Femme
25 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : Frey', Yaya
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 08/01/2026 à 17:04
Elle se redresse dès qu'elle aperçoit Elliot, le même sourire que lui au coin des lèvres, sa semelle de chaussure qui joue avec un petit caillou au sol jusqu'à ce qu'il soit assez proche. Salut, répond Freya, avant d'imiter le brun et de jeter un œil au banc. Il demande s'ils vont chasser le dirico et la sorcière ricane. C'est ça, se contente-t-elle de dire tandis qu'il la prend dans ses bras et l'embrasse au-dessus du sourcil. Elle inspire machinalement son parfum et dépose un baiser sur sa joue rasée en laissant sa main glisser le long de son épaule. Tu sais pas, ça a p't'être changé, depuis l'temps. L'arrivée du Gallois signe le début d'un état second où le cœur dépasse l'entendement et la raison. L'Écossaise le sait, mais refuse de céder aussi facilement.
— On s'pose un peu ? On ira au chaud après, propose-t-elle en s'asseyant, une jambe pliée sous sa fesse pour rester face au sportif. Non loin d'eux, le ruisseau continue de gargouiller, et un groupe d'insectes fredonne une mélodie de fin de journée. Freya pose un coude sur le dossier du banc, sa tête contre sa paume, elle observe amoureusement Elliot. C'est bizarre qu'tu sois là. J'aime bien. C'est un village qui ne représente que l'école de Poudlard aux yeux du batteur, mais qui représente pratiquement toute la vie de la Poufsouffle. Ça fait aussi partie des endroits impossibles à fréquenter pour Elliot en pleine journée, sans sortilège de dissimulation. Elle rajuste sa cape sur ses jambes, visiblement détendue d'être dans un endroit qu'elle connaît par cœur, en comparaison à Cardiff ou Quiberon. Tes entraînements s'sont bien passés ? demande-t-elle naturellement, sincèrement intéressée d'entendre l'ancien Gryffondor lui parler de sa vie quotidienne chez les Catapultes de Caerphilly. On a encore signé pour équiper trois clubs de ligue au printemps là, et j'ai eu un courrier de Mahoutokoro lundi, ça les intéresse d'avoir un modèle de 500 à l'école en démo. Pas peu fière, la rouquine sourit, son pied libre qui remue sous le banc.
Message publié le 08/01/2026 à 00:08
La foule hurle son nom, pourtant ce n'est pas Owen que le public encourage aujourd'hui. Les CARTER appartiennent à sa progéniture, Alison, la deuxième de ses quatre enfants. Il la fixe sur l'écran en silence alors que Freya et Marley se joignent aux cris des supporters résonnant autour du stade. Le colosse marmonne intérieurement, pétrifié à l'idée qu'il puisse arriver quelque-chose de grave à sa fille. Ignorant le reste du stade, ses épaules se tendent quand la Serpentard avance dans la brume. Faut qu'elle dégage ça, commente nerveusement Freya, juste avant de tourner la tête en direction d'un élève qui s'adresse à eux.
— Il veut quoi ? questionne Owen Carter en dévisageant son aînée, puis l'enfant vêtu aux couleurs de Gryffondor. Mais son attention est vite ravalée par les écrans. C'est Charli, salut Charli ! C'est le petit frère d'Elliot Blackburn, explique Freya tandis qu'elle attrape la vieille carte de l'ancien capitaine d'équipe d'Écosse de quidditch, et sourit tendrement. Ça va Charli ? T'veux un autographe ? Elle surveille d'un œil la progression d'Alison qui s'enfonce plus loin à l'intérieur du dédale de pierres. T'as un crayon, une plume ? Papa. Papa. Mhr. Difficile de détacher Owen de l'épreuve, contrairement à Marley, occupé à observer le jeune Charli Blackburn de la tête aux pieds.
— Charli, j'te présente Marley, il a 12 ans.
— C'est pas Charlie.
— Il s'appelle Charli aussi.
— Ah.
Intrigué, le petit rouquin regarde la carte toujours entre les mains de Freya. Ta rentrée s'est bien passée ? demande cette dernière au benjamin Blackburn. J't'ai pas encore croisé c't'année ! Papa ? Pa- qu'est-ce qu'elle a ? J'sais pas. Sans raisons apparentes, Alison vient de s'arrêter entre deux monolithes cernés de brume.
Pendant ce temps, Marley s'est levé pour s'approcher de Charli, rattrapé par le bras par Freya qui se décale contre son père. Reste ici Marl', mets-toi assis à côté d'moi. Charli, mets-toi aussi assis sinon ils vont t'virer. Elle fait en sorte de laisser assez de place aux garçons, mais ne lâche pratiquement pas les différents écrans des yeux. Regarde, la fille de Uagadou, elle a enlevé le brouillard. Ça revient, commente Owen en direct tandis que Marley observe envieusement la tenue Gryffondor de son voisin. Il s'exprime prudemment. Toi, tu fais d'la magie ?
Message publié le 07/01/2026 à 20:33
«Hi :) Rendez-vous mercredi au banc du dirico, 7pm. Dress code : relax. Bon repos et bon entraînement à toi ! PS : j'ai hâte <3 » avait envoyé Freya Carter mardi matin, après dix minutes de galère pour écrire le SMS parfait, sans faute d'orthographe ridicule et sans ponctuation hasardeuse.
Loin de maîtriser l'objet bourré de technologie moldue, elle a réussi en quelques semaines à s'approprier l'espace de messagerie avec son unique contact : Elliot Blackburn. Quand viendra le temps d'introduire à Marley l'usage du téléphone, elle saura au moins lui montrer comment communiquer, envoyer une image, et même avoir une conversation à haute voix. Mais d'abord - Dirico, Di-ri-co, regarde, c'est ça, là, pointe-t-elle du doigt en désignant l'oiseau rondelet en train d'apparaître et de disparaître du vieux bestiaire illustré de Charlie, à côté d'autres créatures dont la première lettre du nom est aussi un D. Il vole pas, constate Marley, allongé dans le lit de la Serdaigle sous une voûte étoilée. Tu devrais essayer d'lire toute cette page, et la suivante, et j'demande à Papa de venir t'écouter d'ici dix minutes, et de t'en lire un peu, ok ? Ok. Toi tu viens pas ? Nan, j'sors ce soir. J'vais voir quelqu'un. Assise sur le matelas, Freya rabat affectueusement les cheveux roux de son jeune frère en arrière. Qui ? Un ami, que j'connais depuis mes onze ans. Onze ans ! Les prunelles grises de Marley s'illuminent face à l'information. Enfant docile, au lieu de broncher, il enlace sa grande sœur avec plaisir, et la laisse quitter la pièce.
