Femme
15 ans
Sang-mêlé
Américaine
Identité
-
- Quatrième année
- Surnoms : Pipistrelle
- Nationalité : Américaine
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 21/02/2026 à 13:20
Sasha traversait ses émotions comme un marathonien. Pas le temps de s'arrêter, de pondérer. La suivante arrivait déjà et pas un regard en arrière. Elles s'inscrivaient sur ses traits en grimaces successives qui lui donnaient un air très expressif et attendrissant. Fascinée, Zuey le regardait enamourée. Et puis c'était si facile de parler avec lui qui était si direct, franc, pragmatique. Et d'une pertinence pointue dans ses questions. Il voulut savoir de qui elle avait parlé mais la réponse était plus complexe qu'il n'y paraissait.
— Une amie à qui tu plais beaucoup. Tu veux que je te la présente ? Elle adorerait. Mais ça ne ferait pas plaisir à Cassie je crois. Tu lui as mis un râteau ? Mais je pense que celle qui t'aime le plus, c'est la vie. Je la vois déborder de toi. Peut-être qu'elle n'a pas toujours été tendre...
Le regard de la jeune fille glissa vers la main de Sasha.
— Mais c'est ainsi. L'amour est une rose pleine d'épines. Il faut accepter de se piquer un peu pour s'en saisir. La douleur peut faire peur mais c'est en l'embrassant qu'on comprend ce qu'elle signifie et le don qu'elle porte.
Manifestant, le lion n'avait pas envie de parler de ce qu'il faisait. Il lisait un journal. Une évidence pour éluder, balayer d'un revers de la main l'indiscrétion. Zuey n'insista pas. S'il lui avait confié un peu de ce qui l'encombrait la dernière fois dans la tour de leur maison et refusait de s'ouvrir sur ses activités présentes, c'est que c'était trop intime et qu'elle n'avait pas à s'en mêler. Aussi envahissante qu'elle fut, elle comprenait l'importance de respecter ça. Au lieu de quoi elle lui offrit ses propres espoirs puisqu'il abordait le sujet.
— Je ne suis pas encore animagus, le détrompa-t-elle en extrayant une feuille de mandragore de sa poche pour la brandir sous le nez de Sasha. Mais ça ne saurait tarder. Je veux devenir une créature de la nuit pour rendre marraine fière. Et toi, tu veux essayer ? J'ai d'autres feuilles.
En donner une à son condisciple la priverait d'une tentative si le processus échouait. Un risque que la gothique n'était pas assez égoïste pour s'en prémunir en gardant jalousement pour elle la précieuse feuille. Cela lui semblait naturel d'inviter son interlocuteur à la rejoindre pleinement dans son secret. Et puis elle voyait bien le Gryffondor devenir un vrai lion majestueux. L'idée la fit glousser. Et puis la conversation dévia vers les larmes versées plus tôt et Zuey sourit de plus belle à Sasha comme si elle était sincèrement heureuse qu'il posât la question.
— Oui ! Ça m'a fait du bien. Les larmes lavent les peines et charrient les maux hors de notre cœur. Tes mains... maintenant que la tristesse s'en est allée, je peux les aimer pleinement. Tu penses à pleurer de temps en temps ? C'est important.
Voilà l'explication, ça n'avait rien à voir avec le précieux cadeau qu'il lui avait confié.
— J'ai promis de prendre soin de la part que tu m'a offerte. Je la chéris passionnément et j'ai hâte de te voir scintiller. Tu as déjà une idée de la personne avec qui tu vas partager la lueur de ta flamme ?
Quand il lui demanda si elle était une artiste, elle se redressa brusquement et posa devant le jeune homme en écartant les bras pour embrasser la volière d'un geste ample.
— Pas une artiste, une œuvre parmi tant d'autres. Regarde cet endroit, regarde ces oiseaux. Regarde-toi !
Elle se pencha sur Sasha pour lui saisir les joues entre ses paumes.
— Tout est si beau !
Délaissant le garçon, Zuey flotta d'un pas dansant vers une ouverture où venaient mourir les derniers rayons de la journée sans s'inquiéter de déranger quelques chouettes et hiboux qui s'écartèrent d'un battement d'ailes en lui jetant des regards courroucés.
— Tu vois le ballet de l'ombre et la lumière ? L'avènement des ténèbres splendides qui recouvrent Poudlard de leur douce étreinte. Ce sera magnifique. On fait partie de ça, tu ne trouves pas que c'est fantastique ?
Prise d'exaltation, la filleule du crépuscule esquissa une courte danse tourbillonnante, la tête jetée en arrière, les bras tendus. Celle-ci se termina en face de Sasha. Assise en miroir, elle le fixait de toute l'intensité de ses yeux sombres.
— Le tout c'est de trouver sa place dans le tableau pour atteindre l'harmonie. C'est facile.
Une main se tendit pour tâter la poitrine du jeune homme, là où battait son cœur.
— Il suffit d'aller là où il te guide. Que désire ton cœur, Sa-sha ?
Message publié le 17/02/2026 à 22:41
Godasses à semelles plates pour faire moins de bruit, check. Cheveux sous le bonnet, check. Écharpe devant le nez, check. Vêtements sombres, pas besoin de check. Restait le plus important : les cookies dans la poche. Check. Mais re-check quand même avec contrôle qualité. Petit gémissement de satisfaction. Top départ de la mission.
