, la tirât de son état de choc.
Sasha s'était depuis longtemps rendu compte qu'il la connaissait mieux qu'Alison : avec Charlie, il pouvait ne pas craindre d'être à peu près lui-même, il pouvait dire ce qu'il pensait sans être jugé, mais c'était précisément ce qui avait rendu leur relation problématique. En même temps, à cause précisément de ce qui s'était passé entre eux, il se sentait investi de la mission de la protéger. Sinon physiquement, au moins émotionnellement.
- Charlie, c'est mieux qu'on rejoigne Freya et les autres, annonça-t-il. Que vous soyez tous ensemble. Ok ?
Ce qu'il fallait surtout, c'était que Charlie retrouvât une figure qui lui inspirait la sécurité nécessaire pour traverser cette épreuve. Il ne savait si elle trouverait cela chez ce père qu'elle n'avait pas beaucoup côtoyé, mais il était sûre que la présence de Freya au moins lui ferait du bien.
Sasha balaya les gradins des yeux : Kalina était sagement restée avec Marley, Owen et Freya étaient toujours en contre-bas. Sasha serra les dents. Quoiqu'il pensât du demi-géant, soudain, il partageait sa colère. Mais il prit une inspiration pour conserver son calme.
- Ta soeur est super forte, c'est impressionnant mais elle va s'en sortir, affirma-t-il, avant de jeter un coup d'oeil vers Basil. Viens avec nous si tu veux.
Il n'avait pas manqué de remarquer leurs doigts entrelacés, et pour ne pas brusquer Charlie, ne l'avait pas forcée à se mettre en mouvement pour le moment.
Message publié le 31/01/2026 à 08:59
Sasha avait souri. Certes très brièvement, avec juste une expiration pour chasser cet amusement bref, mais tout de même, ça n'arrivait pas souvent. C'était probablement moins à cause de sa réussite que grâce au fait que Cassie tournait en dérision, peut-être sans le savoir, des rumeurs qui l'avaient lui, plus affecté qu'il ne l'aurait admis.
Puis il avait détaillé la créature en plissant les yeux, pour essayer d'en distinguer les contours malgré l'eau qui dégoulinait : le fangieux était muni de petites nageoires qui gigotaient de façon impuissante, et l'on devinait aussi des dents très pointues quand la créature fit claquer ses mâchoires. Sasha grimaça, prêt à commenter l'allure peu ragoûtante du fangieux quand l'intervention de Cassie propulsa la bête à quelques mètres devant eux. Par réflexe, le Gryffondor recula d'un pas, avant de regarder sa camarade de maison, circonspect.
- T'es sûre que c'est comme ça qu'on est censés gérer un fangieux ?
Son doute était réel. Il n'avait jamais rien entendu d'autre à leur sujet que les histoires communes qui se racontaient à l'oral, et n'avait pas pris la peine d'aller ouvrir un livre sur la question. Sasha faisait simplement confiance à son instinct, et ce dernier lui disait que la solution de repousser la créature était peut-être un peu simpliste.
- Ca l'a écarté, mais ça l'a pas franchement neutralisé, commenta-t-il, la voix un peu sombre, encore un peu irrité du commentaire de Cassie à propos du patin. J'suis pas sûr que ça suffise à madame Aisling, ni même à être très sécuritaire sur le terrain.
Il n'avait pas pris un ton donneur de leçon ; Sasha semblait plutôt avoir le souci de partager ses questionnements à un camarade de classe - de classe ou d'autre chose de plus sérieux, de plus dangereux, qui le vieillissait un peu dans son attitude, avec ses sourcils froncés et ses yeux intensément fixés sur la masse sombre qui dérivait de nouveau sur l'eau. Le fangieux avait l'air d'avoir conscience d'avoir été démasqué : ses petites pattes gigotaient dans l'eau pour le faire revenir vers les deux jeunes gens, comme s'il les chargeait avec une vitesse toute relative. Sasha leva donc sa baguette à son tour.
- Brontaflux, annonça-t-il avec aplomb.
Un son étrange jaillit de la baguette de Sasha, comme si un élastique invisible venait d'être actionné en direction du fangieux. Ce dernier fut secoué par l'onde de choc. Il se débattit dans tous les sens, confus, engendrant une rotation sur lui-même un peu ridicule tandis que la surface du lac se frippait de cercles troublant la tranquillité du lieu.
