Femme
17 ans
Sang pur
Britannique
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : Cass
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 14/01/2026 à 18:32
Cela ne faisait que quelques minutes que Cassie poireautait dans l’entrée des cuisines, et pourtant une certaine impatience commençait déjà à se faire sentir chez elle. La pointe de sa bottine à talonnette rouge pétante tapait légèrement et en rythme la pierre sous ses pieds, tandis qu’elle gardait les bras fermement croisés juste sous sa poitrine. La présence des occupants des lieux n’était pas sans lien avec la mine renfrognée qu’elle affichait.
Elle n’avait pourtant pas demandé grand-chose : du chocolat noir à 90%. Comme le préconisait l’exercice auquel elle voulait s’adonner pour le cours de Défense contre les Forces du Mal. Son préféré. Mais non, visiblement sa requête était trop demandée pour la créature qui s’était portée volontaire lorsqu’elle était arrivée.
Et en même temps, était-ce vraiment étonnant de la part d’êtres aussi difformes que les elfes de maison ? Vraiment, leur aspect restait un mystère pour la jeune fille. Une si grosse tête pour un si petit corps tenait plus de l’outrage à l’esthétisme, que de quelque chose de naturel. À défaut d’être jolis, ils auraient au moins pu être intelligents. Mais c’était sans compter sur la taille proéminente de leurs yeux qui devait forcément prendre le pas sur la matière cérébrale. C’était la seule explication. Pas étonnant que les sorciers en aient fait leurs serviteurs pendant si longtemps…
Sa chance lui jouait décidément des tours. En plus de s’infliger un passage dans les cuisines où les odeurs faisaient tordre son estomac de faim et où la vue des elfes la dégoûtait un peu, elle était tombée sur la seule créature qui n’était pas capable de différencier du chocolat au lait et du chocolat noir. C’était la troisième fois qu’elle revenait en sautillant, prétendant avoir trouvé ce qu’elle cherchait, et la troisième fois qu’elle se trompait.
Cassie sentit un léger courant d’air provenir de la porte, derrière elle. Naturellement, elle se retourna pour voir qui venait d’entrer. C’est là qu’elle le vit arriver, un sourire stupide aux lèvres. Qu’est-ce que c’était que ça pour une tenue ? Il avait l’intention de partir faire du parachute avec son pantalon dix fois trop grand ? Le bougre semblait planer comme si un billywig venait de le piquer. Passablement énervée par l’attente, et pas du tout prête à bouger du passage où elle se trouvait avant qu’on ne lui ait apporté ce qu’elle était venu chercher, elle l’interpella :
- Qu’est-ce que tu veux, toi ?
Sa bouche, parfaitement peinte dans un rouge aussi criard que celui de ses chaussures, formait une ligne qui trahissait légèrement son dédain.
Une rencontre qui fait des étincelles
Message publié le 14/01/2026 à 16:35
Le visage de Cassie se figea dans une expression d’indignation pure, lorsqu’elle comprit ce qu’il venait de se produire. Son premier réflexe fut de s’insurger en criant, mais ses protestations restèrent muettes car le sortilège qu’on venait de lui lancer la réduisait au silence. La Gryffondor avait certes beaucoup de défauts, mais lancer des sorts sur autrui sans avertissement préalable n’en faisait (jusque-là) pas partie. L’acte relevait à ses yeux d’un manque de respect immense, sans compter le fait qu’il lui avait été jeté sans même un regard dans sa direction.
Bien décidée à signifier son mécontentement, elle s’approcha d’un pas ferme du bureau où se tenait encore assise celle qui venait de lui faire affront. Se plantant devant la concernée, elle reconnut alors la fille aux cheveux sombres. C’était cette égyptienne au nom imprononçable qui n’était pas sans rappeler une maladie vénérienne. Une pièce rattachée arrivée tardivement à Poudlard. Une intruse, en somme. Qui venait de commettre une terrible erreur en agissant de la sorte, comme une lâche.
Il fallut quelques secondes avant que l’effet de la magie ne se dissipe et qu’on puisse à nouveau entendre le son de sa voix. Cette attente avait au moins eu le mérite de dissuader Cassie de se couvrir de ridicule en recourant à la solution des insultes facilement criées. Non, à la place, elle parla d’une voix calme, mais emplie d’une colère froide, à celle qu’elle considérait comme une étrangère.
- On peut savoir c’est quoi ton putain de problème ?
