Harry Potter RPG

Liste des messages de Quintus Bulstrode

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Jeux d'enfants

Message publié le 03/02/2026 à 14:06

Personne n'a jamais eu Prisca doit-il se retenir de dire. Même quand ils étaient devenus des amants irréguliers c'est elle qui le prenait selon son envie et pas question qu'il réclame l'affection de la louve. Mais peu importe celle-ci, elle n'a jamais été qu'une distraction et c'est réciproque. Ce soir, il est avec Caecilia qui s'apprête à devenir Bulstrode même si ça ne compte pas. Caecilia Bulstrode. Quintus se prend à envier les amoureux qui vivent leur idylle insouciante jusqu'à ce qu'elle vole en éclat brusquement, brisant leur cœur en un instant, en fragments de violence et de douleur vive. Car lui expérimente le long supplice de sentir le sien se fendre petit à petit, de savoir qu'une fois le rituel accompli ils entameront une valse sur les décombres de sa faculté d'aimer et de la vie qu'il aurait voulu construire. Il meurt en agonisant et embrasse son sort avec le sourire qu'il ne peut refuser à la femme qu'il aime autant qu'il manipule.

 

— Plus belle encore que tu l'as toujours été. Un ange, répond-t-il à la question en toute sincérité.

 

Certes, la robe n'est pas vraie. La sorcière pas aussi apprêtée que le jour de son autre mariage, tout aussi faux. Mais cette fois, c'est pour lui. La douce illusion d'un chemin qu'ils n'avaient pas emprunté, qu'il regrettait. Pour ne pas gâcher sa splendeur, il place une main contre sa joue pour essayer d'en éloigner le souci qui vient de s'inviter indélicatement.

 

— Le jour où je verrai Prisca en robe de mariée, je t'emmènerai pour nous enfuir car ce sera le signe que la fin du monde est arrivée. Tu es une femme exceptionnelle, Caecilia. Je n'aurais pu rêver meilleure épouse.

 

D'un hochement de tête, Quintus approuve la proposition et prend la main de Caecilia pour s'avancer vers l'autel sans prétention. À chaque pas il croit s'effondrer. Le cœur se fait plus douloureux en se déchaînant comme un fauve dans sa cage thoracique. S'approcher de l'autel l'éloigne de la vie désirée, l'enfonce dans un cauchemar dont il ne ressortira pas. Quelle partie de lui va-t-il assassiner pour qu'elle disparaisse avec les vœux qu'il prononcera ? Celle de l'idéaliste qui veut défaire un monde trop laid et cruel à son goût ou celle du traître qui a vendu son âme au diable ? L'autel se rapproche, inexorablement. Quintus cherche un peu de courage dans la contemplation de sa prétendue mariée quand ils s'y font face. Sa robe, son visage, ses yeux, la fleur dans ses cheveux. Trop parfaite. Il inspire profondément.

 

— Caecilia, je fais le serment d'être toujours présent à tes côtés, de t'accompagner dans la peine comme dans la joie et d'être l'épaule sur laquelle tu pourras toujours te reposer. Je t'offre mon cœur et mon amour sans condition, pour l'éternité.

 

Sourire sourire sourire sourire sourire. Aucune larme a-t-elle jamais été si difficile à retenir ? Au terme de la cérémonie, dans cet instant fatidique entre les vœux de Caecilia et la valse, Quintus se penche pour l'embrasser. Ce n'est pas seulement son cœur qui explose enfin, sa raison aussi. Surtout ne pas embrasser la mariée. Mais il n'a pu s'en empêcher. Lui voler ce tout petit baiser de rien du tout, qu'est-ce dans une vie ? Rien qu'un court moment où ses lèvres se sont posées malgré lui. Sur la pommette de Caecilia Bulstrode.


Jeux d'enfants

Message publié le 03/02/2026 à 03:48

Évidemment qu'elle pose des questions. Anticipées, elles aussi. Mais ce n'est pas si facile de berner Nem-nem et elle possède ce talent particulier de toujours rendre les choses plus compliquées que nécessaire. Sa proximité déstabilise Quintus qui bredouille, un état dans lequel elle est la seule personne à l'avoir jamais poussé. Il déglutit. Reprend une gorgée de whisky. Puise dans la torture innocente qu'elle lui inflige à son insu l'amertume dont il a besoin pour répondre.

 

— J'ai... ne pas dire espéré. Cru aussi qu'on finirait ensemble. Ça semblait évident. Tu crois que ce serait mieux si c'était le cas ? J'en mourrais si tu me détestais comme l'opportuniste qui t'a kidnappée.

 

Encore un peu de whisky pour se donner le temps. Il laisse à l'alcool le temps de libérer ses parfums, ses notes subtiles, savant mélange du savoir-faire écossais. S'en inspire pour trouver l'équilibre parfait.

 

— Je n'ai jamais voulu te cacher quoi que ce soit. Mais les circonstances... je ne pouvais pas me plaindre alors qu'on te volait ta vie, Nem-nem. Je devais taire ma peine pour t'aider à porter la tienne. Et puis, je me suis résigné. Je n'ai pas eu la force de me battre comme toi pour garder ce qui me tenait à cœur. L'occasion de te le dire ne s'est juste jamais présentée.

 

Sans crier gare, Nem-nem entraîne Quintus avec elle dans la nostalgie. C'était déjà elle qui décidait du jeu alors, aujourd'hui encore elle serait celle qui prend son ami par la main et lui fait faire ce qu'elle veut. Sauf qu'elle décide de ne pas le prendre par la main cette fois. Elle le saisit au cœur. Sans se rendre compte que sa poigne le broie sans délicatesse, impitoyable. Son rire amusé, ses yeux pétillants, ses lèvres retroussées. C'est comme ça qu'elle va détruire Quintus Bulstrode, avec l'innocence d'une enfant. Et lui, contraint de sourire pendant qu'il se fait écorcher. Mais il lui appartient tout entier, ne peut pas se soustraire. Merlin lui donne la force.

 

— Bien sûr que j'ai des draps blancs. T'es en train de m'inviter à jouer aux mariés ? J'aurais dû commander une pièce montée.

 

Zélé, l'ambassadeur va chercher ce qu'a demandé Nem-nem et plus encore. Il troque sa cravate pour un nœud papillon et emporte deux anneaux dont l'un pourrait approximativement convenir au doigt de la fausse mariée. Quitte à se brûler les ailes dans l'illusion d'atteindre le soleil, pourquoi ne pas regarder l'astre en face et y laisser la vue aussi. Quintus va se consumer dans un instant, autant que ce soit avec panache.

 

 — Ça fera l'affaire pour toi ? Il nous faudrait de la musique. Des mariés se doivent de danser. Et un autel.

 

Quelle drôle de sensation que de monter avec les moyens du bord un autel imaginaire sur lequel il va réellement se sacrifier. Mais c'est au moment de choisir le disque qu'un doute s'empare de lui. Son regard s'arrête instinctivement sur ce que son cœur désire : le Mariage d'Amour de Paul de Senneville. Pas vraiment subtil et Nem-nem est intelligente, elle comprendrait. Alors la main de Quintus pioche à la place quelque chose de beaucoup plus réaliste dont l'humeur correspond mieux à son amie. Mascarade : Valse rejoint cérémonieusement le plateau du gramophone.

 

La partie la plus délicate de cette mise en scène serait d'ajuster son jeu d'acteur au millimètre. Regarder Caecilia amoureusement. Mais pas sincèrement. Et surtout, quoi qu'il arrive, résister à l'envie d'embrasser la mariée.


