Harry Potter RPG

[En Cours]
Tendre ivresse Au comptoir, lundi 28 janvier 2126

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 29/01/2026 à 13:33

Manius est là ce soir, le jeune sorcier avait prévenu : à présent, il serait dans les parages, finies les expéditions, il fallait survivre à ces soirées à deux. Plus douces, peut-être, que par le passé. Pas assez, cependant, pour lui faire oublier la présence d’Emfield, autrefois affalé dans les mêmes pièces, marchant dans les mêmes couloirs, emprisonné dans les mêmes draps. Même, même, même, m’aime ?

 

Non.

 

Caecilia a pris pour habitude de fuir comme si, absente, elle ne pouvait pas faire de tort ou prendre la responsabilité d’une relation blessée. Fawley avait ses livres, ses questions, ses recherches, elle se sentait de trop, entre les bouts de papier, les mines froncées. Pourquoi l’avait-il choisie ? Puisque, après tout, c’était bien un choix, pour lui, pour elle peut-être aussi, qui n’avait pas saisi l’occasion du divorce. À moins que ça n’ait été qu’une fausse proposition, un nouveau piège pour mieux la garder.

 

Elle ne sait pas.

S’en fiche.

Claque cette putain de porte.

 

Encore le cœur, la tête trop occupée par des hommes médiocres, comme si elle n’était pas capable de penser, d’envisager autre chose que cet écartèlement permanent entre son cœur et son cœur aussi. Peut-être. Un peu. Aucune idée. Elle transplane, crac, loin de la demeure, proche d’une autre qui ravive d’anciens souvenirs. Pré-au-Lard, Les Trois Balais. Elle n’y trouvera pas Scott, plus Scott, mais des bribes de passé peut-être, des premiers baisers hors de l’enceinte du château, le ton qui monte, les caresses qui apaisent autour d’un verre. Ça la saisit quand elle passe la porte, ces fantômes étranges qui l’enveloppent dans une douleur apaisante. Elle connaît cet enfer, il la rassure.

 

Caecilia s’installe au comptoir, il lui faudra quelque chose de plus fort qu’une bièraubeurre pour tenir le coup. Elle pense à Emfield, à Manius encore, et cherche à les chasser tous les deux de son esprit, sans grands succès, l’estomac retourné, la poitrine en vrac. Qu’on l’aide à affronter cette soirée morne où Madame Fawley se retrouve encore esseulée dans un bar, loin de chez elle, avec cette horrible envie de fumer.

Isaya Bergame

Femme

35 ans

Sang-mêlé

Britannique

Gérante des Trois Balais
Inconscient de Service

Message publié le 01/02/2026 à 17:37

Les soirées se suivent et se ressemblent.

Le quotidien d'Isaya pulse sur un rythme similaire jour après jour.

Elle ne s'en plaint pas. Elle se plaint rarement. Même quand Rory continue de trouver des prétextes pour passer la voir ou lui écrire une lettre -faisant à moitié de l'auto-promotion pour son prochain livre médiocre. 

Médiocre.

Finalement, c'est un terme qui résume bien les heures qui s'enchaînent.

Pas dans le sens péjoratif. Dans le sens médian. Médiocre, moyen, médian. On ne s'y arrête pas. On laisse juste couler.

 

Ce soir, comme les autres, Erwan est en cuisine. Isaya assure en salle. Kelly vient de débaucher. Ils vont gérer à deux. Isaya aime bien Erwan. Il est toujours très volontaire, ne rechigne pas et raconte parfois ses date foireux avec des types que la jeune femme trouve peu recommandables. Elle se retient souvent de balancer un franchement, tu m'aurais demandé mon avis, je t'aurais dit de ne pas y aller. Parce qu'elle repense à sa propre vie sentimentale foireuse, à cet ex qui lui colle aux basques comme un vieux sparadrap et se dit qu'elle n'est finalement pas la mieux placée pour donner des leçons.

 

Ce soir, contrairement à d'autres, c'est plutôt calme.

