Homme
67 ans
Sang-mêlé
Français
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms :
- Nationalité : Français
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 17/02/2026 à 18:12
La silhouette longiligne d'Horace avait d'abord accompagné le groupe d'élèves, jusque l'apparition des habitations de Pré-Au-Lard au travers de la brume. Le concierge s'était alors effacé pour rejoindre une boutique familière, peuplée de têtes rousses. Prendre des nouvelles d'Owen Carter et de sa fille aînée faisait toujours partie de ses priorités dès lors qu'il pénétrait l'enceinte du village. De même que s'enquérir de la santé du petit Marley à l'approche de la prochaine pleine lune, dans six jours.
Il n'avait pratiquement pas vue les heures passer tandis que le déjeuner approchait, et il refusa la proposition des Carter de les accompagner : il n'était pas là en congé mais en mission d'accompagnement et de surveillance, une mission déjà trop longuement laissée de côté. Ils étaient certes trois adultes pour gérer la situation, mais une poignée d'adolescents avaient tôt fait de vous retourner tout un village. Il repère aisément certains d'entre eux, doit entrer dans les diverses échoppes pour en retrouver d'autres.
Finalement, la seule personne qu'il ne retrouve pas ne fait pas partie de la population étudiante : le professeur Ravental semble introuvable. Ce n'est qu'à l'intérieur de l'auberge des Trois-Balais qu'Horace trouve la réponse à ses questions, alors qu'on lui indique avoir vu l'homme, qui aurait été pris d'une fulgurante crise de foi et aurait chargé les tenanciers de tenir le reste du personnel au courant de sa retraite anticipée vers le château. Était-ce bien étonnant que de voir le botaniste fuir lâchement cette responsabilité dont il ne voulait initialement pas ?
- Je vois. Merci Miss Bergame. Bon.
D'une main, le concierge extirpe la vieille montre à gousset de la poche avant de son gilet, pour observer l'horaire. D'ici quelques minutes, si les élèves suivaient les règles imposées en début de journée, tous se retrouveraient autour d'une table pour un déjeuner généreusement offert par l'école.
- C'est cette table-ci ? Il demande avec politesse.
Son manteau ne tarde pas à envelopper le dossier de la chaise, puis il pianote du bout des doigts contre ce dernier. L'endroit est chaleureux, avec ses feux de cheminée ronflants et la musique par le gramophone installé contre un mur. Les clients se font rares, mais bientôt l'auberge accueillera une flopée d'étudiants sans doute bruyants, les poches pleines de choses plus inutiles les unes que les autres acquises dans les autres échoppes du village. Le moins de farces et attrapes possible, il fallait espérer.
HRP : Comme vous vous en doutez, Antonius Ravental quitte ce RP. Les élèves peuvent l'avoir vu quitter précipitamment Pré-Au-Lard en marchant d'une manière un peu étrange, grimaçant et maugréant dans sa barbe. Horace Milbourne et Adaline McBride, respectivement concierge et infirmière de Poudlard, sont vos deux adultes référents pour cette sortie, ils sont avec vous au village depuis le début de la journée. L'heure est venue de les retrouver pour le déjeuner aux Trois-Balais, après quoi vous aurez de nouveau quartier libre pour quelques heures RP !
Message publié le 11/02/2026 à 20:49
Pour la première fois depuis des années peut-être, la colère et la peur se mêlent dans le cœur d'Horace Milbourne. Sa confiance aveugle envers le directeur de Poudlard et l'ensemble des organisateurs du tournoi a été mise à rude épreuve. Elle est pour ainsi dire brisée depuis lors qu'Alison Carter a failli se faire sucer l'âme par le baiser d'un détraqueur : qui diable a eu une telle idée, alors même que le patronus n'est au programme ni des sixièmes, ni même des septièmes années ?
Pire, pourquoi avoir laissé le détraqueur aller si loin avant d'invoquer une défense quelconque ?
La peau moite et les lèvres pincées, Horace a du prendre son mal en patience tandis qu'il n'était possible de rien que d'attendre que les choses se déroulent en priant pour le mieux. Aux affres du désespoir injectés par l'abjecte créature se cumulait la vision d'horreur de la dépouille de Kate Carter, déchiquetée par des loup-garous et gisant au milieu des ruines pour tous les spectateurs. Cela, nul n'y pouvait rien, mais il ne faisait aucun doute que des séquelles resteraient.
Chez les minuscules élèves de premier et second cycle, chez les plus âgés aussi, mais surtout au sein de la famille Carter fraîchement endeuillé de l'exploratrice. Lui-même n'était pas parvenu à retenir quelques larmes. Alors, la victoire d'Alison le rend bien amer tandis qu'elle s'extirpe du labyrinthe blanche comme un cachet, les doigts encore tremblants et la posture qui se veut fière. Son regard coulisse dans la direction du de Woodcraft, qui ne semble guère s'inquiéter pour l'élève.
Elle représente l'école entière et vient de remporter la première épreuve du tournoi, mais à quel prix ?
Il n'a guère l'occasion de l'approcher alors qu'affluent le public, les journalistes, et les familles des champions sur le terrain. Rapidement rejoint par les Carter, il ne parvient pas à sourire alors que Freya le salue avec enthousiasme, et il cherche distraitement les alentours alors qu'elle demande après Bartholomew. Ils se sont perdus de vue en quittant les gradins. Son attention se reporte rapidement sur Owen, qui le questionne immédiatement.
- Non. Non Owen tu imagines bien que non, il assure, la voix blanche. Je ne comprends pas qu'ils aient fait un tel choix. Bart et moi on va en parler avec Harrison hein. Au département des Jeux et Sports Magiques aussi. C'est pas normal d'en arriver là, ce ne sont que des enfants !
