Femme
22 ans
Né-moldu
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 25/02/2026 à 03:54
Même pas encore assise que sa conviction se confirme implacablement : Prisca n'a pas envie d'être là. Seulement voilà, en cloque ou pas, titulaire ou pas — putain de merde —, bonne humeur ou pas, elle reste une Harpie. Or il s'agit d'un rendez-vous professionnel donc sa présence est requise. Sauf que Malya tire toujours la gueule à l'autre bout de la table et que cette connasse de réserviste qui a pris sa place est un peu trop contente d'elle-même au goût de l'attrapeuse déchue qui ne fournit pas de grands efforts pour dissimuler son amertume. Si elle pouvait elle serait devant chez Quintus batte en main, empruntée à l'autre batteuse évidemment, pour lui remettre en main propre le faire-part de grossesse de son rejeton.
Tout ça pour fêter le pot de collaboration de l'équipe avec leur nouvelle chargée de comm' parce que la précédente est en congé maternité. Ça emmerde profondément Prisca ces pétasses opportunistes qui s'octroient la place d'autrui comme des charognardes qui attendent le dernier râle d'agonie d'un animal mourant pour se jeter sur la carcasse. Et puis à quoi ça rime de participer à une beuverie quand on est cantonnée à la flotte ? Les doigts trop soigneusement manucurés d'une sorcière qui n'a plus que ça à foutre de ses journées pianotent rageusement sur la table tandis qu'elle se fait un devoir de croiser chaque paire d'yeux présente avec un sourire assassin. Toutes sauf une.
Comme elle n'a pas envie de voir ses coéquipières s'amuser et se réjouir alors que leur attrapeuse, la vraie la seule, est clouée au sol et qu'elle a décrété ne pas pouvoir saquer cette sale garce qui est la raison de cette réunion indésirée, Prisca tourne son attention vers la seule personne dans le petit salon privé qui ne la dégoûte pas. Oui, elle-même inclue. Une sorcière discrète, mignonne, aux allures de bonne fille sage qui contraste vraiment dans le décor d'une équipe de Quidditch composée de joueuses extraverties et bruyantes dans un bar qui ne va pas tarder à voir son sol imbibé de bière. Qu'est-ce qu'elle fout là en fait ?
Manifestement elle accompagne la chargée de communication. Angel, Agnès, Anita, bref. Prisca ne sait plus, n'a pas considéré utile l'effort à fournir pour retenir son nom. D'autant que d'après les échos qu'elle a entendu des projets de ce vautour-là, elle envisage de faire de l'attrapeuse réserviste le fer de lance de sa campagne marketing. Ben voyons. C'est pas parce qu'on met une jolie selle à une ânesse qu'elle devient une jument de course, grognasse.
Puisqu'elle est la seule dont Prisca Salée Thompson peut tolérer la compagnie, cette dernière prend son verre insipide et contourne la table pour aller s'asseoir à côté de miss candide en dégageant sans ménagement la gardienne, cette gourde qui squatte son poste aussi ancrée que dans son rôle immobile, qui occupe la place. Le regard lourd de la capitaine qui lui intime silencieusement de ne pas chercher à se taper la demoiselle glisse sur la carapace d'indifférence de la future maman — elle se rappelle qu'elle le sera bientôt chaque fois que sa main se dirige inconsciemment vers son ventre, comme aimantée — qui tend son autre main encore capable de se tourner vers l'extérieur, vers autrui que ce petit bout d'elle en elle, à l'inconnue.
— Prisca, l'attrapeuse de l'équipe. Et toi, ma belle ?
Sors-moi de là, pitié.
Message publié le 24/02/2026 à 05:08
Est-ce qu'elle en a quelque chose à cirer de ce que veut Quintus ? Il veut Caecilia. Non, il ne peut pas l'avoir elle, pas question. Alors Prisca prend une décision avec à cœur les intérêts les plus importants qui soient : ceux de Nem-nem. S'il existe une infime chance que Vic puisse distraire l'attention de son père afin qu'il se focalise davantage sur l'enfant que sur son obsession malsaine pour son amie, elle fera ce sacrifice. Elle partagera son bébé. C'est dommage, une maman merveilleuse aurait été plus qu'assez pour combler celui-ci comme l'a si bien dit la précieuse amie. Mais Malya ne sera pas sa deuxième mère. Au lieu de ça, Vic aura des parents qui se détestent l'un l'autre et eux-mêmes. Mais s'ils l'aiment, si ce petit être parvient à les mettre d'accord rien que pour lui, peut-être que ça suffira.
— File de quoi écrire. J'dois envoyer une lettre au Père Noël.
Débarrassée du verre, la sorcière convalescente se masse le front sournoisement attaqué par sa meilleure amie. Si elle avait pu bouger sans re-briser la moitié de ses os, elle lui aurait collé un coup de boule. Une brève moue boudeuse pour signifier à Nem-nem que sa pichenette ne lui a pas plu et puis des yeux de biche pour plaquer sa tête contre une main douce et réclamer des caresses. Prendre soin l'une de l'autre à tour de rôle, en même temps, toujours. C'est ce que font deux âmes sœurs qui n'ont jamais été amantes parce que ça complique toujours les choses. Est-ce qu'un mariage peut arranger les affres d'une relation sans engagement ? La brune serait si belle en robe blanche. Pas celle-ci, l'autre.
— Ça va ! j'déconne. Tu voudrais que j'me maque avec qui ? T'es d'jà mariée.
Un coup d'œil au doigt paré d'or de Caecilia. Elle ne portait pas l'anneau la veille. En quoi pouvait bien consister le jeu saugrenu des époux Fawley ? Prisca avait déjà joué une manche avec eux et soit elle avait remporté la partie soit elle avait renversé le plateau. Dans un cas comme dans l'autre, mieux valait s'abstenir de s'en mêler à nouveau.
— T'as pas l'air convaincue pour ton mari. C'pas grave, Vic aura pas de parrain. Deux marraines c'est mieux. Comme ça tu te battras avec Malya pour être celle qui choie le plus votre filleule. Et tu t'feras pas fracasser le crâne à coups de batte. Me remercie pas. J'taime, c'est normal.
L'intensité des fourmillement dus à ses côtes se régénérant a drastiquement diminuée et Prisca se sent la force de se lever. Elle essaie de se hisser sur ses coudes avec ou sans l'approbation de son infirmière impromptue. Sa malice de nouveau prête à opérer également, elle dédie à Caecilia un sourire narquois. Puisqu'elle veut s'occuper de sa Pripri, autant lui donner de quoi faire. Et la blonde a bien l'intention d'en profiter.
— J'ai envie d'un chocolat chaud. Avec des marshmallows s'te-plaît. Tu m'aideras aussi à prendre ma douche ? Et après il faudra changer les draps. C'est gentil de m'avoir mise dans mon lit mais j'suis couverte de boue et de sueur, c'est dégoûtant.
Touchée, c'toi la louve maintenant.
