Femme
24 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour.
Message publié le 18/02/2026 à 09:53
Ophelia n’est pas étonnée d’apprendre que la visiteuse n’est pas connaisseuse en matière d’épée. Ils se font rares de nos jours, et encore plus à mettre les pieds dans son petit musée de Godric’s Hollow. C’est bien dommage. En revanche, les deux informations suivantes ne manquent pas de l’étonner et d’éveiller son attention. D’abord, elle a affaire à une tireuse d’élite. Un métier qui ne manque pas de l’impressionner, quand on devine la précision et le talent en magie qu’il requiert. Ce n’est pas rien. Ce serait en tout cas parfaitement hors de sa portée. Ensuite, cette inconnue n’en est pas vraiment une.
Quand le nom franchit enfin les lèvres de la brune, Caecilia Fawley, ce n’est pas un simple son qui parvient à la conservatrice, mais une clé qu’on tourne dans une serrure longtemps restée close. La femme en face d’elle cesse alors de n’être qu’un personnage important dans les anecdotes de son ami et collègue homonyme. C’est aussi une Fawley, et plus encore : c’est Caecilia. L’épouse de Manius dont il parle… souvent ? Parfois ? De temps en temps. Peu importe… C’est comme si dans la bibliothèque de son esprit curieux, une lampe s’allumait dans une aile jusqu’alors plongée dans la pénombre.
C’est ainsi que sa mémoire fonctionne, en étiquetant les gens, en les associant à des livres qu’elle peut ranger dans les étagères de sa mémoire. Quant à décider lesquels de ces bouquins elle laisse prendre la poussière, rien n’est jamais préétabli. Celui-ci est un joli livre, un peu différent de ce à quoi elle avait pensé. Cela ne l’empêche pas une seconde d’afficher un sourire sincèrement chaleureux, alors qu’elle vient saisir avec enthousiasme la main qui lui est tendue.
- Enchantée de faire votre connaissance !
Jusqu’à cet instant, Caecilia n’a été pour Ophelia qu’une histoire rapportée à demi-mot. La jeune femme qu’on avait voulu sauver d’un sort trop dur en l’attachant à un sort seulement moins cruel. Elle savait les intentions de son ami louables, mais son cœur se serrait toujours à l’idée qu’on puisse lier deux vie sans les consulter. Alors faute de mieux, elle avait laissé Caecilia devenir une figure floue dans son esprit, une présence faite de principes et de suppositions plutôt que de traits réels. Mais la sorcière qui se tient devant elle n’a rien d’une idée.
La lumière douce du musée accroche ses contours avec une générosité presque insolente. Ophelia le remarque malgré elle, l’épouse est aussi ravissante que son mari n’est beau. Comme si le destin, après avoir imposé ses chaînes, avait tenté une réparation maladroite. Une réparation bien pauvre. La beauté ne remplaçait pas l’amour. Cette pensée lui tire une douceur triste. Ils étaient, tous les deux, favorisés et lésés dans le même souffle.
- Ophelia Frost, se présente-elle à son tour.
Puis, comme un fil tiré ailleurs, son attention dérive dans le tumulte de ses réflexions. Ses yeux cherchent spontanément la porte de la salle d’étude qui n’est pas loin d’elles. L’endroit où elle travaille, et où lui se trouve quand il est là. Car si Caecilia Fawley est venue, cela ne peut être que pour Manius. Or, elle sait que la place qu’il occupe d’ordinaire est vide, depuis un moment. Et pour cause, il est parti, a démissionné pour le bien de son couple… Pour le bien de la tireuse d’élite en face d’elle. Quelque chose dans cette absence résonne doucement comme une note manquante dans une mélodie qu’Ophelia commençait à peine à entendre.
Sa joie ouverte se replie sur elle-même, son sourire perd un peu de sa lumière, remplacé par cette raideur discrète de ceux qui réfléchissent trop vite et trop loin. La chercheuse sent le malaise lui grimper le long de la nuque : les interactions sociales ont toujours été pour elle un exercice d’équilibriste, et voilà que la corde se met à trembler. Dire ou ne pas dire. Poser des questions ou se taire. Expliquer ou feindre l’ignorance. Chaque option lui semble mauvaise. Alors par pur réflexe de survie conversationnelle, son esprit saisit la première diversion venue.
- Vous saviez que… commence-t-elle un peu trop vite, avant même d’avoir totalement choisi sa phrase, que l’épée de Gryffondor est censée n’absorber que ce qui la rend plus forte ?
Elle s’entend parler, elle sent ses joues chauffer mais poursuit, lancée malgré elle :
- Dans certaines légendes, ça veut dire qu’elle ne retient que les substances qui peuvent l’améliorer, comme si elle avait une forme de… discernement. Je trouve l’idée fascinante, un objet incapable de garder ce qui l’affaiblit. De la grande orfèvrerie gobeline…
Elle réalise seulement après coup à quel point la transition est abrupte. Son regard trahit maintenant une gêne sincère, presque douloureuse, mais aussi cette lueur d’enthousiasme intellectuel qui prend toujours le relai quand ses émotions s’emmêlent. C’est sa manière à elle de colmater les silences : avec du savoir, des anecdotes, des curiosités. Comme on jette des livres pour traverser un gouffre. Et dans le petit flottement qui suit, Ophelia prie intérieurement pour que la légende de l’épée soit assez intéressante pour détourner l’attention de tout le reste. Ou, à défaut, pour que son trouble passe pour de l’excentricité plutôt que pour un secret mal gardé.
Message publié le 14/02/2026 à 09:25
L’avantage d’être la seconde née dans la fratrie Frost se situe principalement dans le fait d’avoir échappé aux contraintes que la première arrivée a plus ou moins subies. Les règles ont déjà été testées, les interdits ont montré leurs failles, et les parents éprouvés, plus fatigués, ont naturellement desserré l’étau sur leur benjamine. Pendant un temps. Car l’inconvénient dans le fait d’être la petite sœur de Angie Frost et de ne pas avoir hérité de son caractère de feu, c’est qu’on écope forcément des attentes parentales la concernant, à savoir : de la conformité et des petits-enfants. Autrement dit tout ce qui ne se trouve pas dans le fond d’un musée poussiéreux ou dans les livres.
À 24 ans, Ophelia s’était attendue à avoir encore quelques années devant elle avant que Monsieur et Madame Frost ne commencent à s’immiscer dans sa vie privée et à lui mettre la pression. Mais c’était bien sûr sans compter sur l’annonce du mariage de sa chère cousine, qui avait allumé chez ses parents une flamme bien trop encline à devenir un incendie. Car oui, si la jeune femme, un an plus jeune qu’elle avait déjà trouvé homme à marier, comment se faisait-il qu’elle n’ait toujours pas l’ombre d’un petit-ami à leur présent ? Sa dernière visite chez eux avait été on ne peut plus claire : il était hors de question qu’elle vienne non-accompagnée à la cérémonie, sinon ils s’occuperaient eux-mêmes de lui trouver un cavalier. C’était une catastrophe.
Les mots, semblables à des menaces, résonnent encore dans l’esprit de la chercheuse alors qu’elle est assise à son bureau. Cela doit être la troisième fois qu’elle relit le même passage, incapable de se concentrer sur l’exemplaire des « Traités d’argents : diplomatie entre sorciers et gobelins » qui se trouve ouvert devant elle. Un livre passionnant si tant est qu’on aime les textes à rallonge écrits en tout petit sur les conditions des accords passés entre les deux peuples il y a des siècles. Autrement dit, le genre de lecture qu’elle préfère par-dessus tout normalement. Sauf aujourd’hui. Probablement parce que son attention est systématiquement attirée par le tableau en liège accroché au mur, à sa gauche, où trône épinglée depuis une semaine l’invitation pour l’événement.
« … car pour un peuple qui façonne l’argent et grave les serments dans le métal… »
L’échéance approche, elle le sait. Et pourtant, elle n’a pas l’ombre d’un cavalier ou d’une robe à mettre. C’était plus simple de se terrer dans le travail et dans le déni. Jusqu’à ce que sa sœur ne le lui rappelle gentiment la veille en ne manquant pas de la taquiner. Elle est dans de beaux draps. Laisser ses parents s’occuper de lui trouver quelqu’un revenait littéralement à s’avouer incapable de gérer sa vie sentimentale seule. Pire, de devoir se coltiner un homme qui ne serait probablement pas en mesure de faire la différence entre un heaume forgé par un gobelin et un pot de chambre… L’horreur absolue. Pourquoi n’était-elle pas un animal social comme sa sœur ?