Après un tour par sa chambre, Freya s'arrête au salon. Son père est caché de l'autre côté d'une pile de papiers qu'il a entrepris de trier. Papa, t'vas y arriver, j'crois en toi, souffle l'aînée, amusée, avant de lui donner les dernières instructions concernant Marley. Immédiatement, Owen lève la tête et acquiesce. Naïvement, il essaye d'obtenir des renseignements. Mh, t'm'as dit qu'tu voyais qui déjà ? J'te l'ai pas dit Papa, j'te l'dirai pas. On en a parlé, j'ai b'soin de ma vie privée. J'reste dans le coin, j'serai là demain. Le rappel est entendu et l'homme donne sa bénédiction en souhaitant une bonne soirée à sa fille. Elle dévale les escaliers jusqu'à l'arrière-boutique, jette un œil à la pendule indiquant 18h48, enfile une longue cape chaude, et rejoint le jardin en réactivant les sortilèges de protection derrière elle. Son date avec Elliot Blackburn commencera bientôt.
Ce soir, il n'y a quasiment pas de lune. Un infime morceau de croissant argenté flotte entre deux nuages cotonneux. La silhouette encapuchonnée de Freya passe devant les commerces de Pré-Au-Lard, pour la plupart fermés depuis 17h30 ou 18h - des horaires tout à fait acceptables en milieu de semaine dans un village d'Écosse. En dehors des tavernes, seules les habitations aux volets ouverts et quelques lanternes illuminent encore le pavé des ruelles.
Elle se presse de remonter en direction du banc, un battement étrange au cœur.
Le banc du dirico est stratégiquement situé à mi-chemin entre le cœur de Pré-Au-Lard et la Cabane Hurlante, proche d'un ruisseau, loin des oreilles indiscrètes. Au premier abord, c'est un banal banc, gravé par des générations et des générations de jeunes sorciers en sortie providentielle au village. Aux yeux de Freya, d'Elliot et leurs amis d'école, ça restera à jamais l'endroit où Tray pensait un jour avoir vu un dirico, un vrai, alors que c'était sûrement juste un gros pigeon, et qu'ils se sont foutus de sa gueule longtemps après ça.
Assise à l'endroit précis où ils passaient des heures à bouffer des bonbons magiques en bande de six ou huit, la rouquine se rappelle comment Elliot l'avait amadouée à traîner avec eux en milieu de troisième année. C'était le weekend de leur premier bisou en cours d'astronomie." Viens parce que j'sais pas nager, et si j'tombe dans le ruisseau, j'vais m'noyer. " Elle avait rit, elle était venue.
Onze ans et demi plus tard, elle l'attend là.
Message publié le 06/01/2026 à 09:49
Elle est terrifiée à l'idée qu'il l'envoie chier, terrifiée quand il se débarrasse de ses doigts pour se redresser et s'éloigner, encore. Freya reste conne, sur le banc, dans l'incompréhension du moment. Elle comprime nerveusement ses phalanges entre elles, et regarde Elliot s'agacer de la situation. On dirait leurs conversations de l'école, fin quatrième, début cinquième, lorsqu'il s'énervait à pas comprendre pourquoi elle ressemblait à un fantôme soudain. Pourquoi ses idées convergeaient plus dans le même sens que lui, et qu'il avait l'impression qu'elle en avait rien à foutre, mais c'était pas vrai. C'pas vrai, nie-t-elle d'ailleurs, j'garde personne sous le coude. Son visage se durcit. Elle refuse de pleurer une deuxième fois devant le Gallois, alors que son cœur se noie face au fiasco de leur explication.
Ça la blesse qu'il l'imagine calculatrice.
Elle fait pas exprès, elle lui a dit hier déjà.
À son tour, l'aînée Carter se lève, désemparée. J'vais lui parler j't'ai dit, j't'ai dit ça hier, comment tu crois qu'j'aurais fait pour lui parler entre temps puisqu'on a passé la soirée ensemble ? Elle soupire ; c'est un cauchemar. C'est la dimension où rien n'est facile.
— Et tant mieux Elliot si t'arrive à être juste toi, parce moi, en dehors de Pré-Au-Lard, j'sais même pas qui j'suis, et c'est sûrement ça l'problème au fond. J'ai des trucs à régler. Sa voix déraille. Elle essuie des larmes imaginaires, persuadées d'être en train de pleurer. Ses joues sont sèches ; idiote. Mais t'as raison, j'ai ton numéro, j'vais pas t'faire courir, c'pas c'que j'veux, tant pis si tu crois l'contraire. C'qu'on a eu hier, c'est tout c'que j'veux ; délirer, être proche de toi, m'en foutre des autres, comme avant. Elle détourne les yeux en se rendant compte qu'elle vit peut-être dans le passé. Honteuse, Freya se prépare à prendre la route vers le point de transplanage du stade de quidditch. Elle enfile sa capuche, mais s'approche une dernière fois d'Elliot, les mains au fond des poches de son manteau. Leurs regards sont paumés. Mon père vient d'rentrer, il repartira plus maintenant, et j'vais avoir le temps de m'occuper de moi, et m'occuper de moi, ça veut dire être avec toi, je le sais, j'l'ai su dès qu'on s'est revus. Jun c'est- c'est une erreur. C'est juste qu'il était là, mais c'est pas lui qui compte au final, souffle-t-elle, avant de jeter un œil derrière le brun où les mâts des voiliers dansent inlassablement.
Le vent déplace ses mèches rousses qui lui bouffent la moitié du visage. Elle les dégage, et s'agrippe brièvement à la veste d'Elliot, le temps de hisser un baiser rapide à la commissure de ses lèvres. On s'revoit vite, murmure-t-elle, prête à s'en aller le long du port.
Message publié le 05/01/2026 à 22:00
Son esprit bégaye à cet instant. Les idées se heurtent dans sa tête, chaotiques, certaines en dévorant d'autres avant même qu'elles ne soient complètes, et Freya se contente d'hocher du menton bêtement. Elle imprime des mots ici et là. Jun. Le numéro d'Elliot. Il était sérieux. Il attendra pas.