Un couple assis une table et sont plus occupés à se dévorer des yeux qu'à dévorer le steak de dragon qu'Erwan leur a servi.

Un vieil homme tout seul devant sa bièraubeurre -Isaya soupçonne qu'il se soit endormi assis parce que sa chope ne se vide plus depuis un bon quart d'heure.

Un groupe d'amis qui jouent à la bataille explosive en descendant chope sur chope.

Et cette apparition.

Une jeune femme.

Qui s'installe au comptoir.

Dès qu'elle la voit, Isaya sent. Sent la lourdeur, le poids qui accroche les épaules et ne veut pas s'en aller. La tension qui donne envie de se mordre la lèvre jusqu'au sang pour ne pas exploser.

La jeune femme s'assoit.

Isaya, occupée un peu plus loin à ranger de la vaisselle, l'observe du coin de l'oeil. Elle ne lui saute pas dessus pour prendre sa commande. Elle a l'impression qu'elle a besoin d'espace. D'un moment de respiration. De cet instant suspendu où on peut enfin laisser de côté le fardeau, quel qu'il soit, et se dire je m'octroie un moment. Pour moi. Pour ne pas exploser. Pour ne pas virer folle.

Isaya essuie lentement quelques tasses. Pensive.

La jeune femme est toujours au comptoir. Elle lui paraît frêle. Presque fragile sous son masque juvénile.

 

Finalement, la gérante range ses dernières tasses, sèche ses mains dans son torchon et s'approche doucement de la nouvelle cliente.

Ce soir, elle ne l'aborde pas avec son sourire énergique et positif.

Ce soir, elle l'aborde en arrondissant les angles.

En enveloppant les mots d'un peu de douceur.

Elle ne sait pas pourquoi. Un instinct, sans doute. Qui lui dit qu'il vaut mieux préférer le calme enrobant de l'eau à l'étincelle pétillante du feu.

 

-Bonsoir. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir, ce soir ?

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 08/02/2026 à 14:28

Caecilia, le cœur un peu troublé, pas une nouveauté. Elle aurait dû la sentir, la fin, un dernier chapitre et puis

Et puis quoi ?

Son livre à elle s’arrête là, le dos de l’ouvrage se ferme pour la laisser plonger dans un autre néant au nom d’éternité. Pas la main de Prisca, celle de Quintus, celle de Manius qui pourraient retenir ce poignet-là. Méandre du désir, cimetières des rêves que l’on fait à deux.

 

Scott Emfield et ses drôles d’adieux.

 

Elle ne peut pas chasser de sa tête le regard mi-contrit, mi-lâche, la mine du traitre, du trompeur, du menteur. Quoi que Prisca en dise, elle ne voit que du rouge, partout, comme la maison qui avait accueilli le garçon, il y a déjà un siècle sans doute.

La couleur des infidèles, nuance d’un courage qui devait arriver trop tard pour briser les liens de leur histoire. Mais la jeune femme s’est trop projetée, à trop imaginé, seule à l’attendre, entre un mari et un amant absents, dédaignant, désirant. Alors, ces derniers jours, le réveil est brutal. Le travail n’occupe pas assez l’esprit, les jours de repos n’ont jamais été aussi longs.

Et ces soirées de merdre en face à face avec l’ennui et les maladresses du Fawley, qui cherche toujours à savoir si sa journée s’est bien passée. Non crétin, j’ai le cœur brisé.

 

La douceur du timbre d’une inconnue qui glisse jusqu’à ses tympans l’enveloppe de tendresse comme si elle pouvait lire en elle le récit du chagrin. Caecilia relève la tête, observe le visage humain comme si elle découvrait pour la première fois des traits semblables aux siens. Elle se rappelle brusquement, où elle est, ce qu’elle fait là, se redresse d’un mouvement un peu brusque, Eleftheria machinalement triturée dans sa main. Bonsoir, réponse en miroir par souci de politesse, une voix qui semble venir de si loin.

