Homme
40 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 06/02/2026 à 18:19
C'était écrit ainsi... l'agacement, la colère, tout ça doit bien sortir un jour ou l'autre.
Tant qu'il ne commence pas à casser le mobilier...
Noah laissa le garçon s'exprimer, aller au bout de sa prose et des faits. Puis il reposa sa tasse, avant de lui offrir un verre de jus de citrouille. Et un sourire.
- Voilà exactement ce dont j'avais besoin. Des passages au sein d'hôpitaux moldus... si certains coups passent encore aujourd'hui auprès de certaines personnes comme des mesures éducatives, j'en connais peu toutefois qui parviendraient à défendre les brûlures de cigarette comme étant "éducatives".
Une feuille vierge, une plume d'oie et beaucoup d'encre. Voilà qui étayait le programme de cette fin de semaine d'un peu plus de paperasse. Comme si c'était nécessaire. Griffonnant à la volée les informations données par le jeune homme, Noah continua son interrogatoire - poussant parfois, il le sentait bien - le jeune homme dans ses retranchements. Il ne perdit pas une miette des informations transmises, consigna tout. Un moment désagréable pour Ryder, mais nécessaire.
L'après-midi était bien avancée lorsque l'interrogatoire prit fin. Noah avait consigné deux rouleaux et demi d'informations diverses et variées. D'éléments à vérifier. D'éléments qui, s'ils s'avéraient exacts, justifiaient parfaitement un placement en urgence.
- Je vous remercie pour votre patience monsieur Ryder et vous prie d'excuser ce moment... désagréable. Noah reposa sa plume et scella les documents. Je vais devoir faire vérifier les éléments que vous m'avez donnés. Pour le moment, je suspends les droits parentaux le temps de l'enquête et place votre frère sous la responsabilité directe de l'académie de sorcellerie Poudlard. Il ne pourra pas retourner dans le domicile familial avant que l'enquête ne soit terminée ce qui devrait prendre deux à trois mois tout au plus. Je vais personnellement écrire au directeur Woodcraft pour lui expliquer la situation.
D'un trait, le directeur vida le fond de sa tasse de thé, froide depuis.
- Avez-vous des questions ?
Message publié le 06/02/2026 à 17:13
- Je vois…
Un long silence s’installa tandis que Noah réfléchissait. Les propos du jeune homme restaient flous - volontairement, sans doute ; à en juger par le ton, il n’appréciait pas spécialement d’étaler sa vie. La mère semblait clairement au centre du problème, d’après le discours du jeune Ryder, mais il n’avait évoqué son père qu’à peine, comme on contourne un meuble dans le noir. Sans doute posait-il moins de soucis que la figure maternelle… ou bien c’était justement là que ça coinçait.
Si la mère était défaillante et n’était plus en mesure de s’occuper de l’enfant, la Justice se tournait presque toujours vers le père en première intention. Et si la mère était alcoolique, accro aux médicaments, il y avait d’abord la marche “cure de désintoxication” avant la marche “déchéance de droits”. Procédure. Cases à cocher. Tampons. Ça avait au moins un avantage : mettre l’enfant à l’abri - auprès de son père - et écarter la mère du foyer, un temps au minimum.
Sauf que… ce n’était pas du tout la demande qu’on venait de lui faire.
Ce garçon voulait récupérer, à sa charge, l’éducation et les soins liés à son petit frère. Alors qu’il venait tout juste d’atteindre sa majorité. Bref : noble, mais juridiquement, c’était un mur en béton armé.
Noah poussa un long soupir, puis fit apparaître d’un coup de baguette un plateau garni de verres, de tasses, de pichets et d’une cafetière. Un petit *crac* discret ponctua l’air, comme si la magie elle-même approuvait l’idée d’un intermède chaud.
- Vous buvez quelque chose ?
Il se servit une grande tasse de thé vert - au riz soufflé grillé - et, pendant que l’odeur montait, il exposa les choses au jeune homme, sans fioritures.
- Ce n’est pas si facile d’obtenir la garde d’un mineur si l’on n’a pas d’éléments solides permettant d’établir que l’enfant n’est plus en sécurité, physiquement ou psychiquement, auprès de ses parents.
Il souffla sur son thé, but une gorgée, puis reprit, plus précis.