L'objectif est clair : une mandragore, serre numéro deux, trois feuilles, pas plus. Zuey se dirigeait vers sa cible en fredonnant la musique populaire d'un film d'espionnage et en jetant des coups d'œil furtifs de part et d'autre à chaque pas qui la transportait vers le péché. Elle avait longtemps hésité concernant le moment propice pour commettre son larcin. Pendant la nuit noire durant laquelle elle serait effectivement invisible ou pendant le repas pour profiter de la convergence de la plupart des résidents du château vers la Grande Salle. La seconde option avait été retenue. Légère comme le plomb, discrète comme une fanfare et aussi subtile qu'une blague graveleuse, la cambrioleuse pénétra dans le sanctuaire botanique, repéra l'objet de sa convoitise, darda Désespoir et murmura :
— Diffindo.
Pfouit. Comment ça ? Tant pis, les feuilles sont arrachées du bout des doigts.
Le fruit de sa récolte en poche, Zuey déguerpit sans demander son reste et fit un grand détour pour brouiller ses traces. Une vraie pro. Si elle est passée par ici, elle repassera par là. De lacis en entrelacs. Et puis, elle le croisa. De loin en vérité et sans qu'il le sût. Non en fait elle ne l'avait pas croisé du tout mais ses yeux ne pouvaient ignorer ce spectacle du plus fauve des gueules et or, ces fesses qui balançaient de droite à gauche, de gauche à droite. C'est presque hypnotisée qu'elle les suivit, ou plutôt le suivit, à pas feutrés, à bonne distance, indétectable. Maintenant que ça n'avait plus de réelle importance, la discrétion semblait enfin avoir élu domicile dans la démarche de la gothique qui traqua sa proie jusqu'à la volière en semant derrière elle des miettes de biscuit.
Lorsqu'elle le rattrapa dans l'espace confiné, lieu de résidence de la gent aviaire de l'école, elle ne s'attendait pas à le trouver assis par terre tellement absorbé dans la lecture d'un journal auquel elle ne comprenait rien qu'il ne la remarqua pas. Peut-être aurait-elle pu s'en vexer. N'était-elle pas tout à fait remarquable ? Mais le majestueux lion paraissait trop préoccupé, trop renfrogné que pour se voir faire des remontrances. Plus qu'un cookie.
Sans un bruit, sans projeter la moindre ombre, Zuey s'allongea sur le ventre, ôta bonnet et écharpe pour en faire un tapis sous ses coudes qui soutenaient sa tête et admira tout son saoul le mâle dominant de la fierté constituée de facto par les Gryffondor. Leurs visages séparés par le papier, elle s'attendrit sur ses belles mains striées de sable. L'harmonie dans la tragédie. Ces marques ne pouvaient que raconter une histoire des plus tristes et douloureuses qui puisèrent une perle nacrée à chaque oasis sombre de Zuey, celles-ci laissant dans leur sillon la trace diluée du mascara. Il lisait, elle composait. Une heure de promiscuité à l'insu du bel homme dont la demoiselle savoura chaque seconde en lui jouant une sérénade muette pour ne pas l'importuner. Et puis, il baissa le voile qui séparait ces deux amants fantasmés.
— Sa-sha, lui répondit-elle la bouche en cœur, mielleuse. Le glas des défunts ne résonne pas pour ceux qui vivent trop. Tu es si mignon, je comprends pourquoi elle t'aime tant. Ho ! et puis j'avais des choses à voler dans la serre alors je me suis fait souris. C'est une belle histoire, le lion et la souris. Tiens, c'est mon dernier avant longtemps et ça me ferait plaisir de le partager avec toi.
Zuey cassa le cookie en deux parts très inégales et tendit la plus petite à Sasha avant d'engloutir la sienne pour la savourer longuement. Quand la pleine lune serait levée, il deviendrait difficile de continuer à se régaler sans saboter ses projets. Immanquablement envahissante, elle se faufila et se tourna sur le dos pour chercher à loger sa tête dans le giron du jeune homme. Les yeux vers le ciel céladon des siens.
— Bientôt, je vais perdre mes poils et je serai alors une chauve-souris. J'attends que la lune se lève. Et toi, tu fais quoi ?
Les onyx cerclés de khôl s'emparent avec intensité des émeraudes soulignées d'éphélides. Liés par un pacte. La sentait-il, la chaleur réconfortante de la fuligineuse flamme qui veillait désormais sur lui, assermentée ? Souriante, Zuey couvait Sasha de tendresse et d'amour diffusés par son regard. Embrasse la vie. Mais si lui était la vie, elle était la mort ou du moins son héraut. Ces bras et ces lèvres lui étaient défendues.
Zuey Lindberg a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Désespoir !
- Sortilège
- Sortilège de Découpe
- Difficulté
- 6
- Résultat D20
- 2
- Interprétation
- Échec
- XP gagnée
- 10
Pfouit. Comment ça ? Tant pis, les feuilles sont arrachées du bout des doigts.
Autres résultats possibles
Tchak tchik tchak, trois feuilles proprement sectionnées à la tige.
Tchak tchik tchak, trois feuilles proprement sectionnées à la tige.
