Harry Potter RPG

[Terminé]
Le point de départ Dans la chambre conjugale, jeudi 24 janvier 2126

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Message publié le 27/01/2026 à 11:03

Manius ne se réveille pas avant Caecilia. Pour se réveiller, encore faut-il avoir dormi. C'est la nausée qui le décide finalement à se lever. Ou plutôt le fait qu'elle soit devenue irrépressible et le contraigne à descendre pour finir dans les toilettes du bas le nettoyage commencé par la femme endormie dans le lit conjugal. Elle avait enlevé l'alcool de son sang mais pas de son estomac après tout. Ou alors c'est autre chose que Manius vomit ce matin.

 

Par réflexe, il a quand même prit le temps de ramasser son alliance qui imprime sa marque circulaire dans sa paume alors qu'il se crispe. Petit instrument de torture chauffé à blanc. Il la range sur son bureau, en évidence comme pour que jamais ne se soustraie à ses yeux sa culpabilité d'avoir donné sa jumelle à une innocente. Puis il prend une douche dans la salle de bain des invités pour ne pas troubler le sommeil de Caecilia qui doit en avoir bien besoin. Voilà, elle dort et lui se lave, ce dont il a besoin. Mais ce n'est pas suffisant. Quel savon pourrait jamais retirer le dégoût de soi qu'on porte quand on est aussi pathétique ? Scott. Elle avait voulu si fort que ce soit lui pendant qu'elle s'abandonnait à Manius qu'elle n'avait pu s'empêcher de souffler son nom. Manius le savait quand il avait cédé à la requête, qu'il n'existerait pas dans les bras de la sorcière et que l'intimité physique partagée était juste un symptôme de tout ce qui les éloigne. Caecilia risquait bien de vivre dans le précieux passé où son amant et elle ne faisaient qu'un. Tiens, ça leur fait un point commun en quelque sorte.

 

Un regret le dévore d'avoir partagé cette étreinte incongrue la veille. Le risque, aussi minime soit-il, d'engendrer un enfant dans pareilles conditions le révulse. Pourquoi avait-il cédé ? Était-ce par faiblesse ou par force qu'il avait répondu à la requête de Caecilia ? De nouveau, tout tourne en rond et Manius se sent balloté au gré de ce tourbillon insensible qu'est la vie. Il erre quelques instants dans la demeure, nettoie les dégâts qu'il a causé la veille. Considère la possibilité d'avoir recours à la magie pour ne plus jamais avaler une goutte d'alcool et se dit que ce serait trop facile, qu'il se décevrait encore. Il se sent à l'étroit, malvenu entre ces murs tandis que ressurgit la démangeaison de purger Dinefrw par l'autodafé.

 

Dehors, avec pour seule témoin la lune qui s'attarde avant de céder sa place à l'aube, Manius creuse un petit trou et se livre à une cérémonie entre lui et lui. Une estafilade dans sa paume et le sang coule dans la terre meuble. En son sein, l'archéologue se fait la promesse que le fluide vital emporte avec lui tout ça et qu'il ne viendra jamais remuer ce passé tandis qu'il referme la terre. Il y a des choses qu'il faut savoir laisser derrière soi et un moment où il faut se tourner vers l'avenir. Manius Fawley n'est pas encore prêt pour ça et il le sait. Mais peut-être qu'il est capable de commencer à vivre dans le présent. Être l'homme qu'il a envie d'être, peu importe que cela soit ce qu'on attend de lui ou pas. Peu importe qu'il plaise à Caecilia ou pas.

 

Il prépare le petit-déjeuner et le sert sur un plateau qu'il emporte dans la chambre. Sa main glisse avec douceur sur les cheveux de la jeune femme qui est assoupie là et sur le front de laquelle il dépose le plus léger des baisers.

 

— Bonjour. Tu veux prendre le petit-déjeuner ?

 

Manius sourit.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 27/01/2026 à 18:54

La douceur des draps contre sa peau la maintient dans une demi-somnolence quelques instants de plus. Elle n’a pas envie d’ouvrir les yeux, pas tout de suite, sent à peine son corps encore brûlant de sommeil, ses mains qui cherchent la fraîcheur d’un oreiller contre sa joue. Caecilia sait qu’il doit, sans doute, quelque part, à ce moment précis, faire jour puisqu’une poignée de rayons de lumière glissent jusque sous ses paupières, mais pas dans son monde, pas tout à fait. Elle sent la main de Scott caresser un instant ses cheveux, ses lèvres contre son front, elle sourit un peu, tourne son visage vers celui d’Emfield pour lui voler un baiser et

 

Bonjour. Tu veux prendre le petit-déjeuner ? Ses yeux s’ouvrent, léger sursaut, elle cille quelques fois pour comprendre ce qui se joue face à elle. Manius Fawley, son corps un peu trop découvert dans le lit défait et puis, soudain, une violente douleur qui lui lacère la poitrine : la dureté de la réalité lui saute à la gorge. Elle se redresse légèrement, porte une main à ses tempes, ses yeux se posent sur le paquet de clopes tant pis, elle en attrape une, croise le regard de son mari, se retient de justesse de l’allumer.

 

Les souvenirs de la veille déferlent alors qu’elle replonge dans le bleu d’un visage qu’elle a trop embrassé pour continuer à le taxer d’étranger. Manius… Bonjour. Il est là, face à elle, avec son indéfectible élégance, même au petit matin, lavé de ses démons de la veille, ou peut-être pas, peut-être qu’il a lui aussi ce matin une sourde douleur dans le cœur. Caecilia pense à ce qu’aurait été son réveil, seule dans cette chambre, son mari dans une autre pièce, craignant de la déranger, comment se serait-elle sentie alors ? À reprendre connaissance dans un lit vide, seule avec sa toute nouvelle souffrance ? C’est bête, mais elle se sent moins esseulée à ses côtés.

 

Alors, elle lui sourit doucement, t’as du café ? La cigarette tourne entre ses doigts, son autre main cherche la baguette qu’elle ne quitte pas, jamais ou seulement hier soir, peut-être qu’elle l’a laissée là-bas, avec cette robe et elle a vraiment mis cette robe ? Rire léger. Tu-tu peux me passer ma baguette s’il te plait ? Une pointe d’urgence dans la voix. Pas de quoi la couvrir, non, elle veut Eleftheria. Manius ne doit sans doute pas comprendre son trouble, elle se demande pourquoi elle n’attire pas l’arme à elle d’une simple formule concentrée dans le bout de ses doigts. Peut-être son inconscient souhaite-t-il témoigner à Fawley un brin de confiance.

