Homme
17 ans
Sang-mêlé
Ukrainien
Identité
-
- Septième année
- Surnoms : Sashou
- Nationalité : Ukrainien
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 17/02/2026 à 07:57
Les mois passaient, et avec eux l'hiver affichait un soleil plus encourageant. La neige pourtant s'accrochait encore sur les pointes du château écossais, mais la luminosité étirait les journées jusqu'à ce que les dîners de Poudlard ne se déroulassent plus dans une nuit noire mais au contraire proche du coucher du soleil.
Pendant presque tout l'automne, Sasha avait raccompagné Kalina après chaque dîner jusqu'à la salle commune, puis l'avait suivie dans ses devoirs. Depuis quelques semaines, cependant, Kalina avait eu moins besoin de lui. Elle voulait parfois remonter avec ses nouvelles amies de dortoir, et le repoussait sans ménagement parce que "tu leur fais peur". Sasha avait plusieurs fois eu l'air bougon en réponse, la morigénant sur l'importance de se coucher tôt, mais au fond, il était content pour elle. Alors pourquoi cela l'agaçait-il, cela aussi ?
Toujours était-il qu'il avait retrouvé un temps juste après le dîner, qu'il n'avait pas le coeur à passer sur ses propres devoirs. Il tuait le temps, avec l'impression que c'était le temps qui l'achevait, lui, chaque jour un peu plus, en attendant que ce fût l'heure d'aller aider Alison et surtout, que ce fût l'heure ensuite de s'échapper dans la nuit, sous sa forme animale.
Il savait qu'il aurait dû investir dans sa vie sociale à Poudlard. Se faire des amis, comme Kalina. Peut-être s'inscrire à un club ou une équipe, comme faisaient bien des élèves, plutôt que de s'isoler comme un félin solitaire, en attendant de pouvoir aller chasser la nuit tombée. Plusieurs fois, il s'était dit qu'il devrait tenter de passer une soirée en compagnie de quelqu'un d'autre plutôt que sous cette forme, mais ses rares soirées sociales cette dernière année ne lui avaient apporté que des blessures supplémentaires, qu'il peinait à panser.
Et puis, il y avait un tout nouveau paramètre.
Quelqu'un d'autre s'évadait sous une forme féline.
Il ne la voyait pas toutes les nuits, la petite chatte au pelage couleur du désert. Mais suffisamment souvent pour espérer la croiser. Le coeur battant, il guettait dans l'obscurité. Si elle ne se montrait pas au bout d'un moment, il finissait par s'en retourner effectuer sa propre ronde. Mais les jours où elle se montrait, ils exploraient ensemble, ou bien traquaient des pistes à la lisière de la forêt. Ou, les nuits les plus clémentes, ils se perchaient sur un rocher pour s'étendre - lui guettait les mouvements dans le parc tandis qu'elle remplissait ses grands yeux de la forme de la Lune, le nez pointé vers le ciel.
Parfois, quand la neige tombait et rafraîchissait leur fourrure, ils se pelotonnaient l'un contre l'autre.
Sasha savait une chose : une telle proximité, même un peu aléatoire, même sans engagement possible puisqu'ils étaient dénués de parole, était d'une nature qu'il était incapable de développer sous sa forme humaine.
C'était précisément ce à quoi il pensait ce jour-là en essayant de se concentrer vainement sur sa lecture, assis par terre dans la volière, après un nouveau dîner où Kalina s'était éclipsée avant lui. C'était un mardi, et le mardi était l'une des rares fois où il avait un peu quelque chose à faire : un hibou venait lui livrer un journal qui lui apportait des nouvelles de la guerre. Une fois par semaine, il passait donc une heure à lire ces actualités, cherchant des informations qui lui donnaient toujours plus le sentiment d'être trop loin de ceux qui se battaient encore.
Le séant par terre, les genoux ramenés devant lui en un pupitre de fortune pour mieux tenir son journal devant ses yeux, Sasha affichait une moue grognonne tandis que le soleil couchant transperçait la tour de ses lames incandescentes. Il s'infiltrait par toutes les alcôves ouvertes pour les rapaces de l'endroit qui, silencieux en sa présence, le surveillaient de leurs yeux méfiants. Indifférent à cette hostilité latente, Sasha devait plisser les yeux pour utiliser ces derniers rayons de lumière pour sa lecture, malgré ses difficultés à se concentrer avec la pénombre qui gagnait du terrain.
Peine perdue. Ses pensées divaguaient trop. Il soupira en lâchant le journal qui retomba sur ses genoux.
De l'autre côté du papier, une silhouette pâle et symétrique, aux cheveux sombres et raides, avec deux yeux comme des canons pointés sur lui.
- AAAH !
Sasha avait crié en sursautant mais, une fois ses mains plaquées au sol poussiéreux de la volière, et il prit une inspiration et ferma les yeux.
- Zu-ey, articula-t-il en tâchant de calmer son coeur qui battait la chamade. Qui t'a dit que c'était une bonne idée de te déplacer aussi silencieusement ?