Message publié le 09/02/2026 à 18:55
Plutôt que de répondre à sa question, Alison préfère renvoyer la balle à l'envoyeur. Horace se contente de continuer à la jauger. Elle a tôt fait de devancer toute réplique qu'il aurait pu énonce de toute manière, avant de faire résonner ses doutes au milieu du couloir.
- Ce que je crois n'a pas grande importance, l'homme avance avec sincérité, le regard dressé vers le bout du corridor. La seule personne capable de savoir ce que tu as dans le ventre, c'est toi. Mais si tu veux tout savoir, je pense que tu as toutes tes chances.
L'entendre dire ne résoudrait rien. Ni de sa bouche ni de celle d'un autre. En fait, Alison ne croirait jamais que ce qu'Alison voulait bien croire. De loin la plus obstinée des trois sœurs Carter - toutes l'étaient jusqu'à un certain niveau -, la cadette avait cette tendance absurde à guetter l'approbation d'autrui là où, dans le fond, elle ne saurait jamais l'accepter pour ce qu'elle est.
- Je serais terrifié, il admet finalement après un silence, haussant les épaules. N'importe qui d'un minimum sensé le serait. Ce n'est pas un évènement comme les autres. Mais tu l'as dit toi-même. La peur n'exclue pas la réussite. Tant qu'on ne la laisse pas nous paralyser.
De même que le stress précédent un examen pouvait être salutaire - la preuve que l'on s'implique réellement dans ses études -, ou ravageur - l'inéluctable poids qui plombera la note finale.
- Je crois que j'aurais besoin de savoir que je suis bien entouré, il termine avec attention, le visage tourné vers l'adolescente alors qu'il emprunte la volée de marches vers les cachots. Bien entouré, et supporté par des gens qui croient en moi, et qui m'aident à garder en tête que j'ai bien toutes mes chances. Il ponctue cette dernière phrase d'un clin d'œil.
Alison, selon lui, n'était pas véritablement bien entouré. Il n'était pas sans aviser les multiples entorses aux repas, l'isolation volontaire et de plus en plus régulière de la sorcière pendant comme en dehors de ceux-ci. Que pouvait-il y faire fondamentalement ? Pas grand chose si ce n'est veiller de loin, comme il l'a toujours fait.
Message publié le 06/02/2026 à 16:34
Comme souvent, Alison demeure fermée alors qu'elle annonce en avoir terminé, s'emploie déjà à ranger ses affaires en vue de quitter la pièce. Parfaitement silencieux, Horace l'observe avec un sentiment d'impuissance qui le prend souvent en présence de la cadette Carter.
Quelques farces suffisent à détendre Charlie. Faire poindre un sourire, puis un rire. La plupart des discussions sont volées dans les couloirs, sur les sentiers du parc, ou ceux qui la ramène à Pré-Au-Lard. Horace met un point d'honneur à régulièrement l'accompagner pour conserver ce lien précieux. Freya obtempère devant l'aide qu'ils apportent avec Bartholomew, sans jamais lui demander son avis. Elle se livre parfois pour peu qu'ils restent à dîner. Derrière la façade impossiblement forte et déterminée, une jeune femme parfois perdue qui se repose souvent sur eux car ils ont su s'imposer en points de repères stables et réguliers.
Alison cependant ? Alison n'offre sa confiance à personne, et surtout pas à celles et ceux qui l'ont vu grandir et évoluer. Isolée en dehors d'une poignée d'amies avec lesquelles elle semble passer de moins en moins de temps, elle ne semble plus avoir quiconque pour se confier.
- Alison ?
La voix d'Horace résonne dans la pièce vide, alors que l'étudiante s'apprête à rejoindre sa salle commune sans lui avoir adressé un seul mot. Le regard posé sur elle, il hausse un sourcil, ses mains croisées derrière le dos.
- Laisse moi te raccompagner tu veux ? Pour une fois que j'ai l'occasion d'un tête à tête avec toi.
Voilà des années qu'Horace ne croisait plus Alison qu'en coup de vent, ou cernée par d'autres élèves de sa classe. Il n'essaie pas de discuter alors qu'il marche à ses côtés, bien que ses yeux ne guettent occasionnellement l'étudiante à son côté. Elle ne semble pas décidée à parler, mais ça il s'y attendait.
- Tu avais l'air bien pensive, là-dedans. Est-ce que c'est la première épreuve qui t'inquiète ?
Message publié le 03/02/2026 à 10:13
- Monsieur Decker !
- Rmf.
- Bel argument. Néanmoins, je pense que vous savez pertinemment que votre présence dans les couloirs n'a plus lieu d'être si vous avez terminé votre exercice d'astronomie, comme je le présume... ?
- J'peux m'en cramer une dernière ? On vient d'finir, c'est juste avant d'dormir M'sieur Milbourne.
- Vous connaissez déjà la réponse à cette question.
- S'vous plait ?
- N'insistez pas. Vous avez déjà bénéficié d'un passe-droit pour la soirée, en plus d'un crochet en cuisine mh ? Horace affaisse légèrement la tête, les yeux fixés sur l'adolescent.
- Mf.
- Bonne nuit, Monsieur Decker.
Sourire satisfait hissé sur les lèvres, le concierge demeure parfaitement vertical tandis que le batteur s'éloigne en direction de sa Salle Commune, visiblement dépité. Il n'est pas sans savoir qu'il reste une autre élève dehors à cette heure, aussi se met-il en branle dès lors que la silhouette de Ferguson a bien disparu derrière le portrait d'entrée de Poufsouffle. Une poignée de minutes suffisent à lui permettre de trouver la salle d'études dans laquelle il sait s'être réfugiés les étudiants tout à l'heure, et son regard se poste sur la cadette Carter.
