Femme
25 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 25/02/2026 à 22:46
Mains glacées, vagues de chaleur qui l’étouffent, Lola a le front et les yeux humides. Perte de contrôle, elle doute, ne pensait pas que ce serait si difficile. Le découragement s’insinue dans la énième contraction qui broie le corps de la sorcière. Un juron étouffé alors que les secondes s’étirent en minutes qui deviennent des heures. La nausée aux lèvres : quand est-ce que ça s’arrête ?
Une chambre plongée dans la pénombre d’une nuit étoilée. Elle a trop chaud. L’été bien entamé l’agresse en plus du reste. Deux yeux qui cherchent une bouée de sauvetage, n’importe quoi d’autre que le teint blafard d’une sage-femme qu’elle ne connaît pas. Une nouvelle grimace de douleur et puis la porte de la pièce qui s’entrouvre pour laisser passer une silhouette qu’elle ne reconnait que trop bien. Lola tend une main blanche en direction du sorcier : Quintus… j-je ne vais pas… y arriver. Le contact des doigts qu’elle serre trop fort lui permet un instant de mieux respirer. La sorcière n’en peut plus, son corps trop lourd est fatigué, même le jour, en tombant, semble s’être lassé d’attendre un bébé qui n’arrive pas.
Les mots de l’infirmière glissent sur elle sans l’atteindre, Lola est incapable d’écouter quoi que ce soit. Traits crispés, presque désespérés, elle repense brutalement à toutes les décisions stupides qui l’ont conduite jusqu’à cette situation précise. La douleur en bas du dos qui la lacère lui fait oublier l’inconfort de se présenter à Quintus de manière aussi vulnérable, aussi mal habillée, comme s’il s’agissait d’une priorité.
Les ongles vernis de la Lovell s’impriment dans la main du sorcier. Les yeux fermés et un murmure qui glisse comme un filet de pensée entre ses lèvres essoufflées : pardonnez-moi, pardonnez-moi, pardonnez-moi…
Le col entièrement dilaté.
Inspirer, pousser.
Relâcher, vider.
Contraction. Et recommencer.
Lola retient un gémissement. La pression du regard de son hôte fait disjoncter son cerveau, qui tente de concilier toutes les attentes que la jeune femme cherche à imposer à son corps en même temps. Tant pis pour les apparences, elle n’a pas le droit d’échouer. Son corps, son enfant. La voix de la sage-femme qui l’invite à se concentrer. Un premier bébé, cette douleur peut encore durer des heures.
Le coup de tonnerre qui traverse le ciel d’un été trop lourd masque presque le premier cri du bébé. Lola laisse son corps meurtri s’affaisser contre les draps : à bout de souffle. Elle se redresse légèrement, mine inquiète et puis plus rien. Le corps minuscule lui est confié. Lola oublie.
C’est nouveau, c’est étrange. Le cordon est coupé, l’enfant est désormais entier et pourtant.
Pourtant, elle sent qu’il ne s’éloignera jamais vraiment. Ses yeux pleurent en continu. Elle ne prête plus attention à ce que fait la sage-femme de son corps, ses indications ont définitivement quitté les pensées de la toute jeune maman. Sa concentration n’est plus à offrir, elle est déjà trop engagée.
Le bout d’être humain contre elle, dans un instinct de survie, prend le sein de sa mère. La sorcière s’étonne presque, laisse l’enfant se nourrir. Un regard enfin vers Bulstrode tandis que la fraicheur d’une pluie d’orage pénètre doucement dans la chambre. Une Lola à la fois sous le choc et émerveillée avec un regard qui semble crier j’y suis arrivée. Merci, dans un souffle en direction du sorcier.
