Femme
30 ans
Sang pur
Égyptienne
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : Princesse
- Nationalité : Égyptienne
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 25/02/2026 à 06:15
L'odeur capiteux monte dans l'air pour se frayer un chemin dans mes sens. Et la robe s'empare en douceur de ma langue. Du caractère en fin de bouche aux notes d'épices et fruits rouges accompagnaient ce charmant grenat séduisant. Qu'importe les dit-on. J'avais l'argent et l'ambition de découvrir le moindre secret qui pourrait me servir pour mes études et mes recherches personnelles. La chance, il fallait la créer, la modeler, la faire apparaître. Elle n'apparait, parfois il est vrai, à ceux qui osent. Et j'étais de ceux qui osaient. Mon regard démontrait de ma volonté. Bien plus que de l'optimisme, je rêvais d'un idéal, ce qui était bien plus dangereux pour mes adversaires. Et contrairement à cet optimisme que je léguais aux enfants et aux imbéciles, je travaillais sans relâche pour créer cet idéal qui me revenait de droit. Non par parce que j'étais née pour cela. Mais parce que j'avais survécu pour.
Mon regard s'attarde un instant sur l'homme, le jaugeant. M'étais-je trompée sur son désir de trouver les quelques vérités du monde ? Avait-il les épaules suffisamment solides pour apprécier de travailler avec passion, non pas à mes ordres mes avec mon aide ? Je resserre ma mâchoire, et réajuste ma position déjà impeccable avant de boire de nouveau ce grenat, apaisant mes doutes sur ce qu'il était, sûrement, devenu. Considérez que je suis cette aide Manius. Je tissais de nouveau ma toile. Pour enfermer le moucheron ou pour créer un filet de protection, je ne savais pas encore. Il jouait sur le fil. J'étais la gardienne de beaucoup de choses. Bien plus que ce que Sethi croyait. Mes yeux se froncent légèrement, embêté par l'aveu de l'historien. Ce peut-il que ses histoires personnelles entravent l'Homme le rendant aussi... Apathique devant ce qui faisait battre sa passion dans la poitrine ? Allons donc. Un cœur trop mou se fait dévorer par les Loups. C'était la gangrène des occidentaux. Avouer ainsi honnêtement sa faiblesse me crispait au plus haut point mais je garde le silence. Il était au moins honnête. Ça rattrapait quelque peu l'amertume qui se profilait sur ma langue. Une équipe supervisée de loin ? Bah voyons. En diversifiant ses activités, on ne se spécialise pas dans sa qualité. Et c'est lui que je voulais. La concession n'était en rien dans mes bagages royaux.
Et là, nouvelle vague d'irritation. Une Ptahchepsès dont je ne connaissais pas le nom était soudainement apparue dans le secteur. S'était-il trompé ? Non. Au vu de la pression qu'elle exerçait sur le chantier d'extraction, j'aurais dû reconnaître. Une femme avec de l'ambition dans le clan ? Cela s'arrêtait à mon simple nom, et celui de ma chère cousine qui marchait dans mes pas, maladroitement, mais fièrement. Un oisillon qui deviendra rapace. Vous me demandez, d'aller à l'encontre de ma propre famille ? Certes, j'étais bien moins honnête que lui sur mes propres faiblesses : l'ignorance. Qui était-elle ? A défaut de m'irriter, Le Docteur Fawley avait, si à ses dépends, piquer ma curiosité. Et surtout mon insupportable envie de ne rien me laisser échapper. Voilà qui est... Intéressant. Cela en disait long sur l'homme que les affaires personnelles avait modelé. Mais était bénéfique pour la suite. Je garde le silence de nouveau, laissant quelques longues secondes interminable. Mon index tapote lentement sur le comptoir de bois, tic tac sourd. Oppressant. Le chiastolite de mes iris ne quittant pas les siens. C'était décidé. J'irais à la rencontre de cette Tiyi. Dangereux, pour moi, de tenter de mettre en pause les agissements de mon clan, mais un service en valait un autre. La toile se referme automatiquement. Je le tenais. Il s'était emmêlé tout seul dans les filaments de colle.
Docteur Fawley je reprenais son titre bien que cette fonction était devenue assez bancale pour l'instant. J'irais à la rencontre de mon homonyme. Et nous discuterons ensemble de ce site d'extraction. En attendant, veuillez assurer de la finalité de vos engagements personnels. J'aurais besoin de vous sur le terrain une fois cette affaire entendue. Il était trop tard pour lui de reculer à présent. D'un léger sourire, je lève mon verre pour trinquer à notre nouvelle collaboration. Ravie de travailler avec vous.
Message publié le 16/02/2026 à 06:22
L'eau et le thé à la menthe accompagnés d'un verre de vin grenat furent bien vite déposés devant eux. Un service impeccable, à la hauteur de la réputation des lieux. Il fallait s'y attendre, la demoiselle masqué d'un loup de dentelle savait toujours accueillir ses hôtes avec la plus grande bienveillance. Je ne manquerai pas d'aller saluer cette Duchesses aux somptueuses courbes et merveilles une fois cet inopiné entretien passé. Mais, mon intention était toute tournée vers cet homme aux allures singulières et à la verve que seul l'esprit éclairé pouvait avoir. Le Docteur reprends un colloque privé, cette fois, et je l'écoute attentivement. Thutmose était un homme d'une stature moindre dans les écrits des Ptahchepsès, effacé par ce dit Herpo l'Infâme qui portait bien son nom. Je ris doucemenent face à la naïveté de l'homme qui ne cherchait qu'une vérité parmi tant d'autres.