 

Caecilia s’est endormie avec une curieuse sensation d’apaisement, elle a l’impression de toujours sentir sur sa peau les caresses de son époux, presque en retard de quelques années. Son corps meurtri par la trahison de la veille semble étrangement soulagé. Elle se souvient de la tendresse, d’un désir et d’un plaisir nouveau. Manius n’est pas Scott, ne le sera jamais même si elle ferme les yeux aussi fort qu’elle le peut, mais cette nuit semble lui avoir appris que l’envie pouvait avoir plusieurs visages.

 

La sorcière se sent soudainement laide. Elle imagine ses cheveux en pagaille, le maquillage qui a sans doute dû s’étaler sous ses yeux, ses traits tirés par les pleurs, son teint affreux. Manius ne doit pas la voir comme ça non, il la trouverait monstrueuse et depuis quand ça l’inquiète ? Caecilia fronce les sourcils, je dois être affreuse, coup d’œil anxieux et toujours cette fichue douleur au cœur qui ne la laisse pas tranquille, elle grimace, le départ d’Emfield, les larmes lui montent aux yeux pardon, je crois que j’ai le cœur brisé et elle le dit au sens littéral parce que c’est ça qu’elle ressent à cet instant. Regard posé sur le petit-déjeuner, merci… pour tout, pense-t-elle, ce-ça t’embête si j’fume ? Un peu nerveuse, un peu honteuse, mais étrangement, communiquer semble presque facile ce matin.

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Message publié le 27/01/2026 à 21:43

Un sursaut. Forcément, elle ne doit pas avoir l'habitude de se réveiller avec quelqu'un à ses côtés. Manius s'imagine Emfield s'extirper des bras de Caecilia le soir pour aller retrouver son épouse à lui après avoir... tiré son coup. Il cherche à chasser ça de son esprit. Malgré le mépris qu'il s'est découvert pour lui, il sait que Caecilia l'aime et n'acceptera pas ce sentiment, le percevra comme une jalousie déplacée. Puis elle attrape une de ces saloperies qu'elle fume.

 

Du café, bien sûr qu'il y en a. Manius s'est toujours assuré que Caecilia puisse avoir ce qu'elle aimait à portée de main. Amant compris. Le comble s'il avait oublié quelque chose d'aussi trivial. Il se demande Pourquoi tant d'empressement semble animer la sorcière quand elle demande sa baguette mais ne pose pas de question et la lui donne en réalisant qu'il ne sait même pas ce qu'il est advenu d'Illyius. 

 

La sorcière qui se réveille ce matin a l'air un peu perdue, comme si Manius l'avait tirée d'un rêve profond dont elle peine à émerger. Il ne sait pas comment aborder cette jeune femme qui lui dit qu'elle a le cœur brisé par son amant. Comment comprendre ce qu'elle ressent ? Deviner ce dont elle a besoin ? La seule chose à faire lui semble-t-il, est de lui témoigner son soutien, cette indéfectible volonté de la protéger. Certes, la même qui l'avait mené à commettre la terrible erreur d'enchaîner à lui Caecilia. Mais n'apprenait-on pas de ses erreurs ?

 

— Tu es très bien. La soirée a été rude pour toi, tu es juste fatiguée. Fume si tu en as besoin.

 

Hésitant, Manius décide toutefois de se risquer à passer son bras derrière la nuque de Caecilia et l'inviter à se blottir un peu contre lui. Il n'a aucune idée de ce que son étreinte peut lui apporter ni si elle la désire mais après la nuit passée à découvrir mutuellement leurs corps, l'idée ne lui semble pas si saugrenue.

 

— Pour ton cœur, je n'ai pas le remède mais j'aimerais le chercher avec toi. J'ai de la peine de te voir ainsi.

 

Plongé dans sa réflexion, Manius se demande ce qu'il peut bien exister en ce monde qui puisse réparer un cœur brisé. Certainement pas lui, encore moins pour Caecilia se dit-il. Une blessure d'amour ne doit pouvoir se soigner qu'avec de l'amour. C'est sans doute la meilleure chose à faire dans l'immédiat. Ne fût-ce que pour essayer d'arrêter l'hémorragie.

 

— Et si tu invitais tes amis ? Je suis sûr qu'eux sauront faire quelque chose pour toi. J'irai faire une course pendant ce temps-là pour vous laisser tranquilles.

 

Les évoquer de la sorte lui rappelle son impromptue rencontre avec Neith Ptahchepsès, la fiancée de Bulstrode qui était un ami proche de Caecilia. À défaut de mieux pour tenir compagnie à cette dernière, il lui en fait part.

 

— D'ailleurs, j'ai rencontré par hasard Mademoiselle Ptahchepsès, la fiancée de ton ami Bulstrode. Elle m'a dit que tu m'avais devancé à ce sujet. Il te l'a présentée ?

 

De sa main qui enlace l'épaule de Caecilia, il caresse doucement celle-ci. De l'autre, il tâtonne maladroitement pour prendre le thé en se demandant ce qui lui avait pris d'amener le petit-déjeuner au lit. Ce n'était vraiment pas pratique. 

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 28/01/2026 à 22:13

Manius n’a pas remis son alliance, elle le remarque seulement quand il l’attire contre lui d’un bras passé derrière elle. Les épaules découvertes de la jeune femme n’opposent pas de résistance à son geste. Elle dépose sa tête quelques instants sur le corps de son époux. Le café est amer, ça la fait grimacer, mais c’est comme ça qu’elle l’aime. Comme si rien ne pouvait être doux autour d’elle, qu’il fallait toujours un peu de brutalité, qu’elle ne se sentait pleinement vivante qu’une fois secouée.

 

Les paroles du jeune homme coulent sur elle avec tant de tendresse qu’elle frissonne, dérangée. Elle déteste cette façon qu’il a de marcher sur des œufs, d’aller toujours dans son sens ou dans le sens de ce qui serait le mieux pour elle. Par-dessus tout, elle exècre admettre qu’il a raison parce qu’elle se sent débile, elle, de ne pas arriver à appliquer ses raisonnements logiques, ses sages conseils, de s’exprimer à moitié, avec difficulté, de ne pas savoir rivaliser avec la douceur des mots qui lui sert comme autant d’évidences, comme ce petit-déjeuner, ses vêtements jamais froissés, son corps parfumé à la propreté.