- Si je présente une procédure d’urgence avec les quelques éléments que vous m’avez donnés… la garde sera, dans un premier temps, confiée à votre père - s’il accepte d’en assumer la charge. Et quand bien même il la refuserait, il y aurait une enquête préliminaire afin d’établir si vous êtes vous-même apte ou non à prendre votre petit frère à votre charge.
Les mots devaient cogner. Mais Noah n’allait pas emballer ça dans du papier cadeau : ce serait cruel et inutile. En l’état, il lui fallait du concret. Du solide. Sans ça, impossible de bâtir un dossier… ou de justifier, autre option qu’il n’avait pas encore posée sur la table, un placement en urgence qu'il pourrait lui même prononcer.
Il posa sa tasse avec soin, planta sur Ryder un regard aussi calme que sérieux.
- Je suis désolé d’insister, monsieur Ryder, mais… vous pourriez me donner plus d’éléments ?
Message publié le 06/02/2026 à 16:37
Il présentait bien, pour un sportif. Contrairement à certains collègues du département des Jeux et Sports Magiques, au moins - lui parvenait à aligner deux mots cohérents dans une même phrase. Peut-être, finalement, ce rendez-vous ne serait-il pas un temps perdu supplémentaire.
Noah acquiesça doucement aux remerciements du jeune homme, puis se figea lorsqu’il évoqua la raison de sa présence. Finalement, il semblait que cela n’eût rien à voir avec le quidditch. Une déchéance des droits parentaux… rien que ça. Depuis quelques années, le ministère de la Magie étoffait ses services afin de mieux coller aux réalités quotidiennes et de spécialiser ses interlocuteurs.
C’était pour ça, par exemple, qu’avait été créé - il y avait maintenant près de dix ans - un nouveau département : celui de l’Éducation magique. En charge des liens avec l’académie de Poudlard et de la création de nouveaux diplômes en matière de sorcellerie. L’idée étant de préparer au mieux les jeunes sorciers d’aujourd’hui aux métiers qu’ils choisiraient d’exercer demain.
Cela étant dit, il n’existait toujours aucun département spécifiquement dédié aux affaires familiales, comme cela pouvait être le cas chez les Moldus. Et, bien entendu, c’était au département de la Justice magique que ce genre d’affaire finissait par atterrir, souvent devant une commission parcellaire du Magenmagot chargée de statuer sur les choses.
- Eh bien… commença Noah. Dans un premier temps, pourriez-vous m’expliquer pourquoi vous souhaitez récupérer la garde de votre jeune frère ? C’est une démarche qui peut prendre du temps ou - au contraire - aller très vite selon la situation. Alors… expliquez-moi.
Message publié le 06/02/2026 à 13:44
La journée aurait pu être sans surprise - comme beaucoup de journées en réalité, mais le rendez-vous auquel il devait faire face dans l'immédiat n'avait rien d'habituel. Il était rare que le directeur du département de la justice magique accorde un rendez-vous aux civils qui le demandent. Généralement, les demandes sont traitées par le secrétariat qui oriente en première intention vers les juristes ou les membres du magenmagot. Lorsqu'un rendez-vous est planifié, c'est généralement qu'un dossier solide est dores et déjà constitué.
Aujourd'hui, il n'avait aucun dossier entre les mains, tout juste une fiche d'information sur le jeune homme qui lui faisait face. Spike Ryder - majeur depuis moins d'une semaine - membre d'une équipe de Quiddicth professionnelle. C'est ce dernier point qui interrogeait Noah présentement. Nul doute que si le jeune homme été parvenu à obtenir un rendez-vous aussi facilement, c'était grâce à cet élément. Mais si cela avait un rapport avec le Quidditch, pourquoi ne pas être passé par le département des jeux et sports magiques ?
Autant de questions qui trouveraient sans doute leurs réponses rapidement...
- Monsieur Ryder, que puis-je faire pour vous ?
Message publié le 05/02/2026 à 14:01
Sans un mot, Noah servit deux verres et tendit un Kir à sa collègue, tout en ajoutant un glaçon à son verre d’Ogden. Ne répondant pas tout de suite à la question de Katherine, il leva son verre et en but une lampée avant de le reposer devant lui. Il cherchait les mots, le bon angle d’attaque, la façon la plus appropriée d’aborder le sujet. Autrement dit : il marchait sur des œufs. Il n’avait jamais réellement fréquenté Katherine et n’avait eu que bien peu d’occasions de discuter avec elle. Autant faire en sorte que ce premier entretien officiel ne finisse pas en eau de boudin.