Chère fiancée

Message publié le 02/02/2026 à 21:18

Chère fiancée,

 

J'espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé. Cela fait longtemps que je veux vous écrire mais que je crains que vous ne me trouviez déplacé dans cette démarche. Il n'y a rien d'autre que je puisse faire pourtant et je vous demande de lire ces mots avec un cœur ouvert, prête à croire en leur sincérité.

 

Je suis désolé.

J'ai bien conscience de vous avoir causé du tort sans que cela fut jamais mon intention pourtant. Mon attitude a été rustre et je comprendrais que vous éprouviez de la rancœur à mon encontre. J'ai fait preuve de brusquerie, d'immaturité et d'un grave manque de tact. Sans évoquer les paroles acerbes que j'ai pu proférer. Vous devez vous souvenirs de celles concernant l'absence de preuve de mes torts. Voici pourquoi vous tenez en main la confession écrite de ceux-ci. Rien ne vous empêche de vous en servir contre moi, ce ne serait que légitime. Mais je me confie à vous en toute confiance car au fond je sais que vous aviez raison depuis le début et j'ai vu sans m'en rendre compte alors la sagesse et la pureté en vous. C'est pourquoi j'ai la prétention de croire que vous ne ferez rien de ce courrier, si ce n'est l'accepter pour ce qu'il est. Un geste de bonne foi, une tentative pour vous rejoindre sur un terrain d'entente. Un espoir pour notre avenir.

 

Votre dévoué,

Quintus

 

 

Quintus s'adosse au dossier de son siège et finit son whisky en relisant sa lettre rédigée en arabe. Une chose insignifiante en somme, coulures d'encres sur un bout de parchemin. Qui possède étrangement le pouvoir d'arranger ou d'aggraver les choses. Neith Ptahchepsès pourrait tout à fait l'utiliser contre lui et nuire à sa réputation. Pourtant il va l'envoyer. Il le doit. Dans la pénombre du coin de son bureau, une silhouette restée longtemps immobile se lève enfin et pose une bouteille de bière vide à côté de la lettre. Une main se pose sur l'épaule du diplomate.

 

— Je suis fière de toi, Quintus.

 

— Tu sais lire l'arabe ? Je pourrais avoir écrit n'importe quoi.

 

— J'ai confiance en toi.

 

Quintus fait pivoter son siège pour lui faire face. Il s'apprête à prononcer son nom, à lui dire quelque chose, la remercier. Elle le fait taire avec ses lèvres. Et tout à coup il lui appartient jusqu'à ce que, essoufflés et lovés l'un contre l'autre dans le fauteuil trop petit pour deux, elle lui dise quelques mots auxquels il ne sait pas quoi répondre.

 

— Te fais pas de films, je te déteste toujours. Et je me déteste encore plus.


Jeux d'enfants

Message publié le 02/02/2026 à 01:39

Quintus est parfaitement détendu, ses réponses sont prêtes, son amie est à l'aise également. Il est chez lui et dans son domaine, il maîtrise parfaitement la situation. Il rassure Nem-nem, lui dit qu'il apprécie sa proposition mais n'a pas besoin de protection. il lui sourit, reste attentif à ce qu'elle peut vouloir. Il n'y a rien qu'il lui refuserait.

 

— Prisca veille toujours sur nous, pour notre bien. Cela ne lui donne pas systématiquement raison pour autant. Tu peux choisir de ne pas l'écouter. Tu peux prendre tes décisions toute seule.

 

Une des choses qu'il apprécie chez Caecilia, c'est qu'elle ne tourne pas autour du pot. Elle va droit au but, sans détour, et pose clairement ses attentes. Pas de chipotage, de faux-semblants. Contexte, question. Et une réponse attendue. Quintus vide son verre d'un trait aussi avant de se resservir. Il prend le temps de formuler dans son esprit avant de répondre. Inutile de se précipiter.

 

— Tu sais que je partage ton opinion sur ces mariages. J'ai manqué de tact avec Neith.

 

Petit haussement d'épaule résigné.

 

— Peut-être qu'inconsciemment je voulais l'éloigner de moi, de ce sort peu enviable. Je m'excuse de te l'avoir envoyée sans prévenir mais tu es la meilleure personne que je connaisse. Elle avait besoin de quelqu'un comme toi. J'ai dû lui faire peur, je m'en rends compte. J'étais occupé à lui écrire une lettre d'excuse quand tu es arrivée. J'ai voulu l'inviter à aller manger de la street food. J'ai même pas eu le temps. Tout ça doit la bouleverser et je l'ai réalisé trop tard. J'arrangerai les choses, je te le promets. Je n'ai aucune intention de la faire souffrir. Et je prends les conseils si t'en as.

 

La seconde question est particulièrement plus épineuse. Il n'existe pas beaucoup d'explications plausibles et convaincre Nem-nem sur ce sujet ne sera pas chose facile. Mais Quintus est tombé d'accord avec Prisca, le meilleur scénario fictif reste celui auquel Caecilia est déjà prête à croire. Cependant le diplomate à sa propre touche à ajouter. Juste un grain de sel.

 

— Bien sûr que non. Je ne suis pas Fawley. C'est ignoble ce qu'il t'a fait. Et puis même si toi et moi avions eu l'idée saugrenue que ça aurait été mieux, je n'aurais pas pu. À cette époque j'ai demandé une faveur à ma famille. L'héritage de notre branche principale est assuré par mes aînés. Je voulais une dérogation... le droit d'épouser une née-moldue. J'ai essayé de refouler ces sentiments au nom de notre amitié mais je n'ai pas su. Finalement c'est peut-être mieux que ça soit resté ainsi entre Prisca et moi. Elle est trop libre pour s'engager et moi j'étais déjà fiancé à mon insu.

 

Quintus lève son verre à Caecilia avant de l'afonner. Voilà, le scénario officiel. Tout ça pour faire comme si. C'est bien suffisant pour lui. Tout ce qui lui importe concernant Caecilia, c'est qu'elle se libère enfin désormais. Elle a été claire : lui n'avait jamais été envisageable. Il était temps de tourner la page. 

 

— Et toi ? Comment tu te sens vraiment ? Tu sais que tu peux me faire confiance et tout me dire. Je serai toujours là pour toi, Nem-nem.


Défaire les frontières du sang

Message publié le 01/02/2026 à 18:01

Luke Huston. Le jeune homme venait peut-être d'arracher son billet pour un brillant avenir s'il savait se montrer à la hauteur des attentes de Quintus. Dans son ascension, il serait forcément nécessaire de briser quelques ennemis mais une fois au sommet, l'important pour sécuriser sa place allait être de ne pas négliger ceux qui avaient été utiles en chemin.

 

— Lucky Luke, donc. Appelle-moi Quintus.

 

Le requin était ferré estima le politicien. Le plus difficile demeurait de s'assurer qu'il ne lui mordît pas la main mais celles qu'il lui désignerait. D'ailleurs l'occasion de prouver qu'il n'hésitait pas à attaquer se montra immédiatement sous les traits de ce Magnus Bishop. Bulstrode retint un soupir devant l'enthousiasme un peu trop zélé de Luke. Le scepticisme n'était pas l'ennemi de sa campagne politique, au contraire. Manipulé avec soin, il pouvait être son plus grand allié. Malheureusement le public était déjà trop dissipé pour que Bishop serve sa cause malgré lui mais peu importait. Bulstrode s'assura d'attirer l'attention d'un journaliste avant de répondre à son nouvel interlocuteur. L'idée était de convaincre un maximum de personnes, pas Bishop. Déployer toute son bagout et son amabilité même face à la critique était un excellent moyen d'y parvenir.