Toutes les excuses du monde n’auraient de toute façon pas réussi à justifier le sort lancé. Personne n’avait le droit de la faire taire. Encore moins une Serpentard en carton comme elle. Son regard glissa brièvement sur le parchemin qui se trouvait encore devant elle, avant de se fixer à nouveau sur son visage. Qu’elle aurait pu trouver relativement joli si la personne qui l’arborait ne lui inspirait pas tant de haine, à l'instant-même.
- Je crois que t’as besoin de te rafraichir un peu les idées. lui cracha-t-elle en affichant un sourire provocateur, dénué de joie.
Elle voulait jouer à ce jeu-là ? Pas de problème. De ce dont elle se souvenait, certains serpents aimaient l’humidité. Une vipère comme celle-ci, apprécierait donc une petite douche.
- Aguamenti, lança-t-elle en pointant sa baguette vers Patch d'herpès.
Un jet d'eau intense vint directement asperger le visage de la Serpentard, épargnant (par chance pour elle, par malchance pour Cassie) ce qui se trouvait autour d'elle.
Cassie Dunn a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Apophis !
- Sortilège
- Sortilège du Jet d'Eau
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 18
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Un jet d'eau intense vint directement asperger le visage de la Serpentard, épargnant (par chance pour elle, par malchance pour Cassie) ce qui se trouvait autour d'elle.
Autres résultats possibles
Un jet d'eau intense vint non seulement directement asperger le visage de la Serpentard, mais toucha également ce qui se trouvait autour d'elle. Ses cheveux, ses vêtements, ses affaires... Le parchemin posé sur le bureau ne fut pas épargné, réduisant ce qui y était écrit à de vilaines taches d'encre informes.
Quelques gouttes d'eau s'échappèrent à peine de l'extrémité de la baguette pour venir atterrir sur le bureau, donnant l'air à Cassie d'avoir simplement allumé un pétard mouillé.
La baguette de Cassie se mit à crachoter bizarrement, poussant cette dernière à regarder de plus près. L'eau choisit évidemment le moment où elle tenait sa baguette juste devant elle pour l'éclabousser brutalement au niveau de son pantalon. L'humiliant pour la deuxième fois de la journée en la laissant avec une tache humide qui n'était pas sans laisser penser qu'elle avait eu un accident...
Message publié le 14/01/2026 à 12:37
Le renfrognement passager du Serdaigle lui fit comprendre qu’elle avait visé juste. Et le joli euphémisme selon lequel il avait quitté l’équipe la fit sourire intérieurement. Tout le monde savait que ce n’était clairement pas une décision de sa propre initiative. Il n’était pas parti, il avait été viré. Aussi, elle décida de vérifier jusqu’où elle pouvait enfoncer le couteau dans la plaie :
- Oh mince. Quel dommage, dit-elle d’un ton affecté avant de se justifier. Je ne suis pas de très près les matchs, c’est pour ça. J’ai dû louper un épisode ou deux. Ça ne te manque pas trop ? Jouer avec l’équipe et tout ?
Mais Mellitus (encore un qui ne devait pas avoir été désiré à la naissance, vu le prénom) semblait visiblement pressé de changer de sujet, car il se lança dans une tirade latine, suivi d’un bref cours magistral tout ce qu’il y avait de plus barbant. Plus le garçon parlait, et plus il devenait difficile pour Cassie de maintenir son masque de neutralité. La fraicheur hiémale ? Sérieusement ? Ce bouffon devait avoir bouffé un dictionnaire ou s'astiquer sur des encyclopédies. Elle ne voyait pas d’autres explications. Ou alors c’était juste un petit vieux sous déguisement.
Ses doutes sur la seconde option s’épaissirent d’ailleurs lorsqu’il se mit à lui parler… de la météo. Ce fut précisément le moment où la jeune fille se demanda si elle ne s’était pas trompé de cible en venant aborder le sportif du dimanche. Comme si c’était elle à qui on était en train de faire une mauvaise blague. Mais derrière ses expressions désuètes et le sourire affable qu’il lui servait, elle distinguait un malaise certain en lui. C’est dans cette attitude gênée qu’elle trouva son réconfort et l’envie de poursuivre son dessein.
- En fait, je voulais te parler d’un truc. commença-t-elle pour expliquer la raison de cette interpellation. Je suis là pour une fille de mon dortoir qui dit beaucoup de choses à ton sujet. Elle en pince carrément pour toi. Disons que t’es... vraiment à son goût.