Message publié le 25/02/2026 à 19:49
Les yeux brillants puisqu’il se prête au jeu. Quintus n’a pas menti, il offre au petit le plaisir des intonations variées qui roulent sur la langue en direction du poupon comme autant de caresses verbales. Le timbre touche sans doute plus sûrement que les gestes. Lola n’est pas en reste, prise dans la douce communion des âmes parentes d’un soir, deux regards dans la même direction, portée – peut-être – par semblable émotion. Du moins, veut-elle y croire, penser qu’elle prodigue au bébé ce qu’il y a de meilleur, de plus beau, d’assez doré pour la lumière de ses yeux fatigués.
Sourire malicieux en direction du Bulstrode qui préfère l’alcool fort au parfum floral et réconfortant d’un autre liquide ambré. La Lovell hoche la tête, mine compréhensive face au souci qui barre le front du sorcier distingué : une urgence à la fois, répond-elle gravement. Peu importe que Quintus ne souhaite pas correspondre avec cette sorcière qui joue à l’admiratrice forcenée, Prisca Thompson peut bien attendre la missive de cet homme trop occupé qui ne trouve le temps de poser ses affaires dans l’entrée qu’à minuit passé. Une vague de compassion la submerge avant de se muer en reconnaissance : c’est qu’il vient de consacrer quelques-unes de ses précieuses minutes au petit être endormi à l’étage.
Dans la cuisine, Lola remplit la théière d’eau avant de la réchauffer d’un coup de baguette magique. Les feuilles séchées colorent rapidement le liquide, imprègnent sa fadeur d’arômes délicats qu’elle prend un instant le temps de respirer… Son corps soudain quitte un mode d’alerte permanent pour s’octroyer un peu de répit. Ayden va bien, ici, plus que nulle part ailleurs, son fils est en sécurité.
La sorcière emporte la théière en direction du salon dans lequel Bulstrode est sans doute en train de se servir un verre. Elle fait léviter deux tasses de porcelaine qui se déposent discrètement sur une petite table — on ne sait jamais — puis remplit l’une d’entre elles de l’infusion parfumée. La chaleur mord la chair de ses doigts sur la tasse dans une agréable sensation de presque brûlure qu’elle laisse infuser dans son corps. Lola tapote d’un index distrait la soucoupe délicate en écoutant Quintus. Ses bras cherchent à comprendre pourquoi ils se sentent brutalement si vides.
Elle porte le liquide à ses lèvres, souffle légèrement. Deux yeux qui ne quittent pas le visage du sorcier en train de parler. Une pierre, deux coups. Petit sourire complice avant que la mine de la sorcière ne se referme. C’est une drôle de coïncidence, en effet, la voix songeuse ou peut-être simplement fatiguée, mais vous seriez sans doute le dernier à négliger le potentiel de discorde que recèlent vos nobles familles. Peut-être aurait-elle pu le dire : nos. Léger frisson de dégoût contre l’échine de la bâtarde anoblie, puis rejetée. Soyez prudent, un conseil de maman. Les saveurs de l’infusion finissent par épouser les papilles de Lola dans un sourire de plaisir. Elle se rend compte de la crispation de son corps au moment où celui-ci se détend.
Ce Manius Fawley… Il vous préoccupe toujours, murmure-t-elle comme pour elle-même. L’interrogation curieuse reste coincée dans sa gorge par l’amertume de son échec. Lola a beau savoir qu’il ne s’agissait que d’un jeu, le rejet de l’historien, quelques mois à peine après la naissance de son fils, alors que son corps blessé commençait seulement à récupérer l’a poignardée plus douloureusement qu’elle ne l’aurait imaginé.