Plutôt que d'attirer son attention, il s'affaisse légèrement contre le chambranle de la porte et l'observe, bras croisés. Pour avoir vu grandir Alison, Horace ne peut nier l'attachement qui le lie à l'adolescente, et l'inquiétude qui le travaille depuis que l'adolescente a été choisi pour représenter Poudlard. Des trois sœurs, elle est celle qui communique le moins, et celle dont il a le plus de mal à comprendre le mode de pensée. Freya a su porter sa famille a bout de bras, Charlie s'est réfugiée dans l'imaginaire, tandis qu'Alison se construisait une carapace si épaisse que nul ne semblait plus pouvoir la percer.
- Mademoiselle Carter, Horace s'annonce enfin, décroisant les bras pour approcher l'adolescente. La mission semble rondement menée. Êtes-vous prête à rejoindre votre dortoir pour un sommeil amplement mérité ? À moins que vous ne comptiez vous épuiser à l'études tout le reste de la nuit, ce que je déconseille fortement.
De près, le visage d'Alison semble las. Fatigué par un stress qu'elle doit sans aucun doute au retour de son père, mais aussi à sa nomination au tournoi, autant qu'aux ASPIC qui se manifesteront dès la fin de l'année prochaine. Horace demeure force tranquille alors qu'il remet en place une chaise, et laisse à la championne de Poudlard tout le temps de s'exprimer.
Message publié le 02/02/2026 à 10:38
La silhouette tranquille d'Horace semble presque errer dans les couloirs alors qu'il butine d'un tableau à un autre, certains lui faisant la conversation tandis qu'ils l'orientent vers le jeune Fawley. Il faut plusieurs longues minutes avant que le concierge ne trouve le concerné, à peine extirpé de la salle des trophées.
- Ah ! Monsieur Fawley. J'ai cru vous avoir égaré !
Harrison était homme à trop s'inquiéter, selon lui. Manius avait été élève entre ces murs, et ne représentait guère la moindre menace à se promener dans l'école qui fut la sienne. Les circonstances se prêtaient cependant à la prudence. Il va de soi que le ministère n'apprécierait pas le moindre relâchement de la part du personnel de Poudlard alors qu'ils se faisaient l'hôte d'un évènement aussi important que le tournoi des Trois-Sorciers.
- Un élan de nostalgie peut-être ? Horace avance, le regard complice et les lèvres étirées dans un sourire sincère. Malheureusement les règles se font plus strictes cette année, au sujet des allers et venues dans les couloirs. Même pour des visiteurs aussi agréables que vous ! Comment s'est passé votre rendez-vous avec le directeur Woodcraft ?
Tout en discutant, le concierge raccompagne l'ancien élève - un ancien élève de Poufsouffle qui plus est, autant vous dire qu'Horace est plutôt attristé d'apprendre qu'il n'aura pas le poste pour lequel il venait postuler. Bientôt les deux hommes atteignent le hall, passent les larges portes du château pour remonter le sentier sinuant au travers du parc. Jusqu'aux grilles, Horace poursuit la conversation avec la vigueur qu'on lui connait, enthousiasmé d'apprendre ce que devient cet élève qui, autrefois, fut tout à fait brillant.
- Une prochaine fois pourra être la bonne, Manius. Ne jamais désespérer ! Passez une excellente fin de journée, et passez le bonjour à votre femme !
Message publié le 20/01/2026 à 14:26
- Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit ! Cite Horace en pointant un index contre sa tempe, le sourire large et les yeux brillants. Allez, va. Par Merlin. J'en ai oublié Monsieur Fawley. Il a bien du terminer son entretien maintenant !
Oliver détale tandis qu'Horace extirpe sa montre à gousset de sa poche pour en observer les mouvements d'aiguilles. Certes. C'était même certain. Voilà plus d'une heure qu'Horace avait récupéré Manius devant les grilles de Poudlard pour l'escorter jusqu'au bureau du directeur. Il avait été amusant de revoir l'homme, qu'il avait connu gamin - pas plus haut qu'Oliver finalement. Le pas souple et les lèvres sifflotantes, Horace grimpe les étages afin de se rendre à l'entrée marquée par une gargouille, qu'il trouve vide.
- Mh. Peut-être pas, alors.
La gargouille, pourtant, s'ouvre, sur nul autre que Harrison Woodcraft. Définitivement seul.
- Qu'en est-il du jeune Fawley, il n'est pas avec vous ?
- Comment ça Horace, bien sûr que non, nous avons fini l'entretien il y a bien quinze minutes, je pensais que vous l'aviez escorté jusque la sortie !
- Oh. Je vois. J'ai été... le devoir m'a appelé, mais certainement qu'il ne doit pas être loin.
- Vous pensez ?
L'air circonspect du directeur fait légèrement rire Horace.
- Allons, allons, Manius ne représente pas un danger pour cette école. Mais j'admets que j'aurais du faire preuve de davantage de vigilance. Je vais le trouver très rapidement, je vous assure. Il doit avoir été pris d'un élan de nostalgie !
- Vous lui signifierez qu'un tel élan n'est pas forcément bienvenue s'il n'y a pas été invité, Horace. Nous avons des délégations étrangères au château, et suffisamment de journalistes qui n'attendent que nous pondre un article sur d'éventuelles défaillances de sécurité, dois-je vous le rappeler ?
- Non, non je sais bien, Harrison. Je vais le trouver d'accord ?
Les vêtements criards jurent terriblement avec l'uniforme sobre et élégant du directeur. Aussitôt, le concierge se met en marche, en quête de Fawley, questionnant les tableaux sur son passage, qui lui pointe la bonne direction les uns après les autres.