Message publié le 22/02/2026 à 19:10
Les gêneuses. Le point de vue de Caecilia sur la personne dont dépendait la guérison de Prisca et sur celle qui était plus importante que la blonde accepterait jamais de l'admettre amuse cette dernière. La tireuse d'élite n'a cependant pas tout à fait tort, les remontrances sèches et la jalousie déplacée n'étaient que des encombrements. La brune et son soutien indéfectible suffisent plus qu'amplement à l'attrapeuse déchue. Quoiqu'elle se serait passé tout aussi volontiers de l'insulte acide que lui crache la brune.
— Me traite pas de mec. Sérieux, j'ai ni envie ni besoin de chialer.
Combien de temps ça prendrait pour retrouver ses facultés physiques après l'accouchement ? Trop évidemment, mais pas assez pour décourager Prisca Thompson de remonter sur son balai et de pourchasser ses rêves. Et la douleur s'amenuise lentement mais sûrement. Non, elle n'a aucune raison de pleurer. Tout ceci n'est qu'un contretemps. De plus, avec une Nem-nem inquisitrice, aucune place au loisir de flancher un tant soit peu.
— Quitte à baisser ma garde, mieux valait lui qu'un autre. Je l'aurais peut-être pas fait si j'avais été sobre...
Le souvenir terrible et douloureux de la confession inacceptable d'un Quintus ivre resurgit. Oui, l'alcool peut avoir bon dos vu l'ampleur de la désinhibition qu'il peut causer.
— 'Fin tant pis, c'est fait.
Prisca ne parvient à s'abandonner totalement à la veille de son amie-sœur que parce qu'elle n'est pas en mesure de remarquer le trouble de cette dernière. Même si au fond elle sait que le rapport à la maternité de Caecilia est forcément un peu compliqué, pour employer un euphémisme, elle a trop besoin d'être celle qu'on choie cette fois pour couvrir sa tendre amie de sa protection lupo-maternelle. Le prénom suggéré s'insinue dans l'esprit de Prisca qui l'imagine rouler sur sa langue. Avec amour : Vic. Autoritaire : Vic ! Compatissante : Vic... Pourquoi pas. Vic qui lui en fera voir de toutes les couleurs quand maman devra soigner ses bobos, éponger ses peines, chasser ses insécurités. Qui l'élèvera dans ses succès et ses joies, la rendra fière quoi qu'il arrive. Un petit être de dichotomie qui sera en même temps sa meilleure force et sa pire faiblesse.
Nem-nem ne semble pas aussi convaincue qu'elle pour Manius. L'optimisme joue des tours à Prisca qui a pris la présence de ce mari indésiré pour un bon augure mais se souvient avoir quitté un homme terriblement blessé et une femme brisée derrière elle en quittant Dinefrw. Donc leur apparition conjointe au stade n'était finalement que la continuité de leur mascarade. N'y a-t-il aucun espoir de bonheur pour cette amie qu'elle aime tant ? Est-ce que tout a été irrémédiablement foutu en l'air ? Est-ce que toute la faute incombe à Quintus ? Que faire de ce père-là que Prisca n'est plus sûre ni de vouloir dans sa vie ni de vouloir vouer à l'oubli ?
— Je sais pas encore si je vais le dire à Quat'zyeux. Peut-être que ça l'emmerderait d'avoir un gosse. Peut-être que mon bébé a pas besoin d'une figure masculine dans sa vie.
Sauf que ce con de Serpentard a forcément voulu cet enfant s'il a interféré avec la potion contraceptive. Il ne peut y avoir d'autre explication. Et quel pied de nez ce serait de lui refuser la paternité. Est-ce que Malya ferait une bonne co-maman ? Est-ce qu'elle voudrait ?
— Dis, Nem-nem. T'en penses quoi toi ? Vic mérite l'amour de deux parents, non ? À ton avis est-ce que... 'fin j'sais pas. Je devrais peut-être, t'sais.
Non elle sait pas. Comment elle pourrait savoir ? Il n'a jamais été question de ça dans la vie de Prisca. Cela dit, il n'a jamais été question d'un enfant non plus. La donne a changé.
— Je devrais p'têt me caser.
Là c'est sûr, sa meilleure amie va l'emmener à Sainte Mangouste en pensant qu'elle s'est fêlée la cervelle ou qu'elle a viré maboule. Enfin, la blonde se décide à boire son verre d'eau un peu comme si ça la cachait de la réaction de Caecilia.
Message publié le 22/02/2026 à 05:46
Abattue par son état, ses états puisqu'en plus d'être blessée la voilà enceinte maintenant. Ou est-ce l'inverse ? Trois à quatre mois, est-ce que ça comptait avant de savoir ? Soit. Abattue, Prisca ne voit pas le duel des yeux revolvers entre les deux brunes qui sont chacune furieuses pour leurs propres raisons. Cela ne l'empêche pas de savoir que ça va dégénérer dès que la voix de Caecilia lui parvient dans ces oreilles qui voudraient ne plus rien entendre, n'avoir pas déjà entendu la condamnation qui l'a terrassée. Elle connaît son amie, son timbre et ses intonations ; elle sait que ces grognements-là ne sont plus des avertissements mais le passage à l'attaque. Un fracas, la poigne de la tireuse sur le corps brisé et crac.
Son matelas a le mérite d'être infiniment plus confortable que le banc du vestiaire. Et heureusement, le talent de son amie surdouée en magie épargne à Prisca la brutalité d'un transplanage qui aurait pu l'achever. Non, ce qui fait tousser la joueuse dont les côtes se tordent et la torturent c'est le rire interrompu qu'elle n'a pas su retenir.
— Malya va vouloir te faire la peau. Et t'as viré ma soigneuse. T'as la cervelle fondue, ma Nem-nem.
La blonde ne sait pas bien quoi faire du verre d'eau pourtant très à propos que Caecilia l'aide à tenir. Elle est assoiffée mais ne se sent pas la force de boire, pas encore. La potion agit, bientôt ça ira mieux. Vive la magie. Une réflexion en totale opposition avec la fillette de onze ans qui en voulait à cette maudite lettre jaunie de l'avoir arrachée à sa vie d'avant, à ses amis moldus. Cette pensée la renvoie brièvement au souvenir d'elle errant dans les couloirs comme un chat sauvage et farouche, prête à griffer quiconque oserait l'approcher. Caecilia avait été une de ses premières bagarres. Et la meilleure de son existence. Alors quand celle-ci lui dit qu'elle peut pleurer, évidemment elle ne se fait pas prier pour rire. Doucement cette fois, pour pouvoir en profiter sans que ses os fissurés la rappellent à l'ordre.
— Je t'aime aussi, morue, la taquine-t-elle en lui rappelant à elle aussi l'époque où elles ne savaient pas qu'elles deviendraient inséparables. J'peux pas pleurer. Pas avec toi à mes côtés.
Il y a quand même une ombre au tableau. L'amie-sœur n'a pas la cervelle si fondue que n'aime lui répéter Prisca et elle ne tardera pas à tirer des conclusions de la situation une fois l'inquiétude suffisamment dissipée que pour recommencer à réfléchir. L'amante de Quintus doit le couvrir. Pas pour le protéger de l'ire de Caecilia mais parce que c'est un compte qu'elle à l'intention de régler elle-même. Dans un premier temps.