« … car pour un peuple qui façonne l’argent et grave…»
Son attention se dissipe encore, pour venir effleurer le tableau qui la nargue. Le carton aux tons rosés avec ses gravures dorées aux noms des futurs mariés la distrait. Suffisamment pour qu’elle n’ait pas remarqué qu’elle copieusement en train de mélanger son thé – froid – avec son crayon plutôt que la cuillère, ni que le gramophone s’est arrêté de fonctionner depuis au moins un quart d’heure.
« … car pour un peuple qui… »
Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour.
Message publié le 11/02/2026 à 11:14
La visiteuse laisse son regard balayer l’endroit où elles se trouvent avant de lui demander si des visites sont organisées. Elle pourrait lui dire que c’est indiqué dans l’entrée, mais ce serait d’une condescendance qui ne lui correspond pas le moins du monde. À la place, un sourire sincère prend place sur son visage qui s’éclaire à l’idée de pouvoir partager un peu de ce savoir dont elle prend soin au quotidien.
- Des visites ? Absolument, nous en faisons.
D’un pas, Ophelia se décale du présentoir devant lequel elle se tient puis fait quelques pas dans la salle, invitant la nouvelle venue à la suivre. Elle ne peut cacher son entrain à l’idée d’avoir quelqu’un à éclairer de la sagesse ambiante.
- La plupart des gens voient un petit musée de village. Mais en réalité, chaque objet ici est relié à une personne réelle, à une vie, à des choix qui ont laissé une trace. Même les plus petites histoires méritent d’être transmises.
En parlant, ses mains s’animent doucement, désignant une vitrine, puis une autre, comme si elle reliait des fils invisibles.
- Cette vitrine par exemple, la théière semble banale n’est-ce pas ?
Son visage s’anime d’une expression exaltée alors qu’elle désigne un présentoir non loin.
- Pourtant elle était déjà ancienne quand la famille Dumbledore vivait encore ici. Imaginez le nombre de conversations, de décisions, de drames qu’elle a « entendus ». Godric’s Hollow est un village passionnant. On marche littéralement sur des siècles d’histoire. Parfois, je me demande si les gens le sentent sous leurs pieds et…
Elle s’interrompt alors en réalisant le tunnel d’informations dans lequel elle plonge la jeune femme qui ne lui avait posé qu’une simple question. Une question fermée qui n’attendait probablement qu’un oui ou un non. Ophelia se sent alors gênée et vient ramener une mèche de cheveux derrière son oreille. Son calme soudain tranche avec l’exaltation dont elle a fait preuve, et elle sent ses joues commencer à chauffer… Voilà ce qui arrive quand on passe plus de temps à bouquiner qu'à sociabiliser.
- Pardon. Je m’emballe facilement… Hum, oui, nous faisons des visites.
Le commentaire sur l’épée réveille à nouveau son envie de lâcher une bombe d’informations sur la sorcière en face. D’autant qu’il s’agit de son domaine. Les armes, en particulier celles gobelines. Mais ce serait un coup à la faire fuir, alors la jeune femme se tempère, compte jusqu’à trois dans sa tête avant de demander d’une voix qu’elle force à être calme :
- C’est une réplique de celle de Godric Gryffondor. Vous êtes connaisseuse ?
Une lueur dans son regard traduit l’espoir de trouver en cette femme une passionnée comme elle.
Message publié le 11/02/2026 à 10:14
Ils tombent d’accord pour dire que c’est le meilleur moyen de progresser et Ophelia ne peut que se sentir reconnaissante d’avoir affaire à quelqu’un qui la comprenne autant, d’un point de vue professionnel. L’excellence et la précision exigent parfois des sacrifices, et il est bon de ne pas se sentir seule dans ce cas précis. En entendant Manius évoquer leur manque de raisonnabilité, elle ne peut s’empêcher de sourire amusée.
À un autre moment, l’idée de prendre l’air n’aurait pas nécessairement séduit la jeune femme. Mais les découvertes qu’ils viennent de faire et l’ombre de celles à venir lui ont puisé de l’énergie et le grands frais extérieur ne pourra que lui faire du bien. Cela s’accompagne d’une invitation à dîner qu’elle hésite brièvement à décliner. Non pas par manque d’envie, mais plutôt par habitude. Le genre d’automatisme qu’elle s’est créé seule à force de surmenage et d’isolement au travail. Peut-être aussi un peu par manque de moyens à une époque. En général, la seule personne capable de la faire sortir de sa grotte de solitude est Angie. Mais là c’est différent. La proposition est faite par son ami, alors elle hoche doucement la tête et accepte.
Alors elle revient sur ses pas pour couper le gramophone qu’elle venait de relancer. Ce faisant, elle écoute son collègue lui expliquer la raison de l’absence d’alliance à son doigt. Mince, elle ne voulait pas que son étonnement lui semble intrusif au point qu’il se sente obligé de lui expliquer la cause. Mais puisqu’il se confie, elle l’écoute attentivement. Et ce qu’il lui dit ne fait que soulever davantage de questions dans son esprit d’analyse. L’évocation de cette relation qui semble bien compliquée réveille la compassion qu’elle éprouve profondément pour lui. Pour eux. Retirer l’alliance de son mari, c’était transmettre un message fort. N’était-ce pas là le symbole de leur union ? De nouveau, Ophelia plait en son for intérieur ces sangs-purs contraints au mariage pour la satisfaction de leurs bourreaux, leurs parents. Tu es quelqu'un de bon à qui il est arrivé de mauvaises choses, Manius Fawley. ne peut-elle s’empêcher de penser…
« J’espère qu’on n’aura pas d’enfants. » À ces mots, elle ne peut cacher son scepticisme. Le pense-t-il vraiment ? Son regard incertain cherche celui de l’homme assis, alors que sa tête penche un peu sur le côté. Faire un enfant n’est-il pas justement ce qu’on attend d’eux ? Bien sûr, elle comprend et respecte les craintes de son épouse. Avoir un enfant, c’est une grosse étape. Ça demande une certaine dévotion. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut attendre si facilement d’une jeune femme à qui on l’a imposé comme but de vie ultime. C’est une situation compliquée. Mais au-delà des attentes et des sentiments de sa conjointe, Manius Fawley n’a-t-il pas oublié à nouveau de prendre en compte ses propres sentiments ? Car s’il y a bien une chose dont elle est sûre, c’est qu’au contraire de son père, Manius Fawley ferait un papa extraordinaire.
- C’est normal d’avoir peur… glisse-t-elle en douceur. Avoir un enfant, ce n’est pas rien. Mais ça doit être un choix qui vous appartient, à tous les deux. Personne ne peut vous l’imposer.
Avoir un enfant. Arracher un morceau de son propre cœur pour le voir grandir à ses côtés, pour pouvoir l’aimer et en prendre soin. Laisser sa trace dans l’Histoire en faisant prospérer son sang, avec une famille qu’elle aurait elle-même choisi. Tels sont les rêves qu’Ophelia n’a pas le cran de prononcer à voix haute, car les évoquer serait prendre le risque de les voir s’envoler et disparaître aussi vite. Alors elle préfère se plonger dans ses livres, car il est plus simple d’exister à travers les écrits des autres que de trouver le courage de fabriquer sa propre histoire. Il faut qu’elle bouge, qu’elle se mette en mouvement, sinon la mélancolie qu’elle commence à ressentir va la bouffer.
En parlant de bouffer, son estomac se rappelle à elle. Alors elle attrape sa veste sur son ancien fauteuil et se tourne vers Manius. A défaut de pouvoir assouvir chacune de ses faims, elle peut au moins calmer celle-ci.
- Allons manger, partenaire.
Message publié le 10/02/2026 à 04:30
La proposition ne la satisfait pas. Il n’a pas accepté sa condition, il l’a juste habilement contournée. Preuve encore une fois de l’intelligence du sorcier qui lui fait face. Elle ne prend pas la peine de lui préciser que ce masque n'est pas vraiment du travail pour le musée, puisqu'il n'a aucun lien avec Godric's Hollow. C'est un passe-temps de passionnée, tout au plus, son rôle de conservatrice n'a rien à y faire. Son extrême humilité de gentleman la frustre un peu sur le coup, alors elle décide de ne pas rebondir. Elle n’accepte ni ne refuse l’offre de consultance qu’il lui fait. Lorsqu’elle sera à tête reposée, elle saura trouver un moyen de l’intégrer dans ces recherches d’une manière plus représentative, qu’en tant que simple consultant. Plus tard, pas maintenant.