 

Ça lui rappelle qu’elle a rien à foutre là, qu’elle ne le mérite pas, n’a pas envie de mériter ce prince charmant, trop galant, élégant qui ne lui ressemble pas. Peut-être parce qu’elle ne sait pas répondre, qu’elle préfère insulter son amant, lui hurler dessus pour garder le contrôle dans une discussion qu’elle maitrise. Emfield n’a probablement aucune idée de la couleur de ses fleurs préférées ou de comment elle aime prendre son café, parce que, quelque part, ils n’ont jamais vraiment eu droit à leurs matins.

 

Caecilia ne peut s’empêcher de se demander chaque fois si ce n’est pas un piège, un moyen de l’amadouer, de prendre d’elle ce qu’il veut avant de ne plus en avoir besoin. Puis ces propositions délicates, ses préventions adroites lui donnent l’impression d’être une enfant capricieuse dont il faut s’occuper. Est-ce donc ce qu’elle est pour lui ? Une gamine ingérable aux yeux boudeurs de laquelle il ne peut que céder. Allumer sa clope la démange, mais elle ne veut pas cracher sa fumée dans les bras de Manius, à croire qu’elle est bien là. Fais chier, c’est quoi encore ça ? Puis une caresse, elle ne comprend pas pourquoi le contact de Fawley la calme un peu et ça l’énerve. Ptahchepsès, dans quel cadre a-t-il bien pu rencontrer la petite Neith de Quintus ?

 

T’es trop gentil Manius… ça ne sonne pas comme un compliment. T’as le droit d’me trouver chiante, elle soupire, joue avec la main de son mari dénuée d’alliance, je sais que j’suis insup. Petite moue. Oui, Neith, pas trop concentrée, pas trop concernée, l’attention fixée sur cette main sans bague. Pas tout à fait. Quintus l’a envoyée par portoloin dans le salon au beau milieu de la nuit il y a quelque temps, quelques euh semaines peut-être ? Elle se désintéresse des doigts de son époux pour terminer sa tasse de café. La petite était totalement déboussolée, ajoute-t-elle sans aucun égard pour la réputation de la môme du Bulstrode. Elle se rappelle néanmoins de penser à confronter son ami à ce sujet. Apparemment, ils se sont donné rendez-vous en tête à tête pour apprendre à se connaître. Elle continue, amusée de dérouler ses ragots à son mari. Mais ils ne se sont pas trop appréciés. Caecilia hausse les épaules, Quintus doit avoir une bonne explication, elle attend simplement de connaître laquelle. Le pauvre petit chat, ajoute-t-elle comme pour elle-même.

 

Caecilia abandonne sa tasse de café vide pour récupérer sa baguette. Elle t’a fait bonne impression ? La fatigue l’écrase encore un peu, elle en a marre de jouer à la dinette comme si tout était normal, qu’elle ne venait pas de consommer son union la veille, près de sept ans plus tard pour se venger de son amant. Sa vie n’avait définitivement aucun putain de sens. T’sais je suis vraiment d’accord, hein elle se décale un peu pour happer son regard, voir sa réaction, pour l’héritier, elle ajoute, vu que jusque-là c’est juste obscur, j’sais que c’est pas toi qui veux, mais fin voilà. Pas étouffée par l’éloquence en tout cas. 

 

La sorcière à demi nue, les cheveux emmêlés, un regard un peu perdu miroir d’un cœur un peu brisé qui propose à son mari sans alliance de lui faire un bébé, tableau charmant, oui vraiment convainquant. Elle grimace. Par contre, oui, peut-être qu’on devrait pas remettre ces bijoux tout de suite si on veut euh s’apprivoiser ? Allez c’est trop pour elle, non vraiment, cette discussion n’a aucun sens. Caecilia quitte ses bras, ses draps pour enfiler rapidement de quoi se couvrir avant d’allumer sa foutue clope, le regard dans le vide, retour à la fenêtre, paysage morne. Peut-être qu’elle veut pas un gosse, peut-être que c’est juste une excuse débile pour qu’il caresse à nouveau de sa délicatesse, de ses mains trop propres, trop soigneuses son corps de femme larguée. Fais chier.

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Message publié le 29/01/2026 à 00:03

C'est avec une horrifiante lucidité que Manius vit cette conversation improbable qu'il a ce matin avec Caecilia. Deux époux qui se sont à peine adressés la parole en sept ans, viennent de coucher ensemble pour la première fois comme s'ils livraient chacun une guerre personnelle à coup de tendresse et débattent de la fiancée d'un autre, prise dans les mêmes tourments qu'eux. C'est lunaire, complètement déplacé et... apaisant.

 

— Et t'as le droit d'être chiante. Je t'ai... t'apprécie comme ça et je ne veux pas que tu changes pour rendre notre relation complaisante.

 

Le récit de la visite impromptue de Ptahchepsès laisse Manius un peu songeur, très amer. Une histoire qui ressemble fort à celle qu'il vit avec la sorcière dans ses bras et qui compatit forcément avec elle mieux que lui ne le pourrait jamais. Qu'est-ce qui avait bien pu, chez Bulstrode, écœurer autant une Dame aussi noble que Neith Ptahchepsès ?

 

— Monsieur Bulstrode devait savoir ce qu'il faisait en t'envoyant Mademoisellle Ptahchepsès. Je suis sûr que tu es exactement la personne qu'il fallait pour la réconforter. Les mariages entre sang-purs sont décidément une sale affaire.

 

Pas certain du tout que Caecilia apprécie l'ironie mais c'est ainsi que Manius veut se montrer devant elle : franc. Dans une certaine mesure du moins, il peut bien faire une concession pour une cigarette et lui amener un petit-déjeuner au lit alors que ce n'est pas dans ses habitudes.

 

— Elle m'a paru altière et en forme. Je crois qu'elle se remet bien de sa rencontre avec son fiancé. J'espère.

 

Ce à quoi l'historien s'attendait moins, c'est que Caecilia revienne sur le sujet pour le moins délicat de leurs obligations familiales. Cette question était pour lui aussi quelque chose d'important. Mais il voulait que ce le soit pour les bonnes raisons. Il retient un soupir embarrassé, se gratte inconsciemment la lèvre supérieure avec son pouce comme quand il réfléchi.

 

— Est-ce qu'on peut envisager les choses autrement, à ce sujet ? risque-t-il alors qu'elle lui réitère son accord pour avoir un enfant. Ce mot, héritier... je ne veux pas d'un héritier, Caecilia. Et encore moins te l'imposer. Mais... j'aimerais être père un jour. Aimer mon enfant, le nôtre si tu partages ce souhait. Lui épargner les soucis... les emmerdes qu'on a traversées, corrige-t-il avec un vocabulaire qui ne lui est pas coutumier. On peut se laisser le temps. Mon père peut aller se faire voir. Et le sien et tous les Fawley qui m'ont précédé aussi. Je ne répéterai pas ce cycle dénué d'amour, entretenu par tradition. Si tu veux de moi, j'ai besoin que ce soit par... en tout cas pas par devoir. Mais je ne sais pas si tu peux me désirer après ce que je t'ai fait.