— C'était vraiment con de me taper Quat'zyeux alors que j'avais plus de potion. T'as pas intérêt à m'envoyer bouler pour nos footings, je ferai pas une croix sur le sport tant que je tiens debout.
Malgré la présence de Caecilia, malgré l'idée d'une Malya jalouse à la fois de l'amie et l'amant de son amante, malgré son corps en éclats, Prisca ne peut dévier son attention bien longtemps de ce qui va prendre trop d'importance trop vite. Elle n'avait jamais envisagé d'être mère et pourtant la voilà à six mois à peine de l'échéance. Pas question de sacrifier cette vie sur l'autel de ses ambitions athlétiques. Ça c'est une question qu'elle n'a pas besoin de se poser mais qui laisse donc la place à la myriade d'autres qu'implique un bébé. La tête lui tourne rien que d'essayer d'appréhender cette vie. Elle pose une main sur son ventre comme pour établir le premier contact conscient avec son enfant.
— Je te présente ta marraine, la meilleure sorcière du monde. Nem-nem, je te présente... tu veux bien m'aider à choisir ? Tu trouves qu'ça sonne mieux quoi avec Thompson : Jessie, Lesley ou Val ?
L'autre main de Prisca se débarrasse du verre d'eau sur la table de chevet et cueille celle de sa meilleure amie pour l'amener à la rencontre du bébé. C'est un moment qu'elle a besoin de vivre avec celle qu'elle aime plus que tout. Un amour qu'il faudra bientôt partager. Ça ira, ce calcul n'est pas une division mais une multiplication.
— Vu que celui qu'aurait dû être son parrain est le papa, tu crois qu'Manius accepterait ? Vous feriez la paire.
Le sous-entendu est limpide. Les yeux d'aigle repèrent aussi bien les vifs d'or que les visages dans la foule. L'attrapeuse a vu le couple Fawley ensemble, unis pour l'encourager. Plus romantique qu'elle ne le paraît, elle aime croire aux histoires d'amour. Surtout celle-là. Celle qui se finit par un happy end pour sa Nem-nem.
Message publié le 19/02/2026 à 05:27
Caecilia est implacable. Son autorité contraint Prisca à refermer ses yeux aveuglés par la lumière trop vive et à serrer les dents pour qu'elles soient les gardiennes empêchant l'évasion des gémissements que provoquent à la fois la douleur de la chute et la sensation désagréable de ses os qui se ressoudent trop vite sous l'effet de la potion. Depuis combien de temps, oui, bonne question. Même si l'attrapeuse à déjà une idée un peu vague. Ce n'est pas comme si elle fréquentait la gent masculine aussi régulièrement que Malya.
— Si le développement du fœtus...
Bébé, connasse.
—... est normal, ce qui nécessiterait quelques examens complémentaires pour être confirmé mais ce me semble bien le cas, cela doit faire entre trois et quatre mois.
Évidemment. Il n'y avait pas beaucoup d'autres possibilités. Nem-nem doit forcément sentir son agitation car elle lui intime de nouveau, avec douceur cette fois, de se détendre. La voix de sa tendre amie qui sait elle aussi jouer habilement de son ton pour parler à Prisca de la manière adéquate en toutes circonstances parvient à remplacer la grimace endolorie par un sourire fragile. Je t'aime. La blonde n'oublie pas pour autant l'autre brune si présente dans son quotidien. Je vous... Non. Pas de ça avec elle.
— Tu sais qui est le père ? demande cette dernière, la jalousie pointant dans sa voix.
Forcément. Entretenir une relation libre dépourvue de sentiment c'est facile et ça fonctionnait très bien jusqu'à maintenant pour les deux jeunes femmes. Mais dans le registre des complications, un marmot ça se pose là. Bien que Prisca ne rechigne pas à révéler son identité à sa coéquipière tout en sachant qu'elle exposerait le coupable à quelques coups de batte, elle ne peut l'embarrasser devant la soigneuse. Prétextant de porter la main à son front, la joueuse ouvre les yeux pour fixer Caecilia avec intention tout en mimant brièvement un verre de lunette devant l'un d'eux. Elle comprendra.
— Quelques pistes, élude-t-elle verbalement.
— Se protéger ne vous a pas semblé être une bonne idée ?
Cela requiert un effort de ne pas fusiller du regard la médicomage. Prisca ne s'est jamais cachée d'être libertine et tout le staff qui entoure les Harpies est au courant. Certaines se permettent de la juger. Mais ce qui agace réellement la future mère c'est qu'on la pense assez stupide pour ne pas prendre ses précautions. Ou pour lui faire croire qu'elles n'ont pas suffit. Le papa allait devoir fournir quelques explications. Quoi qu'il en soit, Prisca s'abstient de fournir une réponse qui n'a pas la moindre importance de toute façon. Peut-être qu'elle aurait dû car la sorcière qui s'occupe d'elle décide de l'anéantir. Parce qu'elle est vexée du mutisme de sa patiente, forcément. Ce n'est pas comme si sa conclusion était logique et motivée par l'intérêt de la santé de l'athlète et de son enfant.
— Quoi qu'il en soit, plus de match pour vous. Jouer dans votre état tient de la folie, vous comprenez.
Une goutte de sel s'écoule des paupières qui se sont refermées sous la douleur de ce coup de poignard-là. Sa main toujours prise dans l'étau des doigts de Nem-nem et l'autre qui s'empare de celle de Malya se crispent, quémandent les forces qui l'abandonnent pour faire face.
Aidez-moi.
Message publié le 16/02/2026 à 02:04
Un sortilège s'empare d'elle et la transporte avec douceur à l'abri des yeux de la foule dont l'effarement le dispute à une curiosité un peu morbide. Son monde est devenu douleur et elle aimerait pouvoir ouvrir ses yeux peu coopératifs pour ne plus avoir l'impression de se voir de loin, petite poupée désarticulée. Pas besoin de la vue pour savoir à qui est cette main qui serre la sienne, elle la connaît mieux qu'aucune autre. Remonte sur ton balai.
Mais les doigts ne la laissent pas partir, pas avant longtemps. Pas quand une voix sèche intime à la batteuse de faire de la place, pas quand d'autres mains la palpent avec minutie pour évaluer les dégâts. Une formule indistincte qui n'apporte pas encore le soulagement mais des réponses. À quel point Prisca Thompson est-elle cassée ? Est-ce que le sortilège dévoilera à la médicomage les récentes fêlures dans le cœur de la joueuse ou ces blessures-là, plus graves sans aucun doute, sont-elles invisibles à la magie et aux yeux les plus avertis ? D'autres incantations. Toujours pour l'ausculter. Putain mais filez-moi une potion.