 

— J'apprécie ton enthousiasme, Lucky Luke, et tu as raison : je vais expliquer à notre bon Monsieur, glissa-t-il pour encourager Luke à prendre l'habitude de le laisser parler avant de diriger son attention et son sourire vers Bishop. Détruire, mais quel vilain mot. Je dis défaire. Une déconstruction minutieuse et réfléchie, pas une opération brutale qui ferait des dommages collatéraux. Voyez-vous, Monsieur Bishop, les efforts du gouvernement actuel remplissent très exactement leur rôle, ni plus ni moins. Illusionner les Britanniques. Ce que vous décrivez est certes vrai, mais en essence ce n'est là que poudre aux yeux pour obtenir la faveur de l'opinion publique. La réalité est moins brillante et dans l'ombre il y a toujours les mêmes personnes pour tirer les ficelles. Qu'importe que des postes clefs soient occupés par des né-moldus si ceux-ci ne sont que des marionnettes par la bouche desquelles s'expriment les nantis, à l'abri dans leur tour d'ivoire ? J'irai même jusqu'à dire que la situation est pire en l'état car ce sont ces hommes de pailles qui subiront le blâme si besoin est. Ce que je propose, c'est d'être la figure de proue d'un vaisseau qui nous emmène vers la terre promise. Celle de l'équité où chacun aura sa voix propre.

 

Impeccable dans son rôle, Bulstrode tendit la main vers Bishop.

 

— Cela dit, j'aurais tort de ne pas entendre ce que vous pensez sur le sujet car après tout, c'est l'avis des gens qui compte le plus. Vous joindriez-vous à mon ami et moi pour un verre ?

 

D'une facilité enfantine. Quintus Bulstrode était le maître de la manipulation et des apparences. Rien ni personne au monde ne pouvait l'ébranler. Ni constituer un obstacle sur la ligne droite vers ses objectifs. Non, il était intouchable, immaculé. Parfait.


Jeux d'enfants

Message publié le 01/02/2026 à 09:22

Adossé à son siège, Quintus regarde sans le voir le parchemin presque vierge posé sur son bureau. Chère fiancée, est-il écrit dessus. Et après ? Il n'a pas la tête à ça. Il rumine ce qu'il s'est passé ces derniers temps. Certes il y a le fiasco de sa rencontre avec Ptahchepsès, sa faute à... elle. Ou lui ? Peut-être lui. Indubitablement lui à en croire Prisca qui lui a dit qu'elle ne voulait pas savoir comment il avait pu se planter aussi misérablement en rencontrant sa fiancée et qu'il avait juste intérêt à lui présenter des excuses en bonne et due forme. Sa solidarité avec la gent féminine s'étendait jusqu'aux étrangères au détriment de ses amis. Amis. Le mot employé par la blonde pesait sur la conscience de Quintus comme une flamme. Réconfortant et chaud mais capable de le brûler et le consumer tout entier. Ainsi était-elle réellement capable de mettre de côté leur différend au sujet de Caecilia dans l'intérêt de cette dernière justement.

 

Peut-être qu'elle avait juste eu besoin de se défouler pour canaliser sa rage, songea Quintus en se passant le doigt sur l'arête du nez qui le lancinait encore non pas de douleur mais des raisons pour lesquelles Prisca le lui avait cassé. Un peu comme s'il portait sa culpabilité en plein milieu du visage. Sa confession malvenue à Caecilia avait plutôt bien tourné pour lui. Il se sentait soulagé, Prisca avait reconnu qu'il avait techniquement respecté sa volonté de faire ses aveux et, cerise sur le gâteau, Nem-nem avait oublié. Le beurre et l'argent du beurre. Fût-ce par chance ou par talent, Quintus s'en tirait toujours à bon compte.

 

Quoiqu'il était désormais un peu à la merci de son amie Prisca. Elle l'avait briefé sur tout, pas comme si elle lui demandait de suivre son plan mais l'exigeait ni plus ni moins. Et lui obéissait parce que c'était la meilleure chose à faire. Sa soi-disant visite à Scott, la mémoire altérée de Caecilia, la surveillance de celle-ci, même se réconcilier avec Ptahchepsès était dans l'intérêt de Nem-nem. Quintus avait remarqué qu'au fond, tout ce qui a jamais importé pour Prisca c'est Caecilia. Plus que tout le reste, plus qu'elle-même.

 

Quelqu'un à la porte alors qu'il n'attend aucune visite. Sa sportive amie ne s'était pas trompé, évidemment que Caecilia voudrait le voir. Qui d'autre pourrait-ce être ? Tant mieux, Quintus saisit l'opportunité de remettre à plus tard cette lettre et finit son whisky avant d'aller ouvrir la porte. Caecilia est contente de le voir, l'embrasse, s'inquiète pour lui. Prisca avait raison : comme si tout allait bien.

 

— Je dois te faire une confidence. J'exècre Emfield de t'avoir causé tant de peine mais je suis encore assez intelligent pour ne pas chercher la bagarre avec lui. Non, parfois l'opposition politique se fait à coups de pavés lancés dans le visage. J'ai préféré étouffer l'affaire, je ne veux pas de vagues pour ma campagne. Allons, ne reste pas dehors, Nem-nem.

 

Il l'entraîne à l'intérieur, la débarrasse avec galanterie, lui propose un whisky et l'installe dans le grand salon en poussant vers elle le cendrier qui n'a lieu d'être là qu'à son intention.

 

— Moi aussi je suis content de te voir, tu as l'air en forme. Qu'est-ce qu'on ferait sans Prisca, pas vrai ? 

 

Quintus déploie ses plus belles manières, tout juste un peu plus conviviales avec son amie de toujours, et sourit très aimablement. Cela n'empêche qu'il sait que Caecilia n'est pas juste là pour une visite de courtoisie et qu'il va devoir jouer à son jeu préféré avec elle. Mais bien que la sorcière n'ait pas l'esprit diplomatique du politicien, elle le connait plus qu'assez pour qu'il doive se méfier et ne pas commettre de faux-pas lors de cette discussion.


Réunion de crise

Message publié le 25/01/2026 à 22:51

Jamais personne n'avait laissé Quintus Bulstrode muet. Thompson avait toujours le dernier mot mais il répliquait malgré tout. Nem-nem, c'était pour l'écouter. Même Ptahchepsès, c'était juste pour lui faire payer d'avoir le malheur d'être sa fiancée. Mais voilà qu'elle se montre, la vérité toute crue de ce que pensent les femmes de Quintus : "certainement pas". Même Nem-nem, qui lui avait promis sa main dans leurs jeux d'enfants, une des rares personnes à l'aimer un tant soit peu préfère l'espèce d'immonde salopard qui l'a enchaînée à lui plutôt que son ami de toujours. Mâchoire entrouverte, rouge de honte, il n'entend pas un mot de tout ce que débite Thompson pour réconforter Nem-nem. Elle parle beaucoup. C'est suffisant pour que Quintus comprenne que même elle, la ratel de Poufsouffle, est désemparée. Elle ne sait pas comment protéger son amie.

 

Et puis il y a une invitation. De la part de Prisca. Ses esprits lui reviennent. Il participe à l'étreinte collective. Essaie de frôler le moins possible Prisca parce qu'il sait qu'il la dégoûte désormais. Une déclaration qui précède un flottement. Peut-il se permettre de répéter les mêmes mots ? Il en meurt d'envie. Mais il n'a pas le droit. Nem-nem mérite mieux.

 

Ce qu'elle peut en être bleue de son Scott. Comment a-t-il fait pour avoir autant d'amour de la part de cette femme merveilleuse ? Et surtout, pourquoi l'avoir remplacée par un vulgaire ersatz ? Et Nem-nem qui se met à sonner comme un vinyle rayé. Des fois, elle est pénible. Chaque fois à cause de Scott. Et puis... la salle de bain.