Encore une fois, Ophelia est témoin de l’entrain de Manius. Elle le regarde se lever brusquement de son fauteuil pour émettre ses hypothèses à voix haute pour les lui partager. Peut-être même pourrait-elle apercevoir les neurones de ce génie de l’Histoire s’activer si elle se concentre bien : ils ne semblent jamais se mettre au repos. Parler est aussi le moyen qu’elle trouve le plus efficace pour réfléchir. Généralement, c’est un exercice qu’elle préfère faire seule, car on est vite relégué au rang des fêlés du chaudron quand on est surpris à discuter avec soi-même. Mais avec pas avec lui. Ici, leurs idées peuvent s’envoler comme des bulles, éclater entre elles, et se mélanger. Grâce à lui, la salle d’étude du musée est rapidement devenu un endroit sécuritaire, où le jugement n’existe pas.
Évidemment, elle est du même avis que lui. Dans ce cas-ci, il semble évident que l’expérimentation est le meilleur moyen de délimiter les effets du masque. Mais l’idée de devoir attacher son ami ne l’emballe pas, en particulier après l’épisode qu’ils viennent de vivre. Elle n’a jamais rencontré le vrai Livius Fawley, mais ne tient pas à réitérer l’expérience trop vite. Pour de vrai comme de faux. Et ils ne savent pas jusqu’où s’étendent les capacités de l’entité contenue dans le masque. Rien ne leur garantit que même attaché, et baguette retirée, ils ne risquent rien. Il n’y a qu’en testant, qu’ils sauront. Ophelia fait donc preuve d’un peu plus de retenue que le gallois.
- La procédure habituelle risque de prendre un moment, mais je suis sûre qu’à deux on gagnera un peu de temps. J’accepte de faire l’expérimentation sur toi, seulement et seulement si nous la faisons sur moi également. Ça augmentera nos chance de comprendre de quoi il retourne. De poser un cadre. Il n’y avait pas de femmes dans les victimes de Happy Grave, est-ce que cela pourrait signifier que le pouvoir du masque ne vise que la gente masculine ? Ou que les hommes y sont juste plus sensibles ? Est-ce qu’il va puiser dans la mémoire de ses cibles ? Est-ce qu’il utilise systématiquement un effet de métamorphose ?
Elle sait qu’en avançant ces arguments et ses interrogations, elle laisse peu de chance à Manius de refuser la contre-offre. Certains les prendraient pour des fous. Autant l’un que l’autre, à vouloir tester des malédictions sur soi-même... Être traitée de folle ne la dérange que quand il est question de parler seule, bizarrement. Pas quand c’est pour faire avancer l’Histoire qui est en jeu. Un coup d’œil vers l’horloge au mur lui fait réaliser qu’une partie de la journée s'est écoulée depuis qu'ils ont commencé. Elle n’a pas vu le temps passer, toute heureuse qu’elle était de le retrouver pour travailler. Mais elle se rappelle alors ce qui l’a poussé à démissionner et son attention se pose alors instinctivement sur la main gauche de son collègue, lorsqu’elle pense à l’épouse qui doit l’attendre chez eux. Du plus loin qu’elle se rappelle, elle n’a jamais vu cet homme sans son alliance. C’est d’ailleurs cette information qui lui fait froncer les sourcils lorsqu’elle note enfin l’absence de l’anneau. Après plusieurs coup d’œil alternés entre le doigt nu et le visage de son propriétaire, Ophelia finit par prendre une gorgée de son thé. Parfait, comme toujours. Et chaud. D’autres questions, bien moins professionnelles, l’assaillent, mais elle ne se sent pas en position de les poser. Elle se force donc à détourner son attention du blond.
- On a dit qu’on faisait une pause. Je pense qu’on devrait remettre les recherches à plus tard, qu’est-ce que tu en penses ?
Ce n'est que maintenant qu'elle est posée qu'elle remarque que le gramophone a cessé de fonctionner. Probablement depuis un moment. Le morceau ne résonne plus dans la pièce, alors elle s'extirpe de son fauteuil pour aller le remettre au début.
Message publié le 09/02/2026 à 20:33
Si Happy Graves est une victime et non l’auteur, Manius a raison, cela change beaucoup de choses. Ils sont en effet peut-être en train d’écrire une nouvelle page de l’Histoire, et l’émotion rend difficile la préhension stable du masque. À mesure qu’il déchiffre les runes, Ophelia se sent trépigner de plus en plus. Son corps n’est pas habitué à pareille montagnes russes émotionnelle et elle a la sensation d’être une cocotte-minute sur le point d’imploser. L’inquiétude dirigée vers son ami quelques instants plus tôt s’est mue en quelque chose de plus dévorant, une curiosité et une avidité qui n’existe en elle que dans ce genre de moments.
À chaque rune déchiffrée supplémentaire, la lueur dans ses yeux s’intensifie, en miroir avec son état intérieur. Quand l’historien met un terme au doute qui subsistait encore en confirmant que les runes sont bien celles du gobelin à l’origine du masque, Nagluk, elle redépose l’objet avec soin pour se joindre au blond dans sa célébration. La cocotte explose en un cri de joie et ses mains attrapent celles tendues de son partenaire de recherches pour danser avec lui. Ce contact, aussi bref que jovial, lui permet de s’ancrer et de s’assurer qu’elle ne rêve pas.
- NOUS avons réussi ! On l’a fait ensemble ! s’exclame-t-elle.
Ses mains ont quitté celles plus grandes du sorcier pour venir s’accrocher à ses deux bras. Elle le secoue avec douceur, un sourire immense ornant son visage.
- Tu te rends compte ? Tu te rends compte ?!
La question s’adresse plus à elle-même qu’à lui, mais elle ne peut s’en empêcher. Tout cela parait irréaliste. L’ambiance dans la pièce est riche, animée, survoltée. Heureusement, les mots sages de Manius (qui ne perd pas le plus important de vue, merci à lui) la font tout de même redescendre un peu de l’état de surexcitation dans lequel elle vient de se mettre. Les nouvelles questions à creuser, l’idée de publier ces recherches et la mention d’une carte chocogrenouille, même pour rire, lui donnent tout à coup le tournis.
- Chaque chose en son temps, elle tempère plus calmement. Moi aussi, j’ai hâte d’en apprendre davantage sur les moyens de possession du masque et de découvrir ce qu’il nous cache encore…
Ophelia s’écarte, elle a besoin de s’asseoir. Son regard tombe sur la tasse de thé qu’elle a abandonné un peu plus tôt, froide à présent. Elle n'y a pas touché, c'est dommage. La proposition d’en avoir une chaude pour faire une pause la séduit et elle accepte, volontiers. Le vertige de la découverte la prend et elle vient donc se poser sur le tout nouveau fauteuil qui se révèle, sans surprise, être incroyablement confortable. Un soupir d’aise lui échappe alors qu’elle sent ses forces l’abandonner. Oui, une pause leur fera le plus grand bien. Mais pas avant de mettre les choses au clair.
Ses yeux cherchent ceux de Manius pour s’assurer qu’il la regarde, et qu’il voit à quel point elle est sérieuse :
- Comme tu l’as dit… Quand nous aurons toutes les réponses, les recherches pourront être publiées. Mais elle ne le seront qu’à une seule condition : je veux que ton nom y figure également. C’est un travail d’équipe. Je n’ai fait qu’avoir la chance de tomber dessus au bon moment et de l’acheter. C’est toi qui m’as permis de l’authentifier, toi qui m’as rappelé l’histoire d’Happy Graves. Et qui toi qui t’es fait posséder… ajoute-elle en lui glissant un sourire désolé. Tu es d’accord ?
L’espoir vibre en elle alors qu’elle toise l’homme qui parait bien plus grand elle, quand elle est enfoncée comme elle l’est dans son fauteuil.
Message publié le 09/02/2026 à 17:49
Le complaisance ne prend pas avec Fawley père. Mais Ophelia n’a pas le temps de réfléchir à une autre approche, car un changement s’opère brusquement chez son collègue au double visage. Le port altier de Livius laisse alors place au personnage derrière l’horreur de l’objet. Happy Graves. La jeune femme sait qu’elle doit rester sur ses gardes. Le sortilège interdit ne lui a pas échappé, il aurait même dû l’effrayer. Mais son sang-froid la guide, dans son obstination à aider le plus rapidement possible Manius à se défaire de ce qui lui couvre le visage. L’opportunité se présente quand ce dernier laisse échapper sa baguette. Alors la brune se dépêche, ses mains viennent encadrer le visage de l’homme pour saisir les bords de l’artefact et l’en libérer.
La relique lui échappe des mains et tombe dans un bruit métallique sur la table à côté d’eux. Ophelia n’a pas le temps de la déposer délicatement, car elle est soudainement prise dans l’étau des bras de Manius. Son inquiétude la touche, et surtout résonne avec la sienne. Elle qui n’a pas l’habitude de ce genre d’effusion, tente malgré tout de rendre du mieux qu’elle peut l’accolade qu’il lui fait. Il va bien, elle est soulagée.