La main relâche son étreinte. Pourquoi ? Prisca n'est pas prête à ne plus sentir la chaleur de Malya. Ses protestations ne sont qu'un gémissement inaudible. La main revient pourtant. Non. Ce n'est pas la même. Des lèvres au bout de ses doigts. Une caresse dans ses cheveux. Si elle le pouvait, l'athlète sourirait. Bien sûr qu'elle est là, comment pourrait-elle ne pas l'être ? Une petite pensée compatissante pour quiconque a pu vouloir l'empêcher de la rejoindre avant de la reconnaître. T'inquiètes pas pour moi.
Conciliabule entre l'amie-sœur et la médicomage. Pourquoi leurs voix sont-elles des souffles à peine perceptibles ? Prisca veut savoir. Elle capte quand même l'essentiel. Fractures. Pas besoin d'être hospitalisée, ouf. Potion. Ressouder les os. La joueuse l'attend cette potion, elle s'impatiente. Elle en a assez d'avoir mal. Malgré l'effort que cela lui demande, elle réclame. Elle formule son besoin, péniblement.
— N... Nem. Ba... be.
J'ai deux mains bande de cruches. Non, ça c'est trop difficile à prononcer. Ce n'est pas nécessaire de toute façon, l'amante reprend sa juste place à ses côtés, touche son épaule. C'est un bon début. Un liquide salvateur coule enfin dans sa gorge. Ce n'est pas le miracle qu'elle voudrait sentir agir instantanément mais cela reste la promesse d'un mieux qui approche.
— Il y a autre chose. Mais le secret médical impose que Mademoiselle Thompson soit seule à... commence la soigneuse.
Comme s'il y avait quelque chose que Caecilia et Malya ne pouvaient pas savoir.
— Rien... à... foutre. D... dites.
C'est qu'elle hésite quand même. La peste soit de la déontologie ! Prisca n'a pas les forces nécessaires pour s'énerver mais heureusement la sorcière qui lui administre les premiers soins consent à cracher le morceau.
— Bien. Le bilan du sortilège de vision du son est rassurant. Votre bébé se porte comme un charme.
Si la potion n'a pas d'effet instantané, ces mots-là ont celui d'une décharge violente qui court-circuite juste assez le cerveau de la jeune femme pour qu'elle en oublie une fraction de seconde la douleur, ses difficultés à articuler et que ses paupières refusaient jusqu'alors de s'ouvrir.
— Putain, quoi ?
Message publié le 11/02/2026 à 02:16
Un sourire de satisfaction accompagne la déclaration de Prisca, fière d'avoir apprivoisé sa petite louve.
— Je t'aime aussi.
Avant longtemps, Caecilia s'affaisse alors que le sommeil l'enveloppe. Enfançonne bercée dans les bras d'une mère de son âge. Prisca reste là à lui caresser la chevelure d'une main affectueuse. Mais sa tâche menée à bien, l'esprit de l'amie infaillible dérive vers tous les coups encaissés sans broncher pour être à la hauteur de son rôle. Les dégâts sont incalculables. Maman louve a protégé sa portée mais à quel prix ? Elle est mutilée. Avec toute la patience méticuleuse d'une voleuse, elle s'extirpe de l'étreinte paisible de Caecilia et la couche confortablement dans le fauteuil avant de la recouvrir et de sortir de la demeure sur la pointe des pieds. Elle va aussi loin dans l'allée que ses jambes la supportent avant de s'écrouler. La douleur au ventre, la douleur au cœur. Recroquevillée sur son flanc elle hurle son désespoir et sa haine d'elle-même. La voix indistincte qui lui parvient n'est ni intelligible ni reconnaissable. Qui d'autre pourrait-ce être que Nem-nem ? Ne me regarde pas comme ça.
Un violent spasme remonte de son estomac alors qu'elle purge son geste impardonnable et son inaptitude à garder son amie-sœur à l'abri. Fluide répugnant et nauséabond qui va empoisonner les racines d'une topiaire pendant que les oreilles de la femme abattue captent des sons désagréables. C'est sa voix. Celle du tyran qui a mis sous scellé le cœur de sa Caecilia. L'imposteur qui reluit en société et s'avilit dans les bras d'une femme qui n'est pas celle qu'il a capturée. Un homme bientôt mort.
Animée par une colère sourde, Prisca se ramasse en titubant et se rattrape plus qu'elle ne le saisit au col de Manius. Son poing frappe mollement la poitrine de cet individu immonde. Les insultes sont la seule arme encore aiguisée dont elle dispose. Pourquoi ne comprend-t-il pas ? Qu'est-ce qu'il a cet imbécile à presser ses bras autour d'elle et à lui chuchoter un souffle doux, des paroles maladroites ? Elle n'en veut pas de son étreinte, de ses égards. Si les injures ne l'atteignent pas, il ne lui reste que les accusations. Le mettre face à sa culpabilité, lui faire admettre ses promesses rompues. Quel genre d'homme s'entête à rassurer une femme qui lui crache son venin au visage au lieu de se défendre ? Sale type.
Combien de temps parvient-elle à lutter avant de ne plus avoir la moindre énergie ? Pas assez pour le faire avouer. Ce n'est qu'à partir de là que Prisca peut entendre les mots, percevoir l'intention dans l'intonation. Il se moque éperdument qu'elle l'abhorre du plus profond de son âme. Il reste prévenant, patient. Et ce n'est que quand elle se calme tout à fait qu'il s'ouvre au dialogue. Pas encore prête à le pardonner, Prisca lui reparle de sa ou ses maîtresses, elle ne sait plus. Elle veut savoir combien, elle veut savoir si elles croyaient avoir séduit un homme marié ou célibataire. Combien de jolis minois qui méritent d'être lacérés et combien qui peuvent prétendre à l'absolution de par leur ignorance ? Aucun prétend-t-il. Elle ne peut pas le croire. Caecilia l'a dit. Son amie n'a pas pu se tromper.
Pourtant cet homme ne sait pas mentir. Ce n'est même pas son honneur qu'il essaie de défendre contre la calomnie, c'est elle qu'il enjoint à ne pas se compromettre en commettant un acte désespéré et inutile. Il ne cherche pas à inventer des alibis ni à forger des preuves. Sa parole est de son propre aveu la seule promesse qu'il peut offrir en gage de bonne foi. Prisca n'a jamais vu en cet homme-là que droiture et bienveillance. Même quand il a volé la main de Caecilia, elle doit admettre qu'il n'a jamais paru en tirer la moindre satisfaction.
Admettons. Manius Fawley n'est pas un menteur. Caecilia ne peut pas se tromper. Que faire dans ce cas ? Douter. Et lui en accorder le bénéfice.
Message publié le 08/02/2026 à 20:06
Tout le monde sait mentir. Pas forcément bien cela dit. Et c'est vrai que Manius Fawley n'a pas le profil d'un bon menteur. Il pourrait prendre des leçons dans ce domaine de la part de Quintus qui est un maître en la matière. La douleur lacérante dans son ventre oblige Prisca à redescendre sur terre. Et ses émotions se posent quelque peu avec elle, l'ire partagée avec Caecilia lève un peu son voile sur l'esprit de l'athlète. Manius aurait avoué à demi-mot son adultère à sa femme dans les douze heures après l'avoir surprise avec son amant. Cet homme dont la maladresse sabotait toute la prudence en est bien capable. Pourtant quelque chose cloche.