Horace Milbourne débarquera bientôt pour escorter Manius Fawley vers la sortie (mais il tapera probablement la discute). Je laisse toutefois un laps de temps d'une vingtaine de minutes RP avant qu'il n'arrive afin de vous permettre d'échanger un peu ! Au vu des circonstances, les membres du personnel ne laisseraient pas un sorcier adulte sans surveillance errer dans le collège :p
Message publié le 23/11/2025 à 14:52
L’air de septembre était doux, parfumé des premières senteurs automnales. Horace rabattit le col de sa cape prune - moins par frisson que par habitude - tandis qu’il descendait la rue principale de Pré-au-Lard, son pas oscillant d’un pavé à l’autre, mains jointes dans le dos, l’œil alerte. Il sortait tout juste de chez les Carter. Sa rencontre avec Freya lui avait réchauffé le cœur. Revenue de ses vacances- elle avait parlé de falaises, de petits ports de pêche et d’un troquet où le jus de citrouille se servait dans des coquilles de coco -, elle avait retrouvé sa maison, sa boutique… et ses soucis, sans doute.
Horace ne lui avait pas demandé de détails et s'était contenté de la saveur de son sourire, franc et sincère. Ce qui l’avait vraiment surpris, c’était l’objet qu’elle avait sorti de sa poche. Un téléphone portable. Un vrai, complètement moldu. Freya Carter, en possession d’un tel engin. Il n’en revenait toujours pas. Pour Marley, avait-elle dit. Il faut bien que j’apprenne à vivre dans son monde aussi. Touché. Amusé, emballé, même, l lui avait proposé de chercher une solution pour la recharge - elle avait bien une batterie externe, mais pas de prise. Il ignorait encore comment, mais il trouverait.
Sa visite aux Trois-Balais avait été brève et efficace. Là-bas, on était toujours friand de spectacle. Sa prestation de Sir Salomon J. Van Der Wickensworth III du Duché de Catzbury de l'an dernier jouait en sa faveur, et on lui avait proposé le créneau du samedi soir. Deux heures de scène, avec autorisation de faire participer les étudiants du WAC. Un sans-faute ! C’est donc la Tête-de-Sanglier qui restait. L'affaire allait être toute autre, bien qu'Horace ne se fasse guère de souci quant au résultat de son argumentaire. Ce n'est pour rien qu'il se faisait porte-parole des Blue Biscottes dès lors qu'on lui en laissait l'occasion.
Il poussa la porte grinçante du troquet. L’odeur familière de bière, de vieille laine humide et de bois brûlé lui piqua les narines. La lumière était plus faible, plus tamisée. Une cheminée bâillait paresseusement dans le fond. Quelques habitués levèrent à peine les yeux de leur chope en le voyant entrer. Horace ne s’en formalisa pas. Il avait l’habitude de jouer devant plus récalcitrant que ça.
Il se fraya un chemin jusqu’au comptoir, où un grand type à la barbe en jachère rinçait lentement un verre.
- Bonjour l’ami, lança Horace avec ce ton aimable et enjoué qui masquait toute tentative d’analyse. Vous pensez qu’il serait possible d’échanger deux mots avec le responsable ? J’ai une proposition à lui faire qui pourrait bien... secouer un peu les murs.
Le barman le regarda de travers, puis haussa une épaule en direction du fond de la salle.
- Si c’est pour du théâtre, je vous arrête tout de suite. Les clients d’ici veulent pas entendre parler de tragédie shakespirienne pendant qu’ils descendent leur hydromel.
Horace sourit.
- Pas de panique. Pas de vers, pas de rimes. Juste un peu d’impro. Des sketchs absurdes. Et quelques élèves de Poudlard pour en profiter, et participer selon leur bon vouloir !
Un grognement retentit quelque part à gauche. Un vieux sorcier à la gueule rougie par les pintes aboya :
- J’espère que vos mômes savent ce que c’est que fermer leur clapet. Parce que si c’est pour brailler comme à la fête du village…
- … ils seront là pour jouer, pas pour brailler, assura Horace, avec un clin d’œil. Promis. Les Blue Biscottes sont des professionnels. Et moi… leur directeur artistique en chef, fondateur et unique costumier !
Quelques ricanements, une ou deux tapes sur la table. Un autre client - une femme au regard perçant et au furet endormi sur l’épaule - leva son verre.
— Si c’est aussi bon que l’année dernière aux Trois-Balais, moi j’dis banco. Le vieux en robe bleue avec la perruque de juge, c’était vous ?
- Salomon J. Van Der Wickensworth. En chair, en os, et en dentelle, répondit Horace en s’inclinant.
Elle leva son verre plus haut, et d'autres suivirent. Il quitta l’établissement une bonne demi-heure plus tard, le contrat verbal en poche, et l’impression agréable d’avoir planté une nouvelle graine. Il espérait pouvoir mêler élèves et habitués pour cette soirée-là. Peut-être même Marley, s’il en avait l’envie. Il faudrait en reparler à Owen. Peut-être à Freya aussi. Il y avait des sourires à semer. Des ponts à créer. Des étoiles à allumer !
La petite Carter et son géant de père
Message publié le 18/11/2025 à 11:10
Le regard d'Horace coulisse sur le décor chaotique de la pièce de vie des Carter, se remémorant une époque lointaine où Freya n'arrivait qu'à hauteur de sa cuisse, et déclenchait ses premiers pouvoirs magiques. Sa tête balance doucement, acquiesçant tandis qu'il se souvient :
- Ah. Oui. Oui tu m'avais appelé en urgence ! Il rit alors qu'il revoit le visage à demi-paniqué du colosse, et la frimousse d'une Freya aussi terrifiée qu'émerveillée, accrochée aux bras de son père. Ça remonte.
L'absence de Kate ne lui avait pas semblé particulièrement notoire, sans doute parce qu'il n'était autrement pas rare que la sorcière soit par monts et par vaux déjà à cette époque. Son sourire s'efface cependant devant la tristesse d'Owen, et la réalité d'aujourd'hui. L'homme ne réalisait pas, sans doute, dire tout et son contraire. Que l'objet l'a rendu fou. Qu'il ne l'était pas, puisqu'il a trouvé son fils.