- C’est justement votre travail de garderie qui m’amène à vous recevoir aujourd’hui, Katherine.
Il fixa sur la femme deux yeux interrogateurs.
- Pourquoi ? Pourquoi une Auror aussi compétente que vous se retrouve à materner un gamin à Poudlard ? On sait tous les deux que le sceau qui a été apposé par le Département des Mystères est fiable et que - quand bien même il se briserait - avoir un Auror à ses côtés ne changerait rien à la catastrophe que ça provoquerait.
Il n’avait jamais compris pourquoi son prédécesseur avait jugé utile d’avoir un Auror auprès du gamin. Si la créature qui habitait son corps se libérait, il faudrait immédiatement le neutraliser et, pour ça, la présence d’un unique Auror ne suffirait pas. Il y avait certes les professeurs de l’école, qui pourraient contenir un temps la créature, mais il faudrait plusieurs agents d’élite pour parvenir à l’éliminer.
Un Obscurus gagnait en puissance avec son hôte et - l’hôte en question - apprenait aujourd’hui à manier et canaliser ses pouvoirs. Les chances que l’Obscurus se libère étaient donc infimes, mais, s’il le faisait, sa puissance n’en serait que plus démesurée.
- Vos connaissances et vos compétences seraient bien mieux employées sur le terrain, comme c’était le cas plusieurs années en arrière… mais depuis que j’ai rejoint le bureau, je vous ai toujours vue traitée en paria.
Il laissa quelques secondes s’écouler pour jauger la réaction de Katherine. Elle connaissait les faits, savait bien comment et pourquoi elle était traitée ainsi depuis tout ce temps.
- Aujourd’hui, j’aimerais comprendre… je n’aime pas les bruits de couloir et je n’ai pas encore parcouru votre dossier parce que je ne veux pas baser mon opinion sur vous sur de simples écrits. Voilà pourquoi je vous ai demandé de venir aujourd’hui. Pour me conter votre histoire, votre version des faits et - surtout - pour entendre votre avis sur votre situation actuelle et l’évolution que vous souhaiteriez donner à celle-ci.
Il reprit son verre et but une lampée du liquide ambré. Puis il croisa les jambes avant de laisser retomber son bras sur l’accoudoir molletonné. Il observa, sans un mot de plus, et attendit les réponses qui manquaient à sa compréhension des choses.
Message publié le 05/02/2026 à 13:25
Comme à son habitude, la gérante s’appliqua à préparer la commande avant même d’envisager de répondre aux questions ou d’entamer une discussion sérieuse. Le boulot avant tout. Noah appréciait cet état d’esprit - même si ça venait, au passage, lui donner raison sur ce qu’il avait déjà dit. Sur ce point-là, ils se ressemblaient.
Sans un mot, il la laissa dérouler : sa situation, le poids du quotidien, et la présence - toujours latente - de l’ancien compagnon de vie, comme une ombre qui refuse de comprendre le concept de “fin”. Noah prit deux secondes. Et une lampée d’Ogden.
- Tu veux que je le fasse enfermer ?
À moitié amusé, oui. À moitié seulement. Parce que si l’homme représentait une menace - ou même juste une gêne qui dure, qui grignote - la proposition perdrait vite son vernis de plaisanterie. Des histoires comme ça, il en voyait tous les jours : drames, ruptures, rancœurs qui s’incrustent, gens qui confondent amour et droit de propriété. Isaya n’avait pas l’air du genre à se laisser marcher sur les pieds - sans quoi elle ne serait sans doute pas à la tête d’une auberge aussi réputée - mais ce n’était pas une raison pour baisser la garde.
Il souffla, comme si la journée entière pesait d’un coup sur ses épaules.
- Oh, des boulets personnels… j’en ai à chaque étage, moi aussi. Et comme si ça ne suffisait pas, on m’en remet une couche de temps en temps.
Il avala une nouvelle gorgée de whisky.
- Il y a quelques mois, on m’a collé dans les pattes le fils d’un collègue. Un stage. Une “opportunité”. Bref : un désastre ambulant. Cet abruti est parvenu à faire disparaître la totalité des pièces à conviction stockées au département.
