Harry Potter RPG

Liste des messages de Elliot Blackburn

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

Le match caritatif

Message publié le 05/01/2026 à 18:56

Ils se marrent comme deux mômes à s'remémorer la veille. Perchée dans l'autre dimension. Sauf que Freya tarde pas à l'faire retoucher terre avec violence. Une gifle aurait pas fait mieux. L'sourire d'Elliot se fane, son regard se perche sur l'horizon alors qu'il avale une gorgée d'café en faisant mine de pas avoir été touché. Il peut pas s'empêcher d'redevenir sérieux alors qu'le vent emporte les quelques promesses de Freya. D'arrêter d'faire dix pas en arrière pour un pauvre en avant. D'parler à Jun. Tout ça.

 

- Ouais. Ouais ma copine d'hier soir, il approuve, amer. J'espère que celle de d'main va kiffer la balade à ch'val sur les plages espagnoles !

 

La vanne tombe à plat, même pour lui. Il termine son café d'une traite, s'prend un croc du croissant qu'attend qu'lui. C'est bon. Sauf qu'il a la gueule de bois, et qu'ça lui fout un peu la gerbe. Alors il le laisse s'enfoncer dans le sachet entamé comme il est et s'relève, s'invente un sourire léger qui r'monte pas vraiment jusqu'aux yeux.

 

- Faut j'retrouve les gars d'hier. Pour leur rendre les clés du bateau. J'imagine que tu dois y aller ?

Une fausse nonchalance le maintient stoïque alors qu'il balance négligemment son gobelet dans la poubelle adjacente, enfonce ses mains dans ses poches.

- J'vais trainer un peu j'crois. B'soin de décuver. Tout ça. Il hésite un instant avant d'ajouter. Merci d'être venu au match hier. C'était cool.

 

Comme si ce mot suffisait à résumer la soirée. Il a encore en tête le souvenir de ses lèvres contre les siennes. De ses hanches entre ses mains. De son rire contre son oreille. Mais tout ça c'est du vent non ? C'est Freya qui prend des vacances et qu'essaie de se souvenir de ses quinze ans avant d'retourner à la vie réelle. À Jun. Est-ce qu'elle va seulement lui parler après tout ça ? Il est plus sûr de rien. Alors il propose pas d'second date. Parce que ça s'fera à l'improviste. Quand elle aura décidé. Si elle décide un jour. Il a d'quoi se sentir con sans doute. 

- T'penseras à charger ton tel, il ajoute pour faire bonne mesure en levant deux doigts en guise de salut. Mais parce qu'il peut pas s'en empêcher, il s'penche pour lui embrasser la joue. Profiter juste une dernière seconde. Il sait pas quand s'ra la suivante. Il sait jamais. À plus Frey.


Le match caritatif

Message publié le 05/01/2026 à 13:30

Pas d'Freya. Elliot réalise à retardement qu'il est seul dans l'pieu du bateau balancé par la houle. Est-ce qu'elle s'est tirée dans la nuit ? Possible. Elle a bien pris la tangente la dernière fois quand elle est restée dormir à l'appartement. Assis sur les draps froissés, pris par un mal de crâne qu'il avait pas vu v'nir, il a pas l'temps de se poser la question bien longtemps. La sorcière apparait dans l'encadrement de la porte, aussi fraîche que lui, les mèches rassemblées par un élastique. Elle garde ses distances. Rien à voir avec la veille.

- Nah, il s'contente de répondre en restant l'observer, pas trop sûr d'savoir comment s'y prendre soudain.

C'était plus facile hier. Ils avaient l'impression d'avoir tu temps devant eux. Du temps et d'la liberté. Sous les rayons d'soleil de ce nouveau jour, c'est comme si l'horloge s'était remise à tourner. Comme s'ils étaient revenus dans leur dimension étrange, où il capte pas la moitié de ses réactions, où elle fuit son regard et sa présence comme la peste. Ils ont passé la nuit serrés l'un contre l'autre après une tentative infructueuse d'aller au bout des choses, et maintenant c'est comme si tout un monde revenait les séparer.

 

- J'sais pas. Sont d'jà partis y a moyen.

 

C'est pas comme l'voyage était obligatoire. Il a bien d'autres moyens d'rejoindre l'autre côté d'la Manche que l'portoloin réservé pour les Catapultes. Une main fatiguée passe sur son visage, et se perd dans des mèches qui pointent dans toutes les directions. Son regard traine sur le bordel ambiant, revient sur Freya. Elle approche pas. Il commente pas. On va pas s'mentir. Il s'y attendait un peu. Elle tarde pas à se tirer sous prétexte de l'attendre dehors, et il s'contente de lâcher un okay un peu paumé. J'arrive. Il s'laisse mollement retomber entre les draps. Y reste plusieurs longues secondes avant de se lever de nouveau et d'chercher l'évier.

 

D'abord s'rincer la gueule. Pis boire. Beaucoup. L'vin blanc était bon, mais ça l'a complètement niqué. À moins qu'ce soit l'chouchen. À moins qu'ce soit l'mélange des deux. Au moins il s'souvient d'la veille. À peu près. Dans les grandes lignes. Freya était vachement plus tactile qu'elle l'est ce matin. Il essaie d'arranger son bordel capillaire en quelques gestes vains, retrouve ses vêtements éparpillés partout dans la chambre, et bientôt il surgit sur le pont pour une bouffée d'air frais. Ça pèle sa mère. Pis y a du vent. Mais ça lui fait plutôt franchement du bien, alors il fait pas cas en quittant l'bateau pour remonter jusque là où s'trouve Freya. 

- Merci, il balance d'une voix un peu rauque. Ça lui r'vient alors même qu'elle pose la question, et il échappe un rire. Ouais. Ouais on a chanté. On a dansé aussi. Tu t'souviens pas ? Son regard la cherche alors qu'il fait exprès d'se coller à elle, jette un bras par dessus le dossier du banc l'air de rien. Ça caille putain. 

Un silence s'installe entre eux alors qu'il mate l'horizon, les rayons de soleil caressant la mer sur laquelle s'amasse tout un paquet de bateaux plus ou moins similaires à celui sur lequel ils ont crêché.

 

- C'était plutôt pas mal comme premier date nan ? Il la bouscule avec une fausse nonchalance, enchaine sans lui laisser l'temps de répondre. Sont où les croissants ? J'ai la dalle. 


Le match caritatif

Message publié le 04/01/2026 à 21:39

- C'est pas... il l'embrasse... la taille... il l'embrasse encore... qui compte.