C'est sans doute le changement d'attitude soudain de son amie. Un instant elle paraît prête à tuer et celui d'après elle veut mener une enquête tranquillement, seule. Parce qu'on s'en fiche de cette fille. O-phe-li-a. Cette manière maniaque qu'elle avait eu de prononcer son nom. Caecilia ne s'en fiche pas le moins du monde. Elle a l'intention de régler ça toute seule et Prisca sait qu'elle ne l'en empêchera pas. Très bien, elle n'agiront pas de concert dans ce cas. La blonde retourne s'asseoir près de son amie et lui souffle avec douceur le seul conseil qu'elle puisse lui prodiguer.
— Ne fais pas de bêtise, d'accord ?
La nécessité d'en arriver là lui tord les entrailles de plus belle mais Prisca va avoir besoin de Quintus. C'est lui qui grâce à son réseau et son aisance sociale avait le plus de chances de trouver cette bibliothécaire nommée Ophelia. S'il la trouvait, Prisca pourrait aller se faire sa propre opinion sur la maîtresse de Manius.
Les confidences de Caecilia l'attendrissent. Comment a-t-elle fait son compte pour s'attacher si vite à ce mari avec lequel aucun mot n'a été échangé en sept ans ? Comme si Prisca pouvait se moquer d'elle. Au contraire. Elle tend sa main pour prendre la joue de sa sorcière préférée et dépose un baiser sur le bout de son nez.
— Tu es juste pleine d'amour à ne savoir qu'en faire.
Le brusque changement de sujet ramène avec lui toute la malice de la joueuse de Quidditch qui compte bien abuser de sa forme physique impeccable pour secouer Nem-nem.
— À la première heure. Et t'auras intérêt à suivre, je ne te ménagerai pas. Tu vas regretter toutes les saloperies que tu t'enfiles, tu peux me croire.
Le programme allait être chargé pour la tireuse d'élite. L'entraînement exigeant des Harpies n'était pas à la portée de tout le monde et Prisca comptait bien le lui dispenser sans concession. Mais il ne suffit pas d'une séance de sport pour remettre en forme quelqu'un qui se sabote sciemment la santé. Une moue inquiète qui ne lui est pas coutumière inscrite sur ses traits, elle prend la main de Caecilia.
— J'aimerais vraiment que tu fasses plus attention à toi. J'ai peur de perdre la personne que j'aime le plus au monde. S'il-te-plaît, ma Nem-nem.
La supplication se conclut dans une étreinte sororale prodiguée comme si celle-ci pouvait être la dernière.
Message publié le 07/02/2026 à 02:32
Caecilia n'a pas l'air de se rendre compte que plusieurs vérités peuvent coexister selon l'angle sous lequel on voit les choses. Comme la tromperie de Scott qui concerne les deux femmes et pas seulement son amante. C'est même objectivement un peu déplacé de dire que Scott avait trompé Caecilia mais Prisca n'est pas objective concernant sa meilleure amie et approuve totalement cette perspective. Ce qu'elle ne comprend par contre pas et qu'elle a envie de dire à Nem-nem, c'est que cette dernière a accepté sans broncher que son amant la trompe pour finalement se plaindre d'avoir dormi dans le lit qu'elle avait fait elle-même. Mais elle n'a pas le temps de partager le fond de sa pensée que la brune est sur elle, tenant sa main et se permettant l'outrecuidance de lui demander si elle avait couché avec son mari. Prisca a envie d'éclater de rire face au ridicule de l'accusation mais voit bien que ce n'est pas une réaction appropriée. Alors elle se contente de lever les yeux au ciel en entremêlant ses doigts entre ceux de son amie.
— Bien sûr que non, Nem-nem.
Elle se retient d'ajouter quoi que ce soit, de dire à Caecilia qu'elle est outrée qu'elle puisse penser ça. Mais ce n'est pas le moment de monter au créneau avec sa précieuse sorcière bien-aimée. En d'autres circonstances, Manius aurait pu être le genre de mec que la joueuse ne se refuse pas. Mais en l'occurrence, il est à la fois le mari et le geôlier de sa meilleure amie, chacune de ces raisons suffisante à elle seule pour dissuader Prisca.
Le discours de Nem-nem a beau être biaisé, les deux amies partagent le même point de vue. L'infidélité de Manius peu bien sembler logique à Prisca, elle n'en est pas légitime pour autant. Un homme marié se doit d'être fidèle. Pour ça qu'elle avait déjà commencé à éprouver de la rancœur pour Scott et à s'éloigner de lui depuis, quoi, deux ans ? La blonde approuve tacitement les paroles de Caecilia, enregistre l'information : la maîtresse est une bibliothécaire. Ça ressemble bien à l'idée qu'elle se fait du Manius adultère. Puis un nom tandis que Caecilia s'enfonce ostensiblement dans une colère dévorante. Ophelia. Ophelia la bibliothécaire. Mais il y a un point sur lequel Prisca se sent obligée de contredire son amie en rage. L'amante peut tout aussi bien être une complice qu'une victime.
— Tu vas pas dégommer cette Ophelia. Pas tout de suite, ma belle. C'est pas parce que Manius se l'est tapée qu'il lui a dit la vérité. Il est même très probable qu'il lui ait menti en lui cachant qu'il est marié. Si elle n'est pas au courant, elle n'y peut rien. Dans le cas contraire je viens la dégommer avec toi. Mais il faut d'abord être sûres.
Aucune raison de douter de ce qu'avance Caecilia. Elle est si convaincue de ce qu'elle affirme avec aplomb que ça ne fait aucun doute. Manius a une maîtresse bibliothécaire qui s'appelle Ophelia. Indubitable vérité. Prisca est ralliée à la cause de sa meilleure amie, l'a toujours été. Sa seule retenue est de ne pas vouloir s'en prendre à une innocente. Elle lâche la main et se met à faire les cent pas en réfléchissant. Venger Caecilia est une évidence mais encore faut-il le faire de façon sensée.
— On a besoin d'un plan. Pour déterminer si Ophelia est la complice ou la victime de Manius. Déjà, comment tu as appris que c'est sa maîtresse ? Ça peut nous donner une idée de ce qu'elle sait ou pas. On a besoin de preuves. Je te soutiens à cent pour cent, Nem-nem, mais ça rime à rien de s'en prendre à Ophelia si elle sait pas.
Prisca se mord la langue pour ne pas comparer la situation avec Vanessa. Celle-ci ne connaît même pas l'existence de sa rivale amoureuse, comment la blâmer dans pareilles conditions ? Il faut rester concentrée sur le problème actuel.
— Faut qu'on sache avant de l'approcher. Si c'est possible. Sinon on pourra toujours la confronter et voir si elle se trahit.