À présent que Marley a trouvé son foyer, est-ce que le médaillon continue de lui faire effet ?
- Tu devrais quand même laisser Bart y jeter un œil. Au cas où, Horace affirme. Qu'on sache exactement ce que c'est. Ce n'est pas parce qu'il t'a permis de trouver ton fils que cela en fait quelque chose d'inoffensif, Owen.
Nul ne saurait sous-estimer un artefact magique inconnu provenu de contrées lointaines, encore moins sous le même toit que des enfants. C'était une nécessité à laquelle Horace ne dérogerait pas, pour être le gardien d'au moins trois-cent autres au château, un lieu pourtant parmi les plus sécurisés du pays.
- Tu ne gâches rien, il ajoute en décroisant les jambes, bienheureux. Bart est fidèle à lui-même. Brillant, et fantastique. Quant à moi, je me porte comme un charme. Nous avons de nouvelles responsabilités à Poudlard, tous les deux, depuis l'année dernière. Horace s'avance un peu sous l'excitation : le personnel de l'école - du moins une belle majorité - s'est lancé dans la fondation d'un club. Le Wizard Adventure Club. Bien des choses ont été mises en place par ce biais, et notamment des cours de théâtre que je donne une fois la semaine ! Bart donne des cours de danse, et de langue.
Horace, joyeux, résume les affaires du WAC avec la passion qui l'anime depuis sa création, visiblement très impliqué dans ce projet qu'il considère tout à fait extraordinaire et nécessaire à la vie de l'école.
La petite Carter et son géant de père
Message publié le 15/11/2025 à 18:40
Le capharnaüm que représente la chambre de Charlie ne manque jamais de faire sourire Horace tendrement. Plus imaginative que ses deux aînées, la sorcière ne manque pas de surprendre par une créativité incroyable qui se retrouve dans chaque recoin de l'habitation Carter, et majoritairement dans celui où elle dort. Chose notable cependant : le sol est désormais couvert d'un matelas, probablement destiné au petit dernier de la fratrie, qui ne semble pas avoir de chambre à lui.
- Bonsoir, s'annonce Horace en toquant une porte imaginaire, glissant un regard à l'intérieur de la pièce.
Lorsque Charlie était plus jeune, elle forçait quiconque voulait entrer dans sa chambre à user d'un mot de passe énigmatique qui changeait au jugé de la personne invitée, cherchant à imiter l'aigle gardant la salle commune de la maison devenue la sienne à Poudlard. Blottis côte à côte à l'intérieur du lit de Charlie, Marley et elle sont visiblement en plein voyage, la sorcière montrant plusieurs photo d'un lourd album narrant les aventures de Kate. Son frère semble sur le point de s'assoupir.
La voix basse, adaptée à l'heure tardive et au calme régnant dans la pièce, Horace s'avance et vient choir auprès des deux enfants, ses vieux genoux fléchis à l'extrême. Il pose un doigt sur ses lèvres et fait un signe de main discret pour indiquer à Charlie de ne pas s'interrompre. L'histoire est tout à fait prenante. Certes enjolivée par la benjamine, Horace la sait basée sur de véritables anecdotes contées par Kate elle-même, ou par son époux lors de certains dîners ou célébrations.
- J'adore celle-ci, il commente en pointant du doigt une photographie nocturne, Kate baignée dans les lueurs d'une lune pleine et rayonnante.
Marley s'est légèrement éveillé à l'arrivée d'Horace, et lorsque ce dernier lui propose de lui montrer un tour de magie pour allumer quelques étoiles, le petit semble tout à fait captivé. Charlie, elle, est encore trop jeune pour connaitre ce sortilège, ou même savoir le lancer. Extirpant sa baguette de la poche de son veston, Horace formule, alors que son poignet aborde un geste simple et courbe dans l'air :
- Speculum Caelestium
Horace parvient à réaliser un piètre dôme où poussent quelques étoiles sans doute similaire à ce que le ciel devrait représenter ce soir, s'il n'était pas couvert de nuages. Ce n'est pas si impressionnant pour quiconque connait ce sortilège et le pratique, mais c'est amplement suffisant pour des yeux d'enfants.
Il prend le temps de leur souhaiter une belle nuit avant de quitter les lieux en silence, pour rejoindre Owen. Immédiatement intrigué par ce que lui montre son ami, Horace saisit le bijou afin de l'observer de plus près. S'il est vrai qu'il a beaucoup bourlinguer dans sa vie, il n'a cependant jamais mis les pieds au Brésil, et ne connait guère l'existence des Lacrymors. Est-ce une magie noire, pour qu'elle continue d'appeler Owen bien après la mort de Kate, au travers de son fils caché ?
- Mmmh. Pensif, il repose l'objet avant d'accrocher le regard du géant : Tu veux dire que ce serait ce qui t'as poussé à partir ? Sans jamais regarder en arrière, n'ajoute t-il pas. Je pense que tu devrais t'en débarrasser, il ajoute finalement. Je veux dire, tu as trouvé Marley. Kate... Kate ne serait plus ce mystère insondable. De ce que tu me raconte... ça a l'air d'être un artefact puissant et dangereux, peut-être que tu ne devrais pas le garder sous le même toit que tes enfants. Peut-être aurait-il sa place ailleurs ? Au ministère, dans un musée, pourquoi pas.
Horace Milbourne a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Patrocuite !
- Sortilège
- Miroir céleste
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 4
- Interprétation
- Échec
- XP gagnée
- 3
Horace parvient à réaliser un piètre dôme où poussent quelques étoiles sans doute similaire à ce que le ciel devrait représenter ce soir, s'il n'était pas couvert de nuages. Ce n'est pas si impressionnant pour quiconque connait ce sortilège et le pratique, mais c'est amplement suffisant pour des yeux d'enfants.