Rien n’était vrai. Mais elle était là pour s’amuser et voir jusqu’où pourrait aller la plaisanterie. Décidant de mettre les pieds dans le plat, elle demanda de but en blanc :
- T’as une copine ?
Pour ne pas non plus lui donner l’impression de le prendre au piège (ce qui était pourtant un peu le cas), elle se joignit à sa conversation sur la pluie et le beau temps. L’entendre appeler les mioches de première et deuxième « les jeunes » confirma encore un peu ses doutes sur l’âge véritable de ce gars et lui arracha une grimace. Heureusement, elle put la mettre sur le dos de sa réponse à la question qu’il venait de poser.
- Non, pas vraiment. Je suis pas fan de la neige. Je préfère l’été.
Ce n’était qu’à moitié vrai. Mais elle ne jugea pas utile de développer toutes les raisons qui la poussaient à ne pas aimer la saison froide. ça ne le regardait pas.
Une rencontre qui fait des étincelles
Message publié le 14/01/2026 à 11:55
La première règle de Cassie était de ne pas prêter le flanc à ses ennemis. De ne leur donner les armes pour l’attaquer sous aucun prétexte. C’était forte de ce précepte qu’elle rythmait ses journées, et c’était notamment le cas dans la Grande Salle où elle s’instaurait une rigueur qui ne permettrait à quiconque d’avoir l’idée de juger ses appétits ou de la comparer physiquement à un troll. Elle n’avait pas besoin des autres pour avoir déjà au fond d’elle l’impression d’être un chaudron ambulant, avec une silhouette aussi épaisse que large. Une image loin de celle confiante qu’elle tentait de renvoyer au quotidien. Ceux qui avaient malgré tout tenté la moquerie jusque-là en gardaient forcément un mauvais souvenir, elle s’en était assuré.
Mais voilà. Cette journée n’était pas une bonne journée. Peut-être était-ce lié à la météo écossaise et à l’hiver qui lui semblait déjà interminable alors qu’il venait de commencer. Ou cela avait possiblement un lien avec les abrutis qu’elle était contrainte de côtoyer, et au nivellement par le bas dont elle était témoin quotidiennement. Quoi qu’il en fut, Cassie était ressortie frustrée du dîner. L’assiette de poulet maigre et d’haricots qu’elle avait picorée ne l’avait pas rassasiée, bien au contraire. Et la frustration de la froide journée avaient déclenché en elle une crise, comme elle en avait de temps en temps. La brune avait besoin de se goinfrer d’un max de cochonneries. Et vite.
Puisqu’il n’était pas question qu’on la voit faire, elle s’était extirpée de sa salle commune et mise en route vers une salle de cours qu’elle savait vide à cette heure tardive. Les poches de son gilet remplies d’une partie de ses réserves secrètes, elle poussa sans attendre la porte de la pièce. Quelle ne fut pas sa désagréable surprise lorsqu’elle réalisa que, contrairement à ses attentes, l’endroit n’était pas désert.
Une fille aux cheveux sombres était déjà là, visiblement occupée à écrire. Comme s'il n'y avait pas un tas d'autres endroit pour faire ça. Cette idiote ne savait pas qu'il y avait une bibliothèque ? Une salle d'étude ? Des tas et des tas d'autres classes ? Déjà irritée, Cassie ne put réfréner davantage son agacement.
- Qu’est-ce que tu fous là ? demanda-t-elle un peu trop abruptement.
Au diable la fausse amabilité. Elle avait faim et cette gonzesse venait de se mettre sur son chemin. Juste entre elle et le moment libérateur où elle pourrait se gaver jusqu’à la nausée.
Message publié le 14/01/2026 à 07:49
Avant même qu’elle n’ait pu commencer à lui parler, le gars l’interrompit. Quelque chose semblait avoir capté son attention, derrière elle. La brune ne put alors que suivre du regard le blond, tandis qu’il la contournait pour se pencher et ramasser un truc.
Cassie se sentit à la fois vexée (sa présence méritait un peu plus de concentration, surtout venant de quelqu'un capable de remplir une pensine avec sa sueur) et fascinée lorsqu’elle constata que l’objet perturbateur n’était autre que le batônnet qu’elle venait d’abandonner. Et non content de jouer les elfes de maison, le gros dégueu venait de surnommer l’ordure "la coquine" et arborait un sourire, comme s’il venait de capturer le vif d’or. Erk.