Pfouit. Comment ça ? Tant pis, les feuilles sont arrachées du bout des doigts.
Message publié le 14/02/2026 à 18:31
Deux choses étaient évidentes chez Basil aux yeux charbonneux de Zuey : il était mignon et naïf. La seconde elle la constata quand il ôta ses mains des siennes, apparemment optimiste quant au fait qu'elle allait le lâcher aussi facilement. Personne ne pouvait se dérober à la poigne implacable des ténèbres saisissantes. Derechef, la filleule de la non-mort s'empara sans ménagement des doigts de Basil comme une mère guidant son enfant tandis qu'elle se levait de sa chaise d'un bond dangereusement déterminé.
— Pas de temps à perdre. On va voir Wickerson.
La grâce d'une muse enveloppait la gothique ce soir, hors de question de gaspiller l'inspiration prodigue dont elle était investie. Plusieurs idées se bousculaient déjà dans sa tête pour chaque rubrique et elle était impatiente de mettre chacune d'elle en place. Le fait que le couvre-feu fût déjà largement dépassé ne constituait absolument pas un motif suffisant pour dissuader Zuey d'aller trouver le professeur d'astronomie immédiatement. Exaltée, elle voulait sans attendre proposer ses projets et en amorcer le mouvement avec ses propres productions. Un haïku sur la fin de l'hiver, une déclaration d'amour à son idole acrobatique, des conseils d'entretien sur les piercings et elle avait besoin de demander des avis pour son premier tatouage qu'elle envisageait sérieusement depuis plusieurs mois.
— Allez Basil, il faut qu'on montre l'exemple et qu'on soit les premiers à écrire dans ces rubriques. Vieeeeeeeeeeeens...
La jeune fille pouvait toujours tirer tout son saoul, il n'y avait aucune chance pour que ses frêles forces suffisent à faire bouger le garçon contre sa volonté. Tout aussi sûrement que ce soir avait été riche en échanges et l'occasion pour Zuey d'allonger significativement la liste la plus importante de son existence.
Cassie.
Kalina.
Sasha.
Basil.
Autant de noms qui figuraient désormais sur un parchemin dans l'esprit de la Gryffondor. Tracés à l'encre rouge en vrac parmi tous les autres sous un titre calligraphié avec des arabesques cordiformes. Mes Amours.
Message publié le 14/02/2026 à 05:58
Une rédaction sur les focifères ? Zuey n'avait aucun souvenir d'avoir déjà fait ça. Probablement parce qu'elle avait dû ne pas la faire elle-même. Hors de question de l'admettre cependant, il allait de soi.
— Oui oui. Les focifères. J'connais par cœur.
Heureusement, elle n'eut pas besoin de le prouver en aidant Kalina car celle-ci semblait ne pas en avoir grand chose à faire des focifères. La fillette attira l'attention de son grand-frère et ils se livrèrent à une fraternelle dispute très divertissante à observer qui laissa la gothique songeuse et admirative tandis qu'elle regardait le beau lion s'éloigner, les coudes joints sur la table et la tête posée entre ses mains en V.
— Bonne nuit, Sasha ! ... nanas, figue, cerise, kiwi...
Il fallut l'intervention de Basil pour ramener la corneille rêveuse sur terre.
— Hum ? Je sais pas. Tu crois que Sasha se fera disputer s'il met sa petite sœur au lit ?
Contrairement à ce qu'elle envisageait, son dernier cavalier de la soirée n'entreprit pas de poursuivre le devoir qui aurait dû être leur principale préoccupation. Qu'à cela ne tînt, elle recopierait celui d'Edgar pendant le petit-déjeuner. Au lieu de cela, Basil aborda le sujet de la photographie, hobby qu'ils partageaient, et du journal de l'école. Zuey n'avait jamais envisagé de se lancer comme reportrice ou rédactrice vu qu'elle était déjà bien occupée par le Quidditch, la contemplation des abysses et la dégustation de cookies. Mais puisque la proposition lui tombait dans les bras de la part de quelqu'un qui était déjà impliqué, elle ne pouvait décemment pas refuser que son génie artistique soit mis à contribution. Elle se pencha vers Basil pour le dévisager d'un peu trop près.
— Sérieux, on peut faire ce qu'on veut ? Je pourrais faire une rubrique pour les amoureux. Les courriers du cœur ! Ou encore mieux : la galerie des âmes soupirantes ! Un truc pour que les élèves puissent faire passer leurs messages d'amour. Ou un espace poésie ! Ce serait trop génial.
Quitte à participer à une telle activité, autant que ça rendît service aux élèves, rendre le journal interactif afin qu'il pût être un outil utile dans le quotidien des résidents de Poudlard. Ce qu'il venait de se passer frappa Zuey d'inspiration pour une idée qui lui sembla excellente.
— Ho non je sais ! Une rubrique d'aide et de conseil pour les soucis personnels. Comme ça les élèves pourraient poser anonymement des questions sur ce qui les tracassent et à la publication suivante on publierait les réponses pertinentes ! C'est quoi le rythme de parution du journal ?