- Manius, ne t’en fais pas. Ce n’était pas toi, c’était le masque. s’empresse-t-elle de le rassurer.
Le calme qu’elle a gardé jusque là n’était que la réaction pragmatique de la chercheuse. A présent que ses sens ne sont plus engourdis par l’urgence, elle sent son cœur battre trop vite, ses mains se mettre à trembler et une fatigue intense prendre possession de son corps. Et les battement effrénés ne vont pas en s’atténuant quand le gallois vient poser un baiser sur son front. Le contrecoups de l’adrénaline s’accompagne alors de la sensation de chaud qui s’étend sur ses joues. Probablement accompagnée de la couleur rouge qui l'accompagne souvent, devine-t-elle. Son geste la prends pas surprise, et elle reste un bref instant interdite, avant de finalement adresser un sourire doux à son ami lorsqu’il s’écarte d’elle. Ils s’en sont sortis, parce qu’ils forment une bonne équipe. Aujourd'hui, plus que jamais, elle en est convaincue.
Le blond lui permet alors de se reprendre en parlant de nouveau de ce qui les réunit ici : le travail. Vu ce qui vient de se passer, Ophelia ne peut qu’approuver d’un hochement de tête la suggestion de son camarde de ne plus toucher à l’objet. De préférence plus jamais. Ils sont allés trop loin pour s’interrompre maintenant, et même ses doigts engourdis et fébriles ne la dissuaderont pas de poursuivre. La sorcière se fait alors violence pour cacher les secousses qui agitent ses paumes, pour ne pas inquiéter davantage son camarade. Elle est sûre qu’il proposerait de continuer plus tard, par sollicitude, et elle s’y refuse. Ils doivent au moins parvenir à déchiffrer les runes. Le reste pourra éventuellement attendre, mais ça, c’est le plus important. Une légère crispation se fait ressentir dans sa posture alors qu’elle attrape avec encore plus de précaution qu'avant la relique pour l’approcher de la lumière. Par chance, elle ne semble pas avoir été endommagée par la légère chute qu’elle a subie. Tant mieux, elle n’aurait pas très bien vécu de voir son investissement si vite gâché…
- Alors, tu vois quelles runes ? souffle-t-elle à mi-voix.
Son regard glisse de ces symboles invisibles, à l'homme à ses côtés. Les propos du père qu'il incarnait quelques instants plus tôt résonnent encore en elle. Même si ce n'était qu'un rôle, elle devine la part de vérité qui se cache derrière les paroles du faux Livius Fawley. Renforcés par les confidences qu'ils se sont faits quelques semaines plus tôt, elle réalise seulement à quel point l'ombre de ce « père » et le poids des responsabilités familiales pèsent sur Manius. Et malgré tout ça, l'ancien préfet reste le gentilhomme respectueux et bienveillant qu'elle connait, qui ne se plaint jamais et se montre toujours présent et attentif pour les autres.
Message publié le 06/02/2026 à 00:19
Suite à son échec, Ophelia devient spectatrice de la tentative de son collègue. Elle fait de son mieux pour ne pas laisser transparaître le poids de ses attentes lorsqu’il prononce à son tour la formule du sortilège de vision de son. Pour ne pas lui infliger une pression inutile, ou le mettre mal à l’aise. Mais le reflet brillant de son regard noisette témoigne de l’espoir qu’elle porte en elle. Si elle n’a pas réussi et qu’il n’y arrive pas non plus, la durée des recherches pourraient se voir inutilement rallongée… Elle l’observe attentivement, trépignant à son côté. Elle a beau être sur le qui-vive, elle n’a pas le temps de lui chuchoter de faire attention en le voyant se pencher un peu trop sur le masque.
La réaction de ce dernier, malgré les histoires qu’elle en a lu, provoque chez elle un petit hoquet de surprise. Toute impatience a disparu de son visage, et ses traits trahissent à présent une inquiétude mêlée de prudence. Il ne fait aucun doute que la sombre magie est à l’œuvre quand la relique vient prendre position à quelques centimètres du visage de son ami. Automatiquement, Ophelia se met en état d’alerte et sa main se resserre instinctivement sur sa baguette. Il est toujours là, mais ce n’est plus lui. Cet incident, qu’elle aurait préféré évité, a au moins le mérite de lui apporter des précisions sur les effets de l’artefact. Il ne se contente pas de faire jouer un rôle à ses victimes, il leur en fait également prendre l’apparence.
Heureusement pour elle, le « personnage » que semble incarner Manius n’est, à priori, pas physiquement violent. Cela aurait pu être bien pire. Au lieu de ça, elle se retrouve à une version vieillie de son comparse. Car Livius Fawley n’a pas besoin de préciser qu’il est le père de l’homme qui vient de prendre son apparence. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir la ressemblance frappante entre eux. Sous son crâne, Ophelia a l’impression de sentir sa cervelle bouillonner. Il faut qu’elle réfléchisse, et vite. Qu’elle se rappelle surtout de tout ce qu’il y a de connu concernant Happy Graves. Une chose est sûre, la magie ne lui sera pas utile et risquerait surtout de blesser le déguisé. La conclusion tombe rapidement : elle doit lui retirer de ses propres mains. Pour cela, il faut qu’elle trouve un moyen de convaincre le vieil homme de la laisser l’approcher.
Alors Ophelia rentre dans le jeu. Ce n’est pas Manius, se répète-t-elle intérieurement avant de finalement adresser une petite révérence à l’inconnu. Elle doit se faire violence pour ne pas afficher clairement ce qu’elle pense de lui, doit se rappeler que ce n’est que le masque, qu’il n’est pas là… Qu’en dessous, c’est son collègue. Son ami. Frotter la manche pour pouvoir se rapprocher, d’abord. Agir, ensuite.
- Monsieur Fawley, c’est un honneur de vous rencontrer. Un père qui veille ainsi à la… Elle doit se forcer à continuer cette phrase : continuité de son sang ne peut qu’inspirer le respect. Manius parle de vous avec une considération qui ne trompe pas, il tient de vous ce sens du devoir que vous réclamez de lui.
Elle incline légèrement la tête, sans se départir du calme qu’elle veut laisser paraître.
- S’il s’est attardé ici, ce n’est point par légèreté ni par oubli des siens. Votre fils est un homme réfléchi, qui pèse ses décisions. Je crois… qu’il cherche surtout à être digne de ce que l’on attend de lui, et à ne revenir que lorsqu’il sera certain d’apporter plus qu’une simple présence.
Un léger sourire, qui se veut respectueux.
- Je puis, si vous le souhaitez, lui rappeler combien son père espère le voir accomplir ce qui lui revient. À ces mots, elle sent sa mâchoire se serrer un peu. Pauvre Manius… Mais je sais déjà que votre voix porte loin dans son esprit. Malheureusement. L’estime qu’il vous porte guide bien des choix qu’il ne dit pas toujours à haute voix.
Les derniers mots sont prononcés avec une certaine amertume au fond de son cœur, car elle réalise à présent à quel point ils ne sont pas totalement dénués de vérité. Enfin, elle finit par conclure en s’approchant subtilement de l’homme aux deux visages.
- Quant à votre petit-fils, s’il hérite ne serait-ce que de la détermination de son père et de la vigilance de son grand-père, je ne doute pas qu’il devienne un enfant robuste et honorable. Vous avez bâti là une lignée dont peu d’hommes peuvent se targuer.
Dans les mots qu’elle prononce, il y a une part de vérité. Le respect qu’elle ressent ne s’adresse qu’à un seul Fawley, et ce n’est certainement pas à celui à qui Manius a emprunté les traits. Un pas après l'autre, elle se tient prête, une fois qu'elle sera suffisamment proche, à ôter la relique.
Message publié le 05/02/2026 à 22:17
Un hochement de tête vient confirmer qu’il s’agit bien d’une des dernières œuvres du gobelin, avant que Ophelia ne se concentre à nouveau sur le masque grâce à la loupe que lui tends bien serviablement Manius. L’avantage de travailler avec un binôme, c’est de ne pas devoir reposer l’artefact à chacune de ses manipulations. Donc moins de risque de l’abîmer par maladresse. Celui de travailler avec un binôme aussi efficace que Monsieur Fawley, c’est de ne même pas avoir à réclamer quoi que ce soit, car ses interventions sont intuitives et très bien coordonnées aux siennes.