 

Manius sourit de l'attitude toujours un peu revêche de la jeune femme. Après tout, elle est justifiée et ça ne gâche pas son charme. Peut-être même l'inverse. S'apprivoiser, le terme n'est peut-être pas inapproprié. Elle a des allures de féline farouche et lui... de chien battu, sans doute ? Alors qu'elle va fumer sa cigarette près de la fenêtre, il la regarde avec les mêmes yeux qu'un jour de septembre lors de sa dernière année à Poudlard. Le jour où en prenant leurs photos de préfets, son sourire était celui d'un adolescent qui vient d'avoir un coup de foudre. 

 

— Je me suis dit que ça avait du sens quand tu as enlevé... nos bijoux, hier soir. Tu avais l'air sûre de toi en tout cas. J'ai rangé ma bague là où elle me rappellera que j'ai commis une erreur à tes dépens. Et que je suis reconnaissant que tu m'accordes une chance de me rattraper.

 

Même avec sa deuxième main libre, manger dans le lit ne s'avère pas plus confortable qu'auparavant et Manius décide de mettre un terme à ses efforts en ce sens. Il regarde la paume bandée de son serment solitaire avec comme une pointe de satisfaction qui lui arrache un semblant de rire bref exprimé en un souffle amusé, optimiste. Il y a quand même quelque chose dont il doit faire part à Caecilia toutefois.

 

— En parlant de s'apprivoiser, je risque d'être plus souvent dans tes pattes. Beaucoup plus souvent. Monsieur Woodcraft a refusé ma candidature. Je n'ai pas eu le poste à Poudlard. Je retournerai probablement mener quelques recherches en freelance au musée de Godric's Hollow mais les expéditions c'est fini pour le moment. D'ailleurs, ça me rappelle que je voulais faire un don à ce musée. On s'y brise la nuque avec ces vieilles chaises. Heu... je peux avoir ma baguette ? J'aimerais prendre de quoi écrire. S'il-te-plaît.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 29/01/2026 à 16:53

Lui ne veut pas qu’elle soit complaisante, elle pourrait mourir de rire. Manius l’homme complaisant par excellence, c’est du propre. Elle ne cherche pas à comprendre, peut-être devrait-elle ? Aucune idée. Ça devient une habitude de monter des suppositions en château de cartes dans son esprit avant de tout balayer par flemme, pour éviter de trouver le nœud du problème qui pourrait l’aider à mettre le doigt sur une série de solutions. Mais non, Caecilia est là, planté sur ses deux longues jambes, à côté d’une fenêtre entrouverte par laquelle elle crache ses poumons. Son corps a refroidi, matin amer, loin des bras de ce mari, drôle d’amant d’un soir.

 

Caecilia se demande si vraiment elle était la bonne personne pour recueillir le petit oiseau blessé de Quintus, la bonne ou la seule ? Tout était possible, c’était facile après tout, le Bulstrode n’allait pas l’envoyer chez Prisca alors que, selon les dires de la môme, il en était probablement bleu. Cette idée la fait sourire un peu. Manius est légèrement acide ce matin, il se moque gentiment de son propre mariage. Sa réaction lui plait bien : quitte à rentrer dans ce petit jeu de merde, autant qu’ils soient tous les deux lucides sur leur condition. Tant mieux si l’Égyptienne s’était remise de sa rencontre, ça éviterait à la sorcière de refaire une séance de babysitting improvisée. Elle n’a aucun conseil à donner, sinon elle n’aurait jamais fait l’amour à Fawley il y a quelques heures à peine. Ce mariage n’a aucune espèce d’importance pour elle, ce ne lui a pas semblé être le cas de Neith.

 

C’est drôle, Caecilia, elle aime bien la façon dont son prénom résonne entre ses lèvres, elle n’avait jamais remarqué. La jeune femme plisse les yeux pour détailler le visage de Manius. La clope la calme un peu, petite dose de chaleur au bout des doigts. Le désirer oui, elle a découvert qu’elle en était étrangement capable pas plus tard qu’hier. Ça l’amuse de le voir s’emmêler dans ses propres paroles, voilà pourquoi elle évite de trop discuter. Regard dans le vague, l’héritier, c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit entre eux, un mioche pour grand-père Fawley, cet homme qui ne la jamais aimée, ne l’aimera probablement jamais et pour cause, quelle idée d’avoir comme belle-fille Caecilia Rowle, la dégénérée.

 

Ta famille te déteste pas trop de m’avoir épousée ? Hors contexte, mais voilà : elle a une question en tête, faut bien qu’elle la pose, sinon ça sert à quoi d’avoir des lèvres en fait ? À part peut-être lui piquer quelques baisers. Elle hausse les épaules, feint l’indifférence : comme tu veux, mais, vu où il est destiné à naître, je sais pas si on peut vraiment lui éviter les emmerdes elle reprend le terme qui sonne si faux dans la bouche de Fawley, s’en moque un peu. Une poignée de secondes file pour la contemplation du curieux tableau que les époux s’offrent ce matin. Aucun putain de sens, mais le désordre lui va bien au teint.

 

Caecilia retourne s’asseoir près de Manius mal à l’aise avec son plateau, elle attire la baguette du sorcier à elle avant de la lui tendre. Tiens. J’sais pas si j’veux un gosse à aimer. De but en blanc. Avec Scott j’voulais pas. Ça, elle en était sûre. J’ai peur de euh bah de crever quoi. Petit rire sans joie, puis un regard un peu trop sérieux, ça t’libère si j’meurs toi ? puis sans transition : arrête de t’excuser avec tes beaux mots, j’ai compris, j’te pardonne, petit geste de la main, magnanime. Elle n’en peut plus de l’entendre se flageller. On les remettra quand on s’ra prêts. Voilà, sage parole, Prisca serait fière d’elle. Je comprends pas qu’il t’ait pas embauché, en fait, ça la dépasse carrément, Manius Fawley, professeur d’Histoire de la Magie, ça tombait sous le sens. J’suis désolée pour toi, un instant de réflexion tu veux que j’élimine celui qui a pris ta place ? Elle rigole à moitié. Que doit penser cet homme alors que sa carrière et son couple battent de l’aile à l’unisson ? Soudainement, ça lui fait de la peine. Caecilia expire un peu de fumée avant de lui déposer un baiser sur la joue : ils te méritent pas, elle non plus.