Dans son élan euphorique de l'anticipation de mettre en place quelque chose qui servirait l'intérêt général et contribuerait au bien-être dans l'école, les mains de Zuey partirent avec entrain à la recherche de leurs homologues chez Basil. C'est qu'elle avait ce besoin permanent de se sentir en contact avec les autres, ne leur en déplût.
Message publié le 11/02/2026 à 21:34
Sasha consentit à participer à la cérémonie sous le regard voilé d'ombre de Zuey qui l'observait comme si ses pupilles pouvaient percer l'âme et avec le sourire d'une diablesse. Quand il eut posé et son pas rien et sa question, les lèvres noires s'étrécirent en cœur tandis que les mains parées d'onyx ramenèrent précieusement le trésor encombrant de Sasha contre la poitrine de l'officiante.
— Le pacte est scellé.
Comme si elle sortait de transe, la jeune fille relâcha ses épaules sans pour autant encore se départir de son air mystique.
— Bien sûr que j'ai raison. C'est l'amour qui parle de par mes lèvres. Et jamais je ne laisserai tomber cette part de toi. Si ce n'est pour te la restituer quand tu seras en paix avec.
Restait la question. Le sujet de Cassie Dunn. Zuey ne connaissait ni la demoiselle ni son nom. Ce qui ne l'empêcha pas d'apporter sa réponse toute personnelle avec l'aplomb d'une experte en la matière. Tout le monde souffrait de vivre après tout.
— Je sais pas si c'est Sang-Pur. Qu'est-ce que ça veut dire de toute façon ? Quand il s'écoule, le fluide carmin nous rappelle que nous sommes tous égaux, agenouillés par la vie devant sa tendre amante la mort. Ton sang est aussi pur et délicieux que celui de Cassie Dunn. Il se peut que ses couverts en argent aient laissé une cicatrice indélébile dans son cœur. Mais elle ne saigne pas différemment pour autant. Si tu veux la réponse à cette question, il n'y a qu'elle qui puisse te l'apporter.
Lentement, Zuey se leva comme si elle répétait une chorégraphie, virevolta jusqu'à l'âme égarée que lui avaient amenée les ténèbres et les puissances obscures pour la préserver de la damnation ce soir. Elle glissa ses doigts diaphanes sous son menton, captura son regard.
— Va quérir l'amour que tu désires. Et si tu ne trouves pas celui-là, j'en aurai toujours pour toi.
Avec une précision chirurgicale, la servante des abysses l'embrassa juste au bord de la commissure des lèvres en soupirant quelques derniers mots.
— Elle sont belles, tes mains.
La sortie tout aussi soignée que sa présentation, Zuey lévita jusqu'à disparaître en direction de son dortoir. Pour en revenir à peine quelques secondes plus tard, parée de son œil piégeur d'âmes. Elle le brandit en direction de sa proie tout en le hélant de sa voix la plus captivante.
— Sasha...
Flash. Prit dans l'objectif et déjà l'artiste des portraits instantanés se coulait vers ses prochaines cibles à une table non loin, conciliabule de cœurs et de méninges en pleine effervescence. Une simple promesse lancée par-dessus son épaule.
— Je te donnerai la photo dès qu'elle sera développée.
Flash. Cette fois ce furent Kalina et Basil qui se retrouvèrent immortalisés ensemble dans la lumière trop vive, filet évanescent qui s'empara de leur image à tout jamais. Puis la photographe fit un détour par là où elle avait laissé son sac d'école, salua les joueurs de Quidditch d'un clin d'œil et rejoignit le couple studieux pour déballer son propre nécessaire d'écriture.
— Tiens, vous avez changé de devoir ? On les termine ensemble ?
La première étape était toujours la même, immuable. Écrire le titre en haut du parchemin. Avec une minutie infinie, Zuey s'appliqua à calligraphier superbement celui du devoir à remettre le lendemain.
L'Amour.
Parce que, quelle que soit la matière et peu importe de quoi devait traiter le parchemin, le sujet de la vie c'était toujours l'Amour.
Message publié le 10/02/2026 à 03:35
Ombre pâle, errance. Silhouette élancée sous plafond voûté, peau de porcelaine vagabondant dans les entrailles de pierre. Les visages sont autant de beaux secrets que son œil n'a pas encore capturés, cela ne saurait tarder. Chasseresse ténébreuse un jour, prodigueuse d'amour le lendemain. Là dans l'instant, sa quête n'est pas d'emprisonner l'essence mais de nourrir les sens. Ces cœurs auront leur heure, voici la part des regards. Mains griffées de jais tenant présent, émois contenu entre ses doigts. Dans une enveloppe, une âme à restituer.
Les iris sombres maquillés de fumée s'attardent, dévisagent, cherchent. Pas là ni ici, céans non plus et ailleurs encore moins. Forcément pas nulle part. Mais où donc ? Vaste château, large foule. Et seulement une unique élue pour recevoir le don de la noire comtesse. Inconsciente de son sort, celle-ci ne peut se cacher et est donc quelque part. À quel endroit ou quel envers, elle ne le voit mais elle espère. Alors si ses pupilles ne lui sont d'aucune aide, autant fermer les yeux et se laisser guider par le fil du destin qui la lie à sa muse.