Autres résultats possibles
Horace parvient plus brillamment qu'il ne l'aurait cru à réaliser le dôme d'un autre temps, d'un autre lieu, aussi lointain que les photos de Kate Carter au Tibet. Les étoiles se déploient dans un ciel nocturne saisissant, en trois dimensions, qui semble ravir les deux gamins.
Horace parvient à réaliser le dôme d'un autre temps, d'un autre lieu, plutôt similaire à certaines des plus belles nuits qu'il ait connu à Poudlard. Les étoiles se déploient dans un ciel nocturne saisissant, en trois dimensions, qui semble ravir les deux gamins.
Horace parvient à illuminer la chambre d'une poignée d'étoiles qui n'ont sans doute rien de bien réalistes et qui n'ont jamais existé. Un échec invisible aux yeux des enfants qui ne connaissent guère ce sortilège, ou pas assez en ce qui concerne Charlie, pour réaliser son résultat médiocre.
Message publié le 13/11/2025 à 10:25
Égoïste ? Non. Owen n'a rien d'un égoïste. Pas aux yeux d'Horace, qui l'a vu sombrer au plus bas, avant son départ que tous ont finalement pensé définitif. À présent, le géant est là et prêt à se battre pour la sécurité de ses filles, et c'est bien tout ce qu'il existe de plus naturel. Un dévouement aveugle qu'il ne pense pas dans son propre intérêt, mais dans celui d'Alison. Certes, l'adolescente ne le verrait jamais comme cela. Une douceur voile le regard d'Horace, qui, soulagé d'avoir enfin fait entendre raison à Owen, échappe un soupir soulagé.
- Appelle moi encore mon vieux tiens, le taquine le concierge, faussement outragé.
Rassuré de voir le géant prendre du recul sur la situation et décider d'entamer une véritable discussion en toute connaissance de cause, Horace fait un pas vers l'entrée du bureau du directeur.
- Oh, je crois que ça fait belle lurette que le mot de passe n'est plus Bavboule cotonneuse, mon vieux. Plusieurs longues années.
Malicieux, il prononce le mot de passe véritable, laissant s'ouvrir le passage menant à l'intérieur. Il l'accompagne, bien sûr, et au devant de la porte toque trois fois de rang et patiente le temps que l'homme, à l'intérieur, donne son aval pour les faire entrer. Sitôt à l'intérieur, il adresse un sourire large au directeur Woodcraft, un regard d'excuse, ainsi qu'un signe de main présentant le gigantesque parent d'élève déplacé pour l'occasion, et sans la moindre prise de rendez-vous :
- Harrison, pardonnez-moi, je n'ai rien pu faire pour retenir Monsieur Carter de pénétrer dans l'école. Il faut croire que gardien de Quidditch n'est pas ma vocation. Je crains qu'il nécessite une entrevue au sujet de sa fille, et de sa participation au tournoi des Trois-Sorciers. Ses yeux s'accrochent à ceux du directeur avec insistance. Quelques clarifications quant aux sécurités mises en place. Ce genre de chose. Je vous laisse entre vous. Puis, tourné vers son ami, il lui serre brièvement un bras de sa main : Owen. N'hésite pas à me retrouver pour que je te raccompagne tout à l'heure.
Message publié le 12/11/2025 à 15:33
Sûr ? Non. Horace n'est pas sûr. Personne n'est jamais sûr. Les garanties n'existent pas, ni dans ce monde ni dans un autre. L'existence de la famille Carter est ponctuée de bonnes comme de mauvaises surprises, et toutes auront eu leur lot de conséquences sur l'ensemble de ses membres, ainsi que sur leur entourage proche. Owen, semble t-il, ne garde en mémoire que les pires, et avec elles, l'assurance que le malheur continuera de s'abattre sur lui et ses enfants.
Horace pousse un soupir las. Son regard balaie le corridor alors qu'il cherche ses mots. Ne les trouve guère. Habituellement, ils s'écoulent pourtant sans qu'il n'ait réellement besoin d'y réfléchir. Lorsqu'enfin son attention se reporte sur Owen, il a un ton grave qu'il n'adopte que rarement, et une certaine fatigue qui creuse des sillons sur son visage soixantenaire.
- Tu n'es pas un connard. Tu es quelqu'un de bon à qui il est arrivé de mauvaises choses Owen. Mais ta vie, celle de tes filles, ou même de Marley, ne peut pas se résumer à cela. Est-ce qu'il n'y avait aucun risque à rejoindre un club de Quidditch professionnel, à l'âge de quinze ans ? Vivre dans la peur constante qu'il arrive quelque d'horrible c'est oublier de vivre. Tu es bien placé pour le savoir. La chance tourne, Owen, tu dois la laisser à tes filles lorsqu'elle se présente, comme tu as pu en profiter dans ta jeunesse !
Nul ne savait ce que Kate aurait dit, si elle s'était trouvé là. Voilà bien longtemps que sa voix s'était éteinte, et que les décisions revenaient à Owen et lui seul, en ce qui concernait ses trois filles. Owen avait cependant sombré, et laissé sa place à Freya. Une Freya plus semblable à sa mère qu'elle ne se l'imaginait sûrement, et qui concédait à la participation d'Alison au tournoi. Est-ce qu'Owen voulait vraiment entrer en conflit direct avec l'une et l'autre de ses filles ?
Interdire quelque chose qui pourrait s'avérer être un véritable tremplin pour Alison, et qui ne se présenterait qu'une fois dans une vie ?
