Femme
30 ans
Hybride
Italienne
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : Tina, Val
- Nationalité : Italienne
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 25/02/2026 à 21:38
Le dernier acte de cette première partie du spectacle pris fin sous une pluie d'applaudissement, à laquelle je me joins avec plaisir. La foule se lève, silhouette après silhouette pour rejoindre l'extérieur de la salle et se préparer à consommer quelques gâteries et alcool que proposait le service. Je glisse doucement ma main sur le biceps musclé de l'homme que j'avais accompagnée à cette soirée. Musclé, c'était le cas en effet. Un joueur célèbre de Quidditch qui appréciait les plaisirs d'une bonne compagnie et les délices castafioraux d'un Vivaldi. Celui-ci, bien plus connu pour ces Quatre Saisons, avaient pourtant écrit des opéras dignes des plus grands. Un mot d'excuse, glissé au creux d'une oreille attentive, et je me faufile, m'éloignant de la foule pour me refaire une belle toilette en face d'un miroir. La queue des toilettes du côté femme était bien trop longue pour que je ne me permette de perdre du temps, alors je me faufile, loin sans faux, chez les hommes. Quelques regards surpris, étonnés, et finalement amusés et osés me sont lancés. Je les prends tous avec ce léger sourire séducteur, et quelque peu sibyllin quand un clin d'œil m'est adressé.
- Madame, puis-je connaître votre nom ?
- Mademoiselle, vous êtes toute en élégance.
- Votre sourire ravive ma soirée.
Il faut dire que j'étais de ce que l'on pouvait nommer, une très belle femme. Mon sang était mêlée à celle de la Beauté Pure, et ma magie succubesque renforçait le trouble qui s'emparaient des cœurs de tout ceux qui croisaient mon regard soulignée de noir, et mon sourire surligné de brun. Cela et également cet accent légèrement italien qui me venait de ma défunte mère que que j'avais pris soin de parfaire jusqu'à ce qu'il me soit naturel. Mes doigts agiles plongent dans mon sac à main aussi bordeaux que la robe fendue que je portais avec classe, et j'en sors de quoi rafraichir mon teint. Il n'avait besoin de rien, mais je le sublimais plus encore, le pouponnait pour le plaisir des yeux. J'étais celle pour qui les hommes trompaient leurs femmes, sans savoir que j'avais déjà caresser le galbe des hanches de ces demoiselles avec bien plus de tendresse.
- Vous êtes là. Êtes vous fatiguée chère Duchesse ? La fatigue ne faisait pas partie de l’adage, au contraire. J’étais encore la succube tentatrice et détentrice de cette voix sensuelle qui coulait comme le miel. Mes ongles glissent sur le tissu qui enfermait le torse jalousement cachée de la Sublime Créature que j'accompagnais ce soir. Belle tentative, alors que je l’avais déjà observé sans toutes ses coutures, maintes et maintes fois. Les mains remontent jusqu’au cou, où les traces brunes de mon passage fugace contrastaient avec la blancheur de sa peau. Tout va bien M. Bellweather. Une femme telle que moi doit bien se pouponner de temps en temps. Petit sourire éphémère, juste de quoi le faire languir encore un peu. Je lève mes yeux dans les siens, les iris remplis de promesses, deux trésors enfouis dans la terre. J’avais une réputation à tenir malgré l’envers du loup. Et la Sublime Créature était un sujet parmi la clientèle d’importance. L’une des rares personnes privilégiées que j'accompagnais à l'extérieur même de mon établissement. J’avais encore tout mon temps pour m’occuper moi même de la clientèle en quête du Graal que j’étais la seule à pouvoir offrir. Un Graal sans chien de garde de la vertu. Après tout, selon la légende, ce fameux calice aurait été taillé dans l’émeraude qui cintrait autrefois le front de l’archange déchu, pendant son interminable chute jusqu’aux Enfers, avant de recueillir le sang du Christ. Le regard braisé m’observe, me laisse, sans sourciller un seul instant, effleurer son corps. Hypnotisée, ou profitant juste de l’instant privilégié, je sens son pouce caresser mes lèvres comme pour en apprécier la courbe, ses autres doigts se glissant délicatement sur la hanche.
Et bien soit, je vous attendrais devant la salle avant la fin de l'entracte... J’entremêle quelques mèches naissantes autour de mes doigts experts, effleurant du même coup l’épiderme de sa nuque délicieusement dégagée. J’appréciais chaque geste que les clients prenaient, en exerçant leur droit de consommateurs. Je me presse un peu plus contre le tissu qui nous sépare, utilisant mon fessier pour m’avancer, me dandinant, provocante. Mon plaisir est le vôtre. Encore cette voix mielleuse, légèrement cassée, rauque et grave, sensuelle. Une voix apparentée à celle d’une diablesse qui assure le plaisir en échange de l’âme. Un masque nippon qu’il suffisait d’incliner d’avant en arrière pour voir transformer le sourire en lèvres de cauchemar. Électricité dans le corps lorsque les doigts frôlent à nouveau les lèvres interdites, espérant voler de nouveau le goût que pouvait posséder mon baiser, et pourtant, ici, l’interdit était permis, à porté de bouche. Mais les gestes délicats me dégustent comme un bon vin. La Sublime Créature ne se contentait pas de boire au goulot, mais préférait sentir les effluves de l’alcool tout en tournoyant le verre pour marquer la robe et écraser le liquide sur la pulpe rosé de sa bouche pour y déceler les quelques arômes. Sous ses mains, j’étais le plus grand des crus, le bout des doigts touchaient sachant qu’ils ne pouvaient dompter. En récompense, le baiser vient, doux, et la langue se fraie un chemin entre l’émail blanc pour caresser le muscle dans une valse sensuelle, marqué par une pointe de luxure. Mes lèvres s’étirent, mimique amusée. Se sentir unique, c’était ce qui caractérisait l’humain dans son désir le plus profond. « Être celui qui », « poser sa pierre à l’édifice », « écrire son nom dans l’histoire », « devenir éternel dans les pensées de ceux qui restent pour combler l’absence... ». Mon travail, c’était justement d’accentuer cette indécente pensée, cette croyance. Le fait que nous valions mieux que les autres, que nous étions en définitive tous unique dans notre genre : meilleur partenaire du soir, meilleur orateur, meilleur conspirateur… ou, dans le cas de la clientèle du jour, être l’unique personne qui s’intéressait aussi bien à son plaisir qu’au mien. C’était charmant, c’était divin. D’autant plus qu’ici, il n’y avait pas ce jugement aveugle qui punissait. Au contraire, moi, je donnais pour les autres, récompensais la recherche du plaisir, des bonheurs simples. Et si, on m’offrait le même titre, je le prenais.
Bellweather quitte avec difficulté mon contact et la pièce, queue entre les jambes, pour m'attendre comme il l'avait énoncé plus tôt, devant la lourde porte battante de bois sculpté et aux vitraux colorés. Le miroir me renvoie le reflet de l'indescent personnage. Succube, amante, honteuse femme d’une seconde vie, tentatrice, déesse, duchesse, détentrice des clés de mondes merveilleux ou chef d’orchestre : je montre en mon sein les portes dérobées qui mènent à mon Royaume : mon peuple et mes sujets n’étaient seulement que des mal-aimés. Je surligne de brun mes lèvres, les pinces sensuellement. Cette soirée ne faisait que débuter.