Message publié le 05/02/2026 à 18:44
Est-ce qu'une vie sans amour vaut la peine d'être vécue ? La réponse a toujours semblé tellement évidente pour Prisca. Liberté, Quidditch, insouciance, ambition... oui, il y a plein d'autres raisons de vivre. Alors pourquoi la remarque de Caecilia l'oblige à y réfléchir ? Aimer, c'est se rendre vulnérable, donner un pistolet chargé à quelqu'un en lui faisant confiance pour ne pas vous tirer dessus. Très peu pour Prisca. Surtout que, malgré tout l'amour et le respect qu'elle a pour sa meilleure amie, cette dernière est la preuve vivante que parfois la personne à qui on file ledit pistolet s'empresse de vider le chargeur dans la poitrine. Et de remettre des munitions derrière.
— Je dis pas que ça fonctionne pour tout le monde. Ma vie me convient comme ça. Toi, t'es trop romantique pour t'en passer.
Au vu du culot que ça a dû demander à Nem-nem pour protester à la suggestion qu'elle ait trompé Manius pendant des années, Prisca ne peut se retenir de pouffer allègrement en se demandant par quelle gymnastique mentale la sorcière est arrivée à la conclusion qu'elle était restée fidèle. Sans méchanceté aucune, c'est juste tellement inattendu même pour elle. Quoiqu'elle comprend un peu le raisonnement quand même.
— Ma belle, d'accord t'as peut-être pas trompé Manius sentimentalement vu que tu l'aimes pas. Mais techniquement... je veux dire, j'étais là quand tu lui as juré fidélité. Je te reproche rien. Même lui ne te le reproche pas apparemment. T'es clean va.
La promesse faite par Nem-nem le jour de ses foutues noces. Bien sûr, c'était une vaste blague, une mise en scène pour contenter ces connards de patriarches au sang-pur. Sauf qu'elle avait prononcé les mots. Prisca revoit encore Quintus, ivre, qui lui confie son sentiment que leur amie commune lui appartient de droit parce que, toute petite, elle lui avait promis qu'ils se marieraient. La douleur tord l'estomac de l'athlète rien que d'y penser. Ce genre de propos a du poids aux yeux des imbéciles qui croient que tout leur revient. Son amie s'en rend-t-elle compte ?
Et comme on peut s'y attendre un peu, mais juste un peu parce qu'elle reste imprévisible, quand on a l'habitude de Caecilia ; celle-ci trouve encore le moyen de lâcher une énorme bombe comme si de rien n'était. Qui amène une certaine réflexion tout de même car Prisca doit bien admettre qu'elle ne s'était jamais posée la question. Pour ce qu'elle en sait, Manius foutait la paix à sa Nem-nem qui en profitait pour se taper son petit-ami et pas besoin de chercher plus loin. Mais c'était loin d'être stupide de considérer que l'homme, tout galant qu'il paraisse, puisse avoir également profité de la liberté accordée à son épouse. Par contre, ce qui désarçonne profondément la blonde, c'est que manifestement Caecilia n'est pas tolérante du tout à cette idée. Un toupet d'autant plus étonnant qu'elle n'a jamais éprouvé la moindre affection pour son mari, a priori. Peut-être que finalement, coucher deux fois avec la même personne provoquait bel et bien le risque de tomber amoureuse. Prisca lève la main devant sa bouche, l'expression théâtralement choquée pour dissimuler son véritable étonnement.
— J'y avais jamais songé ! C'est clair que ça m'étonnerait qu'il ait gardé toutes les femmes qu'il a pu croiser à distance pendant sept ans. Aucun mec ne s'infligerait volontairement autant d'abstinence et faut voir les choses en face : ton mari a un côté séduisant. Pour les gens qui aiment les boy-scouts. Mais pourquoi une autre femme ?
Question un peu stupide à la réflexion. Si Caecilia était romantique, Manius avait tout l'air d'être le romantisme.
— T'es au courant d'un truc, d'office. T'as trouvé une lettre un peu trop ambigüe ou quelque chose comme ça ? T'sais ce qui me choque dans tout ça, c'est que ça t'emmerde. Je te trouve un peu gonflée mais t'as qu'à me dire : Manius ou l'autre gonzesse ? Je défonce qui tu veux.
Ou pas en réalité. Rien ne dit que l'homme marié n'a pas tout simplement soigneusement planqué son alliance pour courtiser des sapiosexuelles prêtent à s'abandonner dans les bras d'un gars en se récitant des dates historiques en guise de mots salaces. Si la vision amuse Prisca, elle n'irait pas jusqu'à venger la jalousie de sa meilleure amie sur une innocente qui pouvait très bien ne pas savoir qu'elle s'était faite avoir par un bonimenteur déjà pris. La solidarité féminine, ça compte.
Message publié le 04/02/2026 à 17:23
Ne me regarde pas comme ça.
La mine contrite de Malya qui la dévisage, les joues rouges, ahanant de l'intense échauffement auquel les coéquipières viennent de se livrer à l'écart, rituel indispensable avant chaque match. Ses yeux de biche soucieuse ne font qu'accentuer la nausée.
— Tu es sûre que ça va ?
Mais tu vas la fermer, oui ?
— Parfaitement bien. Lâche-moi les basques, babe.
— C'est un match gagné d'avance, tu pourrais...
— Rester sur la touche ? Va te faire mettre.
D'un geste brusque, Prisca s'écarte de sa partenaire et lui jette rageusement une serviette. Puis elle s'efforce d'ignorer le regard mi-inquiet mi-furieux de la batteuse tandis qu'elle enfile son maillot. Quand elles rejoignent le reste de l'équipe pour le briefing, la voix de leur capitaine résonne comme si Prisca avait la tête sous l'eau. Elle ne capte pas, n'a pas envie d'écouter. Peu importe, elle sait ce qu'elle a à faire. Ne pas vomir, pour commencer. Son estomac proteste. Elle aurait dû se forcer à avaler son porridge du matin. Les Harpies s'apprêtent à sortir sur le terrain, elle tarde à suivre la marche. Malya ne la devance que de peu, à la traîne elle aussi.
— Hey. Désolée.
— Moi aussi je t'adore, pintade mal lunée, répond l'amante avec un sourire malicieux.
Le couloir, le soleil pâle d'hiver qui caresse l'herbe tondue, les acclamations de la foule. Prisca s'arrête, ferme les yeux en levant la tête pendant qu'elle enfourche son balai. Elle profite du moment, nourrit son âme. Elle vit.
Envol. En face, les Catapultes de Caerphilly pour un affrontement cent pour cent gallois. Prisca n'a aucune idée du plan exact de la capitaine mais les bases sont toujours les mêmes. Il suffit de laisser les poursuiveuses marquer quelques buts pour faire monter le score global et puis de clore le match, le tour est joué.
Envoi. Prisca pourchasse son homologue, le harcèle. Marqué, de sorte que les Catapultes hésitent à la viser elle avec les cognards de peur de toucher leur propre attrapeur. Il ne faut pas le laisser se concentrer, elle zigzague devant lui, danse autour, le distrait.
— Alors beau mâle, tu veux pas voir après le match ce que je sais faire d'autre avec un manche ?