- Je vous croyais plus ambitieux, Docteur. Il ne vous ai jamais venu à l'esprit qu'il soit étrange que ce don ne soit réservé qu'aux serpents ? Mon air se fait plus taquin, la lueur dans mes yeux s'allument. S'échauffe. Je voulais piquer sa curiosité, voir jusqu'où elle pouvait aller. Je serais le mécène de ses recherches si sa passion pour l'histoire concordait avec la mienne. Retrouver la gloire d'un clan, dans le passé, pour en refaire usage dans le présent. Je n'étais pas historienne, non sans faux, mais j'étais une redoutable politicienne et je savais que je pouvais trouver des réponses dans cette passion des ruines et des secrets du temps. Il est dit que Thutmose pouvait parler avec les Sacrés. Les Douzes Heures du jour et de la nuit étaient associés aux Douze sacré. Le serpent n'en est qu'un parmi les autres. Il fallait découvrir si cette légende était un mythe ou non. A partir de là, découvrir si, effectivement, l'hypothèse de l'Historien devenait une simple vérité. Et enfin, pourquoi le fourchelangue s'étendait seulement aux serpent aujourd'hui ? Un choix ? Les autres dons avaient disparus ? Une fatalité ? Peut-être que j'allais ouvrir ici une autre façon de voir les choses, un autre regard. Parfois, la question n'était pas la bonne et les pistes ne menaient à rien. Mais en la prenant sous un angle différent.. peut être que Manius pourrait enfin satisfaire son besoin de comprendre, de savoir, et de transmettre.
Je porte le verre à mes lèvres pour embrasser le liquide grenat, sans le quitter du regard. Il y avait des légendes transmis par le chant et non l'écrit. Et ses chants... Je le connaissais. Ils étaient aussi sacré que les Douze pour mon clan. Et aujourd'hui, c'était à moi de les transmettre au risque qu'ils se perdent dans l'histoire. Jusqu'à ce qu'un autre Manius fasse surface. Je suis prête a financer vos recherches, Docteur. Et même les fouilles. Tenez moi simplement informés des lieux de vos travaux, et des résultats, escomptés ou non. Je fais tournoyer le liquide dans mon verre, libérant ainsi les effluves et les arômes de fruits rouges. Capturant le ballon entre mes doigts, le pied du récipient contre mon majeur et mon annuaire dénudé de cette bague qui faisait ma honte.
Message publié le 11/02/2026 à 05:55
Keth, les deux pieds sur un trépied de bois, retire délicatement mon manteau pour le plier correctement sur son bras avant de disparaitre dans un coin de la maison. Je la remercie, tout de même, comme chaque fois. Elle avait aussi ses caprices Keth. Sa nourriture changeait en fonction de son humeur. Plus nous étions poli avec elle mieux c'était. Mais ce n'était pas cette raison qui soufflait à mon oreille de la considérer. C'est simplement parce qu'elle avait servi Tzipporah et vu toute l'horreur que lui avait fait Sethi que je voulais lui rendre la vie plus douce. Elle n'avait pas échappé au moindre geste de cruauté, à la moindre parcelle de magie noire et profanation sur le corps de sa maîtresse. Mon postérieur trouve sa place dans le canapé, et mes doigts entre-ouvre le journal. Les pains et les jeux du Ministère manquait évidemment la une avec de fichu Tournoi des Trois Sorciers.
La voix de Neith s'élève, interrogative. Et je repense à ma première nuit de transformation, cette douleur, douleur atroce qui avait déchiré mon corps et mon âme... Mais qui avait disparu dès que j'avais retrouvé mon moi-interieur, ma Renaissance. Les femmes du clan m'avaient toujours dit qu'enfanter faisait un effet similaire. La douleur, la déchirure, la violence... Pour être remplacée par la douceur, seul moment d'amour de toute une vie, quand l'enfant prends le sein pour la première fois. On oublie. Paraît-il. Un long silence derrière la question. Mes doigts tapotaient le journal. "Cambriolage manqué dans une boutique des Cornouailles, le sorcier a confondu la bijouterie moldus avec une agence de voyage sous l'effet de whisky pur feu" relue une trentaine de fois. Je pesais le pour, le contre. Sachant que c'était mon arme contre Sethi, je risquerai de la mettre en danger. Mais dans un sens, elle l'avait toujours été.
- Un animal bien moins sacré pour notre peuple, il faut dire. Mais qui me correspondait totalement. J'attendais ma proie dans mes filets, tissés au fil des années avec précision pour contenir le poids de ma vengeance. La Loureedia Annulipes. Magnifique, qui avait mes yeux. Élégante, fière, mais qui inspirait à la peur et au dégoût. Discrète, patiente, fatale. Je comptais m'en servir pour approcher le vieux crocodile qui n'était pas au courant de cette transformation. Il pensait, comme la plupart du clan, que j'avais une nouvelle fois échoué dans mes entreprises. Il est bon de se sentir entière. Surtout quand nous avons appris à montrer ce que nous sommes, et pas ce qu'on espère être. Si tu penses que c'est le bon choix, je t'y emmènerai moi même pour t'enregistrer. Son père, son oncle, et le patriarche apprécieront sa capacité. Et Ahmès, bientôt au courant, se fera un plaisir de reporter les exploits de sa sœur. Je la laissais faire ses propres choix. Et s'il fallait que je la rattrape au vol, ma toile sera suffisamment solide. Je t'apprendrai aussi un autre tour si tu le souhaites ... Plus dur encore, moins sur le rituel, plus sur le mental. Il y a rien de plus douloureux que de bloquer une partie de soi au monde. L'occlumancie. Un autre de mes talents cachés. Kenway Prewett. Il s'appelait Kenway Prewett. Le cambrioleur. Mes iris avaient enfin pu continuer de lire.