Un rire léger face aux mots flatteurs du sorcier. La Lovell lui offre un sourire éclatant. Ses projets… doute-t-il du fait que ces derniers puissent diverger des siens ? Une nouvelle gorgée sous la langue avant de répondre : une patience de maman, corrige-t-elle malicieusement, je ne sais pas pourquoi, depuis Ayden toutes mes priorités me semblent… bouleversées, je ne pensais pas que cela me changerait tant, mais regardez-moi, rit-elle en balayant sa silhouette d’un geste de la main : un vrai petit animal domestique. Et ses lèvres maquillées de rouge qui s’étirent à nouveau. Si ses préfets de l’époque pouvaient voir ce que la lionne sauvage est devenue…
Message publié le 24/02/2026 à 23:48
C’est qu’elle se sent presque vide lorsque, les bras ballants, elle évolue dans un quotidien sans poupon à cajoler. Six mois se sont écoulés, et pourtant, Ayden semble toujours faire partie d’elle-même. Son corps s’apaise contre celui du nourrisson qui termine son biberon : le monde peut bien s’arrêter de tourner en cet instant, plus rien ne compte, à part lui, elle et cet homme qui lui a donné la chance inespérée d’offrir à l’enfant un avenir loin des cruautés de la précarité.
Le petit n’a plus soif, elle dépose le biberon sur la table. Un bout de tissus sur l’épaule droite avant d’y porter le menton du bébé. Des doigts rendus experts par l’habitude caressent le pyjama, tapotent légèrement le dos du petit garçon. C’est vrai que vous avez eu ce plaisir, rit doucement la jeune femme, en se rappelant vaguement du jeune sorcier, impeccable dans son uniforme vert et argent serti d’un insigne tant convoité. Avec plaisir monsieur Bulstrode. Petite courbette de la main gauche avant que ses doigts ne retournent câliner le petit corps.
Lola ferme un instant les yeux pour chercher à savourer la plénitude d’un moment volé. L’odeur de son fils enrobe son cœur de vagues de bonheur qui lui font oublier l’heure avancée et la fatigue accumulée. Ayden finit par remettre un peu de lait en une convulsion légère qui lui offre le droit de retourner sur les genoux de sa maman. Lola nettoie le tissu d’un coup de baguette. Ses yeux dévorent les petites joues rebondies du bébé : bravo mon chéri.
La jeune maman sourit à la proposition de Quintus. Cette fois, elle ne sera pas seule pour mettre l’enfançon au lit. Vous en avez un exemplaire ?, interroge-t-elle en se relevant. La douleur du petit semble être passée pour le moment, combien de temps avant la prochaine poussée ? Elle frotte le bout de son nez contre celui d’Ayden qui rit aux éclats : il a de la chance ce petit bébé. Puis, une odeur incommodante reconfigure soudainement l’ordre des priorités : je vais le changer, rejoignez-moi avec le livre si vous le souhaitez.
Un dernier regard pour leur sauveur avant de filer en direction d’une salle de bain qui s’est subitement vue dotée d’une table à langer. Le mobilier pour poupon que ce dernier a nécessité semble presque mal à l’aise dans le décor de la demeure. Un peu de désordre dans un quotidien bien réglé, comme un miroir matériel du chamboulement qu’a pu provoquer l’arrivée de l’enfant dans leur vie, à tous les deux. Lola change rapidement son fils. Ayden gémit de déplaisir face au contact de la fraicheur de l’air contre sa peau. La sorcière rattache rapidement son petit pyjama. Sa baguette fait disparaître la couche sale comme si de rien n’était. L’apprentie potionniste déteste laisser le chaos derrière elle, même avec un bébé, elle a du mal à ne pas chercher à tout contrôler.
Quand mère et fils retrouvent la chambre du poupon, Bulstrode est déjà assis dans le fauteuil qui jouxte le lit d’Ayden. Faute de place, Lola s’installe sur les genoux de Quintus, son bébé tout contre elle comme un petit emboîtement de poupées russes. D’une main gauche un peu maladroite, largement aidée par le sorcier qui tient l’ouvrage entre ses doigts, elle tourne les pages jusqu’à trouver le conte qu’elle cherchait : Il y a longtemps, dans un pays lointain, vivait un roi stupide qui avait décidé qu’il devrait être le seul à disposer de pouvoir magique... Dans ses bras, Ayden tente encore de lutter contre un sommeil qui le gagne avec de plus en plus d’intensité. Sa bouche s’ouvre en un looong bâillement auquel répond le sourire de sa maman. Dos de la petite main qui frotte un visage trop doux, le bébé se laisse lentement sombrer entre les voix des deux sorciers.