Je suis la malice
Contemplation d'un vice
D'ego la complice
Enfin. Apparition céleste d'un ange drapé de noir, uniforme seyant qui pourtant ne rend pas grâce à ses traits. Ses pas la porte, elle ne le sait pas encore, vers une destination qu'elle n'a pas envisagée. Sur son chemin bientôt la sombre flamme lui tendra la main pour lui offrir un peu d'elles, alliage de l'œuvre et de l'artiste. Une invitation à explorer le péché de Narcisse. Quand les regards se croisent, baiser lointain des lèvres grenat, miel captivant dans la voix.
— Bonjour mademoiselle que doit envier le ciel. Ton âme m'appelle, je reconnais la belle. Approche sans rituel et cette enveloppe descelle. Dedans tu te verras telle que tu apparais au naturel.
À la façon d'une dévote devant l'objet de sa vénération, Zuey se met à genoux et tend des deux bras l'offrande. Ses dernières photographies dont le sujet est l'élève en face d'elle, prises à son insu pour capturer ce qu'elle dégage sans pouvoir le voir autrement. Le cadeau de se mirer dans un miroir dont on ignorait la présence et dans lequel on n'a donc pas projeté l'image qu'on se fait de soi-même. Une représentation pure de la personne, telle quelle.
Message publié le 08/02/2026 à 13:36
À peine Kalina avait-elle libéré sa place que Zuey se l'appropria pour écouter Sasha qu'elle couvait d'un regard attendri. La sagesse de la petite sœur ne faisait aucun doute : l'Ukrainien avait bel et bien besoin de vider son cœur et celui de la gothique était bien assez grand pour accueillir les griefs de son condisciple s'il souhaitait se confier. Elle replia son coude sur la table pour y poser sa tête et chercher le regard de Sasha tout en pressant l'index de l'autre main sur le front de celui-ci.
— Tu sais que nous sommes des miroirs ? Les gens rendent ce qu'on leur donne. Mais les miroirs sont aussi des cages, une sorte de mémoire tourmentée qui déforme nos reflets avec l'ombre corruptrice des fléaux du monde.
Zuey offrit son plus beau sourire à son interlocuteur. La Dame des ténèbres qui trouvait au fond d'elle un peu d'aveuglante lumière à partager.
— La vie torture nos pauvres âmes. Je crois qu'on a fait du mal à Cassie et peut-être à toi aussi. Tout le monde souffre de vivre. Ça ne tient qu'à nous d'allumer la lanterne des autres pour repousser le crépuscule. On peut changer le prisme du miroir. Avec de la gentillesse et de l'amour.
Dramatique jusqu'au bout des ongles, la demoiselle joignit ses mains devant elle pour déposer un baiser dans ses paumes comme si elle se livrait à un rituel.
— Je suis le réceptacle des affres de l'existence, la sombre flamme qui consume le mal et guide les errants. Prends cette lueur, sers-t'en pour allumer ta lanterne et partager l'espoir qu'elle transporte.
Elle tendit ses mains rassemblées en coupe vers Sasha. Elle paraissaient vides bien sûr, ce genre de choses est invisible. Intangible. Mais c'était bien là pourtant.
— Prends et rends. À la place de la lueur, dépose un peu de tes maux. Confie-les moi et je les rangerai bien à l'abri, là où ils ne pourront plus t'atteindre. Un rien de toi dont je prendrai grand soin, je te le promets.
Message publié le 04/02/2026 à 13:15
Pendant que Cassie lui parlait comme si chaque syllabe articulée lui demandait un effort de réflexion, Zuey se demandait comment on pouvait être assez aigrie pour ne pas admettre l'évidence. Basil l'avait remise à sa place et malgré ce qui eut pu être une cordiale leçon d'humilité, la jeune fille finit de s'ensevelir elle-même dans le ridicule en démontrant qu'elle était bien plus stupide que ceux qu'elle considérait comme tel. Au fond d'elle la gothique avait de la peine pour cette malheureuse, car elle devait forcément l'être, tandis qu'en surface l'attitude de la demoiselle qui était tout simplement en train de prendre la fuite provoquait l'ire de Zuey qui la jugea déjà trop loin pour la mordre et sortit donc sa baguette en se relevant. Mais son regard croisa celui de Basil et elle se dit qu'il désapprouverait la brutalité mesquine d'un coup dans le dos. Et puis, on ne frappait pas un adversaire au sol. Un geste, un mot, pas celui qu'elle avait envisagé en premier.
Les miettes disparurent de la tenue de Cassie.
— Au revoir, poupée ! Repasse quand tu veux un cookie, lança-t-elle alors que Cassie faisait sa sortie.
Puis, elle se tourna vers Basil, toute pleine d'admiration pour l'héroïsme dont il venait de faire preuve et l'honora du plus beau cadeau qu'elle pût faire à quiconque : un morceau de cookie en gage de remerciement et d'appréciation. Mais juste un morceau parce que, quand même, c'étaient ses cookies.
— Et toi mon héros, merci, gloussa Zuey en lui appliquant un bisous sonore sur la joue. Juste Basil, mieux que n'importe quel chevalier. C'est d'l'entraînement commun. Ça c'est de la répartie. Bim dans la face à Cassie. T'es trop chou. Tu veux qu'on termine ce devoir ensemble ? demanda-t-elle en pointant du menton le parchemin devant lui.