 

Caecilia Fawley a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !

Sortilège
Sortilège d'Attraction
Difficulté
4
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

elle attire la baguette du sorcier à elle avant de la lui tendre.

Autres résultats possibles

elle attire la baguette du sorcier à elle avant de la lui tendre.

elle tente d'attirer la baguette du sorcier à elle, impossible : elle doit cruellement manquer d'énergie. La jeune femme fouille dans les pans de sa robe toujours au sol pour retrouver l'arme avant de la lui tendre.

elle tente d'attirer la baguette du sorcier à elle, impossible : elle doit cruellement manquer d'énergie. La jeune femme fouille dans les pans de sa robe toujours au sol pour retrouver l'arme avant de la lui tendre.

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Avatar de Maren
Maren

Maître du Jeu

Message publié le 29/01/2026 à 20:43

Le regard attendri de Manius parcourt Caecilia sans indécence. C'est bon de se parler, qu'importe le sujet. Obligations ou banalités, la voix de la jeune femme lui est d'autant plus agréable qu'elle s'adresse à lui. Du moins jusqu'à ce qu'elle dise quelque chose qui arrache à Manius, malgré lui, un regard noir et sévère qu'il n'a plus eu depuis qu'il n'est plus préfet. Non, il ne veut pas que Caecilia meure. Ça ne le libérerait pas le moins du monde.

 

— Ne dis pas ça.

 

S'il est surpris de l'inflexion dure dans sa propre voix, les excuses qu'il prodigue d’ordinaire profusément ne suivent pas. La plaisanterie ne l'a pas goûté et il assume ses paroles. Mais ce n'est pas pour autant qu'il souhaite se montrer autoritaire avec la sorcière qui lui avoue l'air de rien une crainte qu'il ne lui connaissait pas. Malgré la dangerosité du métier qu'elle exerce, sa vie lui est assez précieuse pour ne pas la jouer à la fois au black jack et au poker. Manius lui sourit légèrement, comme s'il signait un contrat mutuellement bénéfique.

 

— Si tu ne voulais pas d'enfant avec celui que tu aimes, la question est réglée. Je prendrai une potion contraceptive pour être sûr.

 

Ce n'est que trop tard qu'il réalise la signification implicite de ses derniers mots et s'empourpre violemment en renversant sur lui son thé qui tanguait déjà depuis longtemps dans la tasse. Tout en tapotant la tache du breuvage, il balbutie des justifications plus qu'approximatives.

 

— Enfin, je... voulais dire, enfin non ne pas dire, plutôt. Je ne voulais pas dire qu'on doit... tu sais. Si tu n'as pas envie. Rien ne nous oblige. 

 

Pour seule diversion, sans doute la moins appropriée. Manius Fawley ne s'est jamais senti le talent de l'éloquence, encore moins quand il s'agissait de faire la conversation. Et il semble déterminer à se prouver qu'il n'a pas tort sur le sujet, ce matin.

 

— Mes parents ne m'aiment déjà pas, moi tout seul. J'aimerais pouvoir te dire autre chose mais je pense qu'ils s'en fichent tout simplement. Et leur opinion ne m'importe plus.

 

Pendant un instant de réflexion, Manius entrevoit quelque chose qui le fait rire autant qu'il en est capable : en expulsant un peu d'air par les narines.

 

— Ma famille... finalement ce sera que toi et moi. Alors, à toi de répondre à cette question.

 

Demeurait le sujet du boulot. Ce n'étaient pas les moyens qui manquaient dans le foyer, juste l'occupation de l'esprit. Poudlard ne voulait pas de lui et il le comprenait. Qui voulait de Manius Fawley, le fouisseur de boue accro à la magie noire ? Une seule personne semblait le supporter depuis qu'il avait fini son parcours scolaire. Une jeune femme brillante probablement déjà occupée à cultiver son torticolis de la journée dans une salle d'étude mal éclairée en écoutant le disque de blues qu'y avait laissé Manius.

 

— Je comprends la décision de Woodcraft. Les circonstances ne s'y prêtent pas. Ses paroles. Mais ce n'est pas grave, j'irai de temps en temps faire un tour à Godric's. Au moins pour m'assurer qu'Ophelia apprécie les nouveaux fauteuils que j'y fais livrer. La pauvre avait le dos en vrac quand on s'est quittés. D'ailleurs j'y pense, tu aimes le blues ?

 

Pas adroit dans les conversation, l'historien. Et trop candide pour le réaliser en prime. Il agite sa baguette et prononce la formule du sortilège d'attraction pour prendre de quoi écrire.

 

Le nécessaire lui parvient sans encombre.

Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !

Sortilège
Sortilège d'Attraction
Difficulté
4
Résultat D20
12
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Le nécessaire lui parvient sans encombre.

Autres résultats possibles

Le nécessaire lui parvient sans encombre.

Après quelques secondes sans résultat probant, Manius grommelle en se levant pour aller chercher le nécessaire.

Après quelques secondes sans résultat probant, Manius grommelle en se levant pour aller chercher le nécessaire.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 29/01/2026 à 23:01

Un enfant. À quoi ça rime ? Pas grand-chose pour la jeune femme. Elle ne s’est pratiquement jamais posé la question, pourquoi l’aurait-elle fait ? Un bébé pour déformer son corps, l’épuiser, hurler pendant ses précieux jours de repos ? Elle ne sait pas et pourtant il est évident pour elle que c’est pour ça, et seulement ça, que Scott a choisi de la quitter. Sans la grossesse de Vanessa, surement serait-il encore dans ses bras. Caecilia liste mentalement les qualités qu’elle possède au détriment de la femme d’Emfield : un inventaire in-ter-mi-nable. Tu entends Scott ? Mi-nable comme ta belle gueule.

 

Ainsi, Manius n’a pas envie qu’elle meure.

Bien, intéressant.

Cette pensée évoque même au sorcier quelque chose d’assez horrible que pour adopter ce ton dur qu’elle ne lui connaissait pas. Caecilia l’observe un peu différemment. Scott Emfield sera un mauvais père, ajoute-t-elle à la conversation, comme s’il était tout naturel de discuter au petit matin de son amant avec son mari. Toi j’sais pas. Elle scrute le jeune homme comme si elle étudiait ses qualités de futur papa. L’idée la fit légèrement rire, pour qui se prend-elle ?