De l'art de survivre à ses fiançailles
Message publié le 09/02/2026 à 23:24
Une dernière danse du pouce sur la pommette de la jeune promise, encore plus douce et tendre. Les yeux, au final, quittent ceux de la jeune égyptienne pour se préoccuper plus du thé préparé par l'elfe de maison. Mes doigts s'accrochent à la tasse en laiton. Pas de porcelaine ici, c'était un paradis pour les exilés qui avaient plus de sang égyptien que l'âme britannique, et je porte le bord du récipient sur ma lèvre inférieure. Un baiser sur le liquide chaud qui ne tarda pas à réchauffer un cœur soulagé. Elle allait bien. Certains diraient que bien n'est pas assez, mais le bonheur venait bien plus tard pour les femmes de notre trempe. Nous le construisions à main nue, les doigts irrités par le granit et les ongles arrachés par le labeur. Mais entre femmes, nous sauvons panser nos plaies, même les plus profondes, pour mieux repartir au combat.
De la manière dont elle décrivait ce... Bulstrode; un nom que chaque syllabe m'irritait à plus forte raison, j'avais l'impression de voir devant moi, un profil pour le moins... commun. Un homme qui dégageait cette assurance mal placée, cette posture de roi autoproclamé dans un royaume qu’il n’a pas mérité. Son manteau impeccablement taillé, ses gestes calculés, ce sourire étudié… tout dans son apparence criait : je possède plus que je ne vaux. Un homme, un enfant qui ne comprenait rien à ce que signifie être responsable. Et pourtant… c’est lui qui devra un jour devenir l’allié de ma nièce. Quelle tragédie, quelle absurdité. Peu de britanniques comprenaient nos valeurs, notre mode de vie. Certes, il y avait des défauts, mais nous considérions la méritocratie comme un pas en avant. Je plonge de nouveau mon regard dans le siens, reposant mon thé fumant. Le choix de Séthi... garder les femmes bonnes à enfanter, éloigner les plus problématiques. Et dans mon sillage, j'avais entraîné la loyauté d'une jeune femme qui était d'un si grand atout pour le clan, quel que soit le côté où son cœur balançait.
Elle savait. Je le voyais dans ses yeux. Elle savait mais elle n'osait y croire, parce que si elle y croyait, elle deviendrait mon instrument, mon pion. Mais elle valait mieux que d'être une simple pièce de mon échiquier.
- Séthi... Commençais-je, murmurant son nom, un souvenir que j'avais oublié, ce vieux crocodile qui devait avoir un visage mais qje je n'avais finalement que peu vu pour m'en souvenir assez. ... joue le jeu de la politique plus parfaitement que nous tous. Continuais-je, finalement, les yeux chiastolite refletant le sérieux et le calme. Il sait que des alliances mineures lui rapporte des contrats, tout comme tes fiançailles avec Bulstrode rapporte. Quoi ? Je ne le sais encore, le vieux crocodile m'a laissé loin de toutes affaires en cours. Mais moi comme toi, ne sommes pas là pour apporter des alliances stratégiques à Séthi. Cependant, je jouais le jeu de Séthi pour l'instant, promettant mon mariage bientôt avec... mon prétendant qui mangera bientôt les roses du jardins par la racine dans l'état que je l'avais plongé. Seulement le temps de comprendre l'échange d'une telle union. Nous sommes là pour trouver nos alliances. Si Bulstrode ne convient pas à ta vision des Ptachepsès, peut-être trouveras-tu d'autres puissants alliés, comme je suis en train de le faire. Et c'est pour cela que je lui avait présenté Monsieur le Lord Ravental, un homme prometteur, dangereux, mais particulièrement charmant avec ses proches. Agit pour le clan, Neith, fait semblant d'obéir à Séthi, c'est ton alibi. N'aie crainte petite princesse. Si tu échoues, c'est moi qui sera la prochaine Tzipporah.
De l'art de survivre à ses fiançailles
Message publié le 05/02/2026 à 21:52
Bulstrode. Ce nom résonne en moi comme un grain de sable dans une plaie ouverte. Brûlant, irritant, incommodant, voire plus : il semblait posséder une influence délétère. Mes pupilles se dilatent légèrement face aux aveux de ma filleule, trop altière pour se mettre à genoux. Trop fière pour me donner de simples mots d’excuses que je refuserais certainement d’un geste dédaigneux de la main. Je l’observe sans l’interrompre. Elle était au bord du précipice, je la sentais à deux doigts de faire demi-tour, de prendre ses valises et de repartir dans la bouche du crocodile, qui la tuerait pour avoir échoué dans sa mission, et m’inculperait de sa mort prématurée. Elle jouait avec un feu grégeois, bien trop puissant pour son âge. Mais devais-je la blâmer ? Moi qui aurais pu faire bien pire à l’époque où j’avais posé le pied sur cette immense île de débauche. Les têtes couronnées portaient, ici, des atours qui sentaient la bonne naissance, tandis que nous étions entourés d’affres bien plus mortelles.
J’avais envie de hurler sa naïveté. De la prévenir, trop tard, d’un danger qui pouvait nous être fatal à toutes les deux, malgré mes efforts pour la protéger d’Islem, qui avait déjà un fils et n’avait que faire d’une fille. Mais je ne fais que me taire, gardant le peu de dignité qui nous restait à toutes les deux. Avais-je besoin de lui rappeler la bêtise et de perdre du temps pour une leçon qu'elle avait bien apprise ? Non. Il fallait trouver un moyen de rattraper tout cela.