- C'est mieux, j'ai l'impression, commenta-t-il.
Sasha Shevchen a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Zorepys !
- Sortilège
- Sortilège d'onde sonore
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 17
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Un son étrange jaillit de la baguette de Sasha, comme si un élastique invisible venait d'être actionné en direction du fangieux. Ce dernier fut secoué par l'onde de choc. Il se débattit dans tous les sens, confus, engendrant une rotation sur lui-même un peu ridicule tandis que la surface du lac se frippait de cercles troublant la tranquillité du lieu.
- C'est mieux, j'ai l'impression, commenta-t-il.
Autres résultats possibles
Un son étrange jaillit de la baguette de Sasha, comme si un élastique invisible et énorme venait d'être actionné en direction du fangieux. Ce dernier reçut l'onde de choc avec une telle force qu'il fut un instant submergé par l'eau. Sonné, il resta pauvrement immobile et confus, tandis que l'onde sonore courait sur la surface du lac, colportant au reste du parc le cri étrange de l'attaque de Sasha. Ce dernier jeta un regard alentours.
- Oups, un peu trop fort, chuchota-t-il en guettant le château, de peur d'avoir attiré sur eux le personnel de Poudlard qui veillait.
Un son étrange jaillit de la baguette de Sasha, ais au lieu d'être dirigé vers le fangieux, l'onde éclata dans sa direction. Il chancela vers l'arrière, perdant un peu l'équilibre, si bien qu'il finit par s'écrouler gentiment contre un rocher à quelques pas de là, sur la roche.
- Err...
Un son étrange jaillit de la baguette de Sasha, mais au lieu d'être dirigé vers le fangieux, l'onde éclata autour d'eux. Sasha fut projeté en arrière et atterrit durement sur son séant. Confus, les oreilles bourdonnantes après l'impact sonore qui l'avait déstabilisé, il lui fallut un moment pour réaliser que son accident avait probablement atteint Cassie aussi. Il se dépêcha de basculer à quatre pattes, mais son oreille interne était tant bouleversé qu'il ne trouvait pas l'équilibre pour se relever.
- Hé, ça va ?
Comment elle s'appelait déjà ?
Message publié le 27/01/2026 à 21:33
Kalina était restée hébétée, les yeux rivés sur son frère qui s'était précipité en contrebas. Elle avait étouffé un cri quand elle l'avait vu percuté par un homme immense, et porta une main à sa bouche ouverte pour la couvrir. Quelques instants plus tard, elle sentit Marley qui prit sa main et se laissa emmener, sans pouvoir détacher ses yeux de ce qui se passait plus bas. Pourquoi Sasha s'était-il jeté ainsi ?
- O... Ok, acquiesça-t-elle en suivant Marley, et bientôt, ils avaient rejoint le banc où un garçon - Charli, mais pas Charlie, un autre Charli - les accueillit d'un signe de la main. Salut. Ok.
Il lui semblait que son anglais s'était enfui avec Sasha. Le teint livide, elle s'assit à côté de Marley sans lui lâcher sa main. Elle ne suivait plus vraiment ce qui se passait, son regard examinait la foule tout autour, comme si elle réalisait qu'elle n'avait jamais été entourée d'autant de monde simultanément. Comme si elle ne pouvait le voir que maintenant que son frère s'était jeté aveuglement dans cette émotion collective qui lui échappait.
Elle tremblait.
Sasha, lui, avait vu trente-six chandelles avant de réaliser ce qui venait de se produire. Son sang battait toujours sauvagement à ses tempes quand il rouvrit les yeux, hagard, et qu'il rassembla maladroitement ses membres pour se remettre debout - quelqu'un l'aidait et il se rendit rapidement compte que c'était Freya.
Son absence n'avait duré qu'une poignée de secondes, et soudain la foule tonitruante explosa de nouveau à ses oreilles, les lumières des écrans géants l'inondèrent, et le brouhaha des conversations autour de lui le laissèrent confus quelques instants.
- Quoi... ?