Si la jeune fille avait voulu une distraction, il semblait qu’elle était tombée d’emblée sur le gros lot. Son champion avait le charisme d'un Bylliwig. Elle dut se faire violence pour ne pas laisser transparaitre les sentiments que lui inspiraient son camarade, et surtout pour ne pas lui dire qu’il se trompait totalement. Des ordures, il y en avait tout un paquet à Poudlard, même dans les couloirs. Et la plupart portaient une cravate verte ou parlaient français.
- Oh, mais je te connais. mentit-elle avec aplomb en affichant un sourire qui se voulait charmant, avant de se présenter plus sobrement. Cassie.
Ce n’était, en fait, pas totalement un mensonge. Car à bien y réfléchir, maintenant qu’elle remettait un prénom sur ce visage, le blond ne lui était pas totalement inconnu. Oui ! Elle avait déjà entendu parler de lui, l’année précédente. C’était le gros looser qui s’était fait virer de son équipe de Quidditch chez les Serdaigle. Une histoire qui l’avait vaguement amusée sur le moment, mais pas suffisamment marquée pour qu’elle se souvint du visage du concerné. Et en même temps, si le bougre suait comme un veaudelune à chaque fois qu’il avait le malheur de faire un peu de sport, pas étonnant que ses coéquipiers aient fait en sorte de l’évincer. La brune n’osait même pas imaginer l’odeur dans les vestiaires… Mettant temporairement l’idée initiale qu’elle avait eue pour l’aborder de côté, elle ne put s’empêcher de saisir l’occasion devant elle.
- Tu t’entraînes pour garder la forme pour le prochain match de Quidd ? Tu fais partie de l’équipe, si je me trompe pas ? demanda-t-elle d'un air innocent, la tête légèrement penchée et un petit sourire aux lèvres.
Si ce sujet était délicat pour lui, elle était ravie à l’idée d’ajouter un peu de sel sur une plaie ouverte.
Message publié le 12/01/2026 à 23:44
Nonchalamment adossée contre l’une des colonnades qui donnaient sur la cour de la tour de l’horloge, Cassie tentait de trouver une distraction. Quoi que ce fut qui puisse lui faire penser à autre chose qu’à ses fichues révisions qui, dernièrement, prenaient trop de place dans son quotidien. À croire que ces débiles de profs s’étaient fait passer le mot pour les harasser de travail dès la rentrée. Comme si une montagne de devoirs avait le pouvoir d’atténuer la médiocrité évidente des autres élèves. C’était n’importe quoi. Subir l’incompétence des autres irritait la Gryffondor, qui avait ce jour-là estimé qu’il était temps de décompresser un peu.
Son regard scannait l’endroit avec curiosité, tandis qu’elle mâchouillait distraitement le batônnet de sa suçacide. Ses friandises préférées, qu’elle achetait chez Honeydukes lors de chaque visite à Pré-au-Lard. Elle s’impatientait déjà d’ailleurs de la prochaine sortie, car son stock était à présent à sec. Si elle n’avait au début pas apprécié l’acidité particulière de ces sucettes, Cassie avait progressivement développé une légère addiction à ces dernières. Non pas qu’elle ait pris goût à leur saveur - elles n'en avaient pas et pouvaient même causer des trous dans la langue -, mais plutôt à l’aspect qu’elles donnaient pendant un cours instant à son visage : l’aigreur du bonbon avait tendance à creuser brièvement ses joues lorsqu’elle les mettait en bouche. Un détail minime qui ne laissait pourtant pas indifférente la jeune fille dont le miroir renvoyait systématiquement un reflet trop large à son goût et pour qui l’apparence avait tant d’importance.
En témoignait d’ailleurs sa tenue. Loin du sac à patate qui leur servait d’uniforme réglementaire la semaine, la brune prenait grand soin de laisser exprimer sa féminité avec des tenues plus personnelles le weekend. Son cadeau de Noël, un manteau de fourrure noire dont elle ignorait l’origine animale ou pas, ne laissait dépasser qu’une jupe courte et des collants noirs presque transparents agrémentés de jolies bottines cirées. Même le vent frais de l’hiver ne pouvait avoir raison de sa coquetterie.
Elle finit par remarquer, au bout d’un moment, la présence d’un garçon. Pas trop moche, mais dont l’aspect dégoulinant de sueur venait absolument tout gâcher. Réprimant d’abord une grimace, elle ne put ensuite contenir un petit sourire moqueur lorsqu’elle constata l’état de lequel se trouvait la veste du concerné. Bingo, elle avait trouvé sa distraction du moment. Et pourquoi ne pas aller plus loin même ?