- Approche. Ma main se saisit de sa joue dans une caresse douce, presque maternelle malgré une voix autoritaire. Je voulais m'assurer d'une chose, devais-je le tuer pour avoir attenté à ma famille, à mon clan ? Il t'a fait du mal ? Ma voix perd de son autorité, plus clémente et calme. Il était de mon devoir, certes, de faire d'elle une femme digne de son rang, mais la lame que je pouvais tourner dans son cœur ne serait pas planté de suite. Je ne me contentais pas d'une erreur pour enterrer vivante une femme dans son tombeau. J'imagine que tu as été déçue. Le lot des exilées, trop dangereuses pour rester là bas en vie, trop précieuses pour porter le coup fatal. Je l'avais appris bien assez tôt. Mère avait été tuée à ma place pour ma conduite, alors qu'on aurait très bien pu prendre ma tête en échange. La menace n'avait pas la même saveur que l'exécution immédiate.
- J'aimerais convenir d'un autre rendez-vous, et cette fois je serais avec toi. Nous devons montrer bonne impression et... Je continue de caresser maternellement sa joue, mes yeux dans les siens, l'intelligence au fond de mes iris sombres. ... Et nous y serons en tant que princesses égyptiennes venues rencontrée le futur Ministre de la Magie. Il y tenait tant à ce titre, n'est ce pas ? J'avais entendu parlé de son fameux meeting et ses tracts distribués ça et là, bafouant son propre sang au profit du pouvoir. J'ai besoin de savoir Neith, comment tu le trouves, et comment vois-tu la suite ? Nous travaillerons à deux. Pour l'instant.
Message publié le 01/02/2026 à 19:47
Je l’observais, redevenue humaine, encore trempée par la pluie fine, le souffle court mais les yeux brillants. La force qui émanait d’elle ne m’échappait pas : ce n’était plus seulement la jeune sorcière que j’avais guidée, craintive et hésitante. Non. Elle avait touché à quelque chose de primordial, à cette essence sauvage qui sommeille dans chacun de nous et que seuls les élus osent réveiller. Je me penchai légèrement, la fixant en silence de mes yeux chiastolite. Mon visage redevenait neutre, impassible. Neith était encore une fois la preuve de ce que j'avançais depuis toujours : Ce que nous étions, et devenons n’est pas une question de force ou de rang. C’est une question de conscience. Il existait toujours quelque chose au-delà de la peur, quelque chose qui nous était propre et que personne ne pourra jamais retirer. Et ce, contrairement aux enseignements cultivés par Séthi et ses frères. Neith n'était plus une femme fiancée pour enfanter des enfants que le père porterait ou non dans ses bras à leur sixième anniversaire. N'était plus cette femme obligée de poser la première pierre des caveaux que l'on construisait pour ceux que nous reconnaissions comme les nôtres. Elle était le feu et la grâce, le sable et la tempête. Et Bastet/Sekhmet la féline aux deux visages, venait de la compter parmi ses enfants.
- Joie et Fécondité. Renaissance et Ravage. Murmurais-je. Elle avait été bénie de l' Œil de Rê, la Puissante, dont la tâche était de supprimer tout les ennemis de celui-ci. Bastet protégeait les innocents de sa propre fureur manifestée. Cette chatte est aussi puissante que douce, elle te guidera bien mieux que n'importe qui. Mon regard s'élève vers la pluie. L'orage laissait place aux rayons du soleil, et une forme d'arc de cercle coloré commence à se distinguer à l'horizon. Un présage d'occident dont je ne connaissais encore rien de sa lecture. Il en existait si peu en Egypte et était plutôt associé au monde souterrain et à la mort. S'agissait-il de la mort de Neith et de sa renaissance ? Mes pas me ramènent à l'intérieur, dansl’ambiance épicée d’un monde qui, je l’espérais, n’avait pas oublié ses enfants. Parce que Neith, comme moi, refusait l’exil. Nos esprits sommeillaient et prenaient force, forgeant de nouvelles alliances. Bientôt, nous marcherions côte à côte pour affronter le vieux crocodile.
Je refermai les portes de bois sombre derrière nous. Le tumulte de la pluie et des voix s’éteignit aussitôt, remplacé par le silence. Le jeu venait de changer. Et pour la première fois depuis des générations, les dieux tournaient de nouveau leurs regards vers le sang des Ptahchepsès, vers notre lignée.
Message publié le 01/02/2026 à 19:09
Reconnaître que nous ne connaissions finalement que peu d’un sujet sur lequel nos collègues, patriotes ou lecteurs nous considéraient comme spécialistes était un aveu fascinant. Une philosophie socratique que j’appréciais profondément et que je partageais humblement. J’avais simplement la chance de posséder des sources rares, à la portée de très peu de gens, ce qui me donnait un net avantage dans les frontières de la réflexion. Chez Socrate, l’homme vraiment cultivé n’est pas celui qui accumule des certitudes, mais celui qui prend conscience de l’étendue de son ignorance. Plus nous nous cultivions, plus nous nous interrogions, et plus nous comprenions cet abîme d’ignorance dont nous ne percerions peut-être jamais les secrets. Pourtant, l’orgueil de mon cœur et de mon âme me poussait à vouloir en savoir plus que quiconque. Si l’homme en face de moi suivait l’humilité de la modestie, j’obéissais à cette loi irrésistible qui fait ma force et ma faiblesse : mon rang. Pourquoi est-il si difficile de résister à cette forme féminine de l’ambition qu’on nomme curiosité ? Savoir est puissance, et toute puissance est la quête éternelle des hommes. Pour ma famille, pour mon clan, la puissance était le pouvoir, car ils étaient dénués de curiosité, craignant l’ignorance.