Par mimétisme, la rouquine se rassoit en même temps que le Gallois, les croissants définitivement abandonnés aux mouettes qui les ont emporté plus loin sur le sol. Il veut être son mec. Il lui retourne la question. Et elle, elle veut quoi ? Son cœur continue de hurler, et alors que vient son tour de parler, sa tête se vide, subitement. Y'a rien, y'a plus rien. Elle sait pas pourquoi ça fait ça. Habituée à gérer un par un les problèmes du quotidien depuis ses quatorze ans, y'a un domaine qu'elle a toujours mis de côté, jusqu'au retour d'Elliot dans sa vie.
Faut qu'elle creuse pour trouver quoi dire, ou plutôt, comment le dire. C'est elle qui s'approche du Gryffondor finalement, en glissant vers lui de quelques centimètres sur le banc. Elle ose pas le regarder. Elle regarde leurs genoux collés en prenant une petite inspiration. J'rends tout compliqué, j'sais. J'suis désolée. Ça suffira jamais à retenir Elliot, mais ça suffira à éclaircir la voix de Freya, enrouée de gêne. Elle se racle la gorge, et puis pose sa main sur le genou du brun, et dessine des cercles invisibles sur son pantalon de survêtement. Y'a une différence entre toi et Jun, un truc important, dit-elle, les yeux toujours vissés sur le jeu de ses doigts. Doucement, les mots arrivent, les uns après les autres, sincères.
— Je- j'suis pas amoureuse de Jun, tu vois. Baboum, frappe son cœur au même moment. Elle tente de l'ignorer, et puisqu'elle est lancée, autant aller jusqu'au bout maintenant. Sa paume caresse le genou et le bas de la cuisse du batteur. Et j'réalise que j'avais besoin de savoir que c'était sérieux pour toi, parce que c'est vrai, j'sais qu'on dirait pas, mais c'est sérieux pour moi. Une expiration la surprend, vidant sa poitrine d'une certaine lourdeur. C'était nécessaire. P't'être qu'on devrait s'voir en dehors du taf, et en dehors d'une soirée, j'veux dire, sans alcool... sans s'cacher. Ses phalanges froides attrapent finalement celles d'Elliot en douceur, le vent de Quiberon qui balade ses mèches échappées de l'élastique contre son front. C'est pas possible qu'à chaque fois j'me réveille en me demandant comment on a fini la nuit, et l'image qu'tu vas garder d'moi. Et si tu vas la ranger dans la case des Petra, inévitablement. Incertaine, Freya affronte les iris du brun en penchant un peu la tête vers lui.
Message publié le 05/01/2026 à 20:14
Elle regrette d'avoir dit ça. Elle se rappelle de leur conversation d'hier sur la plage, quand elle a promis d'arrêter de reculer, de s'enfuir - mais c'est plus fort qu'elle, ça la dépasse, et ça gâche tout régulièrement. Colt s'est pas barré pour rien après avoir posé son van dans le jardin du 76 Grand-Rue. Lui aussi, il s'est pété les dents à essayer d'avoir "un truc" avec Freya. Elle reste insaisissable, elle fait même pas exprès. Elle regarde Elliot, et son expression amère, mal camouflée derrière un humour de merde. Elle ravale sa salive puisque le gobelet est définitivement vide, et qu'Elliot se tire. Si ça avait été Jun, il aurait accusé le coup, rectifié le tir à la place de Freya, aurait assuré que nan, que c'était bien sa copine d'hier, d'aujourd'hui, de demain - ce dont elle a besoin.
Sauf qu'Elliot sourit, crispé, et congédie Freya. Elle acquiesce, paumée. Euh, ouais, j'vais finir par y'aller. Ses yeux ont terminé leur course au fond du gobelet. Immobile, elle le laisse dire que c'était cool, et redresse la tête au moment où il embrasse sa joue. Elle s'en veut d'être ahurie. À plus ? Son cœur hurle et la rouquine se lève brusquement, les pommettes toujours plaquées de rouge.
— Nan mais attends. Attends quoi ? Elle le fixe comme une carpe en dehors de l'eau en cherchant ses mots. L'écharpe enroulée d'un seul tour à son cou pendouille de chaque côté. Il attend. Ceci-dit, il attendra pas bien longtemps, elle le sait. Contrairement à Jun, qui attend sagement en Écosse depuis leur conversation. On fait quoi, du coup ? se mouille-t-elle, tout entièrement, même que l'eau est gelée. Elle enfonce les mains dans les poches de son manteau et trouve l'ancien gant de quidditch d'Elliot qu'elle serre pour se donner le courage de continuer. J'veux dire, on retente ou on retente pas ? Une dizaine de mouettes se foutent de leur gueule et atterrissent au pied du banc en visant clairement les restes du sac de croissants. Freya s'en fout, focalisée sur le Gallois. Elle est terrifiée à l'idée qu'il l'envoie chier, et ça se voit à ses yeux qui sondent la moindre de ses réactions.
Message publié le 05/01/2026 à 17:31
Une chose est sûre : elle portait son pantalon au réveil, et son soutif aussi. Le t-shirt gisait au sol, accompagné de leurs autres vêtements éparpillés dans la cabine, écharpe BLACKBURN incluse. À bien y réfléchir, ils ont dû s'endormir comme des cons qu'auraient trop tourné autour du pot, étourdis à force de pas savoir comment s'y prendre pour clôturer un date à peine croyable. C'est quelque-chose qu'a toujours échappé à leur couple : la sexualité. D'abord trop jeunes, puis trop occupés, et trop séparés par des vies opposées, et maintenant trop quoi ? Trop effrayés sûrement, de traverser le mur, de gâcher un truc tellement fragile qu'il a l'air d'exister seulement dans l'autre dimension - celle où c'est facile, vous suivez ?
Freya se souvient ; ils ont enflammé la scène. Elle rit. Les Beatles putain, c'était l'gage des fléchettes, le massacre ! Ouais j'me rappelle pas tout, mais ça m'revient, commente-t-elle en frottant ses yeux alors qu'Elliot s'installe contre elle sur le banc. Elle lui jette un regard de biais avant de retourner à son observation du port, le café encore brûlant enveloppant leurs narines. Du haut d'un mât, une mouette piaille, et bientôt, un vélo passe, et la rouquine se demande si le Gallois rame autant qu'elle à savoir comment lui dire au-revoir. Soudain, sa question semble la réveiller. Hein ? Elle tourne vivement la tête en direction d'Elliot, légèrement ahurie. Il enchaîne. Elle prend le sachet posé à coté d'elle pour le mettre sur les cuisses du brun. Tiens, j'ai résisté à goûter sans toi. J'pense que tu vas préférer ça aux escargots et aux huîtres, assure-t-elle avec légèreté en ouvrant un peu le papier qui dévoile les viennoiseries chaudes et croustillantes. Faudra faire un top d'ailleurs, entre, ça, les espèces de pancakes d'hier, le vin blanc aussi, la baguette... - la baguette, par Merlin, j'peux plus vivre sans baguette j'crois. Ouais, les conneries passent mieux que les discussions sérieuses. Puis ça permet d'oublier qu'elle a un bézoard au fond de l'estomac.