Même que l'instant n'appartient qu'à eux, jusqu'à ce que d'autres s'en mêlent. Pas qu'il s'en plaigne. Parce qu'ils ont des solutions pour eux qu'il aurait sans doute jamais eu d'lui même. 
 

- Merci les gars, c'est cool, Elliot parvient à articuler, conscient d'se faire comprendre qu'à moitié.

Ni une ni deux, ils se retrouvent collés serrés dans un bateau, avec vue sur les étoiles. Il aurait voulu qu'il aurait pas fait mieux. Ça en deviendrait ridicule savez. Même qu'à tout moment ils descendent dans la cabine du bateau, chauffée. Ça pourrait pas mieux s'présenter.

 

- T'crois ? Il en pense quoi d'ce date ? Elliot a pas d'réponse à ça. Alors quelques instants il ferme sa gueule. Puis. C'est un date ?

Tourné vers la sorcière, il tape sa meilleure gueule de con jusqu'à s'en prendre une. Pis de mater les étoiles l'air de rien, plongé dans le silence, sans rien ajouter d'autre. Les années ont beau avoir passé qu'il sait toujours pas comment clôturer. Du moins, pas avec Freya Carter. Pas si bourré. Alors il s'contente de pointer des étoiles au hasard et d'raconter des dingueries à leur propos, sans grand rapport avec leur réelle signification. 

- T'm'as manqué tu sais ? Il sort au milieu de rien.

Là comme ça, il a du mal à croire que c'est pas juste un rêve. Que Freya va pas juste se barrer le lendemain. Disparaitre de sa vie pour une autre dizaine d'années encore.

- Nous manques un joint. Nous manque toujours un joint, il s'plaint alors qu'il se morfond tout près d'elle, respire son parfum. J'ai froid. 

Ils finissent à l'intérieur. Bercé par la houle, pas franchement prêts pour davantage, ils se racontent tout et rien, pis se cherchent. Beaucoup. Passionnément. Jusqu'à ce qu'ils s'endorment sans être allé au bout des choses, serrés comme deux amants qui se seraient pas encore trouvés. Elliot la serre contre lui dans son sommeil sans vraiment le réaliser, ses rêves ponctués de son rire, et de choses qui se sont pas encore réalisées. Il s'réveille avec la pâteuse et le barreau, pas foutu capable de savoir l'urgence première de la situation.


Le match caritatif

Message publié le 04/01/2026 à 19:18

C'est l'genre de souvenir qui va lui rester. Il le sait. Il s'souviendra pas forcément d'la musique, ou alors juste de l'air. Il s'souviendra pas plus du nom du bar - imprononçable -, ou des français qui beuglent des paroles autour de lui auxquelles il pige que dalle. Il s'souviendra pas du goût du vin blanc - même s'il est bon. Des escargots peut-être bien. Ça s'oublie pas d'bouffer un escargot. Mais il se souviendra surtout d'Freya dans ses bras. qui s'penche pour l'embrasser sous les lumières d'une vieille boule disco. Il s'souviendra d'son rire et d'ses yeux brillants. Il s'souviendra de la sensation de ses mains sur ses hanches et de l'impression d'plus vraiment toucher terre.

 

Un genre de souvenir fugace comme ça qu'on s'voit pas vraiment vivre. Précieux sans qu'on puisse trop s'en rendre compte avant qu'il soit déjà passé. Il est vite remplacé d'ailleurs. Par celui d'Freya affrontant un type du bar au bras de fer, dans un tête à tête absurde qui le fait marrer avec le reste des clients : elle a juste zéro chance. Mais l'air mutin de la sorcière se reflète bientôt sur la gueule d'Elliot alors qu'il capte que la chance, elle la crée d'elle-même. En trichant, purement et simplement. Les sourcils haussés, les lèvres étirées dans un sourire en coin, il secoue la tête imperceptiblement, faussement choqué par la victoire complètement déloyal qui laisse son adversaire sur le cul - et plusieurs autres bonhommes autour d'eux.

 

- Ça c'est ma copine ! Il balance à la cantonade.

On leur offre du chouchen. Pas qu'il comprenne le terme chouchen. Il capte juste que ça va d'pair avec le verre qu'on leur colle dans les mains. À ce stade, le contrôle et l'élégance à la française ont toutes les deux virées par la fenêtre. De toute manière vu la gueule des clients de BaraGwin, l'élégance à la française à de ça que l'nom. Sont tous pétés au vin et à la bière à beugler des chansons. Y a comme un air britannique dans l'air. Faut dire qu'ils sont un peu cousins, aussi séparés qu'ils soient par la Manche. Ils s'enfilent cul sec le chouchen, et même sa petite sœur, non sans qu'il ait intensément fixé Freya d'un air accusateur en attendant qu'elle s'trouve une défense à peu près potable.

- T'as triché et tu l'sais très bien, Elliot indique en s'rapprochant volontairement pour le lui glisser dans l'oreille, volant un baiser sur sa joue au passage. T'as changé, Freya Carter. Une vraie serpentard.

Même qu'il en pense pas un mot.

La soirée devient floue à partir de là. Il sait pas combien ils s'enquillent de chouchen ou d'verre de vin blanc. Il sait juste qu'il est convaincu d'parler français au bout d'un moment. À peu près autant qu'Freya, qui les a lancé dans un tournoi d'fléchettes à côté du bar face à deux types au moins aussi rincés qu'eux. La différence avec l'Alambro, c'est qu'la cible parle pas. Ils s'marrent comme des gosses, et tout a l'air tellement facile que c'est un peu comme s'ils étaient rentrés dans une autre dimension. Une dimension dans laquelle ça serait normal d'être en date avec Freya Carter, même au bout d'dix ans sans s'être vraiment adressé la parole. Elliot est plutôt fan de cette dimension. Quand ils sortent du bar, Elliot tient Freya par la main.

 

- Nan. Nan un chupacabra ça gagne que dalle contre un pansedefer, Frey, on parle d'un fucking dragon ! 

Parce que bien sûr, non contente de tricher au bras de fer, Freya avait zappé l'idée de passer pour une moldue à environ trois chouchen trois quart - ce qui passait globalement inaperçu devant des gens assez bourrés pour débattre sur de potentiels combats entre des créatures légendaires complètement inexistantes dans leur monde. Pas qu'Elliot ait vraiment relevé, faisant lui-même partie de ces gens trop bourrés - et accessoirement d'un monde dans lequel ces créatures légendaires existent bel et bien. Cela devait sans doute aider de ne pas vraiment parler la même langue.