Ce qui arrangeait sans doute davantage celle qui proposait son aide car la technique de Zuey pour gérer la montagne de devoirs consistait essentiellement à les remettre à plus tard jusqu'à ce que quelqu'un lui donne le sien à recopier. La représentation terminée, Zuey s'assit à côté de Basil et balaya la pièce du regard en soupirant. C'est qu'elle pensait aux affres de l'existence après la mort, se voyait en fantôme dans cette tour à illuminer de pénombre les générations futures avec ses strophes. C'est alors qu'elle vit deux personnes qui n'étaient pas là auparavant, elle l'aurait su. Les adelphes Shevchen, l'adorable petite Kalina qui procurait à Zuey l'irrépressible envie de la choyer comme sa propre petite sœur et puis Sasha dont l'air fauve et le regard, mélange de dureté et d'indicible souffrance enfouie, ne la laissait pas indifférente. Elle souffla à Basil qu'elle revenait très vite et déambula comme une diva jusqu'à la table des Ukrainiens où elle déposa un morceau de cookie devant Kalina avec un clin d'œil pour toute explication.
— Salut vous deux. Sasha, tu veux un cookie ? Je les ai demandés aux elfes moi-même.
En bonne émissaire des ténèbres qu'elle était, Zuey minaudait en n'osant pas vraiment regarder le jeune homme dans les yeux, emplie de l'espoir qu'il avait vu, et peut-être même apprécié, son incroyable interprétation dramatique avec Cassie qui lui avait donné la réplique ; quoiqu'un peu faiblarde et de mauvaise grâce.
Zuey Lindberg a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Désespoir !
- Sortilège
- Sortilège de Récurage
- Difficulté
- 6
- Résultat D20
- 13
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Les miettes disparurent de la tenue de Cassie.
Autres résultats possibles
La tenue de Cassie étincela soudain d'un aspect impeccable.
Peu douée en magie ménagère, le Récurvite de Zuey ne fonctionna pas.
Le sortilège fit vibrer la baguette violemment avant de partir en sens inverse, sabotant le maquillage de Zuey. Par les flammes de l'enfer, tout mais pas ça !
Message publié le 28/01/2026 à 17:18
Quelle déception ! La pauvre jeune fille semblait démunie de répartie, tout juste capable d'articuler les sons cassants et grossiers des insultes faciles... ho mais voilà qui donnait des idées à Zuey qui laissa un peu résonner le nom dans son esprit et s'accoutumer à sa langue tout en jetant un petit regard étonné vers le jeune homme qui intervenait. Basil, un garçon de sa classe qui méritait bien le sourire complice qu'elle lui dédia avant d'entamer sa tirade.
— Est-ce cela ? Ainsi Cassie suppose suffisant ces grossiers sons cassants, faciles insultes de ce lys calcifié qu'est son cœur ? Serait-elle cassée, ou quasi, que ce sont ça ses pensées insensées qu'elle jacasse en glissant dans l'abysse et fait cessation d'esprit ? Cela est insignifiant, Cassie belle gosse.
Zuey se redressa avec le dos de la main dramatiquement porté à son front, feintant le malaise en se dirigeant vers Basil.
— En plus de quoi, lourdes sont tes erreurs. Car je m'appelle Zuey, pas Zoé. Cette salle, jamais par maman arpentée. Car c'est qu'elle était élève à Ilvermorny et non ici. Quant à ces merdes, comme tu dis, ce sont des éclats de délicieux cookies. Veux-tu que je consente au silence de ma voix tragique ? Alors, tu n'as qu'à prononcer les mots magiques.
Théâtrale dans l'effervescence de sa meilleure représentation à ce jour, mais moins bonne que demain à n'en point douter, la gothique vint tomber à genoux aux pieds de Basil.
—Préservez-nous de la damnation, preux chevalier ! Donnez-moi la force de la raison, celle d'ignorer une telle médiocrité. Car si personne ne me dis que j'en aurais tort... dans un instant, c'est sûr, je la mords.
Telle une pécheresse soumise à la tentation, la dramaturge chercha à saisir les mains de son camarade de classe tout en enfonçant son visage dans le giron de celui-ci. Toute pleine de qualité qu'elle était, respecter l'espace personnel d'autrui n'en faisait pas partie.
Est-ce qu'on peut tomber dans les étoiles ?
Message publié le 28/01/2026 à 00:52
Ce fut difficile, très difficile pour Zuey de ne pas rire tandis qu'Edgar expliquait avec toute son éloquence passionnée que son engin s'appelait DTC. Elle savait que c'était très sérieux et important pour son ami alors elle lui devait bien cette retenue. En revanche, impossible de contrôler sa réaction quand il extirpa de son coffre au trésor une boîte dont l'apparition rendit l'adolescente hystérique. Ses pupilles se dilatèrent comme celles d'un chat dès qu'elle l'aperçut et elle s'en empara avidement pour se goinfrer. Dans l'extase, elle oublia de modérer le volume de sa voix.
— DES COOKIES ! Merci Ed !
Elle n'eut plus aucune attention à prêter à Edgar dès lors que la boîte fut ouverte et que le carnage s'abattit sur les délicieux biscuits. D'une oreille distraite alors qu'elle en était déjà à son quatrième, elle entendit quelques vagues paroles à peine compréhensibles auxquels elle répondit pour la forme.