 

Tout a commencé là. C'est à cause de la salle de bain que nem-nem est malheureuse. Mariée. Enfermée dans son adolescence. Que Quintus a découvert sa fiancée et ressassé pendant si longtemps sa rancœur envers cette femme qu'il ne connait pas du tout. Que Prisca le maudit et l'insulte en boucle. Même Manius en fait les frais. Et la racine du mal, c'est la salle de bain. La racine qu'il a plantée soigneusement, comme il agit toujours, de ses petites mains avides. Parce qu'un jour, du haut de ses, quoi ? cinq ans peut-être ? Nem-nem a accepté qu'ils joueraient au papa et à la maman toute leur vie. Elle est coincée dans cette salle de bain, à quinze ans. Lui est coincé dans un souvenir à cinq.

 

Quintus se lève. Il se sert un verre pendant que Prisca recommence à houspiller Nem-nem qui dit des conneries.

 

— Ta cervelle a vraiment définitivement fondu pour de bon. Si tu fais un môme juste pour te venger de Scott, je t'écharpe !

 

— Il fallait le savoir.

 

Trop tard pour faire semblant de rien maintenant. L'aveu a été planté. Il n'a pas besoin de soleil ni d'eau pour devenir un filet du diable qui l'étouffera s'il se débat. Alors il reste serein. Prisca le regarde. Vraiment. Pour la première fois depuis qu'il a vidé son sac à la mauvaise personne.

 

— Le prof n'avait aucune raison d'aller vérifier cette saleté de salle de bain. Quelqu'un l'a envoyé. Pas Scott, forcément. Prisca presque encore moins...

 

C'était si simple depuis le début. Ça fait du bien. Un tout petit peu de soulagement, le poids de la culpabilité à peine allégé avant que ça ne fasse mal, très mal. Les deux femmes en face de lui peuvent le tuer d'un geste. L'une avec sa baguette, l'autre avec ses dents. Et il se tient là, presque trop calme. Évidemment, il n'a pas eu le courage de se dénoncer. Pathétique jusqu'au bout, il laisse Caecilia déduire la seule possibilité restante.

 

— Je garde ça depuis trop longtemps. Il fallait que ça sorte. Vous savez maintenant. Je ne m'étais jamais confié à personne.

 

Anodine. Juste une phrase pour s'assurer que Caecilia ne sache jamais que sa meilleure amie avait été contrainte de lui cacher cette vérité insoutenable. Elle aurait besoin de la dernière personne qui lui restait. Il n'a pas d'excuse à formuler. Ce serait futile.

 

— Je voulais te séparer de Scott. t'avoir pour moi. Je tenais une correspondance régulière avec ton père pour le tenir informé de tes "mauvaises fréquentations". Et j'arrive à être étonné quand tu dis que je serais le pire fiancé possible.

 

Au fond de lui, Quintus Bulstrode a toujours besoin d'être un héros. Même en se révélant la pire des enflures, il essaie de sauver le monde. D'éviter les éclaboussures.

 

— Tout ce qui t'est arrivé, ce n'est la faute de personne. Pas Scott, pas Manius, encore moins toi. Personne sauf moi.

 

Jamais de la vie il ne pourrait être un héros. Il ne serait que le martyre de son propre supplice.


Réunion de crise

Message publié le 25/01/2026 à 12:46

Si cette sang de bourbe croit que ses mesquineries peuvent l'atteindre, c'est qu'elle a oublié d'éviter un cognard lors de son dernier match. Ses morsures sont celles d'une vieille croup édentée. C'est ça, une chienne. Elle a toujours été la plus compréhensive d'entre eux. Pourquoi ne peut-elle pas admettre toute l'affection qu'il a pour Nem-nem ?

 

Nem-Nem qui parle. Les accueille. Quintus l'écoute cérémonieusement. Il sait savourer la voix de son amie, lui, contrairement à Thompson qui ne ferme jamais son clapet.

 

— T'as raison, je dois encore m'entraîner pour repérer les gros boulets.

 

Regard en biais. Aucune finesse. Le répit aura été de courte durée. Et voilà que même Nem-nem se met à lui faire des reproches. Enfin, ce n'en sont pas vraiment. Il s'attendait aux questions et il a soigneusement préparé ses réponses. Tout ça est entièrement la faute de Ptahchepsès. Ce qu'il n'a pas prévu, c'est que Thompson serait là aussi. Et il ne peut manquer ses yeux de rat curieux qui s'étrécissent en le dévisageant, beaucoup trop intéressés à son goût. Il ne lui donnera aucun levier supplémentaire pour le faire chanter. Il a des plans pour elle aussi. Oui, les nés-moldus sont beaux et gentils, aussi bons sorciers que les sang-purs. Mais à toute cause un martyre est utile. Prisca Thompson, morte pour la cause. L'épitaphe appropriée pour celle sur la tombe de qui s'élèvera son empire. Impatience.

 

En bon gentleman, Quintus écoute Nem-nem, sourit d'un air contrit quand elle le taquine. Sourit d'un air compatissant quand elle se lamente à demi-mots. Sourit intérieurement quand elle parle de Scott mais prend l'air du deuil aux yeux de son amie. Thompson peut bien le regarder de travers, encore. Elle n'a manifestement pas encore lâché la bombabouse. Il a le temps de la sortir de l'équation avant qu'elle ruine sa chance. Nem-nem est plus à portée qu'elle ne l'a jamais été. S'il a failli éprouver des remords pour Ptahchepsès, il réalise qu'il a juste ouvert son troisième œil. Les deux amis d'enfance libres comme l'air, qu'est-ce qui pourrait encore empêcher qu'il l'aie enfin rien que pour lui ? Il devra peut-être juste se débarrasser de l'attrapeuse un peu plus vite que prévu. Une chute de balai, c'est si vite arrivé. Et ça la ferait descendre de son ego trop démesuré pour une si insignifiante garce. Il sourit à cette dernière, provocateur. L'air de dire essaie de m'en empêcher, alors qu'il se relève et saisit le paquet de cigarettes pour en tendre une à Nem-nem quand elle se retourne vers eux.

 

— Tiens, t'en as besoin. Et ça aussi.

 

Il l'enlace. Amicalement, avec tendresse et affection. C'est dans ses bras à lui que se trouve le réconfort. Quintus est un homme de la qualité de Caecilia et il sait lui faire plaisir. Lui donner ce qu'elle veut. Elle pourra tout avoir de lui et plus encore. Elle n'a qu'à se donner à lui en contrepartie.

 

— Je suis là, comme depuis le début, comme toujours. Laisse-toi aller. Emfield est stupide de renoncer à toi. Regarde-toi ! Tu es la meilleure, Nem-nem.

 

La voix retentit trop proche. Quand s'est elle levée ?

 

— C'est pas trop tôt !

 

Une main se pose avec une apparente douceur sur l'épaule de Quintus. Les doigts, surprenants de force, cherchent, trouvent, broient les tendons près de la clavicule. Il est obligé de lâcher Nem-nem pour ne pas crisper son étreinte trop fort sur elle. Catin.

 

— Il était temps que Scotty devienne un homme. Il a fait le mauvais choix mais c'est sa perte. Tu vas enfin pouvoir devenir la femme que tu n'as jamais laissé éclore, Nem-nem.

 

— Prisca ! s'offusque Quintus.