Score. Le palier est atteint, fini de jouer. L'objectif de Prisca est clair : attraper le vif d'or, fermer le rideau et descendre de ce maudit balai qui exacerbe son envie de cracher de la bile. Elle se sépare de son cavalier du match et fait trois tours de terrain jusqu'à repérer l'éclat brillant de la balle convoitée. Couchée sur son bolide, elle fonce tout droit, tend le bras.
— PRIPRI !
Elle ne l'aurait pas vu sans l'avertissement de Malya, trop focalisée sur son objectif et la nécessité urgente d'en finir pour aller remettre ses tripes à l'abri des regards. L'attrapeuse tire sur le manche de toutes ses forces, halte presque nette alors que le cognard la frôle. Mais son estomac, lui, n'apprécie pas du tout la manœuvre et décide de la trahir. Vomissures jaune, ses doigts crispés blanchissent et ses jambes lâchent la prise qui la maintient sur ses ailes de brindilles et de bois vernis. Soudain, son balai et au-dessus d'elle et le sol en dessous se rapproche beaucoup trop vite. Ses yeux se ferment avant l'inéluctable impact. Le bruit sourd est couvert par un cri affolé.
— BABE !
Ne me regarde pas comme ça.
Message publié le 02/02/2026 à 02:35
Des fois Prisca se demande ce que c'est d'être dans la tête de Caecilia Fawley. Une pure cinéaste qui se fait chaque jour sa propre fournée de films dramatico-romantiques. Oui, Malya est en quelque sorte au cœur de la vie de sa coéquipière. Normal, elles passent la plupart du temps ensemble et s'entendent comme larrons en foire. Elles partagent l'objectif d'intégrer l'équipe nationale, un goût pour les relations libres et sans accroche, un vestiaire embué...
C'est vrai, elles sont faites l'une pour l'autre. À leur façon. Pas question d'ajouter cet ingrédient empoisonné qu'est l'amour dans une si belle histoire.
— Disons qu'on a pris certaines habitudes avant les matchs. Mais je sais ce que je fais : je ne laisserai pas la moindre étincelle de sentiment romantique s'immiscer entre moi et mon plan cul préféré.
Oui, Caecilia est définitivement une foutue cinéaste. La spécialiste du mélodrame. Incapable de se contenter des petits moments tranquilles et paisibles. Non, s'il n'y a pas de douleur en permanence dans l'existence de Caecilia, c'est à croire qu'elle ne se sent pas vivre. Pourquoi faut-il qu'elle ramène son enfer sur le tapis et qu'est-ce que c'est que cette question sordide ? Est-ce qu'elle se rend compte de la personne à laquelle elle s'adresse pour demander une chose pareille ? Qu'est-ce que Prisca y entend à la fidélité ? Celle-ci pousse un gros soupir désemparé.
— Comment veux-tu que je te réponde, Nem-nem ? J'ai pas le malheur d'être à ta place et la fidélité c'est une question que je n'ai jamais eue à me poser. À la limite, tu sais quoi ? Je pense que tu te trompes de question en fait. Parce que t'as déjà répondu à celle-là. Tu l'as trompé pendant sept ans ton mari, avec ton petit-ami. Et je crois bien que c'est précisément pour que tu le fasses qu'il t'a passé la bague au doigt. Sinon il aurait étranglé Scott en vous tombant dessus. 'Fin, il aurait essayé.
Prisca essaie de réfléchir, de trouver quelque chose de satisfaisant à dire à Caecilia mais elle n'a pas toutes les réponses. Peut-être qu'elle s'épanouirait en variant les plaisirs, peut-être qu'elle se consumerait. Cela lui semble profondément intime, propre à chacun. Elle n'est certainement pas du genre à se dévouer pour la vie. Caecilia n'a connu que Scott et découvert récemment Manius. C'est normal d'être curieuse. Mais est-ce sain pour son amie ? Et qu'en est-il de Manius ? Est-ce qu'il a passé ces sept dernières années à fuir son épouse pour rejoindre d'autres personnes en toute quiétude, l'air de rien ? Elle déteste devoir réfléchir à ça et encore plus devoir répondre à Caecilia.
— Tu pourrais... je veux dire... c'est une drôle d'idée. Mais Manius s'est montré compréhensif pour Scott. Peut-être que vous pourriez envisager de vous mettre d'accord pour ne pas être exclusifs. Mais comment tu peux lui présenter l'idée ? S'il est contre, le simple fait d'avoir émis cette possibilité lui filera un doute permanent et tu peux faire une croix sur sa confiance.
Non, décidément rien ne sonne juste. Il n'y a pas de réponse à ça. Ou il y en a trop. C'est le genre de question qu'on n'est pas censé avoir à se poser. Sauf que voilà, Caecilia est une putain de cinéaste qui puise une inspiration sans fin de sa propre vie bien pourrie. Et ça énerve Prisca autant que ça lui fait de la peine.
— C'est peut-être moins une question de ce qu'il s'est passé jusque maintenant que de quel genre de personne tu veux devenir. Ho ! et puis tu m'emmerdes avec ta question.
Excédée autant que perdue, Prisca se dirige vers le bar et prend une bouteille de scotch qu'elle envisage d'entamer généreusement. Mais à la réflexion, l'odeur l'écœure et elle renonce. Comme si tout allait bien. Mon cul !
Message publié le 02/02/2026 à 00:47
Presque. Pourtant Prisca sait que Caecilia en est capable. Peut-être qu'elle a juste passé une trop sale journée, peut-être qu'il est trop tôt. Peut-être que la fatigue est plus intense que Prisca ne veut bien l'admettre et qu'elle s'est trompée. Il y a tellement de raisons pour lesquelles ça a pu foirer. Mais elle ne conçoit pas que ce soit parce que Nem-nem n'est pas à la hauteur. Elle peut ne pas l'être là présentement, mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras.
Pourtant, Prisca se découvre quelque chose d'inédit en elle, que jamais elle n'aurait cru possible. Là tout de suite, pour la première fois depuis qu'elles se connaissent, elle n'est pas dans le même camp que sa meilleure amie. Ça la fait tellement chier de voir ce mec interdit en face d'elle, impassible malgré la claque aussi bien figurative que littérale qu'il vient de prendre. À quoi peut-il bien penser ? Est-ce son cœur qui vient d'éclater dans le bruit sec et retentissant de la paume contre sa joue ? Prisca éprouve de la peine pour lui, et ça l'énerve. Elle a envie de courir après Caecilia et de lui restituer la gifle. Quoique moins douloureux que n'importe quel autre coup, la violence du geste a ce quelque chose de pernicieux qui atteint la dignité aussi sûrement que le fleuve va à la mer. Qui cause des dégâts plus irréparables qu'une cicatrice.
— Fait chier ! s'emporte-t-elle en abattant la batte sur la bouteille de bière vide.
Manius ne bronche pas, son regard est pire que triste. Éteint. Une larme coule sur la joue de Prisca tandis qu'elle s'approche de lui en dégainant sa baguette. Elle en a marre de lancer des remèdes inappropriés sur ses amis mais tant pis.