Elle ouvre d'ailleurs le couvercle du gobelet prudemment avant d'y poser ses lèvres pour avaler une gorgée de café. Oh ça fait du bien ! souffle Freya en gardant un moment ses yeux fermés. Quelques minutes s'écoulent, ponctuées de souvenirs d'hier jetés à la volée, d'une dégustation de croissant qui les fera encore saliver longtemps, d'une chute de café évitée, et au détour de l'anecdote du bras de fer, ça lui échappe. T'étais fier de dire qu'j'étais ta copine quand j'ai gagné alors arrête de rabâcher qu'j'ai triché ! lâche-t-elle, d'abord joyeuse, puis écarlate. Fin, ta copine d'hier soir quoi. Elle se racle la gorge et enfonce son nez tâché de rousseur à l'intérieur du gobelet pour terminer les dernières gouttes de café, aussi imaginaires soient-elles.
Message publié le 05/01/2026 à 11:47
P't'être qu'il avait raison de s'inquiéter. P't'être qu'elle s'est tirée. Elliot se réveille avec la pâteuse et le barreau, mais sans Freya. Un édredon serré entre les bras, il est dans le petit lit vide d'une cabine de voilier qui tangue, et tangue, et n'en finit plus de tanguer. Dehors, les chaînes tintent contre les coques en plastique, et les mouettes piaillent bruyamment. Quiberon s'éveille.
De toute façon, fallait s'en douter ; leurs vies sont incompatibles, nan ? Ils habitent carrément pas dans le même pays l'un et l'autre ! Et Freya qui fuit, ce serait pas la première fois.
Soudain, le rayon de soleil rempli de poussière traversant la porte d'entrée de la cabine disparaît, et la rouquine apparaît, vêtue comme la veille, ses cheveux attachés en queue désordonnée, son manteau ouvert jusqu'en bas. Putain ça ballotte ici, commente-t-elle en croisant le regard un peu con d'Elliot. Elle prend soin de refermer la porte et s'assoit sur les marches de l'escalier. Bien dormi ? J'suis réveillée depuis 7h j'crois, fallait qu'je sorte, ça m'a filé la gerbe à force, pas toi ? Elle l'observe, un sourire fugace aux lèvres. Elle sait pas trop c'qu'elle fout là, et comment ils vont gérer leurs souvenirs, et leurs trous noirs, suite à la soirée. À tout moment, ils feront style de rien, se diront au-revoir, et prétendront que ça n'a jamais existé. Il est 9h45, tu devais partir quand ? demande-t-elle en désignant un petit réveil posé sur l'une des étagères de la cabine.
On est samedi, donc Charlie rentrera tôt ou tard à Pré-Au-Lard.
La boutique va être blindée de clients, et Jun passera sans doute à l'atelier dans l'après-midi.
Freya se frappe les cuisses en même temps qu'elle se redresse. Bon ! Moi j'me suis lavée vite fait à l'évier au-dessus des toilettes, tu verras c'est drôle, y'a une mini douche, plaisante-t-elle, étrangement détachée. Y'a un truc un peu lunaire, comme s'ils avaient subitement quitté la dimension facile pour atterrir brutalement au milieu de la dimension où ils se comprennent jamais. Et sinon j't'ai volé des euros, et j'suis allée acheter du café et des cwoissantes, mais j'vais t'attendre dehors, y'a un banc, moi j'peux plus rester là hein, annonce finalement Freya avant de disparaître à nouveau. Sur le pont, elle inspire l'air frais en fermant brièvement les yeux, puis récupère les deux gobelets de boisson chaude, et le sachet en papier avec les croissants.
Ses rangers foulent le sol stable de la presqu'île, à quelques mètres du ponton. Baguette au fond de la poche de son pantalon cargo, elle a continué de jouer la femme moldue, incapable de savoir si des infrastructures magiques sont assez proches d'eux pour risquer un sortilège ou pas. Un soupir lui échappe lorsqu'elle se laisse tomber sur le banc face au port. D'un geste, elle éloigne une mouette un peu trop curieuse. Hey, c'mon p'tit dej ça, pas l'tien ! Des touristes en balade arpentent déjà le bord de l'eau, et les commerçants sortent leurs panneaux, déploient leurs stores, et la vie de Quiberon reprend. En fixant les mâts ballottés par les vagues, elle sent un vide l'envahir. Son esprit se perd, et l'aînée Carter sort l'un des cafés pour l'envelopper de ses paumes - geste réconfortant. La tête dans le cul, elle attend Elliot, sans vraiment savoir si elle l'attend réellement.
Quand il arrive, elle sait qu'elle l'attendait.
Elle fixe sa silhouette, sa démarche, et détourne le regard, gênée. Alors qu'il est assez proche, elle lui tend un gobelet coiffé d'un couvercle en plastique. Tu t'rappelles si on a chanté toi ? questionne-t-elle, en faisant style de rien.
Message publié le 04/01/2026 à 21:08
— Un seul peut-être, mais six chupabra-chubrapa-chu-..râh ! Bref, six, ça se plante là, partout, ça lui suce le sang, j'te jure qu'il peut rien faire ton pansedefer ! rétorque Freya dans un grand mouvement du bras, les joues plaquées de rouge et la capuche de son manteau à fourrure qu'elle remonte soudain, surprise par la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur. Par contre ils sont trop nuls en créatures les moldus !!! Ils connaissent la licorne, le dragon - comme si y'en avait qu'un seul, le troll, et voilà quoi, c'est pas faute d'avoir essayé de mimer une chimère, sauf qu'aucun n'a compris ce qu'elle voulait dire avec sa fourrure d'un côté et ses nageoires de l'autre.