C’est avec une délicatesse infinie que la jeune maman dépose le petit dans son lit avant d’attraper la main de Quintus pour les faire délicatement reculer sans un bruit vers la sortie. Un dernier regard pour le visage angélique avant que la porte ne se referme. Lola sourit en rendant sa liberté au sorcier : une petite tisane ?, murmure-t-elle comme un secret.
Message publié le 24/02/2026 à 15:24
Doux ménage un peu cocasse. Le trio hétéroclite, petite bulle d’air dans la nuit, pour eux, pour lui. Le retour de Quintus ramène l’équilibre de la maisonnée et Lola sourit avec les yeux à ce charmant monsieur, ange gardien de leur vie trop rapidement bousculée, une figure masculine bienveillante à offrir à son futur petit gentleman. La jeune maman rayonne dans l’obscurité.
La tendresse du sorcier à l’égard de son fils la touche : c’est qu’il n’est pas évident d’accueillir un bébé, même dans une demeure aux chambres insonorisées, un jeu d’apprivoisement mutuel et la douceur d’une harmonie méritée. Les regards curieux du nourrisson tentent de suivre la conversation, Ayden pointe une main maladroite en direction de Bulstrode avec un léger son en a qui lui fait à nouveau lâcher sa tétine. Lola la récupère avec une moue amusée : merci, il a tout ce qu’il lui faut et plus encore, n’est-ce pas ? Regard tendre vers le bébé sourire qu’elle cale un peu mieux dans ses bras.
La douleur, c’est normal, il faut les mériter ces premières armes. La Lovell emboîte le pas de son hôte permanent en direction de la cuisine. Ses paroles la ramènent quelques mois en arrière sur un chantier de fouille égyptien, loin d’un enfançon laissé à regret derrière elle. Fawley… murmure-t-elle comme pour elle-même alors que la cuisine se dessine dans son champ de vision. Lola tente de déposer le bébé sur sa chaise haute, mais Ayden n’est pas coopératif et se met à pleurer pour ne pas quitter les bras de sa maman : ce que tu es compliqué, lui murmure-t-elle avec des yeux doux. Un regard en direction de Quintus : cela vous ennuie de le prendre un peu ?
Le sorcier fait partie des rares élus auxquels elle confierait son fils sans ciller, privilège invisible, mais bel et bien remporté, après tout : il est l’homme qui le voit grandir. L’apprentie potionniste dépose le petit entre les bras de Bulstrode avant d’essuyer sa bouche qui ne semble cesser de saliver. Elle laisse le bout de tissu à Quintus pour éviter que l’enfant ne salisse le sorcier tiré à quatre épingles. Tttt, gronde-t-elle le bébé qui tente d’attraper les lunettes de l’homme qui le maintien, Lola repousse délicatement les petits doigts du visage du sang pur.
Se détourner de son fils, attraper la portion de lasagne réconfortante laissée de côté juste au cas où et puis un petit enchantement réchauffant pour rendre au plat les délicates saveurs d’une sauce longuement mijotée. Lola est patiente, chaudron ou casserole, une préparation ne vaut pas moins d’une autre et puis, un plat de pâtes recèle parfois plus de magie que n’importe quel philtre. La jeune femme s’applique ensuite à savamment doser le mélange du biberon d’Ayden pour le réchauffer à son tour. Elle dépose l’assiette devant le sorcier et récupère son bébé. Le corps calé contre une chaise, l’enfant occupé à se nourrir avec avidité, elle peut recommencer à réfléchir à la question de Quintus. Lola caresse distraitement la tête du petit être, très concentré, qui tente d’agripper lui-même son biberon.