 

Il hésite. Comment tout peut partir en vrille aussi vite, aussi bêtement ? Le destin n'a-t-il donc aucune pitié pour les hommes qui se débattent et tentent de tracer leur voie ? La réaction de Prisca peut tout faire basculer. En bien ou mal. Si elle commet une erreur maintenant, elle aura aidé Quintus bien davantage que quiconque ne pourra jamais le faire. Mais si elle convainc Nem-nem... Merde. Thompson convainc toujours Nem-nem.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 22/01/2026 à 02:21

Parfait. La haine dans le regard condescendant qui ferait office de dessert pour le repas était la meilleure façon pour Ptahchepsès de l'aider à accomplir ses objectifs. Il avait souhaité le faire avec ou sans elle. Mais contre elle, c'était sans aucun doute plus simple. Tant mieux si elle essayait de mordre aussi fort qu'elle aboyait. Dans les prochains jours, Bulstrode aurait besoin d'opposants. Car un héro qui ne rencontrait aucune adversité ne jouissait d'aucune crédibilité. Il lui fallait des ennemis, des tyrans à occire. Si sa fiancée montait ostensiblement au créneau, cette soirée compterait comme une victoire. Amère. Solitaire. Nécessaire.

 

Quand le fracas des mots, des talons et de la porte claquée se tut pourtant, Bulstrode n'éprouva aucune satisfaction. Dans le silence et le vide de sa demeure, il se retrouvait face-à-face avec un épouvantard dont il ne pouvait se défaire. L'homme qu'il eût souhaité ne jamais être. Pas la peine de l'affronter, ce dernier l'emportait toujours. Dans un soupir, Bulstrode enleva sa chevalière et pointa sa baguette dessus. Tant pis pour les autorisations ministérielles. Il pourrait toujours fabriquer un prétexte pour obtenir une autorisation a posteriori ou pour justifier l'urgence de la nécessité même s'il écopait à tout le moins d'une amende.

 

— Portus.

 

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

 

Quoi que lui inspirât la jeune femme, il ne pouvait pas la laisser errer dans la rue comme une mendiante. Peut-être qu'il la haïssait davantage qu'il ne voulait bien le croire mais sa hargne connaissait tout de même quelques limites. Bulstrode se dirigea vers l'entrée en espérant que l'Égyptienne n'ait pas eu le temps de disparaître.

 

Ce fut en la trouvant sur le pas de la porte qu'il réalisa à quel point il avait été dur avec elle. Elle était perdue sur ces terres qui lui étaient étrangères et s'il ne l'avait pas mise à la porte directement, il avait cependant fait plus que la forcer à s'enfuir. Il se planta à côté d'elle en présentant la chevalière dans sa paume ouverte.

 

— Ne passez pas la nuit dehors. Je ne m'attends pas à vous convaincre de rentrer alors tenez. Je vous envoie chez une Dame qui saura vous accueillir comme il se doit, surtout si vous lui présentez ceci. Son mari est en déplacement, vous serez seules. Vous verrez, c'est magnifique le Pays de Galles. Et loin de moi.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Enchantement du Portoloin
Difficulté
15
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

Autres résultats possibles

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

Rien. Du moins le ministère n'aurait pas vent de cette tentative ratée a priori. Et tant pis pour Ptahchepsès qui risquait de trouver mauvaise la farce de lui faire prendre le Magicobus.

Rien. Du moins le ministère n'aurait pas vent de cette tentative ratée a priori. Et tant pis pour Ptahchepsès qui risquait de trouver mauvaise la farce de lui faire prendre le Magicobus.


Défaire les frontières du sang

Message publié le 21/01/2026 à 12:14

L'exercice s'avéra rapidement bien plus éprouvant que Bulstrode ne se l'était figuré. Bruyante, sale, la foule s'esbaudissait autour de lui en cherchant à l'approcher, le toucher. La douche qui l'attendait dès qu'il en aurait fini ici se profilait dans l'avenir comme une douce délivrance.

 

L'individu qui se ficha devant lui telle une flèche tirée en sommation lui fit hausser un sourcil. Un opposant ? Bulstrode n'avait pas exclu la possibilité de quelques contestations plus ou moins véhémentes et ce plébéien n'aurait pas le temps de se montrer bien menaçant. Mais le type déclara son approbation malgré qu'il n'eût manifestement pas bien compris ce dont il était question. L'équitation pour tout le monde ? Celui-là fonctionnait avec deux neurones qui se disputaient la troisième place du podium. Bulstrode lui sourit aimablement et s'apprêtait à continuer de se pavaner quand une main lui saisit brusquement la sienne. Qu'est-ce que cet olibrius espérait pouvoir accomplir pour sa cause ? Tout ce qu'il inspirait au candidat ministre, c'était la promesse d'une migraine imminente.

 

— Merci, votre soutien est la plus grande aide que vous puissiez apportez, cher Monsieur, répondit-il courtoisement.

 

Espérant passer à autre chose, Bulstrode se dégagea de la poigne un rien trop féroce et amorça la suite de sa parade. Mais voilà que l'autre lui collait aux basques avec la dégaine d'un croup de garde qui ne laisse même pas les amis de son maître l'approcher. À cet instant, le futur Ministre décela chez cet homme un certain potentiel. Ils partageaient quelques choses en réalité. La résolution farouche de ne jamais lâcher prise et de s'approprier tout ce qu'ils estimaient devoir leur revenir, de gré ou de force. Bulstrode déserta aussitôt la foule. Quintus, lui, demeurait. Ses yeux se posèrent avec un intérêt authentique sur le sorcier qui lui avait emboîté le pas. D'un geste paternel malgré l'âge ostensiblement similaire de ces deux-là, il posa la main sur son épaule et sourit de plus belle.

 

— Allons bon. C'est moi qui t'invite. Comment tu t'appelles ?

 

Briser inopinément la distance en se montrant familier afin, espérait Quintus, que ce gars-là se sente plus proche de lui. Reconnu. Redevable. Aucun doute sur le fait qu'il était inutile à Monsieur Bulstrode. Mais l'individu caché sous le masque du politicien lui trouverait peut-être un usage. À condition de l'employer avec une certaine précaution.


Défaire les frontières du sang

Message publié le 20/01/2026 à 02:13

Affiche de la campagne électorale Bulstrode

 

Impassible, Bulstrode avait attentivement examiné le parchemin. Couleur, typographie, chaque menu détail passé au crible fin. Le résultat était rien moins que parfait, avait-il conclu en donnant son approbation à sa chargée de communication. Celle-ci n'avait pas été choisie pour ses compétences mais elle ne l'avait pas déçu.

 

— J'en veux partout. Chemin de Traverse, Pré-au-Lard, Godric's Hollow... Faites attention au secret magique, il va de soi. Et préparez le nécessaire pour mon discours. Nous partons à la conquête du Ministère.

 

_____

 

Grâce aux bons services de sa chargée de communication cracmolle, Bulstrode disposait d'une tribune bien située dans le Chemin de Traverse, de laquelle il dominait la foule. Lui-même semblait petit avec dans son dos la bannière démesurée qui était une version géante de ses tracts électoraux. La presse avait été conviée. La propagande était présente jusque dans les gens qui composaient l'équipe en charge d'aider le sang-pur à mener sa campagne. Une cracmolle au premier plan, enfin, juste derrière lui plutôt ; des sang-mêlés et des nés-moldus voire même l'une ou l'autre hybride. Un message omniprésent, fer de lance du pari insensé d'un homme dont la folie le disputait à l'ambition.

 

Bulstrode défait les frontières du sang.

 

Un sang-pur qui promeut l'égalité des origines magiques, des êtres magiques. Qui lutte contre l'esclavage des elfes. Qui réclame que les corporatistes rendent aux centaures leurs territoires volés. Un démocrate qui mène une lutte ouverte contre l'oligarchie de sa propre classe sociale.