- Très probablement invisibles, confirme-t-elle. Peut-être que si je positionne le masque dans un certain angle, on pourra voir apparaître quelque chose avec le relief ou la position des orbites sculptés…
Ce faisant, elle effectue une rotation avec le vestige entre ses mains, toujours avec de grandes précautions. Son regard concentré ne se détourne qu’un instant pour retomber sur Manius, un sourcil arqué par la perplexité. Est-ce qu’il lui demande sérieusement si elle lui en veut ? L’idée de pouvoir en vouloir à un tel homme lui parait invraisemblable. Ophelia repose son attention sur le masque en le rassurant gentiment :
- Pourquoi est-ce que je t’en voudrais ? Tu n’es pas parti comme un voleur, tu as juste décidé de mettre ton travail de côté pour le bien de ton cocon familial. C’est un gros sacrifice. Au contraire, je t’admire de tant d’abnégation. Elle fait une courte pause avant d’ajouter : Ton bureau sera toujours là si tu décides un jour d’y revenir.
La conversation qu’elle a eu avec sa sœur quelques jours après le départ de Manius lui revient alors à l’esprit. Les deux ne s’étaient plus vue depuis un moment et avaient dû faire le bilan respectifs de ce qui s’était passé dans leurs vies dernièrement. Contrairement à Angie qui vivait un quotidien plus mouvementé qu’un magicobus poussé à plein régime, la résumé des dernières actualités d’Ophelia avait été très bref. Outre les nouvelles lectures et découvertes qui n’intéressaient clairement pas sa frangine, la seule grande nouveauté pour elle avait été sa nouvelle solitude au musée. C’était une Angie très éméchée par les quatre cocktails qu’elle s’était enfilés qui avait jugé Manius Fawley comme « un homme qui avait de grosses couilles, pour avoir le courage de faire ce qu’il faisait » puis avait enchainé sur des termes peu élogieux sur ces « gngneufe » de familles sang-pure. La jeune femme avait approuvé, même si les termes étaient peut-être un poil vulgaires à son goût. La question de son célibat avait évidemment été abordé, et elle s’était alors subtilement empressée de dériver la discussion vers la joueuse de Quidditch (Prisca quelque chose ?) sur laquelle Angie avait flashé dans le contexte de son travail. Bref, tout ça pour dire que maintenant qu’il est de nouveau là, elle ne comprend qu’il puisse penser ça.
Mais de nouveau, elle se focalise sur l’objet qui les réunit aujourd’hui, en particulier quand il fait une remarque d'une grande pertinence. Ils ne regardent pas avec le sens adéquat… Son visage s’éclaire d'une lueur profondément enthousiaste et son regard s'illumine presque. Elle ne ressent pas une once de déception, quand bien même son idée de position n'est au final pas la bonne.
- Mais oui ! Tu es génial, Manius ! puis elle s’interrompt avec une grimace quand il se prend un coup de jus du masque. Ouch. Ça va ? Plus de toute c’est bien enchanté. Sois prudent. Je vais essayer de voir différemment, comme tu l’as suggéré.
Avec une douceur infinie et grâce des gestes guidés par l’expertise et l’habitude, la pièce de collection vient retrouver sa place sur le coussin feutré, de sorte à ce que l’infime partition découverte par le fabuleux historien reste visible. C'est là que l'exercice le plus difficile commence... Celui où ils vont devoir faire des tests, peut-être à leurs propres dépens, pour découvrir les protections qui protègent la relique. Ophelia ne peut s'empêcher de fixer les orbites vides du masque, qui semblent la fixer en retour. Oui, il a y bien quelque chose de sombre là-dessous. Et elle est extatique à l'idée de découvrir quoi. Mais il n'est pas l'heure de se disperser.
Après avoir repris un peu son calme en inspirant longuement, la jeune femme se décide alors à fermer les yeux. Car pour le sort qu'elle utilise, ils ne lui seront plus d'aucune utilité.
C'est un sort qu'elle ne maitrise pas vraiment, qu'elle a surtout appris dans les livres. Pourtant, son envie de découvrir le secret (peut-être celui Nagluk) est tel qu'elle prononce avec une sincère détermination le sort :
- Visione Sua.
Mais toute la détermination du monde ne suffit pas toujours. Elle a bien, pendant un instant, une sensation étrange qui se diffuse en elle. Avant de s'évanouir aussi vite. C'est trop complexe pour elle, son manque de maitrise se fait ressentir. Son regard désolé glisse alors vers Manius et elle doit secouer légèrement la tête.
- Je suis désolée, je n'y arrive pas. C'est un sort trop complexe qui demande une maitrise que je n'ai pas...
Ophelia Frost a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Rannrok !
- Sortilège
- Vision du son
- Difficulté
- 11
- Résultat D20
- 8
- Interprétation
- Échec
- XP gagnée
- 10
C'est un sort qu'elle ne maitrise pas vraiment, qu'elle a surtout appris dans les livres. Pourtant, son envie de découvrir le secret (peut-être celui Nagluk) est tel qu'elle prononce avec une sincère détermination le sort :
- Visione Sua.
Mais toute la détermination du monde ne suffit pas toujours. Elle a bien, pendant un instant, une sensation étrange qui se diffuse en elle. Avant de s'évanouir aussi vite. C'est trop complexe pour elle, son manque de maitrise se fait ressentir. Son regard désolé glisse alors vers Manius et elle doit secouer légèrement la tête.
- Je suis désolée, je n'y arrive pas. C'est un sort trop complexe qui demande une maitrise que je n'ai pas...
Autres résultats possibles
C'est un sort qu'elle ne maitrise pas vraiment, qu'elle a surtout appris dans les livres. Pourtant, son envie de découvrir le secret (peut-être celui Nagluk) est tel qu'elle prononce avec une sincère détermination le sort :
- Visione Sua.
Le résultat du sort la frappe alors brusquement. Les yeux fermés, elle ne devrait pas voir. Pourtant, tout lui semble clair... et en même temps si différent. Cela tient davantage de la sensation que de la vue réelle, mais elle arrive à percevoir les choses autour d'elle. Et quand elle regarde enfin dans la direction du double visage forgé, l'emplacement où se trouvait la partition juste avant laisse à présent apparaître des runes qui lui sont plus que familières. Naudhiz, Ansuz, Gebo... Avant même d'avoir tout lu, Ophelia pousse un petit cri de joie avant de sauter au cou de l'homme à ses côtés. Il avait raison !
C'est un sort qu'elle ne maitrise pas vraiment, qu'elle a surtout appris dans les livres. Pourtant, son envie de découvrir le secret (peut-être celui Nagluk) est tel qu'elle prononce avec une sincère détermination le sort :
- Visione Sua.
Le résultat du sort prend Ophelia par surprise. Les yeux fermés, elle ne devrait pas voir. Pourtant, tout lui semble relativement clair... et en même temps si différent de ce qu'elle connait de cette pièce. Cela tient davantage de la sensation que de la vue réelle, mais elle arrive à percevoir les choses proches d'elle. La sorcière sent que ça ne durera pas longtemps alors elle se dépêche de regarder l'emplacement où se trouvait la partition découverte par Manius. Mais la musique a laissé place à quelque chose d'autre, qui lui parait très familier... Des runes. Ophelia commence à déchiffrer Naudhiz, Ansuz, Gebo... Elle n'a pas besoin de tout lire pour comprendre ce dont il s'agit. Sa joie éclate et elle attrape par réfléxe le bras de son voisin.
- Tu avais raison, Manius ! Il y a des runes cachées ! Naudhiz, Ansuz, Gebo, Laguz, Uruz et Kenaz ! C'est bien lui qui l'a créé, c'est Nagluk !
C'est un sort qu'elle ne maitrise pas vraiment, qu'elle a surtout appris dans les livres. Pourtant, son envie de découvrir le secret (peut-être celui Nagluk) est tel qu'elle prononce avec une sincère détermination le sort :
- Visione Sua.
Toute la détermination du monde ne suffit pas toujours. La tentative d'Ophelia est un échec monumental. Pendant un instant, elle a le sentiment que d'infimes aiguilles viennent lui piquer les yeux et elle est obligée d'aller s'asseoir, car son équilibre vacille.
- Désolée, bredouille-t-elle pathétiquement, alors qu'elle se sent prise d'une violente nausée.
