Homme
21 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : Luke
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Battements de cartes, battements de coeurs
Message publié le 29/01/2026 à 23:58
Après une journée passée à rameuter du pigeon pour se faire un peu d’argent, Lucian ne se sentait pas l’âme de rentrer tout de suite chez lui. Grâce au petit pactole qu’il avait amassé à grands coups de fausse séances de divination et de main habilement glissées dans les poches des touristes distraits du Chemin de Traverse, il était plus qu’en mesure de s’octroyer un peu de bon temps. Un petit verre lui ferait le plus grand bien et le distrairait des obligations qui se rappelaient un peu trop à lui ces derniers temps.
Ce fut donc tout naturellement qu’il bifurqua vers le petit bar de l’Allée des Embrumes, où il avait l’habitude de se rendre pour traiter de certaines affaires. Tout dans l’attitude du jeune homme laissait transparaître à quel point il était à l’aise en ces lieux. La porte poussée, il salua d’un petit mouvement de tête le barman patibulaire qui ne le connaissait que trop bien.
- Tu me mets la même chose que d’habitude, s’te plait ? demanda-t-il en s’accoudant au bar et en laissant apparaître son sourire éclatant.
Il reçut un grognement pour toute réponse, qui le laissa penser que l’homme était de bonne humeur aujourd’hui. Pendant que sa boisson était servie, il se tourna lentement en s’appuyant sur le comptoir pour scanner du regard qui était là ce soir. Les mêmes vieux piliers de bar assis à leur place habituelle, les mêmes gars qui jouaient aux cartes avec la clope au bec, la même vieille édentée qui parlait toute seule… Rien d’inhabituel en somme. Enfin presque. Car enfin il posa les yeux sur une silhouette qui se démarquait du lot. Un autre grognement lui signala que son verre était déjà prêt, et Lucian déposa furtivement une pièce en échange de la boisson, sans quitter du regard la nouvelle venue. Peut-être la promesse d’une bonne soirée ?
Sans plus attendre, il se détacha du comptoir pour s’approcher de l’endroit où était attablée l’inconnue. Plus la distance se réduisait entre eux, plus il était en mesure de voir à quel point la jeune femme était ravissante. Et visiblement en proie à de lourdes pensées, à en croire l’air absent qu’elle affichait en fumant sa cigarette.
Il s’arrêta à la lisière de sa table, sans l’envahir. Son attention glissa sur le verre devant elle, puis sur son visage qui était, sans surprise, aussi superbe que le reste. Cela ne faisait qu’amplifier davantage le mystère de sa présence en ces lieux. Arborant le sourire le plus léger et charmeur dont il était capable, il s’adressa à elle avec délicatesse :
- Pardonnez-moi, mademoiselle… Il n’est pas dans mes habitudes d’importuner de jeunes inconnues, mais je n’ai pu m’empêcher de vous remarquer, seule, ici.
Le mensonge fut dit avec aplomb, mais il était persuadé de ce qu’il avançait. S’il venait lui parler, ce n’était pas pour l’importuner, mais pour égayer sa soirée.
- Une femme de votre tenue d’âme semble davantage appartenir à un salon feutré qu’à un… il baissa alors la voix pour que le patron n’entende pas : bouiboui de l’allée des Embrumes.
Il fut une pause, mesurée.
- Soit vous êtes dangereusement perdue… soit ce lieu cache plus de secrets que je ne le pensais.
Il sortit alors un petit jeu de cartes usées, qu’il fit doucement glisser entre les doigts de sa main libre, avant de faire une petite révérence rapide.
- Je m’appelle Lucian. J’ai un faible pour les coïncidences et un certain talent pour les deviner.
Son regard, brillant d’une lueur malicieuse, tenta d’accrocher le sien.
- Accepteriez-vous que je m’asseye un instant ? Je vous promets de ne lire que ce que vous m’aurez montré.
Le paquet de carte avait aussitôt et habilement disparu dans sa manche, alors qu’il désignait la chaise vide devant elle. Sa paume ainsi dévoilée laissait apparaître la lune qui y était tatouée.
Message publié le 17/01/2026 à 01:39
Se faire une place et parvenir à se faufiler sans encombres dans l’Allée des embrumes était un art qui demandait soit du talent, soit de la persévérance. Lucian, par chance, n’était dépourvu ni de l’un ni de l’autre. Aussi, il déambulait dans les lugubres ruelles avec la force de l’habitude et la confiance du bienheureux.
- Vous vous embellissez de jour en jour, Mathilda. déclara-t-il d’un ton enjoué à la vieille Nott qui avait laissé apparaître son sourire édenté à son passage.
On sous-estimait trop l’impact que pouvaient avoir les mots sur les gens. Bien sûr, le compliment n’était pas fondamentalement vrai. Mais tant que la femme y croyait, elle était heureuse et surtout, elle continuait de le laisser passer sans tenter de l’escroquer, sous prétexte de l’aider à trouver son chemin. S’il pouvait faire plaisir… Qui était-il pour refuser un peu de joie à cette dame ?
Les mains enfouies dans les poches de son pantalon délavé, ses pas continuaient de l’entrainer vers la façade de l’antiquaire où se tiendrait ce soir une vente très spéciale. Une vente qu’il ne comptait pas louper, car selon ses sources (un coloc un peu trop penché sur la bouteille), il y aurait apparemment quelque chose susceptible de fortement l’intéresser : des runes en os dont l’origine n’était pas totalement déterminée. Autrement dit, quasiment impossible à se procurer sur les marchés licites.
Hypocrisie obligeait, il faisait mine de ne pas se douter de l’origine réelle du matériau utilisé, préférant se concentrer sur l’objet de collection en lui-même et le potentiel qu’il pourrait en tirer lors de ses séances de « voyance ».
Il ne s’arrêta qu’un instant devant la porte d’entrée pour remettre de l’ordre dans sa tenue. Trois boutons de sa chemise étaient ouverts pour laisser apparaître une chaîne en toc au bout de laquelle pendait un pendentif en forme de lune argentée. Sa veste de costume, d’une couleur bordeaux délavée semblable au pantalon restait ouverte. Il respirait la confiance en lui. Aussi, ce fut avec un grand sourire qu’il entra dans la boutique.
Sammy était certes un alcoolique notoire, mais il était parvenu à lui fournir le sésame tant désiré pour la soirée. A charge de revanche pour tous les services que son cher ami et colocataire, Lucian, lui avait rendus. Avant même que le vendeur ne dise quoi que ce soit, il fit apparaître la pièce dorée comme l’aurait fait un magicien moldu… en un tour de passe-passe qui donnait l’impression d’avoir sorti le gallion de l’oreille du concerné.
- Allons mon vieux, faut se détendre… tenta-t-il toujours en souriant, en voyant que l’homme n’était pas réceptif à la démonstration.
Après un instant, le cerbère se décida à le laisser entrer et Lucian put s’immiscer dans l’arrière-boutique où s’agglutinaient déjà plusieurs personnes. Et mince, Sammy ne lui avait pas dit qu’il risquait d’y avoir autant de sorciers présents… ça compliquerait forcément son achat. Pas pessimiste pour un sou, il décida de commencer à un déambuler parmi les autres acheteurs potentiels. S’ils étaient là, c’est qu’ils en avaient les moyens. Il n’était donc pas à l’abri d’une bourse malencontreusement prête à tombée d’une poche ou l’autre… Quoi ? Il fallait bien s'occuper en attendant le début des enchères.