- Détrompez-vous, Docteur, Professeur…? Fawley. Le titre comptait pour moi. Parce que j’avais lutté pour obtenir le mien. Ici, je l’aurais eu de naissance. Mais chez moi, en Égypte, être le fruit d’un arbre bien portant ne signifiait pas être choisi par la main du cultivateur. Il fallait grandir, se faire valoir, devenir et s’imposer. Le sang ne crée pas la curiosité ; seul le désir de savoir le fait. Vous êtes bien plus instruit que la plupart des membres de ma famille. Et c’était bien malheureux. Non pas parce qu’il n’était pas digne de telles connaissances, mais parce que notre héritage se perdait au fil des siècles et des millénaires. Trop de mensonges avaient masqué la vérité au profit des légendes. Les dieux seuls savaient combien les Ptahchepsès appréciaient les genoux inclinés. D’un signe de la main, je l’implorai de se relever. Il était le prince de ce colloque, et moi, je n’en étais que spectatrice, je le reconnaissais sans honte.
- Je ne peux refuser une telle demande devant un homme si instruit et riche de savoir. Après tout, vous pourriez apporter des réflexions que je n’ai pas eu l’intelligence de formuler. J’inclinai lentement la tête, sans quitter son regard qui brûlait d’une passion que je connaissais trop bien. C’était un homme qui avait gagné tout mon intérêt, et surtout, toute mon admiration. Un léger sourire écartait la commissure de mes lèvres, illuminant de grâce un visage trop sérieux et impassible pour le commun des hommes. Manius Fawley s’était sûrement déjà attiré les foudres de ceux qui se croyaient géants de naissance, sans que mon regard ne daigne les calculer. Et la jalousie de ses femmes, qui auraient aimé avoir les faveurs d’un tel être à la place de la princesse égyptienne que j’étais, ne me touchait guère. Elles ne se croyaient que moins légitimes. J'attendais la fin de ce colloque, avec une légère impatience contenue.
Message publié le 30/01/2026 à 06:16
Je sens immédiatement ce frisson particulier qui traverse l’air lorsqu’un esprit vient de reconnaître un autre esprit. Fawley venait de démontrer que c'était homme à voir au-delà de chaque apparence et chaque mot. Un homme de vérité, d'hypothèses et de recherche. Un homme dangereux sans en avoir conscience. Bousculer l'histoire écrite, recréer, remodeler la vérité comme elle devait être au départ, c'est remuer des siècles de construction bancales et solides. Si on retire une pierre en plein milieu, soit ça passe, soit tout s'effondre. Mais, la déconstruction c'était mon plaisir. Et je comptais bien aussi remodeler une petite partie infime du monde.
- En effet, cher Monsieur Fawley, nous nous connaissons. Je croise mes jambes, face a lui, et dégage une mèche de mes cheveux souples derrière l'oreille sans plus de cérémonie. La plupart des personnes de ce colloque savaient parfaitement qui était parmi eux au vu des regards indiscrets. Je reconnaissais quelques visages que j'avais dû croiser dans d'autres colloque ou au Ministère sûrement, mais aucun visage reconnu ne portait véritablement de nom. Je n'avais déjà discuté avec aucun d'entre eux. Je n'étais pas intéressée par la banalité.
- Vous oubliez un point important de votre hypothèse cher Monsieur Fawley. Si vous parlez d'enveloppe corporelle qui sert de prison et réceptacle de simple mortel dépourvu de magie, cela concernerait tous ceux dont le sang ne fait partie de la famille royale, peut importe la magie, c'est la divinité symbolique qui doit être pointé du doigt. Le cuivre gobelin ne toucherai pas le matin et le soir, les étoiles et les crues qui sont à la volonté du suzerain.
Plusieurs pharaons d'autres dynasties qui avaient usurper le titre s'étaient octroyés eux-mêmes divinité parmi les divinités. Hequaib lui-même en faisait partie. J'accepte de parler plus longuement avec vous à la fin de votre intervention. J'hoche doucement la tête, et observe de nouveau les spectateurs de ce débat. Si nous ne dirons pas avec le corps, c'est nos deux intellects qui avaient commencer une valse de passion que nous étions pas encore prêt à rompre. Les questions, cependant, ne vinrent finalement jamais. Avaient-ils eu trop peurs de dire et clamer haut et fort des banalités devant la Princesse Égyptienne ? Probable. Aucun, finalement, n'avaient leur place dans cette ronde culturelle, entre deux prédateurs de savoir, deux questeurs de vérité. Deux prêtres passionnés des vieilles pierres et des musiques anciennes. Un égal intellectuel qui était très plaisant.
De l'art de survivre à ses fiançailles
Message publié le 30/01/2026 à 05:47
Un dernier frôlement d'encre noire sur le parchemin de velin et je plie doucement en quatre la lettre que je devais envoyer a Manius Fawley pour l'aider dans ses recherches. Un homme que je n'avais pas encore rencontré mais dont la curiosité d'esprit et la verve épistolaire me plaisait quelque peu. Je fond doucement la cire du bout de mes doigts via la Manumagie et appose le sceau de ma famille. En plus du scarabée royal, il y avait dans mon propre blason une colonne de Ptah en fond et une cartouche rappellant Sekhmet. Les deux divinités que j'avais choisi pour construire et déconstruire.