- Putain ça caille, Elliot commente brutalement. On va faire l'impasse sur l'bain d'minuit j'crois.

Y avait pas d'plan à partir de là. Pas qu'il y ait eu de plan jusque là d'ailleurs. Ils avaient brièvement parler de bouger rejoindre les festivités sorcières au QG des Tapesouaffles, mais maintenant qu'il était dehors Elliot réalisait n'avoir pas la moindre idée de la direction à prendre.

- Chais pas c'est par où, il annonce bêtement en récupérant Freya contre lui pour s'en servir de radiateur personnel. On est perdu dans un pays qu'on connait pas on va tous mourir ! Dramatique much ? Ok peut-être bien qu'il est inquiet de rien et juste content d'être là, son nez fouinant dans le cou de la sorcière en quête de chaleur. Y a p't-être des meutes de loups à Quiberon. On dort où ce soir Yaya ? J'ai froid.


Le match caritatif

Message publié le 03/01/2026 à 18:07

- S'tu compte les verres c'est qu'tu t'amuses pas ! Il rétorque. Pis t'as pas d'transplanage, t'es une moldue j'te rappelle, il souffle en s'avançant pour baisser le ton comme s'ils étaient deux agents secrets en mission.

Un autre escargot subit le même sort que les précédents, le beurre persillé suçoté avec attention, jusque la coquille.

- Quoi t'préfère que j'suce autre chose ? Branleur, certes. Mais bon. Elle cherche. C'est pas ma faute j'aime que leur sauce là, c'est trop chelou d'bouffer un escargot c'est genre... du caoutchouc. Il grimace en la voyant aspirer une autre huître. J'sais franchement pas comment tu fais. 

Derrière eux, les français dégomment Queen couplet après couplet, et Elliot s'anime brusquement ah ouais t'es sûre ? pour mieux s'affaisser dans la seconde suivante, et échapper un rire crétin. Bien ce qui lui semblait. Freya vient à bout d'ses huîtres tandis qu'il vient à bout du beurre persillé qui nappe les escargots, et entre deux la bouteille y passe. Le vin est bon

 

- P't-être bien qu'non, il répond en trinquant avec Freya sans trop s'avancer, un sourire un peu débile sur les lèvres qui le crame sans doute un peu quand même. C'est vrai qu'la victoire c'était dingue aussi. Pour ça qu'on célèbre pas vrai ? Rien à voir avec la présence de Freya Carter en face de lui, qu'a accepté un foutu date.

Il reste cuver son vin pendant que la sorcière se lève pour rejoindre l'attroupement de clients qui dansent sur les Clash et hachent menu les paroles sans la moindre hésitation. Amusé, il la mate un moment. Des années qu'il a plus connu cette Freya là. S'il a seulement déjà connu cette Freya là. Relâchée, elle profite juste de la liesse générale et se laisse clairement porter. D'un geste Elliot termine son verre et se lève pour la rejoindre, mais déjà les derniers accords retentissent. La transition est rien moins qu'abrupte, vers un tempo bien plus lent, les paroles entonnées par plusieurs personnes autour d'eux.

 

- J'ai encore rêvé d'eeeelle. C'est bête, elle n'a rien fait pour çaa.
 

Les sourcils froncés par l'incompréhension, Elliot secoue la tête mais récupère les hanches de Freya entre ses doigts, et ils se balancent tranquillement. Ils sont probablement les seuls à le faire premier degré dans le bistro, parce que les autres couples formés ont l'air de juste brailler les paroles en se marrant, mais rapidement le batteur se perd juste dans le regard de Freya. Il s'en fiche pas mal de ce que la chanson raconte. D'où ils se trouvent, où de la masse ivre autour d'eux. Des sifflements des uns ou des autres. Il a vaguement l'impression d'avoir quinze ans de nouveau, et une seconde chance à un bal auquel il aurait sans doute du l'inviter. Puis Freya lui balance qu'il sent l'escargot, et il s'approche pour lui lécher la joue sans prévenir, brisant l'instant comme il sait parfaitement le faire.

 

- J'bave tout pareil aussi, c'était contagieux Freyaaaa.


Le match caritatif

Message publié le 03/01/2026 à 14:11

- T'es sûre ? Même qu'il est entre déçu et sceptique.

L'vin est bon. D'autant plus de raison pour Freya d'en abuser sans trop faire attention, pas vrai ? Il s'marre au souvenir de Joy et de sa queue de salamandre. 

- La sauce est grave bonne, il l'encourage.

Elle tarde pas à tester le bordel à son tour tandis qu'il se reprend une gorgée de blanc. Vrai qu'le vin est putain d'bon. Évidemment, Freya est aussi convaincue par le beurre persillé qu'il l'a été. Il approuve la comparaison avec le pain à l'ail. Ça ressemble. Pour être honnête, c'est meilleur. C'est juste un peu gâché par la texture ultra chelou et à moitié élastique qui se trouve au cœur. 

- P'tain en une soirée t'es d'venue française et moldue. Truc de dingue nan ?

Il teste une huître. C'est pas franchement ce qu'il y a de plus appétissant. En fait, c'est même plutôt l'inverse d'appétissant. Il imite les gestes de la sorcière, et grimace immédiatement alors que la chose coule contre sa langue, et part descendre dans sa trachée. Il s'envoie une gorgée de vin blanc pour faire passer l'goût. À quelques mètres, un serveur secoue la tête.
 

- Mais au s'cours. Freya, c'est juste de l'eau d'mer je jure. Horrible. Il grimace encore en regardant les autres huîtres comme si elles lui avaient fait un affront personnel, la langue un peu tirée comme un gosse pas content. J'te les laisse fais toi plaisir.

La musique change, et de nouveau les clients s'attroupent pour chanter les paroles en chœur. Elliot hausse les sourcils alors que Freya annonce connaitre la chanson, et s'enjaille à suivre un peu le mouvement en frappant des mains sur la table.

- Mate ça, une vraie française. Il récupère un autre escargot dont il s'applique à lécher le contour avec soin.

 

Un serveur apparait de nulle part pour leur servir un autre verre, visiblement au taquet, et Elliot approuve d'un hochement de tête. C'est cool le service à la française. Les lumières se tamisent finalement, et les clients semblent s'assembler davantage autour du poste de karaoké, s'encourageant les uns les autres. Alors que Freya fait croustiller son pain à son oreille, il tourne brusquement la tête pour croquer dedans, et le vole sans hésitation aucune pour le récupérer dans sa main.