— Nimitz toi-même. Attends... prête ?
Distraite de sa collation, Zuey releva la tête pour voir son camarade scruter son DTC avec cette mine renfrognée qu'il avait quand quelque chose ne fonctionnait pas correctement. L'excitation de le voir réaliser un sort impressionnant la gagna instantanément pour être aussi vite déçue par l'incantation du Reparo, un sortilège bien moins magistral qu'elle n'eût espéré. Quand son ami se tourna vers elle, apparemment prêt à lancer son opération de communication avec des extra-terrestres, elle leva son pouce en l'air avec la bouche encore pleine.
— Onafaitdufuperboulot !
Zuey se redressa et rejoignit Edgar en avalant avant de lui présenter le cadeau le plus précieux qu'elle pût offrir à quiconque : l'unique cookie qu'elle n'avait pas dévoré afin de le partager avec lui.
— Et maintenant, il est censé se passer quoi ? Ton casque capte quelque chose ?
Mue par la curiosité et irrémédiablement hermétique à la notion d'espace personnel, Zuey colla son visage contre la poitrine de son cavalier noir afin d'écouter le potentiel son provenant du casque.
— J'entends quelque chose ! On dirait du morse, ça fait bambambambambam très vite. Soit les formes de vie utilisent une autre forme d'alphabet morse soit...
Elle prit le visage d'Edgard entre ses main pour le dévisager tout près d'un air accusateur.
— ... ça veut dire que tu es trop nerveux ! Arrête de paniquer, personne ne nous trouvera ici. T'imagines le vieux Ravental se farcir les marches jusque tout en haut juste pour voir s'il n'y a pas une jolie gothique en train de faire des bêtises avec son super pote méga intelligent ?
Pour l'aider à se calmer et faire redescendre la pression qui accablait manifestement son ami, elle lui colla un baiser bruyant sur le front.
Est-ce qu'on peut tomber dans les étoiles ?
Message publié le 27/01/2026 à 11:00
Pauvre âme égarée dans la nuit noire. Edgar était de Zuey le miroir.
Deux adolescents qui se faufilaient ce soir dans le couloir, qui discutaient hier dans le parc et qui demain feraient quoi encore ? Peu importait. Tout ce qui comptait, c'était que rien ne pût les séparer, qu'Edgar fût là pour toujours parce qu'il était elle, parce qu'elle était lui.
Pauvres âmes égarées dans la nuit noire. Zuey était d'Edgar le miroir.
Reflets inséparables l'un de l'autre, malgré les apparences son ami était comme elle. Zuey l'avait senti comme une évidence, comme un fil qui lie deux destins et qu'elle avait suivi et utilisé pour trouver et s'attacher à ce garçon plein de rêves. Jamais jamais elle ne s'en éloignerait. D'ailleurs elle le suivait de très près, s'accrochant presque à lui pour gagner la tour d'astronomie. Le bruit, raffut incongru dans le silence de ce mausolée tranquille, du sac qu'il portait sur le dos intriguait la gothique qui se demandait pourquoi son ami trimballait tant de choses avec lui pour des projets en apparence aussi simples que ceux qu'il avait échafaudé. Pourquoi le cliquetis du métal résonnait-il à ses oreilles et l'attirait aussi sûrement qu'une flamme attirait une phalène ? Edgar était toujours plein de surprises. Et toujours les bonnes : celles qui pansent les petits bobos, éclairent les ténèbres, réparent les cœurs qui saignent.
Parvenus en haut des nombreuses marches et sur le point de s'installer pour réaliser les ambitions du Serdaigle un peu farfelu, Zuey referma la porte derrière elle sans un bruit, dans un geste presque sensuel avant de dédier un sourire impudique à son cavalier de la nuit.
— Alors, Ed. Maintenant que tu m'as emmenée au septième ciel, on fait quoi ?
Elle s'approcha et le contourna pour l'aider à déposer son sac, s'efforçant de résister à la curiosité qui lui disait de fouiller dedans. C'était un peu plus courtois de lui demander l'autorisation pour plonger ses mains dans le coffre au trésor.
— Est-ce que je peux t'aider pour ton machin de communication ?
Est-ce qu'on peut tomber dans les étoiles ?
Message publié le 26/01/2026 à 23:17
Toutes ces silhouettes qui gisaient inanimée dans le dortoir la faisaient sourire. Comme elles étaient mignonnes ses colocs' assoupies, livrées aux délices oniriques des cauchemars. Cimetière éphémère, la nuit l'école était une nécropole. Sur leurs catafalques de draps, les élèves ne vivaient pas.
Zuey quant à elle devait se soustraire à leur compagnie pour en gagner une autre. Passage obligatoire à la salle de bains pour refaire son maquillage car mieux valait être présentable si les projets établis pour la nuit aboutissaient. Puis, en glissant comme un fantôme, direction la tour d'astronomie. Son rendez-vous l'attendait en chemin.