- Maîtresse.... Une petite voix se fait entendre derrière la porte. Khet, une elfe que j'avais récupéré du temple de Saqqarah, battu et traitée par les autres dû à sa petite taille, raillée par sa douceur. Qu'importe, elle me servait bien, et la douceur n'était pas quelque chose de mauvais du moment où c'était utile. Chez moi, je ne voulais pas de la violence que l'on retrouvais à l'extérieur. Maîtresse... ? Continue-t-elle. Elle ne pouvait pas entrer. Elle avait peur de la menace que j'avais placée sous la poignée de ma porte. La tête réduite de ma mère. Qu'il y a-t-il ? Votre filleule, la jeune Neith est arrivée. Neith m'avait demandé de s'entretenir avec moi. J'avais évidemment bien accepté, bien qu'étonnée. Une transformation ne s'était pas déroulée comme prévue ? Étrange venant d'elle. Fait là attendre dans le salon. Et ramène nous de quoi boire. Je m'étire finalement, comme un chat, avant de reprendre ma posture élégante, et de confier ma lettre a Ammout pour qu'elle aille la porter à son destinataire.
Après quelques minutes, je descends enfin dans le salon, sous le seuil oeil de profil de ma tendre mère qui observait en silence. Je préférais les fresques et bas reliefs mouvants qu'aux tableaux parlants des occidentaux, et je salue convenablement mon hôte, échangent quelques banalités polies, avant de m'asseoir près d'elle. La fragrance de la menthe poivrée se fait sentir avant même l'arrivée de Keth qui nous sert dans une argenterie impeccablement nettoyer et quelques pâtisseries orientales. Il fallait avoué que la cuisine britannique était aussi austère que son paysage. Au vue de l'expression de ma chère filleule, quelque chose s'était produit. Et elle attendait la juge et le bourreau. Qu'as-tu fait ? Avais-je envie de dire, mais c'était bien trop accusateur. Alors j'opte pour d'autres mots mieux choisis. Je t'écoute. Ici, elle pouvait parler librement. S'exprimer. Le reste, nous verrons.
Message publié le 28/01/2026 à 20:17
L'ambiance feutrée, le velours luxueux des chaises et ce reste d'odeur capiteux de vin rouge qui flottait dans l'air changeait des lieux de réception que j'avais l'habitude de fréquenter. Toutefois, les rares invitation de la chère et mystérieuse Duchesse du Bacchus étaient toujours les bienvenus. Il y avait en cette femme quelque chose de fascinant et dangereux. Sa magie était dans tout les murs de ce domaine. Elle sortait très rarement, par choix ou obligation, je ne saurais le dire. Mais, ferrue d'art et d'histoire, elle attirait la culture et l'intelligence à elle. Tout comme elle avait mis le grappin sur Monsieur Manius Fawley, que je rencontrais enfin après une correspondance riche et intéressante. L'homme avait eu besoin de quelqu'un de nos archives familiales pour ses recherches aussi obscures qu'étonnemment intrigantes. Pourquoi avoir choisi un membre aussi influent de la magie égyptienne ? Ce n'était pas si commun. Bien que le clan Ptahchepsès était l'une des familles les plus anciennes au monde, si ce n'est la seule.
- Manéthon de Sebennytos avait une interrogation assez similaire sur l'utilisation de cet artefact sur d'autres créatures. Il s'avère que le descendant direct d'Hequaib aurait pu utiliser, non pas d'or, mais du cuivre pour enfermer des moldus renégats. Son Ægyptiaca en trois volumes discuterai même de "cuivre gobelin" dont la création à été perdue et effacée de l'histoire avec l'incendie du Mouseîon d'Alexandrie. Officiellement. Officieusement, ma famille avait mis la main dessus il y a des siècles et les tomes, en mauvais état cependant, étaient enfermés en lieu sûrs. Mais, la aussi nous pouvons supposer qu'une propagande politique grecque après la chute pharaonique, accusant les moldus d'avoir "tuer" les divinités qu'étaient les membres de la royauté égyptienne de l'époque. Discuter avec cet homme épistolairement avait été un plaisir, mais j'appréciais plus encore quand nous pouvions parler enfin face à face. Même s'il ne savait pas encore qui se cachait derrière ce port altier, ce regard chiastolite sombre, et cette peau magnifiquement cuivrée. J'avais hâte que le colloque se termine. Nous avions beaucoup à nous dire il semblerait.
Message publié le 28/01/2026 à 19:41
La douleur, cette douleur, je la connaissais bien. Elle tordait les tripes, mordait les entrailles, poignardait le cœur humain pour mieux sentir les battements du deuxième. De celui qui sera nous. J'avais cru mourir tant elle avait été vive, puissante, ineffable. Alors quand mon regard se pose sur le corps tordu sous la torture, le visage crispé sous la violence et les genoux fichés dans le sol de Neith, mon cœur se serre. Pour ne pas la quitter du regard, et pour témoigner de ma présence, je m'agenouille près d'elle aussi, me voulant rassurante alors qu'elle se tordait plus encore sous le maléfice. Je restais silencieuse. Il fallait accueillir ce nous, malgré tout les maux que cause son arrivée. Et pour ça, il ne valait rien de mieux que le simple silence. Je remarque les débuts d'une transformation, et ma poitrine se gonfle d'orgueil. Elle était en train de réussir. Le ciel s'en donnait à coeur joie. Lançant sa foudre, comme au rythme de son mal. Comme au rythme du craquement de ses os. Elle y était presque. Et puis... Enfin le silence. Devant moi, Neith n'existait plus. Plus sous sa forme humaine. Seulement un chat des sables qui me lançait un doux miaulement. Je glisse mon index sous son menton, et le releve vers moi en douceur, avant de le relâcher. Mes yeux remplis de fierté.