- Entre pas là-dedans comme un bulldozer. Réfléchis à ce que je t'ai dis : Alison a seize ans. L'âge que t'avais quand t'as pris la décision la plus importante de ta vie, et l'âge qu'avait Freya quand elle a commencé à devoir prendre le relais à l'OCQ, chez vous. Pourquoi Alison serait pas tout aussi capable de gérer ce pourquoi elle s'est engagé complètement volontairement ? C'est plus une enfant Owen. C'est plus une enfant.
La petite Carter et son géant de père
Message publié le 12/11/2025 à 15:11
Elle fait ce qu'elle veut, tant pis, assure Owen dans un soupir las. Horace, bien sûr, n'est pas dupe. La douleur de l'ancien poursuiveur est palpable. La cadette Carter ne s'est pas attendrie avec les années, et le retour de son père n'a visiblement rien fait pour arranger les choses. Quid de sa réaction à la nouvelle de l'existence de Marley ? Pas un mot à ce sujet de la part du géant, qui semble ravaler rancœur, doutes et regrets derrière un masque d'indifférence bougonne, ciselé d'amertume.
Gravement, le concierge hoche la tête alors qu'Owen s'épanche sur l'aînée, plus débrouillarde, qui a su reprendre les rênes alors qu'il chutait dans la dépression, l'alcoolisme, et l'incertitude. À quinze ans à peine, Freya a montré une maturité exemplaire, au détriment d'une adolescence perdue a jamais. La sorcière n'avait guère eu le choix, et bien qu'Owen ne l'énonce pas de vive voix, Horace devinait qu'il s'en voulait pour la façon dont les choses s'étaient déroulées.
- C'est une jeune femme particulièrement remarquable. Elle a hérité de ta force de caractère, et de la résilience de Kate, il affirme à demi-voix. Tout comme Alison a hérité de ton ambition, et d'une obstination à toute épreuve.
C'est en la cadette Carter que l'on retrouve son père, et de la manière la plus saisissante qui soit.
- Elles ont tout autant besoin de toi que toi d'elles, Horace conclut en accrochant le regard d'Owen. Toutes autant qu'elles sont.
Y compris Alison, quand bien même elle clamerait le contraire. Davantage que les deux autres peut-être. Sa virulence n'était due qu'à la blessure profonde que son père lui avait infligé en les quittant au pire instant, à un âge où elle aurait, plus que jamais, eu besoin de son père à ses côtés.
__
- Oh, réplique Horace en haussant les sourcils alors qu'Owen lui énonce être déjà en contact avec Daryl. C'est un homme très bien. Et un excellent professeur, il affirme en étirant l'ombre d'un sourire.
Un silence s'installe entre les deux hommes, de ces silences confortables que l'on ne dessine qu'entre amis de longue date. Il n'est froissé que par le tictac incessant de l'horloge, accroché dans la cuisine des Carter. Ses aiguilles demeurent pourtant immobiles, pointées dans des directions diverses en dehors de celles de Charlie et d'Owen. Il en manque une à l'effigie de Marley, et Horace en prend une note mentale alors qu'il s'humecte les lèvres.
- Le lancement de l'OCQ 500 est un immense succès. Freya a fait un travail incroyable. Toute l'équipe, d'ailleurs. Tu sais je pense qu'elle n'a pas choisie de prendre la relève, mais on ne peut pas dire qu'elle ait l'air de le regretter. En fait, je crois que c'est un emploi qu'elle adore, et pour lequel elle s'investie énormément.
La passion de la sorcière n'échappait à personne, Owen pouvait au moins se sentir fier de cela. Horace enchaine alors, décidant de conter les aventures de l'année dernière. Les quelques anecdotes de couloir volées aux tableaux et fantômes du château au sujet d'Alison ou de Charlie. Owen a manqué beaucoup de choses, et Horace met un point d'honneur à lui dresser le portrait le plus fidèle possible des épisodes les plus cocasses, ou les plus marquants. Enfin, alors que la soirée s'avance et que la nuit voile les étoiles sous un brouillard épais :
- Je devrais sans doute aller saluer Charlie avant qu'elle ne s'endorme. Et Marley.
La petite Carter et son géant de père
Message publié le 10/11/2025 à 19:20
Horace n'aurait certes pas comparé les expatriés ukrainiens et russes aux délégations étrangères qui viendraient prochainement les visiter, mais l'on ne manquait jamais compter sur Charlie pour ce genre d'innocente analogie. Il ignorait que la benjamine Carter passait du temps avec l'un ou l'autre élève extirpé des pays en guerre qui leur avaient confié leurs enfants. Ces derniers ne se mêlaient pas vraiment aux autres, et certains cas très particuliers ayant participé aux combats faisaient l'objet d'une surveillance étroite de la part du personnel de l'école, comme ce jeune Schevchen capable de se métamorphoser en véritable prédateur, ou le pauvre petit Polyanski, réduit à l'état d'arme magique, et voué à une mort certaine.
- Je suis curieux de savoir si certains de ces élèves comptent participer au tournoi. Au moins se sentiront-ils moins seuls à fouler le sol d'une école qui n'est pas la leur, dans un pays tout à fait étranger, Horace énonce d'une voix tranquille.
Il avait à cœur bien sûr, la bonne entente entre tous, et davantage encore le bien-être de ces gamins qui s'étaient retrouvés arrachés à leur famille. Le tournoi pourrait se montrer fédérateur, motif de discussions et de nouvelles amitiés, mais il pourrait tout aussi bien faire naitre des tensions et raviver des hostilités qui ne tendaient à se tasser que depuis quelques semaines. Acquiesçant chaleureusement à l'encontre de Charlie et du petit Marley, Horace se tourne pleinement vers son ami sitôt qu'ils se retrouvent en tête à tête, l'air soudain plus grave, démuni de son éclat de malice habituel. C'est d'un œil acéré qu'il suit les mouvements d'Owen alors qu'il se sert le fond d'un verre, ainsi qu'à lui.