Message publié le 05/02/2026 à 02:54
Penchée en même temps que lui sur le masque, Ophelia analyse de son regard aiguisé l'endroit où l'ébène fond dans l'ivoire. Un niveau d’orfèvrerie incomparable, qui lui donnerait presque envie de se détourner pour un temps des armes, son domaine d'expertise. Presque, mais il ne faut pas exagérer non plus. Le procédé utilisé relèverait probablement de l'évidence pour certains de ses contacts gobelins, si elle venait à leur montrer le trésor. Mais la jeune femme connait les limites de l'entente qu'elle a su créée avec eux. S'ils ont fini par apprécier qu'une sorcière comme elle daigne enfin reconnaître leur art à sa juste valeur, dans le fond elle n'en reste pas moins, aux yeux de beaucoup d'entre eux, une descendante de ceux qui les ont pillé au fil des siècles. Admettre cette acquisition trop vite revenait à rompre tout contact avec ses estimés collaborateurs, qui ne prendrait son geste que pour un pillage supplémentaire. Et par conséquent réduire à néant ses années de travail, en se privant de leur soutien. C'était comme ça : on naissait gobelin ou l'on ne méritait jamais vraiment leurs savoirs. Sa maîtrise parfaite du gobelbabil et les amitiés créées n'y changeraient jamais rien.
- Oui, commence-t-elle par confirmer pour le système d'attache. Le mieux serait d'éviter de toucher toute la partie intérieure, parce que c'est probablement la plus exposée à la magie noire. Même avec les mains. D'après les histoires, il ne tenait accroché qu'au visage, mais on ne veut pas prendre risque. Pas de magie pour le manipuler non plus. Toujours avec les gants. On ne respire plus et c'est bon.
Ophelia ne fait que rappeler ce qu'il sait déjà. Une habitude qu'ils ont, quand bien même l'un comme l'autre connaît les précautions à prendre dans ce genre de situation. Le réconfort des habitudes n'a pas de prix à ses yeux... Les évidences émises, elle continue d'ausculter la surface à l'image des deux visages. Quelque chose dans la manière dont les matières se mélangent la fascine. Son petit doigt à présent ganté montre en gardant une distance respectable le point de jonction à Manius. C'est un spectacle presque hypnotisant, enivrant. Et c'est d'autant plus agréable de le partager avec quelqu'un qui l'apprécie à sa juste valeur.
- J'ai l'impression qu'il s'agit d'une forme d'alchimie particulière... Il me semble avoir lu quelque chose sur le sujet, dans les vieux textes qui parlaient de Nagluk. réfléchit-elle tout haut, comme elle le fait souvent. Puis elle part dans des explications qui en endormiraient probablement plus d'un : Nagluk était un orfèvre parmi les orfèvres. Ses œuvres ont pour beaucoup été perdues dans la nature à cause de sa manière assez unique de les signer... Il ne le faisait jamais de la même manière et imbriquait des casse-tête pour que seuls les plus malins puissent reconnaître sa patte. ça pouvait être une formule unique à prononcer pour révéler ses initiales, une position dans laquelle mettre l'objet forgé pour qu'il révèle un secret et probablement tout un tas d'autres méthodes dont lui seul avait le secret. Je rêvais de découvrir l'une de ses créations ! Oh, et c'était un amateur de runes. Il n'est pas impossible d'en trouver... Bon, sur la fin, beaucoup de ses congénères et frères d'armes le considéraient surtout complètement fou. Ce n'est pas si étonnant qu'il ait accepté de créer... ceci.
Elle ne finit par s'arrêter que pour lui sourire avec douceur quand il la remercie. Il n'y a pourtant pas de quoi : c'est ce que font les amis entre eux, non ? Ophelia ne peut cependant pas s'empêcher de remplacer le rictus par un air mélangeant à la fois compassion et incrédulité pure quand il lui révèle sa situation professionnelle actuelle. Manius Fawley, refusé de Poudlard ? Cela ne parait même pas envisageable ou concevable dans l'esprit purement cartésien de l'ancienne Serdaigle. L'ancien préfet-en-chef est l'incarnation même de ce que l'école aurait de meilleur en termes de professeur d'Histoire de la Magie ! L'énervement monte en elle sans qu'elle ne s'en rende compte, sans prévenir. Ses joues commencent à chauffer pour une raison différente de d'habitude. Elle a envie de s'insurger avec lui, d'aller taper du point sur la table du directeur en Écosse... Mais elle ne serait pas très crédible. Et surtout, apprendre que cela ne se passe pas super bien chez lui la calme immédiatement. Non, son ami n'a pas besoin de ça. La colère n'a jamais rien réglé durablement, en témoignent les traités de paix qu'elle adore bouquiner.
- Si jamais tu cherches du boulot, le musée a toujours de la place pour t'accueillir. glisse-t-elle rapidement, un poil trop spontanément. Et puis on vient de recevoir des supers fauteuils qui sont surement très confortables. Ce serait dommage que l'un d'eux reste vide...
Les mots sont sortis tout seuls. Elle ne veut pas s'immiscer dans sa vie privée et risquer d'empirer sa situation personnelle. C'est pour cette raison qu'elle n'insiste pas, même si, très égoïstement, elle meurt d'envie de le convaincre. Elle n'hésite pas à dévier quand il lui offre une porte de sortie en lui donnant l'honneur de commencer. Ses gestes redeviennent méticuleusement précis alors qu'elle saisi avec grande précaution le double faux visage. Avec une lenteur médicale, elle se met à le faire pivoter devant la lumière pour y voir plus clair. Dans la manoeuvre, elle réalise qu'elle s'est littéralement arrêtée de respirer. En retrouvant son souffle, elle chuchote près de son compagnon du jour :
- N'hésite pas à me le dire, si tu vois quelque chose...
Message publié le 04/02/2026 à 22:25
Le temps que met Manius à ouvrir la caisse lui semble tout bonnement interminable. Elle ignore encore si son impatience tient de la découverte du masque en lui-même ou de l’émotion que cela créera sur le visage du gallois. Probablement les deux, car quand son comparse en invoque Gellert, elle comprends que la surprise est réussie. Que l’objet soit authentique lui semble moins important sur le coup, car l’enthousiasme de l’expert efface tout. Prise entre ses propres émotions, celle de son voisin et la contemplation de sa nouvelle acquisition, elle ne parvient qu’à serrer à son tour la main qu’on lui a saisie. Ce contact lui fait permet de rester ancrée, de ne pas douter : c’est bien réel.
L’artefact est aussi somptueux que lorsqu’on lui a présenté la semaine précédente. Il l’est peut-être même davantage car l’éclairage lugubre de la vieille boutique ne rendait pas justice aux petits détails qu’ils peuvent à présent observer à la lumière vive des candélabres. Un poids dont elle n’avait pas conscience jusque là se libère de ses épaules quand Manius estime qu’il est à priori légitime. Ophelia se met à trépigner d’impatience et retire en douceur sa main de celle, plus grande, du sorcier quand il évoque ensuite toutes les vérifications auxquelles ils devront s’adonner… Ses joues pourraient commencer à lui faire mal si elle ne s’arrête pas de sourire. Elle n'est pas loin de ressembler à la face souriante de l’œuvre devant eux.
- C’est moi qui te remercie d’accepter de l’examiner ! On devra redoubler de prudence, parce que d’après mes recherches, Nagluk n’était pas en reste quand il était question de… protections. Est-ce que tu vois les détails au niveau de la jonction des deux parties du masque ? C'est tout bonnement mirifique !
Même le risque de se prendre une malédiction sur le coin du nez n’arrive pas à entacher la joie qu’elle ressent, là, tout de suite. Ses mains, d’une précision quasi chirurgicale d’habitude, en trembleraient presque. Une journée complète à décrypter les secrets de cet objet, en compagnie du confrère qu’elle estime le plus… Son cadeau d’anniversaire arrive avec onze jours d’avance cette année !
En dupliquant les gants juste avant, elle n’a pas pensé que la taille ne conviendrait pas à Manius. Et force est de constater que son sort n’a pas fonctionné quand il a tenté de les agrandir. Comme si de rien n’était, Ophelia toujours souriante, tente à son tour un sortilège d’engorgement qu'elle chuchote. Les gants s'agrandissent et sont à présent suffisamment grands pour l'homme. Pas question qu'il ne puisse pas toucher le masque, elle refuse qu'il loupe pareille occasion.
Puis une once de pragmatisme se glisse en elle. Il est là, à côté d'elle, alors qu'il avait dit devoir mettre de côté tout ça. N'est-elle pas une affreuse personne pour le replonger là-dedans aussi vite ? Cette pensée la pousse à s’excuser :
- Pardon, je ne voulais pas te bloquer une journée complète. Si jamais tu as des obligations, ça peut tout à fait attendre un autre moment. Je voulais surtout avoir un premier avis, je comprendrais que tu aies d’autres choses de prévues. dit-t-elle un peu vite, une ligne d'inquiétude soudaine et sincère sur le front.