Disposant de peu de temps devant elle avant que le sujet ne tournât inévitablement, elle mit à profit les premiers pas pour contempler la solitude intrinsèque de la vie qu'on ne pouvait expérimenter qu'à travers soi-même. Quelle que soit l'illusion de la compagnie qu'on pouvait rechercher, l'autre était toujours par définition loin de soi. Était-ce pour cela que son rendez-vous insistait tant pour prouver qu'il pouvait en être autrement ? Qu'il l'avait conviée à cette escapade nocturne dans la tour afin d'établir le contact ? Ce rapprochement qu'il espérait tant servirait-il, s'il advenait, à le rassurer sur la déchirante condition de la vie humaine et à se sentir moins seul ? Telles étaient les réponses qu'ils trouveraient peut-être ensemble là-haut.
C'est avec le cœur battant trop fort la vie, cette sournoise geôlière, et une envie de cookies inassouvie que Zuey arriva à l'endroit des retrouvailles interdites et sourit en apercevant son sombre cavalier pour la nuit. Elle sautilla les derniers mètres qui les séparaient et s'enfonça dans son étreinte sans un mot, prête à le laisser l'emmener au ciel.
Message publié le 22/01/2026 à 20:56
Juste quand Zuey allait revenir sur le meilleur moment du match : clac clac. Si l'interruption avait été plus courtoise, la filleule des limbes se serait fendue d'une excuse et aurait baissé le ton. Là, elle ne pouvait pas simplement laisser passer l'injure et donner satisfaction à l'impertinente. Gracieuse, la gothique prit son congé auprès de sa tablée qui la connaissait suffisamment pour ne pas s'en mêler et se dirigea d'un pas dansant vers... celle-là.
— Mon nom est un murmure qui hérisse les poils, soyeux et dangereux comme la toile. Tissée par la veuve fatale, dont la morsure est létale. C'est sur la nuque un froid frisson, qui de la peur fait moisson. Sens la glace s'emparer de tes poumons, alors que je te révèle mon nom.
Une valse solitaire, sa robe qui tournoie avant de venir comme mourir théâtralement sur le dossier du fauteuil où était installée la pauvre âme damnée qui venait d'attirer sur elle le mauvais œil, la tête renversée près de la sienne. Souriante et impudente.
— Zuey. Et toi, belle brune ténébreuse ?
Avec une attitude pareille, elle ne devait pas recevoir de compliment tous les jours. Ou alors c'est parce qu'on ne la complimentait pas assez qu'elle avait cette attitude. Mais la sombre époque de désespoir de la brune était désormais révolue grâce à Zuey qui allait lui montrer ce que c'était que de recevoir et partager l'amour.
— Est-ce que ton nom flirte avec le trépas ? Sonne-t-il comme le glas ? Brûle-t-il comme la caresse du purgatoire ? Je veux tout savoir !
Comme l'adolescente risquait d'être un peu déstabilisée et de mettre du temps à trouver une réplique spirituelle, elle devait en trouver une, Zuey se dit qu'elle avait le temps pour un petit remontant. Elle extirpa un de ses précieux cookies de sa poche et l'engouffra d'une bouchée. Cronch cronch cronch. Haaa, l'extase.
Message publié le 22/01/2026 à 00:51
La journée avait été dure, longue et péniiible, avec trois "i". Zuey avait eu un léger manque de motivation au réveil et s'était assise sur son lit pour méditer sur les abysses et les insondables profondeurs des ténèbres qui l'appelaient, l'appelaient et l'appelaient encore... pour finalement la ramener brusquement à la surface. Bien plus tard que prévu. Combien de temps s'était-elle rendormie ? Et même en manquant le petit-déjeuner, elle était arrivée en retard au cours. Bonjour le savon.
Fallait-il en parler des cours ? Devoirs pour le premier, devoirs pour le second, déjeuner (enfin !), devoirs, de...vinez quoi ? Ouaip, à croire qu'avant de commencer la journée les profs faisaient une réunion pour décider comment ils allaient pourrir celle de tout le monde. Ha ! mais ils ne l'emporteraient pas en enfer. Ou plutôt au paradis, Zuey voulait bien visiter l'enfer. Elle savait gérer la montagne de travail. Rien ne pouvait gâcher sa journée.
Mais, QUOI ? "Vu le temps, vaut mieux annuler la séance de ce soir." Entraînement clandestin de Quidditch annulé. Là c'était le pompon. Il n'existait qu'une seule chose en ce bas monde de vilenie et de perdition qui pouvait sauver les meubles. Une pâte encore chaude après cuisson, croquante à l'extérieure mais moelleuse à l'intérieure et la saveur de trois chocolats pour garnir le biscuit. À défaut de ceux de sa crépusculaire marraine, les cookies des elfes de maison faisaient très bien l'affaire, surtout les jours où il aurait mieux valu rester couchée. Et puis, le Quidditch par procuration. Faute de pratiquer, Zuey évoquait avec ses coéquipiers les souvenirs mémorables du dernier match.
— Et quand leur poursuiveur, t'sais le petit châtain, a piqué et BAM ! Le cognard envoyé par sa propre batteuse HAHAHA ! J'ai failli lâcher ma batte de rire. ET C'ÉTAIT MÊME PAS LE PLUS DRÔLE !
Projection de miettes, côtes douloureuses, le cerveau qui n'avait plus tout à fait assez d'oxygène. La journée avait été dure, longue et péniiible. Mais il y avait toujours un remède. D'ailleurs en parlant de remède : cookie suivant.