N'empêche que ce soir, Freya Carter peut se targuer d'avoir retrouvé l'état d'esprit Pouffy, quoiqu'en pense Elliot en la qualifiant de Serpentard. Elle appartient à la maison des épicuriens, de ceux qui savent s'amuser, jamais derniers pour une connerie. Dans les bras d'Elliot, elle étire un sourire en coin. T'as peur d'en avoir une toute petite à cause de l'eau froide, Blackburn ? La rouquine se marre, et se marre encore lorsqu'il joue la comédie, et que sa voix sort étouffée par la capuche tant il a enfoncé sa tête loin contre son cou. Ça paraît si naturel qu'aucun d'entre eux n'a besoin de réfléchir, et que leurs corps s'aimantent, se cherchent, se collent, bercés d'une tendresse bien présente depuis plus de dix ans. Si c'est des loups aussi mignons qu'mon frère sous potion, je gère, répond-elle en caressant distraitement la nuque du brun. Autour d'eux, la brume envahit les alentours du bar, et la houle bringuebale les voiliers du port Haliguen, à seulement quelques enjambées.
— Hey les British ! Vous faites quoi après ?! Vous dormez où ?!! s'exclame un client du bar accompagné du grand tatoué. Il presse ses mains sous son oreille et prétend ronfler devant Elliot et Freya. Mal de mer ? Vomir ? Cinq longues minutes de language des signes et de Franglais après, les sorciers comprennent que les deux hommes possèdent des bateaux amarrés au port, et leur proposent l'hébergement gratuit. Vous allez jamais trouver d'hôtel là, tout est fermé à c't'heure-ci !
— Oh oui vas-y, t'as dit qu't'avais jamais fait de bateau ! Ils comprennent pas tout, sauf qu'ils décident d'aller jeter un œil, persuadés qu'il peut rien arriver à deux sorciers armés de leurs baguettes face à deux moldus, aussi musclés soient-ils. Nous on va crécher là, moi j'peux vous prêter l'mien pour la nuit, continue joyeusement le plus bavard en désignant tour à tour des voiliers amarrés non loin l'un de l'autre.
Alors voilà, en un froissement de paupières, Elliot et Freya se retrouvent emmitouflés sous une épaisse couverture, assis à même le pont du bateau dans lequel ils vont dormir cette nuit. L'Écossaise lève sa tête vers le ciel. Des étoiles françaises, marmonne-t-elle, rieuse, blottie contre le brun. L'homme du bistrot a allumé un chauffage d'appoint au cœur de la minuscule cabine avant de quitter le voilier en gardant les clés du contact avec lui. C'est au tour de la rouquine de promener son nez au creux du cou d'Elliot.
— T'vois, j'étais fairplay, j'ai gagné le bras d'fer, mais j'ai fait exprès de perdre aux fléchettes. Du coup égalité, c'pour ça qu'il nous héberge, murmure-t-elle encore, alors que quiconque l'a déjà vue jouer aux fléchettes sait pertinemment qu'elle est simplement nulle à ce jeu. Bon alors, t'en penses quoi d'ce date ?
Message publié le 04/01/2026 à 11:27
— Mais t'es trooop deg' ! s'exclame Freya, la tête penchée en arrière d'hilarité, un rire de gosse bananant ses lèvres humectées de vin français. Elle se tord le cou afin d'éloigner sa joue d'Elliot et l'essuyer, le nez retroussé. J'vais puer l'escargot ! râle-t-elle encore sans franchement quitter les bras du Gallois. Il en faudra plus pour la déloger d'ici. Leurs chaussures se chevauchent maladroitement le temps qu'ils retrouvent l'équilibre, et la rouquine se marre, finalement bel et bien collée à son batteur préféré. Une boule à facettes concurrence ses tâches de rousseur avec autant de points lumineux projetés sur leurs silhouettes enlacées. Ils ignorent le tintamarre des autres clients jusqu'au dernier refrain qui monte dans les aigus et fait lever les sourcils de Freya. Elle capte l'air tout aussi éberlué d'Elliot, et s'en amuse, louchant pour provoquer son rire.
Puis au milieu des couples en pleine interprétation mélodramatique, l'Écossaise tend le menton et embrasse le brun aussi lentement que leurs corps tournent l'un contre l'autre. Une fois, deux fois, trois fois, elle picore ses lèvres amoureusement. Et à nouveau, la musique s'éteint, et elle rouvre les yeux, un peu paumée. Bien sûr, ça ne lui a pas échappé que les mains d'Elliot ont commencé à devenir baladeuses, qu'elle a aimé ça, et qu'un dérapage pourrait arriver vite entre eux. Un sourire badin au visage, Freya essaye de garder le contrôle. J'sais qu't'as trop envie d'sucer et d'lécher des trucs là, mais calme-toi ; la France, c'est le pays de l'élégance, chuchote-t-elle au creux de son oreille en retirant les mains du sportif accrochées à ses reins. Elle retient un rire en comprimant ses lèvres, et fixe les alentours, l'air de rien. La réalité, c'est qu'elle préfère résister plutôt que de finir comme Petra Frostwell et les autres filles dont Elliot a fini par obtenir ce qu'il voulait. Et soudain le karaoké reprend, et Freya remarque un attroupement près d'une table.
— Putain ils font un bras de fer là-bas ! Elle hallucine, se fraye un chemin à travers les épaules des spectateurs, et tombe sur deux trentenaires rouges vifs, penchés, paumes serrées et phalanges blanches. Les tatouages du premier s'animent lorsqu'il contracte son muscle, et la jugulaire du deuxième a l'air de vouloir sortir de son cou. C'est lui qui perd, à peine quelques secondes plus tard. On demande un volontaire, et allez savoir pourquoi, elle n'hésite pas une seule seconde avant de rejoindre la place en face du gars tatoué. C'est pour toi Bébé, déclame-t-elle avec toute la beauferie du monde en fixant Elliot alors que des sifflements retentissent encore, mais pour l'encourager cette fois. On lui parle, elle comprend rien, et visiblement, l'homme s'amuse d'avoir une Anglaise sortie de nulle part en adversaire. Loin de se démonter, Freya retire son pull, exhibant un vieux t-shirt marron rayé de jaune. Elle fait mine de relever sa manche qui retombe aussitôt. Les clients attroupés sont euphoriques tandis que la sorcière et l'homme tatoué s'agrippent les mains.
La différence de taille entre leurs doigts n'impressionne pas la fille du quasi-géant Carter. Elle sourit en observant son challenger. Personne n'y croit. Ils ont raison, à égalité, ce serait impossible.
Sauf que l'Écossaise possède un atout que les moldus ignorent, la manumagie.
Elle sait qu'elle devrait pas. Mais qui va s'en rendre compte, à part Elliot ? Elle lui jette un regard malicieux alors que certains spectateurs tapent la table pendant que le combat fait rage. L'autre en face se crispe, pige rien, marmonne des trucs en Français, et s'évertue à garder le sourire.