Après tout, s’il a renoncé à cette partie de ses activités professionnelles, ce n’est pas pour qu’elle l'incite à revenir aussi vite. Bien sûr, au fond d'elle, la conservatrice espère que le hasard a simplement joué en sa faveur et que l'homme à ses côtés n'a vraiment rien de prévu aujourd'hui. ça lui permettrait de profiter davantage de sa présence, sans cette mauvaise conscience qui lui chuchoterait qu'elle a chamboulé son emploi du temps. Elle meurt d'envie de lui raconter les détails de la vente pour qu'il s'amuse avec elle de la belle affaire... Mais elle ne le fera pas tant qu'elle ne sera pas certaine de sa disponibilité. Le regard noisette scrute attentivement le visage masculin, pour y déceler un potentiel mensonge sensé la rassurer. Même si elle sait pertinemment que le mensonge et Manius Fawley font deux.
Ophelia Frost a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Rannrok !
- Sortilège
- Enchantement d'Engorgement
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 8
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Les gants s'agrandissent et sont à présent suffisamment grands pour l'homme. Pas question qu'il ne puisse pas toucher le masque, elle refuse qu'il loupe pareille occasion.
Autres résultats possibles
Les gants s'agrandissent et sont à présent parfaitement à la taille des mains de l'homme. Pas question qu'il ne puisse pas toucher le masque, elle refuse qu'il rate pareille occasion.
Les gants s'agrandissent à peine. Il pourrait peut-être y rentrer la main mais elle serait clairement à l'étroit. Son sourire diminue un peu et Ophelia pousse un soupir de déception. L'excitation est trop grande, elle n'arrive pas à se concentrer suffisamment pour rendre ce service. La poisse.
Les gants ne s'agrandissent pas d'un millimètre. Ophelia perd son sourire et pousse un soupir de déception. L'excitation est trop grande, elle n'arrive pas à se concentrer suffisamment pour rendre ce service. La poisse.
Message publié le 04/02/2026 à 20:12
L’avalanche d’informations données par Manius ne suit pas de lien logique, mais cela ne gêne pas Ophelia qui tente de rattacher les wagons en écoutant avec grande attention le sorcier. Elle admire cette passion qui l’habite lorsqu’il aborde l’Histoire avec un grand H, et qu’il en fait le récit. Encore une fois, il ne peut s’empêcher un mot gentil à son égard qu’elle ne relève à nouveau pas, se contentant de sourire.
- Merveilleux, commente-t-elle quand il aborde le cuivre gobelin.
Jusqu’à ce qu’il vienne rencontrer une caisse par terre. Encore une qu’elle n’a pas déballée depuis sa livraison quelques jours plus tôt, trop occupée qu’elle était à… faire la même chose que d’habitude. Le sourire s’affaisse un peu : Ophelia se sent alors honteuse d’avoir fait preuve d’aussi peu de gratitude en n’accordant pas plus d’attention à ce cadeau. Il était plus simple de rester dans le confort de l’habitude, de s’adapter à son nouveau quotidien solitaire en gardant une part de familiarité. L’inconfort de sa chaise paraissait plus gérable sur le moment. Maintenant, elle regrette en apprenant qu’il ne s’agit pas de simples chaises. Manius Fawley, dans son perfectionnisme habituel, a fait appel à des personnes qualifiées pour faire don de ces fauteuils.
Car oui, la sorcière ne peut pas envisager qu’il lui ait fait ce don à elle personnellement. Elle préfère penser qu’il l’a fait pour le bien du musée. À la rigueur pour qu’elle en profite tant qu’elle y travaille, mais pas spécialement pour elle. Ce présent s’adresse aux chercheurs qui évoluent et évolueront entre les murs du Musée de Godric’s Hollow, c’est tout. Cette pensée lui permet de relativiser le malaise qu’elle ressent à l’idée que quelqu’un puisse avoir ce genre d’attention à son sujet. Même quelqu’un comme lui, son nouvel ami.
L’odeur qui se dégage de la tambouille préparée par l’enthousiaste visiteur n’est pas la plus agréable, mais elle apprécie le geste. En particulier parce que ses derniers repas ont principalement consisté en des sandwichs achetés sur le pouce ou des repas dont le critère principal reposait sur la rapidité de préparation, et non l’apport calorique ou gustatif. Pour lui faire honneur, elle prend une bouchée et en conclut rapidement que c’est tout à comestible. Peu importe le goût au final, c’est surtout la bienveillance du cuistot qu’elle ressent à travers ce plat.
Mais rapidement, Ophelia doit se délester de la petite assiette qu’il lui a confiée. Il n’est pas là pour faire la nounou, le commis ou pour monter les meubles. Une fois la joie de retrouver Manius calmée, l’impatience de découvrir ce qui se cache dans la caisse se rappelle brusquement à la brune. Ses doigts ne viennent pas trouver la tasse de thé qu’il lui a également préparée et qu’elle sait sucrée à la perfection, non, ils viennent s’emparer des gants d’un blanc immaculé qui n’attendent qu’à être enfilés, posés à côté de la caisse sur la table exceptionnellement dégagée. Elle réalise qu’il risque d’en avoir besoin également et lance directement un sort de duplication sur la paire.
Une seconde paire apparaît alors et elle la fait glisser devant lui.
- C’est là-dedans. Je ne l’ai pas encore ouvert depuis hier, parce que j’avais peur de m’être fait arnaquée… avoue-t-elle à demi-voix. C’est pour ça que je voulais ton avis. Tu es arrivé au bon moment.
Elle scrute intensément le bois, comme si elle allait se mettre à voir au travers de la matière soudainement. Mais tout reste évidemment d’une opacité frustrante. Le visage d’Ophelia trahit le mélange d’émotions qui la traversent. Un subtile équilibre entre l’anxiété et l’excitation, qui donne à son regard un aspect brillant. Ce dernier glisse finalement sur l’historien et elle esquisse un petit sourire.
- Je pense que tu devrais d'abord ouvrir la boîte. Je t'expliquerai ensuite.
Comme un enfant qui attend le Père-Noël, elle l’observait à présent, impatiente qu’il fasse ce qu’elle n’avait pas osé faire jusque-là.
Ophelia Frost a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Rannrok !
- Sortilège
- Sortilège de Duplication
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 10
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Une seconde paire apparaît alors et elle la fait glisser devant lui.
Autres résultats possibles
Une seconde paire apparaît alors directement et elle la fait glisser devant lui.
Seul un gant apparaît, probablement parce qu'elle ne s'est pas suffisamment concentrée. Elle le garde alors et fait glisser la paire complète devant lui.
Trop distraite, rien ne se produit. Tant pis, elle se contente de glisser les siens devant lui.
Message publié le 03/02/2026 à 23:44
Le craquement significatif d’un transplanage fait sursauter Ophelia. Elle a à peine le temps de comprendre ce qui se passe que déjà la tempête Fawley s’abat sur elle. En un instant, l’espace qui semblait si vide depuis deux semaines se remplit de la présence d’un historien de décidément très bonne humeur. Il s’enquiert de comment elle va, n’attend pas qu’elle réponde et s’affaire du côté de la desserte qu’elle n’a pour ainsi dire pas approché ces derniers temps. Tout va très vite, et la brune ne pense même pas à s’étonner de le voir trouver quoi que ce soit de cuisinable ici.
La surprise passée, la conservatrice finit par retrouver un peu de contenance et se lève de la chaise sur laquelle elle s’était avachie. Elle s’approche de la kitchenette pour mieux le voir, pour s’assurer que ce n’est pas son imagination un poil fertile qui lui joue des tours. Un sourire ravi fleurit alors sur son visage où le doute persistait encore quelques instants plus tôt.
- Manius. Je suis contente que vous… tu sois venu.
Ça parait peu en comparaison de tout ce qu’il lui a dit, lui. Mais les mots manquent à la jeune femme. Elle ne devrait pourtant pas être étonnée de le voir là. Il avait prévenu qu’il était décidé à garder le contact avec elle. Et elle s’en veut immédiatement d’avoir douté de la curiosité intellectuelle de l’homme qu’elle sait passionné par tous ces artefacts et surtout de sa parole. La lueur qu’elle perçoit chez lui ne lui est pas inconnue et permet, bizarrement, d’atténuer ses propres incertitudes sur le contenu de la boîte. Sans le savoir, il l’aide à se réapproprier la joie d’une telle acquisition.
- La dynastie Ptahchepsès ? Cela devait être passionnant ! Vous avez abordé le point sur le djinns dont vous m'aviez déjà parlé ? Comment était-elle, Nephtys ? demande-t-elle avec une curiosité sincère.
Le compliment qu’il lui glisse au passage la flatte. C’est généralement à ce moment-là qu’elle pourrait sentir ses joues chauffer, mais la coupure de blond l’en distrait. À la place, ses sourcils se froncent légèrement et elle laisse échapper un petit claquement de langue réprobateur.