Il claqua des doigts, sec, pour mimer la disparition - pouf - de semaines, de mois de travail acharné, envolés comme une fumée mal tenue. Aujourd’hui encore, certains employés avaient gardé le réflexe de protéger leurs pièces à conviction comme si elles allaient se volatiliser au moindre courant d’air. Et lui, il avait dû faire preuve d’une diplomatie presque indécente, d’âpres négociations, pour qu’aucune enquête ne remonte jusqu’au coupable et n’éclabousse tout le monde au passage.
Puis la question tomba.
Et il stoppa net. Pas par prudence théâtrale - par automatisme. Il ne l’avait pas vue venir. Et c’était logique : il ne parlait presque jamais de sa vie privée. Pas tant parce qu’il devait la protéger… que parce qu’il n’y avait pas grand-chose à protéger.
Le matin, il se levait. Café. Douche. Il transplanait au bureau - après s’être habillé, détail important, sinon ça finissait en rapport disciplinaire et il avait déjà donné. Il restait au ministère jusqu’en fin d’après-midi. Ensuite, soit il rentrait chez lui, soit il allait boire un verre, soit - plus souvent qu’il ne l’aurait admis - il faisait le tour des agents en poste ici et là sur le territoire, histoire de vérifier qu’ils ne manquaient de rien. Une habitude restée de l’époque où il supervisait le bureau des Aurors : le contrôle comme hygiène, presque comme politesse.
Il planta ses yeux dans ceux de la jeune femme, sans détour, et répondit simplement :
- Pas vraiment. J’suis plutôt… solitaire, tu vois.
Il haussa les épaules, comme si ça devait suffire à expliquer le reste.
- Je sors peu. Je vois encore moins de gens qui soient extérieurs au ministère. Les grandes soirées, les galas, toutes ces mondanités… très peu pour moi. Je préfère la compagnie des livres à celle des humains.
Il esquissa quelque chose qui ressemblait à un sourire, mais qui n’en avait ni la chaleur ni la promesse.
- Les livres, eux, ne te jugent pas. Et surtout… ils ne te réclament rien quand tu rentres trop tard.
Message publié le 18/01/2026 à 16:32
Semblerait que je sois un peu en retard ... une dizaine de mois - trois fois rien.
L’heure approchait doucement — et il n’avait aucun doute : la femme serait ponctuelle. C’était, après tout, l’un des prérequis de son poste. Et ce poste, elle l’occupait depuis plusieurs années maintenant. Du temps où il était Chef du Bureau des Aurors, Katherine Dennison avait toujours été un mystère ; un mystère qu’on lui avait trop souvent conseillé de laisser — tel un électron libre — vaquer à ses occupations.
On en parlait peu lorsqu’on abordait le sujet. Et quand quelqu’un s’y risquait, ce n’était jamais en bons termes. Cela l’avait déjà troublé à l’époque où il dirigeait le Bureau ; mais à présent qu’il se devait de superviser un département entier, il lui fallait être fixé sur cette anomalie de service — sur les tenants et les aboutissants d’une Auror en déchéance, reléguée à la surveillance et à l’encadrement d’un autre électron libre… à Poudlard, cette fois.
Deux coups secs. Et la porte s’ouvrit sans que Noah ait eu le temps d’inviter son interlocutrice à entrer.
— Bonjour, Katherine. Ça faisait longtemps…
D’un geste de la main, il invita la femme — droite, sèche — à prendre place dans l’un des fauteuils qui meublait le bureau. Puis il se leva, abandonna sa chaise de travail, et s’installa lui-même dans un fauteuil plus confortable, près du feu. D’un mouvement bref de la baguette : Crac ! Sur la table apparurent verres, tasses, et une petite sélection de bouteilles.
— Je peux vous offrir quelque chose à boire ?
Message publié le 10/09/2025 à 22:28
En quelques minutes, tout a basculé. Il y a quelques semaines encore, il était le Chef du Bureau des Aurors. Un boulot qui ne lui convenait pas : trop administratif, trop loin du terrain et de ses hommes. Aujourd’hui, il se retrouve à un poste plus en retrait encore : un poste qu’il ne mérite pas.