La sixième année laissa tomber le bâtonnet de sa sucette par terre avant de se redresser. Les elfes de maison étaient bien là pour quelque chose non ? Ils n’auraient qu’à nettoyer ça au passage. Elle s’avança ensuite d’un pas serein en direction du sportif en herbe, resserrant autour d’elle son manteau pour se réchauffer un peu. Une fois à sa hauteur, elle s’éclaircit doucement la gorge :
- Euh.. excuse-moi. Je peux te parler ? demanda-t-elle de cette fausse voix douce qu’elle avait fini par maitriser et qui se voulait presque timide.
Cassie observait une distance raisonnable avec le blond, pour qu’il ne comprenne pas trop vite que son aspect la répugnait un peu.
Message publié le 11/01/2026 à 08:44
Évidemment, il fallait que quelqu’un ait eu la même idée qu’elle, au même moment, concernant la bestiole. Vaguement contrariée que les grands esprits se soient rencontrés et qu’elle n’ait pas eu l’exclusivité du projet , Cassie vint doucement croiser ses bras sous sa poitrine, sans pour autant lâcher sa baguette. Il était visiblement trop tard pour prétendre être là pour un rendez-vous galant, et le nouveau venu venait de mettre un terme à ses suppositions le concernant par la même occasion.
- Fais chier, marmonna-t-elle entre ses dents.
Il avait au moins le mérite de ne pas tourner autour du pot. Cependant, elle n’appréciait pas le ton empreint de certitude qu’il employait en énonçant ses propres hypothèses à son sujet, ni le sourire qu’il lui adressait par la même occasion. Son esprit de contrariété la poussa à remettre les choses au clair :
- Ne déforme pas mes propos. Je n’ai pas dit que je n’avais pas peur, je t’ai demandé pourquoi je devrais avoir peur. C’est différent.
Force était d’admettre qu’il avait pourtant bien raison. Elle n’avait pas le moins du monde peur à l'idée de se retrouver là, à la nuit tombée. Et encore moins de trouver le fangieux en question. Mais il n’était pas question de l’avouer à voix haute. Cassie le scruta plus attentivement maintenant qu’il s’était rapproché, et lui rendit le sourire creux qu’il venait de lui adresser en poursuivant d’une voix plus légère.
- Mais bon. Puisque tu es là, je suppose que ça ne sert à rien de nier… Oui, je suis là pour le fangieux. concéda-t-elle. Et peut-être aussi pour lancer un sort ou deux.
La brune avait ajouté les derniers mots à mi-voix, en plissant légèrement les yeux. Ni l’attitude prétendument détendue, ni la voix suave de son camarade n’arrivaient à endormir sa méfiance. Au contraire, le regard qu’il jeta par-dessus son épaule la mit davantage sur le qui-vive. Pas besoin d’invités supplémentaires, et si sa présence n'était qu'une mauvaise blague, elle lui ferait payer cher la plaisanterie.
Lorsqu’il suggéra de partir à la recherche de la créature en désignant le lac devant eux, elle dut retenir un petit rire moqueur. Et en plus, il voulait qu’elle passe devant. Comme c'était étonnant... Pervers.
- Tu sais, si tu veux te rincer l’œil, t’es pas obligé de trouver des prétextes bidons, comme me faire passer devant. Et si je comprends bien… Ton idée, c’est d’aller le chercher dans l’eau ? J'aurais plutôt longé la rive.
Son visage, trop expressif, laissait transparaitre à quel point l’idée lui semblait stupide. Mais elle était bien déterminée à voir jusqu’où lui irait pour parvenir à trouver ce qu’ils cherchaient.
Pommier et statue de sel [cours]
Message publié le 10/01/2026 à 23:14
Un cours de botanique en soirée ? Voilà que le professeur faisait une crise de sénilité. Pas étonnant pour un homme qui devait déjà exister du temps de Merlin lui-même, cela dit. Ou alors il allait enfin leur montrer quelque chose d’intéressant… ça, ce serait une nouveauté. Après un rapide détour aux toilettes pour faire une retouche discrète de gloss, Cassie avait pris la direction de la serre n°3. Y aller à contre-cœur était une chose, mais elle se devait de préserver les apparences.
Quelle ne fut pas sa désagréable surprise, lorsqu’elle constata en arrivant que la leçon du jour tenait lieu de véritable débarquement de camemberts. La Gryffondor peinait à s’habituer à la présence des mangeuses d’escargots. Briller par rapport à ses camarades était une chose - aisée de surcroit -, le faire par rapport à ces étrangères en était une autre.