Le visage de l’historien lui revient en mémoire avec un vif déplaisir, elle grimace intérieurement, sans doute toujours trop blessée d’avoir été écartée de l’expédition, autant que d’avoir échoué à la première mission confiée par son protecteur. Manius Fawley. Un an de moins qu’elle, petit préfet parfait, sa comédie sérieuse ne devait pas s’être arrêtée aux bancs de l’école : Manius Fawley est... insupportablement procédurier, tente-t-elle de se remémorer, et plutôt prudent, un euphémisme en réalité. La sorcière n’aurait pu compter les fois où le superviseur des fouilles avait retardé leur travail de plusieurs jours pour respecter l’inutilité d’un protocole que l’ancienne Gryffondor aurait bien envoyé valdinguer d’un coup de baguette magique. Même à distance, il y a fort à parier que le sorcier veille à ce qu’aucun risque ne soit pris par les membres de son équipe.
Oui, un sens du devoir assez exacerbé, songe-t-elle en relevant les yeux vers Quintus. Et puis le verdict : je ne sais pas s’il s’agit de le convaincre, mais, pour arrêter son chantier, vous pourriez probablement l’enfermer dans un monstre administratif contre lequel il se débattra longtemps, ou bloquer les fouilles en prétextant un danger quelconque : il ne s’entêtera probablement pas. Non, monsieur Fawley éviterait forcément de faire courir à son équipe un danger inconsidéré. Ayden émet soudain un petit bruit de frustration. Lola repositionne correctement le biberon : ou vous pourriez attirer son attention ailleurs, termine-t-elle. Il doit bien y avoir des recherches plus alléchantes que celle d’une vieille tablette perdue on ne sait où et devant révéler une information qui ne changerait de toute façon pas grand-chose à la face du monde. La jeune maman embrasse un instant le front du bébé : ces intellectuels coincés semblent fuir une évidence toute trouvée, douceur d’exister blottie en cet instant même entre ses bras.
Mieux vaut être craint qu'aimé si l'on ne peut être les deux
Message publié le 23/02/2026 à 23:45
Lola couve des yeux le bébé qui émerge doucement du sommeil. Elle a laissé son livre ouvert sur le bureau de la chambre, un crayon négligemment glissé entre les pages jaunies pour marquer l’endroit d’où elle recopiera bientôt les ingrédients de sa future liste de courses ; Quintus Bulstrode semble boire son polynectar comme du petit lait ces derniers temps.
La jeune femme sourit sous les babillages de l’enfant qui semble lui raconter ses rêves. Elle caresse le petit ventre chaud tandis qu’Ayden tente de lui attraper les cheveux, puis les doigts pour essayer de se redresser. Tout doux petit prince, murmure Lola en récupérant le bébé dans ses bras. Elle lui tend d’une main délicate l’anneau de dentition qu’il ne quitte plus pour le laisser mâchouiller quelque chose en attendant un apport nourricier plus consistant. Les yeux du garçonnet n’apprécient pas la luminosité qu’elle rend à la pièce, chassant avec tendresse les derniers effluves de la sieste.
Monsieur Bulstrode l’a prévenue : aujourd’hui, ils ont de la visite. La jeune apprentie potionniste s’arrête donc quelques instants devant un miroir pour vérifier l’impeccabilité d’un corps élancé coincé dans son corsage. Ayden sourit et tend la main vers son reflet avec un petit bruit amusé, Lola secoue doucement le minuscule poignet avant de lisser sa jupe du bout des doigts : il est beau ce petit bébé, un baiser sur le front.
Et puis quelques éclats de voix, celle de Quintus ? Lola fronce les sourcils alors que la petite éponge dans ses bras se met brusquement à pleurer sans réellement savoir pourquoi. Elle rattrape de justesse le jouet du bébé avant que celui-ci ne dégringole jusqu'au sol et berce un peu son fils en se rapprochant de la source du vacarme. L’idée d’une interaction l’étonne ; elle n’a jamais entendu ni même imaginé Bulstrode avoir un mot plus haut que l’autre. Mais c’est pourtant bien lui qui est à l’origine de ce bruit, elle en est sûre : le quotidien l’aurait rendue capable de reconnaître sa voix entre mille.
