Femme
16 ans
Hybride
Française
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Française
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 17/01/2026 à 16:12
Une sensation étrange était née en Nellie durant cette soirée passée avec Mellitus dans la salle commune de Serdaigle. Un changement qui lui avait de prime abord semblé imperceptible, mais qui prenait, au fur et à mesure que les jours défilaient, de plus en plus d’ampleur. Elle avait goûté à quelque chose d’un peu trop dangereux, d’un peu trop plaisant et une partie d’elle-même dont elle n’avait alors pas conscience semblait lentement se réveiller, exiger de l’attention, beaucoup, trop ?
La petite Nellie, douce, discrète, effaçable, se surprenait parfois à attirer les regards d’élèves qui, jusque-là n’avaient jamais semblé l’avoir remarquée. Elle sentait ses longues mèches se parer subitement d’or lorsqu’elle souhaitait ardemment quelque chose. Un drôle de trouble animait parfois les yeux de ses interlocuteurs et elle ne comptait plus les sourires béats qu’elle laissait derrière elle. Quelque chose, oui, quelque chose clochait. Ding, dong. Le glas ?
Elle savait très bien, au fond, d’où provenait ce charme qu’elle dégageait. Ce qu’elle ne comprenait pas, en réalité, c’était ces soudaines manifestations d’un talent qu’elle croyait jusque-là absent et surtout, surtout, comment elle pouvait contrôler cette arme dont elle semblait pour le moment être la première victime.
Cœur léger, âme troublée.
Un cerveau qui allait beaucoup trop vite, des pensées emmêlées, difficile de distinguer, au milieu de la nuit, le vrai, le faux, l’humain, le surnaturel. La part de Nellie, la part de Vélane. Deux faces, une pièce, un visage, deux grands yeux clairs. Et la lune, pour confidente. Parce qu’elle ne pouvait pas, le dire à Mellitus, qu’il prenne peur, l’abandonne, non, hors de question. Il fallait résoudre ses problèmes, seule, absolument seule. Heureusement, l’astre du soir était une grande amie. Une insomnie de plus, à se demander à quel point elle le faisait exprès. Repasser le fil de sa journée : à ce moment-là ? à celui-ci ? avait-elle trop souri, trop désiré ? C’était toujours sa faute, forcément, elle était le danger, elle était ce monstre, créature humanoïde, dénuée de pouvoirs, trop puissante. Beauté fatale et à qui s’en ouvrir ? Pas à sa mère, pas à ses sœurs. Un drôle de secret, caché au fond, bien au fond, tout au fond. Assez loin pour que Mellitus, oui, ne le découvre jamais, jamais.
C’était dangereux, étourdissant, même pour elle, surtout pour elle. Nellie s’était tant cherchée, était-ce une façon de se trouver ? De se libérer ? Et la liberté avait un drôle de prix. Vases communicants : tu prends, il perd. Voleuse de lucidité, deux yeux charmeurs. Une peau qui brille, qui luit, scintille pour lui, comme la Lune, voilà, d’où venaient peut-être les Vélanes.
Ne plus se reconnaitre, dans le miroir, c’est une autre fille, qu’elle ne connait pas. Une femme, une fille. De longs cils, trop longs. Elle remarque, pour la première fois, des signes qui ne trompent pas. Les côtés presque trop parfaits d’un visage d’enfant, de femme, de fausse créature. Chimère, immonde illusion, rêve brisé, cœur en miettes juste pour la soirée. Ça n’existe pas vraiment. A-t-elle un masque ? Le même que celui de sa maman. Et en dessous ? Était-elle furie ? Folle, furieuse, perdue, heureuse. Les mots s’enchaînent, sans sens, en transe.
Elle décida, puisque c’est moi, entière, toute comme ça, qu’en faire ? Être utile, ou péril ? Nellie serait du bon côté, elle le sentait, pouvait compter sur un cœur pur, un sang hybride, mais c’était assez, disait-on, si le cœur y était. Le cœur n’était pas là, non, il se trouvait ailleurs, dans les mains, les paumes, le bout des doigts de Mellitus, prêt à… tomber, se fracasser, ce n’était plus son problème. Ce choix, qui n’en était pas un, était fait. Définitif, pour ne plus se poser de question : c’était facile, utile, débile.
Le petit matin et un plan à mettre à exécution : trouver celui qui avait empli les yeux de son ami d’un voile plus triste qu’il n’était permis. Et pour ? Quoi ? Nellie ne pouvait pas croire, ne voulait pas : il n’y avait pas de bonnes raisons à cela. Elle attendit, étudia, quelques horaires, chemins, parcours solitaires pour Isha qui désormais ferait en chemin mauvaise rencontre dans corps charmant. Il était là et le couloir désert, mais peu, non trop peu de temps devant soi.
Brise imaginaire dans les cheveux de la belle, un sourire aux lèvres, c’était pour Mel, elle désirait, de tout son cœur, sans peur et peut-être compris, à ce moment précis, non pas comment se contrôler, mais bien comment se laisser submerger. Un batteur comme capitaine d’équipe, ce n’était pas courant, ou peut-être que si, Nellie n’y connaissait rien, elle n’en avait pas besoin. Isha ? Voix de miel sur piège de fer. Envoutante. Elle laisse le garçon se rapprocher, hypnotisé, presque trop facile. Il dit quelque chose, un mot sur son visage peut-être, peu importe, elle reste concentrée. Les yeux doux, il est perdu. S’il souhaite lui plaire, oui, il faudrait réintégrer Mellitus, qui ? Mel, ah oui. Lui. Lui. Dans l’équipe, c’est compliqué ? Non, rien n’est compliqué, regarde mon cher Isha comme, tout est si simple.
Peut-être est-il embêté ou simplement perdu. Mais s’il veut, revoir son visage sur les gradins, à chaque match, alors, oui, il n’a pas le choix. La présence de Mellitus, vois-tu, est indispensable. Une clause dans le contrat. Oui elle sait bien qu’il est capitaine déjà et oui, peut-être qu’il pourra alors toucher ses cheveux de soie. Et, pas si vite, c’est qu’il pourrait l’écraser, entre ses gros bras. Alors, d’accord ? Un dernier sourire, il acquiesce, non, il n’a plus le choix.
La demi-vélane tourne le dos, s’en va, le pas léger, douce illusion, rêve éveillé, mais elle repart, elle en est sûre, munie d’une promesse pour le futur.