Il a échoué à organiser la sécurité de la finale de Quidditch ; ses erreurs ont coûté la vie à trois directeurs de département, et le voilà propulsé à la place de l’un d’eux. Ridicule… Il a obtenu le poste uniquement pour combler un vide — et celui-ci lui convient encore moins que le précédent.
Mais il n’est pas le seul dans une situation délicate. McBrown est de retour, sortie de sa retraite pour reprendre le poste qu’elle avait occupé des années durant. Pire encore : si ses déductions sont justes, elle est sans doute la plus en danger à l’heure actuelle.
Trois coups secs résonnent sur le panneau de bois. La porte s’ouvre sur le visage contrarié de la directrice du Département des Mystères.
— Directrice McBrown, c’est un plaisir de vous rencontrer.
Sans attendre sa réponse, il se glisse dans l’ouverture et balaie la pièce du regard.
— Noah Ingram, directeur du Département de la Justice Magique. Pouvons-nous nous entretenir quelques minutes ?
Message publié le 20/08/2025 à 23:13
Elle ne perd pas une seconde.
À peine le temps de tendre les papiers qu’elle les attrape déjà. Rapide, efficace. Comme toujours.
Noah laisse échapper un souffle amusé, le genre de sourire en coin qu’on garde pour les gens qu’on connaît bien. Il ne s’était pas attendu à autre chose, mais ça fait toujours plaisir de retrouver une forme de routine… loin du ministère.
— Redescendu en grade ? répète-t-il avec une moue faussement vexée.
— Je dirais plutôt que je fais œuvre de service public. Donner un visage humain à l’administration, tout ça. Histoire de pas laisser l’image du Ministère uniquement entre les mains de bureaucrates trop raides pour tourner la tête sans faire craquer leurs vertèbres.
Il la suit sans presser le pas. Il sait déjà qu’il n’aura pas à répéter deux fois sa commande.
— Et puis entre nous, ajoute-t-il, s’installer au comptoir des Trois Balais, c’est largement plus rentable pour ma santé mentale qu’une énième joute verbale avec les types de la Coopération Magique Internationale. Tu sais, ceux qui parlent cinq langues, mais sont incapables d’écouter dans chacune d'elle.
Il glisse les formulaires sur le bois du comptoir en s’installant, décroche un regard pour les deux sorcières toujours penchées sur leurs potins, puis reporte son attention sur Isaya.
— Bon, t’as l’air en forme. Ce qui, connaissant ta capacité à jongler avec une clientèle saoule, deux employés caractériels et trois tonneaux à moitié vides, est presque suspect.
Il marque une pause.
— J’dois m’inquiéter ou tu t’es enfin débarrassée de ton boulet personnel ?
Un sourire en coin, pas moqueur, mais pas totalement innocent non plus.
— En tout cas, j’vais pas mentir. Ça me fait plaisir de passer ici pour autre chose qu’un rapport d’incident ou une intervention musclée.
Il tapote le comptoir du bout des doigts.
— Alors vas-y, sors les verres. Et tant qu’à faire… un Ogden’s, bien frappé. Comme au bon vieux temps.
Message publié le 24/07/2025 à 21:58
Hibou reçu le 09/07/2125
Ministère de la Magie
Département de la Justice Magique
Secrétariat du Directeur de la Justice Magique
Chère madame Dennison,
Merci de bien vouloir vous présenter au bureau du directeur du département de la justice magique ce mercredi 11 juillet 2125 à 14 heures.
Bien confraternellement,
Héloïse Hopcrick
Secrétaire
Message publié le 13/04/2025 à 12:27
@Hippokoko
Crac !
Le bruit sec fut presque couvert par le brouhaha ambiant de Pré-au-Lard, mais Noah, lui, l’avait bien entendu. Et surtout ressenti : cette micro-secousse qui chatouillait les côtes et pinçait les tripes à chaque transplanage un peu rapide. Une main calée dans sa veste, l’autre crispée autour des formulaires qu’il aurait très bien pu déléguer à un stagiaire, il avança de quelques pas, le regard balayant les pavés du village comme s’il y cherchait un peu de paix mentale.
Mais non. Pré-au-Lard était vivant. Trop vivant pour ça. Et le soleil en fin de course baignait les façades d’une lumière trop douce pour un type qui sortait d’un enchaînement de réunions aussi stériles qu’un potiron en plastique.