- Toutes les petites coupures sont importantes. le sermonne-t-elle gentiment.
L’expérience qui parle. Une coupure sur le bout d’un doigt, c’est souvent synonyme d’une goutte de sang vouée à venir tacher ce qu’elle touchera. Inenvisageable pour Ophelia et les livres qui l’entourent. Elle a appris très jeune à prendre au sérieux ce genre de petits désagréments, pour l’intégrité de ses précieux bouquins. Son regard se pose sur le doigt que Manius a porté à ses lèvres et ne voit pas l’absence de bijou, trop focalisée qu’elle est sur le sang qui coule.
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Ophelia observe alors la coupure se refermer. Il ne reste alors que le sang qui a déjà coulé.
Avec tout ça, elle n'a même pas répondu à toutes les questions de son ancien collègue sur la raison de sa venue. Le mystère reste entier sur l'artefact.
Ophelia Frost a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Rannrok !
- Sortilège
- Sortilège du Bisou Magique
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 18
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Ophelia observe alors la coupure se refermer. Il ne reste alors que le sang qui a déjà coulé.
Autres résultats possibles
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Ophelia observe alors la coupure se refermer en moins de temps qu'il ne faut pour dire magicobus. Il ne reste alors que le sang qui a déjà coulé.
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Visiblement, elle aurait du demander à Manius d'arrêter de gigoter et de suçoter son doigt, car cela ne fonctionne pas très bien. L'égratignure reste intacte.
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Visiblement, elle aurait du demander à Manius d'arrêter de gigoter et de suçoter son doigt, car cela ne fonctionne pas du tout. Elle a même l'impression que ça saigne encore plus à présent.
Message publié le 03/02/2026 à 21:26
La boîte est arrivée la veille, livrée après l’heure de fermeture du musée. Elle trône depuis lors sur la table de la salle d’étude. Ces arrivages sont bien les seules occasions pour lesquelles la jeune femme libère l’espace, d’habitude occupé par les piles de vieux livres. Maintenant que la caisse en bois est là, elle n’ose pas l’ouvrir. Et si c’était un faux ? Et si elle s’était fait avoir ? Des questions qu’elle aurait dû se poser plus tôt, c’est certain. Au moment de l’achat par exemple. Mais les commissaires-priseurs de ce genre de ventes ont l’art de rendre leurs marchandises indispensables. Et puis surtout, le destin lui a envoyé un signe en mettant cet objet sur son chemin.
Ophelia n’est pas fière de se rendre dans les allées sombres où se déroulent régulièrement ces ventes interdites. Hélas, c’est étonnamment le seul endroit où il est possible de dénicher ce genre de pépites sans devoir systématiquement hypothéquer un rein en contrepartie. Les voies légales ont plus rapidement tendance à gonfler les prix, à son grand regret, et son maigre salaire ne lui permettrait pas d’acquérir les reliques qu’elle convoite si elle ne glissait pas vers les Embrumes de temps en temps.
Évidemment, elle a pris l’habitude de se déguiser pour y aller. Méconnaissable, c’est une autre personne qui s’enfonce alors dans les rues sinueuses et malodorantes de ce quartier londonien. Là où rares sont les sorciers qui connaissent la véritable valeur des « babioles gobelines » qu’ils revendent. Et la bourse de la jeune femme ne peut que saluer leur ignorance. Même si ça n'avait pas été totalement le cas la semaine précédente.
Ce soir-là, elle avait perdu espoir de trouver quoi que ce fut digne d’intérêt. Entre les vieilles fioles de potion et les faux grimoires maudits, rien n’avait suscité un semblant d’excitation chez elle. Jusqu’à ce que le contenu de la boîte ne fut présenté. Un autre temps, elle n’aurait probablement même pas accordé un regard à l’objet. Son domaine à elle, en dehors des passionnants traités de paix, c'était les armes, les épées, les poignards. Mais dès qu’elle l’avait vu, une certaine conversation qu’elle avait eue quelques semaines plus tôt avait résonné en elle. Une jolie coïncidence qui ne pouvait pas en être une. Alors elle s’était prêtée aux jeux des enchères, avait échangé une partie de ses économies pour l’acquérir et fait un véritable bras de faire pour gérer l’aspect logistique sans qu’on ne puisse remonter jusqu’à elle. Tout ça avait pris une semaine, jusqu’à hier.
Quand il est arrivé la veille, elle est restée assise à contempler le colis pendant une bonne heure sans parvenir à décider si c’était le bon moment pour l’ouvrir. Elle a réalisé que sur le coup de l’émotion, elle avait peut-être manqué d’attention, n’avait pas pris le temps d’analyser l’authenticité de sa trouvaille. Mais cette dernière ne relevait pas de son domaine d’expertise, contrairement à... Le bureau à côté du sien lui a semblé encore plus vide, d’un coup. N’avait-il pas dit avant de partir qu’ils resteraient en contact ? Il était le seul à qui elle pouvait demander un avis professionnel sur ce sujet. Il n’en avait pas fallu beaucoup plus pour qu’elle prenne sa plume et adresse, d’une écriture élégante, quelques mots à Manius Fawley. Le vouvoiement, une habitude ancrée, avait naturellement repris le dessus alors qu’elle l’invitait à la rejoindre pour authentifier un nouvel artefact qui risquait de le rendre « happy ».
Pas plus avancée qu’hier, Ophelia est de nouveau assise à observer le colis. Des gants blancs sont posés à côté sur la table et le gramophone crachote la voix de Otis Redding en fond. Elle a lancé l’appareil par habitude, et le blues l’aide à se décider. Ou plutôt à rester là à contempler la boîte. Toute une journée de travail n’a pas su l’aider à trancher.
Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour.
Message publié le 03/02/2026 à 17:46
L’endroit n’est pas rempli. Il ne l’est, en vérité, jamais vraiment. Seules les vacances scolaires amènent un plus large public désœuvré entre ces murs. Cela n’empêche pas Ophelia de s’efforcer de donner le meilleur d’elle pour que, quel que soit le visiteur, il en ressorte, si pas satisfait, avec au moins la certitude de se coucher moins bête le soir venu. Ce jeudi ne fait pas exception à la règle. C’est avec une attention toute particulière qu’elle refait le parcours de l’exposition, qu’elle vérifie que chaque chose est à sa place. Car même s’il n’y a pas encore grand monde aujourd’hui pour venir apprendre, elle se fait un devoir d’honorer le savoir en ces lieux.
Elle aurait probablement davantage sa place dans un musée sur les guerres gobelines, mais ce n’est pas ce qui intéresse les sorciers britanniques. Alors ce genre de lieu n’existe pas, malheureusement. Enfin, pas encore. L’idée germe déjà quelque part en elle, d’arriver un jour à intéresser les autres sur le sujet, dans un lieu semblable à celui-ci et qu’elle aurait conçu de toutes pièces. Mais ce n’est pas la priorité, pour l’instant. En attendant de voir ses ambitions se réaliser, elle prend soin de cet écrin de savoir qu’on lui a confié. Elle se console en pensant à Godric Gryffondor qui a su reconnaître le talent gobelin en confiant la création de sa célèbre épée à l’un d’entre eux.
Il n’est pas rare qu’elle s’abandonne à la contemplation de la réplique de l’artefact dont ils disposent. Précieusement protégée sous une cloche en verre, comme si l’objet avait seulement une once de la valeur de son modèle original. Au moins, elle lui ressemble et permet à la jeune femme de se perdre dans ses pensées. D’un geste mécanique, elle s’efforce d’effacer les traces de doigts sur une vitrine, de faire disparaître les grains de poussières sur un tableau… C’est son quotidien, et elle s’y plait bien malgré tout.
Lorsque son petit tour d’inspection est terminé, elle revient vers l’entrée du bâtiment. En milieu de semaine, elle sait qu’il n’y aura pas grand monde, alors elle a déjà prévu de poursuivre sa lecture. Là, derrière son petit guichet, personne ne la remarque généralement. Mais pas avant de remettre un peu d’ordre dans les brochures d’exposition. C’est pendant qu’elle remet les livrets en place qu’une voix féminine la surprend. Une visiteuse ! Quelqu’un qui lui demande de l’aide.
La jeune femme délaisse son rangement et se tourne avec un sourire sincère vers la nouvelle venue.
- Bonjour. Vous ne me dérangez pas du tout. Comment puis-je vous aider ? lui demande-t-elle doucement.
Que cela soit une visite guidée, un renseignement, ou tout autre chose, Ophelia est prête à se rendre utile.