- C'est très bien Neith, murmurais-je, le faible sourire aux lèvres. Je récupère la baguette de ma filleule, et ses vêtements, avant de me relever avec toute la grâce et l'élégance dû à mon rang. Je voulais qu'elle profite de ce nouveau corps, qu'elle s'y adapte. Et qu'elle me revienne par elle-même avant de ne faire plus qu'un avec la bête et de perdre son humanité. C'était le plus gros danger à l'heure actuelle. J'espérais simplement que l'ataraxie survenue après la tempête ne l'empêche pas de me revenir. Ce serait dommage après tant d'efforts, et tant de travail. Habitue toi aux odeurs, aux bruits. Je continuais de la guider, d'être présente pour elle. Je prenais ce rôle très à cœur. Je m'orgueillais plus encore de comprendre que j'étais la seule du clan Ptahchepsès à avoir découvert son potentiel, et décidé de la prendre, elle et Ahmès, sous mon aile. Au bout de quelques minutes, je décidais qu'il était temps qu'elle reprenne son enveloppe corporelle naturelle. Il ne fallait surtout pas abuser des bonnes choses, encore moins la première fois. Tu peux revenir maintenant.
Message publié le 25/01/2026 à 12:23
Il était loin ce temps où j'attendais moi aussi la tempête, les orages, les éclairs devant le rebords des fenêtres ornés de vitraux du vieux château froid d’Écosse. D'attendre un rayon de lune qui allait enfin percer la canopée de la forêt interdite et caresser mon visage, entre deux éclairs mortels. J’avais moi-même raté plusieurs fois, avant d'enfin accomplir le premier de mes objectifs, et constituer la première part de ma Renaissance. Je devenais enfin ma Vengeance. Mon bras reposait contre l’encadrement de la porte, le corps appuyé, les bras croisés, j'observais l’attente de ma filleule avec une attention peut-être trop appuyée, mais présente. Je ne l’avais jamais vue aussi détendue que lorsqu'elle avait passé le perron de la porte et avait humer l'odeur de l’orient qui se dégageait des plantes grimpantes, des orangers et des murs aux figures mouvantes comme nos temples en Egypte. J’avais apporté un bout de chez nous, avec moi. Un bout de chez nous qui faisait notre malheur et notre bonheur.
Le regard de Tzipporah, en profil sur les murs du Salon, ne la quittait pas non plus. Une fresque que j’avais pu exhumer de son tombeau avant sa destruction par Sethi. Il voulait tout annihiler d'elle, il n’aura réussi que partiellement. La tête réduite qu'il avait faite d'elle comme représailles ornait la poignée de la porte de mon bureau et interdisait à quiconque d’entrer. Et sa fresque ornait les murs de mon manoir, silencieuse, mais présente. J’avais appris ma leçon par cœur. Et je comptais bien lui apprendre une nouvelle. Son statut ne l'épargnera pas de la mort.
Il est temps. Ma voix prononce les trois mots si attendus de la jeune fille assise sur les coussins de ce canapé blanc immaculé. J'entendais l’orage gronder, et je comptais les secondes entre chaque lumière qui éclaboussent les murs pendant une fraction de temps. Sortons dans les jardins. C'était moins un ordre qu'une invitation, et mes pas m'emmenerent à travers le Hall des orangers pour prendre le passage des lavandes et des magnolias derrière la maison. La pluie ne tombait pas ce soir, mais l'odeur était lourde d'humidité, et l'atmosphère semblait s'électriser pour mieux frapper nos corps de simples mortelles. Que Maat nous soit favorable et que Shou chasse les nuages, pensais-je en silence. Sans mentir, je voulais la réussite totale de l'entreprise de Neith. Évidemment, je ne lui avais pas avoué.
Message publié le 21/01/2026 à 19:53
Description en cours d'écriture !!!
Si vous voulez quand même un aperçu, c'est ici : Manoir Ptahchepsès
L'elfe de maison (présente dans le lien) Keth vous accueillera avec plaisir et vous attendrez l'arrivée de l'hôte dans le Hall des orangers où vous seront offerts boissons et collations.
Message publié le 16/01/2026 à 06:27
La première chose qui me prit une fois le pied posé dans la Roseraie, c'était l'arôme particulièrement plaisante des fleurs qui s'épanouissaient dans cet endroit pressé glacial pour une jeune orientale comme moi. Si l'audace m'avait pris, j'aurais pu fermer les yeux pour me souvenir du temple de Saqqarah et de ses jardins suspendus, un temps, pour me baigner dans la fragrance des roses, des lys, du jasmin et quelques chevre-feuilles qui ornaient les pilastres, colonnes et fontaines de granit. Mais je n'étais pas chez moi, et je n'étais pas en Egypte. Ma main frôle la douceur de mon manteau pour me recouvrir légèrement plus, profitant de la chaleur du tissu de qualité. Le Sir de ces lieux ne lorgna pas d'une salutation quelque peu pompeuse mais bienvenue. Un peu de chaleur amicale n'a jamais tué personne. Monsieur Ravental. J'hoche la tête poliment pour le saluer. Dans mon monde, nous ne pouvions toucher la femme promise d'un autre, mais nous étions loin de chez nous, et cette visite n'était en rien officielle. Veuillez avoir l'amabilité de pardonner cette visite impromptue. Je passais dans la région, et le désir de vous faire part de mes salutations m'a directement guidé vers votre demeure. Splendide d'ailleurs. Cela ne valait pas les jardins suspendus de Memphis, mais il y avait de là s'émerveiller de penser que certaines choses pouvaient s'épanouir dans le sol dur et froid des Highlands.