 

La sorcière regarde son mari renverser du thé sur sa chemise, imperturbable. Qui est cet homme qui décide de gérer lui-même sa contraception ? Manius Fawley a finalement de quoi la surprendre agréablement… ou l’énerver avec sa fichue perfection trop prudente, c’est selon. Caecilia colle un baiser sur les lèvres du Fawley pour faire taire son trouble, qu’elle soit damnée si elle ne s’abandonne jamais plus dans les bras de cet homme-là.

 

Et vive les familles dysfonctionnelles, conclut la sorcière en aspirant une dernière bouffée avant d’éteindre la cigarette. Aux mots du sorcier, la jeune femme se pose sincèrement la question : déteste-t-elle Manius ? Aimerait-elle seulement le détester ? Probablement, mais elle n’y arrive pas, pas vraiment, son être lisse ne lui laisse pas d’accroche, si ce n’est ce péché originel commis il y a des années et sur lequel, au vu de la situation, il serait bien inutile de revenir à présent. Ça la fatigue qu’il parvienne à s’en vouloir plus qu’elle n’arrive à le haïr. Caecilia n’est pas douée pour cultiver une émotion en particulier ; son truc à elle, c’est plutôt de sauter très rapidement de l’une à l’autre avec l’énergie du désespoir.

 

Et ce matin, c’est curieux, elle se sent un peu près bien avec cet étranger, mieux qu’elle ne semble l’avoir été pendant sept ans. Peut-être fonctionne-t-il vraiment comme un pansement sur son cœur meurtri ?

Il faudrait peut-être qu’elle le lui dise, oui.

Prisca approuverait et la joueuse a toujours raison. Le Choixpeau aurait peut-être dû l’envoyer à Serdaigle finalement.

 

La jeune mariée ouvre les lèvres pour ajouter quelque chose, mais, sans doute perdu dans ses souvenirs, Manius enchaîne sur la question de l’emploi. Comme d’habitude, cette charmante complaisance à l’égard de ceux qui lui claquent la porte au nez. Peut-être que ça lui plait finalement, qu’elle devrait continuer. L’idée la fait amèrement sourire, mais elle n’a pas le temps de se moquer que son cerveau capte quelques mots à la volée.

 

Le visage de Fawley dispersé, un regard dans le vague, un demi-sourire voilé.

Et le cœur de Caecilia, qui se décroche, tombe dans sa poitrine et s’explose en mille morceaux.

 

Ophelia. Une collègue, une femme qui partage son espace de travail, pose ses yeux sur Manius, pense sans doute qu’il mérite mieux. En un éclair, une image. Ophelos, l’aide : son secours. Deux yeux de biche pour ce pauvre monsieur Fawley, brillant historien par ailleurs, et vous comprenez, son épouse oui, qui ne voit pas, ne sait pas sa chance. Elle envoie valdinguer le matériel d’écriture. Doigts blancs à force de serrer Eleftheria qu’elle presse contre la gorge du sorcier soudainement cloué au lit par sa femme qui l’y neutralise sans préavis. Des yeux de haine pure, la respiration haletante, violente, cruel miroir de la veille. Caecilia… tremble ?

 

Vanessa, Scott, Ophelia, Manius, âmes jumelles, petites vies bien rangées. T-tu vas m’abandonner, toi aussi, tu… Elle se sent soudain stupide d’avoir cru à sa droiture, ses vêtements repassés, sa mine appliquée. Son mari est comme l’autre : l’aime, mais pas assez, la veut pour ensuite la jeter. Caecilia n’est la femme de personne, seulement la catin dont on se débarrasse et il ne vaut pas mieux que l’autre. Est-ce pour ça qu’il lui a parlé de divorcer ? Regard perdu, soudain troublé, les yeux qui coulent tout seuls. La tireuse lâche sa prise, effrayée, une main contre sa gorge parce qu’elle n’arrive plus vraiment à respirer. Putain.

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Message publié le 30/01/2026 à 01:44

Le baiser le surprend. Agréablement bien qu'il ne soit pas sûr de le comprendre. Caecilia semble échapper à toute logique, comme si elle était l'opposé de la raison. Pendant quelques instants encore, Manius croit qu'il existe un avenir pour eux deux, ensemble. Pas forcément le plus brillant qui soit, après tout il vient de renoncer au rêve qu'il avait d'être père — non, papa — mais moins sombre alors que l'horizon se rapproche lentement. 

 

Soudain, tempête. Sans crier gare, plume, encre et parchemin volent dans la chambre et Manius est à la merci d'une Caecilia qui vient de se transformer en furie et lui enfonce la pointe de sa baguette contre la gorge. Il ne comprend pas tout de suite. Pas assez vite pour empêcher que quelque chose d'insidieux se fraie un chemin dans sa poitrine. Comme une étincelle de givre qui refroidit son cœur. Puis les paroles de Caecilia. Ce n'est plus de la haine mais de la peur. Une peur profonde, ancrée. Présente. Elle croit que Manius, l'homme qui s'est enchaîné à elle, risque de l'abandonner. Ses larmes. Un seul tout petit instant moins vigilant, une unique parole maladroite et la jeune femme déraille. Toutes les précautions du monde, toute la prévenance dont il est capable ne sont donc pas superflues. Même pas suffisantes en réalité.

 

Quand elle porte la main à sa gorge et que l'air semble commencer à lui manquer, Manius ne réfléchit même pas. Dans son état de vulnérabilité, elle pourrait le tuer par pur instinct de survie mais il braque Illyius sur elle et crie plus qu'il ne prononce la formule.

 

— Anapneo ! Anapneo, anapneo, anapneo...

 

 

Pas sûr que ce soit l'effet du sortilège mais le visage de Caecilia semble reprendre des couleurs.

 

 

Hors de question de la laisser ainsi. Sans doute qu'elle n'en veut pas de son étreinte, de son inquiétude. De son affection. Ou alors elle veut tellement celle-ci, de n'importe qui peut-être pour compenser celle de l'amant perdu la veille, qu'elle ne réalise pas qu'elle en dispose juste là, sous ses yeux. Manius serre Caecilia de toutes ses forces dans ses bras, la retient prisonnière plus encore qu'avant, lui qui s'était promis de ne plus jamais commettre pareille erreur. Il lui parle vite et paniqué, cherche des mots qu'il n'a pas pour la rassurer.

 

— Jamais ! Pourquoi t'abandonner ? Pourquoi maintenant qu'on envisage un avenir à deux ? Même si t'es "insup" ou juste chiante et moi trop gentil. Et puis, merde ! j'ai sacrifié sept années de ma vie pour toi ! Pour te donner une chance de vivre ton bonheur. Au détriment du mien. Tu n'as pas le droit de me dire que je vais t'abandonner, Caecilia !