- Bonsoir, professeur. dit-elle d’une voix mielleuse.
Cassie vint ensuite se glisser à côté d’un élève dont elle ne prit pas le temps de détailler l’identité, trop occupée qu’elle était à scanner ce qui se passait. Son attention passa brièvement sur le pommier qui n’était, selon elle, pas aussi digne d’intérêt que les rivales en face. Une baguette et du bon sens comme équipement, c’était beaucoup demandé pour la majeure partie des personnes présentes ici. Mais Ravental aimait visiblement l’humour. Sérieusement, qui mettait des chaussures cirées pour rempoter de stupides plantes ?
Message publié le 04/01/2026 à 01:33
Les conversations insipides de ses camarades de dortoir avaient rapidement eu raison de sa patience, et garder l’air sympathique qu’elle tentait de se donner auprès de celles avec qui elle était obligée de partager ses nuits avait constitué un exercice plus compliqué que d’habitude. Cassie se moquait bien de savoir pour qui l’une en pinçait, ou ce qui s’était passé dans la journée de l’autre. Non, elle avait autre chose en tête, d’autres perspectives et son énergie pouvait être bien mieux utilisée ailleurs, plutôt qu’ici à maintenir les apparences.
Prétextant un oubli dans la salle commune, elle s’extirpa du conciliabule féminin avec un sourire trop sucré pour être honnête, et veilla à bien fermer la porte du dortoir derrière elle. Ses pas la guidèrent hors de ces murs qu’elle avais si bien appris à connaître au fil de ces dernières années. Évitant le regard désapprobateur de la Grosse Dame en passant le tableau, Cassie avait poursuivi son chemin jusqu’au rez-de-chaussée en se fondant dans les ombres du mieux qu’elle le pouvait.
Les rumeurs en lien avec le dernier cours de Défenses contre les Forces du Mal ne lui avaient pas échappé. Hors de question pour elle de louper l’opportunité de prendre un peu d’avance en allant faire du repérage près du lac. Là où, disait-on, la professeur avait attaché magiquement la créature qu’ils devraient prochainement affronter en cours. Cassie avait pris l’habitude de prendre les conseils qu’on lui donnait avec méfiance, mais persévérait malgré tout à se faire son propre avis, quoi qu’il arrive. Le fangieux ne ferait pas exception à la règle.
La Gryffondor s’était faufilée à l’extérieur avec précaution, presque certaine que personne n’avait pu la suivre jusque-là. Le bruit de ses pas sur l’herbe et le froid venu lui mordre délicatement le visage ne suffirent pas à calmer l’état de vigilance intense dans lequel elle se trouvait. En revanche, le lac et le mouvement hypnotique de sa surface dont s’approchait lentement y parvenait davantage. Ses chaussures finirent par se heurter aux pierres sur la rive, éclairées seulement par la lune.
Alors, pendant un bref instant, Cassie s’octroya un instant pour souffler. Pour profiter du calme et de la distance qui se trouvait entre elle et… le reste. Juste brièvement, car elle ne devait pas oublier la raison de sa venue.
C’est évidemment à ce seul instant que la voix la surprit. Une voix trainante, avec un accent qui n’aurait pas été pour lui déplaire à un autre moment. Elle fit brusquement volte-face pour tenter de distinguer qui pouvait bien se trouver là, dans l’ombre, à une heure pareille. Instinctivement, ses doigts se serrèrent sur la baguette qu’elle n’avait pas lâché depuis qu’elle était sortie de la salle commune. Au cas où.
Pendant un court instant, le masque imperturbable qu’elle se donnait un mal fou à entretenir glissa pour lui donner l’air d’une biche prise dans les phares d’une voiture. En voyant qu’il ne s’agissait « que » d’un garçon, à priori de sa maison si elle en croyait sa mémoire, elle se reprit juste assez pour tenter de donner l’illusion.
- Pourquoi est-ce que j’aurais peur de la nuit ? demanda-t-elle après un instant de silence, d’une voix faussement douce.
Déjà, elle imaginait une explication plausible à sa présence ici. Hors de question que ce gars - dont elle n’avait pas jugé utile de retenir le nom - la surprenne en train de faire du repérage. Lui était probablement là pour retrouver quelqu’un. Probablement une fille. Ou un gars si c'était son truc, elle s'en moquait allègrement.