Telles étaient les promesses répétées ad nauseam dans des pamphlets dénonçant les privilèges de sa propre famille et dans des tracts distribués partout. Et puis, il y avait les projets plus confidentiels. Mais chaque chose en son temps. Bulstrode pointa sa baguette sur sa gorge et prononça la formule Sonorus.

 

La voix amplifiée par magie du politicien salua la foule du Chemin.

 

— Bonnes gens, bonjour ! J'ai l'incomparable honneur aujourd'hui de me présenter devant vous en toute humilité afin de pouvoir demain me présenter au ministère en héro. Défaire les frontières du sang. Un rêve que je nourris depuis mon enfance. Un rêve alimenté par des rencontres avec des sorcières et des sorciers plus grands que moi dont les parents sont moldus. La vision d'un monde plus juste, plus équitable ; où les cracmols et les hybrides ne sont plus des parias que l'on écarte éhontément de notre société. Dont l'on piétine les droits et la dignité sans aucun remord. Des pratiques répugnantes que je renverrai là où elles appartiennent : au passé. Car l'avenir de Bulstrode, c'est pour vous que je le construis dès à présent !

 

Un discours enflammé, rythmé. Conçu, relu et éprouvé pour captiver l'attention. Empreint de tours et astuces pour en décupler l'impact. Voué à rallier sous sa bannière ce qui constituait d'après Bulstrode la véritable force de la Grande-Bretagne sorcière : le peuple. Car si une minorité de nantis s'accaparaient le pouvoir, le peuple lui était conséquent. Il constituait le noyau de la société. Le peuple pouvait décider. Décider, certes, mais décider Bulstrode quand même.

 

Tant qu'il fut sûr de conserver l'attention, il entretint sa tirade sans faiblir. Éloquent, imposant, compatissant. Ce n'est qu'après avoir délivré la conclusion qu'il salua la foule dans son ensemble.

 

— ... Ministre de la magie, peut-être. Mais avant tout, un serviteur du peuple auquel j'appartiens !

 

Son regard parcourut la foule, évaluant les réactions. Cherchant. Un visage familier, souriant, venu le soutenir, l'encourager. Il y avait celui d'un né-moldu qui avait usé les bancs de Poudlard à ses côtés. Mais où était celle qu'il espérait voir ? Pas là. Sinon elle se serait tenue à côté de leur meilleur ami commun.

 

Le politicien, électrisé par l'engagement total dans sa représentation, descendit de l'estrade. Remercia ostensiblement les gens qui l'aidaient à rendre tout cela possible. Puis il s'offrit à la foule et aux journalistes. Serrer des mains, répondre aux questions. Se rendre accessible. Ne faire plus qu'un avec ce peuple sur lequel il misait toutes ses ambitions.

 

tl;dr : Quintus prononce un discours en public dans la rue. Il cherche à rallier à sa cause la majorité en désignant comme ennemi commun à l'épanouissement de la société ses propres pairs, les sang-purs. Il conclut son allocution par un bain de foule.

 

Disclaimer : l'affiche électorale de Quintus a été générée à l'aide de l'IA. Je comprends que cela puisse déranger d'un point de vue éthique et, si cela gêne quiconque, je la supprimerai.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Sortilège d’Amplification sonore
Difficulté
4
Résultat D20
15
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

La voix amplifiée par magie du politicien salua la foule du Chemin.

Autres résultats possibles

La voix amplifiée par magie du politicien salua la foule du Chemin.

Un regard vers un membre de son équipe de campagne suffit à convoquer ce dernier afin qu'il enchante la voix du politicien. Rien de très gênant, cela pouvait renforcer le message selon lequel les né-moldus pouvaient autant, si pas plus, que les sang-purs.

Un regard vers un membre de son équipe de campagne suffit à convoquer ce dernier afin qu'il enchante la voix du politicien. Rien de très gênant, cela pouvait renforcer le message selon lequel les né-moldus pouvaient autant, si pas plus, que les sang-purs.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 19/01/2026 à 23:25

La main toujours tendue, Bulstrode digéra les paroles de Ptahchepsès en silence, impassible. Était-elle trop effrontée ou pas assez ? Ce qu'elle n'était pas, manifestement, c'était curieuse. Un instant, il se demanda ce que c'était que de voir le monde à travers le voile des yeux de Ptahchepsès. Triste, probablement. Dénué de magie dans un monde de sorcellerie.

 

— Je vois.

 

Avec des gestes mesurés, Bulstrode retourna vers sa place et extirpa sa baguette. Son souvenir le plus précieux avec celle-ci était aussi un souvenir d'amitié. Quand les quatre inséparables avaient décidé de trouver ensemble un nom pour elles. Un nom porteur de rêves et de promesses. L'avenir qu'il voyaient. Pax avait décidé Quintus sous les yeux admiratifs de ses amis, de Caecilia. Ils auraient honte de lui s'ils le connaissaient comme il se connaissait lui-même.

 

— Evanesco.

 

La vaisselle brisée disparut.

 

Sans dire un mot, il entreprit de servir la salade, amer. Il se serait damné pour un shawarma. Au lieu de quoi il allait ruminer de l'herbe en même temps que ses sentiments, ses pensées et les paroles de sa fiancée. Il lui fallut de temps pour retrouver la parole. Pas l'envie de lui parler. Mais il fallait bien dire quelque chose. Ne pas laisser cette princesse avoir le dernier mot.

 

— J'ai de la peine pour vous.

 

Son regard se perdait à l'horizon de la table, absent. Ses gestes étaient lents et las, comme lui. Les sang-purs étaient foutus. Condamnés. Aveugles. Ptahchepsès ne faisait pas exception. C'était à lui de changer les choses mais il lui fallait revoir ses ambitions ou du moins la vitesse d'exécution de celles-ci. Cela ne se ferait pas du jour au lendemain, ce serait une œuvre dont il ne serait peut-être même pas témoin de son vivant. Elle était là, la tragédie des révolutionnaires.

 

— Alors nous y voilà. Vous ne goûtez rien. Pas la liberté ni l'honnêteté ni l'originalité. Je vous demande de me parler de vous et vous me répondez "Ptahchepsès". Je vous ouvre mon âme, vous m'insultez. Je vous présente mes excuses, vous me dédaignez. Alors : non. Je ne vous excuse pas non plus, Ptahchepsès.

 

C'était la règle chez Bulstrode. La loi qu'il avait toujours appliquée. Œil pour œil. Il la toisa. Sans hostilité, juste pour qu'elle sache qu'il n'avait pas honte.

 

— Un danger, moi, pour vous ? Pour le clan ? Si cela vous fait trembler, c'est que votre colosse d'empire a des pieds d'argile. Mais coupons court aux élucubrations, voulez-vous ? Si je vous ai fait venir ici, c'était pour déterminer les règles de notre vie commune. Les voici.

 

Froidement, comme des vérités inaltérables, il énonça ce qu'il imposerait. Elle avait refusé la part de lui en laquelle il souhaitait encore croire, la meilleure. Pas une bonne part pour autant, cela dit. Ne demeurait que le serpent, armé de venin.

 

— Nous ne nous verrons que lorsque cela sera strictement nécessaire. Et, à votre soulagement je présume, vous ne verrez jamais plus mon visage dénué de masque. Je pourvoirai à vos besoins dans la mesure de mes moyens. Vous n'aurez rien à apporter en contrepartie. Votre image sera en toute circonstance rien moins que parfaite. Je ne tolérerai pas les éclaboussures qui me parviendraient dans le cas contraire. Si quelqu'un vous manque de respect, vous blesse ou que sais-je, vous m'en informerez afin que je répare l'affront.