 

Il essaie de dégager les cheveux de la sorcière de son visage, de capter son regard. De lui parler avec ses yeux.

 

— J'ai plus de famille, plus d'emploi, aucun ami. Personne. Je n'ai que toi. J'ai besoin de toi. J'y arriverai pas sinon. Je voudrais que tu restes à mes côtés. Tu es importante à mes yeux. Tu comptes.

 

Malgré les serments, les remises en question, la crainte de mal faire et de faire mal, il la tient contre lui. Dans son étreinte, dans la prison de ses bras. Non, Manius Fawley n'apprend pas de ses erreurs. Une fois de plus, il garde Caecilia de force. Peut-être qu'il n'a pas assez saigné dans ce ridicule trou du jardin pour purger de ses veines l'homme médiocre qu'il est. Un geôlier.

Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !

Sortilège
Sortilège de Respiration
Difficulté
11
Résultat D20
18
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Pas sûr que ce soit l'effet du sortilège mais le visage de Caecilia semble reprendre des couleurs.

Autres résultats possibles

Pas sûr que ce soit l'effet du sortilège mais le visage de Caecilia semble reprendre des couleurs.

Faute de constater une amélioration, le sorcier s'acharne jusqu'à ce que Caecilia semble retrouver le teint de la vie, probablement pas grâce à lui.

Faute de constater une amélioration, le sorcier s'acharne jusqu'à ce que Caecilia semble retrouver le teint de la vie, probablement pas grâce à lui.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 30/01/2026 à 12:21

Tout est soudainement flou, Caecilia sent son cœur frapper si fort contre sa poitrine qu’il semble menacer de se décrocher. Au moins est-elle encore en vie. La douleur embrouille ses pensées, elle cherche une raison, ce qui la touche, la pousse à menacer son mari, comme un réflexe de survie. C’est donc à cela que tient la folie d’une femme : elle a trop appris à se méfier. Une seule certitude : les bras de Scott. Mais voilà qu’ils se sont eux aussi évaporés.

 

Peu devrait lui importer que Manius aime Ophelia, qu’il lui fasse l’amour, la caresse du bout des doigts. Il ne lui doit rien, que lui doit-elle ?

 

Touchée peut-être parce qu’il avait accepté l’étreinte de leurs corps la veille.

Coulée d’avoir cru, d’avoir imaginé ce que cela pouvait signifier.

 

Scott, doux murmure, coup de poignard en plein cœur. Mais Emfield n’a pas son odeur, sa douceur, sa chaleur ; il est si différent, comment a-t-elle pu confondre ? Ses mains sont moites, elle part à la dérive. Se laisse enlacer, bercer, ensorceler par le sorcier qui ose pointer sur elle sa baguette. Une nouvelle sensation de trahison avant la libération. Grande bouffée d’un air empoisonné, soudain, elle tousse violemment, pliée en deux. Les poumons ne sont plus capables d’assumer leur fonction première, elle non plus.

Cela peut pourtant sembler si doux d’exister.

 

Les prénoms tournent en boucle dans sa tête. Manius, Ophelia, Ophe-lia. Compulsivement, l’un puis l’autre. Elle va lui donner un bébé peut-être, mini Fawley bâtard, comme Manius voulait. Maman Ophelia va te lire une histoire : il était une fois un petit gobelin qui s’appelait Nagluk. Elle peut crever, là, tout de suite. Il était une fois une jeune sorcière mariée… based on the trust story.

 

Il était une fois… Elle peut le concevoir, l’envisager, mais alors la fin c’est quoi ? À quoi ressemble la clôture d’un récit sans Caecilia et Scott, Scott et Caecilia, mauvaise comédie romantique, bâclée, gâchée.

 

Il la tient.

Elle ne résiste pas.

 

Ses bras, plus fermes, qui serrent presque trop fort, comme si elle pouvait se casser là, qu’il lui fallait la retenir avant qu’elle ne vrille tout à fait. Elle aime qu’il s’énerve, lui parle franchement, la bouscule, ose lui dire enfin tout haut ce qu’il a dû taire tant de fois j’ai sacrifié sept années de ma vie pour toi ! Et elle, autant, peut-être même plus. Oui, elle est terrifiée, membres contractés, prêts à bondir, s’enfuir, chialer un bon coup s’il la lâche, s’il la laisse couler hors de son étreinte. Mais il la garde, contre lui. Alors, Caecilia ferme les yeux en intimant à ses larmes l’ordre de ne pas couler.

 

Ses mains contre son visage, ses cheveux, la caresse de doigts maladroits qui ne savent pas s’il fait bien, s’il le regrettera. La sorcière respire, idiote dans ce corps à peine caché, la mine défaite, la douceur froissée, toujours pleine des parfums de la veille, la silhouette un peu réparée. …aucun ami. Personne. Je n'ai que toi. Des bribes de discours saisies au vol.

 

Ophelia, articule-t-elle avec angoisse, le cœur au bord des lèvres, deux paires d’yeux clairs qui se croisent, se cherchent, se toisent, s’apprivoisent. Elle y cherche l’assurance de son erreur quand elle pense, quand elle sent que, femme ou amante, elle ne sera jamais le premier choix. Manius essaie de lui jurer le contraire, Caecilia tente de le croire.

 

Elle comprend que, sans lui elle n’a plus rien.

La fin de l’amour.

Elle observe à quel point cette idée lui est insupportable, presque autant qu’elle-même.

 

Alors, pour une fois, elle ne se fâche pas, ne se braque pas – ou presque pas. Pour la seule et bonne raison, peut-être qu’après sept ans de silence et de caprices, il est encore là. Elle veut le garder, qu’il ne soit qu’à elle, l’empêcher de retrouver cette autre, imminent danger d’une femme brillante qui lui ressemble, le comprend, parle le même langage, avec les mêmes tournures quand Caecilia lui crache à la figure des bouts de mots.

 

La sorcière ferme sa gueule.

Pose ses lèvres sur celles du mari fidèle.

 

Sans doute doit-il être perturbé, ne pas savoir quoi faire de la jeune femme qui le blesse pour mieux l’aimer. Avec ses doigts qui jouent avec les siens, sa bouche contre une joue, puis qui retrouve sa jumelle. Lui la caresse à peine, mais elle revient toujours à la tendresse depuis leur réveil ce matin. Cette fois, pas d’ambiguïté, c’est le désir tout entier, celui de l’urgence de récupérer un cœur dont elle n’avait pourtant que faire quelques heures auparavant.