Il aurait pu envoyer un hibou. Ou un employé. Il en avait tout un tas, pour ça. Mais non. Cette fois, c’était lui qui s’y collait. Pas pour la gloire d’un cachet administratif bien tamponné, mais parce qu’il avait besoin de s’aérer les idées. Et, surtout, parce que le bar en question ne se résumait pas qu’à une case vide sur un formulaire à cocher.
Les Trois Balais. L’odeur de bière, de citrouille et de foutu branchiflore pour gamins. Et surtout Isaya. Légèrement détraquée, totalement charmante. De quoi faire passer la pilule d’une licence commerciale à renouveler.
Noah remonta la rue d’un pas tranquille, pressant à peine le pas vers l’entrée de la taverne quand une silhouette familière détourna son attention.
— Tiens donc… fit-il en ralentissant, un demi-sourire aux lèvres. J’allais justement venir te chercher.
Il agita les formulaires d’un petit geste de poignet, comme un joueur qui s’apprête à poser son atout.
— Si t’as cinq minutes pour gribouiller ta signature et me payer un verre, je promets de pas te parler plus de trois fois de législation.
Pause.
— Bon… peut-être quatre.
Message publié le 14/02/2025 à 03:38
Noah haussa un sourcil, posant lentement son gobelet de café sur son bureau. Il observa Alaric, notant l’air abattu, le désespoir à peine voilé sous une couche de sarcasme fatigué. Il comprenait la situation. Du moins, il comprenait qu’Alaric était à bout. Mais la situation elle-même, celle de Leo Bloodworth, relevait plus du phénomène surnaturel que d’un simple problème de discipline.
— Tu crois vraiment que je veux la mort de ton fils ?
Son ton n’était pas moqueur, mais légèrement exaspéré. Il croisa les bras et s’appuya contre son fauteuil, observant son collègue avec cette expression d’analyse froide dont il avait le secret.
— Je veux juste qu’il apprenne. Quelque part. N’importe où. Parce qu’il va bien falloir qu’il comprenne un jour qu’il ne peut pas continuer comme ça. Et vu que tu n’as pas réussi à le lui faire rentrer dans le crâne, ni moi, ni même son propre père, je me dis qu’une expérience face à quelque chose qui ne se soucie pas de son nom pourrait… disons, éveiller un instinct de survie chez lui.
Il laissa planer un silence, avant de soupirer, passant une main sur son visage. Il était fatigué. Fatigué de devoir régler des problèmes qui, en toute logique, n’auraient même pas dû exister. Fatigué d’avoir un pied dans une politique qui l’agaçait plus qu’autre chose. Il était Auror, pas éducateur. Et pourtant, il était là, en train de chercher un moyen de sauver un gamin qui ne se rendait même pas compte à quel point il avait de la chance que tout le monde se donne tant de mal pour lui.
— Le Département des Accidents et Catastrophes Magiques…
Il répéta l’idée, la retournant dans son esprit. Il y avait du sens, c’était indéniable. Leo était littéralement une catastrophe sur pattes, alors qui de mieux que lui pour comprendre les failles ?
— Ça pourrait marcher. Du moins, si quelqu’un arrive à le canaliser avant qu’il fasse sauter un étage entier du Ministère.
Il pencha légèrement la tête, réfléchissant encore une seconde.
— Je peux appuyer sa candidature. Ce serait sans doute plus facile à vendre venant de moi. Un transfert du Département de la Justice Magique vers celui des Catastrophes, avec une note sur son… potentiel d’analyse des failles de sécurité.
Il marqua une pause, avant d’ajouter avec une pointe d’ironie :
— On pourrait presque en faire un argument marketing. "Le seul stagiaire capable de recréer les pires accidents magiques par simple inadvertance."
Il poussa un soupir et attrapa son stylo, griffonnant rapidement quelques mots sur un bout de parchemin.
— Je vais leur envoyer une recommandation, voir si quelqu’un là-bas est prêt à tenter l’expérience. Mais c’est la dernière fois, Alaric. Si ça ne marche pas, si on me rappelle encore une fois pour me dire qu’il a causé un désastre, je ne pourrais plus rien pour lui.
Il releva les yeux vers son collègue, le regard sérieux.
— Et toi non plus. Je ne peux qu'imaginer à quel point il est difficile de voir l'un de ses enfant s'enfoncer à chaque fois un peu plus alors qu'on essaie de le tirer vers le haut, mais tu dois penser à toi aussi.