Aux remontrances, il préfère le silence, armé de patience.
Sa longue main se resserre autour du contenant alors qu'il s'installe auprès du géant, et prête une oreille attentive à son histoire. Une histoire terrible. Sombre et violente. Un simple bien approbateur s'échappe de ses lèvres alors qu'Owen admet ne plus boire, et Horace, d'un geste simple, éloigne son propre verre pour le poser auprès du premier. Par sympathie, mais aussi parce qu'il n'est guère homme à festoyer sans être accompagné. La nouvelle de la lycanthropie de Marley le fige dans son fauteuil, et lui fait courir un frisson le long de sa colonne vertébrale. Humidifiant ses lèvres, un pli soucieux creusé sur son large front, Horace pousse un soupir pénible, las.
- Par Merlin, Owen.
De nombreuses questions fusent, auxquelles ne font écho que bien peu de réponses. Le périple du géant l'a finalement trouvé fort bredouille, en dehors d'un fils à la fois maudit et miraculeux. Marley vient compléter une famille ayant vécu déjà bien trop de malheurs, mais qui continue de les cumuler. Loup-garou. Cracmol. À peine éduqué. Cela ne s'arrêtait-il donc jamais ? Freya était-elle seulement partie en vacances, ou avait-elle fuit une situation qui venait brutalement la submerger ? Horace, pensif, laisse courir un doigt sur le bord de son verre, intact.
- Charlie a l'air de bien prendre les choses. Alison ? Freya ?
Au moins le jeune Marley avait finalement trouvé sa demeure, le reste de sa famille, et avec elle le confort et la sécurité. S'il était effectivement surveillé par le ministère et plusieurs membres du personnel de Sainte Mangouste, il n'y avait aucun souci à ce faire. Mais il parait évident que les choses ne seront pas simples. Au bouleversement d'un nouveau membre de la fratrie s'ajoute deux problématiques de taille. Au-delà de gérer un enfant qui n'a aucun pouvoir au cœur même d'un village pleinement sorcier, il s'agit de gérer un enfant qui, chaque pleine lune, se métamorphose en bête sauvage incontrôlable.
- Nous avons un professeur à Poudlard, qui est également atteint de lycanthropie. Peut-être qu'il serait bon que Marley le rencontre. Pour avoir quelqu'un a qui parler ? Tu sais que tu peux me demander n'importe quoi Owen, à moi comme à Bart. On a toujours été pour toi, pour les filles, et on sera là pour le p'tit aussi. Pour quoi qu'ce soit.
Message publié le 10/11/2025 à 15:20
Horace s'abstient de commentaire, son pas tâchant de se calquer sur celui d'Owen Carter et ses enjambées géantes. Bien sûr que non, l'homme n'aura jamais vu l'ombre d'un courrier. Ce n'est pas comme s'il avait été présent pour la rentrée précédente, alors qu'Alison apprenait l'arrivée prochaine du tournoi des Trois-Sorciers à Poudlard, et annonçait son désir d'y participer. Ce n'est pas comme s'il avait participé aux débats, houleux, des sœurs Carter, résultant à la concession de Freya envers Alison. Ce n'est pas comme s'il avait la moindre idée du travail amorcée par sa cadette en préparation du tournoi, ou des moyens mis en œuvres pour que ce dernier se déroule en toute sécurité.
Il y avait eu des réunions, impliquant des parents d'élèves, des professeurs, le directeur.
Il y avait eu des prospectus informatifs, des documents explicatifs, des décharges à retourner.
L'attentat de la coupe du monde avait laissé des séquelles, et la sécurité était devenue la priorité numéro une lors d'évènements d'envergures comme le tournoi des Trois-Sorciers. Horace ne pourrait faire entendre raison à son ami, cependant, vu l'état dans lequel il se trouvait, et sans doute serait-il préférable de laisser le directeur Woodcraft faire son travail pour ce cas précis. Trop impliqué au sein de cette famille de sorcier qu'il a vu s'épanouir, et dont il a porté chacune des filles alors qu'elles n'étaient pas plus haute que son genou, il ne peut que comprendre la position d'Owen Carter, et son inquiétude pour Alison, à peine âgée de seize ans. Lui-même avait retenu son souffle alors que son nom sortait de la coupe de feu, la veille.
- C'est toujours lui. Mais il n'est plus professeur de potions, ni même le directeur de maison, affirme Horace. Son poste accapare tout son temps, et il fait un excellent travail.
Confiant, Horace n'imaginait pas un instant qu'Harrisson puisse sciemment mettre en danger des jeunes de seize et dix-sept ans, de son école comme d'une autre.
- La sécurité est une priorité du monde magique depuis les évènements de l'an dernier, Owen. Des choses sont mises en place afin d'éviter tout incident majeur, tu t'en doutes bien.
Puis, au sujet d'Alison, alors qu'ils arrivent non loin de l'entrée du bureau du directeur :
- Elle est fière, Owen. La connaissant, elle est sans doute un peu terrifiée, mais elle cherche avant tout à faire ses preuves et à montrer tout son travail accompli ces dernières années.
Faire ses preuves à l'école, à son père, à elle-même.
- Elle a besoin d'encouragements avant toute chose. Pas d'un père qui déboule pour essayer de la retirer de la lice d'un tournoi pour lequel elle s'est durement entrainée. Pas maintenant que son nom a été choisi devant toute l'école, il termine d'une voix grave, l'œil soudain sérieux. C'est la championne de Poudlard. Qu'elle succède ou qu'elle échoue, c'est comme ça qu'on se rappellera d'elle. Personne ne va l'enlever, la séquestrer, ou la blesser. Elle sera mise à l'épreuve, et elle en sortira grandie. C'est tout ce qu'il va se passer Owen.