 

Inlassablement, jusqu'au bout. Sans donner à Ptahchepsès l'illusion de croire qu'elle pouvait dire "non". Et pour s'assurer que son adversaire — que pouvait-elle être d'autre ? — ne se relève jamais avec l'idée de répliquer ; le coup de grâce.

— Et je ne vous connaîtrai pas, jamais. Votre branche de la lignée s'arrête ici. Je refuse de vous toucher. Allez vous plaindre auprès des vôtres si cela vous chante, je nierai. Il n'y a rien, aucun témoin, aucune preuve de ce que je vous affirme maintenant. Vous êtes acculée. Si vous faites annuler nos fiançailles, cela m'arrange. Mais c'est vous qui porterez le déshonneur.

 

Un regard. Un sourire. Perfide. Celui de l'homme qu'il eut aimé ne jamais être. Celui qui poignardait sans une once de remord jusqu'à ses propres amis. Indifférent.

 

— Reprendrez-vous un peu de salade ou souhaitez-vous passez au plat principal ?

 

tl;dr : Quintus reste interdit devant la réaction de Neith. Il se rassied et ressasse. Enfin, il mord et déverse son venin.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Sortilège de Disparition
Difficulté
4
Résultat D20
4
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

La vaisselle brisée disparut.

Autres résultats possibles

La vaisselle brisée disparut.

Rien. Ce devait être la lassitude.

Rien. Ce devait être la lassitude.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 19/01/2026 à 01:25

Surpris, Bulstrode se figea avec sa cuiller à mi-chemin entre le bol et sa bouche puis la reposa lentement. L'attitude de Ptahchepsès oscillait sans qu'il soit sûr d'en connaître la raison. Se détendait-elle ? Était-elle tombée dans le panneau du jeu de la diplomatie ou bien tissait-elle tranquillement sa toile sous les yeux de l'ambassadeur ? Elle redevint intéressante. Mais... elle ne lui accorda pas ses excuses, ce dont il prit bonne note dans le registre de ses rancunes.

 

Jusqu'au bout, il écouta attentivement sa fiancée. Elle savait manier les mots et l'esprit et les manières. Elle n'était pas dénuée de talents et, sans doute, d'armes mortelles figurées qu'elle dissimulait là quelque part. Amusé, il sourit. Elle n'était peut-être pas encore l'alliée qu'il espérait mais elle était là comme il l'avait demandé et elle faisait, tout comme lui, de son mieux. Sauf qu'elle avait un peu plus l'air que lui de savoir pour quoi elle se donnait cette peine. Parce que faire de son mieux, c'était forcément insuffisant quand on essayait de concilier des intérêts divergents pour soi-même. L'urgence de montrer à Ptahchepsès la raison pour laquelle il l'avait mandée le pressa et il posa sa main gauche à droite de sa soupe.

 

— J'apprécie de voir que vous ne goûtez pas la flatterie. Je suis convaincu qu'elle n'a prise que sur les faibles d'esprits. Je vais vous soumettre au supplice, Neith. Je me permets. Je vais vous raconter une histoire. La mienne. Car j'aime m'entendre parler. Je m'aime, moi, plus que quiconque. Et je suis un égoïste immature et irrévérencieux indigne de votre rang. Mais vous savez quoi ? J'en ai rien à foutre. 

 

Cette réplique, il l'avait éhontément dérobée à son ancienne amie Prisca. Il prenait exemple sur le ratel. Ses prédateurs étaient plus gros que lui. Mais rien à perdre, tout à gagner. Et survivre. Le ratel survivait justement parce qu'il n'en avait rien à foutre. Et d'un revers de la main, sans violence toutefois, la vaisselle devant lui vola par terre et contre le buffet. Bris de porcelaine et de conventions. Rien à foutre. Si ça ce n'était pas une philosophie de vie !

 

— Pour commencer, je déteste la cuisine française. Ensuite, notre maison, Serpentard, j'ai menti à son sujet. Elle n'accueille pas que l'élite. Elle accueille aussi la lie du monde sorcier. L'un ou l'autre, rarement l'entre-deux. Et franchement, je ne suis pas certain de pouvoir prétendre me situer du bon côté de la frontière.

 

Il desserra sa cravate, recula sa chaise en la raclant et la pencha sur ses pieds arrière pour poser ses chaussures sur la table. Un peu de mise en scène théâtrale, il en faisait des caisses. Ça, c'était une leçon apprise auprès de Scott. Les lions ne se soucient pas de manger proprement. Ce sont des rois.

 

— J'avais à peu près votre âge actuel quand j'ai appris nos fiançailles. Et vous savez dans quelles circonstances ? Je les ai apprises en me voyant refuser la main de la femme que j'aimais. Vous dire que j'étais furieux serait un euphémisme. Notre mariage ne me blesse pas : il me meurtri. Mais je réitère que ce n'est pas à vous que je dois en faire le reproche. Quoi qu'il en soit, si je n'avais pas été bien entouré à l'époque, j'aurais étranglé chacun des Bulstrode que je connais avec une immense satisfaction.

 

Le regard marron de Quintus détailla Neith de haut en bas, ostensiblement. Il ne méritait pas de se l'être vue imposer. Ni pour le meilleur ni pour le pire.

— Mon rang dans la société sorcière équivaut chez les moldus à celui d'un baron, un comte tout au plus si je mets de côté l'humilité. Je vous le dis par acquis de conscience bien que je ne doute pas de votre instruction et de votre culture sur de nombreux sujets : c'est le bas de l'échelle de la noblesse. Dès lors, que nous vaut d'être fiancés, tous les deux alors que je ne vous mérite pas ? Le savez-vous ? Moi je l'ignore. Mais ce que je sais, c'est que cela ne peut être anodin. Cela cache forcément quelque chose. Cela sert un intérêt et ce n'est certainement pas le nôtre. Mais peu m'importe. Je me rendrai utile à vous et au clan Ptahchepsès.

 

Quintus se releva et s'approcha doucement de Neith.

 

— Je serai votre allié, Neith. Certainement pas celui que vous attendiez. Mais peut-être mieux ou alors bien pire encore. Qui sait ? Souhaiteriez-vous découvrir la réponse ? Si non, je vous souhaite "bon appétit", formula-t-il en français. Si oui...

 

Il remit en place sa cravate et tendit la main vers la jeune femme, un sourire aussi sincère que ses épanchements accroché aux lèvres.

 

— Le prochain Ministre de la magie vous invite à dîner. Quelque chose de bon. Quelque chose d'inconvenant.

 

tl;dr : Quintus change une nouvelle fois d'attitude. Il envoie voler la vaisselle et les conventions. Il confie à Neith dans quelles circonstance il a découvert leurs fiançailles. Finalement, il lui tend la main et la réinvite à dîner en assurant être le prochain Ministre de la magie.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 17/01/2026 à 11:24

Le clan. Elle n'avait que ce mot à la bouche. Bulstrode espérait qu'à son contact, fût-il forcé, l'Égyptienne apprendrait qu'il était possible d'élargir les horizons. Le fier homme connaissait des blaireaux qui mangeaient du serpent au petit-déjeuner, terrassaient les lions au zénith et planaient par-dessus les aigles au soir. Il lui restait au moins un ami de basse extraction, la plus basse qui soit aux yeux de ses pairs, qui à lui seul valait mieux que tout l'empire Bulstrode, Quintus compris. Neith n'était pas prête pour cela apparemment. Peut-être qu'avec le temps...