Le tableau du jeune homme désespéré, adossé à une salle de bain dont il vient indéniablement de claquer la porte à en faire trembler les murs et le cœur d’Ayden offre à Lola une vague d’inquiétude. Le bébé, trop heureux d’observer un second visage familier, tourne vers lui une frimousse qui semble avoir oublié toute contrariété pour concentrer son attention sur le diplomate au visage éreinté. Quelques secondes d’observation, puis la main qui se tend vers l’anneau pour le réclamer avec un petit bruit. La Lovell le lui rend distraitement : tout va bien Quintus ? Elle s’approche, cherche son regard en relevant le visage du sorcier des quelques doigts manucurés de sa main libre qui sent probablement le sommeil et le lait chaud : rappelez-moi de vous mijoter un petit philtre de paix, sourit-elle en reculant légèrement. Un coup d’œil suspicieux pour la porte derrière eux : alors, notre invité… ?
Message publié le 22/02/2026 à 23:54
Petit corps chaud et potelé entre les bras presque trop maigres d’un corps abimé. Lola marche de long en large dans la pièce pour mieux bercer. La voix un peu grave qui murmure des paroles apaisées : j’suis là petite tempête, chhht. Ayden pleure à chaudes larmes sur son épaule. Ses gémissements continus n’irritent pas la jeune maman, pas plus que la salive du bambin qui tache une robe qu’elle n’aurait pas du pouvoir se payer. Étrangement, elle se sent bien.
L’enfant perd sa tétine, encore une fois, Lola caresse le dos trop plein de secousses. Si petit et déjà pris dans les affres de la vie. Elle sourit. Et ce n’est que le début. Petit guerrier, futur briseur de cœur, cette souffrance sera peut-être la pire de ta vie dans un monde qui te tend trop les bras pour que tu t’y casses ces jolies dents qui poussent seulement.
La jeune Lovell s’assied un instant. Ses pieds nus coincés dans une paire de chaussures à talons la font trop souffrir que pour continuer l’exercice. Les pleurs cessent alors que le petit être de feu se concentre sur la tétine qu’il a finalement accepté de récupérer. La jeune femme chasse les larmes des joues du marmot : c’est bien, c’est bien.
L’enfant lutte contre le sommeil, elle voit ses grands yeux mouillés ciller, ses petites mains frotter un visage encore rouge d’avoir tant crié. Brève accalmie, nouveau hurlement, petite moue sur le visage de la maman qui se relève un moment, descend jusqu’à la cuisine pour essuyer d’une serviette la bouche du bébé torturé. Ses yeux maquillés de noir se déposent avec tendresse sur le visage du poupon. Elle lui tend un morceau de banane froide pour l’aide à soulager une douleur qu’il n'a pas encore la force de contrôler. Ça viendra, ça viendra.
C’est dans cette position, la tétine d’Ayden glissée comme un anneau sur un de ses doigts, le tout petit bébé accroché à son bras qui soulage ses gencives avec un bout de fruit frais, qu’elle entend Quintus Bulstrode rentrer. Un coup d’œil sur la montre à son poignet gauche, Lola pince les lèvres, minuit passé. Ses talons claquent alors qu’elle se dirige vers l’entrée pour accueillir le maître des lieux. Une journée harassante de plus pour le sorcier qu’elle n’a pas même croisé. La sorcière murmure une chanson sur le trajet, son fils arrête quelques instants son activité de mastication pour la regarder, puis il reprend sa tâche, concentré.
Bonsoir, salue-t-elle le sorcier de la voix enjouée et douce qu’elle utilise en présence du bébé, nouveau regard sur le cadran, ou plutôt bonjour en fait, c’est selon, s’amuse-t-elle. Si vous n’avez pas déjà mangé, il y a de quoi dans la cuisine. Ayden émet un petit gémissement, sans doute déconcerté de ne plus être le centre de l’attention de sa maman. Lola replace la tétine dans sa minuscule bouche avant de justifier le comportement de l’enfant : il fait ses premières dents.