 

- Ch'est vrai. Tu d'vrais proposer ça à Alison cha la f'ra rêver. Boulangère de Pré-Au-Lard, les miches les plus chaudes de ta région ! Merde la gueule de Freya. Priceless. Ça va j'déconne. Il s'envoie une autre rasade de vin blanc.

Derrière eux, l'ambiance change soudain, la musique plus entrainante, les paroles familières résonnant dans un accent abominable. Un groupe de français s'est lancé dans du Queen, et ils donnent tout ce qu'ils ont. Mort de rire, Elliot balance le menton dans la direction de Freya :

 

- Alors, premières impressions sur le karaoké ?


Le match caritatif

Message publié le 21/12/2025 à 21:00

- Micro, Elliot annonce à l'intention de Freya, qui trouve visiblement pas le bon terme. Putain non j'crois pas c'est un concert. Wah.

Ils sont attablés au cœur du pub, le menu ouvert devant eux, l'intégralité des intitulés incompréhensibles pour l'un comme pour l'autre. Le serveur a l'air assez habitué à se coltiner des touristes cependant, et bientôt ils se retrouvent avec une large bouteille de vin blanc, et tout un tas de trucs étranges à bouffer. À peine ils ont dressé leur verre pour trinquer qu'un larsen perce la salle et les fait grimacer.

 

- Le micro. Z'ont pas du l'tourner dans la bonne direction, il explique brièvement en zieutant le groupement autour de la machine du soir. Apparemment c'est soirée karaoké.

Elliot trinque finalement, et s'enfile une bonne gorgée de vin blanc avant de reposer son verre sur la table. Il est obligé de capter assez rapidement que Freya sait pas ce que c'est un karaoké, alors tout en récupérant un escargot pour le faire tomber dans son assiette, il énonce :

 

- Ils vont chanter. Sur des morceaux moldus connus. Avec la musique qui passe en fond et les paroles qui s'affichent à l'écran.

D'un signe de tête il désigne le bordel de machines tandis que déjà, un groupe semble s'affairer. Ils ont visiblement pris un bon apéro qui les a suffisamment ambiancé pour ouvrir le bal. Elliot croque dans l'escargot. Agréablement surpris par le goût persillé, il apprécie pas mal, jusqu'à ce que la texture commence à se faire relativement impossible à ignorer.

 

- Ch'est chuper chelou. T'aimes bien ?

En fait, il arrive pas à savoir s'il aime pas où si ce qu'il aime se cantonne à la sauce dans laquelle est enrobée le bordel. Il mange quand même parce qu'il a la dalle. La musique s'enclenche en toile de fond, un tube français probablement parce que le pub s'anime brutalement, comme si tout le monde reconnaissait le morceau. 

 

- Damn. Mates ça. C'est toi dans une heure quand t'auras bu trop d'vin français, il la taquine alors que les chanteurs improvisés braillent dans le micro sans justesse aucune.


Le match caritatif

Message publié le 15/12/2025 à 22:18

Petra Frotswell. Ben merde. L'souvenir lui fait comme un tilt. C'est-à-dire qu'il l'avait zappé. C'est-à-dire que Petra Frostwell était pas bien marquante, en dehors de... bah de son physique justement. Alors pour sûr qu'Elliot échappe un rire un peu incrédule à la mention de la meuf. Ouvre la gueule pour dire un truc, et s'ravise parce qu'il a juste même pas de répartie à sortir. Vrai qu'il a pas date Petra pour son gros cerveau. Après il irait pas jusque dire que la nana était complètement con. Juste dans un autre monde que l'sien. Avec ses propres ambitions. Y avait un deal entre eux. L'genre qui la propulse à l'avant des projecteurs, pendant qu'lui se récupère un max de bénéfice en nature quand ils s'retrouvent juste tous les deux.


L'profit aura eu l'mérite d'être réciproque, jusqu'à ce qu'elle se trouve plus célèbre et plus riche que lui.

- Han han. Marre toi. J'regrette rien.

T'façon il peut rien nier. C'est bien simple, toute son intimité est étalée dans les magasines peoples depuis plus d'une dizaine d'année. À la merci de n'importe quelle nana qui viendrait prétendre le connaitre en profondeur juste parce qu'elle a lu cinq articles à son propos. Il en a vu défiler tout un tas.

- C'était pas la dernière des connes non plus, il s'défend piètrement, bien conscient du contraire avec toutes les interviews que la meuf a pu donner. Sûr qu'à côté d'toi c'est dur de rivaliser. Genre tu sais conjuguer des verbes et tout c'est aberrant.

L'ambiance reste bon enfant alors qu'ils se mettent à faire du stop, se font récupérer par une bagnole dans laquelle un couple de quinquagénaires essaient de leur taper la discute. Pas simple étant donné qu'ils ont pas l'air d'connaitre plus de trois mots en anglais, comme Freya et Elliot en français. L'chien lui, est au sommet de sa convivialité, et tarde pas à s'affaisser pour se coucher à même les genoux des deux sorciers.

 

- Ah bah on dirait qu'Diego vous a adopté !
- Oui bah faut dire qu'c'est une pâte, une caresse et il vous mange dans la main !
- On peut s'arrêter ici ? Stop here, ok ?
- Oui, oui, c'est le centre ville, vous allez vous trouver un bon endroit ! J'vous conseille BaraGwin, c'est au bout d'la rue !
- Ah oui, c'est un bon bistro ça. BaraGwin. Pour manger ! Eat. BaraGwin, ok ?
- Ok merci ! C'est cool !

Stoppé au cœur de Quiberon, la voiture laisse s'échapper le couple de sorciers, et le regard d'Elliot se perd aux alentours. Y a déjà plus de monde que de là d'où ils viennent. Y a pas foule non plus. Mais surtout, y a quelques commerces visiblement ouverts, dont plusieurs restaurants et bars. Il sait qu'le quartier général des Tapesouaffles est planqué quelque part sous les dunes, loin du centre-ville, alors il est à peu près sûr d'avoir zéro chance de tomber sur son équipe dans les parages. L'enseigne balancé par les quinquagénaires quelques secondes plus tôt le fait pointer un doigt vers l'avant.

- Mate, j'crois c'est ça dont ils parlaient. Dois y avoir d'quoi bouffer là-dedans. Bouffer et boire.

Faut juste pas qu'Freya se foute en l'air comme l'autre soir. D'abord parce qu'elle aurait l'cerveau de Petra Frostwell sans les boobs qui vont avec, mais qu'en prime y aurait un monde où, au vu des circonstances, il répondrait plus de rien.