Message publié le 10/02/2025 à 20:24
Noah releva à peine la tête lorsqu’Alaric entra dans son bureau. Il était plongé dans un dossier épais, annotant quelques lignes d’une écriture nerveuse. Ce fut uniquement lorsque le gobelet de café se posa avec délicatesse sur son bureau qu’il leva les yeux vers son collègue. D’un mouvement bref, il le remercia d’un signe de tête avant de s’emparer du café, en prenant une gorgée, plus par habitude que par réel besoin.
— Merci. Pour le café.
Son ton était neutre, presque détaché. Il ne s’attendait pas vraiment à une réponse écrite d’Alaric, ce n’était pas son genre. Mais il appréciait qu’il ait fait le déplacement en personne – preuve que, quelque part, il reconnaissait l’ampleur du désastre. Noah posa son gobelet sur le bureau et croisa les bras, s’appuyant contre le dossier de son fauteuil.
— Non. Pas moyen de récupérer quoi que ce soit. l'ensemble de la salle a été englouti par le néant.
Il lâcha ces mots avec un soupçon d’agacement. Ce n’était pas tant l’erreur de Leo qui le dérangeait – après tout, des stagiaires, il en avait vu faire des conneries. C’était plutôt le fait qu’il ait fallu autant de temps pour que cette situation se règle d’elle-même. Si l’on pouvait appeler « régler » le fait de devoir classer l’incident faute de solution viable.
Il observa Alaric s’installer lourdement en face de lui, son air dépité trahissant une lassitude que Noah partageait. Il était encore en train de se faire à son nouveau poste de directeur intérimaire du Département de la Justice Magique, et il n’aurait pas imaginé que l’une de ses premières décisions serait de devoir statuer sur l’incapacité chronique d’un stagiaire à ne pas foutre le bazar.
— Si même toi tu n’en sais rien, je vois mal comment je pourrais avoir une idée miraculeuse. Il m'aura fallu du temps pour l'accepter, mais ce gamin est au delà de mon champ de compétence.
Noah fit tourner son stylo entre ses doigts, pensif. L’air de rien, cette discussion était révélatrice d’une chose : Leo Bloodworth était une plaie sans solution. Il savait qu’Alaric n’attendait pas réellement une réponse, mais il ne pouvait pas non plus simplement hausser les épaules et se débarrasser du problème d’un revers de main. Il était directeur, maintenant. Il devait prendre des décisions.
— Je peux pas le garder ici, c’est évident. Son ton était sans appel. Noah était patient, mais il savait où poser ses limites, et Leo avait allègrement franchi toutes celles qu’il était prêt à lui accorder. Mais tu veux l’envoyer où, franchement ? Il a déjà fait des dégâts au Magicobus, maintenant chez moi…
Il posa les coudes sur la table, son regard fixé sur Alaric.
— Reste la possibilité de l’éloigner des affaires critiques.
Un instant, il réfléchit. Puis une idée lui vint. Ce n’était pas la meilleure, mais c’était une option.
— Il a une quelconque appétence pour le terrain ? demanda-t-il, sans grande conviction. Le confiner à un bureau ne servira à rien, et il est visiblement trop dangereux pour toucher à quoi que ce soit d’important. Peut-être qu’une affectation au Service de Surveillance des Créatures Magiques le calmerait un peu. Il pourrait apprendre la rigueur sur le terrain, avec des créatures qui ne pardonnent pas ses conneries.
Son regard était perçant. Ce n’était pas une sanction à proprement parler, mais une mise à l’épreuve. Un test. S’il se plantait encore là-bas, alors même son père ne pourrait plus justifier son maintien au Ministère.
Message publié le 07/02/2025 à 20:56
Hibou reçu le 28/09/2124
Bien que le pli ait tout d'une missive officielle, le contenu de la lettre et l'aspect brouillon des quelques mots qui y figurent ne laissent aucun doute quant à l'état d'esprit de son expéditeur et à son caractère personnel.
Ministère de la Magie
Département de la Justice Magique
Secrétariat du Directeur de Département
A l'attention de monsieur Alaric Bloodworth - Directeur du Département des Transports Magiques
Alaric,
Je veux bien rendre service .... mais là ce n'est plus possible.