— Désolée, j'ai commis une erreur quelque part. Caecilia ne te mérite pas. Pas encore.
Elle agite l'arme avec laquelle il lui semble infliger tant de souffrance en ce moment et prononce la formule.
Les traces de la main de Caecilia demeurent mais la douleur de Manius s'estompe.
Un petit coup d'œil désolé plus tard, Prisca sort de la résidence sans savoir quoi dire ou faire.
Caecilia est là, petite fille malmenée par la vie, par ses amis, par elle-même. Qu'elle le veuille ou pas, Prisca vient s'accroupir près d'elle.
— Je vais pas te forcer si tu veux pas mais on pourrait aller se défouler un peu toutes les deux. Malya a des gnomes dans son jardin, c'est toujours sympa de faire du dégnomage. Ou mieux, tu as quelqu'un qui t'aime là-dedans. 'Fin c'est toi qui vois.
Puis elle lui prend la cigarette des doigts. Faut pas déconner non plus. Et elle laisse quelques secondes à Caecilia pour se décider avant de transplaner et de s'oublier dans les bras de n'importe qui.
Prisca Thompson a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Griffe !
- Sortilège
- Sortilège du Bisou Magique
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 19
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Les traces de la main de Caecilia demeurent mais la douleur de Manius s'estompe.
Autres résultats possibles
La marque sur le visage de Manius disparaît avec sa douleur.
Hélas, Prisca n'est pas soigneuse et son sortilège reste sans effet.
Un choc remonte de la baguette pour parcourir le bras de Prisca et achever sa course sur son visage où s'inscrit la douleur qu'elle partage désormais avec Manius. Ça a quelque chose de poétique à défaut d'être agréable.
Message publié le 01/02/2026 à 02:59
— Il suffit pas d'essayer. Trouve les bonnes raisons de le faire, conclut Prisca.
La peine de son amie un peu plus légère, pour l'heure, la conversation finit par dévier sur des sujets qui pèsent moins lourd sur les épaules mais qui n'en sont pas forcément moins importants pour autant. Prisca raconte les paysages magnifiques de ses voyages, les meilleurs restaurants de Grande-Bretagne, les performances d'un nouveau modèle de balai, les rencontres fortuites avec des anciens condisciples. Les deux amies-sœurs se disent tellement de chose que, de temps en temps, Prisca arrive presque à oublier que Quintus git dans son lit à l'hôtel et que Caecilia n'en sait rien parce que, elle, a oublié.
— [...] Une croisière sur le lac de Bled que la capitaine avait dit. Tu parles ! Ha c'était beau : imagine une grande étendue d'eau turquoise qui reflète les Alpes juliennes, une vue imprenable sur l'église médiévale... 'fin bref. Sauf qu'on était sur des barques à ramer pendant des heures parce que c'était dans son programme d'entraînement. Je te raconte pas comment Malya était vénère. [...] Faut que tu testes leur haggis. C'est une recette transmise dans la famille depuis des générations, un bon petit plat grand-mère. Sauf que Malya se rend compte que son couteau est tordu et essaie de le redresser. La lame est partie comme une flèche sur la table d'à côté ! Y a pas eu de blessé mais on a quand même dû se barrer. Mais qu'est-ce qu'on a ri ! [...] Malya a un nouveau balai, tu verras comme elle déchire avec. Tellement qu'on dirait une pluie de météorites sur l'équipe adverse. [...] Tu devineras jamais qui a voulu rejoindre l'équipe ? Sina Ganders, t'sais la peste qui piquait tout le temps les lunettes de Quintus. J'ai eu besoin que d'un regard pour que Malya capte le message. On aurait dit que Sina s'était transformée en aimant à cognards. L'est pas prête de remonter sur un balai. On y est peut-être allé un peu fort j'avoue.
Elles papotent aussi d'actualité et de ragots people. Les emmerdes c'est franchement moins pénibles quand c'est aux autres que ça arrive. Les histoires d'athlètes qui font éclater leur réputation à cause d'un petit scandale, l'affaire de la fiole de Felix Felicis achetée au marché noir par Seth Spindle pour booster les performances de son équipe. Prisca évite les racontars sur les couples de sportifs en se disant que c'est pas le moment pour Caecilia. Dommage, rien ne vaut l'anecdote de deux équipes qui se font sabotées par leurs propres joueurs parce que certains d'entre eux entretiennent une liaison avec quelqu'un de chez l'adversaire. C'est pas Prisca qui se ferait prendre à empiéter sur les résultats des Harpies pour des histoires aussi triviales, Malya pouvait en attester.
Message publié le 01/02/2026 à 01:48
À peine commencé, déjà terminé. Victime de son succès, le petit divertissement malicieux de Prisca s'achève sitôt que Caecilia tombe dans le panneau. Triomphante, elle regarde Manius tendre la main pour saisir celle de la sorcière qui vient de voler à son secours sans une once d'hésitation.
— Viens t'asseoir, Caecilia. Détends-toi, elle se paie juste ma tête.
Un sentiment doux-amer s'empare de la sportive tandis que Manius entraîne son amie vers un fauteuil qu'ils peuvent partager. Elle est toutefois satisfaite que la cérémonie ait été menée à bien. Prisca Thompson cède à Manius Fawley la protection de Caecilia et ainsi elle se retire du conte après avoir accordé la main de cette dernière à cet homme trop patient. Et eux vécurent heureux jusqu'à la fin des temps.
Avec la confirmation, bien que le doute ne subsiste pas après que Caecilia a débarqué baguette en main pour sauver son historien, que Nem-nem est prête à sortir les griffes pour son mari et surtout qu'elle l'a montré devant l'intéressé, que lui reste-t-il à faire ici ? Manius est déjà exaspérant de gentillesse et d'attention. Qu'a-t-il à dévoiler à son épouse qui puisse lui plaire davantage encore que cela ? Prisca a bien une idée mais elle ne va quand même pas distribuer des coups de batte à sa meilleure amie. Sauf si elle se permet d'allumer une cigarette.
C'est pourtant pas l'envie de cogner qui lui manque, au contraire. Ça réveillerait ses muscles engourdis, viderait sa surcharge mentale, relativiserait la violence du sortilège qu'elle a lancé quelques jours plus tôt. Ça lui ferait oublier, à elle aussi, sa douleur ; qui sait ? Sa meilleure amie dans les bras de Fawley, plus en sécurité que n'importe où ailleurs. Prisca sourit. Prisca se sent seule. Un peu. Beaucoup. Passionnément. Est-ce que Malya a envie d'aller boire un verre ?
Elle secoue la tête. Il faut bien qu'un jour maman louve regarde sa portée grandir et fonder sa propre meute.
— Je joue au Quidditch, en général. Parfois aux cartes. Vous avez pensé à votre voyage nuptial ? Il n'est pas trop tard.
Autant donner le change pour le moment. Elle aurait toujours le temps plus tard pour revenir à ses projets initiaux. Et puis Caecilia lui semblait déjà si loin d'elle. Juste encore un instant à lui tenir la main par le bout des doigts.