Le match caritatif

Message publié le 13/12/2025 à 13:57

- Mh mh, j'sais surtout qu'elle tient pas la guiness, Elliot a rétorqué du tac au tac au sujet d'Freya qui lui volerait la vedette.

Tranquille et serein, Elliot a globalement l'impression d'avoir été projeté dans un monde parallèle. On lui aurait dit que la fin de sa journée ressemblerait à ça ce matin qu'il l'aurait jamais cru. Il a passé tellement de temps à phaser sur Freya dans les dernières semaines que tout ça lui parait complètement lunaire. Inespéré. Pour autant tout s'déroule si naturellement qu'il a pas envie d'se poser de question. -

- Quoi ? La fausse insurrection, mains sur le cœur, le fait braquer un regard espiègle sur Freya. J'suis carrément pas un gars comme ça, très grave tes accusations.

Même que c'est parfaitement faux dans beaucoup d'circonstances. Elliot en a ramené des filles qu'il a baratiné juste pour un peu d'action sans qu'ça mène à quoi que ce soit derrière. Alors l'ironie est réelle. L'truc c'est qu'il a beau faire le con, il sait pertinemment que Freya rentre pas dans cette catégorie d'fille, pour vraiment beaucoup trop d'raisons. Il sait pertinemment qu'il en attend vachement plus. Ça rend ce genre de vanne d'autant plus facile, parce que ça permet d'esquiver les vrais sujets.

- Un strip poker ?

Mort de rire. Si elle pouvait arrêter d'le mater comme ça ça aiderait un peu aussi, on va pas s'mentir. Il replace une mèche et s'abaisse pour l'embrasser sur la joue, chaste et tendre malgré la débilité profonde qu'il étale depuis plusieurs secondes.

- C'est bon j'déconne. Mais comme tu t'en doutes, j'ai pas d'plan. C'est-à-dire que le date a tout de l'imprévu. On bouge ? Il attend pas sa réponse pour enclencher le mouvement, son bras toujours autour de ses épaules. Puis, l'illumination : T'as dit qu'tu voulais faire des trucs moldus non ? Pour ton frangin. Viens on fait un full date moldu. Même qu'ils sont à l'endroit idéal. Paumé du regard sorcier quasiment - si l'on omet le stade énorme perché au bout de la presque-île que personne calcule au quotidien. Baguette interdite, balai interdit, en fait ta mission si tu l'acceptes est de te faire passer pour une complète moldue, il énonce avec une voix digne d'un film.

Le sentier les mène sur une route, puis au cœur d'une ville. Enfin une ville. Faut l'dire vite. Ils sont loin du cœur de la presque-île. Au moins, aucun danger de croiser ni le reste de l'équipe, ni des journalistes, ni un reste de supporters s'étant décidé à trainer dans les parages pour jouer les touristes. Elliot s'est légèrement détaché de Freya pour juste lui tenir la main alors qu'ils déambulent entre les habitations. À tout moment y a un cinéma. Est-ce que Freya est déjà allé dans un cinéma ? Pas français en tous cas. C'qui est sûr c'est que ça manquerait cruellement de sous-titres. 

De toute façon, si y a un cinéma, il sera clairement pas là au milieu de rien. D'ailleurs y a littéralement rien aux alentours. Pas même un bar qui servirait, à tout hasard, de la pisse de gobelin. La marche est loin de se dérouler dans le silence le plus complet. Elliot a toujours son mot à dire sur des trucs randoms, tout comme Freya. Surtout Freya d'ailleurs. Qu'a beaucoup trop d'questions sur tout et rien. D'ailleurs, Elliot a pas la moitié des réponses, mais il fait bien genre. Au bout d'un moment, il s'arrête quand même en matant la longue avenue qu'a l'air de jamais s'terminer pour râler :

- Azy c'est loin la ville, viens on fait du stop.


Le match caritatif

Message publié le 12/12/2025 à 10:47

Rassuré de savoir que Freya est loin d'être seule sur le coup, Elliot hoche la tête à mesure qu'elle lui balance les infos. L'histoire reste lunaire. Sans mauvais jeux de mots. L'gamin sorti de nulle part qui s'avère être lycanthrope et qu'on a décidé d'enfermer plutôt que de chercher à l'soigner dès les débuts d'sa vie ? C'est vénère un peu. Beaucoup même. Freya s'est pas grandement étalé sur les personnes chez qui le gamin s'est retrouvé, mais visiblement c'est plutôt une bonne nouvelle qu'Owen ait fini par l'retrouver.

- Nan mais t'crois que j'vais raconter ça à qui, il balance, un peu incrédule en gobant la fin de sa barre sucré. Chans déconner. Ch'est violent.

Genre il a entendu son lot d'histoire vénère. Là d'où il vient, c'est pas tout rose. Mais le level de Marley Carter atteint juste des sommets. Freya l'enchaine alors. Déclare qu'elle le laissera faire son bain d'minuit en solo pendant qu'elle le matera de la berge. Il secoue la tête en se marrant parce que ben voyons, puis elle s'demande subitement s'il compte rejoindre l'équipe au bar, et il s'contente d'hausser les épaules sans répondre. C'est-à-dire que dans n'importe quel monde il ramène la fille avec lui sans problème. Parce que ce serait pas la première fois qu'Elliot se trouve une fille à la sortie d'un match.

Mais Freya ? Freya c'est mort il la ramène pas devant l'équipe. Ils la connaissent. Ça va faire causer. Pis surtout, il est à peu près sûr qu'elle l'y suivrait pas. Pour ces mêmes raisons. C'est tout neuf, et c'est hors de question qu'ça crève dans l'œuf. Pas alors qu'ils viennent à peine de s'retrouver. Il balance un bras par-dessus ses épaules et la rapproche de lui. Face à eux, l'soleil descend doucement mais sûrement, ses rayons miroités à l'infini sur des vagues tranquilles. Les gens ont rangés leur téléphone pour juste profiter de l'instant. Le vent froid semble gêner personne, comme s'il faisait juste partie du décor.

 

- J'les r'joins pas. J'suis en date t'as pas remarqué ? Il balance avec une nonchalance feinte. J'vais pas emmener ma meuf tiser avec mes potes au bar le premier soir ça l'fait pas. Faut j'fasse les choses bien.