Il fronça les sourcils. Ses yeux passèrent de Freya à l'écran : Alison n'était pas vidée de son âme par un Détraqueur : debout, elle prononçait un sortilège suffisamment puissant pour repousser son adversaire. Elle avait des couleurs et paraissait elle-même : déterminée. Sasha déglutit, se demandant s'il avait rêvé ou s'il avait été simplement trop idiot pour imaginer ce qui ne pouvait se produire dans l'enceinte de Poudlard. Puis il constata en clignant des yeux la masse énorme, de plus de deux mètres, qui l'avait presque assommé en le percutant. Qu'avait-il fait ?
- Ca va, il finit par lâcher, absent, et bientôt Freya s'intéressa de nouveau elle aussi à Alison qui poursuivait son épreuve.
Le regard de Sasha, encadré de perles de sueur, alla d'abord derrière lui, à la recherche de Kalina. Il la vit redescendre les marches en compagnie de Marley, et décida qu'il ne pouvait rien lui arriver de mal. Il revint ensuite à l'aînée des Carter, visiblement soucieuse, occupée à devoir gérer encore un autre Carter : son père. Owen et Freya étaient absorbés par l'épreuve, Owen le visage marqué par la colère. Le Gryffondor resta silencieux, comme sous le choc, à contempler le mastodonte qu'était le père d'Alison, de Freya, de Charlie. Il lui avait dit : ton papa est là maintenant, tout ira bien. Mais maintenant qu'il le voyait de près, quelque chose le dérangeait. Soudain, Sasha parut s'éveiller, et il s'ébroua pour sortir de sa torpeur.
- Charlie, dit-il subitement à Freya, et répéta un peu plus fort pour couvrir les cris de la foule qui haranguait la championne. Charlie. Elle va être sous le choc. Je vais la chercher.
Il s'éclipsa, le pas incertain, dans la direction des Serdaigles qui s'étaient regroupés d'un côté des gradins.
Message publié le 26/01/2026 à 19:43
Sasha sursauta. Ou plutôt, la panthère fit un bond qui lui fit se hérisser le poil sur tout le corps et se redresser brusquement. La branche mâchouillée fut lâchée et tomba quelques mètres plus bas sans qu’il y prêtât aucune attention : ses yeux de prédateur étaient rivés sur la créature ailée qui venait de se poser devant lui.
Les rapaces et les félins ne s’appréciaient pas beaucoup. Il l’avait compris depuis longtemps à la méfiance qu’il inspirait aux hiboux. C’était logique : les rapaces étaient des prédateurs pour les bébés félins, et les gros félins feraient volontiers craquer entre leurs grosses mâchoires les petits corps juteux plumés mais griffus que les premiers représentaient. Dès lors, il avait toujours senti un instinct de la panthère qui lui intimait de craindre ce qui venait du ciel, et il avait vite compris que la défiance était réciproque.
Aussi était-ce bien la première fois qu’un aigle se posait devant lui avec un tel aplomb, dérangeant ses ruminations bien humaines d’un cri strident qui lui fit rentrer la tête entre ses épaules. Sasha fit le dos rond, planta ses griffes dans l’écorce.
- Kfff ! feula-t-il avant de se détendre sur sa branche, non sans garder des yeux menaçants vers ce drôle d'aigle nocturne.
Non mais ho. Il allait pas se laisser faire par un rapace assez tordu pour vouloir prendre son arbre à une panthère quand même. C’étaient pas les bonnes branches qui manquaient dans le coin !
Message publié le 26/01/2026 à 19:18
Hibou reçu le 14/10/2125
Chère Charlie,
Merci beaucoup pour les vêtements, pour Kalina. Elle les adore.
J’ai mis du temps à te répondre, et je n’ai pas de bonne excuse. Je ne savais pas quoi dire.
Je n’ai jamais voulu t’effrayer à ce point. Je sais que tu vas dire que c'est pas ma faute ou pas grave mais dans les deux cas je crois que ça l'est.
Je suis désolé.
Merci pour tout ce que ta famille a fait pour moi. Je serai là si vous avez besoin d'aide en retour cette année, tu n'auras qu'à me faire signe.
Mais je suis sûr que tout ira bien, maintenant que ton papa est rentré. Vous allez former une belle famille.
Sasha.