 

Parce qu’elle ne supporte pas le rejet.

Qu’elle est terrifiée à l’idée de se sentir une nouvelle fois abandonnée.

 

Caecilia récupère ce corps qui, de droit, lui appartient, lui fait l’amour pour qu’il ne l’oublie jamais, colle son odeur de cigarette et de désir contre sa peau, qu’il ne puisse s’en débarrasser, enflamme chacun de ses nerfs pour défaire la pelote et tisser peut-être les prémisses d’une aventure à deux. Cette fois surtout, elle prend grand soin de ne pas prononcer, dans un soupir, le mauvais prénom : Scott Fawley, Manius Emfield, elle ne sait plus.

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Avatar de Maren
Maren

Maître du Jeu

Message publié le 30/01/2026 à 17:52

Caecilia est décidément imprévisible. Elle laisse son... un Manius interdit quand elle prend ses lèvres comme il a pris sa main, sur un coup de tête ou presque et sans prévenir. Le seul mot qu'elle a articulé résonne comme un écho dans la chambre, dans la tête du sorcier. Ophelia...

 

— Non. Caecilia.

 

Oui, ça a toujours été Caecilia. Comme une évidence qui l'avait frappé un jour de septembre sous les nuages d'Écosse. Il n'a eu d'yeux que pour elle depuis cet instant, n'a rien envisagé d'autre sept ans durant. Ses sourires, ses cheveux bruns attachés en queue quand elle... lit un traité de paix gobelin. Non ! Sa détermination, son assurance quand elle corrige un anachronisme. Cette façon qu'elle a de le regarder, découverte récemment. Comme elle l'avait pris dans ses bras. Tout va bien ? Vous êtes heureux ?

 

Non. Caecilia est là avec lui. Elle l'enlace, enfin. Ce qu'il a attendu sans oser l'espérer ces sept dernières années. Elle lui a tendu la main. Parce qu'elle en avait besoin. Elle lui a tendu la main parce qu'il en avait besoin. Le contact de ses lèvres, de ses doigts l'accrochent à la réalité, au présent. L'odeur de ses cheveux. Fumée de tabac. Ophelia sentait la fumée de bougie, le vieux parchemin. Son haleine transportait l'arôme du thé, pas du café. Et puis... peut-être qu'Ophelia voudrait bien d'un enfant ? Un petit garçon qui volerait son nom à sa baguette, Illyius. Ou une petite... Rowena ? En hommage à sa maman.

 

Heureusement, Caecilia l'éloigne du musée de Godric's Hollow. Elle lui fait l'amour dans le lit de son amant. Pour combattre sa jalousie d'une historienne qui se voûte le dos sur une table d'étude. Comme elle l'a fait pour combattre sa jalousie de la femme de son amant. Manius chasse ces pensées, s'abandonne à Caecilia qui mène la danse cette fois. Sa tendresse doit s'accoutumer à la fougue de la sorcière. Oh ! surtout qu'elle ne prononce pas l'autre nom. Ou est-ce lui qui risque de se tromper ? Il ne sait plus. Il doute. Ce froid étrange dans sa poitrine, quand s'est-il glissé là ?

 

Leurs ébats terminés, son regard se perd dans celui... attendri ? de Caecilia. Impossible de se tromper. Manius Fawley n'est l'homme que d'une seule femme. Il le sait. Il doit le lui dire même si ça risque de l'emmerder. Entre deux souffles rauques, il caresse sa joue, ramène ses cheveux ébouriffés de chat sauvage en arrière. Aucun doute possible.

 

Il n'y a de place que pour une femme dans ma vie.

 

Et son nom se termine par lia.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite
Moissonneur en herbe

Message publié le 31/01/2026 à 11:53

Caecilia imagine, croit qu’elle n’a pas besoin de communiquer, que ses actes sont la seule bonne manière de crier sa vérité. Elle peut prononcer des bouts de mots, souvent, presque toujours à côté, trop colère, trop déplacés. Le confort de se cacher, de se camoufler derrière des insultes faciles. Elle pense que son corps sait parler à sa place.

 

Elle essaie.

 

Manius Fawley a fini par trouver le chemin de ses draps. Elle lui fait l’amour comme une douce promesse, celle que, malgré tout, il ne la dégoute pas, qu’elle peut encore le désirer, leur offrir une chance à tous les deux : celle de réparer deux cœurs blessés, d’un seul baiser.

 

Le sorcier n’est pas un traître, il la corrige doucement, fermement : Non. Caecilia. Et elle aime comme, sur ses lèvres, son prénom glisse. Elle veut y croire, se perdre, s’abandonner dans une confiance aveugle, penser qu’elle peut compter sur lui, si droit, si sûr. Après s’être tant de fois endormie auprès d’un Scott indécis entre la passion et la raison qui laissait son lit vide au petit matin. Elle a besoin de sa chaleur, elle a besoin de quelqu’un.

 

Il ne fuit pas face à ses traits tirés, ses cheveux en pagaille, sa peau au goût de fumée. L’étreinte sera-t-elle oubliée quand il décidera de changer les draps ? La sorcière voudrait la prolonger, ne jamais se séparer des bras de l’être qui l’aime, l’attend sans doute depuis sept ans, une demi-éternité durant laquelle Scott n’a cessé de jongler avec son cœur alors qu’elle tentait de rester fidèle à son premier amour.

 

Pas par morale. Pas par grandeur d’âme. Non.

Parce qu’elle ne pouvait faire autrement.

Trop piquée, dépendante de son prochain détour, de sa prochaine erreur.

 

Scott, un pied dehors, Manius, un pied dedans : son cœur est un couloir ambulant. Elle non plus n’a pas de place pour deux, aujourd’hui, elle aime à demi. L’ombre d’Emfield encore sur l’oreiller. Elle lui pique un dernier baiser, murmure à son oreille une promesse au parfum menaçant : je serai cette femme. Peut-être aurait-elle pu utiliser le présent, mais elle sent qu’elle aussi, dans ce tourbillon malsain, a besoin de faire ses preuves.

 

Caecilia quitte la chambre et la douceur des draps pour se laisser couler sous une douche brûlante. Immergée, elle serre son corps un peu trop offert dans ses propres bras, dépose sa joue contre une épaule et lentement sourit malgré la sourde douleur dans sa poitrine.

 

Le temps de l’explosion reviendra bien assez vite ; elle savoure, sur sa peau, le souvenir encore présent des dernières caresses d’un mari-amant.