Même que bientôt l'jour s'affaisse complètement. Quelques étoiles commencent à être visibles au-dessus de la mer, éparses et timides. Une lune en croissant s'étire entre deux nuages cotonneux. Les locaux comme les touristes s'évadent les uns après les autres, en quête de bars ou de restaurants où se poser pour la soirée, ou peut-être juste sur le retour jusque chez eux. Elliot envisage ni l'un ni l'autre alors qu'il braque un regard défiant sur Freya.

 

- On est à rien d'être solos sur une plage là. À tout moment on peut s'le faire le bain d'minuit. Fin l'bain d'dix-neuf heures quoi. Genre p'tit sortilège chauffant et tout. Allez !


Le match caritatif

Message publié le 11/12/2025 à 12:30

Batterie externe, c'est une batterie externe, il l'a corrigé presque machinalement au sujet du fameux bloc pour remettre de l'énergie. L'information passe à la trappe sans doute. À l'instar d'Elliot, Freya se concentre rarement plus de deux minutes sur une seule et même chose. Tourné vers la sorcière alors qu'elle lui implore de garder la photo pour lui, il secoue la tête :

 

- C'est mort ça va faire la une de la gazette, Frey. Pis de tous les magasines people. J'aime trop partager ma vie privée avec eux, s'te plait s'te plait s'te plait !

 

Ironique, il balance son téléphone dans sa poche en même temps de récupérer la barre qu'elle lui refile. Il a tôt fait de détruire l'emballage pour s'enfourner une moitié du bordel directement dans la bouche avec appétit.

 

- Merchi.

Sauf que dans la seconde suivante, il manque de s'étouffer. C'est-à-dire que ce genre d'annonce là, il s'y attendait carrément pas. Déjà, il avait presque réussi à zapper la dinguerie qu'elle lui a balancé au téléphone y a quelques semaines. La dinguerie Marley, douze ans, fils caché de la famille Carter, qui devient aujourd'hui la dinguerie poilue de la famille Carter. Les yeux écarquillés, une toux brutale qui lui nique la gorge, il se détourne complètement de l'horizon pour la zieuter avec insistance comme s'il attendait la chute.

- Sérieux ? Il avale, difficilement, mate brièvement les alentours pour s'assurer que personne les écoute. Sérieux Freya ? Mais d'où ?

Même qu'il s'en carré du bonhomme barré sur l'panneau de signalisation. D'ailleurs il a déjà oublié l'idée du bain d'minuit. Parce que Freya a un p'tit frère loup-garou, rien que ça.

- Putain mais ta vie c'est un délire je jure, il peut pas s'empêcher de balancer. C'est chaud putain. Douze piges il a en prime ? Il a trop d'questions, mais il sait pas vraiment par laquelle commencer. Alors il mord dans l'bonbec pour s'occuper. Tu m'étonnes t'as b'join de vacances, il poursuit, la bouche pleine.

Elliot a jamais rencontré d'loup garou de toute sa vie. Ou alors il était pas au courant. L'information est tellement dingue qu'il est pas sûr de savoir quoi en foutre. C'est-à-dire qu'il est pas non plus renseigné de dingue. Il sait que ça existe, et il connait les généralités du bordel, ça s'arrête à peu près là. C'est l'genre de chose tu t'y intéresse pas tant que ça t'arrive pas à toi, voyez.
 

- Ça m'fume, il finit par admettre en la guettant un peu, les billes colorées lui explosant en bouche avant qu'il n'avale. Ça va c'est sûr ? Genre c'est ton père qui gère ou c'est toi ? Nan parce que c'était déjà lunaire que Freya doive jouer les daronnes de deux adolescentes, mais un mini-loup en supplément ça doit légèrement commencer à la saturer. C'est lui qui l'a ramené tu m'avais dit, il s'rappelle vaguement.

Combien d'personnes sont au courant ? Parce qu'autant le retour d'Owen a fait la une de pas mal de journaux et magasines, autant le petit frère mystère a jamais fait l'objet même d'une seule ligne. Ça craint un max.

- J'viendrais hein, il balance soudain avec un demi-sourire insolent. Genre t'arrête pas d'm'inviter à v'nir j'vais vraiment finir par débouler.

Voir son frère, voir sa chambre. Tout ça. Ouais, il va dans tous les sens. L'fait est que ça a toujours été. D'ailleurs il pointe le panneau du doigt pour y revenir au milieu d'rien :

- Et si tu crois qu'ce truc là va m'arrêter tu t'plantes grave. Y a qu'toi pour avoir peur d'un dessin sur un foutu panneau, il provoque comme un vrai gamin.


Le match caritatif

Message publié le 10/12/2025 à 14:52

C'est qu'elle s'y connaitrait un peu en français, Freya. Ou en tous cas elle fait bien semblant, à lui balancer des mots qu'il essaie tant bien que mal de répéter. Bien sûr qu'il fait pas grand effort sur la prononciation pour rendre tout ça bien grotesque. En vrai de vrai il connait un peu d'français lui aussi. Fin il a des termes. Récupérés au vol dans la bouche de quelques fans d'outre-manche, ou de quelques journaleux de revues de presse locales. Alors il balance la première phrase que Freya s'empresse d'essayer de traduire avec son nouvel ami google.

Parce que la meuf s'y connait qu'un peu, et que tout prétexte est bon pour se rappeler qu'elle a de la technologie moldue dans la poche, voyez. Même qu'il serait presque surpris qu'elle ait ramené ça jusqu'ici, et que ce soit full chargé. Genre la meuf a appris à brancher des câbles, carrément ! Un sourire débile lui fend le visage alors que Google explique patiemment le sens de la chanson à une Freya rougeoyante - jusque la racine des cheveux. La vérité ? Il avait pas la moindre idée de c'que ça voulait dire, mais ça l'amuse vraiment trop. Alors il fait comme si.

- Quoi tu crois qu'elles sont difficiles ? Franchement moins qu'les écossaises hein. Fin j'espère...

Il fronce les yeux, faussement sérieux, alors qu'elle pique un far digne d'une ado de quinze piges. Dans ses mains, le téléphone affiche une batterie quasi-vide en plein écran, et Elliot fait claquer sa langue contre son palais.

 

- M'disais aussi que c'était chelou qu'il marche encore. T'sais faut l'éteindre quand tu prends les transports magiques, il balance en désignant l'objet. Quand t'fais de la magie pas loin aussi. Ça les nique.

Tout à apprendre. Déjà la meuf confond des caméras et des girouettes. On part de loin. Il ose même pas imaginer comment elle va vriller quand elle va découvrir la fonction GPS. Le vrai truc de malade mental quoi. Autour d'eux, un tas de gens, téléphone en main, prennent des photos du paysage, ou se prennent en selfie devant. Pris d'un élan, Elliot sort le sien et pousse un peu Freya en agitant un bras.