Les pieds ancrés dans le sol, le dos tendu en avant, elle tire la langue, concentrée pour doser sa magie davantage que pour contracter ses muscles. Le gars transpire. La musique fait trembler les murs. Les clients crient et rient, et puis soudain, elle abat la paume de son adversaire contre la table sous l'ovation générale de la petite foule du bistrot.
Quelques minutes plus tard, au bar, on leur offre des verres d'un alcool appelé Chouchen. Freya trinque avec Elliot. Cul sec ? Dans ses yeux, elle capte la revendication silencieuse et s'offusque faussement. Quoi ? T'avais dit balai interdit, baguette interdit, et passer pour une complète moldue... j'ai rien transgressé hein ! s'exclame la Poufsouffle avant de descendre la boisson d'un trait.
Message publié le 03/01/2026 à 17:12
— J'préfère les écouter massacrer Freddie Mercury que d't'entendre dire des conneries sur ma sœur ! aboie la sorcière à travers la musique trop forte, un sourire vengeur aux lèvres. Elle fixe Elliot, les yeux brillants, et l'imite en avalant quelques gorgées de vin, juste avant de protester, faussement excédée. Ouais mais s'ils nous resservent à chaque fois aussi, on peut pas compter les verres ! Moi j'ai des transplanages après hein ! Elle n'en pense rien, décidée à se payer un hôtel si ça lui permet d'allonger la soirée en compagnie du batteur aux yeux ténébreux. Son menton opine au rythme de la guitare électrique tandis qu'elle fredonne en préparant la prochaine huître qu'elle mangera, lorsque son regard s'arrête sur Elliot, en train de lécher un troisième escargot. T'es sérieux ? ricane-t-elle, les joues rougeoyantes, tu vas tous les sucer comme ça ?! On va s'faire virer ! Davantage pour illustrer son propos que par réelle inquiétude, elle jette un œil vers les membres du staff. Puis elle pouffe, et aspire son huître au goût d'eau de mer face à la grimace du brun. Moi au moins j'fais honneur à la nourriture française, tssss ! Elle se beurre un morceau de pain en évitant soigneusement le regard du Gallois qui pourrait la faire mourir de rire en une seconde. M'en reste encore trois, tu vas survivre ? se moque la rouquine entre un couplet haché au couteau et un refrain chaotique. Ils font pas semblant de bousiller l'accent anglais. Elle se retient de cracher la prochaine huître tellement c'est horrible. J'préfère p't'être t'entendre dire des conneries sur Alison en fait. Nan tais-toi j'ai rien dit ! Deux huîtres avalées plus tard et le même nombre d'escargot léchés par Elliot, le serveur revient remplir leurs verres - il termine d'ailleurs la bouteille.
L'Écossaise tend son bras pour trinquer avec le brun, une fossette creusant sa joue couverte de tâches rousses. T'as dit que Française et moldue c'est un truc de dingue, mais moi j'crois que c'est pas ça le vrai truc dingue de la journée, lâche-t-elle quand leurs verres s'entrechoquent. Puis les clients décident de s'attaquer à The Clash, et Freya avale une grande gorgée de vin avant de se lever, saisie par l'envie de rejoindre la piste de danse improvisée. ...you got to let me know... Should I stay or should I go?!! commence-t-elle à chanter en mimant la guitare qui divise les couplets, ses yeux dans ceux d'Elliot. Elle attend qu'il se décide à venir, et s'il ne vient pas, elle recule quand même, rapidement au milieu d'autres fêtards.
La sensation d'enivrement est trop bonne pour qu'elle puisse prétendre garder le contrôle, un sourire mou aux lèvres, ses cheveux lâchés sur ses épaules. Autour d'elle, les gens dansent et acclament le couple derrière le micro.
Lorsqu'enfin son ancien camarade d'école surgit, les dernières notes de musique retentissent malheureusement. Trop tard, beugle l'aînée Carter à côté de l'enceinte. Et les chanteurs cèdent leur place, et très vite, une douce mélodie enveloppe le bar. Un slow. Freya rougit. Un instant, ils se fixent bêtement - de vrais adolescents. Les couples se forment à gauche et à droite, et des sifflements retentissent. Elliot et Freya ne comprennent pas les paroles qui racontent l'histoire d'un gars dont les draps se souviennent encore du rêve qu'il a fait de son amante, et c'est mieux comme ça. Elle s'approche, accroche ses bras autour des épaules du Gallois et laisse sa tête dodeliner. Tu sens l'escargot.
Message publié le 24/12/2025 à 10:22
Être ici, le nez enfoncé dans un verre de vin français, les prunelles vissées sur l'explication d'Elliot à propos du karaoké, ça semble irréel, comme une parenthèse trop précieuse - qui ne durerait qu'un temps, et dont il faut conserver chaque seconde en mémoire. Freya observe son... son... ancien (?) petit ami, goûter bravement l'escargot en grimaçant. Putain, t'l'as fait, rit-elle en posant son verre pour saisir à son tour la minuscule fourche de métal au bout duquel gît un gastéropode recroquevillé sur lui-même, que le serveur a bien voulu sortir de sa coquille en démonstration. Attends, j'vais te dire, mais déjà, le vin ? C'est trop bon, nan ? Ils sont coupés par le chant des clients et l'Écossaise ricane encore. Elle jette un œil amusé à l'ensemble de la salle sans rien comprendre aux paroles de la musique. C'est un air entraînant et certains se prennent bras dessous, bras dessus, pour se balancer avec ferveur.