Je laisse naturellement à Neith de quoi se présenter également. Elle n'avait pas besoin de moi pour se trouver convaincante. Enchantée Mademoiselle. J'ai pu maintes fois visiter la France et son patrimoine. J'espère que vous vous y êtes plût. Je note dans un coin de mes pensées le trouble dans les yeux de ma jeune filleule. Il fallait avouer que cette jeune femme dégageait quelque chose de particulièrement étrange. Ses gestes, ses manières, son sourire... La beauté d'une parfaite princesse écossaise des contes pour moldus. Le sang bleu et noble semblait se répendre dans tout son être jusqu'aux bout de ses doigts agiles et douces. Une seule femme que je connaissais jusqu'alors dégageait cette aura particulière. Une hybride, mi-humaine, mi-vélane. Une rose parmi les roses. Si l'envie vous prends de visiter mon département afin d'y trouver quelconque stage à la hauteur de vos ambitions, soyez certaines que je recevrai votre demande avec la plus grande des attentions. Ma voix était chaleureuse, calme. Évidemment, je rendais la pareille. Sir Ravental nous avait ouvert, j'ouvrais la porte pour sa fille. Tel était le monde des sangs-purs.
Retrouvailles entre scorpion et mygale
Message publié le 14/01/2026 à 20:21
Je l’écoute sans l’interrompre. Mes doigts restent posés contre la porcelaine tiède. Elle parle avec prudence. Avec cette neutralité appliquée qui n’est jamais qu’un masque mal ajusté. Me répondre par une autre question marquait l'indécision, la discipline apprise trop tôt, la peur de mal faire, l’anticipation constante des conséquences. Ou la mauvaise anticipation. Celle de l'angoisse et du stress. Exactement sur ce à quoi je faisais référence il y avait déjà quelques minutes. Je m'en offusque point. Je préférais qu'elle l'apprenne avec moi qu'avec d'autres membres du clan. Cependant, quand elle évoque l’éventualité de l’échec, quelque chose se crispe en moi. L’échec n’est jamais toléré chez nous, mais il est attendu. Il fait partie du tri. Je relève enfin les yeux vers elle quand elle me demande ce que j’en pense. Je termine délicieusement la tasse de café, laissant le silence s'installer, avant de me racler la gorge et de reposer le récipient sur sa minuscule soucoupe.
- Ce que j’en pense importe moins que ce que tu es prête à assumer. Ma voix est calme. Posée. Elle ne cherche pas à rassurer. Elle devait faire ses choix, elle voulait servir mes intérêts, certes, mais comment ? Voulait-elle devenir un pion qui exécute vulgairement les ordres ? Elle valait mieux que ça. Du moins, je l'espérais pour elle. Je ne te demande pas cela pour une question de simple morale. Je n'en ai que faire. C'est juste une simple question de... Timing ou de choix. Un petit sourire sybillin s'installe. Je ne voyais pas la décision la plus morale comme étant la moins utile. Après tout, Neith pouvait très bien s'inscrire dans le registre ce qui lui donnerait des points dans le clan qui aimait les êtres avec de multiples compétences. Si elle préférais taire ses compétences, elle pouvait les utiliser autrement. Elle voulait être libre de son destin, soit. Je l'aiderai aussi a s'émanciper si c'était son désir. Je ne développe pas plus. Elle est assez intelligente pour comprendre. Assez Ptahchepsès aussi. Mes yeux glissent un instant vers la fenêtre, vers ce ciel anglais trop pâle, trop humide, incapable de décider s’il veut vraiment gronder. Un climat indécis. Comme elle. Comme moi, peut-être, autrefois. Maintenant j'étais sûre de ce que je voulais. Et je le prenais.
- Je m'occupe des autorisations et des prochains orages. Concentre toi sur le reste. Je te préviendrai quitte à changer de pays pour une nuit. Je pouvais demander quelques portoloin. Une personne me devait une faveur. Pour le reste, ce n'était moins un problème encore. J’accepterai cette nuit pour elle, oui. Parce qu’une transformation ne se traverse pas seule. Parce que si son instinct animal prend le dessus, il faudra quelqu’un pour la rappeler à elle-même, bien que, la tentation de la laisser sous sa forme animale en punition pour son échec pendant quelques temps me titillerai les pensées. Je ne le ferais pas. Quand elle mentionne son fiancé, je sens le léger déplacement. Subtil. Politique. Elle pense déjà aux apparences, aux récits qu’il faudra maintenir cohérents. C’est bien. C’est nécessaire. Je repose mon regard sur elle, plus attentif encore.
- C'est déjà en cours de prévision. Je comptais envoyer Ammout au Manoir des Bulstrode pour organiser une fête en l'honneur de vos fiançailles. Ahmès pourra être là chaperonner. Je le ferais venir d'Égypte, pour lui faire une surprise. Mais aussi pour surveiller le jeune fiancé. Je sais que la galanterie saxonne est au beau fixe mais tant que le mariage ne s'est pas déroulé, il ne te touchera aucunement. Ce n'était pas dans les coutumes de notre pays, et je ne voulais pas m'attirer les foudres d'Islem. Je préférais faire les choses dans les règles de l'art. Pour l'instant. Tu lui enverras simplement un message en gage de ta bonne foi, et politesse. Que tu as hâte de le rencontrer depuis toutes ses années et cætera. Ton père en sera ravi. Je balance ma main en arrière, comme si je prononçait une bagatelle. Neith avait eu la chance de rencontrer son promis jeune. Je ne l'avais fais que très tardivement, à l'âge de ma vingt cinquième année. Des activités suspectes ? Tu joues ton rôle à la perfection Neith. Tu apprends, tu te fiances, tu gagnes du pouvoir. Tout ce que les Ptahchepsès et les sangs-purs de la région raffolent. Et si quelqu'un ose dire quoi que ce soit, ta chère tante s'en occupera elle même.