Ton idiot de gamin vient de faire disparaître l'ensemble des artéfacts du département !
Si tu ne trouves pas rapidement une nouvelle affectation au sein du ministère qui soit en adéquation avec ses capacités, je serai contraint de faire rompre son contrat. Pour le bien de tous.
Navré,
Noah.
Message publié le 26/10/2024 à 10:55
Noah Ingram resta un instant assis, figé dans un mélange de désespoir et de lassitude. Son regard se perdit sur la porte qui venait de se refermer derrière Leo, comme s’il espérait secrètement qu’elle se rouvre pour qu’il puisse corriger la bévue sur-le-champ. Mais la réalité le rattrapa, avec le chaos imminent et les conséquences d’une telle erreur.
Il se redressa, frotta ses tempes d’un geste épuisé, puis appuya sur l’interphone.
— Anne… pourriez-vous me passer le dossier Bloodworth ?
Il marqua une pause, choisissant soigneusement ses mots. La voix de la secrétaire résonna doucement, teintée d’une résignation presque complice, un soupir audible de l’autre côté.
— Bien sûr, Monsieur Ingram. Je suppose que je prépare également les formulaires de sanctions disciplinaires ?
Noah se pinça l’arête du nez, esquissant un rire sec, sans véritable trace d’humour.
— Oh, mais cela va bien au-delà d’un formulaire… Prévenez également l’équipe de récupération des artefacts. Son ton devint plus grave. Nous devons lancer une intervention immédiate pour sécuriser la réserve. Monsieur Bloodworth junior a "emprunté" un coffre à disparition en pensant qu’il s’agissait du coffre incartable.
Un long silence se fit entendre à l’autre bout de la ligne, comme si Anne avait besoin d'un moment pour digérer ce qu’elle venait d’entendre. Ou alors, elle se retenait purement et simplement d'éclater de rire devant cette énième bavure du fils Bloodworth. Finalement, elle répondit avec une pointe d’hésitation.
— Le… le coffre à disparition, Monsieur ? Celui qui… fait disparaître définitivement ce qu’on y place ?
— Exactement celui-là, répondit Noah, sentant le poids de chaque mot, comme si énoncer l’ampleur du désastre rendait la situation encore plus réelle. J’aurais dû me méfier. Le concept de coffre “incartable” semblait probablement trop subtil pour lui…
Il laissa échapper un soupir encore plus lourd, son regard se posant sur la pile de dossiers s’amoncelant sur son bureau.
— Anne, nous aurons aussi besoin de contacter Monsieur Bloodworth père. Il serait sans doute avisé de lui suggérer une réorientation pour son fils. Peut-être une affectation plus… “inoffensive” ? Si nous devons continuer à l'héberger au sein du département, pourquoi ne pas l’envoyer aux archives des chapeaux enchantés ? Ou dans l’inventaire des bottes à lévitation ?
— Monsieur Ingram, vous pensez sérieusement que ce serait une sanction adaptée ?
— Oh, croyez-moi, Anne, je ne suis pas dans un esprit de sanction. Plutôt de survie. Il reprit d’un ton légèrement plus assuré, comme s’il trouvait enfin un semblant de solution au milieu de ce chaos. En réalité, je pense qu’il serait en parfaite sécurité, à distance raisonnable des artefacts à haut risque. Les bottes et les chapeaux n’ont jamais causé la moindre alerte de sécurité.
Puis, se redressant sur son fauteuil et observant le bureau encore en désordre, il conclut avec une note plus douce.
— Rassurez-moi, Anne, vous avez bien demandé à l’équipe de sécurité de remplacer les serrures de la réserve, n’est-ce pas ?
— Absolument, Monsieur. D’ici la fin de la journée, le jeune Bloodworth ne pourra même plus ouvrir une boîte de plumes sans autorisation. D'ailleurs à ce propos il serait bon de ...
La voix de la secrétaire se perdit dans le brouhaha, une voix que Noah n'eut aucun mal à reconnaître résonnait dans tout l'étage.
— ALERTE, INFRACTION AU NIVEAU DEUX, ON A VOLÉ TOUS LES ARTEFACTS DE LA RÉSERVE ! ALERTE ! CHEF INGRAM !
Noah se prit la tête dans les mains et prit une longue - très longue - inspiration. Le stock de chapeaux : ce sera parfait.