- Fous toi d'vant la mer. J'veux prendre une photo. Allez !

Son appareil est si vieux qu'il fait un vieux bruit à chaque cliché qu'il prend, son pouce en suspension sur la touche tandis qu'il ignore toutes les protestations de Freya.

- Si si j'veux un souvenir. Imagine si j'oublie à quoi tu r'ssembles et tout ! Genre. Vous voulez que je vous prenne en photo ?

La tête tournée vers la nana qui vient de parler, Elliot reste un peu con. Il comprend quand même ce qu'elle raconte entre ses gestes et la sonorité presque équivalente de certains mots.

- Oh, ok, ouais ! Il acquiesce sans trop réfléchir en refilant son téléphone.
- Waw, il est vieux. J'savais même pas qu'ils se faisaient encore.
- Huh ?
- Il est vieux... ancien ! Le téléphone, elle répète dans un anglais approximatif.
- Ah ! Ouais... c'est moins cher c'est pour ça, il argumente avec un sourire.
- J'imagine... alors attendez...

Elliot se place derrière Freya et l'attrape par les deux épaules, affichant son meilleur sourire. C'est con à dire mais c'est rare qu'on l'prenne en photo autrement qu'à son insu. Même que c'est pas désagréable que de pas avoir à se demander où finira le cliché.

- Merci ! Vous voulez une photo aussi peut-être ? Il demande alors qu'elle lui rend son téléphone.
- Oh nan c'est gentil ! C'était pour rendre service, passez une bonne soirée !

Accent de merde certes, mais au moins elle a assez de vocabulaire pour échanger des phrases entières. Tourné vers Freya, Elliot zieute les photos prises sur son écran et les lui montre brièvement. La moitié sont floues.

- Mate ça. Tellement insaisissable qu'aucun appareil peut t'capturer quoi. Y en a une de bien, en vrai. Bon après c'est bain d'minuit j'te préviens. Nonchalant, il a déjà bifurqué son attention sur l'horizon, qui prend de jolies teintes rosées. T'reste des bonbons ? J'ai encore faim.


Le match caritatif

Message publié le 09/12/2025 à 09:56

Bien sûr qu'elle est pas comme ça. Genre il le sait ok ? Mais si juste le fait d'avoir peur que ça marche pas la pousse à l'devenir sans même le faire exprès, ça d'vient carrément un problème. Elliot se contente de la maintenir contre lui comme si ça pouvait suffire à la convaincre qu'elle a pas b'soin d'avoir peur. D'avoir peur c'est elle qui foire tout. Même qu'elle a raison d'avoir peur. Personne au monde est capable de rien foirer. Ils se feront fatalement du mal à des moments, c'est évident. Elle lui en fait déjà, sans l'faire exprès.

Il sait pas s'il doit croire ses promesses. Il sait pas s'il a confiance.
Sans doute qu'il a pas vraiment confiance, en vérité.
Mais il a pas besoin d'avoir confiance pour l'instant.
Il a besoin de serrer Freya dans ses bras.

Même qu'il en profite autant qu'il peut. Parce qu'il a plus eu l'droit à ça depuis des années, et qu'un addict qui replonge ça replonge violemment. Sans doute qu'ils sont un peu ridicules, plantés sur le chemin comme ils sont. Sans doute qu'ils s'en tapent fort autant l'un que l'autre. Elliot en oublierait presque où ils sont, le match qu'il vient d'jouer, les dix dernières années passées. C'est un peu tragique de réaliser que tout a bougé sans que rien n'ait vraiment changé. Un peu naze. Un peu beau. Un peu con. Tout ça à la fois. Pis au bout d'un temps :

- T'vois encore quelque chose ? Il s'fout d'elle en s'écartant juste un peu.

Les mèches rousses se balancent avec le vent, lui avalent la figure. Deux yeux embués le regardent, un peu ahuris. Il secoue la tête, comme un peu dépité par la vision, et tente vainement de replacer quelques cheveux ici et là. Pis sans prévenir il la saisit pour l'embrasser de nouveau, chaste. L'goût est sucré à cause de la crêpe et du sirop d'érable. Sa main attrape celle de Freya avant qu'il l'embarque avec lui pour recommencer à marcher, comme si de rien n'était, ignorant les reniflements discrets de la sorcière, et sa gueule dramatiquement souillée par des larmes qui sèchent à peine.

- T'm'as promis un coucher d'soleil sur l'horizon, il balance, sérieux comme un pape. J'veux dire, parait qu'c'est un truc unique en France ça, les couchers d'soleil, alors ce serait bien qu'on l'manque pas. Jamais vu d'coucher de soleil français tu vois ? C'est important.

Ça l'est pas vraiment. Rien ne l'est vraiment, en dehors de Freya Carter qui l'tient par la main le long des sentiers de Quiberon d'ailleurs. Mais ça il le dit pas. Il préfère débiter tout un paquet de conneries histoire de lui étirer au moins l'ombre d'un sourire. Cherche à la faire marrer en imitant soudain l'accent français, désignant des trucs au hasard. Parle plus ni de Jun, ni de promesse, ni de peur absurde, ni de retenter un truc. L'truc est déjà là. Alors il va juste en profiter. Il pointe du doigt le soleil plus loin, et prétend la découverte du siècle :

- Oh putain ! Mais c'est l'vrai ? Dingue. C'est ma première fois, putain j'sais pas si j'suis prêt !


Le match caritatif

Message publié le 08/12/2025 à 19:24

Les mains de Freya s'accrochent à sa veste, l'invitation on ne peut plus claire ; c'est tout ce dont Elliot a besoin pour s'approprier pleinement les lèvres de la sorcière, les mains en coupe autour de son visage. La sensation a toute la saveur d'une première fois, et lui donne la sensation d'un vertige qui le fout en l'air complètement. Il est forcé de laisser s'éloigner Freya au bout de quelques secondes pourtant, ses yeux rouverts pour profiter d'une vision qu'il a plus eu le loisir de voir depuis dix ans.

- Mh ?