 

Plaisir. Ses yeux ne parviennent pas à se détacher d’un visage qu’elle doit pourtant déjà avoir entraperçu, qui lui dit malgré elle quelque chose. Un arrière-fond, le décor du théâtre de ses émotions. Je vais vous prendre un peu de douceur et d’espoir, plaisante-t-elle, ses yeux fichés dans ceux de la serveuse, non, un whisky Pur Feu s’il vous plait. Ces derniers temps, ses sourires ressemblent à s’y méprendre à des grimaces.

 

Vous me dites quelque chose, sourcils froncés, les pensées cherchent un souvenir auquel se raccrocher. À moins que ce ne soit qu’un moyen d’acheter encore quelques instants de sa présence à ses côtés. Éviter à tout prix la solitude devient donc son nouveau mantra, quitte à finir dans les bras d’un mari détesté. Triste réalité.

 

Et puis comme si elle n’avait pas déjà assez craqué : vous avez un endroit pour fumer ? La question la replonge dans ses jeunes années, quand, toujours scolarisée, elle n’avait pas encore commencé à se détruire la santé, si bien qu’elle ignore aujourd’hui si le lieu de prédilection de son adolescence a une place pour la femme déchue qu’elle est devenue. Quand est-ce que tout est définitivement parti en vrille ?

Isaya Bergame

Femme

35 ans

Sang-mêlé

Britannique

Gérante des Trois Balais
Inconscient de Service

Message publié le 21/02/2026 à 12:43

Lorsque le regard de la jeune femme se pose sur elle, Isaya se contente d'attendre patiemment. Sur le visage de la cliente, elle y lit une âme perdue dans les méandres de ses pensées, une envie de trouver un espace de respiration -ou de réparation ?

Son bonsoir est lointain mais poli. Une phrase si souvent dite, répétée, de façon machinale pour matcher avec les attentes sociales. On salue en retour, rien de plus normal. Mais la jeune femme est là sans forcément être là. Isaya aimerait demander ce qui tourne derrière ce front mais elle n'en fait rien. Etre intrusive n'est pas non plus socialement acceptable, surtout envers une parfaite inconnue.

Elle esquisse un sourire en coin lorsque la cliente demande un peu de douceur et d'espoir.

Ce n'est pas un sourire moqueur.

Ni sarcastique.

C'est un sourire doux.

Une sorte de reconnaissance muette.

Elle comprend. Un peu. L'envie d'une caresse réconfortante pour faire taire les pensées en boucle. Pour oublier, un temps, le bazar de sa propre vie. 

 

-Un whisky-pur-feu c'est un bon début pour un peu de douceur et d'espoir, se contente-t-elle de répondre en inclinant légèrement la tête sur le côté.

 

Puis elle désigne la terrasse : 

 

-Vous pouvez fumer dehors. Je vais vous préparer votre verre pendant ce temps-là. 

 

Elle adresse un dernier regard à la jeune femme et se détourne. Saisit un verre, le remplit généreusement.

Elle regarde le liquide ambré, pensive.

Elle se demande ce que peut fuir la jeune femme. Ce qui lui donne envie de venir chercher un peu de douceur et d'espoir dans un bar comme les Trois Balais. Les gens ont rarement une vie totalement facile. Il y a toujours des croûtes dérangeantes à gratter. Celles qui saignent quand on s'acharne trop mais qu'on ne peut s'empêcher de toujours gratter, comme une sorte de masochisme incompréhensible.

Isaya soupire. La jeune femme n'est pas vieille. Et déjà accablée par sa propre vie ? La gérante ne peut s'empêcher de se dire que tous ne sont pas vernis. 

 

Isaya revient vers le comptoir et pose un verre ainsi qu'une assiette surmontée d'une pâtisserie : 

 

-Cinamon roll, annonce-t-elle, spécialité d'Erwan, ajoute-t-elle en désignant d'un geste vague la porte vers la cuisine, où le jeune homme s'active. Offert par la maison. Disons que c'est la touche de douceur. Vous semblez en avoir besoin.