— Dans tes rêves Blackburn, ce soir j'garde le contrôle, assure-t-elle, malgré la bouteille d'alcool qu'ils s'apprêtent à partager à deux. À son tour d'affronter l'escargot. Elle le fixe, louche un peu, le renifle, et recule sa tête. Ça m'rappelle quand Joy a bouffé la queue d'une salamandre en cours de potion, elle avait la même forme, j'vais mourir ! Elle cache sa bouche, tourne les yeux, et croise le regard d'un serveur posté plus loin, qui l'encourage à essayer d'un geste muet. Bon, j'suis coincée, déclare alors Freya en passant l'animal entre ses lèvres. Séduite par la saveur du beurre persillé, elle mâche, croque, et confirme immédiatement l'impression d'Elliot. Oh ouais putain, c'est chelou. C'est bon, j'crois, mais la texture... on dirait la peau du Haggis - un plat traditionnel écossais fait à partir d'une panse de brebis farcie d'abats de moutons. Elle en mange directement un deuxième, qu'il faut aller chercher au fond de sa coquille grâce à la petite fourche, et prend le temps de l'analyser. Si t'en bouffes pas tous les jours, j'pense que l'beurre là, avec les herbes dedans, c'est addictif ça par contre, c'est trop bon, ça m'fait penser au garlic bread le goût, commente-t-elle, investie, avant de prendre une huître qu'elle détaille scrupuleusement. T'as déjà testé ? On en mangeait des fois avec mes parents avant, mais ça fait mille ans qu'j'ai pas re-goûté. À l'aide du couteau, elle détache l'huître de la coquille, puis y dépose une cuillère de vinaigre aux échalotes en expliquant à Elliot qu'il peut aussi mettre du citron s'il préfère. Pour terminer sa bouchée, la rouquine avale une gorgée de vin. J'me sens Français, ça y est, plaisante-t-elle en faisant tourner le liquide dans son verre.
Du côté des enceintes, la musique change. Les premiers mots d'un classique de Brassens retentissent et illuminent le regard de Freya. J'la connais celle-là ! Fin j'la connais. J'peux pas chanter hein, mais j'la reconnais plutôt. Horace m'l'a déjà chanté, j'en suis sûre, s'émerveille-t-elle. Encore une fois, la plupart des clients accompagnent joyeusement les refrains, et elle se surprend à taper en rythme ses mains l'une contre l'autre pour les imiter. Finalement, la vie de moldu, c'est assez facile jusqu'à maintenant. Un serveur vient resservir leurs verres en vin blanc et leur demander si tout va bien, et les lumières de l'établissement finissent par se tamiser, laissant place à une ambiance plus festive.
L'aînée Carter saisit un morceau de pain dans le panier qu'ils ont à disposition, près de la terrine et des rillettes. Baguette baguette, rit-elle, avant de s’extasier en le faisant croustiller à sa propre oreille. Nan mais wah, mais pourquoi on n'a pas ça en Écosse ?! Elle recommence à côté de l'oreille d'Elliot. Écoute ! J'te jure, y'a un business de boulangerie française à ouvrir à Pré-Au-Lard, ce serait l'feu ! Les habitants s'y presseraient à la recherche de viennoiseries dès le matin, à l'heure du goûter, et au soir, en rentrant chez eux.
Message publié le 17/12/2025 à 10:03
Il regrette rien. La rouquine se gausse bêtement, car, quel espèce de gars regretterait d'avoir passé ne serait-ce qu'une nuit avec Miss Petra Frostweel et ses deux boobs en forme de souafles ?!! Bien sûr, un seul prénom vient à ses lèvres ; Jun, qui aurait probablement renvoyé la bimbo à ses tapis de défilé, totalement imperméable - eunuque, certains diraient. Nan mais j'pense bien qu'vous avez dû avoir des "conversations... profondes", s'amuse encore Freya en ponctuant sa phrase de guillemets mimés entre ses doigts. Elliot sait pertinemment qu'elle n'est pas dupe, de toute façon, et qu'il vaut mieux éviter de la baratiner.
Dans la voiture, l'Écossaise fronce les sourcils en essayant de comprendre quelques mots, et le nom du bar conseillé par les moldus. Elle donne une dernière caresse affectueuse au chien avant de sortir sur le trottoir lorsqu'ils arrivent. Dehors, au moment où Elliot désigne l'enseigne du BaraGwin, un vendeur de jouets lumineux fait sursauter la sorcière en agitant sa balle sous son nez. Putain j'ai eu peur ! ...euh, non merci, refuse-t-elle poliment en secouant sa main devant l'homme tandis qu'ils s'engouffrent à l'intérieur du bistro. Immédiatement, ses yeux captent plusieurs personnes avec des verres à pieds remplis de liquide rubis ou légèrement doré. On va boire du vin français ! sourit Freya, enjouée à l'idée de tenir elle-même l'un de ces élégants verres. En un rien de temps, ils se font guider vers une table, cartes et menus tendus à chacun d'entre eux. Un groupe de clients plus agités que les autres lui rappelle l'ambiance d'un pub. Au fond de la salle, quelque-chose se prépare.
Sur un trépied, une tige, et au bout, un amplificateur sonore- un. Attends. un.. râh, souffle-t-elle, le mot oublié parmi sa liste de vocabulaire moldu. Des deux côtés, des blocs noirs bordés de lumières colorées, et à l'arrière, un écran où les pixels défilent pour donner le titre de musiques principalement en Français et un peu en Anglais. Y'a un concert ? elle questionne Elliot pendant que le groupe de clients bruyants est penché autour d'un classeur répertoriant des centaines de chansons du monde entier.
On revient déjà prendre leur commande. Du vin ? tente Freya, des picotements d'excitation et de chaleur aux joues, en posant son index en haut de la liste des boissons où un dessin de verre à pied donne le ton.
Après un échange hasardeux et quelques minutes d'attente, ils ont deux verres servis, le reste de la bouteille de blanc posée dans un seau à glaces près d'eux, et plusieurs petites assiettes sous les yeux, dont une avec 6 énormes escargots et une autre avec des huîtres. L'aînée Carter jette à Elliot un regard incertain. Bon. Elle se marre, soudain perplexe. On goûte le vin d'abord ? On trinque ? demande-t-elle en soulevant son verre comme - selon elle - une Française le ferait. Ses prunelles agrippent celles du brun, presque romantiques, et pile à cet instant, le crissement du micro trop proche de l'enceinte leur arrache une grimace de douleur. C'était quoi ça ?! s'inquiète-t-elle, avant de constater que personne n'a l'air paniqué. Au contraire, des applaudissements joyeux encouragent la femme qui vient de se placer derrière le micro. C'est une soirée karaoké.
Message publié le 15/12/2025 à 12:56
— T'en sais rien du tout ! Elliot 1 - Freya 0 ; elle tient pas l'alcool, certes, mais pour sa défense, elle a jamais eu franchement d'adolescence, et voir son père vomir du whisky pur feu en chialant l'absence de Kate Carter, c'était une entrée en matière assez rédhibitoire. Elle a fumé. Elle fume encore parfois ; d'ailleurs elle a même un pied de cannabis au milieu des autres plantes du jardin - cadeau de Colt après son séjour en van au 76 Grand-Rue. Le bocal rempli de têtes sèches traîne nonchalamment sur l'une des étagères de son placard, comme s'il s'agissait d'une simple réserve de cookies dans laquelle l'Écossaise pioche de temps en temps sa récompense en fin d'une rude semaine.