Une main récupère une mèche de cheveux roux pour la glisser derrière une oreille tandis qu'il la laisse se placer contre lui. Il voudrait presque encapsuler l'instant. Sauf que dans la seconde suivante, Freya le brise. Les yeux froncés, il se recule presque par réflexe pour la chercher du regard sans vraiment comprendre où elle veut en venir, alors qu'elle commence à évoquer Jun. Jun qu'attend d'savoir si elle va revenir vers lui, après qu'elle lui ait parlé. Jun qu'attends des réponses au milieu de sa boutique alors qu'elle se tient enroulée dans une écharpe au nom de Blackburn, de l'autre côté de la Manche.

- Quoi ?

La colère monte presque instantanément. Comme un vieux réflexe, teinté d'incompréhension. Les yeux un peu écarquillé, il la regarde comme s'il lui était poussé un autre visage, alors qu'elle affirme que c'est pas cool. Putain d'euphémisme de l'année ça.

- J... quoi ?

Il reste la regarder alors qu'elle patauge, des larmes dans les yeux, et le même discours ou presque que y a plusieurs mois, au terme d'une conférence de presse foireuse. La tête dressée vers le ciel comme pour y trouver un semblant de réconfort, Elliot inspire profondément, essaie d'évacuer l'agacement qui manque pas de monter et monter encore. C'est-à-dire qu'elle a causé au mec. Mais elle s'est pas résolu à tout terminer. Elle s'est gardé un plan B. Elle s'est gardé un fucking plan B. Parce que l'manque de courage a bon dos. Si avait l'moindre respect pour ce gars, elle l'aurait lâché pour de vrai, qu'il existe ou pas.

Elle s'est réservé un plan d'secours au cas où ça marcherait pas. Il est incapable de l'voir autrement que comme ça.

- T'es sérieuse ?

Elliot pousse un nouveau soupir. L'ascenseur émotionnel est vénère. Le genre qui lui donnerait presque envie de taper un truc. Ou d'hurler. Mais il s'retient sans trop savoir pourquoi.

- T'comptes faire quoi du coup ? Il demande finalement, le regard dur, le ton sec. T'attends d'voir si j't'embrasse assez bien pour t'donner l'courage de rompre pour de bon ? T'vas faire un tableau comparatif à la fin pour savoir lequel tu prends ? Freya je jure... Il zieute ailleurs, brièvement, pousse un nouveau soupir. Si ça sert à rien qu'il attende faut lui dire juste ça tu captes ? Parce que là c'est cool pour personne. Vraiment, vraiment pas cool.

Il déteste la voir chialer. Il a toujours détesté la voir chialer. Alors il serre les dents, se pince les lèvres et la chope pour l'approcher de lui.

- S'te plait Freya. S'te plait arrête de faire ça si t'as vraiment envie d'retenter un truc ok ? Arrête de faire deux pas en avant et quatre en arrière. S'te plait. Il l'embrasse sur le front et la maintient contre lui, comme pour se convaincre de ce qui vient d'arriver. Se convaincre que c'est pas du vent. Se convaincre qu'elle va pas juste disparaitre entre ses doigts, comme elle s'amuse à l'faire à chaque fois. S'te plait, il répète en l'embrassant encore.


Le match caritatif

Message publié le 08/12/2025 à 15:41

Il profite. Parce que bien sûr qu'il profite. La présence de Freya c'est addictif comme ça, voyez. Même qu'il pensait avoir décroché, y a encore pas si longtemps que ça. Il en était même relativement persuadé. Jusqu'à ce qu'elle le chope à l'improviste entre noël et nouvel an et qu'il parvienne plus à se rappeler c'que ça veut dire avoir décroché. Jusqu'à ce qu'elle vienne se coller à lui dans son canapé, puis dans son lit, toute la putain de nuit. Nan Elliot se souvient plus vraiment c'est comme d'avoir décroché, alors il reste bien, très bien accroché. L'bras tout autour de Freya alors qu'il déambule avec elle le plus naturellement du monde, le cœur léger.

- Ah ouais carrément ?

Même qu'elle aurait pu. R'joindre les Vagabonds. L'Orgueil. Tout c'qu'elle aurait voulu. Il la chahute un peu alors qu'elle affirme qu'les Catapultes auraient pris cher avec elle en face.

- C'est toi qu'aurais pris cher avec mes cognards !

Il rabat sa capuche sur le sommet d'son crâne pour lui cacher la vue, et elle se débat pauvrement en riant. Sans doute que dans cette autre réalité, il aurait même pas eu la foi d'lui en envoyer, c'est ça la vérité. Dans cette autre réalité, ils seraient peut-être resté ensembles, parce que Freya se serait pas tant détaché de lui. Il aurait peut-être migré de club rien que pour que ça marche. Ils auraient pas laissé passer dix ans d'tout et de rien. L'sérieux revient vite alors que l'un comme l'autre réalise qu'il fait probablement pas bon s'imaginer des choses qu'ont jamais existé.

- Mhf.

Même que la suite le fait froncer les yeux, abandonner l'espèce d'insouciance qui s'accroche à lui depuis qu'il a posé les yeux sur une Freya Carter enroulée dans une écharpe à son nom à la sortie du match. Il s'arrête pas de marcher, assimile un peu tout le bordel sans trop montrer de réaction, l'regard posé sur le décor sans vraiment y prêter d'attention. Il resserre brièvement sa prise, comme si ça suffisait à exprimer ce qu'il ressent sur le moment. Sauf que ça suffit pas.


- On était des gosses, il rappelle à Freya, en écho à ce qu'il a pu lui dire plusieurs mois plus tôt. On r'fera pas l'histoire, mais j'pense qu'on est safe de partir du principe que c'est la faute de personne si on a eu trop d'trucs à gérer pour faire les choses bien. Toi comme moi... j'l'étais pas, compréhensif. Fin je l'étais, mais je l'étais pas assez. Clairement. Alors t'vois j'ai merdé aussi.

Il s'arrête finalement, pour faire face à Freya. Son regard fuit un peu alors qu'il inspire profondément, avant de rebraquer toute son attention sur elle :

- J'regrette pas forcément. J'veux dire. On s'est pas si mal démerdé au final. Trouve pas ?

Il regrette d'avoir manqué d'patience. Il regrette le pari, Victoria. Mais l'reste ? L'reste fait d'lui ce qu'il est aujourd'hui. Il en est assez fier pour s'dire qu'il regrette pas forcément. Pas alors que dix ans plus tard il s'tient là malgré tout, avec des sentiments qu'ont pas l'air d'avoir bougé.

- J'ai rien envie d'regretter Freya. Mais j'ai vachement envie d'retenter t'vois ?

Elliot s'avance, hésite qu'une demi-seconde avant d'poser ses lèvres sur celles de la sorcière.

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