 

Une lueur d'espoir lui apparut pourtant. La naissance ne faisait pas tout et elle avait manifestement durement appris cette leçon. La fissure par laquelle pourrait s’immiscer la sincérité de Bulstrode venait de se dévoiler à lui. Une dernière chance pour que Neith rencontre Quintus. Du reste, Ptahchepsès aurait affaire à l'ambassadeur.

 

— Je regrette que nous n'ayons pas davantage en commun. Vous pouvez néanmoins avoir l'assurance de ma pleine et entière collaboration avec vous et les intérêts de votre clan.

 

Avec toute la dignité possible pour un maître de maison qui se retrouvait contraint au service, Bulstrode débarrassa les assiettes qu'il remplaça par la soupe après s'être assuré que sa fiancée en avait terminé avec l'entrée. Quand il découvrit la rouille, il changea d'avis concernant son chef qu'il ne congédierait finalement pas. Il allait l'étriper.

 

— Vous avez raison de vous appuyer sur votre clan. J'aurais dû voir la sincérité de la solidarité qui vous unit. Il n'en est pas de même ici. J'ai dû trouver mes alliés hors des liens du sang. Je vous envie en vérité.

 

Un sourire sincère, une déclaration à cœur ouvert. Quintus estima pouvoir se risquer à entrouvrir la porte du monde qu'il voyait au vu et au su de Ptahchepsès.

 

— Il me semble que nous pouvons nous accorder sur le fait que la naissance seule ne suffit pas à définir la valeur d'une personne. Puissent ces fondations porter l'entente cordiale que je souhaite possible entre nous.

 

Bulstrode remonta le pont de ses lunettes sur son nez avec le même geste que s'il s'était paré d'un masque.

 

— Je ferai de vos intérêts et de ceux du clan Ptahchepsès ma priorité. En toute humilité, j'espère m'en montrer digne. En gage de bonne foi, je reconnais avoir laissé s'exprimer mon amertume. Elle ne vous était pas destinée aussi vous prierai-je de bien vouloir me pardonner de m'être conduit en goujat. Si je ne puis vous être agréable, je vous demande de me guider afin de ne pas être l'inverse au moins.

 

Malgré la répugnance qu'il avait pour la flagornerie, Bulstrode s'y essaya en espérant apaiser la tension devenue palpable dans la salle à manger. Il vérifia que le verre de vin de sa fiancée lui permettait de porter un toast et lui leva le sien.

— Au fait, félicitations d'avoir intégré la maison Serpentard. Seule l'élite possède le talent pour y parvenir, cela démontre bien que vous êtes une personne d'exception.

 

Las des élucubrations politique, Bulstrode s'abandonna à la curiosité de mieux connaître la femme vouée à partager sa vie. Ce serait utile en plus de s'avérer, il en avait bon espoir, une discussion plus détendue.

 

— Et si nous faisions mieux connaissances ? Neith, si vous me permettez, et Quintus, j'entends. Je serais délecté que vous m'en disiez plus sur l'exquise dame que j'ai l'honneur d'avoir pour fiancée.

 

tl;dr : Quintus entrevoit un terrain d'entente avec Neith, tente de concilier leurs points de vue divergents et présente des excuses à sa fiancée. Puis il la félicite pour son entrée à Serpentard et lui propose de faire connaissance.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 17/01/2026 à 03:49

Neith Ptahchepsès accomplit très vite un exploit, et ce à peine assise. Elle inculqua une leçon d'humilité à son hôte. Comme quoi, même Quintus Bulstrode pouvait se tromper. Le nundu n'était que le masque sous lequel se dissimulait un de ces insupportables roquets qui ne font qu'aboyer en se cachant dans les robes de leur maître. Et il devait épouser ça. Cette fiancée qui le toisait lui inspirait finalement quelque chose de concret : du dégoût.

 

Un soupir exaspéré fut tout ce que le Britannique exprima de sa déconvenue. Il aurait pu remettre cette môme à sa place, l'incendier de propos qui lui auraient fait regretter de ne pas être sourde. Mais il avait prévu de la laisser parler et s'en tiendrait au plan, quoi qu'il pensât d'elle. Avec moins de considération pour la demoiselle cependant. Elle ne méritait pas son respect. Elle remplirait le rôle qu'il lui imposerait et ensuite il se débarrasserait d'elle comme d'un outil usé.

 

Lui, un Ptahchepsès ? Plutôt crever. Le sort d'un esclave était plus enviable que cela. Des enfants ? Elle en était un elle-même, l'idée de la toucher lui donnait la nausée. Elle sortait à peine du berceau et se permettait de parler d'ancienneté, l'insolente. Et elle s'octroya le droit de le taxer d'égoïsme. Bulstrode se targuait d'être égoïste. Elle ferait bien de l'être un peu au lieu de se complaire dans la cage dorée qui ne ferait que resserrer ses barreaux jusqu'à la broyer si elle n'avait pas la vision de saisir sa liberté tant que la geôle était entrouverte.

 

Vous et moi. Elle répétait l'expression comme un ennemi vaincu tend les bras devant lui avant d'être achevé. Le "nous" que le sang-pur avait envisagé possible dans cette histoire n'existerait jamais à ce rythme. Il connaîtrait l'ascension en la laissant derrière lui si elle refusait sa main tendue. Et quand il aurait placé le monde sous son joug, les Ptahchepsès ne seraient pas épargnés, la faute à leur émissaire incompétente. Il les mettrait à genoux, suppliants, et les libérerait de leur humiliation en les écimant. Ainsi, la plus ancienne famille de sorciers de la terre disparaîtrait tandis que Bulstrode demeurerait. Il ne manquerait pas de rappeler cela à celle qui serait alors son épouse quand en guise de cadeau d'anniversaire de mariage elle recevrait la tête de ses ancêtres. 

 

Posément, Bulstrode entama l'entrée. De fichus escargots. Qu'ils aillent à Raczidian ces maudits Français et leur exécrable conviction que n'importe quoi pouvait faire office de nourriture. Le chef serait congédié dès son retour au manoir. Sa consigne du jour était de cuisiner de la gastronomie française, pas de s'affranchir des critères de comestibilité. Entre deux bouchées gluantes qu'il mâchait sans trahir sa répugnance, il adressa un sourire froid à Ptahchepsès.

 

— Je suis un égoïste, c'est vrai. Je prends ce que je veux au détriment des autres si nécessaire.

 

Bulstrode laissa le sous-entendu s'imprimer dans l'esprit de son interlocutrice avant de poursuivre.

 

— Mais je vous promets que j'aspire à de bien plus vastes et nobles fins. Et vous, qu'est ce que vous désirez ? Qu'attendez-vous de moi, de nos fiançailles et de votre lignée ?

 

Comme pour se livrer à une confidence, il se pencha légèrement vers elle et mua son sourire en une expression plus chaleureuse, plus sincère. Plus intrigante. Si elle ne mordait pas à l'hameçon, il lui faudrait la harponner. Il espérait ouvrir l'esprit de l'ingénue à un monde de possibilités qu'elle n'avait apparemment jamais envisagé. Ce serait peut-être fastidieux. Les bêtes captives craignaient la liberté.

 

— Qu'attendez-vous de la vie ?

 

L'héritière avait encore le temps de rattraper le rythme de la valse. Si elle y parvenait, elle danserait dans les bras froids mais protecteurs de Quintus. Sinon, elle danserait au bout des doigts manipulateurs de Bulstrode.

 

tl;dr : Quintus est désabusé quant à Neith. Il admet un défaut avant de promettre qu'il a des ambitions plus seyantes que son propre plaisir et de demander à sa fiancée ce qu'elle souhaite tirer de sa vie et des cartes qui constituent sa main.

Liste des messages de Quintus Bulstrode