Sans transition, la sorcière lève deux sourcils dubitatifs à la défense du Gallois concernant sa solide réputation de séducteur frivole. Ouais tu sors jamais avec des filles pour leur physique, j'avais oublié, prétend faussement Freya, avant de se tourner légèrement et de coller sa main fermée contre ses lèvres, rieuse. Petra Frostwell ! elle tousse, évoquant l'une des apparitions d'Elliot en compagnie d'une mannequin américaine à la poitrine XXL, il y a même pas deux ans de ça. Pardon, j'ai un truc dans la gorge, continue-t-elle, toujours amusée.
Sa chaussure heurte un caillou qui cavale devant eux. Oh r'garde, c'est tout p'tit, si ça s'trouve c'est le cerveau de Petra, merde. L'aînée Carter se marre, chahutée par le batteur, jusqu'à ce qu'il fasse une vraie proposition de date : un date entièrement moldu, annoncé sur un ton digne d'Elliot Blackburn lorsqu'il a une idée costaud en tête. Elle fait rouler ses yeux. Le pire, c'est qu'tu crois que j'vais pas m'en sortir, c'est ça ? Elle ramasse le caillou en passant à côté, et l'enfonce dans sa poche. J'vais embarquer l'cerveau de Petra au cas où le mien suffise pas, annonce-t-elle le plus sérieusement du monde, ou presque, un sourire pinçant ses lèvres.
Et tandis qu'ils marchent au bord d'une route rythmée par le passage des voitures embarquant tous les promeneurs de retour du bout de la presqu'île, la rouquine en profite pour questionner le Gryffondor, à propos de la manière dont sont alimentés les réverbères éclairant leur trajet à cette distance du continent, de l'utilité des plaques d'immatriculation, ou encore des problèmes de réseau téléphonique qu'elle a rencontré en voyageant quelques semaines auparavant. Elle voit pas le temps défiler, mais Elliot décide qu'ils doivent faire du stop et Freya le prend comme l'épreuve numéro une de son date 100% moldu. Sans Magicobus j'imagine, commente-t-elle en se tournant vers la ribambelle d'automobiles.
Elle secoue sa main pour attirer le regard des conducteurs, et le joueur de quidditch lui rappelle qu'il faut tendre le pouce lorsqu'une, puis deux voitures se contentent de klaxonner joyeusement en passant devant eux. Tendre le pouce ? Ça paraît ridicule.
L'Écossaise jette un regard suspicieux à Elliot. Elle se sent bête, le pouce tendu.
Sauf qu'effectivement, le résultat est rapide. Une voiture moyenne s'arrête, et la vitre du côté passager s’abaisse pour révéler une quinquagénaire brune et souriante, et un homme du même âge au volant. Après quelques secondes d'un mélange de langue des signes et d'Anglais maladroit, les voici assis de chaque côté d'un gros chien poilu, mouillé, et très sociable, sur un fond de variété française. Bon bah tu vois, murmure la Poufsouffle en caressant l'animal qui lui lèche la joue, j'me suis débrouillée, nan ? Elle éloigne un peu le museau du chien, et observe l'intérieur de l'habitacle en se retenant d'avoir l'œil trop curieux. Un sapin suspendu au rétroviseur attire son attention - drôle d'objet de décoration.
Message publié le 13/12/2025 à 09:21
Elle a balayé les doutes du batteur d'un geste de la main, façon "laisse tomber", parce qu'elle sait qu'il va l'raconter à personne, mais elle devait s'entendre lui demander de rien dire, pour sa propre conscience à elle. Ouais, j'm'accroche à l'idée qu'il aura qu'du mieux maint'nant, ne s'rait-ce qu'une famille ; nous, les filles, Papa, même Horace et Bart. Ça compte. Et franchement il encaisse bien, il est résilient d'fou, ça rend les choses faciles, conclue Freya d'une moue approbatrice alors qu'Elliot termine d'ingérer la nouvelle, et d'avaler les Millions cola. La stigmatisation des personnes atteintes de lycanthropie dans le monde magique existe toujours, malheureusement, mais l'aînée avait la certitude que son ancien camarade de classe serait assez tolérant avec son nouveau petit frère pour pouvoir lui en parler ouvertement. Elle se sent soulagée de l'avoir fait.
L'esprit plus léger, elle laisse le Gryffondor la blottir contre lui, et fixe le coucher du soleil français, jusqu'à ce qu'il prétende qu'ils sont en date. Mh-mh. Silencieuse et écarlate, Freya retient un sourire con de fendre ses lèvres, et se retrouve avec une fossette en virgule au coin de la bouche, qu'elle camoufle finalement derrière une vieille répartie. Quoi t'as peur qu'elle te vole la vedette, ta meuf ? Franchement, on m'a dit qu'la bière dans les bars français, on dirait de la pisse de gobelin malade, c'est dommage de rater ça hein, plaisante-t-elle, les bras amoureusement passés autour de la taille d'Elliot, le temps qui file beaucoup trop vite au-dessus de leurs têtes, et aussi quelques mouettes.
Difficile de dire s'ils sont restés muets trois minutes ou trois quart d'heures après ça, mais l'océan a roulé un paquet de fois contre les rochers, et le soleil s'est noyé définitivement, et l'aînée Carter n'a pas décollé ses semelles d'un millimètre de celles des baskets du Gallois - entre nous, un exploit pour deux personnes habituellement remuantes comme eux. Alors le retour du bain de minuit transformé en bain de dix-neuf heures anime soudain la sorcière qui lève un sourcil. Mister Elliot Blackburn, va falloir repenser tes activités d'dates, là on dirait juste qu'tu cherches un prétexte pour m'foutre à poil, mais j'suis pas ce genre de fille, t'as remarqué, mh ? chantonne-t-elle, amusée malgré le fond de vérité derrière ses paroles. Parce qu'il est bel et bien ce genre de gars, à vouloir déshabiller des nanas avant même d'apprendre leur prénom, et qu'un tas de filles le font avec lui sans broncher, de toute façon. Tu proposes quoi en dehors de ça, en truc où on garde nos vêtements ? demande encore la rouquine, un sourire badin aux lèvres.
Elle se retient à peine de le dévorer des yeux, en vérité. Elle a envie de l'embrasser, de longer sa mâchoire, glisser dans son cou. Elle a envie qu'il la déshabille. Qu'il suive des chemins empruntés par ses propres mains, tellement de fois, en pensant à lui.